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Reprise vendredi du procès en appel du cinéaste Christophe Ruggia, jugé pour agressions sexuelles sur mineure

La cour d’appel de Paris reprend vendredi le cours du procès en appel du cinéaste Christophe Ruggia, jugé pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel entre ses 12 et 14 ans, une affaire emblématique du #MeToo du cinéma français.Initialement prévue sur une seule après-midi le 19 décembre dernier, l’audience avait été mise en continuation au mois suivant en raison de l’heure tardive.A 20 heures, la cour avait seulement eu le temps de procéder à l’interrogatoire laborieux du réalisateur. Sur le banc de la partie civile, Adèle Haenel trépignait d’impatience et de nervosité.Lors d’un interrogatoire éreintant long de cinq heures, le cinéaste, veste noire sur pull sombre, s’était enferré dans le déni, martelant comme depuis le premier jour n’être “ni un agresseur sexuel, ni un violeur, ni un pédophile ou quoi que ce soit de ce genre”.Aujourd’hui âgé de 61 ans, Christophe Ruggia est poursuivi pour agressions sexuelles de 2001 à 2004 sur la comédienne, dans la foulée de l’éprouvant tournage du film d’auteur “Les diables”, où le réalisateur, de 24 ans son aîné, avait offert à la jeune adolescente son premier rôle de cinéma.Dans cette affaire, révélée en 2019 dans une enquête de Mediapart, il a été condamné en février à quatre ans de prison, dont deux ferme à effectuer sous bracelet électronique.”Si j’avais fait ce qu’elle m’accuse d’avoir fait, avoir mis la main dans son pantalon ne serait-ce qu’une fois, je n’aurais jamais pu me regarder dans la glace et j’aurais cessé immédiatement de la voir. Ça n’est jamais arrivé”, s’est indigné Christophe Ruggia devant la cour.Pour justifier les visites d’Adèle Haenel à son domicile parisien chaque samedi après-midi, il s’est présenté en passeur de culture pour une jeune comédienne faisant ses premiers pas dans le métier, avide de conseils et de découvrir le monde.”J’ai plus de 5.000 DVD à la maison, plein de livres (…). On parle de livres, de films, de voyages, de son école, de mes projets”, a-t-il soutenu.- “Reconstruction” -De manière constante, de sa première prise de parole publique au premier procès électrique de décembre 2024, Adèle Haenel décrit à l’occasion de ces rendez-vous des caresses répétées et non consenties de Christophe Ruggia sur son corps de collégienne.S’il concède une “souffrance authentique” de la part de l’actrice, aujourd’hui âgée de 36 ans, le réalisateur attribue ses accusations à une “reconstruction” mentale postérieure de sa part.D’après lui, Adèle Haenel, qui avait à l’époque du mal à décrocher un autre rôle après “Les diables”, lui en aurait voulu de ne pas pouvoir tourner dans le film suivant qu’il préparait.”Il y a une reconstruction dans les souvenirs d’Adèle qui va jusqu’à un truc du genre +ouais en fait il voulait coucher avec moi+”, a-t-il hasardé. “Elle est dans un milieu lesbien, contre lequel j’ai absolument rien, mais qui a une vision particulière des rapports entre les femmes et les hommes, des violences sexuelles”.En raison du report de l’audience, Adèle Haenel, extrêmement nerveuse et agitée, n’avait pas eu l’occasion d’être appelée à la barre en décembre.En première instance, les démentis répétés du prévenu avaient excédé l’actrice, qui a tourné le dos au monde du cinéma. Elle avait interrompu son interrogatoire en hurlant “mais ferme ta gueule !” avant de quitter la salle d’audience.Dans son jugement de première instance, le tribunal de Paris a estimé que le prévenu avait profité de son ascendant sur l’actrice débutante, “conséquence de la relation instaurée” pendant le tournage du film “Les diables”.À l’occasion des rendez-vous hebdomadaires à son domicile, Christophe Ruggia “continuait d’exercer son autorité de réalisateur, (l’adolescente) n’était pas en mesure de s’opposer ni de s’extraire de cette emprise”, avaient estimé les juges.Après son rôle le plus marquant dans “Portrait de la jeune fille en feu” (2019) de la réalisatrice Céline Sciamma, devenue une œuvre féministe et lesbienne de référence, Adèle Haenel a rompu avec le 7e art à partir de 2020 pour se consacrer au théâtre et au militantisme de gauche radicale.

