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Les Sud-Coréens arrêtés aux Etats-Unis de retour dans leur pays

Plusieurs centaines de Sud-Coréens arrêtés la semaine dernière sur le chantier d’une usine de batteries par la police américaine de l’immigration ont été rapatriés dans leur pays dans un vol spécial vendredi, ont constaté des journalistes de l’AFP.L’arrestation le 4 septembre de 475 personnes, essentiellement des Sud-Coréens, travaillant sur un projet d’usine du groupe Hyundai-LG  dans l’Etat américain de Géorgie (est) a provoqué des tensions entre Washington et Séoul, de proches alliés aux relations commerciales étroites.Un Boeing 747-8I de Korean Air, avec plus de 310 Sud-Coréens à bord, qui avait décollé d’Atlanta, en Géorgie, a atterri à l’aéroport international d’Incheon, qui dessert la capitale Séoul, vers 15H25 locales (06H25 GMT).Le raid de la police de l’immigration (ICE) constituait l’opération la plus importante jamais réalisée sur un seul site dans le cadre de la campagne d’expulsion d’immigrés orchestrée par le président Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.Les salariés arrêtés ne disposaient probablement pas d’un visa les autorisant à effectuer des travaux de construction, selon des experts.Le président sud-coréen Lee Jae Myung a averti jeudi que le raid de l’immigration américaine était “déstabilisant” et pourrait avoir un effet dissuasif sur les investissements futurs, en particulier lors de l’évaluation de la faisabilité d’opérations directes aux Etats-Unis”.A l’aéroport d’Incheon, on pouvait voir personnes brandir une pancarte satirique représentant le président Trump en uniforme de l’ICE, armé d’un pistolet, avec l’inscription : “Nous sommes amis, n’est-ce pas?”.Un homme âgé, sans lien avec les salariés, a organisé une manifestation et tenait une pancarte où l’on pouvait lire : “Vous nous avez dit d’investir, seulement pour nous arrêter! Est-ce ainsi que vous traitez un allié?”- Main-d’oeuvre qualifiée -L’opération anti-immigration, au cours de laquelle les employés sud-coréens ont été enchaînés et menottés, a provoqué la stupéfaction dans la quatrième économie d’Asie. La Corée du Sud est un allié clé de Washington pour la sécurité dans le Pacifique qui a promis récemment d’investir 350 milliards de dollars aux Etats-Unis pour éviter des droits de douane américains très élevés sur ses exportations.La confédération KCTU réunissant les principaux syndicats sud-coréens a réclamé des excuses de Donald Trump, appelant Séoul à suspendre son plan d’investissements aux Etats-Unis.Le président américain avait finalement renoncé à expulser ces professionnels mais Séoul a décidé de les rapatrier car ils sont “en état de choc”, a précisé le chef de la diplomatie Cho Hyun.Ce dernier s’est rendu spécialement à Washington cette semaine pour négocier une sortie de crise, Séoul veillant en particulier à ce que les travailleurs ne subissent aucune répercussion s’ils souhaitaient retourner aux États-Unis.Ces arrestations mettent en évidence les contradictions de l’administration Trump, qui “fait venir des usines de production à grande échelle tout en négligeant de former les travailleurs locaux”, estime Kim Dae-jong, professeur de commerce à l’université de Sejong.Le président sud-coréen a expliqué que, pour les entreprises de son pays, les techniciens qualifiés étaient “essentiels” lors de l’installation des infrastructures, des équipements et des usines.”La main-d’oeuvre nécessaire n’existe tout simplement pas localement aux Etats-Unis,” a-t-il souligné.Selon des sources industrielles interrogées par l’AFP, il est courant de contourner les règles en matière de visas afin de faire venir cette main-d’œuvre et éviter les retards dans les projets.La construction de l’usine ciblée par le raid est, elle, désormais retardée de quelques mois, a indiqué Jose Munoz, le PDG de Hyundai. “Nous devons chercher des personnes pour reprendre ces postes. Pour la plupart, elles ne sont pas aux Etats-Unis”, a-t-il justifié.L’entreprise LG Energy Solution, dont 47 employés ont été arrêtés aux côtés de 250 personnes travaillant pour un sous-traitant, a de son côté promis d’apporter son soutien aux employés rapatriés, dans un communiqué à l’AFP.

La Chine annonce que son porte-avions dernier cri a transité par le détroit de Taïwan

