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L’ouragan Melissa élevé à la catégorie maximale dans les Caraïbes à l’approche de la Jamaïque

L’ouragan Melissa a été élevé lundi à la catégorie maximale dans les Caraïbes, menaçant notamment la Jamaïque, Haïti ainsi que la République dominicaine de “vents destructeurs” et d'”inondations catastrophiques” dans les 48 heures à venir.”Melissa est maintenant un ouragan de catégorie 5. Les vents destructeurs, les marées de tempête et des inondations catastrophiques s’aggraveront progressivement en Jamaïque tout au long de la journée et jusqu’à ce soir”, a indiqué lundi sur son site internet le Centre national américain des ouragans (NHC).L’épicentre de l’ouragan “devrait passer près ou au-dessus de la Jamaïque ce soir et mardi, traverser le sud-est de Cuba mardi soir, et se diriger vers le sud-est des Bahamas mercredi”, a estimé le NHC, basé à Miami aux Etats-Unis.Melissa a déjà fait quatre morts au cours de la semaine: trois en Haïti et un en République dominicaine, où un adolescent est en outre porté disparu.Le NHC a fait état de vents allant jusqu’à 260 kilomètres par heure et de vagues “hautes et destructrices”. La vitesse relativement faible de l’ouragan, d’environ 6 km/h, préoccupe les experts, car les pluies et glissements de terrain qu’il provoque risquent de durer plus longtemps.”Des inondations éclair catastrophiques et de nombreux glissements de terrain sont probables”, a estimé le NHC.Les habitants des zones touchées “devront rester à l’abri chez eux pour jusqu’à deux ou trois jours, voire davantage pour les populations qui seraient isolées par les inondations catastrophiques”, avait auparavant souligné, lors d’un bulletin vidéo, le directeur adjoint du NHC, Jamie Rhome. Il avait prévenu que les conditions en Jamaïque allaient “se détériorer très, très rapidement dans les prochaines heures”.- Béryl en 2024 -Melissa pourrait provoquer des précipitations allant jusqu’à un mètre dans certaines régions de la Jamaïque et de l’île d’Hispaniola où se trouve Haïti et la République dominicaine.”L’eau a envahi plus de la moitié de la maison”, a témoigné auprès de l’AFP Angelita Francisco, femme au foyer de 66 ans habitant à Saint-Domingue, la capitale dominicaine.”On se sent impuissants, sans rien pouvoir faire, à part fuir en laissant tout”, a-t-elle ajouté, secouée par des sanglots.Neuf des 31 provinces du pays sont en vigilance rouge pour des risques d’inondations subites, de crues et de glissements de terrain.En Haïti, “d’importants dégâts matériels et l’isolement des populations est probable”, a expliqué lundi le NHC, évoquant aussi le risque de conséquences majeures sur l’archipel des îles Turques-et-Caïques, un territoire britannique.Melissa se trouvait lundi à 9H00 GMT à environ 205 kilomètres au sud de Kingston, la capitale jamaïcaine, et à 505 kilomètres au sud-ouest de Guantanamo, à Cuba.L’aéroport international Norman Manley, qui dessert Kingston, a annoncé sa fermeture samedi soir. Les ports maritimes étaient également fermés.Le dernier ouragan majeur à avoir touché la Jamaïque était Béryl, en juillet 2024. Anormalement puissant pour cette période de l’année, il avait provoqué de fortes pluies et des vents violents, faisant au moins quatre morts sur l’île.Melissa est la 13e tempête tropicale de la saison dans l’Atlantique, qui s’étend de début juin à fin novembre.Le réchauffement de la surface des océans augmente l’intensité des cyclones, ouragans ou typhons, avec des vents plus violents et des précipitations plus importantes, mais pas leur nombre total, selon les experts du changement climatique.bur-ane-rsc-dla/pz

Les députés s’emparent d’un budget de la Sécu explosif, sur les retraites et les économies renforcées

