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Le Nobel de la paix à la “libératrice” vénézuélienne Maria Corina Machado

Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi à la cheffe de l’opposition vénézuélienne Maria Corina Machado, surnommée la “libératrice”, mais contrainte de vivre cachée dans son pays transformé en “Etat autoritaire brutal”.Réveillée en pleine nuit par l’appel du secrétaire du comité Nobel norvégien qui l’a informée, la voix étranglée d’émotion, de son prix, la lauréate de 58 ans a assuré que le peuple vénézuélien finirait pas l’emporter dans son combat pour la démocratie.”Nous travaillons très dur pour y parvenir, mais je suis sûre que nous l’emporterons”, a-t-elle dit lors de cet appel filmé.”Il s’agit d’un mouvement, de l’accomplissement d’une société tout entière. Moi, je ne suis qu’une seule personne. Je ne mérite certainement pas” le Nobel, a-t-elle dit.Maria Corina Machado “est l’un des exemples les plus extraordinaires de courage civique en Amérique latine ces derniers temps”, a souligné le président du comité Nobel norvégien, Jørgen Watne Frydnes.Elle “a été une figure clé de l’unité au sein d’une opposition politique autrefois profondément divisée, une opposition qui a trouvé un terrain d’entente dans la revendication d’élections libres et d’un gouvernement représentatif”, a-t-il ajouté.Entrée en politique au début des années 2000 en militant pour un référendum contre Hugo Chavez, Mme Machado a fait de la chute du régime chaviste la cause de sa vie.Mère de trois enfants, elle a été empêchée, malgré sa grande popularité, de se présenter à la présidentielle de 2024, où le sortant Nicolas Maduro, héritier politique de Hugo Chavez, a été déclaré vainqueur malgré les protestations de l’opposition.L’Union européenne, les Etats-Unis et de nombreux autres pays estiment que M. Maduro, au pouvoir depuis 2013, a usurpé la victoire et reconnaissent Edmundo Gonzalez Urrutia, derrière lequel Mme Machado s’était rangée, comme vainqueur du scrutin.- “Machine répressive” -Aujourd’hui exilé en Espagne, M. Gonzalez Urrutia a salué un prix “mérité”, tandis que l’ONU a estimé que ce Nobel reflétait les aspirations des Vénézuéliens à des élections “libres et équitables”.”Le Venezuela est passé d’un pays relativement démocratique et prospère à un Etat brutal et autoritaire en proie à une crise humanitaire et économique”, a déploré M. Frydnes.”La machine répressive de l’Etat est dirigée contre sa propre population. Près de huit millions de personnes ont quitté le pays. L’opposition a été systématiquement muselée par la fraude électorale, les poursuites judiciaires et l’emprisonnement”, a-t-il noté.Si elle a gagné le surnom de “libertadora” (“libératrice”), Mme Machado est aujourd’hui obligée de vivre dans la clandestinité dans un Venezuela qu’elle a refusé de quitter.”L’esprit de liberté ne peut être emprisonné”, a commenté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur X.- Pas de Nobel pour Trump -Le prix échappe donc au président américain Donald Trump qui n’avait pas caché son désir de le remporter cette année. Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, le président américain martèle qu’il “mérite” le Nobel, revendiquant un rôle dans la résolution de huit guerres, dont celle de Gaza. Une affirmation largement exagérée, selon les observateurs.Donald Trump “déteste Maduro”, a relevé l’historien Asle Sveen, spécialiste du prix Nobel, auprès de l’AFP. “Il bombarde les bateaux de pêche soupçonnés de transporter des stupéfiants. Il aura donc du mal à s’attaquer à ce prix”, a-t-il estimé.A ce jour, l’administration Trump a frappé en mer au moins quatre embarcations qu’elle a présentées comme étant celles de narcotrafiquants, pour un bilan d’au moins 21 morts.Nicolas Maduro a dénoncé une “agression armée”, accusant Washington d’utiliser le trafic de drogue comme prétexte “pour imposer un changement de régime” et s’emparer des réserves de pétrole du pays, parmi les plus importantes au monde.Mme Machado avait déjà été récompensée en 2024 du prix Sakharov, plus haute distinction pour les droits humains attribué par l’UE, et du prix Vaclav Havel, décerné par le Conseil de l’Europe.Le prix Nobel consiste en un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 11 millions de couronnes suédoises (près d’un million d’euros).