La Chine a annoncé vendredi que le dernier né de ses porte-avions, le Fujian, avait transité par le détroit de Taïwan pour aller mener des tests en vue d’une future mise en service, qui renforcera considérablement ses capacités dans une zone ultra-sensible.Le Fujian “a transité récemment par le détroit de Taïwan en direction des eaux de la mer de Chine méridionale pour (aller) procéder à des tests de recherche scientifique et des missions d’entraînement”, a déclaré un porte-parole de la marine chinoise, le capitaine Leng Guowei, dans un communiqué publié sur le réseau social WeChat.C’est “une part normale du processus de construction d’un porte-avions et ne vise aucune cible spécifique”, a-t-il assuré.Pour Collin Koh, spécialiste des questions navales à la S. Rajaratnam School of International Studies (RSIS) à Singapour, il n’y a rien d’étonnant à ce que le Fujian franchisse le détroit, comme l’ont fait avant lui les autres porte-avions chinois.Cela “semble relever de la symbolique visant à montrer l’ascension de la Chine en tant que puissance militaire forte et, de surcroît, grande puissance maritime”, dit-il.Les autorités taïwanaises ont indiqué avoir surveillé les mouvements du bateau “pour apprécier pleinement la situation”, et avoir “réagi en conséquence”.Tous les mouvements à caractère militaire dans le détroit de Taïwan sont sensibles. La Chine considère Taïwan comme une de ses provinces. Elle soumet l’île, sous gouvernement démocratique, à une pression militaire, économique et diplomatique forte et refuse d’exclure le recours à la force pour en prendre le contrôle.La question taïwanaise est une des sources majeures de tension dans la région, théâtre de multiples querelles territoriales et d’une lutte d’influence entre grandes puissances.La marine japonaise a répéré jeudi le Fujian accompagné de deux destroyers et progressant en direction du sud-ouest à environ 200 km au nord-ouest des îles Senkaku, a indiqué le ministère japonais de la Défense dans un communiqué.Au nord-est de Taïwan, les îles Senkaku, Diaoyu pour la Chine, sont administrées par Tokyo mais revendiquées par Pékin.Les garde-côtes chinois ont rapporté avoir patrouillé vendredi dans les eaux de l’archipel, inhabité. – Calendrier toujours inconnu -La Chine dispose de deux porte-avions en service actif: le Liaoning, acheté à l’Ukraine en 2000, et le Shandong, premier porte-avions à avoir été construit en Chine, mis en service en 2019.Le Shandong a participé en avril à des manoeuvres militaires dans le détroit de Taïwan avec simulation de “blocus”, selon le Commandement du Théâtre oriental de l’armée chinoise.Le Fujian, qui tient son nom de la province chinoise située en face de Taïwan, est le plus grand navire jamais construit par la Chine. Il participe au renforcement des capacités chinoises de dissuasion et de projection en Asie-Pacifique, et plus globalement à la montée en puissance de l’armée chinoise dans un contexte de rivalité avec le système d’alliances régionales des Etats-Unis. La Chine assure que ses intentions sont pacifiques.Le Fujian a effectué ses premiers essais en mer en 2024.Il devrait être doté de systèmes de décollage plus avancés, permettant de déployer des avions transportant des charges utiles plus importantes et davantage de carburant, selon les analystes du groupe de réflexion CSIS à Washington.La Chine garde le secret sur la mise en service du Fujian. Les experts spéculent sur une date qui coïnciderait symboliquement avec un évènement historique pour le pays.Song Zhongping, un commentateur militaire chinois, pense que les principaux tests sont achevés et que “l’heure de la mise en service officielle approche”. Il en veut pour preuve qu’après avoir été testé en mer de Chine orientale et en mer Jaune, le bâtiment l’est à présent en mer de Chine méridionale, où “l’environnement est plus hostile et les conditions d’essai, par conséquent, plus exigeantes”.Un autre expert, Alex Luck, spécialiste du matériel naval, tempère cependant. Il peut s’agir aussi bien d’un essai que d’une préparation à la mise en service, dit-il. “Les deux options sont possibles, en fonction des étapes suivantes. Mais il est trop tôt pour se prononcer. On doit se contenter de ce qu’on voit pour l’instant”, insiste-t-il.

La Chine annonce que son porte-avions dernier cri a transité par le détroit de Taïwan

