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Le Nobel de littérature décerné au Hongrois Laszlo Krasznahorkai, le “maître de l’apocalypse”

Le prix Nobel de littérature 2025 a été décerné jeudi à l’écrivain hongrois Laszlo Krasznahorkai, dont l’oeuvre explore les thèmes de la dystopie et de la mélancolie.Agé de 71 ans, il a été récompensé “pour son œuvre fascinante et visionnaire qui, au milieu d’une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l’art”, a expliqué le jury.Né le 5 janvier 1954 à Gyula, dans le sud-est de la Hongrie, Laszlo Krasznahorkai est surtout lu en Allemagne, où il a vécu pendant des années, et en Hongrie, où il est considéré par beaucoup comme l’un des plus importants auteurs vivants du pays. Une région rurale reculée sert de décor à son premier roman, “Le Tango de Satan” (Satantango), paru en 1985. “Sensation littéraire” en Hongrie, ce roman marque la percée de l’auteur, explique le jury.”Je suis très heureux, calme et très nerveux à la fois”, a-t-il réagi, à chaud, auprès de la radio suédoise SR.Son nom revenait depuis plusieurs années dans les conjectures des critiques littéraires. La critique américaine Susan Sontag l’avait qualifié de “maître de l’apocalypse” après avoir lu son deuxième roman, “La mélancolie de la résistance” (1989), où l’on suit dans une petite ville du sud-est de la Hongrie Mme Pflaum, qui se débat avec une menace jamais nommée. La venue d’un cirque et l’exhibition d’une immense baleine sèment le trouble dans la communauté, puis précipitent la ville dans une explosion de violences.- “La réalité examinée jusqu’à la folie” -László Krasznahorkai est “un grand écrivain épique dans la tradition d’Europe centrale qui s’étend de Kafka à Thomas Bernhard et se caractérise par l’absurdisme et l’excès grotesque. Mais il a plus d’une corde à son arc et il se tourne également vers l’Orient en adoptant un ton plus contemplatif et finement calibré”, selon l’Académie.Outre “la syntaxe ample et sinueuse de Krasznahorkai qui est devenue sa marque distinctive en tant qu’écrivain, son style laisse également place à une certaine légèreté et à une grande beauté lyrique”, a estimé l’un des membres du comité de l’Académie suédoise, Steve Sem-Sandberg.Difficile et exigeant, son style a été décrit par le romancier hongrois lui-même comme “la réalité examinée jusqu’à la folie”. Son penchant pour les longues phrases et les rares coupures de paragraphe ont également valu à l’écrivain d’être qualifié d'”obsessionnel”. Krasznahorkai a grandi dans une famille juive de classe moyenne et puisé son inspiration dans son expérience du communisme ainsi que dans les nombreux voyages qu’il a entrepris après s’être installé à l’étranger pour la première fois, en 1987, à Berlin-Ouest, grâce à une bourse.Il partage sa vie entre Vienne, Trieste et Budapest.Le chef du gouvernement hongrois Viktor Orban, envers lequel l’écrivain se montre critique en raison de sa politique nationaliste, l’a félicité.”La fierté de la Hongrie, premier prix Nobel originaire de Gyula, László Krasznahorkai. Félicitations !”, a-t-il écrit sur Facebook.- Kafka, Hendrix et Kyoto -En 2015, il remporte le prix britannique Man Booker International pour l’ensemble de sa carrière.”C’est le regard artistique de László Krasznahorkai, entièrement dépourvu d’illusions et capable de percevoir la fragilité de l’ordre social, associé à sa foi inébranlable dans le pouvoir de l’art” qui a motivé la décision du jury, a souligné Steve Sem-Sandberg.Deuxième auteur hongrois à recevoir ce prix, après Imre Kertész en 2002, le lauréat a cité l’auteur Franz Kafka, le chanteur Jimi Hendrix et la ville de Kyoto au Japon en tant que sources d’inspiration. Interrogé après avoir reçu son prix sur sa plus grande source d’inspiration, il a répondu : “l’amertume”.Le romancier s’est dit “très triste” face à “l’état du monde” actuel qu’il décrit comme une période “très, très sombre”.La littérature offre de l’espoir, a-t-il déclaré dans un communiqué envoyé à l’AFP par son agence littéraire RCW.”Et pour ceux qui la lisent, elle offre un certain espoir que la beauté, la noblesse et le sublime existent encore en elles-mêmes. Elle peut même offrir de l’espoir à ceux en qui la vie ne fait que vaciller à peine”, a-t-il ajouté.L’an dernier, l’écrivaine sud-coréenne Han Kang a remporté la prestigieuse récompense, devenant la première femme asiatique primée.Depuis sa création, le Nobel de littérature est dominé par les hommes et les lettres occidentales. Parmi les 122 lauréats, seules 18 femmes ont obtenu le prix et une minorité des auteurs récompensés sont de langues asiatiques ou moyen-orientales. Aucune langue africaine n’est représentée. Longtemps critiquée pour ses choix centrés sur des auteurs occidentaux, l’Académie suédoise, bouleversée par un scandale #Metoo en 2018, a fait peau neuve et plus de la moitié de ses membres ont été remplacés. Depuis, près d’un lauréat sur deux est une femme. Le Nobel consiste en un diplôme, une médaille et un chèque de 11 millions de couronnes (environ un million d’euros). 

