AFP World

Zelensky et Trump campent sur leurs positions avant une rencontre cruciale

A quelques heures d’une rencontre cruciale, Donald Trump et Volodymyr Zelensky ont exposé lundi des visions opposées d’une possible issue au conflit en Ukraine, où la Russie a continué ses frappes meurtrières.Assistera-t-on dans le Bureau ovale à une nouvelle humiliation publique du président ukrainien comme le 28 février?Ou parviendront-ils à trouver un terrain d’entente, sous la pression de dirigeants européens qui se déplacent également à la Maison Blanche pour faire corps autour de Volodymyr Zelensy?Ce dernier a redit lundi qu’il appartenait à la Russie de “mettre fin à cette guerre qu’elle a déclenchée” et qu’il ne fallait pas qu’elle soit “récompensée” pour avoir envahi son pays en février 2022.Donald Trump a lui écrit auparavant sur son réseau Truth Social que le chef de l’Etat ukrainien “pouvait mettre fin à la guerre avec la Russie presque immédiatement s’il le voulait, ou (pouvait) continuer à combattre”.- Costume -Le président américain, qui n’a jamais attribué la responsabilité du conflit à Moscou, n’a obtenu aucune concession de Vladimir Poutine après une rencontre vendredi en Alaska.Il a revanche exposé très clairement dimanche soir sur son réseau social ce qu’il attendait de Kiev: renoncer à la Crimée, occupée par la Russie depuis 2014, ainsi qu’à une adhésion à l’Otan.Dans une démonstration de solidarité exceptionnelle, Volodymyr Zelensky est accompagné dans la capitale américaine par le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président finlandais Alexander Stubb, le chef de l’Otan Mark Rutte et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.Le président ukrainien tiendra d’abord “une réunion préparatoire” avec les dirigeants européens, lesquels se rendront ensuite à la Maison Blanche.Volodymyr Zelensky y arrivera séparément et sera reçu par Donald Trump vers 13h00 (17h00 GMT). Suivra ensuite une réunion élargie avec les Européens.Certains médias spéculent déjà sur la tenue de Volodymyr Zelensky, très critiqué dans le camp trumpiste la dernière fois pour avoir porté son habituelle tenue d’inspiration militaire plutôt qu’un costume.- Frappes meurtrières -Chaque détail vestimentaire, intonation, geste aura son importance, surtout que Donald Trump semble aborder la rencontre dans une humeur plutôt chagrine, à lire ses derniers messages sur Truth Social.Toujours soucieux de se montrer en position de force, il s’en est pris violemment à la presse américaine, dont une partie l’accuse d’avoir plié en Alaska face à son homologue russe. Donald Trump n’a pas décroché comme il l’espérait un cessez-le-feu pendant sa rencontre en Alaska avec Vladimir Poutine, et lundi l’offensive russe se poursuivait.Moscou a tiré quelques 140 drones et quatre missiles balistiques dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé l’armée de l’air ukrainienne.Une frappe de drone russe a fait sept morts et des blessés à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, selon les autorités locales.Deux personnes ont été tuées dans des frappes ukrainiennes dans les régions de Kherson et Donetsk, dont d’importantes parties sont sous contrôle des troupes russes, selon les autorités d’occupation.La réunion à Washington doit permettre d’aborder de possibles concessions territoriales et des garanties de sécurité, pour mettre fin au conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.- “Rayer toute ma vie” -Outre la question de la Crimée, un responsable au courant d’échanges téléphoniques samedi entre le président américain et des dirigeants européens a affirmé à l’AFP que Donald Trump soutenait une proposition de Moscou selon laquelle Kiev céderait les régions de Donetsk et Lougansk (est), et le front serait gelé dans celles de Kherson et Zaporijjia (sud).L’émissaire américain Steve Witkoff a assuré que Moscou avait fait “certaines concessions” territoriales.”Dois-je simplement tirer un trait sur toute ma vie là-bas? Comment peut-on abandonner sa patrie?”, se désole Lioudmyla Bondareva, originaire de la ville de Bakhmout, opposée à la cession de sa région aujourd’hui rasée et occupée par les troupes de Moscou.En rentrant d’Alaska, Donald Trump a évoqué la piste d’une clause de sécurité collective inspirée de l’article 5 de l’Otan, en dehors toutefois du cadre de l’Alliance atlantique, considérée par Moscou comme une menace existentielle.Selon Emmanuel Macron, les Européens vont demander au président américain “jusqu’à quel point” il se joindra à des garanties de sécurité.Si “tout marche bien” lundi, le milliardaire républicain a laissé entrevoir un sommet tripartite avec MM. Poutine et Zelensky.