Le projet de budget de la sécurité sociale a débuté son chemin à l’Assemblée lundi, en commission des Affaires sociales, pour des débats qui s’annoncent explosifs, entre la suspension de la réforme des retraites, et des économies exceptionnellement fortes.Les députés ont commencé à étudier le texte lundi, en commission des Affaires sociales, avec quelque 1.500 amendements au menu à ce stade jusqu’à vendredi soir.Les oppositions ont notamment supprimé les mentions des objectifs de dépenses et recettes du gouvernement, ou encore les prévisions de dépenses de santé pour cette année, les estimant tantôt “insincères”, tantôt insuffisantes face aux besoins, notamment à l’hôpital.Un tour de chauffe qui permet surtout d’observer les positions de chaque force politique, car les députés repartiront quoi qu’il arrive du texte initial dans l’hémicycle le 4 novembre pour un vote prévu le 12.Et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) est sous le feu des critiques des oppositions, en raison des économies massives pour réduire le déficit à 17,5 milliards en 2026 (23 milliards en 2025).”Le débat est ouvert” et la version finale “sera bien différente”, ont répété les différents ministres en charge du texte, tout en affirmant la nécessité de maîtriser les dépenses, et “responsabiliser” tous les acteurs.La mesure phare restera quoi qu’il arrive la suspension de la réforme des retraites, promise aux socialistes en échange de leur non-censure.Le projet suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein.- La droite contre une suspension -Au cours de l’examen, Les Républicains proposeront de supprimer cette suspension, tandis que les socialistes chercheront à y intégrer les carrières longues.Si l’Assemblée vote la suspension, le Sénat, contrôlé par la droite et les centristes, rétablira la réforme, a prévenu samedi le président de la chambre haute, Gérard Larcher (LR).Le coût de la suspension est estimé à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027.Pour la financer, les options retenues – une mise à contribution des complémentaires santé et des retraités – font controverse. D’autant que le projet de budget est d’une exceptionnelle rigueur financière.L’exécutif y limite la hausse des dépenses d’Assurance maladie à 1,6%, alors qu’elles progressent naturellement chaque année d’environ 4%, poussées notamment par le vieillissement de la population. Et il table sur sept milliards d’économies en santé, pour beaucoup douloureuses.Plusieurs mesures ciblent les malades: nouvelle hausse des franchises (reste à charge des patients sur les consultations et médicaments), moindre remboursement chez le dentiste, limitation de la durée d’un premier arrêt maladie…Ce projet est “profondément injuste et inefficace”, a jugé France Assos Santé, principale fédération d’associations de patients. C’est “la pire cure d’économies depuis les années 2010”, selon les fédérations hospitalières.Autres propositions décriées: une taxation supplémentaire des complémentaires santé – qui fait débat jusque dans le camp gouvernemental -, une taxation des cotisations patronales sur les tickets restaurant et oeuvres du CSE, ou encore une surcotisation sur les dépassements d’honoraires des médecins.- Examen incertain -Le gel des pensions et de l’ensemble des prestations sociales (RSA, allocations familiales, APL…) en 2026, pour dégager 3,6 milliards d’euros d’économies, provoquera aussi de vifs débats.Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est engagé à ne pas utiliser l’arme constitutionnelle du 49.3 pour faire adopter ce texte, qui pèse pour près de 680 milliards d’euros de dépenses, soit plus que le projet de budget de l’Etat, examiné en parallèle dans l’hémicycle. Or, les profonds désaccords entre forces politiques, et le temps imparti limité, rendent l’examen des budgets très incertains à l’Assemblée avant leur transmission au Sénat.L’équation s’annonce particulièrement difficile pour le gouvernement Lecornu, face aux injonctions contradictoires des groupes politiques.Le patron des socialistes Olivier Faure a agité dimanche le spectre d’une nouvelle dissolution si le gouvernement ne cède pas dans les prochains jours en faveur d’une taxe sur les hauts patrimoines lors de l’examen du budget de l’Etat.

