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Venezuela: Rubio défend la coopération avec les autorités par intérim

Le gouvernement américain a affiché mercredi sa volonté de coopérer avec le Venezuela quelques semaines après la capture spectaculaire de Nicolas Maduro, tout en se déclarant déterminé à maintenir la bride sur Caracas.S’exprimant devant une commission parlementaire, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio a également espéré que le gouvernement américain puisse être représenté rapidement dans le pays.Les Etats-Unis devraient être en mesure d'”ouvrir une représentation diplomatique américaine dans un avenir proche, ce qui nous permettra d’obtenir des informations en temps réel et d’interagir avec les autorités vénézuéliennes ainsi que des membres de la société civile”, a-t-il dit.La semaine dernière, les Etats-Unis ont nommé Laura Dogu, ancienne ambassadrice au Nicaragua et au Honduras, au poste de chargée d’affaires des Etats-Unis au Venezuela, basée pour l’instant à Bogota, en Colombie.Une décision perçue comme un réchauffement des relations diplomatiques entre les deux pays, rompues en 2019.Dans des remarques distribuées à l’avance mardi soir, mais qu’il n’a pas prononcées, M. Rubio avait averti que les Etats-Unis pourraient de nouveau avoir recours à la force si le Venezuela ne se montrait pas suffisamment coopératif.Il avait également émis une menace à peine voilée vis-à-vis de la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, disant qu’elle était “très consciente du sort réservé à Maduro”.Mais il a adopté un ton plus mesuré devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.”Je peux vous dire dès maintenant avec certitude que nous ne sommes pas prêts à mener une action militaire au Venezuela, que nous n’avons pas l’intention de le faire et que nous ne prévoyons pas d’avoir à le faire”, a-t-il déclaré.Le secrétaire d’Etat américain, considéré comme l’artisan de la politique des Etats-Unis vis-à-vis du Venezuela, a défendu avec force l’opération militaire qui a permis de capturer début janvier le président chaviste, qui est détenu depuis aux Etats-Unis et inculpé pour narcotrafic.Il s’est félicité des progrès accomplis avec les autorités intérimaires dirigées par l’ex-vice-présidente Delcy Rodriguez, toujours sous le coup de sanctions américaines.”Nous avons affaire à des gens qui ont passé la majeure partie de leur vie dans un paradis pour gangsters. Cela ne va donc pas se faire du jour au lendemain, nous n’allons pas changer la situation en une nuit. Mais je pense que nous faisons des progrès satisfaisants”, a-t-il dit.Il a notamment insisté sur le fait que Washington a  établi “des conversations directes et respectueuses avec les éléments qui contrôlent ce pays”.L’ex-vice-présidente de M. Maduro a été investie cheffe de l’Etat par intérim le 5 janvier, deux jours après la capture de l’ex-président vénézuelien. Mais Donald Trump a clairement annoncé que Washington entendait “dicter” les décisions du Venezuela jusqu’à nouvel ordre.Elle a affirmé dimanche que “les ordres de Washington aux politiques vénézuéliens, ça suffit”.- Le levier du pétrole -Plusieurs élus démocrates ont ironisé mercredi sur le fait que l’administration Trump ait “troqué un dictateur contre un autre”.La sénatrice Jeanne Shaheen a relevé que l’opération avait coûté plusieurs centaines de millions de dollarsy: “et pourtant, le régime Maduro est toujours au pouvoir”.”Sa coopération semble tactique et temporaire, et ne constitue pas un véritable changement dans l’alignement du Venezuela”, a-t-elle affirmé.Après son audition, Marco Rubio doit rencontrer à huis clos l’opposante et lauréate du Nobel de la Paix Maria Corina Machado, avec qui Washington entretient une relation ambigüe, disant la soutenir mais préférant traiter pour le moment avec les autorités par intérim.Sous la pression américaine, Mme Rodriguez a signé des accords pétroliers avec les Etats-Unis, engagé une réforme législative comprenant notamment une loi sur les hydrocarbures, libéré des prisonniers politiques et appelé à trouver des accords avec l’opposition.A cet égard, M. Rubio a insisté sur le levier du pétrole vénézuelien qui est sous sanctions des Etats-Unis, et qui selon ses détracteurs aurait motivé l’opération militaire américaine.”Nous vous autorisons à commercialiser le pétrole sanctionné et soumis à la quarantaine (..) au prix du marché. En contrepartie, les fonds ainsi générés seront déposés sur un compte que nous superviserons, et vous devrez dépenser cet argent dans l’intérêt du peuple vénézuélien”, a-t-il dit.