Gaza: les médiateurs font une proposition de cessez-le-feu au Hamas

Une délégation du mouvement islamiste palestinien Hamas a reçu au Caire une nouvelle proposition de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, prévoyant une trêve initiale de 60 jours et la libération en deux étapes des otages, a indiqué lundi un responsable palestinien.Les efforts des médiateurs –Egypte, Qatar et Etats-Unis– n’ont jusqu’à présent pas réussi à aboutir à un cessez-le-feu durable dans la guerre qui ravage depuis 22 mois la bande de Gaza, sous blocus israélien et menacé d’une “famine généralisée” selon l’ONU.A la mi-journée lundi, aucun responsable israélien n’avait encore commenté les discussions en cours en Egypte, où s’est rendu le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, pour pousser à un accord. De dizaines de milliers d’Israéliens rassemblés dimanche à Tel-Aviv ont réclamé à leur gouvernement la fin de la guerre et la libération des otages enlevés le 7 octobre 2023 lors de l’attaque sans précédent du Hamas en Israël qui a déclenché la guerre à Gaza.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu fait face à une pression croissante de son opinion publique qui craint pour le sort des 49 otages encore retenus à Gaza, dont 27 sont morts selon l’armée israélienne, pendant qu’à l’étranger, les appels se multiplient pour mettre fin aux souffrances des Gazaouis.- Libération en deux étapes -Depuis le début de la guerre, Israël assiège à Gaza 2,4 millions de Palestiniens, qu’il a soumis début mars à un blocus humanitaire total, ensuite allégé en mai puis de nouveau fin juillet face aux critiques internationales.Le texte présenté au Caire à la délégation du Hamas reprend les grandes lignes d’une précédente proposition américaine.Cette nouvelle proposition “se base sur celle de l’envoyé américain (Steve) Witkoff, qui prévoit une trêve de soixante jours et la libération des prisonniers israéliens en deux vagues”, selon une source palestinienne proche du dossier.”La proposition est un accord-cadre pour lancer des négociations sur un cessez-le-feu permanent. Le Hamas tiendra des consultations internes au sein de sa direction” et avec les dirigeants d’autres groupes alliés, a ajouté cette source qui a requis l’anonymat.Selon une source au sein du Jihad islamique, groupe palestinien allié du Hamas, ce plan prévoit un cessez-le-feu de 60 jours en échange de la libération de 10 otages israéliens, et de la restitution d’un certain nombre de corps de captifs.251 personnes avaient été prises en otage lors de l’attaque du 7-Octobre, qui a causé la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, côté israélien. L’offensive de représailles israélienne à Gaza y a fait 61.944, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Elle a aussi provoqué un désastre humanitaire.  Selon la source au sein du Jihad islamique, “les captifs restants seraient libérés lors d’une deuxième phase, avec des négociations immédiates à suivre pour un accord plus large” visant à une fin permanente de “la guerre et de l’agression”, avec des garanties internationales. Selon son porte-parole Munther al-Hayek, le Fatah, groupe rival du Hamas, “soutient la proposition égyptienne” et a appelé le Hamas “à l’accepter immédiatement”.- “Au-delà de toute imagination” -Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdelatty, a indiqué lundi, lors d’une conférence de presse à Rafah, à la frontière entre Gaza et l’Egypte, que les délégations du Hamas et du Qatar intensifiaient “les efforts afin de mettre fin aux assassinats et à la famine systématiques et pour préserver le sang du peuple palestinien innocent”.”La situation actuelle sur le terrain est au-delà de toute imagination”, s’est alarmé le ministre.Amnesty International a affirmé lundi qu’Israël menait à Gaza une “campagne de famine délibérée”, avec la volonté de “détruire systématiquement la santé, le bien-être et le tissu social de la vie palestinienne”.Israël a rejeté à plusieurs reprises les accusations de famine délibérée, et affirme oeuvrer désormais pour laisser entrer plus de vivres.A Gaza, la Défense civile a fait état d’au moins 11 personnes tuées lundi dans des frappes et tirs israéliens. L’armée n’avait pas commenté ce bilan à la mi-journée.Sur ordre du Premier ministre Benjamin Netanyahu, elle se prépare désormais à conquérir la ville de Gaza et des camps de réfugiés voisins, avec l’objectif affiché de vaincre le Hamas et de libérer tous les otages.

Washington appelle Israël à tenir ses engagements après un “premier pas” du Liban pour désarmer le Hezbollah