Budget: Lecornu affronte deux motions de censure, avant un nouveau 49.3

Les députés devraient rejeter vendredi les deux motions de censure déposées par la gauche hors PS et l’extrême droite en réponse au 49.3 déclenché par Sébastien Lecornu sur la partie “recettes” du budget, permettant à celui-ci d’engager un deuxième 49.3, sur la partie “dépenses” du texte.Rompant la promesse qu’il avait faite le 3 octobre de ne pas faire usage de cet article décrié de la Constitution, le Premier ministre a engagé mardi la responsabilité de son gouvernement pour faire passer cette première partie du texte sans vote.La France insoumise, le groupe GDR (communistes et ultra-marins) et les écologistes ont déposé dans la foulée une motion de censure commune, de même que le Rassemblement national et son allié le groupe ciottiste UDR.Ni l’une ni l’autre ne devrait passer, le PS et LR ayant annoncé ne pas les voter.Engagé depuis l’automne dans une négociation avec le Premier ministre, le PS se félicite d’avoir obtenu un certain nombre d'”avancées”, même s’il ne reconnaît pas le texte comme le sien. Et s’il regrette l’usage du 49.3, après avoir réclamé son abandon à M. Lecornu, il estime que c’était la “moins mauvaise” des solutions, faute de majorité en faveur du texte.Dans sa motion, la gauche hors PS accuse le Premier ministre de “renie(r) sa propre parole” et de mettre en oeuvre des “coupes budgétaires d’un niveau inégalé” pour atteindre l’objectif de 5% de déficit qu’il s’est fixé.”A l’inverse, les mesures de ce budget présentées comme des compromis ne sont que de la poudre aux yeux”, fustige-t-elle, citant la surtaxe de l’impôt sur les sociétés (qui rapportera 7,3 milliards d’euros au lieu de 8 en 2025 et 4 prévus dans le projet de loi initial), ou la taxe holding, devenue “homéopathique” après son passage au Sénat.Quant à la prime d’activité dont se félicitent les socialistes, elle revient à “faire payer par l’Etat le complément de revenu que les grandes entreprises refusent de verser à leurs salariés”.Le RN et l’UDR dénoncent eux aussi le “reniement de la parole” du Premier ministre. Et sur le fond un budget qui “ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat”, “n’offre aucune mesure de justice fiscale” ni “aucune économie structurelle”, et “continue de creuser le déficit”.Une fois les deux motions rejetées, le gouvernement devrait engager dans la foulée sa responsabilité sur la partie dépenses et l’ensemble du texte, suscitant deux nouvelles motions de censure, qui devraient être rejetées en début de semaine prochaine.Après un bref passage au Sénat, le texte devrait revenir à l’Assemblée pour un troisième et dernier 49.3, et d’ultimes motions de censure.Une fois ces étapes franchies, le chef du gouvernement se rendra vendredi après-midi à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, pour présenter un plan en faveur du logement, grâce notamment à des dernières mesures prévues dans le budget.

L’Iran dit avoir “le doigt sur la gâchette”, Trump estime que Téhéran veut dialoguer

Le chef des Gardiens de la révolution islamique a averti jeudi Washington que ses forces avaient “le doigt sur la gâchette” après plusieurs semaines de manifestations et de répression en Iran, Donald Trump jugeant que Téhéran était disposé au dialogue.”L’Iran veut effectivement parler, et nous parlerons”, a déclaré jeudi le président américain devant le Forum …

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Le Venezuela va ouvrir l’exploitation pétrolière au privé sur fond de réchauffement des relations avec Washington

Le Venezuela va complètement ouvrir l’exploitation pétrolière au secteur privé, selon un projet de loi adopté en première lecture jeudi à l’Assemblée nationale, sur fond de réchauffement avec les Etats-Unis qui ont nommé jeudi une nouvelle chargée d’affaires pour le Venezuela. Cette importante réforme, qui doit être approuvée en seconde lecture, intervient trois semaines après la …

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Ukraine: l’émissaire américain Witkoff s’est entretenu avec Poutine à Moscou

L’émissaire américain Steve Witkoff s’est entretenu dans la nuit de jeudi à vendredi avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou dans le cadre des pourparlers sur la fin de la guerre en Ukraine, peu après une courte entrevue entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump en Suisse.A l’issue de cet entretien en marge du Forum …

