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Trump et Poutine en Alaska, le moment de vérité

Le 15 août 2025 restera-t-il dans l’Histoire comme le jour qui a scellé le sort de l’Ukraine, après trois ans de guerre? Donald Trump et Vladimir Poutine en décident vendredi, à l’autre bout du monde, en Alaska.Le président américain a décollé pour Anchorage, où il doit rencontrer son homologue russe pour ce sommet capital. “GROS ENJEUX!”, a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, peu avant de monter à bord d’Air Force One pour un vol de sept heures environ.A croire Donald Trump, qui n’est pas homme à s’embarrasser de nuances, ce sera tout ou rien.Il se fait fort de savoir en “cinq minutes” maximum si sa première rencontre en personne depuis 2019 avec le président russe sera un fiasco, ou si elle permettra d’esquisser une issue au plus sanglant conflit en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.Si tout se passe bien, le président américain, qui se rêve en lauréat du prix Nobel de la paix, assure que “cette rencontre va ouvrir la voie à une autre”, à trois, incluant cette fois Volodymyr Zelensky.Il a laissé entendre qu’un sommet tripartite pourrait se tenir très rapidement, et également en Alaska.Mais à son arrivée à Anchorage, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, semblait plus réservé quant à l’issue de la rencontre au sommet.”Nous ne faisons aucune prédiction”, a déclaré à une télévision russe M. Lavrov, qui portait un sweat-shirt arborant ce qui paraît être l’inscription “URSS” en russe. “Nous savons que nous avons nos arguments et notre position est claire et sans ambiguïté. Nous la présenterons”, a-t-il simplement ajouté.- Attente -Le vaste territoire de l’Alaska, lieu symbolique, a été cédé par la Russie aux Etats-Unis au XIXe siècle. La base militaire d’Elmendorf-Richardson, où se tiendra le sommet, a joué un rôle stratégique très important pendant la Guerre froide. Vendredi, le président ukrainien et les dirigeants européens en seront réduits à attendre que l’imprévisible président américain, comme il s’est engagé, les informe de la teneur de son tête-à-tête avec Vladimir Poutine.Vladimir Poutine “a aujourd’hui l’occasion d’accepter un cessez-le-feu” en Ukraine, a souligné à quelques heures de la rencontre le chancelier allemand Friedrich Merz, pour qui “le président Trump peut maintenant accomplir un pas significatif vers la paix”.La réunion doit débuter vendredi vers 19H30 GMT. Le tête-à-tête des deux hommes sera suivi par un repas de travail, avec leurs conseillers.Les présidents russe et américain donneront ensuite une conférence de presse, la première depuis une apparition commune devant les caméras en 2018 à Helsinki.Pour Kiev et l’Europe, le pire scénario serait que Donald Trump, fasciné par l’exercice autoritaire du pouvoir de Vladimir Poutine, se laisse convaincre de redessiner la carte de l’Ukraine selon la volonté de Moscou.- “Pas le malin” -Le président américain a assuré jeudi que son homologue russe ne “ferait pas le malin” avec lui.Ira-t-il toutefois jusqu’à agiter la menace de sanctions paralysantes contre la Russie pour arracher un cessez-le-feu et forcer Vladimir Poutine à revoir ses exigences, jugées inacceptables par Kiev ?La Russie réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson), en plus de la Crimée annexée en 2014, et qu’elle renonce aux livraisons d’armes occidentales et à toute adhésion à l’Otan.Donald Trump, qui depuis l’invasion russe de février 2022 renvoie dos à dos les deux belligérants, sans jamais désigner la Russie comme l’agresseur, parle désormais de “donnant-donnant” en matière de concessions territoriales, d'”échange” ou de “partage”.Mais que peut “donner” ou “échanger” Vladimir Poutine, à l’heure où l’armée russe accélère sa progression en Ukraine, forçant les autorités ukrainiennes à évacuer des villages entiers dans la région de Donetsk (est)?A plus de 800 km de la frontière commune, des drones ukrainiens ont touché dans la nuit une raffinerie de pétrole russe à Syzran, dans la région de Samara (sud), ainsi que la ville de Koursk proche de la frontière, tuant une personne, a affirmé l’Etat-major ukrainien sur Telegram.Si le président russe et le président américain ont une obsession commune, celle de ne jamais apparaître en position de faiblesse, leurs approches des rapports de force internationaux sont bien différentes. Pour Donald Trump, ancien promoteur immobilier devenu célèbre grâce à une émission de téléréalité, tout est affaire de négociation rapide, de marchandage rondement mené, pour arriver à un “deal” forcément avantageux pour lui.- “En colère” -Là où Vladimir Poutine, ancien du KGB formé à la guerre psychologique, raisonne à long terme, évoquant le destin historique d’une “grande Russie” qu’il voudrait reconstituer.Cette divergence de tempérament a produit une relation très particulière entre les deux hommes, faite de poussées de tension et de rapprochements spectaculaires.A une quinzaine de kilomètres de la base militaire, dans la ville d’Anchorage, quelques centaines de manifestants se sont réunis jeudi pour afficher leur soutien à l’Ukraine.Garrett Myran, un vétéran de 40 ans, ne décolère pas de la venue du président russe, pour lui un “criminel de guerre” sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale – dont les Etats-Unis ne sont pas membres.”Nous le recevons à bras ouverts et cela me met incroyablement en colère”, a-t-il confié à l’AFP.