L’émissaire américain Tom Barrack a déclaré lundi que le Liban avait fait “un premier pas” pour désarmer le Hezbollah, et estimé qu’Israël devait désormais faire sa part pour appliquer l’accord de cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre avec le mouvement pro iranien.Conclu sous médiation américaine le 27 novembre, cet accord prévoit que seules l’armée libanaise et la force de paix de l’ONU soient déployées dans le sud du pays, à la frontière avec Israël, y excluant la présence à la fois du Hezbollah et de l’armée israélienne. Mais celle-ci s’y maintient sur cinq positions et mène régulièrement des frappes sur le pays voisin. M. Barrack s’est exprimé au cours de sa première visite au Liban après l’engagement pris par le gouvernement libanais – sous pression américaine et face aux craintes d’une intensification des attaques israéliennes – de désarmer d’ici fin 2025 le Hezbollah, fondé et financé par l’Iran et ennemi juré d’Israël.”Il y a toujours une approche étape par étape. Je pense que le gouvernement libanais (…) a fait un premier pas”, a déclaré M. Barrack à l’issue d’une rencontre avec le président libanais Joseph Aoun. “Ce qu’il nous faut maintenant, c’est qu’Israël ait un engagement réciproque”, a-t-il ajouté.Interrogé à propos d’un retrait des troupes israéliennes du Liban et d’un arrêt des “violations” de l’accord, M. Barrack a affirmé qu’il s’agissait “exactement de la prochaine étape”.Avec une partie de son arsenal détruite, et sa direction décimée, le Hezbollah est sorti très affaibli fin novembre 2024 de plus d’un an de conflit avec Israël – dont deux mois de guerre ouverte – qu’il avait déclenché au début de la guerre à Gaza. Son influence sur la vie politique au Liban, qu’il a dominée pendant des années, a nettement reculé.L’accord de cessez-le feu prévoit le retrait du mouvement de la zone située au sud du fleuve Litani, à 30 km de la frontière avec Israël, et le démantèlement de ses infrastructures militaires. Selon un quotidien libanais, le gouvernement libanais a formulé des remarques sur la proposition de M. Barrack de fixer un calendrier.   Ce plan vise, selon Nidaa al-Watan, à fixer les modalités du transfert des armes du Hezbollah, du déploiement progressif de l’armée libanaise dans le sud, et du renforcement du contrôle aux frontières. Il prévoit en parallèle le retrait d’Israël des cinq positions qu’il conserve puis une phase de démarcation des frontières du Liban avec Israël et la Syrie.- “Progrès” -“Dans les semaines à venir, vous verrez des progrès de tous les côtés”, a assuré M. Barrack, ajoutant que “cela signifie une vie meilleure pour les populations” dans la région.Le mouvement chiite, seule faction libanaise autorisée à conserver ses armes après la guerre civile au Liban (1975-1990), a rejeté la décision du gouvernement de le désarmer.Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a accusé vendredi le gouvernement d'”exécuter l’ordre américano-israélien de mettre fin à la résistance, même si cela entraîne une guerre civile et des conflits internes”.Dimanche, le président libanais a assuré dans un entretien à la chaîne saoudienne al-Arabiya, que les autorités feraient “tout leur possible (..) pour épargner au Liban toute secousse interne ou externe”.M. Aoun a précisé que les autorités avaient “deux options”: accepter le plan américain et pousser à “une approbation israélienne”, ou le rejeter, “et alors Israël intensifiera ses attaques, le Liban sera isolé économiquement, et aucun de nous ne pourra répondre aux agressions”.Le Hezbollah refuse de discuter de la remise de ses armes tant qu’Israël continue ses frappes meurtrières au Liban et ne se retire pas des positions qu’il occupe dans le sud du Liban. Israël affirme pour sa part cibler des infrastructures et membres du mouvement, qu’il accuse de tenter de se reconstituer, et menace d’étendre ses opérations militaires si les autorités libanaises échouent à le désarmer.

Hong Kong: début des plaidoiries finales au procès de l’homme d’affaires Jimmy Lai

La justice hongkongaise a entamé lundi les plaidoiries dans le procès de l’homme d’affaires Jimmy Lai, militant prodémocratie, affirmant que le septuagénaire était apte à assister aux audiences, malgré une suspension la semaine dernière pour un problème cardiaque.Des pays occidentaux et organisations de défense des droits humains appellent à la libération du magnat des médias de 77 ans, fondateur du journal Apple Daily, qui avait dû fermer en raison de son soutien aux grandes manifestations prodémocratie de 2019 à Hong Kong, parfois violentes.Jimmy Lai, de nationalité britannique, est jugé depuis décembre 2023 pour collusion avec des forces étrangères et encourt l’emprisonnement à vie. Il est également accusé d’avoir écrit des textes séditieux dans son journal.Il s’est présenté devant les magistrats vêtu d’une chemise blanche et d’un coupe-vent clair, et a pu écouter les débats grâce à un casque audio. Il a même souri et salué ses soutiens dans le prétoire, ainsi que les membres de sa famille.Lundi, les procureurs ont affirmé que Jimmy Lai avait “l’intention inébranlable de solliciter des sanctions, blocus ou autres activités hostiles” contre la Chine et Hong Kong, citant ses “nombreuses relations à l’étranger”.Le procureur Anthony Chau a mentionné les voyages de Jimmy Lai aux Etats-Unis en 2019, notamment une rencontre avec le vice-président américain de l’époque, Mike Pence.Le magnat a déjà reconnu à son procès avoir demandé à M. Pence de “soutenir” le mouvement prodémocratie à Hong Kong, mais sans l’appeler à agir.Il a nié avoir appelé à des sanctions contre la Chine et Hong Kong dans leur ensemble, et a déclaré qu’il n’avait jamais préconisé le séparatisme ni la violence.Selon le procureur Anthony Chau, le ministère public devrait prendre deux jours pour présenter leurs conclusions finales.Le septuagénaire est incarcéré depuis fin 2020 et se trouverait à l’isolement, ce qui suscite des inquiétudes pour sa santé.Outre le délit de collusion, qui pourrait lui valoir une peine d’emprisonnement à perpétuité, Jimmy Lai est également accusé de “publication séditieuse” pour 161 articles, dont des éditoriaux signés de son nom.Pékin a imposé la même année à l’ancienne colonie britannique – rétrocédée à la Chine en 1997 – une loi sur la sécurité nationale réprimant les dissidents à la suite des manifestations de 2019.M. Chau a déclaré lundi que M. Lai s’était vu prescrire des médicaments et portait un appareil de surveillance cardiaque, qui lui avait été remis vendredi.Il “ne s’est plaint ni de son état cardiaque ni de son état de santé général et est apte à comparaître devant la cour”, a-t-il précisé.  – “Le sauver” -La juge Esther Toh a également lu une note rédigée par un médecin-chef indiquant que Jimmy Lai était “physiquement et mentalement apte à comparaître” devant la justice.Vendredi, l’avocat de la défense Robert Pang avait déclaré à la cour que M. Lai avait souffert de “palpitations” cardiaques et eu l’impression de “s’évanouir”.Le gouvernement de Hong Kong a pour sa part déclaré le même jour dans un communiqué que “les soins médicaux” qui lui sont prodigués “pendant sa détention sont adéquats et complets”.”Le monde surveille la manière avec laquelle Hong Kong traite ses journalistes”, a lancé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) jeudi. “La détention prolongée de Jimmy Lai détruit non seulement la réputation ancienne de Hong Kong en tant que société libre et ouverte, mais aussi en tant que centre d’affaires”, a déclaré la directrice régionale du CPJ, Beh Lih Yi.Le président américain Donald Trump a pour sa part affirmé jeudi à Fox News avoir mentionné l’affaire Jimmy Lai auprès du numéro un chinois Xi Jinping. “Je vais faire tout ce que je peux pour le sauver”, a promis M. Trump, selon cette station de radio.Le gouvernement de Hong Kong a, lui, “fermement (…) rejeté” mercredi “les remarques calomnieuses formulées par des forces extérieures” quant au procès.Le parquet affirme qu’il a exercé une influence aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et à Taïwan, à travers des “relations politiques”. Apple Daily a été contraint de fermer en 2021 après des descentes de police et l’arrestation de ses rédacteurs en chef.

