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Foetus et squelettes: dans un musée américain, des restes humains au coeur d’un débat éthique

Frères siamois, foetus avortés et portions du cerveau d’Albert Einstein sont exposés au Mütter Museum de Philadelphie, une institution américaine sur l’histoire de la médecine récemment agitée par un conflit éthique: comment conserver et montrer des restes humains?Dans les vitrines boisées du musée reposent tumeurs, kystes géants ou membres humains gangrénés qui toisent l’oeil curieux des visiteurs. “Fascinant et terrifiant”, résume l’un d’eux. L’institution, qui possède 35.000 pièces dont 6.000 spécimens biologiques, a été créée en 1863 à partir de la collection personnelle d’un chirurgien local, Thomas Mütter, dans un but pédagogique.Des médecins, mais aussi des donneurs vivants, l’ont enrichie. En 2020, un transplanté cardiaque a ainsi fait don de son coeur de la taille d’un ballon de football. L’organe flotte aujourd’hui dans un bocal à côté de 139 crânes humains collectés par un anatomiste autrichien au XIXe siècle.En 2023, sous l’impulsion d’une nouvelle direction, le Mütter, qui reçoit plus de 130.000 visiteurs par an, lance le “Post Mortem Project” visant à réfléchir avec les visiteurs sur une meilleure manière de présenter les spécimens, acquis pour la plupart sans le consentement des patients et exposés sans détails sur leur identité.Le musée efface alors des centaines de vidéos de sa chaîne YouTube, suivie par plus de 100.000 personnes, ainsi qu’une exposition numérique de son site internet. Des mesures temporaires, selon la direction.”C’est là que la controverse a débuté”, se souvient Kate Quinn, alors directrice du Mütter. “Nous avions des débats en interne qui ont pris de l’ampleur dans la sphère publique après le retrait des vidéos”, dans lesquelles certains restes humains étaient présentés sur un ton souvent léger ou blagueur.- Pétition -Un ancien directeur du musée déplore alors dans une tribune publiée dans le Wall Street Journal qu’une “poignée d’élites woke remettent en question le passé du musée et compromettent son avenir”, utilisant un terme souvent détourné par les conservateurs pour qualifier de manière péjorative des idées progressistes.Un collectif intitulé Protect the Mütter voit le jour et réclame le départ de la direction dans une pétition qui récolte plus de 35.000 signatures. “Le contenu en ligne était en train d’être décimé, il y avait du changement de personnel, certains événements du musée étaient annulés”, comme sa très courue soirée annuelle d’Halloween, témoigne auprès de l’AFP une membre ayant souhaité rester anonyme.L’homme ayant fait don de son coeur cherche même à le récupérer.Kate Quinn, qui a quitté la direction du Mütter au printemps, se défend aujourd’hui d’avoir “voulu changer radicalement le musée”. “L’objectif était d’inviter les gens à participer au débat et de nous accompagner dans cette aventure”, dit-elle, regrettant que “cela ait pris de telles proportions”.- “Méga colon” -Après deux ans d’une controverse qui a également touché d’autres musées occidentaux, comme le British Museum, le Mütter a présenté cet été les conclusions de son Post Mortem Project lors d’une soirée spéciale, dans le but de “désanonymiser” et “contextualiser” sa collection de restes humains.Foulant les tapis pourpres à l’atmosphère victorienne du musée, des visiteurs ont ainsi pu en apprendre plus sur la vie de Mary Ashberry, femme naine dont le squelette est exposé, ou de Joseph Williams et son “méga colon” long de 2,4 m.”La question n’est pas de savoir si nous devons ou non exposer des restes humains, mais plutôt si nous pouvons le faire d’une manière qui rende justice à ces personnes et à leur histoire”, explique Sara Ray, nouvelle codirectrice.Car si “les gens sont fascinés depuis toujours par le corps humain et sa diversité”, explique à l’AFP l’anthropologue Valerie DeLeon, “depuis quelques temps, ils regardent ces collections et se posent des questions sur les personnes représentées, comme +ont-elles choisi d’être là+?”.La nouvelle direction a décidé de rétablir 80% des vidéos sur la chaîne YouTube, une décision saluée par les membres de Protect The Mütter.Mais “que faire des pièces anonymes?”, s’interroge l’une d’elles, citant le squelette d’un homme de 2,29 m dont on ignore le nom mais qu’elle souhaite voir maintenu en vitrine.”Il faut que cet exemple d’acromégalie soit présenté avec respect et aide les générations futures à mieux comprendre une maladie chronique qui continue d’affecter des personnes chaque jour”, pense-t-elle.