Le Nobel de littérature décerné au Hongrois Laszlo Krasznahorkai, le “maître de l’apocalypse”

Le prix Nobel de littérature 2025 a été décerné jeudi à l’écrivain hongrois Laszlo Krasznahorkai, dont l’oeuvre explore les thèmes de la dystopie et de la mélancolie.Agé de 71 ans, il a été récompensé “pour son œuvre fascinante et visionnaire qui, au milieu d’une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l’art”, a expliqué le jury.Né le …

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Israël annonce que “toutes les parties” ont signé la première phase de l’accord sur Gaza

Israël et le Hamas ont signé jeudi la première phase d’un accord sur un cessez-le-feu à Gaza et une libération d’otages après de fortes pressions du président américain Donald Trump pour mettre fin à deux ans de guerre dévastatrice dans le territoire palestinien.La libération des captifs “devrait mettre fin à la guerre”, a déclaré le chef de la diplomatie israélienne, Gidéon Saar. Selon Shosh Bedrosian, une porte-parole du bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, “la version finale de la première phase a été signée ce matin en Egypte par toutes les parties en vue de la libération de tous les otages” retenus à Gaza. “Tous nos otages, vivants et décédés, seront libérés (au plus tard) 72 heures (après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu), ce qui nous amène à lundi”, a précisé à l’AFP Mme Bedrosian.Le président américain a toutefois reconnu que les corps de certains otages seraient “un peu difficiles à trouver”.L’accord devait encore être validé jeudi par le cabinet de sécurité israélien, avant une réunion du gouvernement au complet.Dans les 24 heures suivant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, l’armée israélienne se retirera de zones où elle est déployée, mais gardera le contrôle de 53% du territoire de la bande de Gaza, selon la porte-parole.La signature intervient après quatre jours de négociations indirectes en Egypte ayant impliqué plusieurs acteurs internationaux dont les Etats-Unis.M. Trump, qui a annoncé l’accord, conclu sur la base d’un plan qu’il a présenté fin septembre, pourrait se rendre à Jérusalem dimanche, selon la présidence israélienne. Le président américain a par ailleurs affirmé qu’il “essaierait” de se rendre en Egypte, où le président Abdel Fattah al-Sissi l’a invité à une cérémonie pour célébrer l’accord de paix. La date n’a pas été précisée.   A Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, dévastée et affamée, des Palestiniens ont applaudi, chanté et dansé à l’annonce de l’accord, salué par plusieurs pays dont l’Iran, soutien du Hamas et ennemi juré d’Israël.”Dieu merci! Malgré tous les morts et la perte d’êtres chers, nous sommes heureux aujourd’hui”, a dit Ayman al-Najjar à Khan Younès.