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Perrier: un tribunal français rend sa décision quant à la suspension des ventes

Les ventes de Perrier sous l’appellation “eau minérale naturelle” devront-elles être suspendues le temps que Nestlé Waters obtienne une nouvelle autorisation pour exploiter ses forages? Un tribunal français rend sa décision mardi, énième rebondissement d’un feuilleton de deux ans.”Les juges ont l’occasion de rappeler une évidence: une eau vendue comme eau minérale naturelle doit être… naturelle et originellement pure”, selon Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’association française de défense des consommateurs UFC-Que Choisir, qui avait saisi le tribunal de Nanterre (région parisienne) en référé au printemps.L’association argue que la microfiltration utilisée par le groupe sur ses eaux fait que celles-ci ne peuvent plus prétendre à l’appellation “eau minérale naturelle”, et demande une “interdiction de commercialisation” et “la cessation des tromperies”. Son avocat, Me Alexis Macchetto, était allé jusqu’à dire qu’il existait “un risque réel pour le consommateur”.Nestlé Waters & Premium Beverages, qui produit en France les eaux Perrier, Vittel, Contrex ou encore Hépar, conteste “fermement” les demandes d’UFC-Que Choisir, “notamment les allégations mettant en cause la sécurité alimentaire des produits”.”Toutes nos eaux” sont consommables “en toute sécurité”, assène depuis deux ans le groupe suisse, au cœur d’un scandale après qu’il a admis, début 2024 sous le coup de plusieurs enquêtes de presse, avoir utilisé par le passé des traitements interdits (charbon, UV) pour ses eaux.- Commercialisation “trompeuse”? -Ils ont été depuis remplacés par une microfiltration à 0,2 micron dont la légalité a été contestée, l’eau minérale naturelle ne pouvant faire l’objet de désinfection ou traitement de nature à modifier ses caractéristiques, sauf exception pour retirer du fer ou du manganèse considérés comme nocifs.Le groupe affirme l’avoir fait dans le cadre d’un plan de transformation validé par le gouvernement français en 2023.Depuis, les autorités sanitaires ont estimé que cette microfiltration à 0,2 micron modifiait le microbisme de l’eau, poussant le groupe, sous injonction préfectorale, à la remplacer par une microfiltration à 0,45 micron.Si Nestlé Waters affirme que ce degré de microfiltration a été validé par les autorités, il a dû déposer de nouvelles demandes d’autorisation préfectorale pour exploiter ses forages et commercialiser sous l’appellation eau minérale naturelle.Alors que les préfets n’ont toujours pas rendu leur décision, UFC-Que Choisir affirme que la commercialisation actuelle est “trompeuse”.Nestlé Waters s’en défend, soulignant la mise en place depuis juin, indépendamment de la procédure judiciaire, d’une “vaste” campagne de communication dans les supermarchés et la presse, affirmant bien que les eaux Perrier, Contrex et Hépar “sont susceptibles” de ne pas être minérales naturelles selon “l’analyse par l’État de leur microfiltration”.- Pas d’impact sur les ventes -Dans l’immédiat, cette campagne ne semble pas avoir eu d’impact sur les ventes. Sur les bouteilles Perrier classiques, “le nombre de foyers acheteurs est resté stable”, souligne l’entreprise à l’AFP, précisant qu’elle vend toute sa production. Sur le dernier trimestre, avec une météo propice à la consommation d’eau, les ventes sont “même en croissance”.En revanche, la production des bouteilles bleues de Perrier fines bulles a reculé puisque des forages ont été suspendus depuis le début du scandale, et le groupe reconnaît que les ventes ont mécaniquement baissé.Une autre campagne de communication a été lancée ces dernières semaines, cette fois par les concurrents français de Nestlé Waters réunis dans la Maison des eaux minérales naturelles.”L’appellation eau minérale naturelle se mérite”, affirme le syndicat qui rassemble Danone (Evian, Badoit, Salvetat, Volvic) avec des plus petits acteurs (Wattwiller, Mont-Roucous, Eau neuve, Bonneval).Pour eux, la réglementation, dont Nestlé Waters a demandé une clarification, est limpide. “Nous partageons une responsabilité commune: protéger la pureté originelle. Sans traitement. Sans compromis”. C’est-à-dire avec une microfiltration à 0,45 micron réservée au retrait du fer ou du manganèse, ce qui n’est pas le cas pour les filtres utilisés par Nestlé Waters dans le cadre des demandes d’autorisation en cours.