L’Iran “prêt” à répondre aux menaces de Trump tout en se redisant ouvert à un accord sur le nucléaire

L’Iran, “le doigt sur la gâchette”, est prêt à répondre à toute attaque américaine, a affirmé mercredi le chef de la diplomatie iranienne répliquant aux menaces de Donald Trump, tout en répétant être prêt à un accord “juste et “équitable” sur le nucléaire.Abbas Araghchi a posté mercredi soir sur X un message mêlant menace et ouverture, après la mise en garde de Donald Trump affirmant que “le temps était compté” pour Téhéran.Les forces iraniennes ont “le doigt sur la gâchette” pour répondre à toute attaque, a écrit M. Araghchi. Il a ajouté que “l’Iran a toujours accueilli favorablement un ACCORD NUCLEAIRE mutuellement bénéfique, juste et équitable (…) qui garantisse les droits de l’Iran à une technologie nucléaire PACIFIQUE et assure l’absence TOTALE D’ARMES NUCLEAIRES”, reprenant quasiment en miroir les termes du message du président américain.”Espérons que l’Iran acceptera rapidement de +s’asseoir à la table+ et de négocier un accord juste et équitable – PAS D’ARMES NUCLEAIRES”, avait auparavant déclaré Donald Trump sur son réseau Truth Social, tout en menaçant Téhéran d’une attaque “bien pire” que les frappes américaines menées contre ses sites nucléaires en juin dernier.Peu après cette mise en garde, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a estimé quant à lui que l’Iran était “plus faible que jamais” et dit s’attendre à ce que les manifestations reprennent à terme.Côté européen, le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé que les jours du régime iranien étaient “comptés”, estimant même que “cela pourrait se compter en semaines”, et la France a indiqué soutenir l’inscription des Gardiens de la révolution, le bras armé de la République islamique, “sur la liste européenne des organisations terroristes”.Plus tôt dans la journée, Abbas Araghchi avait appelé les Américains, s’ils voulaient engager des pourparlers, à “cesser les menaces, les demandes excessives”.- “Désescalade” -Des analystes estiment que les options envisagées par Washington incluent des bombardements de sites militaires ou des frappes ciblées contre des dirigeants pour faire tomber le pouvoir, aux commandes depuis la Révolution islamique de 1979.Pour conjurer la menace d’intervention, l’Iran multiplie les contacts diplomatiques.  Le président Massoud Pezeshkian s’est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui lui a assuré que Ryad n’autoriserait pas l’usage de son territoire pour une attaque contre l’Iran.Côté qatari, le Premier ministre et chef de la diplomatie, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a réitéré auprès de Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, “le soutien du Qatar à tous les efforts visant à la désescalade”. Au Caire, le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a parlé à la fois avec MM. Araghchi et l’émissaire américain Steve Witkoff, soulignant l’importance de “travailler à la désescalade”. “Il est mauvais de relancer la guerre”, a pour sa part affirmé le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan.Le représentant chinois à l’ONU Fu Cong a de son côté mis en garde mercredi le Conseil de sécurité contre tout “aventurisme militaire” en Iran.- Premier procès -Dans le même temps, l’Iran a prévenu qu’il considérerait les pays voisins comme “hostiles” si leur territoire était utilisé pour le frapper.Un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution a menacé d’un blocage du détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.A Téhéran, de nouveaux panneaux montrant des frappes sur le porte-avions américain et portant des slogans anti-américains sont apparus, ont constaté des journalistes de l’AFP.Parallèlement, de nouveaux bilans émergent sur la répression des manifestations qui ont défié le pouvoir iranien. D’après un bilan actualisé de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, 6.221 personnes ont été tuées durant le mouvement de contestation.Parmi ces morts, elle a décompté 5.856 manifestants, 214 membres des forces de sécurité, 49 passants et 100 mineurs. L’organisation, qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays, enquête sur plus de 17.000 décès potentiels supplémentaires et estime qu’au moins 42.324 personnes ont été arrêtées dans une répression qui se poursuit. Selon HRANA, un premier procès lié aux manifestations s’est ouvert mardi près de Téhéran contre un homme accusé du meurtre d’un policier. La documentation de la répression par les ONG reste entravée par la coupure générale d’internet imposée depuis le 8 janvier.La mobilisation avait été lancée par des commerçants de Téhéran contre le marasme économique, encore aggravé par le rétablissement en septembre par l’ONU de sanctions internationales liées au programme nucléaire de Téhéran. 