Coupures d’électricité à travers l’Ukraine après des frappes russes massives

Des dizaines de milliers de personnes sont sans courant vendredi à Kiev et dans neuf régions d’Ukraine après l’une des attaques russes les plus massives dirigées contre le réseau énergétique, qui a tué un enfant de 7 ans et fait une trentaine de blessés.La Russie multiplie depuis plusieurs semaines les frappes sur les infrastructures énergétiques et le réseau ferroviaire ukrainiens à l’approche de l’hiver, faisant craindre une campagne, comme les années précédentes, qui pourrait plonger des millions de personnes dans le noir.Selon l’opérateur du réseau électrique ukrainien, Ukrenergo, les bombardements de la nuit ont provoqué des coupures de courant chez “un nombre significatif d’usagers” dans la capitale et neuf autres régions de l’est, du sud, du nord et du centre du pays. Maksym Timtchenko, le PDG du principal acteur privé du secteur, DTEK, a estimé que cette attaque “marque une grave escalade dans la campagne menée par la Russie contre le système énergétique ukrainien”. Sa société a fait état de “centrales thermiques gravement endommagées”.Une source au sein du secteur ukrainien de l’énergie a indiqué à l’AFP que “des dizaines de milliers de foyers” se retrouvent sans courant à Kiev. Elle a expliqué qu’en raison du temps nuageux, de nombreux drones russes ont “réussi à contourner la défense antiaérienne”.”Depuis plusieurs semaines, les Russes font tout pour plonger le pays dans l’obscurité”, a dénoncé le président Volodymyr Zelensky, plaidant une nouvelle fois pour une “action décisive” des Occidentaux qu’il exhorte à livrer des systèmes antiaériens supplémentaires.Selon les autorités, les frappes ont fait au moins un mort – un garçon de 7 ans dans la région de Zaporijjia –  et 33 blessés.L’armée russe a de son côté affirmé avoir visé des sites énergétiques alimentant “le complexe militaro-industriel” ukrainien.- Kiev dans le noir -Il s’agit de “l’une des plus importantes frappes concentrées spécifiquement contre des installations énergétiques”, a dénoncé de son côté la Première ministre Ioulia Svyrydenko, soulignant que les infrastructures ont “subi des dommages importants”.Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a tiré 465 drones et 32 missiles sur le pays, dont respectivement 405 et 15 ont été abattus.Des journalistes de l’AFP à Kiev ont entendu de nombreuses explosions ainsi que le vrombissement de drones d’attaque.A Kiev, “la rive gauche (orientale, ndlr) est sans électricité. Il y a également des problèmes sur le réseau d’eau”, a indiqué le maire de la ville, Vitali Klitschko, sur Telegram.Un journaliste de l’AFP vivant dans l’est de Kiev a également constaté l’absence de courant et d’eau potable et témoigné que cette partie de la ville était plongée dans une obscurité totale.Selon le correspondant de guerre russe Alexandre Kots, deux centrales électriques ont été touchées à Kiev et au moins six autres à travers l’Ukraine.- “Hiver extrêmement difficile” -M. Zelensky avait déjà dénoncé plus tôt cette semaine la multiplication des frappes contre des cibles énergétiques et estimé que “l’objectif de la Russie est de semer le chaos” au sein de la population.Autre signe de la pression russe, les autorités ukrainiennes ont annoncé jeudi de nouvelles évacuations de civils dans l’est du pays, où se déroule l’essentiel des combats.Le secteur gazier ukrainien est aussi mis à rude épreuve par les frappes russes, ce qui pourrait pousser Kiev à recourir à de coûteuses importations. L’hiver dernier, les bombardements russes avaient déjà réduit de moitié la production nationale de gaz en Ukraine.L’Ukraine frappe elle aussi régulièrement la Russie, ciblant en particulier les raffineries, ce qui a provoqué une hausse des prix du carburant dans ce pays depuis l’été.M. Zelensky a estimé cette semaine que les pénuries de carburant en Russie se chiffraient “à hauteur de 20% des besoins”.L’Ukraine a aussi récemment frappé une centrale électrique dans la région russe frontalière de Belgorod, y provoquant des coupures de courant.Une délégation ukrainienne conduite par la Première ministre Ioulia Svyrydenko doit se rendre “en début de semaine” aux Etats-Unis pour évoquer notamment la question de l’énergie et de la défense antiaérienne, selon M. Zelensky.

