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Les Ougandais toujours meurtris par les crimes de Kony, selon le procureur de la CPI

Les conséquences des crimes dont est accusé Joseph Kony, chef de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), se font encore ressentir en Ouganda aujourd’hui, a déclaré mardi un procureur devant la Cour pénale internationale.Joseph Kony est visé par 39 chefs d’accusation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, dont meurtre, viol, torture, réduction en esclavage et esclavage sexuel, qui auraient été commis entre juillet 2002 et décembre 2005 dans le nord de l’Ouganda.Lors de l’ouverture de l’audience, la première de la sorte à être tenue en l’absence de l’accusé, le procureur Mame Mandiaye Niang a déclaré que le temps n’avait pas atténué l’impact de cette violence en Ouganda.”Les répercussions de ces violences inouïes continuent à se faire sentir aujourd’hui encore. Marquées dans leur chair et leur esprit, les survivants peinent encore à se remettre des dures épreuves qu’ils ont traversées”, a-t-il déclaré devant les juges.”Le tissu social et culturel du nord de l’Ouganda a été déchiré et le pays peine encore à se reconstruire”, a-t-il ajouté.Traqué sans succès depuis des décennies, Kony est le premier criminel de guerre présumé à avoir été inculpé par la CPI, en 2005.L’audience le visant ne tient pas lieu de procès. Lors de cette audience dite de “confirmation des charges” qui devrait durer trois jours, l’accusation expose les qualifications retenues contre Joseph Kony, né en septembre 1961.Les juges décideront ensuite, dans un délai de deux mois, si les accusations sont suffisamment étayées pour ouvrir un procès.Or le règlement de la cour interdit tout procès par contumace. Un procès ne pourra donc avoir lieu que si Joseph Kony est retrouvé et transféré à La Haye.Les avocats de Kony ont qualifié la procédure de “dépense énorme en temps, en argent et en efforts, sans aucun bénéfice”.Mais les procureurs estiment que la tenue de cette audience accélérera tout procès potentiel en cas d’arrestation de Kony.- “Tout ce sang”-L’ancien enfant de chœur catholique était à la tête de la redoutable Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui a terrorisé pendant 30 ans de larges zones d’Afrique centrale.Guérilla mystique et enracinée dans le nord-ougandais, la LRA est un mouvement millénariste qui a mué au fil des années en un groupe armé régional incontrôlable, se singularisant par son extrême violence contre les civils, y compris les Acholis, ethnie du nord de l’Ouganda qu’elle prétendait défendre.En Ouganda, mais aussi en RDC, en Centrafrique et au Soudan du Sud, la LRA est accusée d’être responsable de la mort de plus de 100.000 personnes et de l’enlèvement de quelque 60.000 enfants, convertis en soldats ou esclaves sexuels, selon les Nations unies.Ceux qui ont pu s’échapper ont raconté avoir été forcés de mordre d’autres personnes à mort, à boire du sang et au cannibalisme.Everlyn Ayo avait cinq ou six ans lorsque la LRA a attaqué son école. Aujourd’hui âgée de 39 ans, elle comptait suivre l’audience à la radio, à des milliers de kilomètres de La Haye.Ils ont “tué et cuit nos enseignants dans de grands bidons et nous ont forcé à manger leurs restes”, a-t-elle raconté à l’AFP.Pour échapper à cet horrible sort, de nombreux jeunes comme elle sont alors devenus malgré eux des “voyageurs de la nuit”, rejoignant des villes ou des abris la nuit pour échapper à la LRA.Chaque matin, les jeunes Ougandais retournaient dans leurs villages. “Très souvent, nous trouvions des cadavres imbibés de sang”, se souvient Mme Ayo.”Voir tout ce sang en tant qu’enfant a traumatisé mes yeux”, soupire-t-elle. “Depuis de nombreuses années maintenant, (…) tout ce que je vois, c’est du sang”.Chassé en 2006 du nord de l’Ouganda avec la LRA, Kony avait établi des bases notamment au Soudan, pays qu’il a dû quitter en raison de la guerre civile qui y sévissait. Il s’est ensuite installé dans une région reculée de la République centrafricaine, a établi un groupe d’experts de l’ONU en juin 2024.Sa dernière apparition connue remonte à 2006, lorsqu’il a déclaré à un journaliste occidental qu’il n’était “pas un terroriste” et que les témoignages relatant les horreurs de la LRA relevaient de la “propagande”.On ignore s’il est encore en vie.burs-cvo/hba