Hong Kong: début des plaidoiries finales au procès de l’homme d’affaires Jimmy Lai

La justice hongkongaise a entamé lundi les plaidoiries dans le procès de l’homme d’affaires Jimmy Lai, militant prodémocratie, affirmant que le septuagénaire était apte à assister aux audiences, malgré une suspension la semaine dernière pour un problème cardiaque.Des pays occidentaux et organisations de défense des droits humains appellent à la libération du magnat des médias de 77 ans, fondateur du journal Apple Daily, qui avait dû fermer en raison de son soutien aux grandes manifestations prodémocratie de 2019 à Hong Kong, parfois violentes.Jimmy Lai, de nationalité britannique, est jugé depuis décembre 2023 pour collusion avec des forces étrangères et encourt l’emprisonnement à vie. Il est également accusé d’avoir écrit des textes séditieux dans son journal.Il s’est présenté devant les magistrats vêtu d’une chemise blanche et d’un coupe-vent clair, et a pu écouter les débats grâce à un casque audio. Il a même souri et salué ses soutiens dans le prétoire, ainsi que les membres de sa famille.Lundi, les procureurs ont affirmé que Jimmy Lai avait “l’intention inébranlable de solliciter des sanctions, blocus ou autres activités hostiles” contre la Chine et Hong Kong, citant ses “nombreuses relations à l’étranger”.Le procureur Anthony Chau a mentionné les voyages de Jimmy Lai aux Etats-Unis en 2019, notamment une rencontre avec le vice-président américain de l’époque, Mike Pence.Le magnat a déjà reconnu à son procès avoir demandé à M. Pence de “soutenir” le mouvement prodémocratie à Hong Kong, mais sans l’appeler à agir.Il a nié avoir appelé à des sanctions contre la Chine et Hong Kong dans leur ensemble, et a déclaré qu’il n’avait jamais préconisé le séparatisme ni la violence.Selon le procureur Anthony Chau, le ministère public devrait prendre deux jours pour présenter leurs conclusions finales.Le septuagénaire est incarcéré depuis fin 2020 et se trouverait à l’isolement, ce qui suscite des inquiétudes pour sa santé.Outre le délit de collusion, qui pourrait lui valoir une peine d’emprisonnement à perpétuité, Jimmy Lai est également accusé de “publication séditieuse” pour 161 articles, dont des éditoriaux signés de son nom.Pékin a imposé la même année à l’ancienne colonie britannique – rétrocédée à la Chine en 1997 – une loi sur la sécurité nationale réprimant les dissidents à la suite des manifestations de 2019.M. Chau a déclaré lundi que M. Lai s’était vu prescrire des médicaments et portait un appareil de surveillance cardiaque, qui lui avait été remis vendredi.Il “ne s’est plaint ni de son état cardiaque ni de son état de santé général et est apte à comparaître devant la cour”, a-t-il précisé.  – “Le sauver” -La juge Esther Toh a également lu une note rédigée par un médecin-chef indiquant que Jimmy Lai était “physiquement et mentalement apte à comparaître” devant la justice.Vendredi, l’avocat de la défense Robert Pang avait déclaré à la cour que M. Lai avait souffert de “palpitations” cardiaques et eu l’impression de “s’évanouir”.Le gouvernement de Hong Kong a pour sa part déclaré le même jour dans un communiqué que “les soins médicaux” qui lui sont prodigués “pendant sa détention sont adéquats et complets”.”Le monde surveille la manière avec laquelle Hong Kong traite ses journalistes”, a lancé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) jeudi. “La détention prolongée de Jimmy Lai détruit non seulement la réputation ancienne de Hong Kong en tant que société libre et ouverte, mais aussi en tant que centre d’affaires”, a déclaré la directrice régionale du CPJ, Beh Lih Yi.Le président américain Donald Trump a pour sa part affirmé jeudi à Fox News avoir mentionné l’affaire Jimmy Lai auprès du numéro un chinois Xi Jinping. “Je vais faire tout ce que je peux pour le sauver”, a promis M. Trump, selon cette station de radio.Le gouvernement de Hong Kong a, lui, “fermement (…) rejeté” mercredi “les remarques calomnieuses formulées par des forces extérieures” quant au procès.Le parquet affirme qu’il a exercé une influence aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et à Taïwan, à travers des “relations politiques”. Apple Daily a été contraint de fermer en 2021 après des descentes de police et l’arrestation de ses rédacteurs en chef.