Israël intensifie ses opérations près de Gaza-ville, réunion à la Maison Blanche

L’armée israélienne a intensifié mercredi ses opérations autour de la ville de Gaza, quelques heures avant une réunion à la Maison Blanche sous la présidence de Donald Trump consacrée à des plans d’après-guerre pour le territoire palestinien dévasté.Elle a jugé “inévitable” l’évacuation de la population de cette ville, qu’elle présente comme le dernier grand bastion du mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza assiégée et d’où des milliers d’habitants ont déjà fui.Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est sous pression croissante, tant en Israël qu’à l’étranger, pour mettre fin à son offensive à Gaza, lancée en riposte à une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.Son cabinet de sécurité a approuvé début août un plan pour s’emparer de Gaza-ville, située dans le nord du territoire palestinien où les quelque deux millions d’habitants ont été déplacés plusieurs fois par la guerre. Mercredi, l’armée israélienne qui contrôle environ 75% du territoire, a affirmé que ses troupes “opéraient à la périphérie de Gaza-ville pour localiser et démanteler les sites d’infrastructures terroristes en surface et souterrains”.Des habitants du quartier de Zeitoun à Gaza-ville ont fait état de tirs de drones et d’intenses bombardements nocturnes, alors que la Défense civile et des sources hospitalières ont annoncé quatre morts par des tirs israéliens dans le sud du territoire palestinien frappé par la famine selon l’ONU.”Les avions ont bombardé à plusieurs reprises et des drones ont tiré toute la nuit”, a déclaré Tala al-Khatib, 29 ans, au téléphone à l’AFP. “Plusieurs maisons ont été détruites. Nous sommes toujours chez nous, certains voisins ont fui, d’autres sont restés. Mais où que vous fuyiez, la mort vous suit!”- “Ca suffit” -Abdelhamid al-Sayfi, 62 ans, n’est pas sorti de chez lui à Zeitoun depuis mardi. “Nous n’avons ni nourriture ni eau. Quiconque sort est pris pour cible par les drones.”L’ONU estime à près d’un million de personnes la population actuelle du gouvernorat de Gaza qui comprend Gaza-ville et ses environs.Le ministre de la Défense Israël Katz a menacé de détruire Gaza-ville si le Hamas n’acceptait pas d’être désarmé, de libérer tous les otages et de mettre fin à la guerre selon les conditions d’Israël.Mardi, des dizaines de milliers d’Israéliens sont descendus dans la rue pour réclamer un accord pour libérer les otages et arrêter la guerre, au moment où était réuni le cabinet de sécurité.”Ca suffit!”, a hurlé Silvia Cunio dont les deux fils, Ariel et David, enlevés durant l’attaque du 7-Octobre, sont encore retenus à Gaza.Après la réunion du cabinet, M. Netanyahu a affirmé: “(…) Nous ne laisserons pas ces monstres (le Hamas, ndlr) là-bas, nous libérerons tous nos otages et nous veillerons à ce que Gaza ne représente plus jamais une menace pour Israël”.Le 10 août, il a énuméré les objectifs d’Israël: “premièrement, désarmer le Hamas. Deuxièmement, tous les otages sont libérés. Troisièmement, Gaza est démilitarisée. Quatrièmement, Israël exerce un contrôle de sécurité prépondérant. Et cinquièmement, une administration civile pacifique non israélienne”.Alors qu’Israël poursuit son offensive à Gaza, Steve Witkoff, l’émissaire de Donald Trump, a annoncé “une grande réunion à la Maison Blanche” mercredi, sous la direction du président, sur l’après-guerre.- “Jour d’après” -“Nous élaborons un plan très complet sur le jour d’après” dans le territoire palestinien, a dit M. Witkoff sans plus de détails.Donald Trump avait créé la surprise en début d’année en suggérant que les Etats-Unis prennent le contrôle de la bande de Gaza, en évacuent ses habitants et y construisent des complexes immobiliers.M. Netanyahu avait salué cette proposition, rejetée par plusieurs pays européens et arabes.La semaine dernière, le Premier ministre israélien avait ordonné l’ouverture immédiate de pourparlers visant à obtenir la libération des otages, tout en persistant sur ses plans pour prendre Gaza-ville.Il n’avait pas répondu explicitement à une nouvelle proposition de trêve des médiateurs, acceptée par le Hamas, qui prévoit la libération échelonnée des otages sur une période initiale de 60 jours en échange de prisonniers palestiniens.L’attaque du Hamas du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 sont encore retenues dans Gaza dont au moins 27 sont décédées selon l’armée.L’offensive de représailles israélienne a fait au moins 62.819 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du gouvernement du gouvernement du Hamas à Gaza, jugés fiables par l’ONU. 

