AFP World

Népal: l’armée contrôle Katmandou et ouvre les discussions sur l’avenir du pays

L’armée népalaise a repris mercredi le contrôle de la capitale Katmandou après deux jours d’émeutes, les plus violentes en vingt ans, qui ont contraint le Premier ministre à la démission et ouvert les discussions sur l’avenir politique du pays.Les troubles ont débuté lundi, lorsque la police a brutalement réprimé des manifestations dénonçant le blocage des réseaux sociaux et la corruption des élites, faisant au moins 19 morts et plusieurs centaines de blessés dans le pays.Malgré le rétablissement de Facebook, X et YouTube, la promesse d’une enquête sur les violences policières et le départ de M. Oli, des manifestants réunis sous une bannière “Génération Z” ont mis a sac mardi bâtiments publics, résidences de dirigeants et autres symboles du pouvoir.Le Parlement a été incendié, ainsi que le domicile du Premier ministre démissionnaire.Mercredi, le chef d’état-major de l’armée, le général Ashok Raj Sigdel, a entamé des entretiens avec diverses personnalités, dont des représentants des manifestants, a annoncé à l’AFP un porte-parole de l’armée, Rajaram Basnet.”Le chef de l’armée a entamé des entretiens avec différentes parties et rencontré des représentants de GenZ”, a-t-il déclaré, sans donner d’autres détails ni citer le moindre nom.Dès mardi, le général Sigdel avait exhorté “tous les groupes impliqués dans les manifestations à revenir au calme et à engager un dialogue”.Le président népalais, Ramchandra Paudel, a lui aussi exhorté “tout le monde, y compris les manifestants, à coopérer pour une résolution pacifique de la situation difficile du pays”.- “Soyez prêts” -“Les parties prenantes doivent se réunir pour trouver une issue à la crise. Le Parlement reste”, a commenté pour l’AFP Shushila Karki, l’ancienne cheffe de la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays.Le nom de cette magistrate, âgée de 73 ans, est cité pour diriger la transition qui s’annonce.Le maire de Katmandou depuis 2022, l’ancien ingénieur et rappeur Balendra Shah, 35 ans, est également présenté comme une des personnalités appelées à un avenir national.”Soyez prêts (…) à prendre les rênes du pays”, a lancé sur Facebook l’élu, présenté comme une figure incontournable de la transition qui s’annonce.Revenu au pouvoir en 2024, KP Sharma Oli a expliqué qu’il démissionnait “afin que des mesures puissent être prises en vue d’une solution politique”.Agé de 73 ans, le chef du Parti communiste népalais, qui a dirigé quatre fois le gouvernement depuis 2015, incarne cette élite de dirigeants dont la jeunesse du pays, privée d’emploi et lassée de la corruption, exige le départ.Sur le terrain, l’armée a fait strictement respecter mercredi le couvre-feu imposé jusqu’à nouvel ordre pour ramener le calme dans une capitale à l’arrêt, entreprises, écoles et commerces fermés.Soldats en armes, chars et véhicules blindés ont été déployés dans les rues encombrées des carcasses de véhicules incendiés et des débris des barrages dressés la veille, au milieu des bâtiments et magasins livrés à la vindicte des manifestants.- Reprise des vols -“Le vandalisme n’a jamais été une bonne solution pour régler les problèmes”, a confié à l’AFP un policier à la retraite, Kumar Khatiwada, 60 ans, attablé devant un thé avec des amis.”Mais c’est le résultat des fautes de nos dirigeants”, a-t-il ajouté. “Ces incompétents ont interdit les réseaux sociaux pour cacher leur corruption qui était exposée sur internet”.Vingt-quatre heures après les scènes de chaos observées dans Katmandou, la police a indiqué que trois de ses agents avaient été tués. Plus de 13.500 détenus ont également profité des violences qui ont enflammé le pays pour s’évader des prisons, a annoncé à l’AFP un porte-parole de la police, Binod Ghimire.L’état-major de l’armée a une nouvelle fois averti mercredi qu’il réprimerait sans hésiter “manifestation, acte de vandalisme, pillage ou incendie et attaque visant les personnes et les biens”.L’armée a annoncé avoir arrêté 27 personnes dans la capitale et saisi 23 armes à feu.Fermé au trafic depuis mardi, l’aéroport de Katmandou a rouvert ses portes aux passagers en fin d’après-midi, a constaté un journaliste de l’AFP. Selon l’Autorité népalaise de l’aviation civile.Décollages et atterrissages devaient progressivement y reprendre “dans la journée”. 