Trump et Poutine en Alaska, le moment de vérité

Le 15 août 2025 restera-t-il dans l’Histoire comme le jour qui a scellé le sort de l’Ukraine, après trois ans de guerre? Donald Trump et Vladimir Poutine en décident vendredi, à l’autre bout du monde, en Alaska.Le président américain a décollé pour Anchorage, où il doit rencontrer son homologue russe pour ce sommet capital. “GROS ENJEUX!”, a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, peu avant de monter à bord d’Air Force One pour un vol de sept heures environ.A croire Donald Trump, qui n’est pas homme à s’embarrasser de nuances, ce sera tout ou rien.Il se fait fort de savoir en “cinq minutes” maximum si sa première rencontre en personne depuis 2019 avec le président russe sera un fiasco, ou si elle permettra d’esquisser une issue au plus sanglant conflit en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.Si tout se passe bien, le président américain, qui se rêve en lauréat du prix Nobel de la paix, assure que “cette rencontre va ouvrir la voie à une autre”, à trois, incluant cette fois Volodymyr Zelensky.Il a laissé entendre qu’un sommet tripartite pourrait se tenir très rapidement, et également en Alaska.Mais à son arrivée à Anchorage, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, semblait plus réservé quant à l’issue de la rencontre au sommet.”Nous ne faisons aucune prédiction”, a déclaré à une télévision russe M. Lavrov, qui portait un sweat-shirt arborant ce qui paraît être l’inscription “URSS” en russe. “Nous savons que nous avons nos arguments et notre position est claire et sans ambiguïté. Nous la présenterons”, a-t-il simplement ajouté.- Attente -Le vaste territoire de l’Alaska, lieu symbolique, a été cédé par la Russie aux Etats-Unis au XIXe siècle. La base militaire d’Elmendorf-Richardson, où se tiendra le sommet, a joué un rôle stratégique très important pendant la Guerre froide. Vendredi, le président ukrainien et les dirigeants européens en seront réduits à attendre que l’imprévisible président américain, comme il s’est engagé, les informe de la teneur de son tête-à-tête avec Vladimir Poutine.Vladimir Poutine “a aujourd’hui l’occasion d’accepter un cessez-le-feu” en Ukraine, a souligné à quelques heures de la rencontre le chancelier allemand Friedrich Merz, pour qui “le président Trump peut maintenant accomplir un pas significatif vers la paix”.La réunion doit débuter vendredi vers 19H30 GMT. Le tête-à-tête des deux hommes sera suivi par un repas de travail, avec leurs conseillers.Les présidents russe et américain donneront ensuite une conférence de presse, la première depuis une apparition commune devant les caméras en 2018 à Helsinki.Pour Kiev et l’Europe, le pire scénario serait que Donald Trump, fasciné par l’exercice autoritaire du pouvoir de Vladimir Poutine, se laisse convaincre de redessiner la carte de l’Ukraine selon la volonté de Moscou.- “Pas le malin” -Le président américain a assuré jeudi que son homologue russe ne “ferait pas le malin” avec lui.Ira-t-il toutefois jusqu’à agiter la menace de sanctions paralysantes contre la Russie pour arracher un cessez-le-feu et forcer Vladimir Poutine à revoir ses exigences, jugées inacceptables par Kiev ?La Russie réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson), en plus de la Crimée annexée en 2014, et qu’elle renonce aux livraisons d’armes occidentales et à toute adhésion à l’Otan.Donald Trump, qui depuis l’invasion russe de février 2022 renvoie dos à dos les deux belligérants, sans jamais désigner la Russie comme l’agresseur, parle désormais de “donnant-donnant” en matière de concessions territoriales, d'”échange” ou de “partage”.Mais que peut “donner” ou “échanger” Vladimir Poutine, à l’heure où l’armée russe accélère