Fin de vie: le Sénat rejette la loi sur l’aide à mourir, bientôt de retour à l’Assemblée

Après des débats chaotiques sur la fin de vie, le Sénat a rejeté mercredi une proposition de loi sur l’aide à mourir déjà vidée de sa substance par les opposants à cette réforme sociétale majeure soutenue par l’exécutif. Les députés s’apprêtent à reprendre la main.Le texte du député Olivier Falorni, qui avait recueilli une majorité claire à l’Assemblée nationale au printemps 2025, va retourner au palais Bourbon en deuxième lecture dès le 16 février. C’est un retour à la case départ, ou presque: suite au rejet du texte par le Sénat, les députés seront saisis de leur propre version adoptée il y a près d’un an. Ils pourront y apporter des modifications s’ils le souhaitent.Promesse présidentielle du second quinquennat d’Emmanuel Macron, la proposition de loi prévoit la création d’un dispositif encadré de suicide assisté et d’euthanasie, même si ces deux termes, dont la connotation est jugée négativement, n’y sont pas mentionnés noir sur blanc.- “Sabordage collectif” -Le débat sur la fin de vie, qui se voulait apaisé et serein, a finalement tourné au vinaigre au Sénat. L’aile la plus conservatrice de la droite et des centristes, incarnée notamment par le patron des Républicains Bruno Retailleau, s’est très largement mobilisée lors de la discussion de ce texte pour en supprimer certaines mesures phares.Résultat: la proposition de loi a été totalement vidée de sa substance. Un “texte fantôme”, “caricatural”, “un puzzle sans modèle” voire “une forme de sabordage collectif”, selon plusieurs sénateurs. Au final, ce texte sans cohérence a été rejeté dans sa globalité au Sénat, par la combinaison des voix de la gauche, qui militait pour un retour au texte voté à l’Assemblée nationale, et d’une part non-négligeable d’élus centristes et LR, très insatisfaits par l’issue des débats. Seulement 122 sénateurs ont voté pour, contre 181 oppositions.Certains ont notamment redouté que ce texte ainsi modifié, s’il avait été adopté, vienne affaiblir la loi Claeys-Léonetti actuellement en vigueur, qui autorise notamment la “sédation profonde et continue jusqu’au décès” pour certains patients en fin de vie. “Rejeter le texte, c’est finalement n’offrir qu’un silence en réponse aux travaux de l’Assemblée”, a regretté la sénatrice Les Républicains Frédérique Puissat, pour qui la rédaction du Sénat offrait “une piste équilibrée”.De nombreux sénateurs ont au contraire fait part de leur malaise face à cette copie sans ossature. “Ce que nous avons vécu ici ressemble à une forme d’abandon démocratique, abandon du débat, abandon de la nuance. Nous avons collectivement échoué”, a regretté le sénateur Renaissance Xavier Iacovelli.- Dernier mot aux députés ? -Les dissensions qui traversent le Sénat sur cette réforme risquent en tout cas de mettre la chambre haute hors-jeu dans ce débat sociétal d’importance, car le gouvernement pourra donner la décision finale aux députés en cas de désaccord persistant.”Le principe constitutionnel, c’est le dernier mot à l’Assemblée”, a prévenu mercredi sur Public Sénat le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’est elle dite convaincue que le texte pourrait y être adopté définitivement “avant l’été”.Les associations et collectifs mobilisés sur le sujet ont eu des analyses opposées après ce vote du Sénat. Les plus favorables à l’aide à mourir, comme l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), ont fustigé “l’incapacité du Sénat à se montrer à la hauteur du débat”. Alors que les opposants, comme la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) ont appelé le gouvernement à “entendre le signal du Sénat”.Si cette réforme aboutissait, la France rejoindrait d’autres pays ayant légiféré sur la question, comme les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, le Canada.Emmanuel Macron a aussi envisagé un référendum sur le sujet si les blocages persistaient. Une option qui semble avoir été atténuée à ce stade par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, car il n’y a pas “d’enlisement parlementaire” selon elle.Un autre texte sur les soins palliatifs, passé au second plan mais examiné en parallèle et adopté très largement au Sénat, pourrait lui faire l’objet d’un accord entre les deux chambres du Parlement, au vu de son caractère bien plus consensuel. Il prévoit notamment l’instauration d’une stratégie nationale de déploiement de ces soins, ainsi que la création de “maisons d’accompagnement et de soins palliatifs” dans les territoires.

