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Dignité restaurée: dans un bidonville de Nairobi, des femmes récoltent du plastique contre un accès à des sanitaires

Appuyée sur une béquille, Molly Aluoch, 85 ans, avance péniblement depuis sa petite chambre aux murs tapissés de terre. Sur son dos, un sac de plastiques usagés qu’elle peut échanger contre une douche ou des toilettes.Depuis 31 ans qu’elle vit à Kibera, le plus grand bidonville du Kenya, l’accès à l’eau et l’assainissement restent rares et chers pour elle comme pour la plupart des habitants. De petits groupes informels contrôlant l’accès au précieux liquide imposent souvent des prix inabordables.L’ONG Human Needs Project (HNP, projet pour les besoins humains), cherche depuis une dizaine d’années à atténuer cette précarité.Les résidents peuvent échanger des plastiques qu’ils ont récupérés contre des “points verts”. Ces crédits leurs permettent ensuite d’utiliser des toilettes, des douches, un service de blanchisserie ou d’obtenir des repas.”Avec mes points verts, je peux maintenant accéder à des toilettes et une salle de bain confortables et propres à tout moment de la journée”, se réjouit Molly Aluoch.L’octogénaire dépensait auparavant 10 shillings (7 centimes d’euros) à chaque fois qu’elle devait se soulager ou se doucher.Un budget important par rapport aux 200 à 400 shillings (1,3 à 2,6 euros) que gagnent quotidiennement nombre d’habitants de Kibera, qui doivent avec si peu d’argent également se loger, se nourrir, se vêtir, payer l’éducation de leurs enfants…”Cela signifiait que sans argent, je ne pouvais pas utiliser de toilettes”, se souvient la vieille dame, qui emploie désormais les fonds économisés pour donner à manger à ses trois petits-enfants. Molly Aluoch, une accoucheuse traditionnelle, fait partie d’un groupe d’environ 100 femmes qui collectent des plastiques en échange de “points verts”. Elle les apporte à un centre HNP, situé à environ 200 mètres de chez elle. Un kilo de plastiques lui procure 15 points verts, équivalant à 15 shillings.Depuis 2015, le projet a distribué plus de 50 millions de litres d’eau et permis plus d’un million d’utilisations de toilettes et de douches. – “Plusieurs jours sans eau” -Un grand pas en avant pour ses bénéficiaires tant l’eau est une ressource précieuse à Kibera: il est ainsi fréquent que des vendeurs créent des pénuries artificielles pour augmenter les prix, ruinant les habitants impécunieux.Alors que le service des eaux de Nairobi facture entre 0,5 et 0,7 euro le mètre cube pour les foyers connectés, les habitants de Kibera doivent dans les pires moments débourser jusqu’à 17 dollars pour la même quantité.”Nous pouvions passer plusieurs jours sans eau”, soupire Magret John, 50 ans, mère de trois enfants, dont la vie s’est grandement améliorée.”Le point d’eau est à ma porte. L’approvisionnement est constant et l’eau est propre. Tout ce que je dois faire, c’est collecter des plastiques, obtenir des points, les échanger et obtenir de l’eau”, souligne-t-elle.Le projet bénéficie particulièrement aux femmes et aux filles en leur garantissant “des services sanitaires adéquats” pendant qu’elles ont leur règles, souligne John, qui vit depuis neuf ans à KiberaAvec 10 points d’eau répartis à travers le bidonville, HNP dit protéger les résidents des prix abusifs des vendeurs informels tout en s’attaquant au problème croissant des déchets à Kibera.”Quand les gens ne peuvent pas accéder à des toilettes et des salles de bain dignes, c’est l’environnement qui en pâtit”, observe le directeur des partenariats stratégiques du HNP, Peter Muthaura.Au premier trimestre 2025, les habitants de Kibera ont ainsi récolté deux tonnes de plastiques recyclables, souligne HNP.Pour Molly Aluoch, chaque sac de plastiques et chaque point vert gagné vont au-delà du seul accès à l’eau.”Ma prière est que ce projet s’étende à chaque coin de Kibera”, lance-t-elle, afin qu’il “atteigne des milliers de femmes dont la dignité a été volée par l’absence de services sanitaires”. 