La flottille pour Gaza dit avoir été visée par une “attaque de drone” au large de Tunis

La flottille pour Gaza a affirmé, vidéos à l’appui, avoir été visée dans la nuit de lundi à mardi par une “attaque de drone” au large de Tunis, mais les autorités tunisiennes ont assuré n’avoir détecté “aucun” engin selon leurs observations préliminaires.Des membres de la “Global Sumud Flotilla”, qui doit prendre la mer avec des militants et de l’aide humanitaire pour la bande de Gaza assiégée par Israël, ont prévu de livrer mardi lors d’une conférence de presse à Tunis des témoignages “de première main” sur les événements.La flottille, qui était ancrée au large de Sidi Bou Saïd, près de Tunis, a affirmé qu’un de ses bateaux, le “Family”, avait été “frappé” par un drone et publié des vidéos de caméras de surveillance montrant ce qui ressemble à une explosion.La Garde nationale tunisienne, l’équivalent de la gendarmerie, a elle démenti toute frappe de drone, assurant que selon ses premières constatations, “aucun” engin n’avait été détecté. Elle a jugé possible que le feu ait été déclenché par un mégot de cigarette.Mais l’une des vidéos publiées par la flottille, présentée comme ayant été prise depuis un autre bateau, montre une masse lumineuse frapper un navire.Dans une autre vidéo, provenant d’une caméra de surveillance du bateau lui-même selon la flottille, on entend un vrombissement. Puis on peut voir un militant lever les yeux, s’exclamer et reculer avant qu’une explosion ne se fasse entendre. Un éclair de lumière illumine ensuite la zone.Le militant brésilien Thiago Avila a publié dans une vidéo sur Instagram le témoignage d’un autre membre de la flottille assurant avoir vu un drone. “C’était à 100% un drone qui a lâché une bombe”, a affirmé ce militant, Miguel.- “Agression” -Parmi les personnes devant s’exprimer ou dont les déclarations seront lues lors de la conférence de presse mardi figurent des responsables de la flottille ainsi que la rapporteure spéciale des Nations unies pour les Territoires palestiniens, Francesca Albanese, selon un communiqué.La flottille a affirmé que les six personnes à bord du “Family” étaient saines et sauves, faisant état de dégâts matériels et dénonçant “des actes d’agression visant à faire dérailler (sa) mission”.Un journaliste de l’AFP arrivé rapidement dans la nuit de lundi à mardi à Sidi Bou Saïd a pu voir le bateau entouré par d’autres embarcations mais le feu n’était plus visible.Des centaines de personnes ont afflué vers le port de Sidi Bou Saïd en criant “Free, Free Palestine”.Le port de Sidi Bou Saïd se trouve non loin du palais présidentiel de Carthage.”S’il est confirmé qu’il s’agit d’une attaque de drone, ce serait (…) une agression contre la Tunisie et la souveraineté tunisienne”, a dit dans la nuit Francesca Albanese, qui vit en Tunisie, devant des journalistes au port.L’AFP a sollicité l’armée israélienne pour un commentaire, mais n’a pas obtenu de réponse dans l’immédiat.La bande de Gaza est le théâtre d’une guerre dévastatrice, déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.Les Nations unies ont déclaré en août l’état de famine à Gaza, avertissant que 500.000 personnes se trouvent en situation “catastrophique”.Des navires de la Global Sumud Flotilla (“sumud” signifie “résilience” en arabe) sont arrivés ces derniers jours en Tunisie d’où ils doivent partir cette semaine pour Gaza. Ils avaient initialement prévu d’atteindre le territoire palestinien à la mi-septembre afin d’y acheminer de l’aide humanitaire et “briser le blocus israélien”, après deux tentatives bloquées par Israël en juin et juillet.  

