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Lula au chevet de la COP amazonienne

Le président brésilien Lula rencontre mercredi à Belem les représentants de près 200 pays dans la dernière ligne droite des négociations climatiques de la COP30, pour l’instant sans dénouement en vue.Le Brésil veut que sa COP, la première en Amazonie, soit un succès, et ses diplomates voulaient arracher un premier consensus dès mercredi. Mais l’agenda semble ambitieux, la conférence de l’ONU devant encore durer jusqu’à vendredi soir, terme de deux semaines de négociations.Luiz Inacio Lula da Silva a investi un capital politique important et a fixé un objectif: “infliger une nouvelle défaite aux négationnistes” du climat.Il a rencontré les représentants des pays émergents, et en début d’après-midi ceux de l’Union européenne et de quelques pays membres. Le commissaire européen Wopke Hoekstra a jugé “fantastique qu’il mette tout son poids politique” dans les discussions.La discrétion publique des Chinois, Indiens, Russes, pays du Golfe et autres producteurs de pétrole ne doit pas être interprétée comme une absence de désaccords. Derrières les portes des salles de négociations, les positions restent tranchées.- “Plus optimiste”-Les Européens, eux, se font entendre. La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a jugé que les tractations étaient “encore loin du compte”, se disant malgré tout “plus optimiste” qu’elle ne l’était la veille.”Non, il n’y aura pas de décision de la COP aujourd’hui. Je ne vois pas comment cela pourrait arriver”, a-t-elle dit mercredi à l’AFP, à la sortie d’une réunion de coordination avec ses homologues européens. Les Européens ont répété mercredi leur refus catégorique d’augmenter leurs contributions financières pour aider les pays pauvres à s’adapter à un climat plus extrême: “Nous n’envisageons aucune augmentation du financement de l’adaptation”, a dit à l’AFP Darragh O’Brien, ministre irlandais de l’Environnement.Les pays du Sud critiquent pour leur part les mesures commerciales “unilatérales”, pensant au mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières qu’ils assimilent à du protectionnisme.”Il faudra au moins une mention parce que ces mesures nous empêchent d’agir au lieu de nous faciliter la tâche”, a dit la ministre mexicaine Alicia Bárcena.Mentionner les barrières commerciales dans un texte de la COP30 est une priorité de Pékin dans les intenses tractations entre Européens et Chinois.Un front de plus de 80 pays européens, latino-américains et insulaires réclament de leur côté une décision qui encouragerait les pays à réellement mettre en place la sortie progressive des énergies fossiles adoptée sur le principe à Dubaï en 2023. – Attentes et rumeurs -Wopke Hoekstra a jugé l’initiative sur les énergies fossiles “positive”. “Nous aimons beaucoup l’idée”, a-t-il dit, sans y souscrire formellement.Mais les Brésiliens ne sont pas d’accord entre eux. L’idée d’une feuille de route formulée par Lula lui-même n’a jamais été reprise par la présidence du sommet, pilotée par un ministère des Affaires étrangères réputé proche des milieux d’affaires et sous pression de nombreuses nations qui ne veulent pas entendre parler, selon plusieurs observateurs interrogés par l’AFP.Une tentative assez avancée de compromis par la présidence brésilienne de la COP30 a été publiée mardi matin, pour tenter de trouver un point d’équilibre sur l’ambition climatique, le commerce et la finance.Un second texte plus resserré, faisant l’objet de toutes les attentes et les rumeurs, est attendu depuis l’aube mercredi. Le président de la conférence, le diplomate André Correa do Lago, espérait la faire adopter en plénière, par consensus de tous les pays comme c’est la règle, le jour même, un objectif irréaliste aux yeux de beaucoup.D’autres sujets plus techniques devront dans tous les cas être encore discutés pour être approuvés à la fin de la COP30.Signe que les Brésiliens entendent aller vite, les 6.000 délégués qui dorment sur deux paquebots sont priés de libérer leurs cabines samedi matin, à 8 heures.

Trump défend le prince héritier saoudien sur l’assassinat de Khashoggi

En plus d’offrir à “MBS” une spectaculaire réhabilitation diplomatique assortie d’importants accords dans la défense et l’énergie, Donald Trump a défendu avec vigueur mardi le prince héritier saoudien concernant l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018.Ce dernier a obtenu plusieurs faveurs du président des Etats-Unis, comme la désignation de l’Arabie saoudite comme “allié majeur non-membre …

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Macédoine du Nord : début du procès de l’incendie tragique d’une discothèque

Le procès de 35 personnes accusées d’avoir joué un rôle dans l’incendie d’une discothèque en Macédoine du Nord qui a fait 63 morts s’est ouvert mercredi, premier d’une longue série de jours d’audience où seront étudiés les multiples omissions à la sécurité du lieu.Le feu a pris dans la nuit du 15 au 16 mars …

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Ukraine: 25 morts dans une frappe russe, vaine tentative diplomatique de Zelensky