Israël intensifie ses opérations près de Gaza-ville, réunion à la Maison Blanche

L’armée israélienne a intensifié mercredi ses opérations autour de la ville de Gaza, quelques heures avant une réunion à la Maison Blanche sous la présidence de Donald Trump consacrée à des plans d’après-guerre pour le territoire palestinien dévasté.Elle a jugé “inévitable” l’évacuation de la population de cette ville, qu’elle présente comme le dernier grand bastion du mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza assiégée et d’où des milliers d’habitants ont déjà fui.Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est sous pression croissante, tant en Israël qu’à l’étranger, pour mettre fin à son offensive à Gaza, lancée en riposte à une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.Son cabinet de sécurité a approuvé début août un plan pour s’emparer de Gaza-ville, située dans le nord du territoire palestinien où les quelque deux millions d’habitants ont été déplacés plusieurs fois par la guerre. Mercredi, l’armée israélienne qui contrôle environ 75% du territoire, a affirmé que ses troupes “opéraient à la périphérie de Gaza-ville pour localiser et démanteler les sites d’infrastructures terroristes en surface et souterrains”.Des habitants du quartier de Zeitoun à Gaza-ville ont fait état de tirs de drones et d’intenses bombardements nocturnes, alors que la Défense civile et des sources hospitalières ont annoncé quatre morts par des tirs israéliens dans le sud du territoire palestinien frappé par la famine selon l’ONU.”Les avions ont bombardé à plusieurs reprises et des drones ont tiré toute la nuit”, a déclaré Tala al-Khatib, 29 ans, au téléphone à l’AFP. “Plusieurs maisons ont été détruites. Nous sommes toujours chez nous, certains voisins ont fui, d’autres sont restés. Mais où que vous fuyiez, la mort vous suit!”- “Ca suffit” -Abdelhamid al-Sayfi, 62 ans, n’est pas sorti de chez lui à Zeitoun depuis mardi. “Nous n’avons ni nourriture ni eau. Quiconque sort est pris pour cible par les drones.”L’ONU estime à près d’un million de personnes la population actuelle du gouvernorat de Gaza qui comprend Gaza-ville et ses environs.Le ministre de la Défense Israël Katz a menacé de détruire Gaza-ville si le Hamas n’acceptait pas d’être désarmé, de libérer tous les otages et de mettre fin à la guerre selon les conditions d’Israël.Mardi, des dizaines de milliers d’Israéliens sont descendus dans la rue pour réclamer un accord pour libérer les otages et arrêter la guerre, au moment où était réuni le cabinet de sécurité.”Ca suffit!”, a hurlé Silvia Cunio dont les deux fils, Ariel et David, enlevés durant l’attaque du 7-Octobre, sont encore retenus à Gaza.Après la réunion du cabinet, M. Netanyahu a affirmé: “(…) Nous ne laisserons pas ces monstres (le Hamas, ndlr) là-bas, nous libérerons tous nos otages et nous veillerons à ce que Gaza ne représente plus jamais une menace pour Israël”.Le 10 août, il a énuméré les objectifs d’Israël: “premièrement, désarmer le Hamas. Deuxièmement, tous les otages sont libérés. Troisièmement, Gaza est démilitarisée. Quatrièmement, Israël exerce un contrôle de sécurité prépondérant. Et cinquièmement, une administration civile pacifique non israélienne”.Alors qu’Israël poursuit son offensive à Gaza, Steve Witkoff, l’émissaire de Donald Trump, a annoncé “une grande réunion à la Maison Blanche” mercredi, sous la direction du président, sur l’après-guerre.- “Jour d’après” -“Nous élaborons un plan très complet sur le jour d’après” dans le territoire palestinien, a dit M. Witkoff sans plus de détails.Donald Trump avait créé la surprise en début d’année en suggérant que les Etats-Unis prennent le contrôle de la bande de Gaza, en évacuent ses habitants et y construisent des complexes immobiliers.M. Netanyahu avait salué cette proposition, rejetée par plusieurs pays européens et arabes.La semaine dernière, le Premier ministre israélien avait ordonné l’ouverture immédiate de pourparlers visant à obtenir la libération des otages, tout en persistant sur ses plans pour prendre Gaza-ville.Il n’avait pas répondu explicitement à une nouvelle proposition de trêve des médiateurs, acceptée par le Hamas, qui prévoit la libération échelonnée des otages sur une période initiale de 60 jours en échange de prisonniers palestiniens.L’attaque du Hamas du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 sont encore retenues dans Gaza dont au moins 27 sont décédées selon l’armée.L’offensive de représailles israélienne a fait au moins 62.819 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du gouvernement du gouvernement du Hamas à Gaza, jugés fiables par l’ONU. 

