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L’Iran parle de “progrès” en vue de négociations avec Washington

Un haut dirigeant iranien a fait état samedi de “progrès” en vue de “négociations” avec Washington, nouveau rebondissement dans un contexte tendu alimenté depuis plusieurs jours par les déclarations belliqueuses de part et d’autre.”Contrairement à la propagande de guerre artificiellement créée par les médias, la mise en place d’un cadre de négociation progresse”, a écrit en persan sur X Ali Larijani, secrétaire de la plus haute instance de sécurité en Iran, qui avait été reçu la veille à Moscou par le président russe Vladimir Poutine.Cette déclaration intervient alors que le président américain Donald Trump avait affirmé vendredi que l’Iran voulait “conclure un accord” sur le nucléaire, ajoutant qu’il avait fixé à Téhéran un ultimatum sans donner plus de détails.Elle fait aussi suite à d’autres propos, nettement plus offensifs, tenus par le chef de l’armée iranienne Amir Hatami, selon lequel les forces armées iraniennes sont “en état d’alerte maximale” face à une éventuelle attaque américaine.Depuis la vague de contestation réprimée début janvier dans le sang par le pouvoir iranien, Donald Trump a multiplié les avertissements tout en soufflant le chaud et le froid, et a déployé une dizaine de navires dans le Golfe, dont le porte-avions Abraham Lincoln.Ces menaces entretiennent un climat de fébrilité en Iran. Une explosion survenue samedi dans un immeuble résidentiel de Bandar Abbas, un port du sud de l’Iran sur le Golfe, est restée inexpliquée plusieurs heures avant que les pompiers annoncent qu’il s’agissait d’une fuite de gaz.Des incidents distincts ont été rapportés ailleurs dans le pays mais les médias ont rapidement écarté tout lien avec une attaque américaine.Une rumeur affirmant que le chef des forces navales des Gardiens de la Révolution avait été assassiné a par ailleurs largement circulé sur les réseaux sociaux, a rapporté l’agence Tasnim, l’attribuant à “une opération psychologique” menée par des “courants anti-Iran”.- Exercice naval -Tout en se disant ouvert au dialogue, l’Iran, “doigt sur la gâchette”, a déjà averti que de “nombreuses” bases américaines dans la région se trouvaient à portée de missiles iraniens. Il a également menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, point de transit clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.Les Gardiens de la Révolution vont y mener à partir de dimanche “un exercice naval de tir réel de deux jours”, a indiqué le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), mettant en garde contre “tout comportement dangereux” à proximité des forces américaines.Pour autant, le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, n’avait pas exclu vendredi de participer à des discussions si elles étaient “justes et équitables”, répétant que son pays n’avait “jamais cherché à se doter de l’arme nucléaire”.Il a cependant ajouté que les capacités de défense et les missiles de son pays “ne feraient jamais l’objet de négociations”.- Khamenei prie à Téhéran -Les pays du Golfe appellent à la retenue, tout comme la Turquie voisine. A la frontière, une Iranienne qui vient de quitter son pays se prend à espérer une “intervention extérieure”. “Ils en ont tués tellement… Nous prions pour que l’Amérique nous attaque, voilà où nous en sommes”, lâche cette quinquagénaire, interrogée par l’AFP.La pression est aussi montée ces derniers jours avec l’inscription par l’UE sur la liste des “organisations terroristes” des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique accusée d’avoir orchestré la répression des manifestations. Une décision qualifiée d'”insensée” par Téhéran.Alors que des analystes n’excluent pas le fait que les Etats-Unis veuillent éliminer les plus hauts dirigeants iraniens, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a visité samedi le mausolée de Rouhollah Khomeini, le fondateur de la République islamique, dans le sud de Téhéran.Dans des images publiées sur son site officiel, M. Khamenei, qui ne s’était pas montré en public depuis le 17 janvier, apparaît en train de prier.Sorti affaibli de la guerre de juin 2025, le pouvoir iranien a étouffé les récentes manifestations, initialement contre le coût de la vie, mais qui se sont transformées en défi au pouvoir.Plus de 6.500 personnes, dont 6.170 manifestants et 124 enfants, ont été tuées en Iran, d’après un bilan actualisé de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), dont le siège est aux Etats-Unis et qui enquête sur plus de 17.000 décès potentiels supplémentaires.  Les autorités iraniennes reconnaissent que des milliers de personnes ont été tuées lors des manifestations, mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou passants tués par des “émeutiers”.

