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Au Soudan, la ville d’El-Obeid craint un assaut des paramilitaires

Les habitants de la ville soudanaise d’El-Obeid, dans la région stratégique du Kordofan, vivent ce weekend dans la peur d’un assaut des paramilitaires, dont la prise récente d’une grande ville du Darfour voisin a donné lieu à des récits glaçants d’exactions.   Le troisième plus grand pays d’Afrique est ensanglanté depuis avril 2023 par une lutte …

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Budget de la Sécu: l’Assemblée adopte à une courte majorité les “recettes”, les débats continuent

Une première étape franchie à l’Assemblée pour le budget de la Sécurité sociale: les députés ont adopté sur un fil samedi sa partie “recettes”, largement remaniée. L’examen du texte peut donc se poursuivre sur la partie “dépenses”, qui comprend l’article-phare suspendant la réforme des retraites.Les débats dureront jusqu’à mercredi, mais seront interrompus par deux journées de relâche en raison de l’Armistice du 11-Novembre. Et les parlementaires devront adopter un rythme soutenu, s’ils ne veulent pas dépasser les délais constitutionnels, ce qui entraînerait l’envoi du texte au Sénat sans vote.L’article sur la suspension de la réforme de 2023, condition de la non-censure du gouvernement de Sébastien Lecornu pour les socialistes, sera examiné mercredi peu après 15H00, le gouvernement ayant réservé ce créneau pour éviter le risque d’un débat nocturne le week-end.Au bout d’un long suspense samedi les députés ont adopté la partie “recettes”, expurgée de beaucoup de mesures d’économies prévues par le gouvernement, par 176 voix contre 161 (et 58 abstentions).L’enjeu était de taille: un rejet aurait coupé court aux débats, envoyant séance tenante le texte entier au Sénat dans sa version initiale.Malgré les appels du gouvernement à approuver ce volet, la division a contaminé son camp : les députés Renaissance et MoDem ont voté pour. Horizons (parti d’Edouard Philippe) s’est divisé entre pour et abstentions. LR s’est abstenu.Juste avant le vote, l’Assemblée a rétabli dans une nouvelle délibération un impôt de production (C3S) supprimé jeudi, pour éviter un trou de “cinq milliards” dans les caisses, selon Amélie de Montchalin. Un casus belli pour le Rassemblement national – qui a du coup voté contre l’ensemble de la partie “recettes” –  estimant que la suppression de cet impôt était “la seule mesure qui aurait pu rééquilibrer la copie finale”.- Divisions à gauche et au centre -Quant aux Insoumis, ils ont assumé voter contre: “nous ne sommes pas d’accord”, avec la politique du gouvernement, a lancé Hadrien Clouet.Le RN et LFI ont fait “le jeu du pire”, a critiqué le Premier secrétaire du PS Olivier Faure. Les députés socialistes ont presque unanimement validé cette partie du texte, “pour la poursuite du débat”, a assuré le groupe.La gauche s’est globalement désunie : les écologistes et communistes se sont divisés entre pour, contre et abstentions.Seule LFI “a mené le combat à gauche”, a fustigé le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, des socialistes rétorquant que toute la gauche avait voté la partie “recettes” du budget de l’an passé, à l’époque largement réécrite en leur faveur.Les oppositions, et une partie du camp gouvernemental, peuvent encore se targuer d’avoir modifié la copie cette année : exit la surtaxe sur les mutuelles, la cotisation patronale sur les tickets-restaurants ou la fin d’une exonération sur les salaires des apprentis.La gauche a aussi fait adopter des amendements pour une hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine (2,8 milliards de recettes estimées). Le tout avec un avis favorable, quoique très froid, du gouvernement, afin que la mesure reste sur la table pour la suite de la navette parlementaire.Les sujets clivants ne manqueront pas dans la partie “dépenses”. Dès l’entame de son examen samedi soir, l’Assemblée a supprimé l’élargissement prévu des participations forfaitaires et franchises aux consultations chez le dentiste, et aux dispositifs médicaux.Un débat qui en cache un autre encore plus vif : le doublement par décret, en-dehors du budget de la Sécu, des franchises médicales, pour récupérer 2,3 milliards d’euros. Une large partie de l’Assemblée pressant le gouvernement de renoncer à une mesure qui pèserait sur les patients.”Plus que jamais, le gouvernement se tient à disposition des députés et sénateurs pour la suite des débats”, a réagi le Premier ministre Sébastien Lecornu après le vote de samedi.Plus d’impôts, moins de dépenses… Tous les groupes s’inquiètent de la façon dont sera réduit le déficit de la Sécu. Le projet de budget prévoyait 17,5 milliards d’euros de déficit en 2026 (contre 23 milliards en 2025).Le déficit ne devra pas être “supérieur à 20 milliards d’euros”, a insisté mercredi Amélie de Montchalin.Le rapporteur général du budget Thibault Bazin s’est inquiété des votes sur les “recettes” qui font grimper à ce stade le déficit à “20,6 milliards”. Sans compter d’éventuelles concessions gouvernementales dans les dépenses, comme le renoncement à l’inflammable proposition de gel des retraites et minima sociaux.