Pékin glorifie le rôle des communistes pour les 80 ans de la victoire de 1945

A l’heure où Pékin célèbre les 80 ans de la victoire sur le Japon, le tibia de l’ancien combattant communiste Li Jinshui porte encore la trace d’une blessure par balle subie à 17 ans, quand il combattait l’envahisseur.Sa cicatrice témoigne du tribut payé par les combattants de Mao Zedong lors d’un conflit qui a décimé des millions de leurs compatriotes.Une lutte communiste abondamment glorifiée par Pékin et qui sera encore mise en avant lors du grand défilé militaire prévu le 3 septembre dans la capitale pour l’anniversaire de la victoire.Selon beaucoup d’historiens cependant, ce narratif occulte le fait que le mérite de la victoire de 1945 revient principalement à l’armée nationaliste, alors la principale force armée chinoise.Après la victoire contre le Japon en 1945, les troupes nationalistes dirigées par Tchang Kaï-chek ont toutefois perdu la guerre civile contre les communistes et se sont réfugiées en 1949 à Taïwan.Au pouvoir à Pékin, le Parti communiste chinois (PCC) affirme depuis avoir joué un rôle central contre l’armée japonaise, un récit nourri par les souvenirs de sacrifices d’anciens combattants comme Li Jinshui.”Le pays était en danger, tous les Chinois dotés d’une conscience se devaient de résister”, raconte à 98 ans cet ancien de la Huitième armée de route, l’armée communiste alors intégrée aux troupes nationalistes.Après 1937 et l’invasion à grande échelle de la Chine par le Japon, les communistes ont surtout mené des actions de guérilla dans le nord rural du pays, rappellent les historiens.- “Des gamins” -Blessé à la jambe en 1944, Li Jinshui n’a pas attendu d’être complètement rétabli pour retourner au front, explique-t-il dans son uniforme vert, coiffé d’une casquette ornée d’une étoile rouge.”C’était très dur”, dit-il en relevant son pantalon pour dévoiler sa cicatrice, lors d’un voyage de presse organisé par le gouvernement en juillet. “On n’était que des gamins.”Wen Yunfu, 96 ans, un autre ancien combattant, assure que “le Kuomintang n’a pas joué de rôle majeur dans la guerre contre l’agression japonaise”, en désignant le parti nationaliste par son nom chinois. “C’était surtout le Parti communiste.” Sa ville dans la province du Hebei (nord) a été attaquée par les Japonais peu après l’invasion de 1937.L’armée chinoise nationaliste a battu en retraite, laissant la zone sous le contrôle des communistes, raconte Wen Yunfu.”La vie était extrêmement difficile”, affirme-t-il. “Notre maison a été incendiée. Mon oncle a été tué par les Japonais.”Pendant la guerre, communistes et nationalistes ont suspendu leur guerre civile. Mais elle a repris en 1945, jusqu’à la victoire du PCC en 1949.- Tigres volants -Ces dernières décennies, la contribution des non-communistes à la victoire a gagné en reconnaissance.Le rôle du Kuomintang a été davantage mis en avant, comme celui des Etats-Unis avec leur escadrille des “Tigres volants” engagés contre les bombardiers japonais au début des années 1940. Dans la province du Hunan (centre), un musée évoque l’implication américaine. Et dans la capitale régionale, Changsha, un monument rend hommage aux soldats nationalistes tombés au combat.Mais cette mémoire reste sélective. Trois caractères chinois ont été effacés sur le monument de Changsha, a constaté l’AFP.Selon Ji