Trump, arrivé au Japon, résolument optimiste sur un accord avec la Chine

Donald Trump, qui est arrivé lundi au Japon, s’est montré résolument optimiste avant sa rencontre cruciale jeudi avec le président chinois Xi Jinping, censée résoudre le différend commercial avec la Chine.Il a aussi répété, avec une certaine insistance, qu’il “aimerait beaucoup” rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pendant ce déplacement, qui a commencé en Malaisie et s’achèvera en Corée du sud, pour ce sommet très attendu avec son homologue chinois.”Nous aurons une très bonne conversation” avec Xi Jinping, a prédit le président américain, pendant un échange avec la presse à bord de son avion, à propos de cette entrevue qui se déroulera en Corée du sud. “Je pense que nous allons trouver un accord” commercial, a-t-il ajouté, en vantant sa relation empreinte de “respect” avec le président chinois.Le milliardaire de 79 ans s’est également montré enthousiaste à propos de sa visite à Tokyo, où il doit arriver aux alentours de 17H00 locale (08H00 GMT), après une première étape dimanche en Malaisie, déjà riche en annonces commerciales.Le président américain fera lundi une “visite de courtoisie” à l’empereur Naruhito, et verra mardi la nouvelle Première ministre japonaise, Sanae Takaichi.Il s’est dit “impatient” de la rencontrer, disant avoir entendu “des choses phénoménales” à son sujet. Donald Trump a souligné que la cheffe de l’exécutif japonais était “une grande alliée et amie” de l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe, dont il était particulièrement proche.Le Japon est relativement épargné par la grande offensive protectionniste du président américain, qui a empilé les droits de douane sur les alliés historiques des Etats-Unis, autant, si ce n’est plus, que sur leurs rivaux.Lors d’un premier entretien téléphonique samedi, Sanae Takaichi a assuré au président américain avoir placé “comme principale priorité de (son) gouvernement” le renforcement des liens bilatéraux en matière de sécurité en particulier.- Porte-avions -Donald Trump, qui a une approche résolument transactionnelle de la diplomatie, veut conditionner la protection militaire des Etats-Unis aux efforts consentis par leurs alliés.Quelque 60.000 militaires américains sont stationnés au Japon. Il rendra visite mardi à certains d’entre eux à bord du porte-avions USS George Washington, au large de Yokosuka, au sud de Tokyo.Sanae Takaichi a annoncé que le Japon porterait à 2% du PIB son budget de défense dès l’exercice fiscal actuel, qui s’achèvera le 31 mars prochain, avec deux ans d’avance sur le calendrier précédemment fixé.Pour ce qui est du commerce, Washington et Tokyo ont déjà conclu un accord en juillet.Les discussions mardi pourraient aborder les points restant en suspens, comme la forme que prendront les 550 milliards d’investissements japonais prévus aux Etats-Unis.Les négociations commerciales avec la Corée du Sud, où le président américain se rendra mercredi, suivent elles aussi leur cours. Le principal dossier douanier encore ouvert, dont l’enjeu dépasse les deux protagonistes pour englober toute l’économie mondiale, est la Chine.L’ancien promoteur immobilier new-yorkais s’est juré de réduire le colossal déficit commercial des Etats-Unis face au géant asiatique, mais il bute sur la complexité d’une relation économique faite de rivalité autant que d’interdépendance.Washington se veut optimiste sur la possibilité de trouver des compromis jeudi sur deux dossiers sensibles, d’une part l’accès des Etats-Unis aux terres rares chinoises, ces matériaux indispensables aux industries technologiques, d’autre part l’achat par la Chine de soja américain.Donald Trump n’a par ailleurs pas exclu lundi de prolonger son séjour en Asie pour rencontrer Kim Jong Un. Leur dernière entrevue, spectaculaire, avait eu lieu en 2019 dans la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corée.Répétant plusieurs fois qu’il “aimerait beaucoup” revoir le dirigeant nord-coréen, il a dit: “Je m’entendais très bien avec Kim Jong Un. Je l’appréciais. Il m’appréciait”.