- “Ils reviennent” -Sur la “place des Otages” à Tel-Aviv, des centaines de personnes se sont rassemblées, beaucoup arborant un autocollant avec l’inscription “Ils reviennent”, d’autres s’embrassant et se félicitant.”Nous attendons ce jour depuis 734 jours”, a dit Laurence Yitzhak, 54 ans. Sur les 251 personnes enlevées et emmenées à Gaza lors de l’attaque du Hamas contre Israël ayant déclenché la guerre le 7 octobre 2023, 47 y sont toujours retenues dont au moins 25 sont mortes selon l’armée.Lancée en riposte à l’attaque du 7-Octobre, l’offensive israélienne à Gaza a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué un désastre humanitaire. Jeudi soir, des journalistes de l’AFP et des témoins ont dit entendre encore des explosions et des tirs d’artillerie dans le centre et le sud du territoire palestinien. Le président égyptien Sissi a appelé Israël à “la désescalade ou à cesser le feu” jusqu’à la signature de l’accord pour ne pas compromettre son “esprit”.Selon un responsable palestinien, les otages vivants seront libérés contre près de 2.000 prisonniers palestiniens détenus par Israël, “simultanément à des retraits israéliens spécifiques (de Gaza) et une entrée de (davantage) d’aides humanitaires”. Il n’a pas mentionné les captifs morts. L’armée israélienne a par ailleurs annoncé se préparer à repositionner ses troupes dans la bande de Gaza.Lors d’un appel jeudi, le Premier ministre israélien remercié M. Trump “pour ses efforts de leadership mondial ayant permis de rendre tout cela possible”.Il a jugé, tout comme le président égyptien, qu’il “mérite” le prix Nobel de la Paix”. – Prochaine étape -Les négociations pour la deuxième phase du plan Trump devaient commencer “immédiatement” après la signature de l’accord sur la première phase, avait annoncé un responsable du Hamas. Le plan Trump prévoit un cessez-le-feu, un échange dans les 72 heures des otages contre des prisonniers palestiniens, le retrait par étapes de l’armée israélienne de Gaza et le désarmement du Hamas. Le président américain a dit jeudi qu’il y aurait “un désarmement” et un “retrait” de troupes dans une prochaine phase, précisant que la priorité était le retour des otages. L’accord prévoit aussi la création d’un “comité de la paix” présidé par M. Trump lui-même pour superviser le gouvernement de transition à Gaza.Interrogé par la chaîne Al Araby sur le comité, Osama Hamdan, un haut responsable du Hamas, a déclaré: “Aucun Palestinien ne pourrait accepter. Toutes les factions, y compris l’Autorité palestinienne, rejettent ceci (ce comité, ndlr)”.Deux précédentes trêves en novembre 2023 et début 2025 avaient permis le retour d’otages ou de corps de captifs en échange de prisonniers palestiniens, avant de s’effondrer.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.En riposte, Israël a lancé une campagne militaire qui a dévasté le territoire, et fait selon le ministère de la Santé du Hamas, plus de 67.194 morts, en majorité des civils.Les besoins humanitaires sont colossaux: “Le cessez-le-feu, c’est le début d’un long chemin, parce qu’on a encore actuellement plus de 300.000 personnes qui sont dans la ville de Gaza et dans le Nord, et qui sont complètement coupées de tout”, a dit à l’AFP Antoine Renard, directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) dans les Territoires palestiniens.