Jianliang, historien officiel du PCC, il s’agit probablement du nom de Wang Tung-yuan, général de Tchang Kaï-chek devenu représentant de Taipei en Corée du Sud dans les années 1950, supprimé pour des “raisons politiques complexes”.Aujourd’hui, les autorités “cherchent les moyens de mettre davantage en avant le rôle des communistes”, note l’historien Rana Mitter, spécialiste de la Chine. Mais si la contribution des communistes a été significative, “c’est le gouvernement chinois de l’époque qui a joué le premier rôle dans la résistance politique et militaire contre les Japonais, et c’était le gouvernement nationaliste”, souligne-t-il.

Argentine: contre l’obsolescence électronique, un collectif recycle et innove

Une console de jeux ou un appareil photo fabriqués à partir d’un terminal de carte de crédit: un collectif d’Argentins recycle les déchets électroniques pour défier l’obsolescence.Face à “l’immoralité d’un appareil jeté à la poubelle, le +cyberciruja+ se rebelle contre l’autorité du marché”, clame le manifeste de ce collectif fondé en 2021 qui tire son nom du mot argentin “ciruja”, un terme d’argot qui désigne une personne qui récupère des objets dans les détritus pour les revendre où les réutiliser.”On fait des expérimentations avec la technologie, essayant de la recycler, de remettre en fonction des éléments que d’autres jetteraient”, déclare Esteban Palladino, membre du collectif, connu sous le pseudonyme Uctumi.”C’est un mouvement qui a une facette solidaire, une facette techno-politique et aussi une facette ludique”, explique-t-il à l’AFP.L’Argentine produit 520.000 tonnes de déchets électroniques par an, cinquième pays des Amériques derrière les Etats-Unis, le Brésil, le Mexique et le Canada, selon un rapport de 2024 de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR).En 2022, le monde a généré un record de 62 millions de tonnes, précise le rapport.Pour contrer ce phénomène, les “cybercirujas” argentins jouent avec la rhétorique révolutionnaire: ils appellent “cellules” leurs groupes en province et exhibent des affiches avec le visage d’un Che Guevara cyborg.Les prémices de ce mouvement sont apparues en 2019 avec des “bourses d’échange de hardware”, mais l’unité a pris corps durant la pandémie, lorsque de nombreux argentins ont dû s’équiper en informatique pour étudier ou travailler.”On récupère des ordinateurs que des gens nous donnent, on les remet en service avec des logiciels libres puis on les offre à des personnes ou à des organisations” dans le besoin, explique Uctumi.- Logiciel libre -Le collectif se focalise sur l’utilisation des logiciels libres, comme lors de leur troisième rencontre annuelle à Buenos Aires mi-août où un atelier proposait de prolonger la vie des téléphones, sans cesse soumis à des mises à jour.Un des exposants, Juan Carrique, ingénieur électronique de Santa Fe, à 470 km de la capitale, présentait lui ses “roboticlajes”, des kits de robotique pour enfants.”Avec des déchets électroniques, je leur fais assembler des capteurs de température, ou des contrôleurs de moteurs”, explique-t-il. “Ce n’est pas la même chose d’acheter quelque chose de neuf que de devoir le fabriquer soi-même avec des déchets”, estime-t-il.Juan Carrique dit être diabétique et avoir utilisé une application de logiciel libre pour que son capteur de glycémie soit compatible avec son téléphone.