La Chine a annoncé vendredi que le dernier né de ses porte-avions, le Fujian, avait transité par le détroit de Taïwan pour aller mener des tests en vue d’une future mise en service, qui renforcera considérablement ses capacités dans une zone ultra-sensible.Le Fujian “a transité récemment par le détroit de Taïwan en direction des eaux de la mer de Chine méridionale pour (aller) procéder à des tests de recherche scientifique et des missions d’entraînement”, a déclaré un porte-parole de la marine chinoise, le capitaine Leng Guowei, dans un communiqué publié sur le réseau social WeChat.C’est “une part normale du processus de construction d’un porte-avions et ne vise aucune cible spécifique”, a-t-il assuré.Pour Collin Koh, spécialiste des questions navales à la S. Rajaratnam School of International Studies (RSIS) à Singapour, il n’y a rien d’étonnant à ce que le Fujian franchisse le détroit, comme l’ont fait avant lui les autres porte-avions chinois.Cela “semble relever de la symbolique visant à montrer l’ascension de la Chine en tant que puissance militaire forte et, de surcroît, grande puissance maritime”, dit-il.Les autorités taïwanaises ont indiqué avoir surveillé les mouvements du bateau “pour apprécier pleinement la situation”, et avoir “réagi en conséquence”.Tous les mouvements à caractère militaire dans le détroit de Taïwan sont sensibles. La Chine considère Taïwan comme une de ses provinces. Elle soumet l’île, sous gouvernement démocratique, à une pression militaire, économique et diplomatique forte et refuse d’exclure le recours à la force pour en prendre le contrôle.La question taïwanaise est une des sources majeures de tension dans la région, théâtre de multiples querelles territoriales et d’une lutte d’influence entre grandes puissances.La marine japonaise a répéré jeudi le Fujian accompagné de deux destroyers et progressant en direction du sud-ouest à environ 200 km au nord-ouest des îles Senkaku, a indiqué le ministère japonais de la Défense dans un communiqué.Au nord-est de Taïwan, les îles Senkaku, Diaoyu pour la Chine, sont administrées par Tokyo mais revendiquées par Pékin.Les garde-côtes chinois ont rapporté avoir patrouillé vendredi dans les eaux de l’archipel, inhabité. – Calendrier toujours inconnu -La Chine dispose de deux porte-avions en service actif: le Liaoning, acheté à l’Ukraine en 2000, et le Shandong, premier porte-avions à avoir été construit en Chine, mis en service en 2019.Le Shandong a participé en avril à des manoeuvres militaires dans le détroit de Taïwan avec simulation de “blocus”, selon le Commandement du Théâtre oriental de l’armée chinoise.Le Fujian, qui tient son nom de la province chinoise située en face de Taïwan, est le plus grand navire jamais construit par la Chine. Il participe au renforcement des capacités chinoises de dissuasion et de projection en Asie-Pacifique, et plus globalement à la montée en puissance de l’armée chinoise dans un contexte de rivalité avec le système d’alliances régionales des Etats-Unis. La Chine assure que ses intentions sont pacifiques.Le Fujian a effectué ses premiers essais en mer en 2024.Il devrait être doté de systèmes de décollage plus avancés, permettant de déployer des avions transportant des charges utiles plus importantes et davantage de carburant, selon les analystes du groupe de réflexion CSIS à Washington.La Chine garde le secret sur la mise en service du Fujian. Les experts spéculent sur une date qui coïnciderait symboliquement avec un évènement historique pour le pays.Song Zhongping, un commentateur militaire chinois, pense que les principaux tests sont achevés et que “l’heure de la mise en service officielle approche”. Il en veut pour preuve qu’après avoir été testé en mer de Chine orientale et en mer Jaune, le bâtiment l’est à présent en mer de Chine méridionale, où “l’environnement est plus hostile et les conditions d’essai, par conséquent, plus exigeantes”.Un autre expert, Alex Luck, spécialiste du matériel naval, tempère cependant. Il peut s’agir aussi bien d’un essai que d’une préparation à la mise en service, dit-il. “Les deux options sont possibles, en fonction des étapes suivantes. Mais il est trop tôt pour se prononcer. On doit se contenter de ce qu’on voit pour l’instant”, insiste-t-il.

Les Sud-Coréens arrêtés aux Etats-Unis attendus dans leur pays

Des centaines de Sud-Coréens qui avaient été arrêtés sur le chantier d’une usine de batteries par la police américaine de l’immigration sont attendus vendredi dans leur pays, après cet épisode qui selon Séoul risque d’entraver ses futurs investissements aux Etats-Unis.L’arrestation le 4 septembre de 475 personnes, essentiellement des Sud-Coréens, travaillant sur un projet du groupe Hyundai-LG  dans l’Etat américain de Géorgie (est) a provoqué des tensions entre Washington et Séoul, de proches alliés aux relations commerciales étroites.Après plusieurs jours de tractations, un Boeing 747 de Korean Air a décollé jeudi matin d’Atlanta avec 316 Sud-Coréens et 14 salariés originaires d’autres pays à bord. Il doit atterrir dans l’après-midi à Séoul.”Tout s’est bien passé à Atlanta”, a déclaré un représentant du ministère des Affaires étrangères à l’AFP, “l’avion est parti comme prévu avec le bon nombre de passagers”.Le raid de la police de l’immigration (ICE) constituait l’opération la plus importante jamais réalisée sur un seul site dans le cadre de la campagne d’expulsion d’immigrés orchestrée par le président Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.Les salariés arrêtés ne disposaient probablement pas d’un visa les autorisant à effectuer des travaux de construction, ont relevé des experts.Le président sud-coréen Lee Jae-myung s’est néanmoins dit “perplexe” jeudi sur ces arrestations. Il les a expliquées par des “différences culturelles”, expliquant qu’en Corée du Sud, les infractions mineures semblables touchant des ressortissants américains ne sont pas considérées comme “un problème sérieux”.Cette affaire pourrait avoir un “impact significatif sur les décisions d’investissement futures, en particulier lors de l’évaluation de la faisabilité d’opérations directes aux Etats-Unis”, a-t-il prévenu.- Main d’oeuvre qualifiée -L’opération anti-immigration, au cours de laquelle les employés sud-coréens ont été enchaînés et menottés, a provoqué la stupéfaction dans la quatrième économie d’Asie. La Corée du Sud est un allié clé de Washington pour la sécurité dans le Pacifique qui a promis récemment d’investir 350 milliards de dollars aux Etats-Unis pour éviter des droits de douane américains très élevés sur ses exportations.La confédération KCTU réunissant les principaux syndicats sud-coréens a réclamé des excuses de Donald Trump, appelant Séoul à suspendre son plan d’investissements aux Etats-Unis.Le président américain avait finalement renoncé à expulser ces professionnels mais Séoul a décidé de les rapatrier car ils sont “en état de choc”, a précisé le chef de la diplomatie Cho Hyun.Ce dernier s’est rendu spécialement à Washington cette semaine pour négocier une sortie de crise, Séoul veillant en particulier à ce que les travailleurs ne subissent aucune répercussion s’ils souhaitaient retourner aux États-Unis.Ces arrestations mettent en évidence les contradictions de l’administration Trump, qui “fait venir des usines de production à grande échelle tout en négligeant de former les travailleurs locaux”, estime Kim Dae-jong, professeur de commerce à l’université de Sejong.Le président sud-coréen a expliqué que, pour les entreprises de son pays, les techniciens qualifiés étaient “essentiels” lors de l’installation des infrastructures, des équipements et des usines.”La main-d’oeuvre nécessaire n’existe tout simplement pas localement aux Etats-Unis,” a-t-il souligné.Selon des sources industrielles interrogées par l’AFP, il est courant de contourner les règles en matière de visas afin de faire venir cette main-d’œuvre et éviter les retards dans les projets.La construction de l’usine ciblée par le raid est, elle, désormais retardée de quelques mois, a indiqué Jose Munoz, le PDG de Hyundai. “Nous devons chercher des personnes pour reprendre ces postes. Pour la plupart, elles ne sont pas aux Etats-Unis”, a-t-il justifié.L’entreprise LG Energy Solution, dont 47 employés ont été arrêtés aux côtés de 250 personnes travaillant pour un sous-traitant, a de son côté promis d’apporter son soutien aux employés rapatriés, dans un dans un communiqué à l’AFP.