Dignité restaurée: dans un bidonville de Nairobi, des femmes récoltent du plastique contre un accès à des sanitaires

Appuyée sur une béquille, Molly Aluoch, 85 ans, avance péniblement depuis sa petite chambre aux murs tapissés de terre. Sur son dos, un sac de plastiques usagés qu’elle peut échanger contre une douche ou des toilettes.Depuis 31 ans qu’elle vit à Kibera, le plus grand bidonville du Kenya, l’accès à l’eau et l’assainissement restent rares et chers pour elle comme pour la plupart des habitants. De petits groupes informels contrôlant l’accès au précieux liquide imposent souvent des prix inabordables.L’ONG Human Needs Project (HNP, projet pour les besoins humains), cherche depuis une dizaine d’années à atténuer cette précarité.Les résidents peuvent échanger des plastiques qu’ils ont récupérés contre des “points verts”. Ces crédits leurs permettent ensuite d’utiliser des toilettes, des douches, un service de blanchisserie ou d’obtenir des repas.”Avec mes points verts, je peux maintenant accéder à des toilettes et une salle de bain confortables et propres à tout moment de la journée”, se réjouit Molly Aluoch.L’octogénaire dépensait auparavant 10 shillings (7 centimes d’euros) à chaque fois qu’elle devait se soulager ou se doucher.Un budget important par rapport aux 200 à 400 shillings (1,3 à 2,6 euros) que gagnent quotidiennement nombre d’habitants de Kibera, qui doivent avec si peu d’argent également se loger, se nourrir, se vêtir, payer l’éducation de leurs enfants…”Cela signifiait que sans argent, je ne pouvais pas utiliser de toilettes”, se souvient la vieille dame, qui emploie désormais les fonds économisés pour donner à manger à ses trois petits-enfants. Molly Aluoch, une accoucheuse traditionnelle, fait partie d’un groupe d’environ 100 femmes qui collectent des plastiques en échange de “points verts”. Elle les apporte à un centre HNP, situé à environ 200 mètres de chez elle. Un kilo de plastiques lui procure 15 points verts, équivalant à 15 shillings.Depuis 2015, le projet a distribué plus de 50 millions de litres d’eau et permis plus d’un million d’utilisations de toilettes et de douches. – “Plusieurs jours sans eau” -Un grand pas en avant pour ses bénéficiaires tant l’eau est une ressource précieuse à Kibera: il est ainsi fréquent que des vendeurs créent des pénuries artificielles pour augmenter les prix, ruinant les habitants impécunieux.Alors que le service des eaux de Nairobi facture entre 0,5 et 0,7 euro le mètre cube pour les foyers connectés, les habitants de Kibera doivent dans les pires moments débourser jusqu’à 17 dollars pour la même quantité.”Nous pouvions passer plusieurs jours sans eau”, soupire Magret John, 50 ans, mère de trois enfants, dont la vie s’est grandement améliorée.”Le point d’eau est à ma porte. L’approvisionnement est constant et l’eau est propre. Tout ce que je dois faire, c’est collecter des plastiques, obtenir des points, les échanger et obtenir de l’eau”, souligne-t-elle.Le projet bénéficie particulièrement aux femmes et aux filles en leur garantissant “des services sanitaires adéquats” pendant qu’elles ont leur règles, souligne John, qui vit depuis neuf ans à KiberaAvec 10 points d’eau répartis à travers le bidonville, HNP dit protéger les résidents des prix abusifs des vendeurs informels tout en s’attaquant au problème croissant des déchets à Kibera.”Quand les gens ne peuvent pas accéder à des toilettes et des salles de bain dignes, c’est l’environnement qui en pâtit”, observe le directeur des partenariats stratégiques du HNP, Peter Muthaura.Au premier trimestre 2025, les habitants de Kibera ont ainsi récolté deux tonnes de plastiques recyclables, souligne HNP.Pour Molly Aluoch, chaque sac de plastiques et chaque point vert gagné vont au-delà du seul accès à l’eau.”Ma prière est que ce projet s’étende à chaque coin de Kibera”, lance-t-elle, afin qu’il “atteigne des milliers de femmes dont la dignité a été volée par l’absence de services sanitaires”. 