COP30: sans les indigènes, “pas d’avenir pour l’humanité”, avertit une ministre brésilienne

La ministre des Peuples indigènes du Brésil, Sonia Guajajara, espère que les autochtones pourront jouer les premiers rôles à la COP30 à Belem, en Amazonie, qui débute lundi: sans eux, “il n’y a pas d’avenir pour l’humanité”, dit-elle à l’AFP.Membre de l’ethnie Guajajara-Tenetehara, née dans une réserve indigène de l’État du Maranhao (nord-est), elle est …

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Au Soudan, la ville d’El-Obeid craint un assaut des paramilitaires

Les habitants de la ville soudanaise d’El-Obeid, dans la région stratégique du Kordofan, vivent ce weekend dans la peur d’un assaut des paramilitaires, dont la prise récente d’une grande ville du Darfour voisin a donné lieu à des récits glaçants d’exactions.   Le troisième plus grand pays d’Afrique est ensanglanté depuis avril 2023 par une lutte pour le pouvoir opposant l’armée du général Abdel Fattah Al-Burhane aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) de son ancien adjoint, Mohamed Daglo, tous deux accusés d’exactions.Le 26 octobre, les FSR ont pris le contrôle d’El-Facher, dernier verrou stratégique qui leur échappait au Darfour (ouest), où les témoignages de viols, enlèvements et massacres se multiplient. De son côté, l’armée tient l’est et une partie du centre, dont la capitale Khartoum.Entre le Darfour et Khartoum, la région pétrolifère du Kordofan, apparaît comme le nouvel épicentre du conflit, en l’absence d’accord des belligérants sur une proposition de trêve des pays médiateurs, Arabie saoudite, Etats-Unis, Egypte, Emirats arabes unis. Les FSR ont dit jeudi soutenir cette proposition tandis que l’armée n’a pas commenté et plutôt suggéré la poursuite des affrontements. Et dès vendredi, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a mis en garde contre des “préparatifs en vue d’une intensification” des hostilités au Kordofan.”Nous avons particulièrement peur en raison de ce qui s’est passé à El-Facher”, a déclaré samedi à l’AFP Soaad Ali, à El-Obeid. “Nous vivons dans la peur. Les autorités tentent de nous rassurer (…) mais après ce qui s’est passé à Bara, notre peur ne fait que croître”, souligne un autre habitant, requérant l’anonymat pour des raisons de sécurité.- “Intensification” -Les paramilitaires des FSR ont pris la semaine dernière la ville de Bara, aussi au Kordofan, et regroupé des forces autour d’El-Obeid, plus au sud, où une attaque a fait au moins 40 morts mardi, selon l’ONU. A quelque 400 km au sud-ouest de Khartoum, cette capitale de l’Etat de Kordofan-Nord compte environ un demi-million d’habitants. Après l’entrée des FSR à Bara, quelque 36.000 personnes ont fui la ville et quatre autres localités voisines, selon l’ONU. “Depuis la prise d’El-Facher, le nombre de victimes civiles, les destructions et les déplacements massifs de population n’ont cessé d’augmenter”, a aussi alerté M. Türk. L’armée soudanaise a intercepté samedi une attaque de drone lancée par les FSR contre El-Obeid, a indiqué à l’AFP une source militaire, qui a requis l’anonymat car non autorisée à s’adresser aux médias.Les attaques de drone ont été l’une des tactiques clés des FSR dans ce conflit. – “Disparus, détenus, tués” -La prise d’El-Facher par les paramilitaires a enclenché l’exode de plus de 80.000 personnes, qui ont fui la ville et ses environs pour trouver refuge dans les localités de Tawila, Kebkabiya, Melit et Kutum, selon l’ONU.Des réfugiés ont confié à l’AFP que des femmes et des hommes avaient été séparés à la sortie d’El-Facher, et que des centaines d’hommes avaient été détenus dans les villes voisines.A Tawila, de nombreuses familles sont arrivées avec “des enfants qui ne sont pas les leurs”, a déclaré Mathilde Vu, responsable du plaidoyer pour l’ONG Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) au Soudan.”Cela signifie que les enfants ont perdu leurs parents en chemin, parce que ceux-ci (…) ont disparu dans ce chaos, ont été détenus, ou encore tués”, a-t-elle expliqué à l’AFP.Le gouverneur du Darfour, Minni Minnawi, désormais établi à Port-Soudan, siège temporaire du gouvernement pro-armée, a affirmé samedi que le retrait des FSR des villes sous leur contrôle était une précondition à tout cessez-le-feu. “La trêve doit être précédée du retrait des Janjawids et des mercenaires (noms donnés aux FSR) des hôpitaux et des villes; de la libération des personnes enlevées, notamment des enfants et des femmes; et du retour des déplacés”, a déclaré Minnawi sur X.”Une trêve sans ces conditions signifierait la division du Soudan”, a-t-il mis en avant. En 2011, le Soudan avait déjà été amputé du Soudan du Sud à l’issue de décennies de guerre, puis d’un référendum d’indépendance.  La dernière guerre au Soudan a fait jusqu’à présent des dizaines de milliers de morts, déplacé près de 12 millions de personnes et provoqué selon l’ONU, la plus grande crise humanitaire au monde.