Coupures d’électricité à travers l’Ukraine après des frappes russes massives

Des dizaines de milliers de personnes sont sans courant vendredi à Kiev et dans neuf régions d’Ukraine après l’une des attaques russes les plus massives dirigées contre le réseau énergétique, qui a tué un enfant de 7 ans et fait une trentaine de blessés.La Russie multiplie depuis plusieurs semaines les frappes sur les infrastructures énergétiques et le réseau ferroviaire ukrainiens à l’approche de l’hiver, faisant craindre une campagne, comme les années précédentes, qui pourrait plonger des millions de personnes dans le noir.Selon l’opérateur du réseau électrique ukrainien, Ukrenergo, les bombardements de la nuit ont provoqué des coupures de courant chez “un nombre significatif d’usagers” dans la capitale et neuf autres régions de l’est, du sud, du nord et du centre du pays. Maksym Timtchenko, le PDG du principal acteur privé du secteur, DTEK, a estimé que cette attaque “marque une grave escalade dans la campagne menée par la Russie contre le système énergétique ukrainien”. Sa société a fait état de “centrales thermiques gravement endommagées”.Une source au sein du secteur ukrainien de l’énergie a indiqué à l’AFP que “des dizaines de milliers de foyers” se retrouvent sans courant à Kiev. Elle a expliqué qu’en raison du temps nuageux, de nombreux drones russes ont “réussi à contourner la défense antiaérienne”.”Depuis plusieurs semaines, les Russes font tout pour plonger le pays dans l’obscurité”, a dénoncé le président Volodymyr Zelensky, plaidant une nouvelle fois pour une “action décisive” des Occidentaux qu’il exhorte à livrer des systèmes antiaériens supplémentaires.Selon les autorités, les frappes ont fait au moins un mort – un garçon de 7 ans dans la région de Zaporijjia –  et 33 blessés.L’armée russe a de son côté affirmé avoir visé des sites énergétiques alimentant “le complexe militaro-industriel” ukrainien.- Kiev dans le noir -Il s’agit de “l’une des plus importantes frappes concentrées spécifiquement contre des installations énergétiques”, a dénoncé de son côté la Première ministre Ioulia Svyrydenko, soulignant que les infrastructures ont “subi des dommages importants”.Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a tiré 465 drones et 32 missiles sur le pays, dont respectivement 405 et 15 ont été abattus.Des journalistes de l’AFP à Kiev ont entendu de nombreuses explosions ainsi que le vrombissement de drones d’attaque.A Kiev, “la rive gauche (orientale, ndlr) est sans électricité. Il y a également des problèmes sur le réseau d’eau”, a indiqué le maire de la ville, Vitali Klitschko, sur Telegram.Un journaliste de l’AFP vivant dans l’est de Kiev a également constaté l’absence de courant et d’eau potable et témoigné que cette partie de la ville était plongée dans une obscurité totale.Selon le correspondant de guerre russe Alexandre Kots, deux centrales électriques ont été touchées à Kiev et au moins six autres à travers l’Ukraine.- “Hiver extrêmement difficile” -M. Zelensky avait déjà dénoncé plus tôt cette semaine la multiplication des frappes contre des cibles énergétiques et estimé que “l’objectif de la Russie est de semer le chaos” au sein de la population.Autre signe de la pression russe, les autorités ukrainiennes ont annoncé jeudi de nouvelles évacuations de civils dans l’est du pays, où se déroule l’essentiel des combats.Le secteur gazier ukrainien est aussi mis à rude épreuve par les frappes russes, ce qui pourrait pousser Kiev à recourir à de coûteuses importations. L’hiver dernier, les bombardements russes avaient déjà réduit de moitié la production nationale de gaz en Ukraine.L’Ukraine frappe elle aussi régulièrement la Russie, ciblant en particulier les raffineries, ce qui a provoqué une hausse des prix du carburant dans ce pays depuis l’été.M. Zelensky a estimé cette semaine que les pénuries de carburant en Russie se chiffraient “à hauteur de 20% des besoins”.L’Ukraine a aussi récemment frappé une centrale électrique dans la région russe frontalière de Belgorod, y provoquant des coupures de courant.Une délégation ukrainienne conduite par la Première ministre Ioulia Svyrydenko doit se rendre “en début de semaine” aux Etats-Unis pour évoquer notamment la question de l’énergie et de la défense antiaérienne, selon M. Zelensky.

