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Législatives en Birmanie : le rapporteur spécial de l’ONU appelle au rejet des résultats

Le monde doit d’ores et déjà rejeter les résultats des législatives “bidons” organisées par la junte en Birmanie, dont la dernière phase est prévue dimanche, a estimé vendredi le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme dans le pays.L’armée dirige ce pays d’Asie du Sud-Est depuis son indépendance en 1948, à l’exception d’une …

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En Irak, des femmes kurdes se tressent les cheveux en solidarité avec une combattante syrienne

Des dizaines de femmes kurdes se sont tressé les cheveux lors d’une manifestation vendredi au Kurdistan d’Irak, réagissant à une vidéo devenue virale d’un soldat se vantant d’avoir coupé la natte d’une combattante kurde de Syrie.Les forces kurdes viennent de se retirer sous la pression militaire de l’armée syrienne de vastes territoires du nord et …

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Agressions sexuelles sur Adèle Haenel: trois ans de prison ferme requis en appel contre Christophe Ruggia

Trois ans de prison ferme ont été requis vendredi en appel à Paris à l’encontre du cinéaste Christophe Ruggia pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel lorsqu’elle était âgée de 12 à 14 ans, l’actrice exposant à la cour d’appel de Paris sa “honte” d’enfant blessée. Les mains enfoncées dans les poches d’un ample costume, les yeux baissés et humides, les mots difficiles, espacés de silence, la comédienne récompensée par deux César a dévoilé, l’espace d’une petite demi-heure à la barre, un traumatisme symptomatique des enfants victimes de violences sexuelles.”Ça me fout la honte, en fait. Ça me fout la honte d’être marquée à ce point. J’aimerais que ça n’ait pas eu lieu, j’aimerais juste pouvoir dire que ça n’existe pas. J’ai tendance à minimiser parce que c’est une manière de repousser l’importance de M. Ruggia dans ma vie. Ça me dégoûte de le dire, mais cette importance, c’est l’ampleur de la destruction”, lâche-t-elle, la bouche crispée.Aujourd’hui âgé de 61 ans, Christophe Ruggia est poursuivi pour agressions sexuelles de 2001 à 2004 sur la comédienne lors de rendez-vous hebdomadaires à son domicile, dans la foulée de l’éprouvant tournage du film d’auteur “Les diables” où le réalisateur, de 24 ans son aîné, avait offert à la jeune adolescente son premier rôle au cinéma.Démentant farouchement les faits dans cette affaire, révélée en 2019 dans une enquête de Mediapart, Christophe Ruggia a été condamné en février à quatre ans de prison, dont deux ferme à effectuer sous bracelet électronique, et a fait appel.”J’ai envie d’arrêter cette dépression, d’y mettre un terme, mais je sais pas si ça sera fini. Juste vivre avec. C’est une image de soi complètement détruite depuis l’âge de 12 ans”, confie Adèle Haenel à la cour à la reprise vendredi du procès, dont la première moitié s’est tenue en décembre avec l’interrogatoire du réalisateur.Sous la femme de 36 ans, qui a rompu avec le monde du cinéma après une carrière stratosphérique, refait surface dans le prétoire l’adolescente qu’elle était.”Ce que j’ai fait avec l’argent des per diem sur +Les diables+, c’est aller au JouéClub de la place de la Nation pour acheter des Lego, des jouets. C’est ça l’enfant que j’étais en fait. Je faisais du judo, j’étais en 5e, j’étais assez énergique je dirais. Après… après… c’est un peu le début de cet état dépressif. C’est difficile à qualifier, c’est comme si ça avait été toute ma vie. Je croyais que c’était comme ça la vie en fait.”- “Coupable, forcément coupable” -Des séquelles qui se matérialisent aujourd’hui encore par les nombreux tics traversant son corps, rendu plus nerveux encore par la tension du procès. Le chewing gum furieusement mâchonné. Les mains qui se tordent. Les paupières qui clignent frénétiquement. Les grattements à la tête.”Cet endroit sur la tête que j’ai, que je gratte tout le temps, c’est M. Ruggia qui m’a dit un jour que j’étais sur ses genoux +ah tu as un truc là+ (…) Je me suis mis à gratter cet endroit en fait, j’ai eu ma main recouverte de sang et depuis je n’ai pas arrêté”, explique-t-elle.Fustigeant la stratégie de défense de Christophe Ruggia, qui avec ses “mensonges poisseux” se présente comme l'”énième victime sérielle d’une enfant nymphomane”, Adèle Haenel implore la justice qu'”on circonscrive la responsabilité”: “c’est moi qui porte la culpabilité de M. Ruggia, de parents démissionnaires”.Adèle Haenel “vous donne à voir l’enfant qui se recroqueville dans le canapé pour échapper à son agresseur”, résume son avocate Anouck Michelin, qui la représente avec Yann Le Bras.Quelques minutes plus tard, l’avocat général Alexis Bouroz requiert à l’encontre de Christophe Ruggia cinq ans de prison, dont trois ferme, afin que le prévenu connaisse “l’emprisonnement réel”.Ce dossier “a pour particularité de se passer dans le monde du cinéma, mais sur le fond, les ressorts, la réalité, c’est ce que vous retrouvez dans tous les dossiers sur lesquels vous êtes amenés à statuer: le prof d’équitation, le prof de gymnastique, l’encadrant de camp scout… C’est pas un MeToo, c’est des abus sexuels sur des enfants”, analyse-t-il.Pour sa part, la défense dénonce une “procédure menée depuis le premier jour contre Christophe Ruggia, coupable, forcément coupable” et regrette le “déséquilibre médiatique dans cette affaire et son impact, conscient, inconscient, sur la décision de justice”.”Les souvenirs d’Adèle Haenel qui sont l’objet de votre prévention sont des souvenirs reconstruits”, plaide devant la cour Me Fanny Colin. “Adèle Haenel ne décrit qu’une seule scène, qu’elle systématise à cent samedis”, jour de leur rendez-vous hebdomadaire, s’étonne-t-elle, arguant d’une mémoire traumatique “confuse” de l’actrice.Décision le 17 avril.