La flottille pour Gaza dit avoir été visée par une “attaque de drone” au large de Tunis

La flottille pour Gaza a affirmé, vidéos à l’appui, avoir été visée dans la nuit de lundi à mardi par une “attaque de drone” au large de Tunis, mais les autorités tunisiennes ont assuré n’avoir détecté “aucun” engin selon leurs observations préliminaires.Des membres de la “Global Sumud Flotilla”, qui doit prendre la mer avec des militants et de l’aide humanitaire pour la bande de Gaza assiégée par Israël, ont prévu de livrer mardi lors d’une conférence de presse à Tunis des témoignages “de première main” sur les événements.La flottille, qui était ancrée au large de Sidi Bou Saïd, près de Tunis, a affirmé qu’un de ses bateaux, le “Family”, avait été “frappé” par un drone et publié des vidéos de caméras de surveillance montrant ce qui ressemble à une explosion.La Garde nationale tunisienne, l’équivalent de la gendarmerie, a elle démenti toute frappe de drone, assurant que selon ses premières constatations, “aucun” engin n’avait été détecté. Elle a jugé possible que le feu ait été déclenché par un mégot de cigarette.Mais l’une des vidéos publiées par la flottille, présentée comme ayant été prise depuis un autre bateau, montre une masse lumineuse frapper un navire.Dans une autre vidéo, provenant d’une caméra de surveillance du bateau lui-même selon la flottille, on entend un vrombissement. Puis on peut voir un militant lever les yeux, s’exclamer et reculer avant qu’une explosion ne se fasse entendre. Un éclair de lumière illumine ensuite la zone.Le militant brésilien Thiago Avila a publié dans une vidéo sur Instagram le témoignage d’un autre membre de la flottille assurant avoir vu un drone. “C’était à 100% un drone qui a lâché une bombe”, a affirmé ce militant, Miguel.- “Agression” -Parmi les personnes devant s’exprimer ou dont les déclarations seront lues lors de la conférence de presse mardi figurent des responsables de la flottille ainsi que la rapporteure spéciale des Nations unies pour les Territoires palestiniens, Francesca Albanese, selon un communiqué.La flottille a affirmé que les six personnes à bord du “Family” étaient saines et sauves, faisant état de dégâts matériels et dénonçant “des actes d’agression visant à faire dérailler (sa) mission”.Un journaliste de l’AFP arrivé rapidement dans la nuit de lundi à mardi à Sidi Bou Saïd a pu voir le bateau entouré par d’autres embarcations mais le feu n’était plus visible.Des centaines de personnes ont afflué vers le port de Sidi Bou Saïd en criant “Free, Free Palestine”.Le port de Sidi Bou Saïd se trouve non loin du palais présidentiel de Carthage.”S’il est confirmé qu’il s’agit d’une attaque de drone, ce serait (…) une agression contre la Tunisie et la souveraineté tunisienne”, a dit dans la nuit Francesca Albanese, qui vit en Tunisie, devant des journalistes au port.L’AFP a sollicité l’armée israélienne pour un commentaire, mais n’a pas obtenu de réponse dans l’immédiat.La bande de Gaza est le théâtre d’une guerre dévastatrice, déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.Les Nations unies ont déclaré en août l’état de famine à Gaza, avertissant que 500.000 personnes se trouvent en situation “catastrophique”.Des navires de la Global Sumud Flotilla (“sumud” signifie “résilience” en arabe) sont arrivés ces derniers jours en Tunisie d’où ils doivent partir cette semaine pour Gaza. Ils avaient initialement prévu d’atteindre le territoire palestinien à la mi-septembre afin d’y acheminer de l’aide humanitaire et “briser le blocus israélien”, après deux tentatives bloquées par Israël en juin et juillet.  

Grèce: Sur l’île d’Egine, la culture de la pistache à l’agonie

Sur l’île grecque d’Egine, quatre ouvriers agricoles, bâton en main, frappent les branches d’un pistachier pour faire pleuvoir les fruits sur des bâches. La récolte des pistaches bat son plein. Pourtant l’équipe fait grise mine.”Il y a peu de pistaches”, déplore auprès de l’AFP Daso Shpata, un Albanais de 47 ans, sous un soleil de …

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Grèce: Sur l’île d’Egine, la culture de la pistache à l’agonie