sa progression en Ukraine, forçant les autorités ukrainiennes à évacuer des villages entiers dans la région de Donetsk (est)?A plus de 800 km de la frontière commune, des drones ukrainiens ont touché dans la nuit une raffinerie de pétrole russe à Syzran, dans la région de Samara (sud), ainsi que la ville de Koursk proche de la frontière, tuant une personne, a affirmé l’Etat-major ukrainien sur Telegram.Si le président russe et le président américain ont une obsession commune, celle de ne jamais apparaître en position de faiblesse, leurs approches des rapports de force internationaux sont bien différentes. Pour Donald Trump, ancien promoteur immobilier devenu célèbre grâce à une émission de téléréalité, tout est affaire de négociation rapide, de marchandage rondement mené, pour arriver à un “deal” forcément avantageux pour lui.- “En colère” -Là où Vladimir Poutine, ancien du KGB formé à la guerre psychologique, raisonne à long terme, évoquant le destin historique d’une “grande Russie” qu’il voudrait reconstituer.Cette divergence de tempérament a produit une relation très particulière entre les deux hommes, faite de poussées de tension et de rapprochements spectaculaires.A une quinzaine de kilomètres de la base militaire, dans la ville d’Anchorage, quelques centaines de manifestants se sont réunis jeudi pour afficher leur soutien à l’Ukraine.Garrett Myran, un vétéran de 40 ans, ne décolère pas de la venue du président russe, pour lui un “criminel de guerre” sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale – dont les Etats-Unis ne sont pas membres.”Nous le recevons à bras ouverts et cela me met incroyablement en colère”, a-t-il confié à l’AFP.

Charles III rappelle le coût des conflits pour les 80 ans de la fin de la guerre dans le Pacifique

Le roi Charles III a rendu hommage vendredi aux soldats ayant servi en Asie et dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, rappelant le coût des conflits, pour le 80e anniversaire de la victoire des forces alliées sur le Japon.Le monarque a déposé une couronne de fleurs et respecté deux minutes de silence à 12H00 (11H00 GMT) lors d’une cérémonie au National Memorial Arboretum, dans le centre de l’Angleterre, aux côtés de la reine Camilla et du Premier ministre Keir Starmer.33 vétérans britanniques, du Commonwealth ou de pays alliés, âgés de 96 à 105 ans et ayant servi en Asie et dans le Pacifique, ont été mis à l’honneur lors de cette commémoration, avec un survol d’avions militaires devant 1.500 invités.Dans un message diffusé dans la matinée par le palais de Buckingham, Charles III a évoqué le “courage” des vétérans, l'”horreur” vécue par les prisonniers de guerre, mais aussi “le prix immense” payé par “les populations civiles innocentes” lors des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki.”Leur expérience nous rappelle que le véritable coût de la guerre dépasse les champs de bataille, touchant tous les aspects de la vie – une tragédie tristement illustrée par les conflits qui sévissent encore aujourd’hui dans le monde”, a-t-il ajouté.Jeudi soir, le Premier ministre Keir Starmer avait reçu des vétérans à Downing Street, après y avoir accueilli le matin même le président ukrainien Volodymyr Zelensky, “qui se bat pour les mêmes valeurs que celles pour lesquelles nous nous battions”, avait-il souligné durant cette réception.Le 6 août 1945, les Etats-Unis avaient largué une bombe atomique sur la ville japonaise d’Hiroshima, suivie par une autre sur celle de Nagasaki trois jours plus tard, causant la mort de centaines de milliers de personnes et précipitant la fin de la Seconde Guerre mondiale avec la capitulation du Japon le 15 août.Le 15 août est le jour officiel de la victoire pour le Royaume-Uni.