Madagascar: milliers de manifestants à Antananarivo, des blessés et des arrestations

“Le problème, c’est le système”: des milliers de personnes, dont de nombreuses ont été blessées par les forces de l’ordre, se sont mobilisées jeudi à Antananarivo à l’appel d’un mouvement né il y a deux semaines, pour protester contre le pouvoir malgache.Les promesses du président Andry Rajoelina, 51 ans, n’éteignent pas le mouvement Gen Z instigateur des manifestations, braqué par le ton sécuritaire du nouveau gouvernement. Ce dernier s’est concrétisé par de nombreuses blessures par des balles de caoutchouc, des grenades assourdissantes et des coups ainsi que des arrestations jeudi, a observé une équipe de l’AFP.Madagascar est le théâtre depuis deux semaines d’un mouvement de protestation né d’un ras-le-bol des coupures incessantes d’eau et d’électricité, qui s’est mué en une contestation plus large, notamment dirigée contre le président.”On vit toujours dans la galère. Le problème, c’est le système. Depuis qu’on a obtenu l’indépendance de la France (en 1960), notre vie ne s’est pas améliorée”, clame Heritiana Rafanomezantsoa, 35 ans, parmi les manifestants à Antananarivo.Dans la capitale de Madagascar, île particulièrement pauvre de l’océan Indien, un premier rassemblement d’au moins un millier de protestataires près du lac d’Anosy à la mi-journée a été dispersé par un recours immédiat et important au gaz lacrymogène, suivi de charges d’engins blindés.A la suite de cette intervention, une bataille de rue a éclaté entre les forces de l’ordre, usant en plus de balles de caoutchouc, et des groupes éparpillés, rejoints par d’autres manifestants, qui ont répliqué par des jets de pierres.Des gaz lacrymogènes tirés près d’une maternité s’y sont infiltrés, obligeant à déplacer des bébés prématurés à l’arrière du bâtiment, a relevé un journaliste de l’AFP.- Homme roué de coup -Dans le quartier voisin d’Anosibe, un homme poursuivi puis roué de coups par les forces de sécurité a été laissé inanimé au sol, avant d’être évacué par la Croix-Rouge, a constaté un journaliste de l’AFP.Par ailleurs au moins quatre personnes ont été blessées par des balles en caoutchouc, dont une ayant nécessité des points de suture, et deux par des projectiles, vraisemblablement issus de grenades assourdissantes, d’après les observations de journalistes  de l’AFP et les bilans des rares organisations médicales faisant état de leurs interventions, SOS Médecin et Medikelly.Ces manifestations ont été en septembre les deuxièmes plus importantes à Madagascar depuis que l’ONG spécialiste du suivi des troubles, Acled, y collecte des données en 1997.Après avoir renvoyé son gouvernement pour tenter d’enrayer la contestation, le président Rajoelina a repris la main en nommant lundi un militaire Premier ministre, le général Ruphin Zafisambo, méconnu du grand public.Les seuls nouveaux ministres dévoilés depuis sont sont ceux des Armées, de la Sécurité publique et la Gendarmerie, car le pays “n’a plus besoin de perturbation”, a-t-il souligné.Installé une première fois au pouvoir en 2009 par les militaires à la suite d’une mobilisation populaire, Andry Rajoelina, après s’être mis en retrait en 2014, a été élu en 2018 et réélu en 2023 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition.”Le président est égoïste, il fait des promesses mais il ne les réalise pas. Je n’y crois plus”, témoigne Niaina Ramangason, étudiant de 20 ans à l’Ecole polytechnique d’Antananarivo, venu manifester.La contestation a démontré jeudi une nouvelle vigueur après un essoufflement relatif ces derniers jours. Un cortège de centaines de manifestants a aussi été signalé à Toliara, grande ville du sud.- “Dérive militaire” -Plus de 200 organisations de la société civile malgache ont exprimé jeudi leurs “inquiétudes quant à une dérive militaire dans la gouvernance du pays”.Au moins 22 personnes ont été tuées dans les manifestations, d’après un bilan fourni le 29 septembre par l’ONU. Des “chiffres erronés” d’après le chef de l’Etat, qui estime les “pertes de vies” à 12, tous “des pilleurs, des casseurs” selon lui.Cinq protestataires ont été placés en détention provisoire et 17 sous contrôle judiciaire, selon un communiqué mercredi d’un collectif d’avocats les défendant bénévolement. Ces cinq personnes n’ont pu être incarcérées à la prison d’Antanimora, à Antananarivo, car les agents pénitentiaires y sont en grève. Il est difficile d’estimer si l’appel à la grève générale lancé par le collectif Gen Z est suivi, mais le personnel de plusieurs lycées publics de la capitale a dit débrayer.A Madagascar, 80% de la population au moins vit avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté fixé par la Banque mondiale.

Madagascar: milliers de manifestants à Antananarivo, des blessés et des arrestations

“Le problème, c’est le système”: des milliers de personnes, dont de nombreuses ont été blessées par les forces de l’ordre, se sont mobilisées jeudi à Antananarivo à l’appel d’un mouvement né il y a deux semaines, pour protester contre le pouvoir malgache.Les promesses du président Andry Rajoelina, 51 ans, n’éteignent pas le mouvement Gen Z …

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Peine alourdie pour avoir violé Gisèle Pelicot qui referme le chapitre judiciaire