Après le recul américain, la Première ministre danoise en visite de soutien au Groenland

La Première ministre danoise Mette Frederiksen est en visite au Groenland vendredi pour exprimer son soutien à ses habitants après une semaine mouvementée qui a vu Donald Trump renoncer à ses menaces de s’emparer du territoire autonome danois et accepter de négocier.Mme Frederiksen a été accueillie par le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, sur le tarmac de l’aéroport de Nuuk et les deux dirigeants ont ensuite parcouru les rues de la capitale, ont constaté des journalistes de l’AFP.”Je suis là pour montrer le grand soutien des Danois vis-à-vis des Groenlandais. C’est un moment où on a besoin d’être très très proches les uns des autres. Nous nous trouvons dans une situation grave”, a dit Mme Frederiksen.Cette visite est également destinée à “préparer la réponse diplomatique” à apporter aux Américains, a-t-elle ajouté. En début de journée, elle avait rencontré à Bruxelles le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.”Nous travaillons ensemble pour garantir la sécurité de l’ensemble de l’Otan et nous nous appuierons sur notre coopération pour renforcer la dissuasion et la défense dans l’Arctique”, a écrit M. Rutte sur le réseau X.- “Négocier une solution” -Le Danemark promet depuis plusieurs semaines qu’il va augmenter sa propre présence militaire au Groenland, un territoire autonome danois, en réponse aux préoccupations du président américain quant à la volonté supposée de la Chine et de la Russie de prendre pied dans cette zone stratégique.Le déplacement de Mme Frederiksen au Groenland intervient après plus de deux semaines de crise pendant lesquelles les dirigeants danois et groenlandais ont fait front face à Donald Trump qui a fini par renoncer à ses menaces militaires et de surtaxes douanières.Un protocole d’accord aux contours encore flous a été conclu entre M. Rutte et le président américain qui a assuré que les États-Unis avaient obtenu “tout ce (qu’ils) voulaient” et “pour toujours”.Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, a estimé au contraire qu’il avait été simplement convenu d’un cadre pour reprendre des discussions.Le principe de ces négociations avait été décidé à Washington le 14 janvier par M. Lokke Rasmussen et la ministre groenlandaise des Affaires étrangères avec le vice-président américain JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio.”Ce dont le président (américain) a parlé après sa rencontre avec le secrétaire général de l’Otan, c’était d’un cadre en vue d’un accord futur”, a-t-il expliqué. “Au lieu de ces idées radicales sur la nécessité de posséder le Groenland, (…) il souhaite désormais négocier une solution”, a déclaré le ministre danois.- Unité politique -Selon une source au courant des discussions entre MM. Trump et Rutte, les États-Unis et le Danemark vont renégocier leur accord de défense datant de 1951 sur le Groenland.Cela pourrait permettre aux Américains de développer leur dispositif militaire, y compris leur défense antimissiles sur cette île. L’idée de placer sous la souveraineté des États-Unis les bases américaines au Groenland n’a pas été abordée, a dit à l’AFP une source suivant de près les pourparlers.L’accord de 1951, actualisé en 2004, donne déjà pour l’essentiel carte blanche à Washington pour étendre la présence militaire américaine, à condition d’en informer au préalable les autorités danoises et groenlandaises.”Personne d’autre que le Groenland et le Danemark n’est habilité à conclure des accords sur l’île et le Royaume du Danemark”, a souligné pour sa part M. Nielsen jeudi.Tout au long de cette crise, le Danemark et le Groenland ont affiché une ligne commune dans les négociations, les dirigeants danois affirmant avoir pris leurs décisions en lien avec leurs homologues groenlandais.”Les Groenlandais ont encore beaucoup de griefs à l’égard du Danemark, qui n’est pas capable de reconsidérer son passé colonial”, note Ulrik Pram Gad, chercheur au Danish Institute for International Studies, auprès de l’AFP.”Mais la pression exercée par Trump a incité la grande majorité des forces politiques qui forment le gouvernement de coalition à mettre de côté, pour l’instant, les préparatifs en vue de l’indépendance, qui ont toujours été un projet sur le long terme”, ajoute-t-il.L’Europe a affiché sa solidarité avec le Danemark et, au pic de la crise, huit pays européens ont envoyé un petit nombre de militaires au Groenland pour préparer des exercices aux côtés des Danois.Les troupes envoyées par Copenhague avaient reçu l’ordre d’être prêtes au combat au cas où les États-Unis attaqueraient ce territoire, a informé vendredi la chaîne publique danoise de télévision DR.Interrogé par l’AFP, le ministère danois de la Défense “ne confirme ni ne dément les affirmations concernant le contenu présumé de documents potentiellement confidentiels”.