Danemark: colère d’anciens combattants après le retrait de drapeaux danois par l’ambassade américaine

Des vétérans danois ont critiqué mercredi l’ambassade américaine à Copenhague pour avoir retiré les drapeaux nationaux qu’ils avaient placés devant le bâtiment en l’honneur des soldats danois tués en Afghanistan. L’ambassade est ensuite revenue sur sa décision, déclarant aux médias danois qu’elle n’aurait pas retiré les drapeaux si elle avait été informée de l’intention motivant cette …

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Face aux tensions autour du Groenland, France et Danemark appellent au réveil de la puissance européenne

Le récent bras de fer avec les Etats-Unis autour du Groenland est pour Emmanuel Macron “un appel au réveil stratégique” de l’Europe, qui devrait faire plus vite et plus fort pour se réarmer, selon la Première ministre danoise Mette Frederiksen.Ce “réveil” doit porter “sur l’affirmation de notre souveraineté européenne, sur notre contribution à la sécurité …

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Au Venezuela, l’espoir d’un renouveau de l’industrie pétrolière sous l’impulsion des Etats-Unis

Ronald Herrera se souvient de la ville prospère qu’était Puerto Cabello il y a 40 ans, avec sa raffinerie symbole d’une époque dorée, quand le pétrole et l’argent coulaient à flots. Aujourd’hui, après la capture de Nicolas Maduro et l’annonce d’investissements en hausse dans cette industrie, sous pression américaine, il aspire à un nouvel essor.Delcy …

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Poutine reçoit le président syrien au moment où Moscou cherche à préserver ses bases militaires

Le président russe Vladimir Poutine a reçu mercredi son homologue syrien, Ahmad al-Chareh, pour la deuxième fois depuis le renversement en 2024 de Bachar al-Assad, allié du Kremlin, au moment où Moscou cherche à préserver ses bases militaires en Syrie.Vladimir Poutine a salué les progrès “en termes de restauration des relations inter-étatiques” entre la Russie …

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“La fierté de toute une nation”: ultime hommage en Israël au dernier otage de Gaza