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Russes, Ukrainiens et Américains vont se réunir vendredi à Abou-Dhabi

La Russie, l’Ukraine et les Etats-Unis vont tenir une réunion trilatérale vendredi à Abou-Dhabi, a annoncé dans la nuit le Kremlin après un entretien à Moscou entre le président Vladimir Poutine et l’émissaire américain Steve Witkoff.”Il a été convenu que dès aujourd’hui, la première réunion d’un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi”, a déclaré tôt vendredi à la presse le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov. L’équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l’état-major, “se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi”, a-t-il dit.M. Ouchakov a souligné que le long entretien entre MM. Poutine et Witkoff, avait été “utile à tous points de vue”, notamment pour permettre cette trilatérale.”Les Américains ont beaucoup fait pour préparer cette réunion et ils espèrent qu’elle sera un succès et ouvrira des perspectives pour avancer sur l’ensemble de questions liées à la fin du conflit” en Ukraine, a souligné M. Ouchakov, évoquant des pourparlers de “très substantiels” avec M. Witkoff.Une autre rencontre, consacrée aux questions économiques, aura lieu également vendredi à Abou-Dhabi entre M. Witkoff et l’émissaire du Kremlin aux questions économiques internationales, Kirill Dmitriev, a-t-il précisé.”Nous sommes sincèrement intéressés par un réglement (du conflit) par les moyens politico-diplomatiques”, a assuré M. Ouchakov. Mais “tant que ce n’est pas encore le cas, la Russie va continuer d’atteindre ses objectifs (…) sur le champ de bataille”, a-t-il ajouté.- Garanties de sécurité -Steve Witkoff, qui était accompagné par le gendre du président américain, Jared Kushner, s’est entretenu avec Vladimir Poutine pendant plus de trois heures et demie. L’émissaire a déjà rencontré le président russe à plusieurs reprises depuis un an, dans le cadre des efforts américains pour mettre fin à quatre ans de combats en Ukraine.Depuis Davos, M. Witkoff avait auparavant vanté les progrès “significatifs” accomplis lors de sa rencontre, le week-end dernier à Miami, avec les négociateurs ukrainiens.”Je pense que nous avons réduit le problème à un seul point”, a-t-il déclaré.A Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est brièvement entretenu jeudi avec M. Trump, et a évoqué devant la presse une rencontre “positive” mais un dialogue “pas simple”.Il a toutefois assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les Etats-Unis à l’Ukraine pour dissuader la Russie d’attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit.”Les garanties de sécurité, c’est prêt”, a-t-il déclaré, indiquant que “le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux”.M. Zelensky a en revanche dit que l’épineuse question des territoires de l’est de l’Ukraine revendiqués par Moscou n’est “pas encore résolue”.”Sans règlement de la question territoriale (…) il ne faut pas compter obtenir un règlement à long terme”, a répété vendredi le conseiller diplomatique du Kremlin après la réunion entre MM. Poutine et Witkoff.- “Kaléidoscope” -Des négociations directes entre la Russie et l’Ukraine avaient déjà eu lieu lors de la première année de la guerre, en 2022, et à plusieurs reprises en 2025, à Istanbul. Ces pourparlers n’avaient abouti qu’à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats, sans régler le conflit.La Russie exige un retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, dans l’est industriel de l’Ukraine, et un engagement de Kiev à ne pas adhérer à l’Otan. Elle a multiplié ces derniers mois les frappes sur le réseau énergétique ukrainien, provoquant des coupures d’électricité et de chauffage massives notamment dans la capitale, par des températures glaciales.De plus en plus critique envers les Européens ces dernières semaines, M. Zelensky a prononcé un discours particulièrement dur à Davos jeudi envers ses principaux soutiens, disant voir une Europe “fragmentée” et “perdue” lorsqu’il s’agit d’influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de “volonté politique” face à Vladimir Poutine.”Au lieu de devenir une vraie puissance mondiale, l’Europe reste un kaléidoscope beau mais fragmenté de petites et moyennes puissances”, a-t-il déploré, évoquant des “querelles internes incessantes et des non-dits” qui “empêchent l’Europe de s’unir”.Il a également jugé, malgré les promesses européennes de déploiement de troupes en Ukraine après la guerre, “qu’aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les Etats-Unis” et que le soutien de son homologue américain était “indispensable”.