Charles III rappelle le coût des conflits pour les 80 ans de la fin de la guerre dans le Pacifique

Le roi Charles III a rendu hommage vendredi aux soldats ayant servi en Asie et dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, rappelant le coût des conflits, pour le 80e anniversaire de la victoire des forces alliées sur le Japon.Le monarque a déposé une couronne de fleurs et respecté deux minutes de silence à …

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Un olivier rendant hommage à Ilan Halimi abattu, indignation face à “la haine antisémite”

Un arbre “fauché par la haine antisémite”, a réagi François Bayrou. L’émotion était vive et les condamnations politiques unanimes vendredi après la découverte de l’abattage de l’olivier planté à Epinay-sur-Seine en hommage à Ilan Halimi, jeune Français juif séquestré et torturé à mort en 2006.L’abattage de l’olivier a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi et a été constaté jeudi par des agents de l’établissement public territorial Plaine Commune, dont la ville d’Epinay-sur-Seine fait partie.Dans une photographie accompagnant un communiqué de Plaine commune, on voit un arbre au tronc sectionné, situé juste au-dessus de la plaque commémorative portant le nom d’Ilan Halimi.Le reste de l’arbre, retourné, est à proximité. L’arbre avait été planté en 2011 dans cette commune de Seine-Saint-Denis située à une dizaine de kilomètres au nord de Paris.”L’arbre pour Ilan Halimi, vivant rempart contre l’oubli, a été fauché par la haine antisémite. Nul crime ne peut déraciner la mémoire. La lutte jamais achevée contre le mortel poison de la haine est notre devoir premier”, a écrit sur X le Premier ministre François Bayrou.Pour le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Yonathan Arfi, interrogé par l’AFP, “cette réaffirmation violente de l’antisémitisme à la face de la société est quelque chose d’extrêmement douloureux. Il n’y a rien de plus lâche et les assassins de sa mémoire ne valent pas mieux que ceux qui lui ont pris la vie il y a vingt ans”.Ilan Halimi, 23 ans, avait été enlevé, séquestré et torturé en janvier 2006 par un groupe d’une vingtaine de personnes qui se faisaient appeler le “gang des barbares”, sous la direction de Youssouf Fofana.Découvert nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures, à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, le jeune homme était mort pendant son transfert à l’hôpital un peu moins d’un mois plus tard.Le décès de ce jeune Français juif avait suscité une vive émotion dans le pays.- Arbre replanté -Plusieurs autres responsables politiques ont exprimé vendredi sur X leur émotion et leur réprobation après cet acte, alors que la communauté juive est confrontée à une très forte hausse des faits antisémites depuis les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et le début de la guerre à Gaza.”Abject. Face à cet acte antisémite, je tiens à exprimer ma pleine solidarité avec la famille d’Ilan Halimi, dont la mémoire doit être respectée, racontée comme témoignage des conséquences tragiques de la haine de l’Autre et du racisme, et nous rassembler”, a écrit Eric Coquerel, député LFI de la circonscription comprenant Epinay-sur-Seine.”Honte au profanateur antisémite qui a dû penser que cet acte était d’un courage infini…”, a lancé également sur X le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. A droite, Eric Ciotti, patron de l’UDR alliée au Rassemblement national, y voit “un abominable symbole de l’explosion de l’antisémitisme dans notre pays autant qu’une infâme attaque contre la mémoire du martyr d’Ilan Halimi”.”L’olivier, planté en mémoire d’Ilan Halimi, était un symbole d’espoir face à la barbarie. Le détruire, est un acte infâme de haine et d’antisémitisme d’une lâcheté absolue”, a réagi la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne. Deux autres arbres plantés en hommage à Ilan Halimi, dont l’un portait sa photo, avaient été vandalisés et sciés en 2019 à Sainte-Geneviève-des-Bois, où il avait été retrouvé agonisant au bord d’une voie ferrée.D’autres arbres avaient été replantés. Mathieu Hanotin, président de Plaine Commune, s’est aussi engagé à le faire à Epinay “dans les meilleurs délais”.Entre janvier et mai 2025, 504 actes antisémites ont été recensés, contre 662 sur la même période en 2024, soit une baisse de 24%, selon des chiffres diffusés début juillet par le ministère de l’Intérieur.Ces faits restent toutefois en augmentation de 134% par rapport à janvier-mai 2023, avait précisé le ministère, qui souligne leur “niveau très élevé”. En 2024, 1.570 actes antisémites avaient été recensés en France. hr-grd-jdy-meh/bfa/sp