Israël a tourné mercredi une page traumatisante de son histoire en enterrant le dernier otage de l’attaque du 7 octobre 2023, lors de funérailles nationales où le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti les ennemis de son pays qu’ils paieraient un “prix exorbitant” pour toute nouvelle agression.Des milliers de personnes ont rendu hommage au policier Ran Gvili au petit stade de Meitar, sa ville natale, dans le sud d’Israël.”J’espérais que tu rentres sur tes deux jambes, et cela m’a donné de la force”, a lancé sa mère Talik Gvili, devant le cercueil recouvert du drapeau israélien. “Pendant deux ans et quatre mois, nous n’avons cessé de parler de toi et tu es devenu l’enfant de tous”.”Tu es la fierté de toute une nation”, a renchéri son autre fils, Omri Gvili.Shira Gvili, la soeur du défunt, en larmes, a fait entendre au micro la voix de son frère le matin du 7-Octobre au téléphone lui disant de ne pas s’inquiéter, provoquant les sanglots de la foule. Présent au côté de la famille, le président israélien Isaac Herzog a demandé pardon, au nom de l’Etat, “de ne pas avoir été là pour lui”.Sur l’estrade, le portrait de Ran Gvili, mort à 24 ans, s’affiche en grand, avec l’inscription “Parti le premier, dernier à revenir”.Cette formule lancée par la famille est devenue un leitmotiv national. Elle fait allusion au départ précipité du jeune homme, alors en arrêt maladie, au matin du 7-octobre, pour se porter avec son arme de service au devant des combattants du mouvement islamiste palestinien Hamas infiltrés en Israël. Il sera tué ce jour-là dans des combats et son corps emmené dans la bande de Gaza. – “C’est terminé” -Dans la foule de Meitar réunie sous un ciel gris, des familles, dont beaucoup d’enfants, mais aussi des ministres, députés et autres officiels. Certains portent le ruban jaune, symbole des otages.”On aurait voulu qu’il revienne d’une autre façon”, dit à l’AFP Reout Gavrieli, 44 ans. “Mais je suis quand même heureuse (…) qu’il trouve enfin le repos et qu’on referme ce chapitre”.Connu pour son rôle dans la série à succès Fauda, l’artiste Idan Amedi a chanté son titre “Nigmar” (“C’est terminé”, en hébreu) à la fin de la cérémonie. Les restes du dernier otage ont ensuite été inhumés dans l’inimité, en présence de plusieurs anciens captifs du Hamas à Gaza.Sa dépouille avait été rapatriée lundi en Israël, au lendemain de fouilles de l’armée israélienne dans un cimetière du nord de la bande de Gaza.  Le Hamas avait dit avoir donné des informations sur l’emplacement du corps, en gage de bonne volonté et de son “engagement” en faveur du cessez-le-feu, en cours depuis le 10 octobre dernier.Ran Gvili était le dernier otage dont le Hamas devait rendre la dépouille dans le cadre de cette trêve. Mercredi matin, son cercueil a quitté la base militaire de Shoura, dans le centre d’Israël, salué par une rangée de policiers, avant de prendre la direction de Meitar.Le long de la route, des centaines d’Israéliens lui ont rendu hommage. Lors de l’attaque du 7-Octobre, qui a déclenché la guerre de Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d’otages. Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.- “Nous y arriverons” -Dans son éloge funèbre à Meitar, M. Netanyahu a salué la mémoire d’un “héros d’Israël”. “Nous sommes déterminés à mener nos missions à leur terme: désarmer le Hamas et démilitariser Gaza, et nous y arriverons. Que nos ennemis sachent que quiconque lève la main sur Israël paiera un prix exorbitant”, a-t-il insisté.Alors que les deux parties s’accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les plus de deux millions de Palestiniens de la bande de Gaza, vivant largement sous tente dans un territoire dévasté et livré aux intempéries de l’hiver.Les funérailles de Ran Gvili pourraient permettre l’avancée du plan du président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre. La deuxième étape de ce plan, endossé par le Conseil de sécurité de l’ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l’armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.Le Hamas est prêt à un “transfert complet de la gouvernance” de la bande de Gaza aussi vite que possible, a déclaré mercredi un porte-parole du mouvement islamiste palestinien à l’AFP, en insistant pour une réouverture totale du poste-frontière de Rafah avec l’Egypte – crucial pour le passage de l’aide humanitaire – “sans entraves israéliennes”.Une dizaine de pays dont la France, le Canada et le Royaume-Uni ont exhorté mercredi Israël à laisser entrer “sans entrave” l’aide humanitaire à Gaza.