Sur l’île grecque d’Egine, quatre ouvriers agricoles, bâton en main, frappent les branches d’un pistachier pour faire pleuvoir les fruits sur des bâches. La récolte des pistaches bat son plein. Pourtant l’équipe fait grise mine.”Il y a peu de pistaches”, déplore auprès de l’AFP Daso Shpata, un Albanais de 47 ans, sous un soleil de plomb qui fait chanter les cigales. Le changement climatique a fait fondre les récoltes. D’autres problèmes sont venus se greffer: de nouvelles générations peu enclines à reprendre les exploitations familiales et des arbres sacrifiés pour construire de lucratives résidences de vacances dans une Grèce où le tourisme va de record en record.”La culture traditionnelle (des pistaches) telle que nous la connaissons (ici) n’est plus viable”, se désole Eleni Kypreou, la propriétaire du verger de cette île de près de 13.000 habitants, proche d’Athènes et connue dans toute la Grèce pour ses fameuses pistaches.”Si nous voulons sauvegarder les pistachiers, il faut trouver ce dont ils ont besoin (…) Sinon, ils appartiendront au passé et pourront entrer dans un musée”, tranche-t-elle.La production de pistaches à Egine est infime en comparaison de celle des États-Unis ou de l’Iran où sont récoltées plusieurs centaines de milliers de tonnes chaque année. Mais ces fruits produits sur ce territoire situé à une heure en ferry du port du Pirée sont considérés comme particulièrement savoureux.”Les pistaches d’Egine ont un goût spécial”, assure Mme Kypreou. “Ca vient de la terre et de l’eau. L’eau est un peu salée”.Cette femme de 88 ans chérit ses 750 pistachiers au point de leur chanter et de leur parler.”Les deux dernières années, nous n’avions presque rien”, poursuit-elle, soit 20 kg seulement en 2024 après 100 kg en 2023. “Nous attendions une bonne récolte cette année. Mais elle n’est pas bonne”, soupire-t-elle. – “Planter des maisons” -En 2023, la Grèce a produit près de 22.000 tonnes de pistaches, contre 12.000 seulement en 2015, selon l’office grec des statistiques Elstat. Mais à Egine, la production a baissé pour passer de plus de 2.600 tonnes à 2.300 tonnes. Le nombre d’arbres en âge de production et les hectares de terre ont également diminué.”Ces deux dernières années ont été mauvaises” principalement en raison des hivers particulièrement cléments qu’a connus le pays méditerranéen, diagnostique Kostas Peppas, président de la coopérative des producteurs de pistaches d’Egine. Or les arbres ont besoin pendant “certaines heures de températures en dessous de 10 à 12°C. Pour dormir, pour se reposer. Donc si l’hiver est doux, ce n’est pas bon”, assure-t-il.La coopérative vend les pistaches dans les magasins et supermarchés dans tout le pays et, à Egine, tout particulièrement notamment auprès des nombreux touristes, ainsi que dans son propre kiosque sur le port. Pour M. Peppas, il ne fait pas de doute que la plupart des vendeurs du port ont acheté des pistaches ailleurs, faute de pouvoir s’approvisionner auprès des producteurs locaux.Le dirigeant de la coopérative possède 230 arbres, principalement des femelles, qui produisent les pistaches, avec deux mâles plus grands pour la pollinisation. A Egine, “ils coupent des arbres et construisent des maisons à la place,” soutient ce capitaine de bateau à la retraite, âgé de 79 ans.Avec le boom du tourisme en Grèce, qui a accueilli 40 millions de visiteurs en 2024, les locations de courte durée, lucratives, explosent à Athènes et sur les îles.Thanasis Lakkos, 53 ans, soulève une branche de l’un de ses 3.500 pistachiers qu’il arrose avec l’eau de pluie collectée en hiver pour l’aider à grandir.La plupart des producteurs suivent le savoir faire ancestral en se disant “mon grand-père faisait comme ça, moi je vais continuer à faire comme ça”, explique-t-il. “Mais ce n’est pas comme cela que ça marche”, souligne-t-il, invitant les producteurs à chercher de nouvelles techniques.  Il compte “continuer aussi longtemps que possible” malgré les difficultés. Dans son entourage, certains lui disent “mieux vaut vendre la terre et gagner un million d’euros et se reposer pour le reste de sa vie”. Son fils est devenu DJ et les jeunes qui veulent se lancer dans l’agriculture sont rares, constate M. Lakkos qui fait partie de “la dernière génération” qui récoltera les pistaches à Egine. “La tradition va se perdre”, prédit-il désolé.