Lutte sans répit contre les incendies en Espagne et au Portugal, déjà six morts

Des milliers de pompiers, appuyés par des militaires, des hélicoptères et des avions prêtés par les pays voisins mènent toujours lundi une lutte inlassable contre les flammes qui dévorent l’ouest de l’Espagne et le Portugal et qui ont tué six personnes dans la péninsule.Seule petite note d’espoir: la vague de chaleur, carburant des incendies, touche à sa fin après plus de deux semaines de températures extrêmes, selon l’Agence météorologique espagnole (Aemet).”Nous avons actuellement 23 incendies actifs de niveau 2″ sur 4, ce qui désigne des feux représentant une menace grave et directe pour la population, a résumé lundi matin à la télévision publique TVE Virginia Barcones, directrice générale de la Protection civile et des Urgences en Espagne.Ces dernières heures, un pompier est mort en Espagne, et un autre au Portugal, faisant grimper le bilan à quatre décès dans le premier pays et deux dans le second.Les incendies qui frappent l’Espagne sont entrés dans une phase plus intense depuis le 10 août et se concentrent dans les régions de la Galice (nord-ouest), de Castille-et-León (nord-ouest) et d’Extrémadure (ouest).Ils ont entraîné l’évacuation de milliers de personnes et des dizaines de milliers d’hectares ont été dévastés.- Visible depuis l’espace -“Nous espérons que la météo du jour commence à être enfin moins défavorable, et qu’au lieu d’empêcher d’éteindre les incendies, elle commence à accorder un peu de répit”, a souligne lundi Virginia Barcones.Selon l’Aemet, lundi sera le “dernier jour” de la vague de chaleur qui a duré deux semaines et fait grimper les températures jusqu’à 45ºC dans certaines régions du sud du pays et 40ºC dans de nombreux autres endroits.Des moyens aériens de France, d’Italie, de Slovaquie et des Pays-Bas sont venus en renfort en Espagne, tandis que le Portugal a reçu un soutien aérien de la Suède et du Maroc.”C’est une situation très difficile, très compliquée”, a expliqué à TVE la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, évoquant la “virulence” et l'”ampleur” des incendies, ainsi que la fumée, visible depuis l’espace qui complique “les interventions par voie aérienne”. – Deux accidents -En Espagne, un pompier est mort dans la nuit de dimanche à lundi lorsque son véhicule, chargé d’eau, s’est renversé dans la province de León, a informé le gouvernement de Castille-et-León sur le réseau social X. Le véhicule faisait partie d’un convoi qui quittait les lieux de l’incendie pour se reposer en empruntant une piste forestière très pentue et a fini par tomber dans un ravin. Deux autres jeunes hommes, volontaires, sont morts en Castille-et-León en combattant les flammes, et auparavant, un employé roumain d’un haras du nord de Madrid avait trouvé la mort en tentant de protéger les chevaux du feu.Au Portugal également, un pompier est décédé dimanche dans un accident de la route qui a fait deux blessés graves parmi ses collègues, a indiqué le président de la République, Marcelo Rebelo de Sousa.Il s’agit du deuxième décès dû aux incendies dans le pays, après celui d’un ancien maire luttant contre les flammes vendredi à Guarda, dans l’est du pays.Le Portugal combat principalement un grand incendie près d’Arganil, dans le centre du pays, où sont mobilisés la moitié des 2.000 pompiers sur le terrain à l’heure actuelle.Ces derniers jours, plus de 70.000 hectares ont brûlé rien qu’en Espagne, et plus de 157.000 depuis le début de l’année, selon le Système Européen d’Information sur les Incendies de Forêt (EFFIS), des chiffres qui ne cessent d’augmenter.La situation s’est en revanche nettement améliorée dans le Balkans,où la baisse de températures et l’arrivée de la pluie ont aidé les secours à éteindre ou contrôler des dizaines d’incendies, qui avaient fait deux morts depuis une semaine.En Turquie également, deux importants incendies sont désormais sous contrôle, selon les autorités, dont l’un, avait entraîné dans la nuit de samedi à dimanche l’évacuation de centaines de personnes de sept villages de la province touristique de Çanakkale, au nord-ouest du pays.