La Pologne et l’Otan ont intercepté des drones, les Occidentaux accusent la Russie

La Pologne, épaulée par l’Otan, a intercepté dans la nuit de mardi à mercredi des drones ayant fait irruption sur son territoire, une nouvelle escalade dans le conflit larvé entre la Russie et les Occidentaux sur fond de guerre en Ukraine.Lors de l’attaque nocturne menée contre le territoire ukrainien “il n’y avait aucune intention d’attaquer des cibles” sur le sol polonais, a répondu mercredi le ministère russe de la Défense à Varsovie et ses alliés qui accusent Moscou d’avoir délibérément envoyé ces appareils dans l’espace aérien de la Pologne.La diplomatie russe a enfoncé le clou en reprochant à la Pologne de vouloir “aggraver” la situation sur le territoire ukrainien, tandis que l’ambassade de Russie en Pologne arguait que les autorités polonaises n’avaient pas fourni de “preuves” que ces drones étaient russes. “Nous n’avons aucun doute que ce n’était pas un fait accidentel”, a en revanche lancé le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski, qui a dénoncé “un cas d’attaque sans précédent, non seulement sur le territoire de la Pologne mais aussi sur celui de l’Otan et de l’Union européenne”.Le chancelier allemand Friedrich Merz a également évoqué une “action agressive” de la Russie, son ministre de la Défense Boris Pistorius parlant d’une nouvelle “provocation des forces armées russes”. “Cela montre encore une fois (…) à quel point nous sommes testés par la Russie”, a renchéri un porte-parole du gouvernement allemand, Sebastian Hille.La Maison Blanche a de son côté fait savoir que le président Donald Trump devait s’entretenir mercredi de cet incident avec son homologue polonais Karol Nawrocki.”Nous soutenons nos alliés de l’Otan face à ces violations de l’espace aérien et défendrons chaque centimètre du territoire” de l’Alliance, a en attendant promis l’ambassadeur américain auprès de cette organisation Matthew Whitaker.- Réunion à l’Otan -Le Conseil de l’Atlantique Nord, le principal organe de décision politique de l’Alliance, a modifié le même jour le format de sa réunion hebdomadaire pour la tenir dans le cadre de l’article 4 du traité constitutif de cette organisation, dont Varsovie a demandé l’activation. Celui-ci stipule que “les parties se consulteront chaque fois que, de l’avis de l’une d’elles, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de l’une des parties sera menacée”. “De nombreux drones ont pénétré dans l’espace aérien polonais pendant la nuit et ont été confrontés aux défenses antiaériennes polonaises et de l’Otan”, selon sa porte-parole Allison Hart.L’Alliance a été “très efficace” pour contrer cette “dangereuse” intrusion, “intentionnelle ou non”, s’est à cet égard félicité son secrétaire général Mark Rutte avant d’avertir Moscou que “nous défendrons chaque centimètre du territoire de l’Otan”.C’est d’ailleurs “la première fois que des avions de l’Otan ont affronté des menaces potentielles dans l’espace aérien allié”, a souligné un porte-parole du Shape, le quartier général des forces de cette organisation en Europe.”Dix-neuf violations ont été identifiées” et “nous avons actuellement confirmé que trois drones avaient été abattus”, a dit le Premier ministre Donald Tusk devant le Parlement polonais.Ni les drones ni leur destruction n’ont apparemment fait de victimes, a-t-il souligné au sujet de cette “action russe”.Sept drones et les débris d’un projectile encore indéterminé ont été retrouvés, a révélé le ministère polonais de l’Intérieur, qui a signalé qu’une maison et une voiture avaient été endommagées dans l’est de la Pologne.- “Sans précédent” -Ces intrusions sont survenues à la veille de grandes manoeuvres militaires communes russo-bélarusses, baptisées Zapad-2025 (Ouest-2025), programmées du 12 au 16 septembre, avec la participation de 30.000 soldats au total et qui ont conduit la Pologne à fermer sa frontière avec le Bélarus à partir de jeudi. Le Bélarus, une ancienne république soviétique et un allié clé de la Russie qui s’est servie de son territoire pour déclencher son offensive contre l’Ukraine en février 2022, a à ce sujet affirmé mercredi avoir lui aussi abattu des drones au-dessus de son territoire dans la nuit, sans en préciser la provenance. D’après son ministère de la Défense, ces aéronefs, dont il n’a pas révélé s’ils étaient russes ou ukrainiens, avaient “perdu leur trajectoire”. Evoquant un “ciblage délibéré”, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé qu’au moins huit drones russes avaient été “dirigés vers la Pologne”. Simultanément, la Russie a envoyé 458 drones et missiles contre l’Ukraine, selon l’armée ukrainienne.”L’Ukraine propose depuis longtemps à ses partenaires la création d’un système commun de défense antiaérienne afin de garantir la destruction” de ces engins, a expliqué M. Zelensky.La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a dénoncé “la violation la plus grave de l’espace aérien européen par la Russie depuis le début de la guerre”. “Je pense que ce que (Vladimir) Poutine veut montrer, ce qu’il veut vraiment faire, c’est tester jusqu’où il peut aller”, a-t-elle encore dit.En août, Varsovie avait adressé à Moscou une note de protestation après la chute et l’explosion d’un drone dans l’est de la Pologne. En 2023, un missile russe avait traversé l’espace aérien polonais en survolant sa frontière avec l’Ukraine.