Argentine: contre l’obsolescence électronique, un collectif recycle et innove

Une console de jeux ou un appareil photo fabriqués à partir d’un terminal de carte de crédit: un collectif d’Argentins recycle les déchets électroniques pour défier l’obsolescence.Face à “l’immoralité d’un appareil jeté à la poubelle, le +cyberciruja+ se rebelle contre l’autorité du marché”, clame le manifeste de ce collectif fondé en 2021 qui tire son nom du mot argentin “ciruja”, un terme d’argot qui désigne une personne qui récupère des objets dans les détritus pour les revendre où les réutiliser.”On fait des expérimentations avec la technologie, essayant de la recycler, de remettre en fonction des éléments que d’autres jetteraient”, déclare Esteban Palladino, membre du collectif, connu sous le pseudonyme Uctumi.”C’est un mouvement qui a une facette solidaire, une facette techno-politique et aussi une facette ludique”, explique-t-il à l’AFP.L’Argentine produit 520.000 tonnes de déchets électroniques par an, cinquième pays des Amériques derrière les Etats-Unis, le Brésil, le Mexique et le Canada, selon un rapport de 2024 de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR).En 2022, le monde a généré un record de 62 millions de tonnes, précise le rapport.Pour contrer ce phénomène, les “cybercirujas” argentins jouent avec la rhétorique révolutionnaire: ils appellent “cellules” leurs groupes en province et exhibent des affiches avec le visage d’un Che Guevara cyborg.Les prémices de ce mouvement sont apparues en 2019 avec des “bourses d’échange de hardware”, mais l’unité a pris corps durant la pandémie, lorsque de nombreux argentins ont dû s’équiper en informatique pour étudier ou travailler.”On récupère des ordinateurs que des gens nous donnent, on les remet en service avec des logiciels libres puis on les offre à des personnes ou à des organisations” dans le besoin, explique Uctumi.- Logiciel libre -Le collectif se focalise sur l’utilisation des logiciels libres, comme lors de leur troisième rencontre annuelle à Buenos Aires mi-août où un atelier proposait de prolonger la vie des téléphones, sans cesse soumis à des mises à jour.Un des exposants, Juan Carrique, ingénieur électronique de Santa Fe, à 470 km de la capitale, présentait lui ses “roboticlajes”, des kits de robotique pour enfants.”Avec des déchets électroniques, je leur fais assembler des capteurs de température, ou des contrôleurs de moteurs”, explique-t-il. “Ce n’est pas la même chose d’acheter quelque chose de neuf que de devoir le fabriquer soi-même avec des déchets”, estime-t-il.Juan Carrique dit être diabétique et avoir utilisé une application de logiciel libre pour que son capteur de glycémie soit compatible avec son téléphone.