Lutte sans répit contre les incendies en Espagne et au Portugal, déjà six morts

Des milliers de pompiers, appuyés par des militaires, des hélicoptères et des avions prêtés par les pays voisins mènent toujours lundi une lutte inlassable contre les flammes qui dévorent l’ouest de l’Espagne et le Portugal et qui ont tué six personnes dans la péninsule.Seule petite note d’espoir: la vague de chaleur, carburant des incendies, touche à sa fin après plus de deux semaines de températures extrêmes, selon l’Agence météorologique espagnole (Aemet).”Nous avons actuellement 23 incendies actifs de niveau 2″ sur 4, ce qui désigne des feux représentant une menace grave et directe pour la population, a résumé lundi matin à la télévision publique TVE Virginia Barcones, directrice générale de la Protection civile et des Urgences en Espagne.Ces dernières heures, un pompier est mort en Espagne, et un autre au Portugal, faisant grimper le bilan à quatre décès dans le premier pays et deux dans le second.Les incendies qui frappent l’Espagne sont entrés dans une phase plus intense depuis le 10 août et se concentrent dans les régions de la Galice (nord-ouest), de Castille-et-León (nord-ouest) et d’Extrémadure (ouest).Ils ont entraîné l’évacuation de milliers de personnes et des dizaines de milliers d’hectares ont été dévastés.- Visible depuis l’espace -“Nous espérons que la météo du jour commence à être enfin moins défavorable, et qu’au lieu d’empêcher d’éteindre les incendies, elle commence à accorder un peu de répit”, a souligne lundi Virginia Barcones.Selon l’Aemet, lundi sera le “dernier jour” de la vague de chaleur qui a duré deux semaines et fait grimper les températures jusqu’à 45ºC dans certaines régions du sud du pays et 40ºC dans de nombreux autres endroits.Des moyens aériens de France, d’Italie, de Slovaquie et des Pays-Bas sont venus en renfort en Espagne, tandis que le Portugal a reçu un soutien aérien de la Suède et du Maroc.”C’est une situation très difficile, très compliquée”, a expliqué à TVE la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, évoquant la “virulence” et l'”ampleur” des incendies, ainsi que la fumée, visible depuis l’espace qui complique “les interventions par voie aérienne”. – Deux accidents -En Espagne, un pompier est mort dans la nuit de dimanche à lundi lorsque son véhicule, chargé d’eau, s’est renversé dans la province de León, a informé le gouvernement de Castille-et-León sur le réseau social X. Le véhicule faisait partie d’un convoi qui quittait les lieux de l’incendie pour se reposer en empruntant une piste forestière très pentue et a fini par tomber dans un ravin. Deux autres jeunes hommes, volontaires, sont morts en Castille-et-León en combattant les flammes, et auparavant, un employé roumain d’un haras du nord de Madrid avait trouvé la mort en tentant de protéger les chevaux du feu.Au Portugal également, un pompier est décédé dimanche dans un accident de la route qui a fait deux blessés graves parmi ses collègues, a indiqué le président de la République, Marcelo Rebelo de Sousa.Il s’agit du deuxième décès dû aux incendies dans le pays, après celui d’un ancien maire luttant contre les flammes vendredi à Guarda, dans l’est du pays.Le Portugal combat principalement un grand incendie près d’Arganil, dans le centre du pays, où sont mobilisés la moitié des 2.000 pompiers sur le terrain à l’heure actuelle.Ces derniers jours, plus de 70.000 hectares ont brûlé rien qu’en Espagne, et plus de 157.000 depuis le début de l’année, selon le Système Européen d’Information sur les Incendies de Forêt (EFFIS), des chiffres qui ne cessent d’augmenter.La situation s’est en revanche nettement améliorée dans le Balkans,où la baisse de températures et l’arrivée de la pluie ont aidé les secours à éteindre ou contrôler des dizaines d’incendies, qui avaient fait deux morts depuis une semaine.En Turquie également, deux importants incendies sont désormais sous contrôle, selon les autorités, dont l’un, avait entraîné dans la nuit de samedi à dimanche l’évacuation de centaines de personnes de sept villages de la province touristique de Çanakkale, au nord-ouest du pays.

Ukraine: Zelensky appelle la Russie à “mettre fin à cette guerre rapidement”