Les autorités américaines lancent un appel au public pour retrouver le meurtrier de Charlie Kirk

Après plus de 24 heures de traque infructueuse, les autorités ont appelé jeudi la population américaine à les aider à retrouver le meurtrier de l’influenceur conservateur Charlie Kirk, dont l’assassinat a choqué un pays divisé en proie à un regain de violence politique.Porte-drapeau de la jeunesse trumpiste désormais vu comme un “martyr” par la droite américaine, Charlie Kirk a été tué mercredi d’une balle dans le cou alors qu’il participait à un débat public dans une université de l’Utah, dans l’ouest des Etats-Unis.Si l’identité et les motivations du meurtrier sont toujours inconnues, le FBI, la police fédérale, a évoqué un acte “ciblé.”Dans la soirée de jeudi, le gouverneur républicain de l’Utah a rendu compte des derniers éléments de l’enquête, sans révéler d’avancée majeure en l’absence d’arrestation. “De nombreuses preuves médico-légales sont actuellement en cours d’analyse”, a assuré Spencer Cox lors d’une conférence de presse.Mettant en garde contre la “désinformation”, il a surtout lancé un appel au public qui a déjà fourni 7.000 “pistes et indices” aux enquêteurs. “Nous ne pouvons pas faire notre travail sans l’aide de la population”, a-t-il plaidé.”Nous allons attraper cette personne”, a-t-il encore juré, promettant d’exiger “la peine de mort” contre elle.De son côté, Donald Trump, qui avait dès mercredi mis en cause la responsabilité de la “gauche radicale”, appelle désormais à la retenue.- Trump appelle à la non violence -“Il militait pour la non violence. C’est de cette manière que je voudrais que les gens répondent”, a déclaré jeudi le président républicain, qui a annoncé plus tôt qu’il remettrait à la victime de 31 ans la médaille présidentielle de la Liberté à titre posthume.”Charlie est devenu un martyr de la liberté d’expression”, estime Carson Caines, un étudiant en informatique rencontré par l’AFP sur le campus de l’université au lendemain du drame. A 23 ans, ce jeune mormon “très en colère”, qui a forgé sa conscience politique avec les vidéos de Charlie Kirk, avoue avoir eu envie de “réagir physiquement” mais “refuse d’alimenter le cycle de la violence”.La police a annoncé avoir retrouvé l’arme du crime dans des bosquets, un fusil, ainsi qu’une empreinte de chaussure et une empreinte de paume.Les photographies d’un suspect publiées par le FBI montrent un homme svelte portant des vêtements sombres, avec un pull à manches longues arborant le drapeau américain, des lunettes de soleil et une casquette.La police a aussi annoncé une récompense pouvant aller jusqu’à 100.000 dollars pour toute information en lien avec l’enquête.Le vice-président JD Vance, qui a salué en Charlie Kirk un “véritable ami”, a annulé sa venue aux commémorations du 11-Septembre à New York pour rencontrer la famille du défunt dans l’Utah.- Vance porte le cercueil -Illustration de la proximité qu’entretenait Charlie Kirk avec l’exécutif américain, JD Vance a, selon une vidéo partagée par la Maison Blanche, aidé à porter le cercueil sur quelques mètres pour l’amener à bord de son avion gouvernemental.L’appareil a ensuite gagné Phoenix, dans l’Arizona, siège de Turning point USA, le mouvement de jeunesse que Charlie Kirk avait cofondé en 2012.Charlie Kirk était en train d’être interrogé sur la violence par armes à feu aux Etats-Unis lors d’un débat public sur le campus de la Utah Valley University quand un tir a retenti. Touché au cou par une balle tirée d’un toit, il s’est immédiatement effondré.Tandis que la foule était prise de panique, la nouvelle du drame s’est répandue comme une traînée de poudre à travers les Etats-Unis, qui connaissent une recrudescence de la violence politique ces dernières années.Donald Trump a lui-même été victime de deux tentatives d’assassinat lors de la dernière campagne électorale. Cette année, Melissa Hortman, élue démocrate au parlement du Minnesota et son époux ont été tués et un autre élu local a été grièvement blessé.Originaire de la banlieue de Chicago, chrétien et défenseur du port d’armes à feu, ce père de deux enfants avait abandonné ses études pour se consacrer au militantisme. Turning Point USA, qu’il avait cofondé à l’âge de 18 ans, est devenu le plus important groupe de jeunes conservateurs aux Etats-Unis.