COP30: sans les indigènes, “pas d’avenir pour l’humanité”, avertit une ministre brésilienne

La ministre des Peuples indigènes du Brésil, Sonia Guajajara, espère que les autochtones pourront jouer les premiers rôles à la COP30 à Belem, en Amazonie, qui débute lundi: sans eux, “il n’y a pas d’avenir pour l’humanité”, dit-elle à l’AFP.Membre de l’ethnie Guajajara-Tenetehara, née dans une réserve indigène de l’État du Maranhao (nord-est), elle est la première à occuper ce portefeuille créé par le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva à son retour au pouvoir pour un troisième mandat, en 2023.A la veille de la conférence climat de l’ONU à Belem, Mme Guajajara, 51 ans, prévoit “la meilleure COP en termes de participation indigène”, tout en dénonçant le “racisme” dont souffrent les autochtones.Elle déplore par ailleurs que son gouvernement n’ait pas pu homologuer davantage de réserves indigènes. Selon elle, ce mouvement a été freiné par une loi approuvée par le Parlement brésilien, à majorité conservatrice, qui restreint la reconnaissance des terres revenant de droit aux autochtones.Le plus grand pays d’Amérique latine compte 1,7 million d’indigènes, répartis en 391 ethnies parlant 295 langues, sur plus de 200 millions d’habitants.QUESTION: Pensez-vous que le fait que la COP ait lieu pour la première fois en Amazonie contribuera à mieux faire connaître les peuples indigènes?RÉPONSE: “Il y a une grande ignorance, un racisme très présent dans la société en général concernant les peuples autochtones. La COP peut contribuer de manière significative à une meilleure compréhension du rôle joué par les peuples autochtones dans l’équilibre climatique.La présence d’autochtones, que ce soit sur un territoire délimité ou non, garantit une eau propre, une biodiversité protégée, une alimentation sans produits chimiques, des forêts préservées.Et l’humanité a besoin de tout cela pour continuer à exister. C’est pourquoi nous disons que sans les peuples indigènes, sans leurs voix, il n’y a pas d’avenir pour l’humanité.”Q: Comment avez-vous vu évoluer la représentation des peuples autochtones dans les discussions sur le climat?R: “Une COP en Amazonie doit prendre en compte les voix des peuples indigènes, des communautés traditionnelles, de toutes les personnes qui ont toujours eu beaucoup de mal à se rendre sur les lieux où se déroule la conférence.En 2009, lorsque j’ai participé à ma première COP, la COP15, à Copenhague, il y avait un ou deux indigènes présents, mais ils ne participaient pas activement. Nous avons travaillé pour promouvoir cette inclusion et augmenter cette représentation. Depuis, il y a eu une évolution énorme.Nous sommes encore loin de vraiment jouer les premiers rôles, mais j’ai trouvé le sommet (de dirigeants mondiaux qui a précédé la COP30) encourageant. Les dirigeants qui se sont prononcés ont évoqué l’importance d’inclure les peuples indigènes, de leur attribuer des financements et de garantir la protection de leurs territoires.”- “Gardiens de la forêt” -Q: Quel est l’impact du changement climatique sur les peuples autochtones?R: “Il se fait sentir de diverses manières, avec de grandes inondations, de grandes sécheresses, qui affectent directement notre quotidien.Nous sommes reconnus comme les gardiens et gardiennes de la forêt, de l’environnement, de la biodiversité, mais, du fait de notre mode de vie, nous souffrons en premier de l’impact des changements climatiques, et c’est nous qui en souffrons le plus.En cas de sécheresse, quand le niveau des rivières baisse, cela provoque une insécurité alimentaire, car les poissons meurent. Et les enfants ne peuvent pas aller à l’école, car le transport fluvial est compromis.”Q: Certains leaders indigènes reprochent au gouvernement Lula de ne pas aller assez vite dans l’homologation de nouvelles réserves: que répondez-vous à ces critiques?R: “Il est clair que nous ne sommes pas satisfaits du rythme de l’homologation des terres indigènes, car ce gouvernement s’est engagé à les faire avancer.Mais nous faisons face aujourd’hui à un obstacle légal connu de tous, une loi qui a malheureusement été approuvée par le Parlement. Elle existe, on ne peut pas l’ignorer, car si on le fait, on risque d’être hors la loi.Des décrets d’homologation de réserves signés en décembre dernier par le président Lula ont déjà fait l’objet de recours à la Cour suprême. Nous cherchons des moyens de débloquer ce processus, mais bien que le rythme soit lent, nous avons homologué en trois ans 16 réserves indigènes, davantage que lors des 10 années précédant le début du troisième mandat de Lula.”