Le procès en appel des viols de Mazan s’est soldé par 10 ans de prison pour l’unique accusé, refermant la page judiciaire d’une affaire qui a touché le monde entier et érigé en symbole féministe Gisèle Pelicot, pour avoir dit aux victimes de ne “jamais avoir honte”.A l’issue d’un délibéré d’un peu moins de trois heures, Husamettin Dogan a été condamné à une peine alourdie d’un an par rapport à sa condamnation en première instance, mais moins lourde que les 12 années requises par l’accusation.L’accusé, qui n’a cessé de clamer qu’il n’avait pas eu “l’intention” de violer Gisèle Pelicot, n’a pas réagi à l’énoncé de la sentence, debout dans le box des accusés.En décembre à Avignon, Dominique Pelicot, chef d’orchestre d’une décennie de viols sur son ex-épouse, avait été condamné à 20 ans de réclusion, la peine maximale, pour avoir livré celle-ci, préalablement droguée et inconsciente, à des inconnus recrutés sur internet.Un affaire totalement hors norme, devenue un symbole mondial des violences faites aux femmes quand Gisèle Pelicot a refusé que le procès se tienne à huis clos, afin que “la honte change de camp”.A l’issue de quatre mois d’un procès retentissant, ses 50 co-accusés avaient été condamnés à des peines allant de trois ans de prison, dont deux avec sursis, à 15 ans. Husamettin Dogan avait finalement été le seul à maintenir jusqu’au bout son appel.Pendant ces quatre jours d’audience devant la cour d’assises du Gard, il y a eu d’un côté les exaspérations nombreuses suscitées dans la salle d’audience par les dénégations de l’accusé et à la sortie les applaudissements à chaque passage de Gisèle Pelicot, la plupart du temps soutenue par un de ses fils. – “Bravo”, “merci” -Ses mots, elle les a réservés à la cour, composée cette fois de neuf jurés populaires et trois magistrats, sortant silencieuse du tribunal après le verdict, sous un tonnerre d’applaudissements, “bravo” et “merci”.”J’ai le sentiment d’être allée au bout de cette épreuve qui a duré cinq ans. Je souhaite ne jamais retourner dans un tribunal de ma vie. Moi, le mal est fait. Il va falloir que je me reconstruise sur cette ruine. Je suis en bonne voie”, avait déclaré mercredi en témoignant cette femme de 72 ans, avec son carré roux devenu un signe de ralliement dans les mouvements féministes du monde entier.”Que les victimes n’aient jamais honte de ce qu’on leur a imposé par la force”, a-t-elle ajouté. Pour autant, elle lance, à destination notamment de la centaine de journalistes accrédités: “Arrêtez de dire que je suis une icône. C’est malgré moi. Je suis une femme ordinaire qui a levé le huis clos”.Pourtant, pour l’avocat général, ce dossier a permis “une prise de conscience collective sur un fonctionnement social archaïque, destructeur, qui fait de l’homme, le mâle, le centre de l’univers”. Et “on ne peut pas en 2025 considérer que parce qu’elle n’a rien dit, elle était d’accord. Car là, on se situe dans un mode de pensée d’un autre âge!”.Dans un réquisitoire puissant, Dominique Sié a souligné l’attitude “désespérante” de l’accusé, qui a de façon constante nié toute intention de violer, lui lançant: “tant que vous refuserez de l’admettre, ce n’est pas seulement une femme, c’est tout un fonctionnement social sordide que vous cautionnez”.Ce procès pouvait difficilement être le procès ordinaire d’un viol. D’abord, et c’est rare, parce qu’il y a dans ce dossier des preuves vidéo accablantes, Dominique Pelicot ayant tout filmé et archivé méticuleusement.- Une douzaine de vidéos -La cour a donc pu voir la douzaine de courtes vidéos de cette soirée du 28 juin 2019, lors de laquelle Husamettin Dogan s’était rendu à Mazan.On y voit l’accusé réaliser plusieurs actes sexuels sur une Gisèle Pelicot en sous-vêtements, portant des sandales et parfois un bandeau sur les yeux, totalement inerte et ronflant parfois fortement. Husamettin Dogan et Dominique Pelicot chuchotent pour éviter de la réveiller. Pourtant, l’accusé, un ex-ouvrier de 44 ans au parcours socioprofessionnel chaotique, a fermement maintenu n’avoir “violé personne”, disant avoir été “sous l’emprise” de Dominique Pelicot.Et la défense ne s’est pas départie de sa ligne, soutenant la thèse que leur client avait cru à un scenario libertin. Et “dans libertin, il y a liberté: tout est envisageable, tout est transgressable”, a plaidé Me Jean-Marc Darrigade.”Qu’il ait pu croire que j’étais consentante, c’est absolument abject”, s’était agacée Gisèle Pelicot face aux tentatives de victimisation de l’accusé. “Assumez votre acte, j’ai honte pour vous !”, avait-elle ajouté.”Ce que nous faisons ici est utile. Ce n’est pas l’objet d’un procès de changer la société, mais ça y contribue”, avait plaidé ensuite l’un de ses avocats Me Stéphane Babonneau.Et d’ailleurs, combien de temps va rester la banderole “Gisèle, les femmes te remercient” sur les grilles du palais de justice de Nîmes ?