Liban: le Conseil de sécurité de l’ONU se prononce sur l’avenir des Casques bleus

Le Conseil de sécurité doit voter lundi une éventuelle prorogation du mandat de la force de maintien de la paix de l’ONU dans le sud du Liban (Finul), une prolongation d’un an voulue par la France et Beyrouth mais à laquelle les Etats-Unis et Israël sont hostiles.Les 15 membres permanents et non permanents du Conseil avaient commencé la semaine dernière des discussions autour d’un projet de résolution présenté par Paris et qui vise à renouveler ce mandat des quelque 10.800 Casques bleus – fournis entre autres par l’Indonésie, l’Inde, l’Italie, le Ghana ou encore le Népal – qui font tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978.Le texte de la résolution, consulté par l’AFP, propose de prolonger la présence de la Finul jusqu’au 31 août 2026, tout en exprimant “l’intention (du Conseil) de travailler à un retrait de la Finul, avec l’objectif que seul le gouvernement libanais assure la sécurité dans le sud” du pays.Ce vote lundi survient au moment où Beyrouth s’est engagé à désarmer et à démanteler le groupe chiite pro-iranien Hezbollah d’ici la fin de l’année, sous pression de Washington et dans le cadre de l’application du cessez-le-feu ayant mis fin à la guerre avec Israël en 2024.Mardi dernier, le président libanais Joseph Aoun a plaidé pour le maintien des Casques bleus car, a-t-il fait valoir, “toute limitation du mandat de la Finul (…) aurait un impact négatif sur la situation, alors qu’Israël continue d’occuper certaines portions du territoire libanais”.De fait l’accord de cessez-le-feu prévoit également un retrait israélien de la zone, mais Israël, dont l’armée s’est plusieurs fois accrochée avec la Finul, maintient des troupes dans des positions frontalières jugées stratégiques et mène régulièrement des frappes chez son voisin du nord.Le pays, qui mène plusieurs guerres dans la région, menace même de ré-attaquer le Liban si le Hezbollah, dorénavant très affaibli, n’est pas complètement désarmé.Le projet de résolution “appelle le gouvernement israélien à retirer ses dernières forces au nord de la Ligne bleue (démarcation des Nations unies établie en 2000, ndlr), y compris de cinq positions tenues en territoire libanais”.Du côté des Etats-Unis, tout aussi hostiles à la Finul que leur allié israélien, on ne sait pas s’ils feront usage de leur droit de veto. Un porte-parole du département d’Etat a refusé de commenter les délibérations du Conseil de sécurité.Mais le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, Stéphane Dujarric, a jugé “crucial” le soutien qu’a apporté la Finul à l’armée du Liban, avec l’aide au déploiement de 8.300 militaires libanais, une assistance logistique, de l’argent, du carburant et de la formation.”Nous avons toujours eu le sentiment que la présence de la Finul apportait de la stabilité le long de la Ligne bleue”, a déclaré le diplomate.