En Somalie, face aux shebab, la fragile ligne de front

Le pilote de l’hélicoptère est inquiet. Rester plus de 20 minutes dans ce village près du front où l’armée somalienne combat les shebab, c’est augmenter les risques d’être la cible de mortiers des islamistes radicaux, distants d’à peine quelques kilomètres.Environ un millier de soldats de l’armée nationale somalienne, appuyés par un contingent de l’Union africaine, tiennent Awdheegle, ville stratégique à environ 60 km de la capitale Mogadiscio, reprise il y a moins de deux mois aux rebelles somaliens liés à Al-Qaïda.Mais cette emprise est fragile et l’hélicoptère, l’un des rares de l’armée somalienne, est une cible de choix pour les rebelles qui combattent le gouvernement fédéral.”Cinq minutes de plus et je vous aurais laissés”, lance le pilote aux journalistes qui remontent à bord. L’appareil décolle difficilement avant de survoler les ruines de la ville.Abdi Osman Hassan, 65 ans, est récemment revenu à Awdheegle pour y retrouver sa maison “démolie”. “Je n’ai rien pour la reconstruire”, lance-t-il.Les mêmes scènes de désolation se répètent une dizaine de kilomètres plus loin, en direction de la capitale.Les villages de Sabiid et Canole portent les stigmates des nombreuses frappes de l’aviation et des drones de l’armée somalienne pour déloger les shebab des tunnels où ils s’étaient retranchés. Après des mois d’intenses affrontements, les shebab ont été délogés en juin, mais ont eu le temps de faire exploser le pont qui reliait les deux localités.Un nouvel ouvrage, construit avec l’aide de la Turquie – important partenaire de la Somalie – a récemment été achevé, désormais surveillé par une unité de l’armée ougandaise, membre de la Force de l’UA.- “Guerre mondiale” -La Somalie est confrontée depuis près de 20 ans aux shebab et des localités comme Awdheegle, Sabiid et Canole ont changé de mains à plusieurs reprises.En 2022 et 2023, l’armée somalienne a fait une percée et repris le contrôle de quelque 200 villes et villages.Mais les islamistes radicaux, qui lancent également des attaques contre des lieux de pouvoir dans la capitale, ont lancé une contre-offensive au début de l’année et ont repris le contrôle de 90 % du territoire perdu, notamment trois ponts le long du fleuve Shabelle, vitaux pour l’approvisionnement de la capitale. L’armée tente tant bien que mal de répliquer, mais est confrontée à un tarissement de l’aide internationale.Depuis 2007, elle dépend fortement des successives forces de l’Union africaine, principalement financées par des pays occidentaux.Mais le soutien occidental diminue. Pour Awes Hagi Yusuf, conseiller à la sécurité nationale du président Hassan Sheikh Mohamoud, le pays est confronté à de nombreux “défis”, mais il a assuré auprès de journalistes – dont l’AFP – que de nouveaux accords avec des partenaires “non traditionnels” — comme la Turquie et les Émirats arabes unis — contribuaient à combler le vide laissé par le tarissement de l’aide occidentale.”Le combat que nous menons ne se limite pas à la Somalie. C’est une guerre mondiale”, soutient-il.- “Négligé” -La Somalie tente de s’appuyer de plus en plus sur des accords bilatéraux avec des pays, comme avec le Kenya voisin ou l’Ouganda. Mais pour Samira Gaid, experte des questions de sécurité, “le financement sera toujours un problème, même pour ces forces bilatérales”. “Ce n’est pas comme si l’armée ougandaise était si bien dotée qu’elle pouvait se permettre de se déployer indéfiniment”, assure-t-elle. Les autorités somaliennes sont également accaparées par la préparation des élections l’an prochain, organisées pour la première fois depuis 1969 sur le principe du suffrage universel. Et quand il y a des débats politiques dans le pays de la Corne de l’Afrique, fondé sur un système complexe de clans et de sous-clans, “tout le reste est négligé”, constate Mahad Wasuge, chercheur pour le think tank Somali Public Agenda.Pour le conseiller à la sécurité nationale, le gouvernement avait repris “l’ensemble de la zone” dans un rayon de 300 km autour de Mogadiscio et prévoit de reprendre prochainement des ponts et des villages dans l’Upper et Middle Shabelle, avançant plus loin dans le territoire contrôlé par les shebab. Mais sans donner de calendrier. Mais pour les résidents de Awdheegle ou Bariire, qui se situent officiellement en “zone libérée”, il est difficile de se sentir en sécurité.Muslimo Hassan Isaq, 56 ans, a dû quitter son village pendant près de 8 mois après l’arrivée des shebab à Bariire, vivant en périphérie de la capitale dans un abri de fortune. “Nous sommes des paysans, nos maisons ont été détruites et nous n’avons reçu aucune aide jusqu’à maintenant”, soutient-elle, poursuivant avoir “besoin d’être pris en charge. Je ne peux pas reconstruire seule”. Pour Samira Gaid, ce qui compte pour une population lassée par des décennies d’affrontements, “c’est qui reste le plus longtemps et qui offre un semblant de sécurité et de justice quand il est en place”.