La Pologne et l’Otan ont intercepté des drones, les Occidentaux accusent la Russie

La Pologne, épaulée par l’Otan, a intercepté dans la nuit de mardi à mercredi des drones ayant fait irruption sur son territoire, une nouvelle escalade dans le conflit larvé entre la Russie et les Occidentaux sur fond de guerre en Ukraine.Lors de l’attaque nocturne menée contre le territoire ukrainien “il n’y avait aucune intention d’attaquer des cibles” sur le sol polonais, a répondu mercredi le ministère russe de la Défense à Varsovie et ses alliés qui accusent Moscou d’avoir délibérément envoyé ces appareils dans l’espace aérien de la Pologne.La diplomatie russe a enfoncé le clou en reprochant à la Pologne de vouloir “aggraver” la situation sur le territoire ukrainien, tandis que l’ambassade de Russie en Pologne arguait que les autorités polonaises n’avaient pas fourni de “preuves” que ces drones étaient russes. “Nous n’avons aucun doute que ce n’était pas un fait accidentel”, a en revanche lancé le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski, qui a dénoncé “un cas d’attaque sans précédent, non seulement sur le territoire de la Pologne mais aussi sur celui de l’Otan et de l’Union européenne”.Le chancelier allemand Friedrich Merz a également évoqué une “action agressive” de la Russie, son ministre de la Défense Boris Pistorius parlant d’une nouvelle “provocation des forces armées russes”. “Cela montre encore une fois (…) à quel point nous sommes testés par la Russie”, a renchéri un porte-parole du gouvernement allemand, Sebastian Hille.La Maison Blanche a de son côté fait savoir que le président Donald Trump devait s’entretenir mercredi de cet incident avec son homologue polonais Karol Nawrocki.”Nous soutenons nos alliés de l’Otan face à ces violations de l’espace aérien et défendrons chaque centimètre du territoire” de l’Alliance, a en attendant promis l’ambassadeur américain auprès de cette organisation Matthew Whitaker.- Réunion à l’Otan -Le Conseil de l’Atlantique Nord, le principal organe de décision politique de l’Alliance, a modifié le même jour le format de sa réunion hebdomadaire pour la tenir dans le cadre de l’article 4 du traité constitutif de cette organisation, dont Varsovie a demandé l’activation. Celui-ci stipule que “les parties se consulteront chaque fois que, de l’avis de l’une d’elles, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de l’une des parties sera menacée”. “De nombreux drones ont pénétré dans l’espace aérien polonais pendant la nuit et ont été confrontés aux défenses antiaériennes polonaises et de l’Otan”, selon sa porte-parole Allison Hart.L’Alliance a été “très efficace” pour contrer cette “dangereuse” intrusion, “intentionnelle ou non”, s’est à cet égard félicité son secrétaire général Mark Rutte avant d’avertir Moscou que “nous défendrons chaque centimètre du territoire de l’Otan”.C’est d’ailleurs “la première fois que des avions de l’Otan ont affronté des menaces potentielles dans l’espace aérien allié”, a souligné un porte-parole du Shape, le quartier général des forces de cette organisation en Europe.”Dix-neuf violations ont été identifiées” et “nous avons actuellement confirmé que trois drones avaient été abattus”, a dit le Premier ministre Donald Tusk devant le Parlement polonais.Ni les drones ni leur destruction n’ont apparemment fait de victimes, a-t-il souligné au sujet de cette “action russe”.Sept drones et les débris d’un projectile encore indéterminé ont été retrouvés, a révélé le ministère polonais de l’Intérieur, qui a signalé qu’une maison et une voiture avaient été endommagées dans l’est de la Pologne.- “Sans précédent” -Ces intrusions sont survenues à la veille de grandes manoeuvres militaires communes russo-bélarusses, baptisées Zapad-2025 (Ouest-2025), programmées du 12 au 16 septembre, avec la participation de 30.000 soldats au total et qui ont conduit la Pologne à fermer sa frontière avec le Bélarus à partir de jeudi. Le Bélarus, une ancienne république soviétique et un allié clé de la Russie qui s’est servie de son territoire pour déclencher son offensive contre l’Ukraine en février 2022, a à ce sujet affirmé mercredi avoir lui aussi abattu des drones au-dessus de son territoire dans la nuit, sans en préciser la provenance. D’après son ministère de la Défense, ces aéronefs, dont il n’a pas révélé s’ils étaient russes ou ukrainiens, avaient “perdu leur trajectoire”. Evoquant un “ciblage délibéré”, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé qu’au moins huit drones russes avaient été “dirigés vers la Pologne”. Simultanément, la Russie a envoyé 458 drones et missiles contre l’Ukraine, selon l’armée ukrainienne.”L’Ukraine propose depuis longtemps à ses partenaires la création d’un système commun de défense antiaérienne afin de garantir la destruction” de ces engins, a expliqué M. Zelensky.La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a dénoncé “la violation la plus grave de l’espace aérien européen par la Russie depuis le début de la guerre”. “Je pense que ce que (Vladimir) Poutine veut montrer, ce qu’il veut vraiment faire, c’est tester jusqu’où il peut aller”, a-t-elle encore dit.En août, Varsovie avait adressé à Moscou une note de protestation après la chute et l’explosion d’un drone dans l’est de la Pologne. En 2023, un missile russe avait traversé l’espace aérien polonais en survolant sa frontière avec l’Ukraine.