Une tornade fait six morts et plus de 430 blessés dans le Sud du Brésil

Au moins six personnes ont été tuées et 432 blessées par une tornade qui a dévasté une localité du sud du Brésil, dans l’Etat du Parana, ont annoncé samedi les autorités locales.Selon le dernier bilan des autorités régionales, le nombre de victimes est passé à 6 morts, contre 5 auparavant. 432 personnes ont été blessées et deux sont portées disparues, un chiffre qui pourrait encore augmenter, selon les autorités.Le phénomène météorologique a entraîné des destructions sans précédent dans la région, à quelque 300 km des célèbres chutes d’Igaçu.La tornade, qui n’a duré que quelques minutes, a renversé des voitures et détruit des maisons entières à Rio Bonito do Iguaçu, une localité de 14.000 habitants.Des habitants ont raconté aux médias locaux que la tornade était accompagnée d’une tempête, de vents violents et de grêle.- Vents à 250 km/h -“Tout a été détruit. La ville, les maisons, les écoles. Qu’est-ce qu’on va devenir?”, a déclaré à une chaîne locale Roselei Dalcandon, devant son magasin en ruines. Elle venait de sortir de son échoppe lorsque la tornade est arrivée, son fils restant seul à l’intérieur.”Quand le vent s’est un peu calmé, mon mari est arrivé en courant. Mais il (son fils, ndlr) allait bien. Le magasin avait disparu, mais il s’en est sorti (vivant), Dieu l’a sauvé”, a-t-elle ajouté.”Je tiens à exprimer mes sincères condoléances à toutes les familles qui ont perdu des êtres chers dans la tornade (…) Et à offrir ma solidarité à toutes les personnes touchées”, a écrit sur X le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva.Selon la défense civile, 90% de la ville a été touchée. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent de nombreuses maisons avec le toit arraché ou totalement détruites.Les secours fouillent dans les décombres à la recherche de survivants ou de corps. Un refuge a été mis en place dans une ville voisine.”C’est une scène de guerre”, a déclaré au portail G1 le colonel Fernando Schunig, directeur de la Défense civile du Parana. Le nombre de victimes risque d’augmenter, la tornade ayant frappé le centre de la ville, a ajouté l’officier.Selon le Système de technologie et de surveillance environnementale du Parana, les vents ont atteint de 180 à 250 km/h. Il y a eu “des chutes d’arbres et même des (destructions de) maisons en dur”, a précisé l’organisme.- “Violentes tempêtes” -Les villes de Rio de Janeiro et Sao Paulo ont par ailleurs relevé leur niveau d’alerte en raison des vents violents et des pluies, et les autorités ont demandé à la population d’éviter tout déplacement.”Sous la direction du président Luiz Inacio Lula da Silva, nous travaillons sur les plans d’aide humanitaire, l’envoi d’équipements et le soutien à la reconstruction”, a annoncé sur son compte X le ministre de l’Intégration et du Développement Régional, Waldez Goes.De son côté, le gouverneur du Parana, Ratinho Junior, a précisé que “les forces de sécurité (étaient) en alerte, mobilisées et (surveillaient) les villes touchées par les violentes tempêtes”, lui aussi sur X. L’Institut National de Météorologie maintient pour le weekend une alerte de “danger de tempêtes” dans tout le Parana, ainsi que dans les autres Etats méridionaux de Santa Catarina et Rio Grande do Sul, proches de l’Argentine et de l’Uruguay.Depuis le début du mois de novembre, plusieurs villes du Parana font face à de fortes pluies, des orages, des vents violents et de la grêle.Selon les scientifiques, le réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs.