Nuit blanche à Genève, pas de traité plastique et maintenant ?

Il n’y aura pas de traité contre la pollution plastique à Genève: après un constat d’échec cuisant pour l’environnement et pour la diplomatie, les Nations unies essayaient vendredi de chercher une porte de sortie.  Le représentant de la Norvège, co-président d’un groupe de pays qui défendait un traité “ambitieux” pour protéger l’environnement et la santé humaine face au danger grandissant de la pollution plastique, l’a annoncé en ouverture d’une réunion plénière des 185 gouvernements réunis depuis dix jours : “nous n’aurons pas de traité sur la pollution plastique ici à Genève”.Le président du comité des négociations (CNI5-2), l’Equatorien Luis Vayas Valdivieso, avait présenté en 24 heures deux versions différentes d’une proposition de compromis, dont le dernier dans la nuit du 14 au 15 août dans une ambiance fiévreuse et inquiète. Mais les chefs de délégation réunis en session exceptionnelle à l’aube n’ont pas réussi à se mettre d’accord en dépit d’une sensible évolution dans la formulation.Ce texte, qui comportait encore plus d’une centaine de points à clarifier, constituait une “base acceptable de négociation”, avaient indiqué deux sources gouvernementales distinctes interrogées par l’AFP juste après la mise en ligne du texte sur le site onusien.Mais lors de la dernière séance, il n’a pas fait consensus –la règle cardinale de l’Onu–, et tout le processus a fini par être ajourné, au bout d’une session qui avait déjà été étendue au-delà de ses limites.Beaucoup de délégués ont fait part de leur déception devant l’échec des négociations, la représentante de Fiji estimant que ce revers “affaiblit le multilatéralisme”.”Une poignée de pays, guidés par des intérêts financiers de court terme et non par la santé de leurs populations et la durabilité de leur économie, ont bloqué l’adoption d’un traité ambitieux contre la pollution plastique”, a regretté la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier Runacher, dans une déclaration.Pour les représentants des îles du Pacifique ou d’ailleurs, dont certains ont mis trois jours pour arriver à Genève, cet échec signifie que “sans aide extérieure, des millions de tonnes de déchets plastique vont continuer à être jetés dans nos océans, affectant nos écosystèmes, notre sécurité alimentaire, notre vie et nos cultures”, a déploré le représentant de l’archipel de Tuvalu.Depuis le démarrage du processus en 2022, une guerre de tranchées de plus en plus âpre a opposé deux camps apparemment irréconciliables.Les “ambitieux”, dont l’Union européenne, le Canada, l’Australie, beaucoup de pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’îles, qui voulaient réduire la production mondiale de plastique et contrôler les molécules les plus préoccupantes pour la santé, afin de réduire la pollution.En face, des pays essentiellement pétroliers qui refusent toute contrainte sur la production d’hydrocarbures à la base de l’industrie plastique et toute interdiction de molécules ou additifs problématiques pour la santé.Ces pays ne supportaient pas que la négociation porte sur “toute la durée de vie” du plastique, c’est-à-dire depuis la substance dérivée du pétrole jusqu’à son état de déchet, en passant par les objets qu’il sert à fabriquer.Ils ont mené une guerre de pilonnage pour obtenir le changement du “scope” ou de la portée de la négociation et du texte du traité, fixée en 2022 lors de l’assemblée générale Environnement des Nations unies.Cette session de négociation n’est “pas close”, a déclaré M. Vayas Valdivieso à l’AFP, et une prochaine future session relèvera donc d’une “nouvelle partie de CNI5”. “Le secrétariat va travailler pour trouver une date et un endroit, où CNI5-3 aura lieu”, a-t-il ajouté.Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, la diplomate chevronnée Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP), a indiqué que les 10 journées de négociations ont permis de comprendre “plus en détails les +lignes rouges+” de chaque pays. “Nous ne les connaissions pas aussi bien qu’aujourd’hui. (…) C’est un pas très important”, a-t-elle confié à l’AFP. “Nous vivons dans une période politique et géopolitique complexe. Et en plus le multilatéralisme est sous tension”.Sous l’œil des représentants des industries pétrochimiques présents dans les couloirs, les pays avaient déjà échoué à produire un texte commun à Busan en Corée du Sud fin 2024.Le sujet est d’autant plus important que la planète a produit plus de plastique depuis 2000 que durant les 50 années précédentes. Et la tendance s’accélère: si rien n’est fait, la production actuelle, de quelque 450 millions de tonnes par an, devrait tripler d’ici 2060, selon les prévisions de l’OCDE. Moins de 10% est recyclé.Greenpeace ainsi que d’autres ONG ont immédiatement ciblé les industries pétrolières et chimiques.”La crise du plastique s’accélère et l’industrie pétrochimique est déterminée à nous sacrifier au profit de ses intérêts à court terme”, a estimé Greenpeace.Les ONG, qui devaient prendre la parole publiquement en fin de session n’ont d’ailleurs pas pu s’exprimer, après une demande impérieuse d’ajournement de la part du représentant des Etats-Unis John Thompson, et de celui du Koweit, désireux de terminer la session au plus vite après une nuit blanche.