“Bloquons tout”: des manifestants par milliers, des tensions mais pas de paralysie

Pas de pays à l’arrêt mais la France connaît un 10 septembre sous tensions avec des centaines de blocages ou de tentatives, contrées par des forces de l’ordre en nombre, et des dizaines de milliers de manifestants contre l’austérité budgétaire, les inégalités et un “déni” démocratique.Après les actions et rassemblements de la matinée – 430 actions ayant regroupé jusqu’à 29.000 participants selon les autorités -, plusieurs manifestations se sont déroulées dans l’après-midi dans le cadre de cet appel à la mobilisation atypique, né sur les messageries et les réseaux sociaux et aux revendications très variées.A Paris, ils sont encore des milliers place de la République et place des Fêtes en milieu d’après-midi, ont constaté des journalistes de l’AFP. “Je voudrais qu’il y ait une meilleure répartition de l’argent et aussi que les politiques donnent une meilleure image, surtout sur leurs dépenses qui semblent parfois indécentes”, a expliqué à La Rochelle Christian, 59 ans et travailleur dans le service enfance-jeunesse d’une collectivité locale.Outre le volet social, les manifestants pointaient également un déni démocratique: “Les politiques n’écoutent pas les urnes”, a déploré Bastien, étudiant de 23 ans, qui a défilé à Rennes au milieu de 10.400 personnes, selon la préfecture.Les manifestants étaient 6.000 à Bordeaux, un chiffre plutôt conséquent pour cette ville, 5.000 à Brest, 4.900 à Strasbourg, 2.200 à Lorient, 2.000 à Orléans, selon les préfectures.- Immeuble en flammes -A Paris, des rassemblements et tentatives de blocages ont été recensés dans différents points de la capitale, ponctués de face à face parfois tendus avec les forces de l’ordre, avant que les manifestants ne convergent vers Châtelet et la République. Dans le centre de la capitale, un incendie a endommagé la façade d’un immeuble, peut-être provoqué involontairement par une intervention policière, selon le parquet. Cette mobilisation, lancée par des citoyens sur les réseaux sociaux et qui rappelle le mouvement des “Gilets jaunes” il y a sept ans, survient au lendemain de la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon.”Je n’en attends rien: c’est le même bord politique, la succession”, a déploré à Nantes, Mahault, une éducatrice spécialisée de 52 ans en grève.”La nomination de Sébastien Lecornu est un mauvais signal qui risque de reproduire les mêmes causes produisant les mêmes effet (et) conduire à une nouvelle dissolution”, a redouté en manifestation la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian. M. Lecornu a lui promis “des ruptures sur le fond” et “pas que sur la forme”.   Quelques incidents ont émaillé sporadiquement les rassemblements comme sur la rocade de Rennes où un bus a été saccagé et incendié par des manifestants, a rapporté Star, le réseau de transports en commun de la ville.A Toulouse, une confrontation a éclaté entre de jeunes manifestants, parfois équipés de masques à gaz, lunettes de ski ou de natation, et les forces de l’ordre.- Centre commercial fermé -En milieu d’après-midi, 203 personnes avaient été interpellées en agglomération parisienne. Au niveau national, le ministère de l’Intérieur a fait état de 295 interpellations à 13H00. Dans un communiqué, le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin, a regretté “depuis ce matin d’apparents actes de brutalité commis des forces de l’ordre contre les journalistes qui couvrent les mouvements sociaux” et invité les journalistes “violentés” à se faire connaître.En raison de “mesures de sécurité demandées par la préfecture de police”, aucun métro ni train ne marquait l’arrêt dans les stations de Châtelet-les-Halles, et son centre commercial – le plus fréquenté d’Europe selon la direction du site – a fermé ses portes après des appels aux pillages sur les réseaux sociaux.Côté transports, la circulation des trains a été coupée par des occupations de voies à Cherbourg et Valence, selon la SNCF. A Paris et en Ile-de-France, les transports en commun connaissent quelques perturbations. Au musée du Louvre à Paris, seules quelques salles étaient ouvertes tandis que le musée d’Orsay restait lui complètement fermé.Une centaine de lycées étaient perturbés et 27 bloqués, selon le ministère de l’Education nationale, notamment à Paris, à Montpellier, Rennes et Lille. Des mobilisations étudiantes ont été recensées dans plusieurs villes.Après cette première journée de mobilisations citoyennes, soutenue seulement par la CGT et FO, l’intersyndicale appelle à son tour les salariés à la grève le 18 septembre.

Climat: une étude lie producteurs d’énergies fossiles et augmentation des canicules