Cédric Jubillar face aux lourdes accusations de son ex-petite amie

“Je lui ai dit +mais qu’est-ce que tu as fait? Il m’a dit: +Je l’ai étranglée+”: entendue par la cour d’assises du Tarn jeudi, Jennifer, ex-petite amie de Cédric Jubillar, a réaffirmé les confidences faites selon elle par l’accusé au parloir quant au meurtre de sa femme Delphine, ce qu’il continue de démentir catégoriquement. “Sur des échanges téléphoniques, il me disait qu’il avait peur s’il venait à ce procès, +parce que tu vas entendre des choses horribles sur moi+”, a déclaré la jeune femme de 31 ans, auditionnée en visio-conférence depuis le tribunal d’Auch. “Non, j’ai jamais reconnu l’avoir tuée, ça elle invente complètement”, a réfuté Cédric Jubillar après ce témoignage, expliquant les déclarations de Jennifer par de la rancœur: “J’ai beaucoup insisté pour qu’elle ramène du shit au parloir, elle a dû se sentir manipulée, du coup elle se venge.”Jennifer, qui réside dans le Gers, à plus de 100 km de Cagnac-les-Mines, avait contacté l’accusé début 2021, “pour le soutenir”, mais ne l’avait pas rencontré avant son incarcération pour le meurtre de l’infirmière, dont le corps n’a jamais été retrouvé.Dernier témoin de ce procès, elle a expliqué que le peintre-plaquiste de 38 ans avait, au cours de plusieurs parloirs après sa première visite en novembre 2024, mimé un étranglement sur lui puis sur elle.”Il me dit +je l’ai étranglée+, comme une clé de coude, (…) je lui pose des questions, lui demande +Mais elle est où Delphine?+, il me dit à 15 km ou 15 minutes de Cagnac, c’est moi qui ne sais plus, je reste choquée”, détaille-t-elle.- “Malsaine” -“Une fois, il m’a dit que si jamais je le trompais, j’allais finir à côté de Delphine, et il réitère ses propos en disant que si je le trompe je sais ce qui va m’arriver”, a-t-elle poursuivi.Interrogé par Laurent de Caunes, avocat de parties civiles, pour savoir s’il trouve son ex-petite amie “diabolique”, l’accusé assure: “J’irais pas jusqu’à dire diabolique, mais malsaine”.Lorsque la défense prend la parole pour comprendre pourquoi elle a renoué avec Cédric Jubillar après avoir d’abord mis un terme à leur relation, Jennifer ne se dit “plus disposée à répondre (aux) questions, je n’ai pas envie”.Ce témoignage accusateur fait suite à celui de sa précédente compagne, Séverine, entendue jeudi matin, qui a affirmé avoir “eu des fois des doutes parce qu’il ne cherchait pas trop sa femme non plus, mais je me suis toujours dit que c’était pas lui qui avait fait du mal à Delphine”.Séverine, 48 ans, a rencontré l’accusé en avril 2021, lors d’une battue destinée à retrouver d’éventuels indices concernant l’infirmière disparue quatre mois plus tôt.Questionnée sur les révélations que Cédric Jubillar lui aurait faites, Séverine a confirmé qu’il lui avait affirmé avoir enterré le corps “près d’une ferme qui a brûlé”: “Il le disait en rigolant”.- “Blagues” -Interrogé jeudi, Cédric Jubillar a qualifié de “blagues” ces propos et a continué à clamer son innocence. Au long d’une longue audition souvent confuse, elle a également été interrogée sur ses échanges avec Marco, un ex-codétenu de Cédric Jubillar, qui a témoigné mercredi, affirmant avoir également recueilli ses confidences à propos du meurtre de sa femme.Selon Marco, Cédric Jubillar lui aurait demandé d’incriminer l’amant de son épouse pour faire réorienter l’enquête vers lui, alors que Séverine était chargée de lui fournir les noms et photos de cet amant résidant à Montauban et de sa compagne.Séverine a confirmé avoir rencontré Marco et lui avoir fourni des informations, ce qui lui avait valu d’être placée en garde à vue pour recel de cadavre avant d’être relâchée, mais a cherché à relativiser l’importance de son témoignage: “Il me disait qu’il avait braqué le cousin de Pablo Escobar…”. Avant d’accuser l’ex-prisonnier: “Pour moi, c’est un indic”. Poussée à raconter son quotidien avec Cédric Jubillar à l’époque où il était en liberté, Séverine a dépeint un homme capable de “mentir en vous regardant droit dans les yeux”, parfois capable de violence avec son fils Louis.”Il n’avait pas le comportement de quelqu’un qui avait perdu sa femme”, a-t-elle souligné.L’accusé sera interrogé en longueur vendredi.