Argentine: contre l’obsolescence électronique, un collectif recycle et innove

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Conseil des ministres: Macron retrouve un gouvernement sur le fil du rasoir

Un gouvernement en sursis à l’Elysée. De retour du fort de Brégançon où il a passé son été, le président Emmanuel Macron tient mercredi un conseil des ministres, à moins de deux semaines d’un vote de confiance aux accents de moment de vérité.Retour de vacances agité: les membres de l’exécutif se retrouvent à l’Elysée à 10H00 deux jours après l’annonce surprise – ils en ont été informés 30 minutes avant – par François Bayrou qu’il engagera le 8 septembre devant l’Assemblée nationale la responsabilité de son gouvernement sur le désendettement de la France et le cap budgétaire à fixer pour 2026.Pour que François Bayrou puisse demander la confiance de l’Assemblée, une délibération du Conseil des ministres est nécessaire. Le chef de l’Etat doit par ailleurs convoquer une session extraordinaire du Parlement.La porte-parole du gouvernement Sophie Primas tiendra sa traditionnelle conférence de presse en fin de matinée à l’issue du Conseil. “Pour l’instant, on ne prépare pas les cartons, on est occupé à expliquer”, a-t-elle assuré sur TF1. La décision de l’exécutif ouvre cependant une nouvelle période d’incertitudes qui place de nouveau Emmanuel Macron en première ligne. Car les oppositions de gauche et d’extrême droite ont fait savoir qu’elles ne voteraient pas la confiance, et le gouvernement a donc toutes les chances de tomber.Une conséquence qui rend le choix de François Bayrou, confronté à l’impopularité de son plan d’économies budgétaires de près de 44 milliards d’euros, largement incompris au sein de la classe politique.”Je ne comprends pas ce coup de poker. Pas de méthode, pas de contacts, pas de négociation pendant l’été. Et tout d’un coup, faites-moi confiance en général et ensuite on pourra discuter”, a résumé à gauche sur France 2 Raphaël Glucksmann qui y voit “un mal français, le manque d’humilité”.Une incompréhension partagée à mots couverts dans le camp présidentiel. “Cette décision, elle est prise. On peut ergoter sur +est-ce qu’il fallait la prendre ou pas? Elle est là”, a balayé l’ex-Premier ministre Gabriel Attal sur France inter. Même au sein du socle gouvernemental, la confiance n’est pas complètement garantie, notamment au sein de la cinquantaine de députés Les Républicains (LR) où “il n’y a pas à ce stade d’unanimité sur le vote de confiance”, a indiqué à l’AFP une source parlementaire.- Dissolution -François Bayrou a promis mardi de se battre “comme un chien” pour éviter la chute du gouvernement et demandé aux oppositions de “réfléchir” et de renoncer à leurs “réflexes spontanés”, les appelant à choisir entre le “chaos” et “la responsabilité”.Dans un message visant principalement les socialistes, qui ont annoncé dès lundi qu’ils voteraient contre la confiance alors que Matignon espérait trouver un compromis avec eux, il a souligné qu’il ne demandait “à personne de se renier” et se dit prêt à négocier sur la taxation des hauts patrimoines.Le chef du gouvernement, qui espère que les Français fassent pression sur leurs députés en sa faveur et sera mercredi soir au 20H de TF1, n’a pas non plus l’opinion publique de son côté: seuls 27% des personnes interrogées disent espérer que M. Bayrou soit maintenu en fonctions par les députés, selon un sondage Elabe pour BFMTV.Dans un autre sondage Ifop, 63% des Français réclament une nouvelle dissolution alors qu’ils n’étaient que 41% début juin.Une dissolution, jusqu’ici écartée par le chef de l’Etat et que seul le RN réclame, LFI demandant de son côté une présidentielle anticipée. Gabriel Attal ne croit ainsi pas “qu’une nouvelle dissolution apporterait de la stabilité”. “Ce n’est pas aux Français de régler les problèmes de l’Assemblée, c’est à l’Assemblée de régler ses propres problèmes”, a-t-il estimé.Même embarras chez les socialistes. En cas de dissolution de l’Assemblée, un accord programmatique entre le PS et LFI tel que celui négocié sous l’égide du Nouveau front populaire (NFP) en 2024 “ne paraît pas concevable”, estime le chef des députés socialiste Boris Vallaud pour qui “la logique voudrait que le président de la République laisse sa chance à la gauche” à Matignon.L’incertitude politique se transmet sur les marchés: la Bourse de Paris a perdu 1,70% mardi, tandis que les actions des banques, qui détiennent en masse des titres de dette française, chutaient nettement et que les taux d’emprunt français se tendaient.La dette publique française représente près de 114% du PIB, soit la troisième plus importante de la zone euro derrière la Grèce et l’Italie.