L’Ethiopie inaugure le plus grand barrage d’Afrique

L’Ethiopie a officiellement inauguré  mardi son Grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil, le plus grand ouvrage hydroélectrique d’Afrique et “une grande réussite pour toutes les personnes noires”, a affirmé son Premier ministre, malgré les tensions générées avec les pays en aval. Le mégabarrage est l’un des rares sujets faisant l’unanimité dans ce pays de la Corne de l’Afrique déchiré par plusieurs conflits armés, encore actifs dans les deux régions les plus peuplées du pays, l’Amhara et l’Oromia.Celle du Tigré est sortie en 2022 d’une guerre civile qui a fait au moins 600.000 morts, selon une estimation de l’Union africaine.Le GERD est un immense ouvrage de 1,8 kilomètre de large pour 145 mètres de haut, d’une contenance totale de 74 milliards de mètres cubes d’eau.Pour le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, où quelque 45% des 130 millions d’habitants n’ont pas accès à l’électricité il est un gage de “révolution énergétique”, selon des experts.Le GERD est “une grande réussite non seulement pour l’Éthiopie, mais pour toutes les personnes noires”, s’est félicité mardi le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed lors de l’inauguration de l’ouvrage en présence de dirigeants de la région.- “La vraie prospérité” -Le mégabarrage doit atteindre à terme une capacité de production de 5.000 mégawatts (MW), soit le double de ce que l’Ethiopie produit actuellement.Une puissance toutefois largement inférieure à celles des deux plus gros barrages au monde, celui des Trois-Gorges (22,5 GW) et celui de Baihetan (16 GW), tous deux situés sur le fleuve Yangtsé en Chine.Le GERD va permettre à Addis Abeba de générer d’importantes recettes grâce à l’électricité vendue à ses voisins. Le Premier ministre Abiy a estimé la semaine dernière ses retombées à 1 milliard de dollars par an, pour un coût total estimé à 4 milliards de dollars.C’est aussi un signe fort, alors que l’Ethiopie se pose en grand promoteur africain de la voiture électrique, et est le premier pays au monde à avoir interdit début 2024 l’importation de véhicules thermiques.Les festivités ont commencé lundi soir avec lampions et lasers et un essaim de drones martelant des slogans positifs dans le ciel – comme “l’ascension géopolitique” ou encore “un saut dans le futur”. L’évènement, ponctué d’un feu d’artifice géant, a été retransmis à la télévision publique, mais également sur les réseaux sociaux, où il a suscité une avalanche de messages de félicitations : “Ceci est la vraie prospérité”, a écrit un internaute. “On a réussi”, s’est exclamé un autre, quand un troisième a écrit: “Nous vaincrons!”La première pierre du GERD a été posée en avril 2011. Tant le TPLF -le parti tigréen, au pouvoir jusqu’en 2018- que le Parti de la prospérité du Premier ministre Abiy Ahmed, qui lui a succédé, s’en attribuent le mérite.- “Menace existentielle” -Hors d’Ethiopie, le mégabarrage est vertement critiqué par Le Caire, qui, craignant un tarissement de sa principale source d’approvisionnement en eau, martèle qu’il constitue une “menace existentielle” sur l’Egypte.Pays d’environ 110 millions d’habitants, l’Egypte dépend du Nil pour 97% de ses besoins hydriques, notamment pour l’agriculture.La président Abdel Fattah al-Sissi a promis que l’Egypte prendrait toutes les mesures prévues par le droit international pour défendre sa sécurité hydrique.”Quiconque pense que l’Egypte fermera les yeux sur ses droits en matière d’eau se trompe”, a-t-il déclaré à des journalistes le mois dernier.L’exécutif égyptien s’est récemment rapproché des deux pays frontaliers de l’Ethiopie: l’Erythrée, qui entretient aujourd’hui des relations tendues avec Addis Abeba, et la Somalie.Le Soudan a également fait part de son inquiétude. Les deux pays ont réitéré fin juin “leur rejet de toute mesure unilatérale dans le bassin du Nil Bleu”.Différentes tentatives de médiation depuis une décennie entre les trois pays – sous l’égide successivement des Etats-Unis, de la Banque mondiale, de la Russie, des Emirats arabes unis et de l’Union africaine – ont toutes échoué.Un conflit ouvert entre l’Ethiopie et l’Egypte est toutefois “peu probable”, selon les différents chercheurs interrogés par l’AFP.Et l’Ethiopie se veut rassurante. “Pour les pays en aval, l’Éthiopie a réalisé le GERD, un exemple brillant pour les populations noires”, s’est félicité Abiy Ahmed. “Cela n’affectera en rien votre développement”, a-t-il encore assuré lors de l’inauguration.