Climat: pour Cyril Dion, cinéaste écologiste, la COP évite “le fond du problème”

La diplomatie climatique qui réunit les dirigeants mondiaux, lors des COP, évite “le fond du problème” qui est nos modes de vie, estime le cinéaste et militant écologiste Cyril Dion dans un entretien avec l’AFP.Cyril Dion ressort dix ans après son film “Demain”, le 8 décembre, et a publié le 15 octobre ses chroniques pendant un an sur France Inter, dans un livre intitulé “La Lutte enchantée” (Actes Sud).Question: “Demain” avait été un beau succès public en 2015. Mais dix ans après, n’êtes-vous pas désespéré que la situation de la planète ait autant empirée ?Réponse: Ça dépend à quelle échelle on regarde. Anne Hidalgo, qui disait que toute sa politique vélo avait été inspirée notamment par ce qu’elle avait vu dans “Demain”, avec l’exemple de Copenhague, est la maire de la première ville cyclable d’Europe, où la pollution de l’air et le trafic routier ont été divisés par deux. En revanche, si on regarde des trajectoires globales, effectivement on n’a jamais émis autant de gaz à effet de serre, jamais consommé autant d’énergie, autant de matières premières, et tout ça est tiré notamment par des économies qui sont industrialisées de façon plus récente.Q: Pour en parler il y a les conférences des Nations unies sur le climat (COP), dont celle qui s’ouvre à Belém. Ces grands rassemblements vous donnent-ils un peu espoir ?R: Je pense que ce n’est pas inutile d’avoir des moments de diplomatie, où les États se parlent, et où les médias couvrent le sujet climatique. Même si c’est un peu malheureux qu’il faille attendre ces grands rendez-vous (ou des catastrophes) pour s’intéresser à cet enjeu vital pour l’humanité. Un moment où les activistes peuvent essayer de faire pression. Pour autant, chaque fois qu’il y a une COP, c’est la même question: est-ce que vous pensez que les États vont trouver une solution ? Non, parce que le fond du problème, c’est que pour adapter notre mode de vie, notre planète au péril écologique, il faudrait considérablement réduire notre consommation de matière et d’énergie. Or, cela va vraiment à l’opposé de tout ce que la plupart des grandes entreprises dans le monde veulent faire, c’est-à-dire continuer à se développer, à engendrer de la croissance et de plus en plus de bénéfices.Q: Quels modes d’action vous semblent plus efficaces alors ?R: Le seul moyen que les choses changent serait que les populations, dans un sursaut à la fois démocratique et de survie, choisissent d’élire des personnes qui sont prêtes à entamer le bras de fer. Et prêtes à transformer nos institutions, grâce à des mécanismes de démocratie délibérative, comme ce qu’on a pu expérimenter avec la Convention citoyenne pour le climat. Bien sûr que c’est chiant de ne pas pouvoir prendre l’avion quand on veut, bien sûr que c’est chiant de ne pas pouvoir manger votre steak quand vous en avez envie, mais on a un problème, c’est que le climat se réchauffe et ce problème-là, on va tous le ressentir. Donc maintenant, est-ce qu’on peut tous se mettre autour de la table et essayer de trouver des solutions qui soient à la fois acceptables, justes et en même temps qui soient efficaces, c’est-à-dire qui nous permettent de vraiment résoudre le problème. Ce problème démocratique-là, pour moi, il est vraiment au centre de notre capacité ou non d’affronter la dévastation écologique. Et tant qu’on ne l’aura pas traité, je pense qu’on pourra faire autant de COP qu’on voudra, malheureusement ça n’accouchera que de mesures qui temporiseront le problème et qui ne le résoudront pas.