Dans la bataille budgétaire aux Etats-Unis, un poker menteur sans vainqueur apparent

Après trois semaines de paralysie budgétaire, la bataille de communication aux Etats-Unis fait rage entre républicains et démocrates pour convaincre l’opinion publique du bien-fondé de leurs positions. Sans pour autant qu’un vainqueur n’émerge de manière évidente.D’un côté, les démocrates affirment se battre contre Donald Trump et pour la santé des Américains. Au coeur de leur message, la question des subventions accordées dans le cadre de l'”Obamacare”, un programme public d’assurance santé pour les ménages aux revenus modestes. Alors que ces subventions doivent expirer à la fin de l’année, les démocrates ont fait d’une prolongation leur condition sine qua non à toute fin du “shutdown”.Le parti de Donald Trump dispose de la majorité aux deux chambres du Congrès, mais le règlement du Sénat fait que 60 voix sont nécessaires pour adopter un budget. Pour lever le blocage, les républicains doivent donc compter sur le soutien de plusieurs sénateurs démocrates.Les questions de santé sont “un cri de ralliement” pour les démocrates depuis de nombreuses années, souligne Matthew Foster, professeur d’affaires publiques à l’American University, ce qui explique pourquoi ils ont décidé d’affronter Donald Trump sur ce thème, bien que les chances d’obtenir ce qu’ils réclament soient faibles.”Le message qu’ils essaient de transmettre”, observe Matthew Foster, “c’est: +regardez à quel point les républicains s’acharnent pour vous retirer vos subventions+”.- “Otage” -De l’autre côté du fossé politique, la majorité présidentielle accuse l’opposition de nuire aux Américains en refusant de soutenir un budget pourtant similaire à celui adopté en mars.Au début du “shutdown”, les républicains martelaient également que les démocrates voulaient donner une partie des subventions aux immigrés clandestins. Une affirmation erronée, puisque la loi américaine interdit aux personnes en situation irrégulière de bénéficier des fonds fédéraux que les démocrates souhaitent débloquer.Finalement, le parti de Donald Trump a peu à peu délaissé ces éléments de langage qui se sont usés au fil des jours, explique Peter Loge, professeur de communication politique à l’université George Washington.”Les républicains sont aussi passés à un message plus général: +les démocrates tiennent l’Amérique en otage, les démocrates haïssent l’Amérique+”, ajoute-t-il.A cela s’ajoute une communication plus portée sur la procédure, puisqu’ils se lamentent régulièrement du fait que les démocrates utilisent le règlement du Sénat afin de bloquer le texte budgétaire.Mais selon Matthew Foster, l’électeur moyen – celui qui compte pour décider des élections – “ne prête pas suffisamment attention pour connaître ces nuances”. Et le message risque donc de tomber à plat.D’après un sondage de l’université Quinnipiac paru mercredi, 45% des électeurs interrogés estiment que les républicains sont davantage à blâmer pour ce “shutdown”, contre 39% qui pointent du doigt les démocrates.- “Qui perdra le plus” -“Les deux camps pensent qu’ils gagnent les débats et c’est pour cela que nous avons cette impasse où chacun attend que l’autre cède”, explique Matthew Foster, pour qui cette paralysie budgétaire est déjà “historique”.Selon Peter Loge, “personne ne gagne les débats autour du +shutdown+ – la seule question, c’est qui perdra le plus”.L’impact dans les urnes reste ainsi à déterminer et “nous ne le connaîtrons pas avant un certain moment”, précise-t-il. Et si au moment des législatives de mi-mandat, en novembre 2026, les électeurs n’auront plus forcément en tête la paralysie budgétaire, une explosion potentielle des coûts d’assurance santé pourrait en revanche laisser des traces.Mettre fin à l’impasse actuelle passera probablement par une intervention présidentielle, supputent de nombreux observateurs.Donald Trump “ne veut pas se salir, et les sondages montrent que les gens ne le tiennent pas encore vraiment pour responsable”, souligne Matthew Foster. Mais si l’économie opère un revirement, ajoute-t-il, “cela pourrait changer radicalement”.En attendant, avance Peter Loge, “les deux camps accusent l’autre de détruire l’Amérique”. “Et s’ils ne font pas attention, les deux auront raison.”