Le changement climatique a rendu les vagues de chaleur de ces deux dernières décennies plus probables et plus intenses, et les producteurs d’énergies fossiles et de ciment ont “significativement” contribué à cette tendance, conclut une étude publiée mercredi dans Nature.Ses auteurs, une équipe internationale, ont innové en se penchant sur une série de 213 canicules dans le monde durant la période 2000-2023.Ils ont aussi voulu s’intéresser plus particulièrement au rôle des grandes entreprises de production d’énergies fossiles et de ciment, émettrices de gaz à effet de serre.Les études d’attribution consistent généralement à mesurer le degré d’influence du changement climatique sur un événement météorologique extrême particulier. La singularité de cette étude est de passer en revue plusieurs épisodes.- “Plus intenses et probables” -“Cet article montre que le changement climatique a rendu plus de 200 vagues de chaleur plus intenses et plus probables, et que cette influence augmente”, explique à l’AFP Yann Quilcaille, de l’ETH Zurich, auteur principal de l’étude. “Ensuite, nous montrons que les émissions associées aux plus gros producteurs d’énergies fossiles et de ciment contribuent significativement aux vagues de chaleur”, souligne-t-il.Le changement climatique d’origine humaine a non seulement rendu les canicules plus probables mais, pour un quart d’entre elles (55 sur 213), cette probabilité a été augmentée d’au moins 10.000 fois. Autrement dit, elles auraient été quasiment impossibles sans le réchauffement du climat.L’influence de ce changement du climat se renforce fortement avec le temps: il a rendu les canicules 20 fois plus probables entre 2000 et 2009, et 200 fois plus probables entre 2010 et 2019. Les scientifiques ont ensuite voulu comprendre le rôle des 180 plus grosses entreprises productrices d’énergies fossiles et de ciment dans cette tendance. Pour leurs calculs, ils ont pris en compte toute la chaîne de valeur des entreprises et l’utilisation par les clients des produits qu’elles  commercialisent. Ils ont par exemple attribué à chaque groupe pétrolier les émissions associées à l’essence qu’il a vendue, lorsqu’elle a ensuite été utilisée dans les voitures.  – Litiges en plein essor -Résultat: les émissions liées à ces grandes entreprises ont contribué pour moitié à l’augmentation de l’intensité des canicules par rapport à l’ère pré-industrielle et ont aussi augmenté leur probabilité.Le rôle des 14 plus grosses “majors” (dont Saudi Aramco, Gazprom, Chevron ou BP) apparaît comme très important, pesant autant que les 166 autres entreprises étudiées, dont le rôle n’est pas négligeable pour autant.”Chaque producteur peut être suffisant à lui seul pour rendre possible des vagues de chaleur qui auraient été quasiment impossibles sans changement climatique”, souligne Yann Quilcaille.Pascal Yiou, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), qui n’a pas participé à l’étude, y voit “un résumé de l’état de l’art actuel sur l’attribution des vagues de chaleur”, relativisant auprès de l’AFP sa dimension innovante.Karsten Haustein, de l’université de Leipzig, juge pour sa part, dans un commentaire publié par Nature, qu’il s’agit d’un “bond en avant” qui peut être utile pour la justice et la diplomatie climatiques. Les auteurs concluent que l’étude pourrait “renforcer” le rôle de la science de l’attribution devant les tribunaux, alors que le nombre de litiges augmente.Dans un dossier emblématique, un paysan péruvien avait par exemple poursuivi l’énergéticien allemand RWE, l’accusant d’être indirectement responsable de la fonte d’un glacier proche de sa maison. La justice allemande a reconnu fin mai le principe d’une responsabilité mondiale des énergéticiens dans les dommages liés au changement climatique.Ces poursuites “visant des entreprises sont en plein essor, avec des procès contre RWE, Exxon, Shell, Chevron, Holcim, etc. Ces procès se basent souvent sur des résultats scientifiques dépassés, sans les derniers progrès, mais c’est en train de changer”, juge Yann Quilcaille.”Le but de notre (étude) est scientifique” mais “nous sommes conscients de son potentiel” pour éclairer ces dossiers, indique le chercheur.

Lecornu promet des “ruptures” en arrivant à Matignon

Des “ruptures” dans “la méthode” mais aussi sur “le fond”: le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu a lancé un message aux Français et aux oppositions lors de sa prise de fonction à Matignon pour trouver un compromis permettant la formation d’un gouvernement et l’adoption d’un budget.”Il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond”, a déclaré M. Lecornu depuis le perron de Matignon lors d’une brève déclaration après la passation de pouvoirs avec François Bayrou, renversé lundi soir par les députés.Il s’est ensuite attardé pour saluer les invités et les ministres démissionnaires présents.Pour la traduction concrète de ces “ruptures”, M. Lecornu a indiqué qu’il s’exprimerait prochainement, après avoir lancé mercredi après-midi des consultations politiques puis syndicales.La passation de pouvoir dans la cour de Matignon a eu lieu le jour même d’une mobilisation pour “bloquer” le pays, symbolisée sur les chaînes d’informations par les écrans divisés en deux, montrant à la fois le tapis rouge ministériel et les tensions dans les rues.Sans y faire référence directement, M. Lecornu a dit se fixer comme objectif de mettre fin “au décalage entre la vie politique du pays et la vie réelle” qui devient “préoccupant”.Privé de majorité à l’Assemblée, il a promis d’être “plus créatif”, “plus sérieux dans la manière de travailler avec nos oppositions”. “On va y arriver (…), il n’y a pas de chemin impossible”, a-t-il plaidé. Quelques instants plus tôt, François Bayrou l’avait assuré que son “aide” lui était “acquise à tout instant”.- Des consultations…Troisième chef du gouvernement nommé depuis la dissolution de l’Assemblée, cinquième depuis le début du second quinquennat Macron, Sébastien Lecornu, 39 ans, est peu connu des Français malgré son long mandat aux Armées depuis 2022.Première tâche confiée par le président à ce fidèle compagnon venu de la droite, ministre de tous ses gouvernements depuis 2017: “consulter” les forces politiques en vue de trouver des “accords” pour préserver la “stabilité institutionnelle” du pays, alors qu’il ne dispose à l’Assemblée nationale d’aucune majorité.Il a reçu dès 14H30 un prédécesseur devenu président du parti présidentiel Renaissance Gabriel Attal, qu’il a raccompagné jusqu’à sa voiture garée dans la cour de Matignon.Le patron des Républicains, ancien parti de M. Lecornu, Bruno Retailleau, également ministre de l’Intérieur démissionnaire, est arrivé à son tour à 15H30 avec le chef de file des députés LR Laurent Wauquiez et son homologue du Sénat Mathieu Darnaud. Edouard Philippe, président d’Horizons, sera reçu à 17H30.Concernant les oppositions, le PS, les écologistes et le PCF ont été contactés par Matignon pour être conviés dans un second temps. La France insoumise, qui réclame le départ d’Emmanuel Macron, compte d’ailleurs déposer une motion de censure spontanée dès la reprise de la session parlementaire, si Sébastien Lecornu ne demande pas la confiance.Enfin, au Rassemblement national, on assure qu’une invitation devrait parvenir prochainement. “Soit il y a rupture, soit il y aura censure”, a grondé le président du RN Jordan Bardella depuis le Parlement européen, en prédisant un “bail très précaire” au Premier ministre.La mission de Sébastien Lecornu, qui arrive auréolé d’une réputation d’habile négociateur, est à haut risque dans un paysage politique éclaté et au vu des réactions très fraîches voire hostiles des oppositions à l’annonce de sa nomination.-… pour quelles concessions ? -Pour tenir, le futur gouvernement devra obtenir a minima une non-censure du PS, indispensable pour doter la France d’un budget pour 2026, dont la préparation vient de faire tomber le gouvernement sortant qui avait présenté un effort de 44 milliards d’euros.Mais “sans justice fiscale, sociale, écologique, sans mesure pour le pouvoir d’achat, sans mise à contribution des très gros patrimoines, les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets”, à savoir la censure, a prévenu le patron des députés socialistes Boris Vallaud sur RTL.Selon un interlocuteur régulier de M. Macron, le président pourrait cette fois accepter de réelles concessions aux socialistes, par exemple sur la taxation des plus riches, jusqu’ici un tabou pour lui.Comme preuve de “changement de méthode”, le patron du PS Olivier Faure a demandé mercredi qu’il s’engage à ne pas recourir à l’article 49.3 de la Constitution, utilisé pour faire adopter sans vote tous les budgets depuis 2022. 