Inde: au moins 60 morts dans les inondations, les recherches se poursuivent

Les secouristes poursuivent leurs recherches vendredi, au lendemain d’inondations qui ont fait au moins 60 victimes dans un village himalayen du Cachemire indien. Quelque “60 personnes sont recensées comme mortes”, et 80 autres sont portées disparues, à indiqué à l’AFP vendredi Mohammad Irshad, un responsable des services d’urgence. Des torrents d’eau et de boue, provoqués par de fortes pluies, ont dévasté jeudi le village de Chisoti, dans le district de Kishtwar, à environ 200 km de la Srinagar, la capitale de la partie du Cachemire sous administration indienne.De gros engins ont été envoyés pendant la nuit pour creuser dans les décombres et des militaires ont été mobilisés en renfort des secouristes présents, a constaté un photographe de l’AFP.Le village de Chisoti est situé sur la route d’un pèlerinage hindou menant au sanctuaire de Machail Mata. Une grande cuisine de fortune, où plus d’une centaine de pèlerins se trouvaient lorsque l’inondation a eu lieu, a été complètement emportée, ont indiqué les autorités.Selon le directeur de l’hôpital du district de Kishtwar, Yudhvir Kotwal, plus de 100 personnes avaient été admises depuis la catastrophe.”La plupart des blessés souffrent de traumatismes crâniens, de fractures osseuses et de côtes cassées”, a-t-il déclaré à l’AFP, ajoutant que “des corps continuaient d’être retrouvés sous la boue et les décombres”.Arun Shah, 35 ans, venait de terminer son pèlerinage avec sa famille lorsque l’inondation est survenue. “C’était horrible”, a-t-il déclaré à l’AFP au téléphone. “Des rochers et un torrent d’eau sont descendus de la montagne. Nous avons tous été séparés”, a-t-il ajouté. Il s’agit de la deuxième catastrophe majeure causée par des inondations meurtrières en Inde en août.Le 5 août, des inondations avaient balayé la ville himalayenne de Dharali, dans l’Etat indien de l’Uttarakhand, et l’ont recouverte de boue. Le bilan de cette catastrophe, qui n’a pas encore été confirmé, est estimé à plus de 70 morts.Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la saison de la mousson, de juin à septembre, mais des experts affirment que le changement climatique, associé à un développement mal planifié, augmente leur fréquence et leur gravité.L’Organisation météorologique mondiale a estimé l’année dernière que les inondations et les sécheresses de plus en plus intenses étaient un “signal d’alarme”, car le changement climatique rend le cycle de l’eau sur la planète de plus en plus imprévisible.”Nos pensées vont aux victimes. Les gouvernements locaux et le gouvernement central travaillent ensemble avec toute leur force”, a déclaré vendredi le Premier ministre Narendra Modi lors de son discours à l’occasion de la fête de l’Indépendance, à New Delhi.