Au procès en appel du RN, les mauvais comptes du trésorier de Saint-Just

Trésorier du Front national de 2009 à 2021, Wallerand de Saint-Just s’est péniblement défendu mercredi devant la cour d’appel de Paris, niant avoir chapeauté un système de détournement de fonds du Parlement européen pour alléger les charges du parti d’extrême droite.À la barre, l’avocat retraité de 75 ans, costume sombre et cravate rouge, se présente comme prenant ses fonctions de trésorier bénévole en 2009 en étant animé du seul souci, par un méticuleux jeu d’économies et de recettes, de maintenir financièrement à flot le FN, laminé dans les urnes en 2007.C’est dans ce contexte, explique-t-il, qu’il dresse un tableau où se trouvent réparties entre les catégories “Europe”, “Siège” et “Equipe Marine”, des salariés théoriquement rattachés au Parlement européen.”Je fais ce tableau car je vois notamment au Paquebot (le siège d’alors du parti à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, NDLR) un certain nombre de personnes qui ne sont pas salariées du RN, je fais ce tableau pour savoir ce qu’ils font, où se trouve leur bureau et par qui ils sont payés”, se justifie-t-il.”C’est curieux cette mention +payés autrement+”, tique la présidente Michèle Agi.En première instance, le tribunal correctionnel de Paris a estimé que Wallerand de Saint-Just était parfaitement informé des “transferts de charges” entre le FN et le Parlement européen, qu’il a “incité” et dont il a “assuré le suivi”. Il l’a condamné en conséquence à trois ans de prison, dont deux avec sursis.Il est reproché à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Sur les 25 condamnés en première instance l’année dernière, seule la moitié a fait appel.- “Marine sait tout cela” -Après un début d’interrogatoire ronronnant, la difficulté monte d’un cran pour Wallerand de Saint-Just lorsque la cour commence à aborder les cas individuels. Bien vite, il se trouve acculé sur le contrat de Charles Hourcade. Employé par le FN, ce graphiste a subitement basculé pendant six mois sur un contrat d’assistant parlementaire, de septembre 2014 à février 2015, avant de redevenir officiellement graphiste salarié du parti. Condamné à six mois avec sursis en première instance pour ces faits, l’intéressé n’a pas fait appel.”Je ne peux pas imaginer que (l’eurodéputée) Marie-Christine Boutonnet ne va pas lui donner du travail. Pour moi, c’est inimaginable. Quand je lui parle, pour moi, son travail va changer”, assure à la barre, embarrassé, M. de Saint-Just.”Ce n’est pas la même chose que de travailler comme assistant parlementaire que comme graphiste”, lui objecte la présidente.Son inconfort empire quand est abordé un courriel que lui adresse en juin 2014 l’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser au sujet de l’embauche d’assistants parlementaires, un élément accablant de l’accusation au cours de l’instruction et du premier procès.Dans ce message, M. Schaffhauser s’inquiète auprès du trésorier: “Ce que Marine nous demande équivaut qu’on signe pour des emplois fictifs”. “Je crois bien que Marine sait tout cela”, lui répond M. de Saint-Just.”Ça me paraît tellement en dehors de la réalité que je me borne à l’envoyer sur les roses”, jure Wallerand de Saint-Just, affirmant mordicus aux juges ne pas “imaginer un instant que (Marine Le Pen) puisse commettre une infraction”.Cette journée marque la fin de la séquence des interrogatoires des prévenus dans ce procès à hauts enjeux politiques, dans lequel Marine Le Pen joue sa candidature à la présidentielle de 2027.À la reprise lundi après-midi, la cour examinera la personnalité des prévenus avant d’entendre mardi les très attendues réquisitions du parquet général.