Bayrou entre dans le dur face aux risques de censure et de blocages

François Bayrou sera-t-il censuré sur son projet de budget à 44 milliards d’euros d’économies ? La grande explication de rentrée débute lundi par une conférence de presse du Premier ministre, sur fond d’appels à bloquer la France le 10 septembre.M. Bayrou s’exprimera lundi à 16h00 depuis des locaux gouvernementaux de l’avenue de Ségur (7e arrondissement de Paris) où il a déjà tenu deux conférence de presse consacrées au budget, en avril et le 15 juillet.Depuis cette date, et l’annonce de 43,8 milliards d’euros d’économies via de nombreuses mesures –année blanche fiscale, gel des pensions et prestations sociales, suppression de deux jours fériés à laquelle s’opposent 84% des Français selon un sondage Odoxa pour Le Parisien–, le Premier ministre fait face à une menace de censure brandie par la gauche et le Rassemblement national.Il doit aussi affronter des appels à bloquer le pays le 10 septembre, nés sur les réseaux sociaux et les messageries, et soutenus par la France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon, qui a dit espérer “la grève générale”.Les écologistes et les communistes soutiennent également cet appel, que le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a dit vouloir “accompagner”.Circonspects face à ce mouvement “nébuleux” (Sophie Binet, CGT), qui évoque la crise des “gilets jaunes”, les syndicats de salariés, opposés au budget Bayrou comme au projet gouvernemental de réformer à nouveau l’assurance-chômage, réfléchissent à leurs moyens d’action, avant une intersyndicale prévue le 1er septembre.Sans attendre, plusieurs unions départementales et fédérations de la CGT et de Solidaires -SUD Rail et Sud Industrie– ont prévu de se mobiliser le 10 septembre.”Tout le monde a le droit de protester, mais je ne crois pas que, devant une telle crise, la réponse des Français puisse être de bloquer le pays”, a jugé M. Bayrou dans des propos rapportés par la Tribune Dimanche.Après l’expérience de Michel Barnier, Premier ministre renversé au bout de trois mois, François Bayrou “ne veut pas subir la rentrée”. “Il ne va pas attendre qu’on le censure comme ça. Sans essayer de trouver des voies, des chemins, de réaffirmer un certain nombre de choses”, explique un de ses proches.Le Premier ministre ne se contentera d’ailleurs pas de sa conférence de presse. Il s’exprimera mardi à l’évènement de rentrée de la CFDT, puis jeudi à celui du Medef. Il doit se rendre vendredi à la Foire de Châlons-en-Champagne (Marne).-“Prise de conscience”-Si les quelque 44 milliards d’économies sont “intangibles”, “les mesures peuvent toutes être discutées. J’ai dit que j’étais prêt à entendre d’autres propositions; sur les jours fériés, par exemple, peut-être d’autres dates sont-elles possibles. Mais la seule chose pour moi qui n’est pas possible, c’est qu’on renonce à la prise de conscience et à la volonté de sortir du piège infernal dans lequel nous sommes, celui du surendettement”, a récemment insisté M. Bayrou auprès de l’AFP.Le Premier ministre, qui a été reçu par Emmanuel Macron jeudi à Brégançon (Var), est notamment attendu sur les contours de la “contribution des plus fortunés” évoquée le 15 juillet.Il est “prêt à bouger” sur le sujet, assure un de ses soutiens, alors que des membres du MoDem rappellent leur opposition à la suppression de l’ISF en 2017.Suffisant pour s’entendre avec le PS ? “En l’état, rien ne va et c’est la censure assurée”, a réaffirmé dimanche le député Arthur Delaporte, ajoutant que les socialistes présenteraient des “propositions alternatives” dans les “prochains jours”.Si une négociation budgétaire s’engage, alors François Hollande a appelé le PS à ne pas voter de “censure immédiate”, dès la rentrée parlementaire fin septembre, comme le feront les Insoumis dont “aucun parlementaire” n’ira aux concertations gouvernementales, selon leur cheffe de file à l’Assemblée Mathilde Panot.Le RN n’entend de toute façon pas voter la motion LFI fin septembre car “le débat budgétaire commence au mois d’octobre et c’est seulement à ce moment là qu’on verra les décisions prises”, selon son porte-parole Julien Odoul. Mais “s’il (François Bayrou) souhaite infliger une nouvelle punition aux Français, la chute est inévitable”, a-t-il prévenu sur Franceinfo.