Au moins 25 personnes ont été tuées et plus de 90 blessées mercredi dans l’une des frappes russes les plus meurtrières dans l’ouest de l’Ukraine tandis que la tentative du président Volodymyr Zelensky de relancer les négociations de paix est restée vaine. A l’issue d’une rencontre avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, M. Zelensky a dit espérer une reprise des échanges de prisonniers de guerre avec la Russie “d’ici la fin de l’année”.Cette visite, sans présence russe, visait à “réengager” les Etats-Unis dans le processus de paix, avait dit un responsable ukrainien à l’AFP. Mais l’émissaire américain Steve Witkoff n’était pas présent et la Russie a poursuivi ses frappes sur les villes et infrastructures énergétiques ukrainiennes.Le Kremlin a de son côté refusé de commenter des informations publiées par le média américain Axios selon lesquelles Washington et Moscou préparent discrètement un plan de paix pour mettre fin à près de quatre ans de guerre en Ukraine.L’Ukraine a vécu dans la nuit l’une des attaques les plus meurtrières de l’année, qui a notamment visé les régions occidentales de l’Ukraine, d’ordinaire plus épargnées en raison de leur éloignement du front: Lviv, Ivano-Frankivsk et Ternopil.A Ternopil, au moins 25 personnes ont été tuées, dont trois enfants, et 92 blessées, selon un nouveau bilan des secours. Les recherches sont toujours en cours pour retrouver des survivants sous les décombres d’immeubles.Oksana, 46 ans, était en route pour son travail lorsque les frappes russes sont tombées sur Ternopil. Elle n’a aucune nouvelle de son fils de 20 ans, resté dans leur appartement dans un immeuble résidentiel dont plusieurs étages ont eté entièrement détruits. “Je l’ai appelé, je lui ai dit +Bogdan, habille-toi et sors+. Il m’a dit +Maman, ne t’inquiète pas, tout ira bien.+ Mais c’est trop tard”, a-t-elle déclaré à l’AFP. “Nous attendons depuis ce matin et il n’a toujours pas été retrouvé”, a ajouté sa soeur, Natalia Bachinska.- Étages éventrés -Un journaliste de l’AFP sur place a vu deux immeubles d’habitation dont les derniers étages ont été éventrés, de la fumée s’échappant de ce qu’il restait des appartements, tandis que des pompiers s’activaient autour avec une lance à incendie.L’armée ukrainienne a affirmé que la Russie avait frappé la ville avec dix missiles de croisière. Quelque 476 drones et 48 missiles russes ont visé le pays dans la nuit, dont respectivement 442 et 41 ont été abattus, a-t-elle dit.Les bombardements ont “endommagé des immeubles d’habitation ainsi que des installations industrielles et des entrepôts”, provoquant “des incendies de grande ampleur”, a indiqué le ministère de l’Intérieur.L’administration régionale de Ternopil a appelé les habitants à rester chez eux et à fermer les fenêtres en raison d’une teneur en chlore dans l’air “six fois” supérieure à la norme, liée aux incendies et aux fortes fumées.M. Zelensky a estimé que ces frappes montraient que “la pression sur la Russie était insuffisante”. “Voilà à quoi ressemblent en réalité les +plans de paix+ de la Russie”, a ironisé le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga.- “guerre de terreur” -Le chancelier allemand Friedrich Merz a dénoncé “une intensification massive” des frappes russes. “Cela n’a rien à voir avec des objectifs militaires. Il s’agit purement d’une guerre de terreur contre la population civile ukrainienne”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.Comme lors d’autres attaques, la Roumanie, membre de l’Otan et voisine de l’Ukraine, a annoncé avoir dû faire décoller des avions de chasse à cause d’une nouvelle incursion de drone sur son territoire.Depuis son retour au pouvoir en début d’année, Donald Trump s’est présenté comme un médiateur avec Moscou pour ce conflit, alors que Washington avait été un soutien militaire et financier majeur de Kiev depuis quatre ans.Ses efforts n’ont toutefois pas abouti à une cessation des hostilités. Se disant tour à tour frustré par Volodymyr Zelensky puis Vladimir Poutine, il a finalement adopté en octobre des sanctions contre le secteur pétrolier russe.Plusieurs sessions de pourparlers entre Russes et Ukrainiens à Istanbul cette année ont échoué à aboutir à des avancées majeures.La Russie, qui occupe environ 20% de l’Ukraine, réclame que celle-ci lui cède cinq régions et renonce à intégrer l’Otan. Kiev refuse et réclame le déploiement de troupes occidentales sur le territoire restant sous son contrôle, idée que la Russie juge inacceptable.La volonté de Kiev de relancer les pourparlers intervient à un moment très difficile pour l’armée ukrainienne.Une ville clé sur le front Est, Pokrovsk, semble sur le point de tomber. Les soldats russes ont pénétré cet été dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est) et avancent depuis plusieurs jours dans celle de Zaporijjia (sud), où le front était largement gelé depuis deux ans.