Trump attaque le maire de Minneapolis, la “désescalade” fragilisée

La “petite désescalade” promise par Donald Trump à Minneapolis, où un infirmier a été tué par balles par des agents fédéraux, semble incertaine mercredi après des propos acerbes du président américain contre son maire.La ville de quelque 400.000 habitants reste sous le choc du décès d’Alex Pretti, 37 ans, tué par des agents de la police aux frontières (CBP), après celui de Renee Good, une mère de famille du même âge, le 7 janvier sous les balles de la police de l’immigration (ICE).Et alors que l’administration républicaine a paru vouloir apaiser une situation inflammable, en ville comme dans les cercles politiques à Washington, le président a menacé mercredi l’édile de Minneapolis.Jacob Frey avait affirmé la veille sur X qu’il “n’appliquait pas et n’appliquerait pas les lois fédérales sur l’immigration”.”Est-ce que quelqu’un (…) pourrait lui expliquer que cette déclaration constitue une violation très grave de la loi et qu’il JOUE AVEC LE FEU”, a lancé le chef de l’Etat sur sa plateforme Truth social.Mais Jacob Frey a enfoncé le clou peu après en soulignant sur X: “Le travail de notre police est d’assurer la sécurité des citoyens, pas de faire respecter les lois fédérales sur l’immigration”.La situation est désormais scrutée de près par les alliés traditionnels de Washington.”Ce que j’ai vu est évidemment préoccupant”, a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer, deux jours après des propos du chancelier allemand Friedrich Merz, qui jugeait “inquiétant” le “niveau de violence” aux Etats-Unis.- “Assassin en puissance” -Mardi, la députée démocrate d’origine somalienne, Ilhan Omar, a été agressée lors d’une réunion publique. Un individu s’est précipité vers l’élue, brandissant une seringue remplie d’un liquide nauséabond non identifié, avant d’être maîtrisé. Indemne, cette figure de la gauche américaine a poursuivi son discours, réclamant d’abolir “une fois pour toutes” la police de l’immigration ainsi que la démission de la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem.La gauche s’oppose au déploiement d’agents fédéraux chargés d’arrêter les sans-papiers, comme l’a promis Donald Trump. Elle dénonce des objectifs contraires, selon elle, aux principes de la démocratie américaine.La liberté avec laquelle agissent des agents fédéraux souvent masqués ne cesse d’inquiéter. L’un d’eux a été refoulé alors qu’il tentait de pénétrer dans le consulat d’Equateur à Minneapolis, selon le ministère des Affaires étrangères de ce pays, allié de Washington.Et un homme de 34 ans a été blessé après un échange de tirs avec les agents de la CBP dans l’Arizona, frontalier du Mexique, selon les autorités locales.Les propos vindicatifs du milliardaire américain tranchent avec la volonté affichée la veille de calmer le jeu.Après avoir décrit ce week-end Alex Pretti comme un “assassin en puissance”, le très radical conseiller présidentiel Stephen Miller a fait savoir que les autorités examinaient “les raisons pour lesquelles l’équipe de la (…) CBP pourrait ne pas avoir suivi le protocole”.La Maison Blanche a ensuite rétropédalé, assurant qu’il faisait référence à des “directives générales” destinées aux agents de l’immigration, plutôt qu’à la mort d’Alex Pretti précisément.- “Insurgés rémunérés” -De fait, des vidéos analysées par l’AFP et d’autres médias décrédibilisent la thèse selon laquelle l’infirmier, qui portait légalement une arme, menaçait les forces de l’ordre.Deux policiers lui ont tiré dessus, cinq secondes après qu’un agent a lancé “il a un flingue!”, selon un rapport préliminaire du ministère de la Sécurité intérieure transmis au Congrès et révélé par des médias américains.C’est désormais Tom Homan, émissaire présidentiel, qui pilote l’opération antimigrants après le départ du très martial chef de la police aux frontières, Greg Bovino.”Bovino est très bon, mais c’est un type plutôt excentrique”, a dit Donald Trump sur la chaîne Fox News. Avant d’affirmer, sans preuves, que les manifestations au Minnesota avaient été infiltrées par des “insurgés rémunérés”.Le président n’entend donc pas infléchir sa politique. Mais les pouvoirs locaux poursuivent la lutte. Une juge du Minnesota doit trancher rapidement sur la demande du procureur général de l’Etat d’y suspendre l’opération anti-immigration.La justice a aussi bloqué l’expulsion de Liam Conejo Ramos, 5 ans, et de son père d’origine équatorienne, arrêtés la semaine dernière. La photo du garçonnet apeuré, bonnet bleu aux oreilles de lapin sur la tête, est devenue virale.bur-pel-ube-dla/bpe/ph