Viols de Mazan: le volet judiciaire se referme définitivement pour Gisèle Pelicot

Gisèle Pelicot va enfin pouvoir se “concentrer sur sa nouvelle vie”: l’unique accusé qui avait persisté à faire appel et dont la peine a été alourdie jeudi en deuxième instance n’ira pas en cassation, clôturant ainsi l’affaire des viols de Mazan.”Non, il n’y aura pas de pourvoi en cassation. Il accepte la décision”, a annoncé vendredi à l’AFP l’un de ses avocats, Jean-Marc Darrigade, ajoutant que “le procès Mazan est fini”.Le chapitre judiciaire de cette affaire au retentissement mondial, qui avait donné lieu à un procès hors-norme de près de quatre mois à Avignon l’an dernier avec 51 accusés, tous condamnés, puis un second de quatre jours en appel cette semaine à Nîmes, est donc officiellement clôturé.Cette procédure avait transformé Mme Pelicot, malgré elle, en icône féministe en devenant un symbole de la lutte contre les violences sexuelles, la soumission chimique et le non-consentement notamment pour avoir refusé que ces deux procès se tiennent à huis clos, afin que “la honte change de camp”.Contacté par l’AFP, ses avocats n’ont pas voulu faire de commentaire.La victime, qui entre 2011 et 2020 avait été assommée aux anxiolytiques par son ex-époux Dominique qui la violait puis la livrait à des dizaines d’inconnus recrutés sur internet à leur domicile conjugal de Mazan (Vaucluse), va désormais pouvoir “se concentrer sur sa nouvelle vie et sur son avenir”, comme avait annoncé à l’AFP son avocat Antoine Camus peu avant le procès de cette semaine.- “Pensée d’un autre âge!” -Husamettin Dogan, qui avait fait appel de sa peine de neuf ans de prison prononcée en première instance en décembre à Avignon, a été condamné jeudi par la cour d’assises d’appel du Gard cette fois-ci à 10 ans de réclusion.”On savait que ce serait difficile car il y avait un effet loupe sur M. Dogan. Il était seul et il aurait eu besoin d’avoir raison seul contre tous”, a regretté Me Darrigade. “Le fait d’avoir reçu une année de plus est peut-être à mettre sur le compte d’un préjudice supplémentaire qu’à eu à subir la victime avec ce nouveau procès”, a-t-il avancé.Et il s’est dit toutefois “satisfait” que la cour “n’ait pas suivi les réquisitions de l’avocat général” qui avait, comme ses confrères en première instance de la cour criminelle de Vaucluse, demandé 12 ans de réclusion criminelle.Agé de 44 ans, cet ex-ouvrier au parcours socioprofessionnel chaotique s’était rendu la nuit du 28 juin 2019 au domicile conjugal des Pelicot à Mazan pour y violer Gisèle Pelicot, préalablement sédatée et inconsciente par son mari Dominique.Comme en première instance, M. Dogan a, pendant les quatre jours d’audience à Nîmes, maintenu n’avoir “violé personne”, disant avoir été “sous l’emprise” de Dominique Pelicot.Dans un réquisitoire puissant, l’avocat général Dominique Sié avait souligné son attitude “désespérante”, lui lançant: “Tant que vous refuserez de l’admettre, ce n’est pas seulement une femme, c’est tout un fonctionnement social sordide que vous cautionnez.”Ce procès pouvait difficilement être le procès ordinaire d’un viol, notamment parce qu’il y a avait dans ce dossier, fait rare, des preuves vidéo accablantes, Dominique Pelicot ayant tout filmé et archivé méticuleusement.Ce dossier a permis “une prise de conscience collective sur un fonctionnement social archaïque, destructeur, qui fait de l’homme, le mâle, le centre de l’univers”, avait asséné l’avocat général. Avant d’ajouter: “On ne peut pas en 2025 considérer que parce qu’elle n’a rien dit, elle était d’accord. Car là, on se situe dans un mode de pensée d’un autre âge!”De son côté, Gisèle Pelicot avait à la barre expliqué avoir “le sentiment d’être allée au bout de cette épreuve qui a duré cinq ans. Je souhaite ne jamais retourner dans un tribunal de ma vie. Moi, le mal est fait. Il va falloir que je me reconstruise sur cette ruine. Je suis en bonne voie.”