Cambodge: l’Assemblée vote une loi autorisant la déchéance de nationalité

Les députés cambodgiens ont adopté lundi une loi permettant de retirer la nationalité cambodgienne aux personnes accusées de collusion avec l’étranger, une mesure que des ONG de défense des droits humains craignent de voir utilisée contre les opposants.Les ONG accusent depuis longtemps le gouvernement cambodgien d’utiliser des lois draconiennes pour étouffer l’opposition et le débat politique.Les 120 parlementaires présents à l’Assemblée nationale parmi lesquels le Premier ministre, Hun Manet, ont adopté le texte à l’unanimité.Cette loi “aura un effet dissuasif désastreux sur la liberté d’expression de tous les citoyens cambodgiens”, a averti dimanche une coalition de 50 ONG dans un communiqué.”Le risque d’abus dans l’application de cette loi formulée en termes vagues pour cibler des personnes en raison de leur appartenance ethnique, de leurs opinions politiques, de leurs propos et de leur militantisme est tout simplement trop élevé pour être acceptable”, ont souligné ses organisations.”Le gouvernement dispose de nombreux pouvoirs, mais il ne devrait pas avoir le pouvoir de décider arbitrairement qui est et qui n’est pas cambodgien”, ont-elles ajouté.En vertu de la nouvelle loi, la nationalité peut être retirée à quiconque est accusé de “destruction de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la sécurité nationale”.- Conflit à la frontière -Avant le vote, le ministre de l’Intérieur, Sar Sokha, a exhorté les députés à adopter la loi, affirmant que le Cambodge faisait face à des menaces de la part “d’une petite poignée” de traîtres qui agissent selon lui sous les ordres du voisin thaïlandais.Cinq jours d’affrontements ont éclaté entre les deux pays lors d’un différend territorial à la frontière en juillet, faisant au moins 43 morts.Pourtant, ce projet de restriction du droit à la citoyenneté date d’avant la reprise du conflit entre Phnom Penh et Bangkok.Le droit inconditionnel à la citoyenneté est inscrit dans la Constitution du Cambodge, mais a été supprimé par un amendement adopté en juillet, affirmant que la nationalité pouvait être “déterminée par la loi”.Cette loi doit encore être adoptée par la chambre haute du Cambodge, avant d’être promulguée par le chef de l’Etat, mais les deux étapes sont considérées comme des formalités.En juillet, Amnesty International a qualifié cette législation de “violation odieuse du droit international”. “Cela s’inscrit dans un contexte où les autorités cambodgiennes ne sont absolument pas parvenues à préserver l’indépendance et l’intégrité des tribunaux du pays”, a déclaré Montse Ferrer, directrice de recherche pour Amnesty dans la région.”Cela a permis aux pratiques autoritaires du gouvernement de se poursuivre sans contrôle, telles que la persécution des dirigeants de l’opposition, des militants et des journalistes indépendants”, a-t-elle ajouté.Ces dernières années, les autorités ont multiplié les poursuites judiciaires contre les principaux opposants restés au pays, et certains ont été condamnés à des peines de prison.En 2023, le chef de l’opposition, Kem Sokha, a été condamné à 27 ans de prison pour trahison et a été immédiatement placé en résidence surveillée. 