Les autorités américaines lancent un appel au public pour retrouver le meurtrier de Charlie Kirk

Après plus de 24 heures de traque infructueuse, les autorités ont appelé jeudi la population américaine à les aider à retrouver le meurtrier de l’influenceur conservateur Charlie Kirk, dont l’assassinat a choqué un pays divisé en proie à un regain de violence politique.Porte-drapeau de la jeunesse trumpiste désormais vu comme un “martyr” par la droite américaine, Charlie Kirk a été tué mercredi d’une balle dans le cou alors qu’il participait à un débat public dans une université de l’Utah, dans l’ouest des Etats-Unis.Si l’identité et les motivations du meurtrier sont toujours inconnues, le FBI, la police fédérale, a évoqué un acte “ciblé.”Dans la soirée de jeudi, le gouverneur républicain de l’Utah a rendu compte des derniers éléments de l’enquête, sans révéler d’avancée majeure en l’absence d’arrestation. “De nombreuses preuves médico-légales sont actuellement en cours d’analyse”, a assuré Spencer Cox lors d’une conférence de presse.Mettant en garde contre la “désinformation”, il a surtout lancé un appel au public qui a déjà fourni 7.000 “pistes et indices” aux enquêteurs. “Nous ne pouvons pas faire notre travail sans l’aide de la population”, a-t-il plaidé.”Nous allons attraper cette personne”, a-t-il encore juré, promettant d’exiger “la peine de mort” contre elle.De son côté, Donald Trump, qui avait dès mercredi mis en cause la responsabilité de la “gauche radicale”, appelle désormais à la retenue.- Trump appelle à la non violence -“Il militait pour la non violence. C’est de cette manière que je voudrais que les gens répondent”, a déclaré jeudi le président républicain, qui a annoncé plus tôt qu’il remettrait à la victime de 31 ans la médaille présidentielle de la Liberté à titre posthume.”Charlie est devenu un martyr de la liberté d’expression”, estime Carson Caines, un étudiant en informatique rencontré par l’AFP sur le campus de l’université au lendemain du drame. A 23 ans, ce jeune mormon “très en colère”, qui a forgé sa conscience politique avec les vidéos de Charlie Kirk, avoue avoir eu envie de “réagir physiquement” mais “refuse d’alimenter le cycle de la violence”.La police a annoncé avoir retrouvé l’arme du crime dans des bosquets, un fusil, ainsi qu’une empreinte de chaussure et une empreinte de paume.Les photographies d’un suspect publiées par le FBI montrent un homme svelte portant des vêtements sombres, avec un pull à manches longues arborant le drapeau américain, des lunettes de soleil et une casquette.La police a aussi annoncé une récompense pouvant aller jusqu’à 100.000 dollars pour toute information en lien avec l’enquête.Le vice-président JD Vance, qui a salué en Charlie Kirk un “véritable ami”, a annulé sa venue aux commémorations du 11-Septembre à New York pour rencontrer la famille du défunt dans l’Utah.- Vance porte le cercueil -Illustration de la proximité qu’entretenait Charlie Kirk avec l’exécutif américain, JD Vance a, selon une vidéo partagée par la Maison Blanche, aidé à porter le cercueil sur quelques mètres pour l’amener à bord de son avion gouvernemental.L’appareil a ensuite gagné Phoenix, dans l’Arizona, siège de Turning point USA, le mouvement de jeunesse que Charlie Kirk avait cofondé en 2012.Charlie Kirk était en train d’être interrogé sur la violence par armes à feu aux Etats-Unis lors d’un débat public sur le campus de la Utah Valley University quand un tir a retenti. Touché au cou par une balle tirée d’un toit, il s’est immédiatement effondré.Tandis que la foule était prise de panique, la nouvelle du drame s’est répandue comme une traînée de poudre à travers les Etats-Unis, qui connaissent une recrudescence de la violence politique ces dernières années.Donald Trump a lui-même été victime de deux tentatives d’assassinat lors de la dernière campagne électorale. Cette année, Melissa Hortman, élue démocrate au parlement du Minnesota et son époux ont été tués et un autre élu local a été grièvement blessé.Originaire de la banlieue de Chicago, chrétien et défenseur du port d’armes à feu, ce père de deux enfants avait abandonné ses études pour se consacrer au militantisme. Turning Point USA, qu’il avait cofondé à l’âge de 18 ans, est devenu le plus important groupe de jeunes conservateurs aux Etats-Unis.