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé la Russie à “mettre fin à cette guerre qu’elle a elle-même déclenchée”, à quelques heures de sa rencontre à Washington lundi avec Donald Trump, qui veut pousser Kiev à des concessions territoriales.L’Ukraine partage “le profond désir de mettre fin à cette guerre rapidement”, a déclaré le dirigeant ukrainien dimanche soir, ajoutant que “la paix (devait) être durable”.”J’espère que notre force conjointe avec l’Amérique, avec nos amis européens, contraindra la Russie à une vraie paix”, a-t-il souligné sur les réseaux sociaux.Plusieurs dirigeants européens seront présents à Washington pour appuyer la position de Kiev, sommé par le président américain d’accepter des concessions après son sommet avec Vladimir Poutine vendredi en Alaska, qui n’a pas permis d’arrêter les combats en Ukraine.Sont attendus le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président finlandais Alexander Stubb, le chef de l’Otan Mark Rutte, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.A quelques heures de cette rencontre, la première dans ce format depuis le début de l’invasion russe en février 2022, la Russie maintient la pression sur le terrain.Moscou a tiré quelques 140 drones et quatre missiles balistiques dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé l’armée de l’air ukrainienne.Une frappe de drone russe a fait sept morts et des blessés à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, selon les autorités locales.Deux personnes ont été tuées dans des frappes ukrainiennes dans les régions de Kherson et Donetsk, dont d’importantes parties sont sous contrôle des troupes russes, selon les autorités d’occupation.La réunion à Washington doit permettre d’aborder notamment de possibles concessions territoriales et des garanties de sécurité, pour mettre fin au conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.”Le président ukrainien Zelensky peut mettre fin à la guerre avec la Russie presque immédiatement s’il le veut, ou il peut continuer à combattre”, a averti M. Trump dans une série de messages sur son réseau Truth Social où il a mis la pression sur le dirigeant ukrainien pour renoncer à certaines de ses exigences.”Pas question” pour Kiev de récupérer le contrôle de la Crimée annexée par Moscou en 2014, ni d’entrer dans l’Otan, a ainsi averti le milliardaire.- Concessions territoriales -Le président ukrainien s’entretiendra d’abord en tête-à-tête avec M. Trump à partir de 13H00 (17H00 GMT). Les différents dirigeants européens se joindront ensuite à eux. Sa dernière visite à la Maison Blanche remonte au 28 février, quand il avait été réprimandé et humilié publiquement dans le Bureau ovale par Donald Trump et son vice-président JD Vance, qui lui avaient reproché son manque de reconnaissance pour le soutien américain.Outre la question de la Crimée évoquée explicitement dimanche par Donald Trump, un responsable au courant d’échanges téléphoniques samedi entre le président américain et des dirigeants européens a affirmé à l’AFP qu’il soutenait une proposition de Moscou selon laquelle Kiev céderait les régions de Donetsk et Lougansk (est), et le front serait gelé dans celles de Kherson et Zaporijjia (sud).L’émissaire américain Steve Witkoff a assuré que Moscou avait fait “certaines concessions” territoriales concernant “cinq régions” ukrainiennes, citant uniquement “une importante discussion sur Donetsk”, région qui constitue la priorité militaire du Kremlin.- Garanties de sécurité -La question de garanties de sécurité offertes à Kiev en échange d’un compromis devrait occuper une place centrale lors des discussions de lundi.En rentrant d’Alaska, où il a accueilli Vladimir Poutine en grande pompe, Donald Trump a évoqué la piste d’une clause de sécurité collective inspirée de l’article 5 de l’Otan, en dehors toutefois du cadre de l’Alliance atlantique, considérée par Moscou comme une menace existentielle.Selon Emmanuel Macron, les Européens vont demander à M. Trump “jusqu’à quel point” il se joindra aux garanties de sécurité.Le président américain a laissé entrevoir un sommet tripartite avec MM. Poutine et Zelensky, si “tout marche bien” lorsqu’il recevra le dirigeant ukrainien.En cas d’échec des pourparlers, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a prévenu que Washington pourrait prendre de “nouvelles sanctions” contre Moscou.La Chine a dit lundi espérer un accord “acceptable pour toutes les parties dès que possible”.Le Kremlin, qui a l’avantage sur le front, est accusé par Kiev et ses alliés de jouer la montre en maintenant des demandes maximalistes.

Ukraine: Zelensky appelle la Russie à “mettre fin à cette guerre rapidement”

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé la Russie à “mettre fin à cette guerre qu’elle a elle-même déclenchée”, à quelques heures de sa rencontre à Washington lundi avec Donald Trump, qui veut pousser Kiev à des concessions territoriales.L’Ukraine partage “le profond désir de mettre fin à cette guerre rapidement”, a déclaré le dirigeant ukrainien dimanche soir, ajoutant que “la paix (devait) être durable”.”J’espère que notre force conjointe avec l’Amérique, avec nos amis européens, contraindra la Russie à une vraie paix”, a-t-il souligné sur les réseaux sociaux.Plusieurs dirigeants européens seront présents à Washington pour appuyer la position de Kiev, sommé par le président américain d’accepter des concessions après son sommet avec Vladimir Poutine vendredi en Alaska, qui n’a pas permis d’arrêter les combats en Ukraine.Sont attendus le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président finlandais Alexander Stubb, le chef de l’Otan Mark Rutte, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.A quelques heures de cette rencontre, la première dans ce format depuis le début de l’invasion russe en février 2022, la Russie maintient la pression sur le terrain.Moscou a tiré quelques 140 drones et quatre missiles balistiques dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé l’armée de l’air ukrainienne.Une frappe de drone russe a fait sept morts et des blessés à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, selon les autorités locales.Deux personnes ont été tuées dans des frappes ukrainiennes dans les régions de Kherson et Donetsk, dont d’importantes parties sont sous contrôle des troupes russes, selon les autorités d’occupation.La réunion à Washington doit permettre d’aborder notamment de possibles concessions territoriales et des garanties de sécurité, pour mettre fin au conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.”Le président ukrainien Zelensky peut mettre fin à la guerre avec la Russie presque immédiatement s’il le veut, ou il peut continuer à combattre”, a averti M. Trump dans une série de messages sur son réseau Truth Social où il a mis la pression sur le dirigeant ukrainien pour renoncer à certaines de ses exigences.”Pas question” pour Kiev de récupérer le contrôle de la Crimée annexée par Moscou en 2014, ni d’entrer dans l’Otan, a ainsi averti le milliardaire.- Concessions territoriales -Le président ukrainien s’entretiendra d’abord en tête-à-tête avec M. Trump à partir de 13H00 (17H00 GMT). Les différents dirigeants européens se joindront ensuite à eux. Sa dernière visite à la Maison Blanche remonte au 28 février, quand il avait été réprimandé et humilié publiquement dans le Bureau ovale par Donald Trump et son vice-président JD Vance, qui lui avaient reproché son manque de reconnaissance pour le soutien américain.Outre la question de la Crimée évoquée explicitement dimanche par Donald Trump, un responsable au courant d’échanges téléphoniques samedi entre le président américain et des dirigeants européens a affirmé à l’AFP qu’il soutenait une proposition de Moscou selon laquelle Kiev céderait les régions de Donetsk et Lougansk (est), et le front serait gelé dans celles de Kherson et Zaporijjia (sud).L’émissaire américain Steve Witkoff a assuré que Moscou avait fait “certaines concessions” territoriales concernant “cinq régions” ukrainiennes, citant uniquement “une importante discussion sur Donetsk”, région qui constitue la priorité militaire du Kremlin.- Garanties de sécurité -La question de garanties de sécurité offertes à Kiev en échange d’un compromis devrait occuper une place centrale lors des discussions de lundi.En rentrant d’Alaska, où il a accueilli Vladimir Poutine en grande pompe, Donald Trump a évoqué la piste d’une clause de sécurité collective inspirée de l’article 5 de l’Otan, en dehors toutefois du cadre de l’Alliance atlantique, considérée par Moscou comme une menace existentielle.Selon Emmanuel Macron, les Européens vont demander à M. Trump “jusqu’à quel point” il se joindra aux garanties de sécurité.Le président américain a laissé entrevoir un sommet tripartite avec MM. Poutine et Zelensky, si “tout marche bien” lorsqu’il recevra le dirigeant ukrainien.En cas d’échec des pourparlers, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a prévenu que Washington pourrait prendre de “nouvelles sanctions” contre Moscou.La Chine a dit lundi espérer un accord “acceptable pour toutes les parties dès que possible”.Le Kremlin, qui a l’avantage sur le front, est accusé par Kiev et ses alliés de jouer la montre en maintenant des demandes maximalistes.