Cédric Jubillar a pu se sentir “rabaissé”, dit un psychologue avant l’interrogatoire de l’accusé

Cédric Jubillar a pu se sentir “rabaissé” par la perspective du départ de son épouse et de la potentielle perte de sa maison, a expliqué vendredi devant la cour d’assises du Tarn un psychologue, revenant sur l’état d’esprit de l’accusé au moment de la disparition de son épouse, en 2020.Avant un dernier interrogatoire du peintre-plaquiste de 38 ans, la cour a longuement écouté vendredi matin le rapport et les réponses de cet expert qui a rencontré cinq fois M. Jubillar en détention.”Il lui est difficile de se sentir rabaissé, ça le fait souffrir”, a expliqué ce psychologue, soulignant qu’il avait pu éprouver cette “sensation de rabaissement” dans les semaines précédant la nuit du 15 au 16 décembre 2020, une analyse sur laquelle l’avocat général Pierre Aurignac et les avocats des parties civiles se sont attardés, cherchant à établir un lien entre cet état d’esprit et un potentiel passage à l’acte.”Lui, il s’est senti pris pour un con”, a appuyé l’expert, estimant notamment que le “rejet” symbolisé par le potentiel départ de sa femme pour un autre homme pouvait “faire ressortir les douleurs du ressenti d’abandon” de l’accusé, liées à son enfance chaotique, faite de placements en famille d’accueil et de forte instabilité affective. – “Hypothèses” -Le psychologue a fait référence à un adage breton (“Quand on n’a rien, on n’est rien”) pour expliquer que M. Jubillar, accusé du meurtre de sa femme, avait pu se trouver au moment des faits dans une “angoisse d’anéantissement” personnel, ce qui “peut amener au passage à l’acte”. Mais il s’agit d'”hypothèses” et non d'”affirmations”, a-t-il nuancé à l’adresse des jurés. L’interrogatoire de l’expert s’est achevé à la mi-journée, la défense insistant justement sur la notion d’hypothèses au sujet de ces conclusions. L’interrogatoire récapitulatif de l’accusé ne commencera qu’en début d’après-midi et devrait se poursuivre lundi, a expliqué la présidente des assises, Hélène Ratinaud, qui a listé une dizaine de thèmes pour orienter ses questions.Jusqu’ici Cédric Jubillar n’a été interrogé que ponctuellement sur certains éléments. “Je ne crains pas le faux pas d’un innocent”, a affirmé son avocat Alexandre Martin, au sujet de la perspective de ce long interrogatoire.La défense l’a bien “préparé”, a de son côté souligné Mourad Battikh, avocat d’une partie civile, qui ne croit pas “qu’il passera aux aveux” vendredi. “Il a des réponses mécaniques depuis le début de ce procès”, a-t-il dit, “il y a très peu de chances qu’il change de couloir de nage”.- “Des blagues” -Menaces de mort avant la disparition, confidences après, les auditions à charge se sont multipliées ces derniers jours devant les assises d’Albi, à commencer par celle de sa propre mère. Mercredi, elle est venue rappeler une déclaration de son fils confronté à la dislocation de son couple: “J’en ai marre, elle m’énerve, je vais la tuer, l’enterrer et personne ne va la retrouver”.Jeudi, c’était au tour de ses anciennes petites amies de détailler les confidences qu’il leur aurait faites après la disparition de Delphine.Lors d’une visite au parloir au cours de l’année écoulée, Jennifer, 31 ans, a rapporté : “Il m’a dit: +Je l’ai étranglée+”, allant jusqu’à mimer sur lui puis sur elle “la clé de coude” qui aurait causé la mort de Delphine Jubillar, née Aussaguel.Sa précédente compagne, Séverine, 48 ans, a dit que Cédric lui avait affirmé, “en rigolant”, avoir enterré le corps “près d’une ferme qui a brûlé”.”Des blagues”, n’a cessé de justifier l’accusé, confronté à ces accusations, ainsi que celles rapportées par deux anciens codétenus appelés à la barre mercredi.”C’est un personnage qui, à un moment donné, quand on lui pose des questions qu’il estime être absurdes, à savoir, qu’est-ce que tu as fait de Delphine, va répondre par des choses absurdes qu’il met sur le compte de l’humour”, a commenté son avocate Emmanuelle Franck.”Je suis le coupable idéal”, a déclaré jeudi l’accusé au dernier jour de cette accumulation de témoignages. “C’est l’effet des médias, j’ai été condamné avant même le procès”, a-t-il estimé.