Brésil: Bolsonaro condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’Etat

L’ancien chef de l’Etat brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro a été condamné jeudi à 27 ans de prison pour tentative de coup d’Etat à l’issue d’un procès historique, malgré les intenses pressions du président américain Donald Trump en sa faveur.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a aussitôt promis des représailles: les Etats-Unis vont “répondre en conséquence” à cette condamnation “injuste”, a-t-il dit. Le Brésil a répliqué qu’il ne se laisserait pas “intimider” par des “menaces”.Par quatre voix contre une, la Cour suprême a déclaré coupable l’ex-président brésilien (2019-2022), 70 ans, le condamnant à 27 ans et trois mois de prison. Un séisme, à un peu plus d’un an de la présidentielle de 2026.M. Bolsonaro a été reconnu chef d’une “organisation criminelle” ayant conspiré pour assurer son “maintien autoritaire au pouvoir” après sa défaite face au président de gauche actuel, Luiz Inacio Lula da Silva, lors de l’élection de la fin 2022.Selon l’accusation, le projet prévoyait notamment l’assassinat de Lula et ne s’est pas concrétisé faute de soutien de la hiérarchie militaire.Les émeutes qui avaient vu le 8 janvier 2023, une semaine après l’investiture de Lula, des milliers de sympathisants bolsonaristes prendre d’assaut et vandaliser les sièges des institutions à Brasilia auraient été l'”ultime espoir” de voir aboutir le complot. Inéligible jusqu’en 2030 et assigné à résidence, M. Bolsonaro n’était pas présent à l’audience, pour motif de santé selon sa défense.L’ancien chef de l’Etat garde “la tête haute pour affronter cette persécution”, a réagi le sénateur Flavio Bolsonaro, son fils aîné.Le camp conservateur va mettre “toutes ses forces” pour “unir le Parlement” autour d’un projet d’amnistie incluant son leader, a-t-il affirmé.- “Mourir en prison” -Le procès déchire une opinion ultra-polarisée, y compris dans la capitale.Dans un bar de Brasilia où l’audience de jeudi était retransmise sur un écran géant, applaudissements et cris de joie ont salué la condamnation.”Après tant d’attente, cet individu exécrable se fait envoyer en prison”, a dit à l’AFP Virgilio Soares, traducteur.Dans un tout autre climat, quelques dizaines de sympathisants bolsonaristes se sont retrouvés près de son domicile pour témoigner leur soutien à leur champion lors d’une “veillée de prière”.”Avec l’âge qu’il a, nous savons tous qu’il finira par mourir en prison”, lâche Vantuir Batista, pasteur évangélique.L’affaire Bolsonaro est aussi à l’origine d’une crise sans précédent entre la première puissance d’Amérique latine et les États-Unis. Dénonçant une “chasse aux sorcières” contre Jair Bolsonaro, Donald Trump a imposé depuis début août une surtaxe punitive de 50% sur une part importante des exportations brésiliennes.”C’est très surprenant que ça puisse arriver”, a réagi le président américain après la condamnation de son allié, la comparant à ses propres déboires judiciaires passés.- Collor, Temer, Lula -C’est la première fois qu’un ancien chef de l’Etat est condamné pour de tels faits, dans un pays encore hanté par le souvenir de la dictature militaire (1964-1985).Déplorant des peines “incroyablement excessives”, ses avocats ont promis de déposer “les recours appropriés, y compris au niveau international”.Selon une source de la Cour suprême, la défense aura cinq jours pour faire appel, une fois le jugement publié.M. Bolsonaro ne pourrait être envoyé en prison qu’une fois tous ses recours épuisés, a expliqué à l’AFP Thiago Bottino, professeur de droit pénal à la Fondation Getulio Vargas. La haute juridiction a condamné en outre sept anciens proches collaborateurs de M. Bolsonaro, dont plusieurs ex-ministres et généraux, à des peines allant de deux à 26 ans de prison.La bataille devrait rapidement s’accélérer pour le leadership à droite en vue de la prochaine présidentielle.Avec une popularité renforcée par les attaques américaines, Lula, 79 ans, affiche son intention de briguer un nouveau mandat, se posant en champion de la “souveraineté” brésilienne.Jair Bolsonaro est le quatrième ancien locataire du palais présidentiel condamné depuis le retour à la démocratie il y a 40 ans.Avant lui, Fernando Collor de Mello, Michel Temer et Lula (qui fit deux premiers mandats entre 2003 et 2010) ont été condamnés pour corruption. Lula a été incarcéré en 2018-2019, avant que sa condamnation ne soit annulée pour vice de forme.