Chaleur: Tokyo enregistre un record de 10 jours consécutifs à 35°C ou plus

Tokyo a enregistré mercredi un dixième jour consécutif de températures de 35°C ou au-delà, un record, a annoncé mercredi l’agence météorologique japonaise (JMA), alors que le changement climatique provoque des vagues de chaleur à travers le monde.Une telle série est une “première depuis le début des relevés” en 1875, a précisé la JMA à l’AFP. Selon les scientifiques, le changement climatique d’origine humaine rend les vagues de chaleur plus intenses, plus fréquentes et plus généralisées.Les météorologues japonais mettent en garde contre tout lien direct entre des conditions météorologiques spécifiques (comme une forte chaleur à une période donnée) et le changement climatique sur le long terme. Mais ils n’en observent pas moins que le réchauffement climatique alimente ces dernières années des phénomènes météorologiques imprévisibles.Cet épisode, qui pourrait s’arrêter jeudi avec des température attendues inférieures à 35°C, survient après d’autres épisodes météorologiques marquants dans l’archipel.Le dernier en date est le niveau record de précipitations atteint mardi par la ville de Toyotomi sur l’île septentrionale de Hokkaido, qui a reçu en douze heures l’équivalent de plus d’un mois de précipitations moyennes pour un mois d’août. Début août, la ville de Kirishima, dans le sud-ouest du pays avait aussi enregistré des précipitations record, de 500 mm en vingt-quatre heures, soit deux fois la pluviométrie moyenne pour tout le mois d’août.Les étés 2023 et 2024 au Japon ont été les plus chauds jamais enregistré, à égalité, et l’automne 2024 fut le plus chaud depuis le début des relevés.Les cerisiers japonais, emblématiques de l’archipel, fleurissent désormais plus tôt au printemps en raison de températures plus chaudes, voire ne fleurissent pas complètement, les automnes et les hivers n’étant pas assez froids pour déclencher la floraison.- Lenteur de l’enneigement -Autre signal frappant: l’iconique calotte neigeuse du mont Fuji n’est apparue l’an dernier que début novembre, contre début octobre en moyenne. Le réchauffement climatique est l’un des nombreux facteurs à l’origine de la lenteur de l’enneigement.L’augmentation des températures à travers le monde n’est toutefois pas uniforme.L’Europe a connu le réchauffement le plus rapide par décennie depuis 1990, suivie de près par l’Asie, selon les données mondiales de l’Administration océanique et atmosphérique américaine (NOAA).Les Nations Unies ont averti la semaine dernière que l’augmentation des températures mondiales avait un impact de plus en plus négatif sur la santé et la productivité des travailleurs, notamment dans des secteurs tels que l’agriculture, la construction et la pêche.Les agences de santé et de climat des Nations unies ont affirmé que la productivité des travailleurs diminuait de 2 à 3% pour chaque degré au-dessus de 20°C. Les risques sanitaires associés incluent les coups de chaleur, la déshydratation, les dysfonctionnements rénaux et les troubles neurologiques.

Chaleur: Tokyo enregistre un record de 10 jours consécutifs à 35°C ou plus

Tokyo a enregistré mercredi un dixième jour consécutif de températures de 35°C ou au-delà, un record, a annoncé mercredi l’agence météorologique japonaise (JMA), alors que le changement climatique provoque des vagues de chaleur à travers le monde.Une telle série est une “première depuis le début des relevés” en 1875, a précisé la JMA à l’AFP. …

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