Migrants: trois morts et trois disparus dans deux drames distincts dans la Manche

“Une nuit comme on n’en avait pas vécu depuis plusieurs mois”: trois migrants sont morts et trois autres ont “vraisemblablement” disparu lors de deux tentatives distinctes de traversée de la Manche entre mardi et mercredi, selon un bilan toujours provisoire.Tôt mercredi matin, le remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage Abeille Normandie a ramené au port …

Migrants: trois morts et trois disparus dans deux drames distincts dans la Manche Read More »

Migrants: trois morts et trois disparus dans deux drames distincts dans la Manche

“Une nuit comme on n’en avait pas vécu depuis plusieurs mois”: trois migrants sont morts et trois autres ont “vraisemblablement” disparu lors de deux tentatives distinctes de traversée de la Manche entre mardi et mercredi, selon un bilan toujours provisoire.Tôt mercredi matin, le remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage Abeille Normandie a ramené au port de Boulogne-sur-Mer un groupe de 44 migrants, dont trois personnes inanimées, déclarées décédées peu après.Ces trois victimes ont “vraisemblablement” été “écrasées au fond” d’une embarcation partie de Sangatte, près de Calais, a déclaré le préfet du Pas-de-Calais Laurent Touvet lors d’un point presse à Boulogne-sur-Mer.Selon les premiers éléments à sa disposition, deux des personnes décédées seraient originaire de l’Asie du sud-est et la troisième “serait plutôt égyptienne, et ce sont des personnes jeunes (…) peut-être deux mineurs”. Il s’agirait d’une femme et de deux hommes, a ajouté M. Touvet.Trois autres personnes qui étaient à bord de la même embarcation ont été hospitalisées à Boulogne-sur-Mer, et les 38 autres personnes secourues ont été débarquées dans la même ville.Malgré ce drame, l’embarcation a poursuivi sa route, 28 autres de ses occupants ayant “refusé l’assistance proposée” par les moyens français, selon un communiqué de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar) diffusé ultérieurement.- Recherches en cours -Lors d’un autre incident mardi soir, trois personnes ont “vraisemblablement” disparu en mer lors du départ chaotique d’une autre embarcation près de Neufchâtel-Hardelot, au sud de Boulogne-sur-Mer, toujours selon le préfet.”Une personne a pu être réanimée par les gendarmes alors qu’elle était en train de se noyer”, mais “un peu plus tard, on a entendu des cris dans la mer de personnes plus éloignées”, selon M. Touvet.Les recherches menées par des moyens nautiques et aériens n’ont pas permis “de nouvelle détection de naufragé”, selon le communiqué de la Prémar. Mais des opérations de recherches étaient “toujours en cours” mercredi après-midi, a précisé un porte-parole de la Prémar à l’AFP.Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes sur ces deux affaires, a déclaré à l’AFP la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier. Dans celle de Neufchâtel-Hardelot, quatre naufragés doivent être entendus, dont la personne ayant été sauvée de la noyade, a-t-elle précisé.Cela porte à au moins 23 le nombre de décès survenus lors de tentatives de traversées clandestines de la frontière franco-britannique depuis le début de l’année, selon un comptage de l’AFP à partir de données françaises officielles.- Bateau surchargé record -C’est “une nuit comme on n’en avait pas vécu depuis plusieurs mois”, a résumé M. Touvet.”Le bilan aurait pu être beaucoup, beaucoup plus lourd” a-t-il toutefois souligné: un troisième bateau en difficulté a été secouru avec 115 personnes à bord, probablement un “record” pour une embarcation clandestine dans la région, selon le préfet.Cette embarcation partie de Dieppe comptait même 125 passagers initialement, dix ayant été secourus à bord quelques heures plus tôt, selon la Prémar.Ces traversées périlleuses se font avec des canots pneumatiques de quelques mètres de long surnommés “small boats”, souvent surchargés et dont peu de passagers ont des gilets de sauvetage.Plus de 30.000 personnes sont arrivées de la sorte sur les côtes anglaises depuis janvier selon le ministère de l’Intérieur britannique, un chiffre record à ce stade de l’année. La seule journée de samedi a vu 17 embarcations et plus de 1.000 migrants réussir la traversée, toujours selon les autorités britanniques.Mardi, une femme migrante a été déclarée décédée sur le rivage britannique à l’issue d’une tentative de traversée.Depuis son élection en juillet 2024, le gouvernement du travailliste Keir Starmer a multiplié les initiatives pour tenter de limiter les arrivées au Royaume-Uni, mais il peine à endiguer ce phénomène.Sa nouvelle ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, nommée vendredi, a promis que des expulsions de migrants vers la France, prévues dans le cadre d’un accord bilatéral entré en vigueur en août et censé avoir un effet dissuasif sur les traversées clandestines, débuteront “de manière imminente”.Londres a assuré début août avoir commencé à placer en détention des migrants arrivés par “small boats” dans le cadre de cet accord aux contours encore flous, régulièrement dénoncé par les associations.