Népal: le Premier ministre démissionne face à la colère de la rue

Le Premier ministre népalais KP Sharma Oli a annoncé mardi sa démission au lendemain de manifestations contre le blocage des réseaux sociaux et la corruption sévèrement réprimées par la police qui ont fait 19 morts dans le pays.”J’ai démissionné ce jour de mes fonctions de Premier ministre (…) afin que des mesures puissent être prises en vue d’une solution politique et d’une résolution de problèmes”, a déclaré M. Oli, 73 ans, dans une lettre au président transmise à la presse.Au soir lundi d’une journée de violentes protestations, le chef du gouvernement avait ordonné le rétablissement des réseaux sociaux et l’ouverture d’une enquête “indépendante” sur les conditions dans lesquelles la police a ouvert le feu sur la foule.Mais la colère de la population n’est pas retombée.Malgré le couvre-feu instauré dans le centre de la capitale Katmandou dans la matinée, des manifestants se sont regroupés mardi en plusieurs endroits pour dénoncer la répression de la veille, selon un photographe de l’AFP.”Une vingtaine de personnes ont été assassinées par l’Etat”, a dénoncé Yujan Rajbhandari, un étudiant de 23 ans qui a participé au défilé de la veille. “Ils (le gouvernement) doivent assumer la responsabilité de toutes ces vies perdues”, a-t-il ajouté.Se disant “profondément attristé” par ce qu’il a qualifié de “tragique incident”, M. Oli a également annoncé plus tôt mardi la tenue de discussions avec les partis politiques pour parvenir à “mettre un terme” aux violences.Trois de ses ministres ont déjà démissionné, dont celui de l’Intérieur, ont rapporté les médias locaux.Dès mardi matin, la plupart des plateformes de réseaux sociaux étaient à nouveau opérationnelles, a constaté l’AFP.- Balles réelles -Le ministre de la Communication, Prithvi Subba Gurung, a confirmé la levée du blocage. “Nous sommes prêts à discuter avec les protestataires”, a-t-il assuré à l’AFP.La semaine dernière, son administration avait suspendu 26 plateformes, dont Facebook, Youtube, X et Linkedn, qui ne s’étaient pas enregistrées auprès de lui dans les délais, au grand dam de millions de leurs usagers.Lundi matin, des milliers de jeunes se sont rassemblés dans les rues de Katmandou et d’autres villes pour exiger le rétablissement de leur réseau favori et dénoncer le fléau de la corruption qui, selon eux, mine le petit pays himalayen.A Katmandou, la situation a dérapé lorsque les forces de l’ordre ont empêché le cortège de s’approcher du parlement avec force gaz lacrymogènes, canons à eau, matraques, balles en caoutchouc et tirs à balles réelles, selon des journalistes de l’AFP et des témoins.Au moins 17 manifestants ont été tués et plus de 400 personnes, dont une centaine de policiers, blessées dans la capitale, selon un bilan du porte-parole de la police, Shekhar Khanal.”La situation a été causée par l’infiltration dans le cortège d’éléments animés par divers intérêts personnels”, a affirmé le Premier ministre.Deux autres personnes ont été tuées lors d’une manifestation dans le district de Sunsari, dans l’est du Népal, ont rapporté les médias locaux.- “Que ça change” -“Les gens jetaient des pierres quand, soudain, j’ai été touché par une balle”, a raconté lundi à l’AFP Ronish Regmi, un étudiant de 20 ans hospitalisé dans la capitale. “Quand j’ai repris mes esprits, j’étais dans une ambulance”, a-t-il ajouté.”Le gouvernement n’a pas hésité à recourir à la force”, a rapporté un autre blessé, Iman Magar, 20 ans. “Ce n’était pas une balle en caoutchouc mais une balle en métal et elle a emporté une partie de ma main”, a-t-il poursuivi.Amnesty International a exigé “une enquête complète, indépendante et impartiale” sur les circonstances de l’intervention de la police.La porte-parole du bureau des droits de l’Homme de l’ONU, Ravina Shamdasani, a fait de même, se déclarant “choquée par les morts et les blessés”.Le gouvernement avait annoncé jeudi le blocage des réseaux sociaux en application d’un arrêt rendu en 2023 par la Cour suprême exigeant qu’elles nomment un représentant local et une personne chargée de réguler leurs contenus.”Le gouvernement ne souhaitait pas bloquer l’usage des médias sociaux”, a répété le Premier ministre dans sa déclaration. “Il souhaite simplement protéger le cadre de leur utilisation”, a-t-il insisté, “ce n’était pas la peine de manifester pour ça”.Motivées initialement par le blocage, les manifestations de lundi ont largement viré à la dénonciation de la corruption des autorités, dans un pays à l’économie ralentie et au fort taux de chômage.”Nous voulons que ça change”, a résumé lundi un manifestant, Ikshama Tumrok, 20 ans.Depuis l’entrée en vigueur du blocage, les plateformes encore en service, comme Tik Tok, sont inondées de vidéos mettant en cause la vie luxueuse des enfants de responsables politiques.pm-pa/pt