Les vols directs entre l’Inde et la Chine ont repris, signe d’un apaisement des tensions

Les vols directs entre l’Inde et la Chine continentale ont repris, plus de cinq ans après leur suspension, avec l’atterrissage lundi à Canton d’un avion parti de Calcutta, une étape importante pour le commerce et le signe d’un apaisement entre ces deux géants. L’appareil de la compagnie IndiGo, le numéro un indien du transport aérien, est arrivé dans cette ville du sud-est de la Chine peu avant 04H00 heure locale (dimanche 20H00 GMT). Le vol 6E1703 avait décollé de l’aéroport international Subhash Chandra Bose de Calcutta (nord-est).”C’était un vol tellement tranquille et facile”, a réagi Rashika Mintri, décoratrice d’intérieur de 44 ans.La reprise des vols est un “premier pas” vers l’apaisement des liens diplomatiques, a estimé pour sa part Athar Ali, homme d’affaires de 33 ans, qui faisait la queue pour le trajet retour vers Calcutta lundi.Les deux pays les plus peuplés de la planète ont amorcé un rapprochement il y a quelques mois après une période de relations glaciales, à la suite d’un accrochage militaire meurtrier en 2020 dans une zone frontalière de l’Himalaya. Ce rétablissement des liaisons aériennes directes favorisera les “contacts entre les peuples” et contribuera à la “normalisation progressive des échanges bilatéraux”, a affirmé le gouvernement indien. Les vols directs entre les deux puissances asiatiques – 500 par mois environ – avaient été suspendus en raison de la pandémie de Covid-19 et n’avaient pas repris.Le rapprochement entre Pékin et New Delhi, qui se disputent leurs zones d’influence dans la région, intervient au moment où les relations de l’Inde avec les Etats-Unis se détériorent.Fin août, le président américain Donald Trump a imposé une surtaxe de 50% à l’ensemble des exportations indiennes, reprochant à l’Inde de financer la guerre en Ukraine à travers ses achats de pétrole à la Russie.- “Une excellente nouvelle” -A partir de novembre, des vols relieront également New Delhi à Shanghai et Canton, venant s’ajouter à ceux entre l’Inde et Hong Kong qui n’ont jamais cessé.Ces liaisons aériennes directes “réduiront les délais logistiques et de transit”, s’est félicité auprès de l’AFP Rajeev Singh, le président de la Chambre de commerce indienne à Calcutta. Cette ville entretient des liens séculaires avec la Chine continentale depuis l’ère coloniale britannique, lorsque des migrants chinois s’y étaient installés en tant que commerçants. “C’est une excellente nouvelle pour des gens comme nous, qui ont des proches en Chine”, a apprécié Chen Khoi Kui, une figure de proue du quartier chinois de Calcutta.”Cela stimulera le commerce, le tourisme et les voyages d’affaires”.L’Inde, qui dépend fortement des matières premières chinoises, affiche un important déficit commercial avec la Chine. Le dégel entre les deux nations est consécutif à des rencontres entre leurs dirigeants en Russie l’année dernière et en Chine en août. Les importations de l’Inde en provenance de Chine ont bondi, s’élevant à plus de 11 milliards de dollars le mois dernier, en hausse de plus de 16% par rapport à septembre 2024, selon le ministère indien du Commerce. De leur côté, les exportations de l’Inde vers la Chine ont atteint 1,47 milliard de dollars, un montant bien inférieur mais en hausse d’environ 34% sur un an. – “Message clair” à Washington -Les relations entre ces deux pays qui partagent une frontière longue de 3.500 kilomètres étaient tombées au plus bas en 2020, après un violent accrochage qui avait coûté la vie à au moins 20 soldats indiens et à quatre militaires chinois.New Delhi avait réagi en tentant de limiter les investissements chinois et en interdisant des centaines d’applications chinoises, dont TikTok. L’Inde avait également cherché à nouer des liens plus étroits avec les Etats occidentaux et notamment avec les membres du Dialogue quadrilatéral pour la sécurité, ou Quad, une alliance regroupant Inde, États-Unis, Japon et Australie destinée à contrer l’influence de la Chine dans la région Asie-Pacifique.Ce mois-ci, dans le cadre de Diwali, la fête hindoue des lumières, des soldats indiens et chinois ont échangé des bonbons en signe “de bonne volonté”, a souligné Yu Jing, le porte-parole de l’ambassade de Chine en Inde. En août, après une rencontre entre le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre indien Narendra Modi, le quotidien The Indian Express avait affirmé dans un éditorial qu’un réchauffement des relations avec Pékin envoyait “un message clair” à Washington. Mais la route reste longue.”Gérer une Chine qui se montre de plus en plus ferme demeure le défi à long terme pour l’Inde”, avait rappelé le quotidien.