A la frontière turque, des Iraniens appellent les Etats-Unis à l’aide contre les mollahs

“Ils en ont tués tellement… Nous prions pour que l’Amérique nous attaque, voilà où nous en sommes”.La quinquagénaire vient tout juste de poser son sac au poste-frontière de Kapiköy qui la sépare de l’Iran, son pays, dans l’est de la Turquie, que ses premiers mots sont pour espérer une “intervention extérieure”: “A l’intérieur de l’Iran, …

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Danemark: 10.000 personnes défilent pour dénoncer les propos de Trump sur l’Afghanistan

Au moins 10.000 personnes, selon la police, ont participé samedi à Copenhague par un froid glacial à une marche silencieuse, à l’appel de l’Association danoise des anciens combattants, pour dénoncer les propos de Donald Trump relativisant l’engagement des alliés des Américains en Afghanistan.Le président américain a déclenché l’indignation du Danemark et d’autres pays alliés le …

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Danemark: 10.000 personnes défilent pour dénoncer les propos de Trump sur l’Afghanistan

Au moins 10.000 personnes, selon la police, ont participé samedi à Copenhague par un froid glacial à une marche silencieuse, à l’appel de l’Association danoise des anciens combattants, pour dénoncer les propos de Donald Trump relativisant l’engagement des alliés des Américains en Afghanistan.Le président américain a déclenché l’indignation du Danemark et d’autres pays alliés le 22 janvier, en affirmant que leurs troupes étaient “restées un peu loin des lignes de front” pendant les 20 ans de conflit en Afghanistan. En réponse, 44 drapeaux danois, portant les noms d’autant de soldats danois tués en Afghanistan, ont été plantés dans les parterres de fleurs devant l’ambassade américaine à Copenhague, qui les a retirés mardi avant de s’excuser de son geste.”Nous éprouvons le plus profond respect pour les vétérans danois et pour les sacrifices que les soldats danois ont consentis pour notre sécurité commune. La suppression des drapeaux ne visait nullement à nuire”, a écrit l’ambassade des Etats-Unis sur Facebook.Elle a précisé que les bacs à fleurs étaient sa propriété et n’appartenaient pas au domaine public.Vendredi, l’ambassadeur américain a lui-même planté 44 drapeaux danois dans les bacs à fleurs.Samedi, 52 nouveaux drapeaux, avec des noms, devraient les rejoindre – 44 pour les Danois morts en Afghanistan, auxquels s’ajoutent les huit morts en Irak.Réunis au Kastellet, la citadelle de Copenhague, les manifestants ont assisté à une brève cérémonie devant le monument dédié aux soldats tombés au combat avant que le cortège ne se mette en marche.- “Demande pardon, Trump!” -Certains manifestants brandissaient des drapeaux danois rouges et blancs. D’autres, vêtus d’uniformes militaires, ont marché en silence jusqu’à l’ambassade américaine située à environ deux kilomètres plus loin.Une minute de silence a été observée devant l’ambassade et une gerbe de fleurs rouges et blanches a été déposée.”La manifestation s’appelle +No Words+ (pas de mots) car cela décrit vraiment ce qu’on ressent, nous n’avons pas les mots”, explique à l’AFP le vice-président de l’association des anciens combattans, Søren Knudsen.”Evidemment, on veut aussi dire aux Américains que ce que Trump a dit est une insulte envers nous et les valeurs que nous avons défendues ensemble”, a-t-il ajouté.En tête du cortège, des manifestants portaient une grande banderole rouge sur laquelle on pouvait lire “NoWords” (Pas de mots).”Trump est tellement bête”, clamait une pancarte brandie par un participant, tandis qu’une autre, portée par un enfant, exigeait : “Demande pardon, Trump!”.”Les propos de Trump ont été très insultants”, a déclaré à l’AFP Henning Andersen, un Danois qui a servi au sein d’une mission de l’ONU à Chypre. “J’ai des amis qui étaient là-bas (ndlr, en Afghanistan). Certains d’entre eux ont été blessés et portent encore aujourd’hui les séquelles de la guerre”, a ajouté cet homme de 64 ans, quatre décorations militaires épinglées sur la poitrine de sa veste noire d’ancien combattant.Donald Trump “dit des choses dont il ignore toute la vérité”, s’est-il indigné.”Nous avons été très agréablement surpris par le soutien que nous avons reçu”, s’est réjoui our sa part le vice-président de l’association des anciens combattants danois, Søren Knudsen.Traditionnellement atlantiste, le Danemark, qui continue d’appeler les Etats-Unis son “plus proche allié” malgré les tensions autour du Groenland, a notamment combattu aux côtés des forces américaines pendant la guerre du Golfe, puis en Afghanistan et en Irak. 