Le tandem Merz-Macron en quête de souveraineté numérique pour l’Europe

Le chancelier allemand et le président français veulent impulser mardi à Berlin la quête de “souveraineté numérique” d’une Europe terriblement dépendante des géants américains de la tech en pleine course à l’IA. Friedrich Merz et Emmanuel Macron, les dirigeants des deux plus grandes économies européennes, veulent donner un coup d’accélérateur à cette ambition à l’occasion d’un …

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La Coordination rurale renouvelle sa tête dans un congrès sous tension

C’est dans le Gers qui l’a vue naître que la Coordination rurale se réunit mardi et mercredi pour son congrès: deux camps s’affrontent pour prendre la tête du 2e syndicat agricole français, après sa percée historique aux dernières élections.La présidente sortante Véronique Le Floc’h, qui brigue un nouveau mandat de trois ans, fera face à Bertrand Venteau, président de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne depuis 2019.L’éleveuse de 52 ans, productrice de lait bio du Finistère-Sud, veut accompagner “la crise de croissance” du syndicat après son succès aux élections de chambres d’agriculture de janvier, et “consolider sa position d’acteur incontournable du monde agricole”.Bertrand Venteau, 46 ans, éleveur de vaches de race Limousine, promeut un syndicat “au service des équipes départementales dans la défense des paysans”. Une façon de rappeler aux sortants la primauté du terrain.Il est soutenu par les dirigeants des places fortes du syndicat aux bonnets jaunes, du Gers au Lot-et-Garonne: les “sudistes” estiment que la percée aux élections leur est largement attribuable, portée par une série d’actions musclées, comme la tentative de blocage de Paris en janvier dernier ou le saccage de bureaux de l’Office français de la biodiversité.Ils défendent une ligne dure, vue comme l’ADN d’un mouvement bâti de blocages en coups d’éclat. Certains ne cachent pas leur proximité avec l’extrême droite, à rebours d’une ligne officiellement “apolitique”.- “Dégagisme” -Le congrès débutera à 14H par un hommage à Jacques Laigneau, cofondateur et premier président de la CR, enterré au cimetière de Lussan, tout proche d’Auch.La journée sera clôturée par un discours de la présidente sortante, avant le vote organisé le lendemain matin.Mercredi, un premier scrutin départagera les deux candidats à la présidence, avant un second vote pour élire le comité directeur. Le corps électoral est composé des présidents des sections départementales de la CR, qui disposent chacun d’un nombre de mandats compris entre un et sept, au prorata du nombre d’adhérents de leur section.Les résultats seront proclamés en fin de matinée.Ils sont d’autant plus imprévisibles que depuis le dernier congrès électif, la CR a changé de dimension, s’imposant désormais dans 11 chambres d’agriculture (contre 3 auparavant) sur un total de 101.A l’issue d’une campagne de “dégagisme” qui a ébranlé l’alliance historique FNSEA-Jeunes agriculteurs (JA), elle a obtenu près de 30% des voix des agriculteurs (contre 20% six ans auparavant).Toute la question est de savoir si ce dégagisme s’appliquera en interne.Car ces derniers mois, la Coordination rurale a relativement calmé le jeu sur le terrain, approfondi ses échanges avec le ministère de l’Agriculture, recruté et tenté de fédérer ses chambres.Une notabilisation qui déplaît au sud de la Loire, où le reproche de “cogestion avec l’Etat” adressé à la FNSEA vise désormais Véronique Le Floc’h et son comité directeur.- “Différence de méthode” -Insultes, intimidations, voire menaces: le ton est monté ces derniers mois, les “sudistes” estimant normal que le national renvoie l’ascenseur: en payant les amendes de ses adhérents qui ont fait le coup de poing en manifestation ou en s’alignant sur les méthodes de la bouillante “CR47”.La section syndicale du Lot-et-Garonne (47) a été longtemps dirigée par Serge Bousquet-Cassagne, qui revendique “18 procès en 30 ans” et dont la gestion “clientéliste” de la chambre d’agriculture du même département vient d’être sanctionnée par la Cour des comptes.Pour Christian Convers, secrétaire général sortant et soutien de Véronique Le Floc’h, “il n’y pas vraiment de différences de ligne” entre les deux camps “mais une différence de méthode”. “La Coordination rurale n’est plus aujourd’hui uniquement un syndicat de contestation, il faut porter les dossiers, discuter, avancer.”Un appel à “la responsabilité” qui fait bondir dans les rangs des partisans de Bernard Venteau, qui veulent ramener sur terre les “perchés” de Paris.