Brésil: Bolsonaro condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’Etat

L’ancien chef de l’Etat brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro a été condamné jeudi à 27 ans de prison pour tentative de coup d’Etat à l’issue d’un procès historique, malgré les intenses pressions du président américain Donald Trump en sa faveur.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a aussitôt promis des représailles: les Etats-Unis vont “répondre en conséquence” à cette condamnation “injuste”, a-t-il dit. Le Brésil a répliqué qu’il ne se laisserait pas “intimider” par des “menaces”.Par quatre voix contre une, la Cour suprême a déclaré coupable l’ex-président brésilien (2019-2022), 70 ans, le condamnant à 27 ans et trois mois de prison. Un séisme, à un peu plus d’un an de la présidentielle de 2026.M. Bolsonaro a été reconnu chef d’une “organisation criminelle” ayant conspiré pour assurer son “maintien autoritaire au pouvoir” après sa défaite face au président de gauche actuel, Luiz Inacio Lula da Silva, lors de l’élection de la fin 2022.Selon l’accusation, le projet prévoyait notamment l’assassinat de Lula et ne s’est pas concrétisé faute de soutien de la hiérarchie militaire.Les émeutes qui avaient vu le 8 janvier 2023, une semaine après l’investiture de Lula, des milliers de sympathisants bolsonaristes prendre d’assaut et vandaliser les sièges des institutions à Brasilia auraient été l'”ultime espoir” de voir aboutir le complot. Inéligible jusqu’en 2030 et assigné à résidence, M. Bolsonaro n’était pas présent à l’audience, pour motif de santé selon sa défense.L’ancien chef de l’Etat garde “la tête haute pour affronter cette persécution”, a réagi le sénateur Flavio Bolsonaro, son fils aîné.Le camp conservateur va mettre “toutes ses forces” pour “unir le Parlement” autour d’un projet d’amnistie incluant son leader, a-t-il affirmé.- “Mourir en prison” -Le procès déchire une opinion ultra-polarisée, y compris dans la capitale.Dans un bar de Brasilia où l’audience de jeudi était retransmise sur un écran géant, applaudissements et cris de joie ont salué la condamnation.”Après tant d’attente, cet individu exécrable se fait envoyer en prison”, a dit à l’AFP Virgilio Soares, traducteur.Dans un tout autre climat, quelques dizaines de sympathisants bolsonaristes se sont retrouvés près de son domicile pour témoigner leur soutien à leur champion lors d’une “veillée de prière”.”Avec l’âge qu’il a, nous savons tous qu’il finira par mourir en prison”, lâche Vantuir Batista, pasteur évangélique.L’affaire Bolsonaro est aussi à l’origine d’une crise sans précédent entre la première puissance d’Amérique latine et les États-Unis. Dénonçant une “chasse aux sorcières” contre Jair Bolsonaro, Donald Trump a imposé depuis début août une surtaxe punitive de 50% sur une part importante des exportations brésiliennes.”C’est très surprenant que ça puisse arriver”, a réagi le président américain après la condamnation de son allié, la comparant à ses propres déboires judiciaires passés.- Collor, Temer, Lula -C’est la première fois qu’un ancien chef de l’Etat est condamné pour de tels faits, dans un pays encore hanté par le souvenir de la dictature militaire (1964-1985).Déplorant des peines “incroyablement excessives”, ses avocats ont promis de déposer “les recours appropriés, y compris au niveau international”.Selon une source de la Cour suprême, la défense aura cinq jours pour faire appel, une fois le jugement publié.M. Bolsonaro ne pourrait être envoyé en prison qu’une fois tous ses recours épuisés, a expliqué à l’AFP Thiago Bottino, professeur de droit pénal à la Fondation Getulio Vargas. La haute juridiction a condamné en outre sept anciens proches collaborateurs de M. Bolsonaro, dont plusieurs ex-ministres et généraux, à des peines allant de deux à 26 ans de prison.La bataille devrait rapidement s’accélérer pour le leadership à droite en vue de la prochaine présidentielle.Avec une popularité renforcée par les attaques américaines, Lula, 79 ans, affiche son intention de briguer un nouveau mandat, se posant en champion de la “souveraineté” brésilienne.Jair Bolsonaro est le quatrième ancien locataire du palais présidentiel condamné depuis le retour à la démocratie il y a 40 ans.Avant lui, Fernando Collor de Mello, Michel Temer et Lula (qui fit deux premiers mandats entre 2003 et 2010) ont été condamnés pour corruption. Lula a été incarcéré en 2018-2019, avant que sa condamnation ne soit annulée pour vice de forme.