Migrants: trois morts et trois disparus dans deux drames distincts dans la Manche

“Une nuit comme on n’en avait pas vécu depuis plusieurs mois”: trois migrants sont morts et trois autres ont “vraisemblablement” disparu lors de deux tentatives distinctes de traversée de la Manche entre mardi et mercredi, selon un bilan toujours provisoire.Tôt mercredi matin, le remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage Abeille Normandie a ramené au port de Boulogne-sur-Mer un groupe de 44 migrants, dont trois personnes inanimées, déclarées décédées peu après.Ces trois victimes ont “vraisemblablement” été “écrasées au fond” d’une embarcation partie de Sangatte, près de Calais, a déclaré le préfet du Pas-de-Calais Laurent Touvet lors d’un point presse à Boulogne-sur-Mer.Selon les premiers éléments à sa disposition, deux des personnes décédées seraient originaire de l’Asie du sud-est et la troisième “serait plutôt égyptienne, et ce sont des personnes jeunes (…) peut-être deux mineurs”. Il s’agirait d’une femme et de deux hommes, a ajouté M. Touvet.Trois autres personnes qui étaient à bord de la même embarcation ont été hospitalisées à Boulogne-sur-Mer, et les 38 autres personnes secourues ont été débarquées dans la même ville.Malgré ce drame, l’embarcation a poursuivi sa route, 28 autres de ses occupants ayant “refusé l’assistance proposée” par les moyens français, selon un communiqué de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar) diffusé ultérieurement.- Recherches en cours -Lors d’un autre incident mardi soir, trois personnes ont “vraisemblablement” disparu en mer lors du départ chaotique d’une autre embarcation près de Neufchâtel-Hardelot, au sud de Boulogne-sur-Mer, toujours selon le préfet.”Une personne a pu être réanimée par les gendarmes alors qu’elle était en train de se noyer”, mais “un peu plus tard, on a entendu des cris dans la mer de personnes plus éloignées”, selon M. Touvet.Les recherches menées par des moyens nautiques et aériens n’ont pas permis “de nouvelle détection de naufragé”, selon le communiqué de la Prémar. Mais des opérations de recherches étaient “toujours en cours” mercredi après-midi, a précisé un porte-parole de la Prémar à l’AFP.Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes sur ces deux affaires, a déclaré à l’AFP la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier. Dans celle de Neufchâtel-Hardelot, quatre naufragés doivent être entendus, dont la personne ayant été sauvée de la noyade, a-t-elle précisé.Cela porte à au moins 23 le nombre de décès survenus lors de tentatives de traversées clandestines de la frontière franco-britannique depuis le début de l’année, selon un comptage de l’AFP à partir de données françaises officielles.- Bateau surchargé record -C’est “une nuit comme on n’en avait pas vécu depuis plusieurs mois”, a résumé M. Touvet.”Le bilan aurait pu être beaucoup, beaucoup plus lourd” a-t-il toutefois souligné: un troisième bateau en difficulté a été secouru avec 115 personnes à bord, probablement un “record” pour une embarcation clandestine dans la région, selon le préfet.Cette embarcation partie de Dieppe comptait même 125 passagers initialement, dix ayant été secourus à bord quelques heures plus tôt, selon la Prémar.Ces traversées périlleuses se font avec des canots pneumatiques de quelques mètres de long surnommés “small boats”, souvent surchargés et dont peu de passagers ont des gilets de sauvetage.Plus de 30.000 personnes sont arrivées de la sorte sur les côtes anglaises depuis janvier selon le ministère de l’Intérieur britannique, un chiffre record à ce stade de l’année. La seule journée de samedi a vu 17 embarcations et plus de 1.000 migrants réussir la traversée, toujours selon les autorités britanniques.Mardi, une femme migrante a été déclarée décédée sur le rivage britannique à l’issue d’une tentative de traversée.Depuis son élection en juillet 2024, le gouvernement du travailliste Keir Starmer a multiplié les initiatives pour tenter de limiter les arrivées au Royaume-Uni, mais il peine à endiguer ce phénomène.Sa nouvelle ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, nommée vendredi, a promis que des expulsions de migrants vers la France, prévues dans le cadre d’un accord bilatéral entré en vigueur en août et censé avoir un effet dissuasif sur les traversées clandestines, débuteront “de manière imminente”.Londres a assuré début août avoir commencé à placer en détention des migrants arrivés par “small boats” dans le cadre de cet accord aux contours encore flous, régulièrement dénoncé par les associations.