Cambodge: l’Assemblée vote une loi autorisant la déchéance de nationalité

Les députés cambodgiens ont adopté lundi une loi permettant de retirer la nationalité cambodgienne aux personnes accusées de collusion avec l’étranger, une mesure que des ONG de défense des droits humains craignent de voir utilisée contre les opposants.Les ONG accusent depuis longtemps le gouvernement cambodgien d’utiliser des lois draconiennes pour étouffer l’opposition et le débat …

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Au Pakistan, les erreurs humaines exacerbent les catastrophes naturelles

Maisons ensevelies sous la boue, capitale économique à l’arrêt, électricité coupée et bilan humain catastrophique: au Pakistan, sans plans d’urbanisme ni entretien des canalisations, la mousson continuera à tuer, affirment les experts.Le Premier ministre lui-même en a convenu en visitant mercredi le nord-ouest où 450 personnes venaient de mourir emportées par des glissements de terrain.”Les catastrophes naturelles, c’est la volonté de Dieu, mais nous ne pouvons pas ignorer les facteurs humains. On ne peut plus laisser les jeux d’influence et la corruption contrôler l’attribution des permis de construire”, a dit Shehbaz Sharif.Dans les villages de montagne dévastés qu’il a visités, comme ailleurs, “de nombreuses maisons sont construites près des lits des rivières, qui sont des canaux d’écoulement naturels”, abonde auprès de l’AFP Sherry Rehman, ancienne ministre du Changement climatique.C’est le cas de la maison de Fazal Khan à Mingora, dans la vallée de Swat, en grande partie détruite par les inondations de 2010 qui avaient affecté près de quatre millions de Pakistanais.”Nous l’avons reconstruite en 2012 sur des fondations plus solides mais la semaine dernière, une fois de plus, les eaux ont déferlé et l’ont submergée”, raconte ce commerçant de 43 ans.Dans son village sans cadastre, ce père de famille dit n’avoir reçu aucune mise en garde des autorités et admet aujourd’hui que c’était “une erreur de construire si près d’un cours d’eau saisonnier”.- Problème “politique” -Depuis fin juin, la mousson qui apporte à l’Asie du Sud 70% de ses précipitations annuelles et est vitale pour l’agriculture, a fait près de 800 morts et un millier de blessés au Pakistan. Elle pourrait encore durer un mois.Pluies diluviennes, sécheresses intenses et coulées de boue se multiplient, sous les effets du changement climatique, mais aussi de l’extractivisme d’un pays décidé à convertir son riche sous-sol en devises grâce aux appétits américain et chinois.”L’altération de cours d’eau pour extraire des minerais et la réduction de la surface forestière, qui n’est plus que de 5%, le taux le plus bas d’Asie du Sud, jouent un rôle majeur car une forêt dense peut canaliser la furie de l’eau”, poursuit Mme Rehman.Et, face à ces débordements, les infrastructures pêchent: Karachi, la capitale économique — plus de 20 millions d’habitants — a recensé cette semaine dix morts en quelques heures, électrocutés ou écrasés sous les toits de leur maison.En cause? Des canalisations peu nombreuses ou bouchées par les déchets qui débordent à la moindre précipitation, un système de traitement des déchets inexistant, des routes trop basses et donc rapidement submergées, de mauvaises infrastructures ou encore un urbanisme anarchique, accuse pêle-mêle un rapport de la Commission pakistanaise des droits humains (HRCP).Et tout ce que liste ce texte, pourtant paru après les inondations meurtrières de 2020, est encore d’actualité.Selon l’ONG, le problème est “politique”: les différents partis utilisent les permis de construire pour alimenter leur système clientéliste.Ils créent ainsi de nouveaux quartiers dans des zones censées être non constructibles ou érigent des bâtiments sur des canaux d’évacuations d’eau, tous à ciel ouvert et bouchés de fait.Dans la ville tentaculaire, une vingtaine de “juridictions – locales, provinciales, fédérales et cantonales” sont chargées de l’aménagement du territoire. Et toutes se renvoient la balle de l’entretien, accuse la HRCP.- “Tellement cher” -Quant aux projets de développement, ils règlent parfois un problème en en créant un autre, selon Arif Hasan, urbaniste à Karachi.Une rocade récemment construite obstrue ainsi trois canaux d’évacuation vers la mer et provoque des remontées d’eau durant les pluies d’été, a-t-il expliqué à un média local.”Karachi n’est pas devastée par la pluie, mais par des années de négligence”, résume, lapidaire, Taha Ahmed Khan, député d’opposition du Parlement provincial du Sindh.”Les constructions illégales et qui empiètent sur les canalisations d’eaux pluviales, ainsi que les routes de mauvaise qualité n’ont fait qu’aggraver la crise”.Le maire Murtaza Wahab, lui, dit réclamer chaque année, en vain, l’aide d’Islamabad.”C’est facile de dire qu’il faut étendre le réseau de canalisations, mais ça coûte tellement cher qu’il faudrait tout le budget national”, dit-il à l’AFP. Après les inondations monstres de 2020, poursuit-il, sa ville a rouvert trois canaux d’évacuation. “Couler le béton a coûté près de 90 millions de dollars, plus 50 millions pour reloger les déplacés, au total, on a dépensé 180 millions –et tout ça, seulement pour trois canaux”, dit-il. En juin, au vote du budget, l’opposition accusait la municipalité et ses bailleurs internationaux de n’avoir utilisé sur le terrain que 10% des fonds alloués à un projet de développement urbain.Ce plan quinquennal devait mettre fin aux tourments de la ville… en 2024!