Trump, en route pour le Japon, résolument optimiste sur un accord avec la Chine

Donald Trump, qui poursuit lundi au Japon sa tournée asiatique, s’est montré résolument optimiste avant sa rencontre cruciale jeudi avec le président chinois Xi Jinping, censée résoudre le différend commercial avec la Chine.Il a aussi répété, avec une certaine insistance, qu’il “aimerait beaucoup” rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pendant ce déplacement, qui a commencé en Malaisie et s’achèvera en Corée du sud, pour ce sommet très attendu avec son homologue chinois.”Nous aurons une très bonne conversation” avec Xi Jinping, a prédit le président américain, pendant un échange avec la presse à bord de son avion, à propos de cette entrevue qui se déroulera en Corée du sud. “Je pense que nous allons trouver un accord” commercial, a-t-il ajouté, en vantant sa relation empreinte de “respect” avec le président chinois.Le milliardaire de 79 ans s’est également montré enthousiaste à propos de sa visite à Tokyo, où il doit arriver aux alentours de 17H00 locale (08H00 GMT), après une première étape dimanche en Malaisie, déjà riche en annonces commerciales.Le président américain fera lundi une “visite de courtoisie” à l’empereur Naruhito, et verra mardi la nouvelle Première ministre japonaise Sanae Takaichi.Il s’est dit “impatient” de la rencontrer, disant avoir entendu “des choses phénoménales” à son sujet. Donald Trump a souligné que la cheffe de l’exécutif japonais était “une grande alliée et amie” de l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe, dont il était particulièrement proche.Le Japon est relativement épargné par la grande offensive protectionniste du président américain, qui a empilé les droits de douane sur les alliés historiques des Etats-Unis, autant, si ce n’est plus, que sur leurs rivaux.Lors d’un premier entretien téléphonique samedi, Sanae Takaichi a assuré au président américain avoir placé “comme principale priorité de (son) gouvernement” le renforcement des liens bilatéraux en matière de sécurité en particulier.- Porte-avions -Donald Trump, qui a une approche résolument transactionnelle de la diplomatie, veut conditionner la protection militaire des Etats-Unis aux efforts consentis par leurs alliés.Quelque 60.000 militaires américains sont stationnés au Japon, et il rendra visite mardi à certains d’entre eux à bord du porte-avions USS George Washington, au large de Yokosuka, au sud de Tokyo.Sanae Takaichi a annoncé que le Japon porterait à 2% du PIB son budget de défense dès l’exercice fiscal actuel, qui s’achèvera le 31 mars prochain, avec deux ans d’avance sur le calendrier précédemment fixé.Pour ce qui est du commerce, Washington et Tokyo ont déjà conclu un accord en juillet.Les discussions mardi pourraient aborder les points restant en suspens, comme la forme que prendront les 550 milliards d’investissements japonais prévus aux Etats-Unis.Les négociations commerciales avec la Corée du Sud, où le président américain se rendra mercredi, suivent elles aussi leur cours. Le principal dossier douanier encore ouvert, dont l’enjeu dépasse les deux protagonistes pour englober toute l’économie mondiale, est la Chine.L’ancien promoteur immobilier new-yorkais s’est juré de réduire le colossal déficit commercial des Etats-Unis face au géant asiatique, mais il bute sur la complexité d’une relation économique faite de rivalité autant que d’interdépendance.Washington se veut optimiste sur la possibilité de trouver des compromis jeudi sur  deux dossiers sensibles, d’une part l’accès des Etats-Unis aux terres rares chinois, ces matériaux indispensables aux industries technologiques, d’autre part l’achat par la Chine de soja américain.Donald Trump n’a par ailleurs pas exclu lundi de prolonger son séjour en Asie pour rencontrer Kim Jong Un. Leur dernière entrevue, spectaculaire, avait eu lieu en 2019 dans la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corée.Répétant plusieurs fois qu’il “aimerait beaucoup” revoir le dirigeant nord-coréen, il a dit: “Je m’entendais très bien avec Kim Jong Un. Je l’appréciais. Il m’appréciait”.