RDC: à Bruxelles, Tshisekedi tend la main à Kagame pour faire “la paix” et indigne Kigali

Le président congolais Félix Tshisekedi a appelé jeudi son homologue rwandais Paul Kagame à avoir “le courage” de travailler avec lui pour faire “la paix des braves” dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), une invitation rejetée comme une “comédie politique ridicule” par Kigali. L’est de la RDC, région riche en ressources naturelles frontalière du Rwanda, est en proie à des conflits depuis plus de 30 ans. Les violences se sont intensifiées depuis janvier avec la prise des grandes villes de Goma et Bukavu par le groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda et son armée.”Je prends à témoin l’assistance ici présente et le monde entier (…) pour lancer un appel à la paix, lui tendre la main et demander à ce qu’on arrête cette escalade”, a déclaré M. Tshisekedi lors d’un forum diplomatique à Bruxelles, auquel participait également M. Kagame.”Aujourd’hui (…) nous sommes les deux seuls capables d’arrêter cette escalade”, a-t-il ajouté, en référence aux violences qui se poursuivent en dépit d’un accord de paix signé fin juin à Washington.Félix Tshisekedi a souligné que la paix ne pourrait être envisagée qu’à condition que son homologue rwandais donne expressément l’ordre au M23 de cesser les hostilités.”L’Afrique a besoin de passer à autre chose, M. le président Paul Kagame, et nous en sommes capables”, a-t-il lancé.- “Bidon vide” -Présent à la tribune quelques instants auparavant, le président rwandais n’a pas explicitement évoqué ces efforts de paix, faisant simplement part d’une “énergie positive” concernant “les affaires, les investissements, la paix”. Sans donner davantage de détails.Mais il a quelques heures plus tard usé de la métaphore pour dire sur X ce qu’il pensait de son homologue congolais: “Ceux qui s’inquiètent du bruit que fait un bidon vide ont aussi un problème”, a écrit Paul Kagame. “Il vaut mieux laisser couler ou s’en éloigner.”En mars, le chef de l’État rwandais, lors d’un entretien fleuve avec un influenceur, avait déjà dit de Félix Tshisekedi, reprenant des propos tenus selon lui par l’un de ses anciens employeurs: “Celui-là qui n’arrivait même pas à livrer des pizzas est devenu président.”Les déclarations congolaises ont aussi fait bondir le ministre des Affaires étrangères rwandais Olivier Nduhungirehe, qui a fustigé sur X une “comédie politique ridicule”, accusant M. Tshisekedi de “se faire passer pour une victime d’un conflit qu’il a lui-même provoqué.””Le seul à pouvoir arrêter cette escalade est le président Tshisekedi, et LUI SEUL”, a martelé M. Nduhungirehe dans un long message, le critiquant pour “abuser d’une tribune d’un sommet important de partenariat économique” et pour ses “mensonges éhontés” contre M. Kagame. – Violences -Le chef de la diplomatie rwandaise a notamment appelé Kinshasa à désarmer la milice Wazalendo (ou “patriotes”, des jeunes mobilisés, armés et financés par Kinshasa) et à neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), fondées par d’anciens responsables hutu rwandais du génocide des Tutsi de 1994 et considérées par le Rwanda comme une “menace existentielle”. Leur présence active dans des zones de l’est de la RDC est une des raisons avancées par Kigali pour justifier la présence de ses troupes aux côtés du M23.Depuis sa résurgence fin 2021, le groupe armé M23 s’est emparé de vastes pans de territoires dans l’est de la RDC.Kinshasa et le M23 ont signé une déclaration de principes à Doha le 19 juillet, dans laquelle les deux parties ont réaffirmé “leur engagement en faveur d’un cessez-le-feu permanent”, dans la foulée de la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington fin juin. Mais sur le terrain, les violences se poursuivent.Durant son discours, le dirigeant congolais a pris le soin de saluer l'”implication” du président américain Donald Trump dans les efforts de paix.Ce dernier s’attribue régulièrement le mérite d’avoir mis fin au conflit, pourtant toujours en cours. Il n’hésite pas à l’évoquer lorsqu’il se félicite d’avoir conclu “sept guerres”, un argument qu’il présente volontiers comme faisant de lui un candidat idéal au prix Nobel de la paix.