Au Pakistan, les erreurs humaines exacerbent les catastrophes naturelles

Maisons ensevelies sous la boue, capitale économique à l’arrêt, électricité coupée et bilan humain catastrophique: au Pakistan, sans plans d’urbanisme ni entretien des canalisations, la mousson continuera à tuer, affirment les experts.Le Premier ministre lui-même en a convenu en visitant mercredi le nord-ouest où 450 personnes venaient de mourir emportées par des glissements de terrain.”Les …

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Le typhon Kajiki s’approche du Vietnam, 30.000 personnes évacuées

Des dizaines de milliers d’habitants ont été évacués lundi des régions côtières du Vietnam au moment où le typhon Kajiki s’apprête à toucher la région centrale du pays avec des vents de près de 160 km/h.Kajiki, le cinquième typhon à frapper le Vietnam cette année, se trouve actuellement en mer, déchaînant le golfe du Tonkin avec des vagues atteignant jusqu’à 9,5 mètres.Le typhon devrait toucher terre à 13H00 (06H00 GMT) avec des vents de 157 km/h, selon le Centre national de prévisions hydro-météorologiques du Vietnam.Quelque 325.500 personnes de cinq provinces côtières doivent être évacuées vers des abris temporaires dans des écoles et des bâtiments publics, ont indiqué les autorités.Le centre-ville de Vinh, ville côtière du centre du pays, a été inondé pendant la nuit.Le matin les rues étaient globalement désertées et la plupart des magasins et des restaurants fermés, les commerçants et les habitants avaient également protégé les entrés avec des sacs de sable.A l’aube, près de 30.000 personnes avaient été évacuées de la région, et 16.000 militaires avaient été mobilisés.Par ailleurs, deux aéroports domestiques étaient fermés, et tous les bateaux de pêche situés sur le chemin du typhon ont été rappelés au port.- “Jamais aussi forts” -“Je n’ai jamais entendu parler d’un typhon d’une si grande ampleur dans notre ville”, a déclaré Le Manh Tung, 66 ans, au stade couvert de Vinh, où des familles évacuées ont pris un petit-déjeuner composé de riz gluant.”J’ai un peu peur, mais nous devons l’accepter car c’est la nature — nous ne pouvons rien y faire”, a-t-il déclaré à l’AFP, parmi les quelques dizaines de personnes campant sur le site d’évacuation lundi matin.”Normalement, nous avons des tempêtes et des inondations, mais jamais aussi forts”, a déclaré Nguyen Thi Nhan, une femme de 52 ans.La tempête devrait néanmoins considérablement perdre en intensité après avoir touché terre.Plus d’une dizaine de vols intérieurs au Vietnam ont été annulés dimanche, tandis que l’île de Hainan, en Chine, a évacué 20.000 habitants au moment où le typhon est passé sur la côte sud.Au Vietnam, plus de 100 personnes ont été tuées ou sont portées disparues en raison de catastrophes naturelles au cours des sept premiers mois de 2025, selon le ministère de l’Agriculture. Les pertes économiques ont été estimées à plus de 21 millions de dollars.Le Vietnam a subi une perte de 3,3 milliards de dollars en septembre dernier en raison du typhon Yagi, qui a balayé le nord du pays et causé des centaines de morts.Des scientifiques estiment que le changement climatique causé par l’homme entraîne des phénomènes météorologiques plus intenses et imprévisibles, ce qui peut rendre les inondations et les tempêtes destructrices plus probables, en particulier dans les tropiques.