La CIJ statue sur un litige immobilier entre la France et la Guinée équatoriale

La plus haute juridiction de l’ONU se prononce vendredi sur un différend de longue date entre la France et la Guinée équatoriale au sujet d’un hôtel particulier de plusieurs millions d’euros, confisqué par les autorités françaises dans l’affaire dite des “biens mal acquis”.La Guinée équatoriale a demandé à la Cour internationale de justice (CIJ) d’émettre des ordonnances d’urgence afin d’empêcher la France de vendre la luxueuse propriété parisienne saisie en 2012, qui comprend un cinéma, un hammam et des sanitaires en marbre et en or.L’immeuble, d’une valeur estimée à plus de 100 millions d’euros, avait été saisi dans le cadre d’une enquête pour corruption visant le vice-président équatoguinéen Teodoro Nguema Obiang Mangue, communément appelé Teodorin.En 2021, la justice française a définitivement condamné Teodorin – fils aîné de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la Guinée équatoriale depuis 1979 – à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d’euros d’amende et à la confiscation de tous ses biens saisis pour “blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics et d’abus de confiance” entre 1997 et 2011.Malabo voudrait que la CIJ ordonne à la France de ne pas vendre l’hôtel particulier de l’avenue Foch, près de l’Arc de Triomphe, et à autoriser “un accès immédiat, complet et sans entrave” à l’immeuble.La Guinée équatoriale affirme que la police française a pénétré dans la propriété en juin, changé les serrures de plusieurs portes et détruit les caméras de sécurité.- “Mépris” -L’approche de la France pourrait être qualifiée de “paternaliste, voire néocoloniale”, a déclaré Carmelo Nvono-Nca, ambassadeur de la République de Guinée équatoriale en France, lors d’une audience devant la CIJ à La Haye en juillet.”Nous ne pouvons pas accepter un tel mépris de notre souveraineté de la part de la France”, a-t-il ajouté.En réponse à ces accusations, la France a dénoncé “une énième manœuvre abusive de la Guinée équatoriale” auprès des juges.”La France regrette que, à l’heure où le rôle de la cour est si chargé par de nombreuses affaires d’ampleur, la Guinée équatoriale mobilise une nouvelle fois votre office”, a déclaré Diégo Colas, directeur des affaires juridiques au ministère des Affaires étrangères.Une demande d’ordonnances d’urgence – des mesures conservatoires, dans le jargon de la juridiction – prime sur toutes les autres affaires judiciaires en cours à la CIJ, qui statue sur les différends entre Etats membres de l’ONU.La CIJ traite actuellement plusieurs dossiers importants, notamment une affaire très médiatisée intentée par l’Afrique du Sud contre Israël, accusé de “génocide” dans la bande de Gaza.La juridiction a également rendu en juillet un avis très attendu sur les obligations des pays en matière de changement climatique.

La CIJ statue sur un litige immobilier entre la France et la Guinée équatoriale

La plus haute juridiction de l’ONU se prononce vendredi sur un différend de longue date entre la France et la Guinée équatoriale au sujet d’un hôtel particulier de plusieurs millions d’euros, confisqué par les autorités françaises dans l’affaire dite des “biens mal acquis”.La Guinée équatoriale a demandé à la Cour internationale de justice (CIJ) d’émettre des ordonnances d’urgence afin d’empêcher la France de vendre la luxueuse propriété parisienne saisie en 2012, qui comprend un cinéma, un hammam et des sanitaires en marbre et en or.L’immeuble, d’une valeur estimée à plus de 100 millions d’euros, avait été saisi dans le cadre d’une enquête pour corruption visant le vice-président équatoguinéen Teodoro Nguema Obiang Mangue, communément appelé Teodorin.En 2021, la justice française a définitivement condamné Teodorin – fils aîné de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la Guinée équatoriale depuis 1979 – à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d’euros d’amende et à la confiscation de tous ses biens saisis pour “blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics et d’abus de confiance” entre 1997 et 2011.Malabo voudrait que la CIJ ordonne à la France de ne pas vendre l’hôtel particulier de l’avenue Foch, près de l’Arc de Triomphe, et à autoriser “un accès immédiat, complet et sans entrave” à l’immeuble.La Guinée équatoriale affirme que la police française a pénétré dans la propriété en juin, changé les serrures de plusieurs portes et détruit les caméras de sécurité.- “Mépris” -L’approche de la France pourrait être qualifiée de “paternaliste, voire néocoloniale”, a déclaré Carmelo Nvono-Nca, ambassadeur de la République de Guinée équatoriale en France, lors d’une audience devant la CIJ à La Haye en juillet.”Nous ne pouvons pas accepter un tel mépris de notre souveraineté de la part de la France”, a-t-il ajouté.En réponse à ces accusations, la France a dénoncé “une énième manœuvre abusive de la Guinée équatoriale” auprès des juges.”La France regrette que, à l’heure où le rôle de la cour est si chargé par de nombreuses affaires d’ampleur, la Guinée équatoriale mobilise une nouvelle fois votre office”, a déclaré Diégo Colas, directeur des affaires juridiques au ministère des Affaires étrangères.Une demande d’ordonnances d’urgence – des mesures conservatoires, dans le jargon de la juridiction – prime sur toutes les autres affaires judiciaires en cours à la CIJ, qui statue sur les différends entre Etats membres de l’ONU.La CIJ traite actuellement plusieurs dossiers importants, notamment une affaire très médiatisée intentée par l’Afrique du Sud contre Israël, accusé de “génocide” dans la bande de Gaza.La juridiction a également rendu en juillet un avis très attendu sur les obligations des pays en matière de changement climatique.