A la frontière turque, des Iraniens appellent les Etats-Unis à l’aide contre les mollahs

“Ils en ont tués tellement… Nous prions pour que l’Amérique nous attaque, voilà où nous en sommes”.La quinquagénaire vient tout juste de poser son sac au poste-frontière de Kapiköy qui la sépare de l’Iran, son pays, dans l’est de la Turquie, que ses premiers mots sont pour espérer une “intervention extérieure”: “A l’intérieur de l’Iran, on ne peut rien faire, ils nous tuent. Ils ne font que ça”. Entre menaces et déclarations incendiaires de part et d’autre, Ankara déploie ses efforts de médiation pour éviter l’escalade militaire entre Washington et Téhéran, craignant les retombées sur son propre sol et une déstabilisation régionale.Ils sont un peu plus d’une centaine samedi matin, des hommes surtout, à avoir traversé le principal poste-frontière entre l’Iran et la Turquie, parfois après plus d’un douzaine d’heures de route, grosse valise ou léger sac en main, les traits tirés.Originaire de Karaj, à une demi-heure de la capitale, mariée à un Turc qu’elle s’apprête à rejoindre à Mersin (sud), Shabnan – un prénom d’emprunt – est une des rares arrivantes à s’exprimer aussi ouvertement, à condition de ne pas être filmée ni identifiable.”Nous aussi on veut être libre, voir des touristes comme en Turquie… Tout le monde nous voit comme des terroristes. Avec les mollahs on a fait un bond en arrière de 100 ans”.Elle raconte dans un souffle les deux jours de manifestations, les 8 et 9 janvier, et leur répression qui laisse le pays assommé de violence. “Ils nous tiraient dans le dos, sans qu’on puisse les voir. Même derrière nos fenêtres on était visé”, dit-elle. “Chacun a perdu des proches, des amis, des voisins, des connaissances… Comme s’ils étaient en guerre contre leur propre pays”.- “Tout va très bien” -“En deux jours, ils ont tué des dizaines de milliers de gens. Et puis ils s’en sont pris aux médecins… Enfin, ça je l’ai vu sur les télés étrangères, parce que pour la télé iranienne, tout va très bien”.Plus de 6.500 personnes ont été tuées en Iran, d’après un bilan actualisé de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, qui enquête toujours sur plus de 17.000 décès potentiels supplémentaires.  Face au risque de conflit, la Turquie se tient prête à renforcer ses plus de 550 km de frontière avec l’Iran, déjà hérissée d’un haut mur doublé de tranchées, surmonté de barbelés sur plus de 380 km de long et patrouillé en permanence.A condition qu’ils aient un passeport, l’Iran laisse sortir ses ressortissants et la Turquie ne leur demande pas de visa pour un séjour inférieur à trois mois. En temps normal, de nombreux fêtards traversent la frontière pour quelques jours de détente dans la grande ville voisine de Van, à une centaine de kilomètres.Mais avec la crise qui frappe l’économie et la monnaie iraniennes, détonateur de la contestation fin décembre, ils sont de moins en moins nombreux, affirme à l’AFP un policier posté à Kapiköy. Ceux qui arrivent comptent généralement rentrer au pays, d’où leur extrême discrétion. Un jeune couple de Tabriz veut passer trois jours à Van, “surtout pour faire des achats”, souffle l’homme sous couvert d’anonymat. “On ne trouve plus rien de l’autre côté”.Il hasarde quelques mots d’anglais pour faire comprendre que “les arrestations continuent” mais n’en dira pas plus: “Ils fouillent nos affaires, nos téléphones, prennent nos numéros”…Le cou engoncé dans son col de fourrure noire, Abdullah Hasan, un couvreur de 27 ans, affirme de son côté surtout craindre, “s’il y a la guerre, que la frontière ferme”. “J’achète mes fournitures en Turquie, c’est devenu trop cher en Iran”, justifie-t-il.Et comme un attroupement se forme, face aux regards inquisiteurs, il s’empresse d’ajouter que “l’Iran est fort et n’a rien à craindre des Américains”.Un peu à l’écart, Rosa a posé le lourd sac en tissu qu’elle traîne depuis Ispahan, rempli de cadeaux et de confiseries pour des amis qu’elle compte retrouver à Istanbul. “On est épuisé”, lâche la jeune femme de 29 ans, livide sous sa capuche noire. Pour elle, l’intervention américaine a bien trop tardé. “C’est beaucoup trop tard maintenant. On sait qu’ils ne viendront pas pour nous mais pour le pétrole. Pour leurs propres intérêts. Nous on ne compte pas, on ne représente absolument rien”, crache-t-elle, avant de pester contrer les oreilles indiscrètes de quelques passants et de leur hurler dessus.