Inde: au moins 60 morts dans les inondations, les recherches se poursuivent

Les secouristes poursuivent leurs recherches vendredi, au lendemain d’inondations qui ont fait au moins 60 victimes dans un village himalayen du Cachemire indien. Quelque “60 personnes sont recensées comme mortes”, et 80 autres sont portées disparues, à indiqué à l’AFP vendredi Mohammad Irshad, un responsable des services d’urgence. Des torrents d’eau et de boue, provoqués par de …

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Bayrou dénonce “la haine antisémite” qui a “fauché” l’arbre hommage à Ilan Halimi

Le Premier ministre François Bayrou a dénoncé vendredi la “haine antisémite” de celui ou ceux qui ont abattu l’arbre planté à Epinay-sur-Seine en hommage à Ilan Halimi, jeune Français juif séquestré et torturé à mort en 2006 par le “gang des barbares”.”L’arbre pour Ilan Halimi, vivant rempart contre l’oubli, a été fauché par la haine antisémite. Nul crime ne peut déraciner la mémoire. La lutte jamais achevée contre le mortel poison de la haine est notre devoir premier”, a écrit sur X le chef du gouvernement.L’arbre, qui avait été planté en 2011 dans cette commune de Seine-Saint-Denis, a été sectionné probablement à l’aide d’une tronçonneuse dans la nuit de mercredi à jeudi.Plusieurs autres responsables politiques ont exprimé leur émotion et leur réprobation après cet acte, alors que la communauté juive est confrontée à une très forte hausse des faits antisémites depuis les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et le début de la guerre à Gaza.”Honte au profanateur antisémite qui a dû penser que cet acte était d’un courage infini…”, a lancé également sur X le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, tandis que le député de la France insoumise (LFI) Antoine Léaument a fait part de sa “colère immense” et de son “plein soutien à nos compatriotes juifs”.A droite, Eric Ciotti, patron de l’UDR alliée au Rassemblement national, y voit “un abominable symbole de l’explosion de l’antisémitisme dans notre pays autant qu’une infâme attaque contre la mémoire du martyr d’Ilan Halimi”.Ilan Halimi, 23 ans, avait été enlevé, séquestré et torturé en janvier 2006 par un groupe d’une vingtaine de personnes qui se faisaient appeler “le gang des barbares”, sous la direction de Youssouf Fofana.Découvert nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures, à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, le jeune homme était mort pendant son transfert à l’hôpital un peu moins d’un mois plus tard.