Perrier: décision attendue sur la suspension des ventes demandée par UFC-Que Choisir

Les ventes de Perrier sous l’appellation “eau minérale naturelle” devront-elles être suspendues le temps que Nestlé Waters obtienne une nouvelle autorisation pour exploiter ses forages ? Le tribunal judiciaire de Nanterre rend sa décision mardi, énième rebondissement d’un feuilleton de deux ans.”Les juges ont l’occasion de rappeler une évidence: une eau vendue comme eau minérale naturelle doit être… naturelle et originellement pure”, selon Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’UFC-Que Choisir, qui a saisi le tribunal en référé au printemps.L’association de consommateurs argue que la microfiltration utilisée par le groupe sur ses eaux fait que celles-ci ne peuvent plus prétendre à l’appellation “eau minérale naturelle”, et demande une “interdiction de commercialisation” et “la cessation des tromperies”. Son avocat, Me Alexis Macchetto, était allé jusqu’à dire qu’il existait “un risque réel pour le consommateur”.Nestlé Waters & Premium Beverages, qui produit en France les eaux Perrier, Vittel, Contrex ou encore Hépar, conteste “fermement” les demandes d’UFC-Que Choisir, “notamment les allégations mettant en cause la sécurité alimentaire des produits”.La décision sera rendue sous forme dématérialisée mardi. L’audience avait eu lieu fin septembre.”Toutes nos eaux” sont consommables “en toute sécurité”, assène depuis deux ans le groupe au cœur d’un scandale après qu’il a admis, début 2024 sous le coup de plusieurs enquêtes de presse, avoir utilisé par le passé des traitements interdits (charbon, UV) pour ses eaux.- Commercialisation “trompeuse” ? -Ils ont été depuis remplacés par une microfiltration à 0,2 micron dont la légalité a été contestée, l’eau minérale naturelle ne pouvant faire l’objet de désinfection ou traitement de nature à modifier ses caractéristiques, sauf exception pour retirer du fer ou du manganèse considérés comme nocifs.Le groupe affirme l’avoir fait dans le cadre d’un plan de transformation validé par le gouvernement en 2023. L’action du gouvernement dans cette affaire a été vertement critiquée par une commission d’enquête sénatoriale en début d’année.Depuis, les autorités sanitaires ont estimé que cette microfiltration à 0,2 micron modifiait le microbisme de l’eau, poussant le groupe, sous injonction préfectorale, à la remplacer par une microfiltration à 0,45 micron.Si Nestlé Waters affirme que ce degré de microfiltration a été validé par les autorités, il a dû déposer de nouvelles demandes d’autorisation préfectorale pour exploiter ses forages et commercialiser sous l’appellation eau minérale naturelle.Alors que les préfets n’ont toujours pas rendu leur décision, UFC-Que Choisir affirme que la commercialisation actuelle est “trompeuse”.Nestlé Waters s’en défend, soulignant la mise en place depuis juin, indépendamment de la procédure judiciaire, d’une “vaste” campagne de communication dans les supermarchés et la presse indiquant bien que les eaux Perrier, Contrex et Hépar “sont susceptibles” de ne pas être minérales naturelles selon “l’analyse par l’Etat de leur microfiltration”.- Pas d’impact sur les ventes -Dans l’immédiat, cette campagne ne semble pas avoir eu d’impact sur les ventes. Sur les bouteilles Perrier classiques, “le nombre de foyers acheteurs est resté stable”, indique l’entreprise à l’AFP, précisant qu’elle vend toute sa production. Sur le dernier trimestre, avec une météo propice à la consommation d’eau, les ventes sont “même en croissance”.En revanche, la production des bouteilles bleues de Perrier fines bulles a reculé puisque des forages ont été suspendus depuis le début du scandale, et le groupe reconnaît que les ventes ont mécaniquement baissé.Une autre campagne de communication a été lancée ces dernières semaines, cette fois par les concurrents français de Nestlé Waters réunis dans la Maison des eaux minérales naturelles.”L’appellation eau minérale naturelle se mérite”, affirme le syndicat qui rassemble Danone (Evian, Badoit, Salvetat, Volvic) avec des plus petits acteurs (Wattwiller, Mont-Roucous, Eau neuve, Bonneval).Pour eux, la réglementation, dont Nestlé Waters a demandé une clarification, est limpide: “nous partageons une responsabilité commune: protéger la pureté originelle. Sans traitement. Sans compromis”. C’est-à-dire avec une microfiltration à 0,45 micron réservée au retrait du fer ou du manganèse, ce qui n’est pas le cas pour les filtres utilisés par Nestlé Waters dans le cadre des demandes d’autorisation en cours.