Deux candidats de droite au second tour de la présidentielle en Bolivie

Deux candidats de droite s’affronteront au second tour de la présidentielle en Bolivie, selon un décompte rapide des autorités électorales, marquant la fin de deux décennies de gouvernements de gauche dans un pays plongé dans une grave crise économique. A la surprise générale, le sénateur de centre-droit Rodrigo Paz, fils de l’ancien président Jaime Paz Zamora (1989-1993), arrive en tête avec 32,1% des voix, selon les résultats communiqués par le Tribunal suprême électoral (TSE).L’ancien président de droite Jorge “Tuto” Quiroga (2001-2002) le suit de près avec 26,8%, selon les mêmes estimations.Le millionnaire Samuel Doria Medina, favori dans tous les sondages jusqu’à il y a une semaine, est en revanche relégué à la troisième place avec 19,8% des voix.Le scrutin s’est déroulé dans un contexte de grave crise économique marqué par une pénurie chronique de dollars et de carburant, tandis que l’inflation annuelle avoisine les 25%, un niveau inédit depuis 17 ans. Tenu pour responsable de la débâcle, le président sortant Luis Arce, autrefois soutenu par l’ancien président Evo Morales (2006-2019), mais désormais en conflit avec lui, a renoncé à un second mandat. Andronico Rodriguez, le président du Sénat également issu de la gauche, et le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS) au pouvoir depuis 2006, Eduardo del Castillo, n’ont pas réussi à convaincre.”Je veux un changement. Je pense que la gauche nous a fait beaucoup de mal”, a estimé Miriam Escobar, une retraitée de 60 ans. “Il n’y a pas de travail, pas d’essence, pas de diesel, tout est très cher”, a-t-elle déploré après avoir voté à La Paz.Les candidats de droite ont promis de rompre avec le modèle étatiste instauré par Evo Morales. Sous sa présidence, la pauvreté a reculé et le PIB triplé, mais la chute des revenus gaziers depuis 2017 a plongé le pays dans la crise.- “Besoin de stabilité” -“C’est la fin d’un cycle”, a déclaré Jorge “Tuto” Quiroga, après avoir voté à La Paz. Cet ingénieur, qui avait assuré un intérim à la tête du pays pendant un an (2001-2002), promet “un changement radical” en cas de victoire.Agustin Quispe, un mineur de 51 ans, a cependant qualifié “Tuto” Quiroga de “dinosaure” et affirmé son soutien à Rodrigo Paz, qui a axé sa campagne sur la lutte contre la corruption et la baisse des impôts.”La Bolivie a besoin de stabilité, de gouvernabilité et d’un modèle économique tourné vers le peuple plutôt que vers l’Etat”, a déclaré Rodrigo Paz après avoir voté à Tarija, dans le sud du pays. Les deux gagnants s’affronteront lors d’un second tour le 19 octobre, infligeant à la gauche son plus lourd revers depuis l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales.L’ancien chef d’Etat de 65 ans espérait briguer un quatrième mandat présidentiel, mais la justice, en les limitant à deux, l’a écarté de la course. Visé par un mandat d’arrêt dans une affaire de traite de mineure qu’il conteste, l’ancien syndicaliste des planteurs de coca vit retranché dans son fief du centre du pays.En votant, chaussé de sandales, Evo Morales a dénoncé un scrutin “sans légitimité”, affirmant que le vote nul, qu’il a encouragé durant la campagne, allait l’emporter, tandis que ses partisans formaient un cordon autour de lui, a constaté l’AFP. Aucune présence policière n’était visible aux alentours. Malgré son éviction, le premier chef d’Etat bolivien d’origine indigène garde de solides appuis dans certains bastions ruraux et autochtones. Mais son conflit avec Arce a fracturé le MAS, et même ceux qui ont pendant longtemps bénéficié des politiques sociales ont exprimé leur désenchantement.Pour Daniel Valverde, politologue à l’université Gabriel René Moreno, “le pire ennemi de la gauche a été la gauche elle-même”. “La corruption, la mauvaise gestion, le manque de décisions et l’improvisation ont fini par fatiguer la population”, juge-t-il.