Zelensky accuse Moscou de vouloir “semer le chaos” en frappant des sites énergétiques

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de vouloir “semer le chaos” en Ukraine en multipliant les frappes sur les infrastructures énergétiques et ferroviaires, qui ont entraîné des appels à l’évacuation de familles avec enfants. A l’approche de l’hiver, la Russie a ciblé ces dernières semaines des installations électriques, gazières ou ferroviaires dans plusieurs régions de l’Ukraine, faisant craindre une campagne similaire à celle d’hivers précédents, quand des millions de personnes avaient par moments été plongées dans le noir ou privées de chauffage.”L’objectif de la Russie est de semer le chaos, de faire pression psychologiquement sur les gens en frappant les infrastructures énergétiques et ferroviaires”, a dénoncé mercredi M. Zelensky devant un groupe de médias dont l’AFP, ses propos étant sous embargo jusqu’à jeudi.Preuve des inquiétudes, les maires de deux grandes villes de l’est proches du front ont appelé certains habitants à évacuer face à l’intensification des frappes russes.A Kramatorsk, dernière grande ville du Donbass sous contrôle de Kiev, située à une vingtaine de km de la ligne de front, le conseil municipal a ordonné une évacuation “immédiate” pour les familles avec enfants dans plusieurs quartiers.La ville, qui comptait environ 150.000 habitants avant l’invasion russe à grande échelle lancée en février 2022, abritait encore 53.000 personnes en juillet.A Sloviansk, autre ville du Donbass sous contrôle ukrainien, le maire a conseillé aux plus vulnérables, enfants et personnes âgées, de partir, justifiant son appel par les attaques incessantes sur les systèmes de chauffage.”Le risque est grand que la saison d’hiver soit extrêmement difficile”, a déclaré cet élu, Vadym Lyakh, sur les réseaux sociaux.Des frappes russes ciblant des quartiers résidentiels de Sloviansk ont fait au moins sept blessés jeudi, et il y a eu un mort et quatre blessés à Kostiantynivka (est), a rapporté le parquet de la région de Donetsk.Concernant le rail, Oleksandre Pertsovsky, patron des chemins de fer ukrainiens, a accusé la Russie de vouloir couper les liaisons menant aux territoires situés près de la ligne de front, en particulier dans les régions de Soumy et de Tcherniguiv (nord). Le week-end dernier, des frappes russes avaient touché deux locomotives dans une gare du nord du pays, faisant plusieurs morts, en plus de celles ciblant les infrastructures énergétiques qui ont provoqué des coupures de courants dans plusieurs régions.Volodymyr Zelensky a fait état d'”une forte pression des attaques russes” sur le secteur gazier ukrainien, qui pourrait forcer Kiev à augmenter les importations.L’hiver dernier, les bombardements russes avaient déjà réduit de moitié la production nationale de gaz en Ukraine.- “Résultats positifs” -Face aux journalistes, M. Zelensky a dit toutefois voir des “résultats positifs” de la campagne ukrainienne de frappes sur les raffineries russes, qui ont provoqué une hausse des prix du carburant en Russie depuis l’été.La nuit dernière, des installations pétrolières de la région russe de Volgograd ont été frappées par plusieurs drones ukrainiens, a rapporté jeudi le gouverneur Andrey Bocharov.L’Ukraine a aussi récemment frappé une centrale électrique dans la région russe frontalière de Belgorod, provoquant des coupures de courant.”En ce qui concerne nos frappes en profondeur en Russie (…), il y a des résultats positifs”, s’est félicité M. Zelensky, évoquant des “pénuries de carburant à hauteur de 20% des besoins” en Russie.Sur le front, le président ukrainien a une nouvelle fois salué la contre-offensive menée par ses forces en riposte à une percée cet été de l’armée russe près de Dobropillia, estimant que cette opération avait fait “échouer la campagne offensive estivale russe”.Selon lui, la situation est la plus “tendue” pour l’armée ukrainienne dans l’est du pays, près des villes de Dobropillia et de Pokrovsk (région de Donetsk), ainsi qu’à proximité de Novopavlivka (Dnipropetrovsk). “C’est notre défi suivant”, a-t-il dit à propos de la région de Dnipropetrovsk où l’armée russe avait pénétré cet été pour la première fois en trois ans et demi d’offensive.La Russie bombarde massivement l’Ukraine depuis trois ans et demi, tandis que les forces ukrainiennes ripostent par des attaques de missiles et de drones de moindre envergure.Une délégation ukrainienne conduite par la Première ministre Ioulia Svyrydenko se rendra “en début de semaine prochaine” aux Etats-Unis, a par ailleurs annoncé jeudi M. Zelensky sur X. Il sera question notamment de l’énergie et de la défense anti-aérienne face l’intensification des frappes russes.

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