Le typhon Kajiki s’approche du Vietnam, 30.000 personnes évacuées

Des dizaines de milliers d’habitants ont été évacués lundi des régions côtières du Vietnam au moment où le typhon Kajiki s’apprête à toucher la région centrale du pays avec des vents de près de 160 km/h.Kajiki, le cinquième typhon à frapper le Vietnam cette année, se trouve actuellement en mer, déchaînant le golfe du Tonkin avec des vagues atteignant jusqu’à 9,5 mètres.Le typhon devrait toucher terre à 13H00 (06H00 GMT) avec des vents de 157 km/h, selon le Centre national de prévisions hydro-météorologiques du Vietnam.Quelque 325.500 personnes de cinq provinces côtières doivent être évacuées vers des abris temporaires dans des écoles et des bâtiments publics, ont indiqué les autorités.Le centre-ville de Vinh, ville côtière du centre du pays, a été inondé pendant la nuit.Le matin les rues étaient globalement désertées et la plupart des magasins et des restaurants fermés, les commerçants et les habitants avaient également protégé les entrés avec des sacs de sable.A l’aube, près de 30.000 personnes avaient été évacuées de la région, et 16.000 militaires avaient été mobilisés.Par ailleurs, deux aéroports domestiques étaient fermés, et tous les bateaux de pêche situés sur le chemin du typhon ont été rappelés au port.- “Jamais aussi forts” -“Je n’ai jamais entendu parler d’un typhon d’une si grande ampleur dans notre ville”, a déclaré Le Manh Tung, 66 ans, au stade couvert de Vinh, où des familles évacuées ont pris un petit-déjeuner composé de riz gluant.”J’ai un peu peur, mais nous devons l’accepter car c’est la nature — nous ne pouvons rien y faire”, a-t-il déclaré à l’AFP, parmi les quelques dizaines de personnes campant sur le site d’évacuation lundi matin.”Normalement, nous avons des tempêtes et des inondations, mais jamais aussi forts”, a déclaré Nguyen Thi Nhan, une femme de 52 ans.La tempête devrait néanmoins considérablement perdre en intensité après avoir touché terre.Plus d’une dizaine de vols intérieurs au Vietnam ont été annulés dimanche, tandis que l’île de Hainan, en Chine, a évacué 20.000 habitants au moment où le typhon est passé sur la côte sud.Au Vietnam, plus de 100 personnes ont été tuées ou sont portées disparues en raison de catastrophes naturelles au cours des sept premiers mois de 2025, selon le ministère de l’Agriculture. Les pertes économiques ont été estimées à plus de 21 millions de dollars.Le Vietnam a subi une perte de 3,3 milliards de dollars en septembre dernier en raison du typhon Yagi, qui a balayé le nord du pays et causé des centaines de morts.Des scientifiques estiment que le changement climatique causé par l’homme entraîne des phénomènes météorologiques plus intenses et imprévisibles, ce qui peut rendre les inondations et les tempêtes destructrices plus probables, en particulier dans les tropiques.