Hong Kong: report des plaidoiries au procès de Jimmy Lai

La justice hongkongaise a reporté vendredi les plaidoiries au procès de l’homme d’affaires Jimmy Lai, en raison d’un problème cardiaque du militant prodémocratie, jugé pour collusion avec des forces étrangères en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin.Des pays occidentaux et organisations de défense des droits humains appellent à la libération du magnat des médias de 77 ans, fondateur du journal Apple Daily, qui avait dû fermer en raison de son soutien aux grandes manifestations prodémocratie de 2019 à Hong Kong, parfois violentes.Jimmy Lai est jugé depuis décembre 2023 pour collusion avec des forces étrangères et encourt l’emprisonnement à vie. Il est également accusé d’avoir écrit des textes séditieux dans son journal.Vendredi, l’avocat de la défense Robert Pang a déclaré à la cour que M. Lai avait souffert de “palpitations” cardiaques et eu l’impression de “s’évanouir”.Le septuagénaire est incarcéré depuis fin 2020 et se trouverait à l’isolement, ce qui suscite des inquiétudes pour sa santé.Me Pang a déclaré à l’AFP à l’extérieur du tribunal que le pouls de M. Lai s’était accéléré et que la défense avait demandé qu’il soit excusé de la phase des plaidoiries. Jimmy Lai “pense que ces épisodes arrivent lorsqu’il est fatigué, et venir au tribunal le fatigue”, a expliqué Me Pang.La cour a repoussé à lundi la reprise du procès pour permettre à l’administration pénitentiaire de lui fournir un dispositif de suivi de l’activité cardiaque et des médicaments.Le personnel médical désigné par la prison n’a détecté “aucune anomalie” avec le coeur de M. Lai, mais a néanmoins prévu un moniteur cardiaque portable et un traitement, a déclaré la juge Esther Toh. – “Le monde surveille” Hong Kong -“Le monde surveille la manière avec laquelle Hong Kong traite ses journalistes”, a lancé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) jeudi. “La détention prolongée de Jimmy Lai détruit non seulement la réputation ancienne de Hong Kong en tant que société libre et ouverte, mais aussi en tant que centre d’affaires”, a déclaré la directrice régionale du CPJ, Beh Lih Yi.Le président américain Donald Trump a pour sa part affirmé jeudi à Fox News avoir mentionné l’affaire Jimmy Lai auprès du numéro un chinois Xi Jinping. “Je vais faire tout ce que je peux pour le sauver”, a promis M. Trump, selon cette station de radio.M. Chang, un ancien employé d’Apple Daily, se trouvait vendredi devant le tribunal pour soutenir M. Lai, le décrivant comme un patron “attentionné”. “Sa santé s’est détériorée après qu’il a été placé en détention, mais je pense que son mental est fort, et j’espère qu’il pourra résister”, a déclaré M. Chang à l’AFP.Le gouvernement de Hong Kong a, lui, “fermement (…) rejeté” mercredi “les remarques calomnieuses formulées par des forces extérieures” quant au procès.- “Prisonnier politique” -Au cours de son procès, M. Lai est venu témoigner devant la cour et s’est qualifié de “prisonnier politique”. Le parquet affirme qu’il a exercé une influence aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et à Taïwan, à travers des “relations politiques”. Le magnat a reconnu à son procès avoir demandé en 2019 à l’ex-vice-président américain Mike Pence de “soutenir” le mouvement prodémocratie à Hong Kong, mais sans l’appeler à agir.Deux témoins ont accusé M. Lai d’avoir soutenu financièrement un groupe militant, Stand With Hong Kong, pour diffuser à l’étranger de la publicité en faveur des manifestations de 2019.M. Lai nie avoir appelé à des sanctions contre la Chine ou sa région méridionale de Hong Kong, et a affirmé n’avoir jamais soutenu le séparatisme ni la violence. Selon l’homme d’affaires, Apple Daily incarnait les “valeurs fondamentales du peuple de Hong Kong (…), l’Etat de droit, la liberté, la défense de la démocratie, la liberté d’expression, la liberté de religion, la liberté de réunion”.”Je ne veux pas que mon père meure en prison”, a lancé son fils Sebastien Lai en mars, en appelant le gouvernement du Premier ministre britannique Keir Starmer à faire davantage pour l’homme d’affaires, de nationalité britannique.Apple Daily a été contraint de fermer en 2021 après des descentes de police et l’arrestation de ses rédacteurs en chef.