Von der Leyen appelle l’Europe à “se battre pour sa place” dans un monde “hostile”

L’Europe doit “se battre pour sa place” au milieu d’un monde “hostile” et d’une “tempête” géopolitique qui va durer, a martelé mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen devant les eurodéputés, affichant son soutien à la Pologne après l’interception de drones russes.La cheffe de l’exécutif européen a opté pour un ton résolument offensif à Strasbourg, dans un discours d’une heure et demie consacré à ses priorités politiques et à la nécessité de changements profonds face au “nouvel ordre mondial”.Elle a d’abord fustigé une “violation dangereuse” et sans précédent de l’espace aérien polonais par la Russie, après l’interception de drones entrés au cours d’une attaque russe contre l’Ukraine voisine.”L’Europe défendra chaque centimètre carré de son territoire”, a lancé la dirigeante allemande.Ursula von der Leyen a appelé le Vieux continent à muscler encore son effort de défense, afin de se doter “de moyens stratégiques indépendants”.En soutien à l’Ukraine, elle a indiqué que l’UE allait utiliser les intérêts des avoirs russes gelés pour accorder un nouveau “prêt de réparation” à Kiev, mais sans toucher directement à ces actifs eux-mêmes.Elle a également promis prochainement un sommet “pour le retour des enfants ukrainiens” enlevés par la Russie.L’UE prépare un 19e paquet de sanctions contre Moscou, qui pourrait aussi cibler certains pays achetant des hydrocarbures russes.- “Carcan de l’unanimité” -En matière diplomatique, Ursula von der Leyen était également très attendue sur le Moyen-Orient, au lendemain de raids israéliens au Qatar visant des responsables du mouvement islamiste palestinien Hamas.La gauche est arrivée vêtue de rouge dans l’hémicycle pour dénoncer la guerre à Gaza et l’inaction européenne.”Allons-nous attendre qu’il ne reste plus rien de Gaza pour agir ?”, s’est indigné le chef des écologistes Bas Eickhout.Ursula von der Leyen a haussé le ton contre le gouvernement israélien en proposant des sanctions contre les “ministres extrémistes” et “une suspension partielle de l’accord d’association (UE-Israël) sur les questions liées au commerce”.Israël a aussitôt reproché à la cheffe de l’exécutif européen d’envoyer “un mauvais message, qui renforce le Hamas”.Les mesures proposées mercredi seront toutefois très difficiles à faire adopter par des Etats membres profondément divisés sur le sujet.Au sein de l’UE, “nous ne pouvons pas nous permettre d’être paralysés”, a tenté de conjurer la présidente de la Commission.Au passage, elle a plaidé pour une réforme institutionnelle, un serpent de mer de l’Union européenne. Afin de surmonter ses divisions, l’UE devrait se débarrasser du “carcan de l’unanimité” en matière de politique étrangère et passer à la majorité qualifiée, a-t-elle soutenu.- “Imaginez le chaos” -Confrontée à la colère des eurodéputés, elle a ensuite défendu bec et ongles l’accord commercial scellé fin juillet avec les Etats-Unis de Donald Trump, une “stabilité cruciale” dans “le chaos” géopolitique actuel.La présidente de la Commission est critiquée de toutes parts pour cet accord sur les taxes douanières, vécu par beaucoup comme une “humiliation”.”Je comprends les premières réactions”, mais “pensez aux répercussions d’une guerre commerciale totale avec les États-Unis. Imaginez le chaos”, a-t-elle lancé aux parlementaires.Elle a aussi assuré que l’Europe resterait intransigeante sur sa législation environnementale et numérique, que Donald Trump a encore fustigée vendredi après que la Commission a infligé une lourde amende à Google.L’Europe “semble faible” et “nous sommes en train de perdre” le soutien des citoyens, a mis en garde la cheffe du groupe centriste Valérie Hayer, qui dénonce un “très mauvais deal” avec Trump.Les eurodéputés devront se prononcer dans les mois qui viennent sur la baisse des taxes européennes sur les produits américains. La droite votera pour, mais les centristes entretiennent le suspense et les sociaux-démocrates menacent de voter contre.A l’extrême droite, Jordan Bardella (Patriotes) a indiqué avoir recueilli les voix nécessaires pour déposer une motion de censure contre Mme von der Leyen, qui pourrait être débattue dans les semaines qui viennent. La gauche radicale entend faire de même de son côté.Mais ces deux initiatives sont vouées à l’échec, puisque la droite, les centristes et les sociaux-démocrates n’ont pas l’intention de renverser la patronne de l’exécutif européen.