Bayrou démissionne à la mi-journée, Macron veut nommer très vite un Premier ministre

Emmanuel Macron est déterminé à nommer un nouveau Premier ministre dès mardi ou “dans les tout prochains jours”, peut-être un proche comme Sébastien Lecornu, à l’encontre des appels à choisir la gauche, à négocier d’abord un accord politique ou à recevoir les chefs des partis.François Bayrou, qui a massivement perdu lundi son pari d’obtenir la confiance de l’Assemblée nationale, doit remettre mardi à la mi-journée à l’Elysée sa démission au président de la République qui en a déjà “pris acte”.Il va ensuite expédier les affaires courantes en attendant un successeur, le cinquième Premier ministre depuis le début du quinquennat en 2022. Du jamais-vu dans une Ve République longtemps réputée pour sa stabilité mais entrée dans une crise sans précédent depuis la dissolution en juin 2024.Le chef de l’Etat “nommera un nouveau Premier ministre dans les tout prochains jours”, a annoncé lundi soir la présidence.Dès mardi ? “C’est possible”, ainsi qu’une expression présidentielle le même jour, continue-t-on de glisser dans son entourage, sans certitude pour autant.- “Urgence” avant “Bloquons tout” -Il y a “urgence à nommer un Premier ministre” parce qu’il ne doit pas “y avoir de pouvoir vacant” à la veille du mouvement “Bloquons tout” et avant la mobilisation syndicale du 18 septembre, a martelé le ministre de l’Intérieur sortant Bruno Retailleau, patron du parti Les Républicains (LR), évoquant un mois “propice à tous les débordements”.Le casse-tête auquel est confronté le président est pourtant le même que celui qu’il a été incapable de dénouer depuis qu’il a dissous l’Assemblée: trouver un profil susceptible de survivre dans un paysage parlementaire sans l’ombre d’une majorité.A l’Elysée, on estime que la fragile coalition bâtie il y a un an entre la macronie et la droite est un acquis. Le président a exhorté ses chefs à “travailler avec les socialistes” pour “élargir” son assise.Mais il ne devrait pas aller jusqu’à nommer comme Premier ministre le patron du Parti socialiste Olivier Faure, malgré ses offres de services pour la formation d’un “gouvernement de gauche” qui irait chercher des “compromis”. Selon ses proches, Emmanuel Macron préfère donner les clés de Matignon à une personnalité “de confiance”. Depuis lundi soir, le nom du ministre des Armées Sébastien Lecornu, 39 ans, devenu au fil du temps un intime du chef de l’Etat, revient avec insistance en macronie, certains interlocuteurs de l’Elysée allant jusqu’à rapporter que ce choix avait été arrêté. Avec la prudence d’usage: déjà en décembre, le président avait voulu désigner ce fidèle, avant que François Bayrou ne s’impose à lui pour Matignon.Le nom de Catherine Vautrin revient aussi, mais la ministre du Travail et de la Santé reste discrète, ayant elle aussi déjà expérimenté un revirement élyséen en 2022.Sur l’aile gauche de la macronie, la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet s’est dite prête mardi à aller Matignon pour y appliquer un éventuel “pacte de coalition” incluant socialistes et écologistes.A moins que le président n’écoute ceux qui lui recommandent “un parfum de cohabitation”, auquel cas le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand pourrait tenir la corde.- Concessions au PS? -Autant de noms qui ne résolvent pas en soi l’équation: comment obtenir, a minima, une non-censure du PS, nécessaire pour tenir ? Selon un interlocuteur régulier d’Emmanuel Macron, ce dernier pourrait cette fois accepter que le Premier ministre, d’autant plus si c’est un proche, fasse de réelles concessions aux socialistes, par exemple sur la taxation des plus riches jusqu’ici un tabou pour lui.Olivier Faure a refusé de dire si son parti négocierait avec une personnalité issue du camp présidentiel, continuant de “revendiquer le pouvoir”.La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a exhorté le chef de l’Etat à “recevoir” les chefs des partis de gauche “avant toute décision”.Le macroniste Gabriel Attal a demandé la désignation préalable d’un “négociateur” à même de vérifier les coalitions possibles, proposition qui semble mort-née.Cette fois, l’intéressé ne devrait même pas engager des “consultations formelles”, alors qu’il avait reçu les formations politiques à tour de rôle avant de désigner Michel Barnier il y a un an, et organisé une table ronde de plusieurs chefs de parti avant de choisir François Bayrou en décembre.Ses stratèges estiment qu’il a déjà invité les forces politiques à dialoguer.Il en donnera donc probablement plutôt mandat au futur Premier ministre, en lui demandant de négocier un programme a minima, et notamment une ébauche de budget pour 2026.Emmanuel Macron le sait: s’il n’a que des cartes imparfaites entre les mains, l’atout qu’il va abattre risque d’être le dernier avant de devoir, en cas de nouvel échec, redissoudre l’Assemblée, comme l’y invite le Rassemblement national. “La question du figurant importe peu, c’est la politique de fond qu’il faut changer. Les mêmes causes entraîneront les mêmes conséquences”, a répété chef Jordan Bardella.En cas d’impasse prolongée, la pression monterait sur une démission d’Emmanuel Macron, espérée par l’extrême droite comme par La France insoumise.