Début des pourparlers entre Ukrainiens, Russes et Américains à Abou Dhabi

Des pourparlers à Abou Dhabi entre responsables russes, ukrainiens et américains ont débuté vendredi, a annoncé la diplomatie émiratie, la Russie ayant indiqué avant cette réunion qu’elle exigeait toujours de Kiev un retrait de ses troupes de l’est de l’Ukraine.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté affirmé que la question territoriale restait le principal point non résolu et serait au menu de ces discussions prévues pour durer vendredi et samedi.Ces pourparlers marquent les premières négociations directes connues entre Moscou et Kiev sur un plan américain de règlement à la guerre, qui a fait a minima des dizaines de milliers de morts depuis 2022.Elles s’inscrivent dans un contexte difficile pour l’Ukraine, qui subit un pilonnage de son réseau énergétique ayant privé des centaines de milliers de personnes de chauffage en plein hiver glacial, tandis que, sur le front, ses troupes sont sur la défensive face à une armée russe plus nombreuse.”Les forces armées ukrainiennes doivent quitter le Donbass, elles doivent s’en retirer. C’est une condition très importante”, a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. “Sans règlement de la question territoriale (…), il est inutile d’espérer la conclusion d’un accord de long terme”, a-t-il ajouté.La Russie exige un retrait des forces ukrainiennes du Donbass, territoire de l’est de l’Ukraine incluant les régions de Donetsk et Lougansk. Ses exigences visent notamment la région de Donetsk qu’elle contrôle en partie et qui est l’épicentre des combats.Cette réunion à Abou Dhabi se tient au lendemain de deux rencontres au plus haut niveau : l’une à Davos entre Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump, et l’autre à Moscou entre Vladimir Poutine et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.- Position américaine -Le dernier cycle de négociations directes entre les deux belligérants sur le règlement du conflit, déclenché par l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine en 2022, date de juillet 2025 à Istanbul. Il n’avait débouché que sur des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats.”La question du Donbass est clé”, a indiqué vendredi Volodymyr Zelensky, ajoutant que cette question sera discutée “à Abou Dhabi, aujourd’hui et demain”.En début d’après-midi, il a affirmé s’être entretenu avec son équipe de négociations sur place et avoir discuté “des sujets” à aborder, “des résultats souhaités” et du possible format des pourparlers.Un haut responsable au fait des négociations a affirmé à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que “beaucoup de choses dépendront de la position des Américains”.A Davos la veille, le dirigeant ukrainien a tenu un discours très dur envers ses principaux soutiens politiques et financiers, disant voir une Europe “fragmentée” et “perdue” lorsqu’il s’agit d’influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de “volonté politique” face à Vladimir Poutine.Pour sa part, le gouvernement allemand a affirmé vendredi douter que la Russie fasse des compromis pour régler le conflit en Ukraine et renonce à “ses revendications maximalistes” lors des pourparlers à Abou Dhabi.Selon Kiev, l’Ukraine est représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d’état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov.L’équipe russe est menée par le général Igor Kostioukov, le chef des renseignements militaires russes (GRU), a déclaré tôt vendredi le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.- Mort de civils dans l’Est -Une autre rencontre, consacrée aux questions économiques, se tient également vendredi à Abou Dhabi entre M. Witkoff et l’émissaire du Kremlin aux questions économiques internationales, Kirill Dmitriev, a précisé Iouri Ouchakov.A Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est brièvement entretenu jeudi avec M. Trump, une rencontre qu’il a qualifiée de “positive” mais de dialogue “pas simple”.Il a assuré être parvenu à un accord sur “les garanties de sécurité” que doivent offrir les Etats-Unis à l’Ukraine pour dissuader la Russie d’attaquer à nouveau.Sur le terrain, les bombardements se poursuivent, tuant des civils quasiment tous les jours. Dans la région de Donetsk, une frappe russe a fait quatre morts jeudi soir, dont un enfant de cinq ans, tandis qu’un autre tir russe a tué trois civils vendredi dans la région de Kharkiv (nord-est), ont annoncé les autorités ukrainiennes.Sur le front énergétique, l’opérateur ukrainien Ukrenergo a annoncé avoir instauré vendredi matin des coupures d’électricité d’urgence “dans la plupart des régions”.Des centrales ayant “survécu” aux récents bombardements russes ont été arrêtées pour des “réparations d’urgence”, a-t-il précisé, alors qu’elles subissent depuis des jours une “surcharge énorme” pour alimenter le pays.