Présidentielle au Cameroun: résultats attendus lundi, quatre morts lors de manifestations

Les résultats de la présidentielle d’octobre au Cameroun sont attendus lundi, alors que quatre personnes sont décédées dans la capitale économique Douala lors de manifestations de soutien à l’opposant Issa Tchiroma Bakary autoproclamé victorieux face au président sortant Paul Biya.Le Conseil constitutionnel donnera les résultats définitifs du vote à partir de 11H00 (10H00 GMT) à Yaoundé, la capitale.La plupart des analystes s’attendent à ce que Paul Biya, 92 ans, remporte un huitième mandat, dans un système que ses détracteurs accusent d’avoir été verrouillé au fil de ses 43 ans au pouvoir.Plusieurs centaines de manifestants ont bravé les interdictions de rassemblement et sont descendus dans les rues à l’appel d’Issa Tchiroma, président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) qui affirme avoir remporté 54,8% des suffrages contre 31,3% pour le président sortant, selon son propre décompte.A Douala, “plusieurs éléments des forces de sécurité ont été blessés, et quatre personnes ont malheureusement perdu la vie” dans des affrontements avec des manifestants, a déclaré Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, gouverneur de la région du Littoral (ouest), dans un communiqué paru dans la nuit de dimanche à lundi.M. Ivaha Diboua accuse les manifestants d’avoir attaqué la brigade de gendarmerie de Nkoulouloun et les commissariats des 2ème et 6ème arrondissements de Douala.- “Balles réelles” -Des manifestants ont exhibé des douilles de munitions qu’ils affirment avoir ramassé à la suite de tirs des forces de l’ordre aux abords de la gendarmerie de Nkoulouloun, devant un journaliste de l’AFP sur place. Les tirs “à balles réelles” ont commencé après une salve de gaz lacrymogènes, a relaté à l’AFP un participant qui a souhaité garder l’anonymat.”Ils ont tiré, trois personnes, trois corps sont tombés devant nous”, a-t-il poursuivi.Le gouverneur de la région du Littoral a qualifié l’appel à manifester d'”irresponsable” alors que les autorités avaient interdit les rassemblements publics et restreint la circulation dans de nombreuses villes du pays.M. Ivaha Diboua a également condamné “avec la plus grande fermeté ces actes de violence prémédités, qui constituent une atteinte grave à l’ordre public, à la sécurité et à la sûreté nationale de l’Etat”.A Yaoundé et Garoua, fief d’Issa Tchiroma dans la région du Nord, des centaines de manifestations ont également été dispersées.- “Crise sécuritaire” -Lors d’un point presse samedi, le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji a accusé les appels à manifester de créer “incontestablement les conditions d’une crise sécuritaire et (de) participer à la mise en œuvre d’un projet insurrectionnel”.Deux présidents de partis, membres d’une coalition qui a soutenu la candidature d’Issa Tchiroma, Djeukam Tchameni, président du Mouvement pour la démocratie et l’interdépendance au Cameroun (MDI) et Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance du Cameroun (Manidem), ont été interpellés à leur domicile de Douala vendredi.De fortes perturbations de l’accès à Internet ont également été constatées ces derniers jours, qui selon Netblocks, une organisation de surveillance de la cybersécurité, “pourrait limiter la couverture des événements sur le terrain au milieu des appels à annuler les résultats de l’élection présidentielle”.L’annonce des résultats de la présidentielle intervient 15 jours après le scrutin, comme prévu par le code électoral camerounais, après l’examen de recours que le Conseil constitutionnel a tous rejetés. Les membres du Conseil constitutionnel sont considérés comme proches du président Paul Biya. En août, ils avaient rejeté la candidature de Maurice Kamto, arrivé deuxième à la présidentielle de 2018 mais dont il s’était proclamé vainqueur au lendemain du vote.