Hong Kong: la mort du magnat des médias Jimmy Lai renforcerait la démocratie, selon son fils

S’il mourait en prison, le magnat des médias pro-démocratie de Hong Kong, Jimmy Lai, deviendrait un porte-parole plus puissant encore de la liberté, selon son fils Sebastien Lai, interrogé par l’AFP lors d’un passage à Washington.”C’est horrible pour moi de dire cela, mais si mon père mourait en prison, il deviendrait en réalité un symbole encore plus fort pour la liberté, un martyr de ses convictions”, a estimé Sebastien Lai, en visite à Washington pour rencontrer des responsables et parlementaires américains et réclamer une plus forte pression internationale sur Pékin.Accusé de sédition et de collusion avec des forces étrangères lors des manifestations prodémocratie de 2019 dont il a été une figure clé, Jimmy Lai, 77 ans, est emprisonné depuis décembre 2020. Jugé pour atteinte à la sécurité nationale lors d’un procès fleuve entamé en décembre 2023, il encourt une peine pouvant aller jusqu’à la perpétuité.Il a plaidé non coupable. Le jugement, mis en délibéré, sera annoncé “en temps utile”, a indiqué fin août une juge du tribunal de Hong Kong.Selon Sebastien Lai, la libération de son père serait dans l’intérêt même des autorités chinoises. “Comme on l’a vu avec beaucoup de dissidents, une fois libérés, ils perdent une grande partie de leur supposé pouvoir”, a-t-il fait remarquer.Fondateur du journal prodémocratie Apple Daily, aujourd’hui interdit, Jimmy Lai est accusé d’avoir demandé à des gouvernements occidentaux qu’ils imposent des sanctions à la Chine et à sa région administrative spéciale de Hong Kong, après la répression du mouvement pro-démocratie.Il est également accusé d’avoir produit des articles et contenus séditieux, notamment dans des éditoriaux signés de son nom.Ces deux infractions sont sévèrement réprimées par la loi. La première en vertu de celle sur la sécurité nationale, adoptée après les manifestations parfois violentes de 2019 dans l’ex-colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997. L’autre selon une loi datant de l’ère coloniale.La santé du militant s’est nettement détériorée en prison. Diabétique, il souffre d’insuffisance cardiaque et ne reçoit que des soins médicaux limités. Il a été maintenu à l’isolement dans une cellule étouffante, sans climatisation.Pour Sebastien Lai, les pays occidentaux comme la France devraient convaincre la Chine qu’il y aurait “des conséquences très concrètes” pour Hong Kong si son père devait mourir en prison.Il a salué le soutien de l’Allemagne et du Royaume-Uni, où il réside aujourd’hui et dont son père Jimmy a acquis la nationalité en 1994. “On ne peut pas vraiment faire beaucoup plus que de donner la citoyenneté à quelqu’un”, a-t-il fait valoir.   Quant au président américain Donald Trump, il a promis pendant sa campagne de “sortir de là” le militant hongkongais.”Je vais faire tout ce que je peux pour le sauver”, a réaffirmé le président américain le 14 août sur Fox News, précisant avoir mentionné le dossier auprès du numéro un chinois Xi Jinping.