Venezuela: Maria Corina Machado, visage et âme de l’opposition

Récompensée par le prix Nobel de la Paix, Maria Corina Machado, la cheffe de l’opposition au Venezuela, 58 ans, surnommée la “libératrice” par ses partisans, vit dans la clandestinité depuis la présidentielle contestée de juillet 2024 mais reste l’âme de l’opposition vénézuélienne.”Très juste reconnaissance pour la longue lutte d’une femme et de tout un peuple …

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Venezuela: Maria Corina Machado, visage et âme de l’opposition

Récompensée par le prix Nobel de la Paix, Maria Corina Machado, la cheffe de l’opposition au Venezuela, 58 ans, surnommée la “libératrice” par ses partisans, vit dans la clandestinité depuis la présidentielle contestée de juillet 2024 mais reste l’âme de l’opposition vénézuélienne.”Très juste reconnaissance pour la longue lutte d’une femme et de tout un peuple pour notre liberté et notre démocratie”, a affirmé le candidat de l’opposition à la présidentielle Edmundo Gonzalez Urrutia. Si le président Nicolas Maduro, au pouvoir depuis 2013, a été proclamé vainqueur par l’autorité électorale considérée aux ordres du pouvoir, l’opposition a revendiqué la victoire pour son candidat.Mme Machado, déclarée inéligible, n’avait pas pu se présenter, mais avait mené la campagne pour un candidat alors inconnu ralliant derrière elle des foules. Et c’est elle qui avait appelé ses partisans à recueillir les procès-verbaux de chaque bureau de vote, pour “prouver” la victoire de l’opposition. Le pouvoir vénézuélien, qui n’a pas jusqu’ici publié les résultats complets du scrutin, a durement réprimé les troubles post-électoraux et a intensifié ces derniers mois la répression politique, selon une mission d’experts de l’ONU.Mme Machado a choisi de rester dans son pays alors que M. Gonzalez Urrutia, visé par un mandat d’arrêt et harcelé verbalement par le pouvoir, a lui été contraint à l’exil en septembre.Fin septembre 2024 lors d’un entretien avec l’AFP, elle avait expliqué vivre parfois “des semaines sans contact humain” : “Je suis là où je me sens le plus utile pour la lutte”. Réfugiée dans un lieu tenue secret, elle continue de mener son combat. “Si quelque chose m’arrive, la consigne est très claire (…), personne ne négociera la liberté du Venezuela contre ma liberté”, avait elle affirmé, lors d’une interview par appel vidéo avec l’AFP.Depuis la présidentielle, elle donne des interviews virtuelles et participe à des débats sur internet, toujours sur un fond neutre pour que personne ne reconnaisse l’endroit où elle se trouve.- “Jusqu’au bout” -La notoriété de Mme Machado a explosé lors des primaires de l’opposition en octobre 2023, en recueillant plus de 90% des voix dans une démonstration de force avec 3 millions de participants. Elle est rapidement devenue favorite des sondages, surnommée la “libertadora” (“libératrice”), en hommage au “libertador” Simon Bolivar.Réputée franche et sans demi-mesure, des traits de caractère qui, selon les experts, ont fortement contribué à sa popularité, Mme Machado répétait à l’envi le slogan de sa campagne: “jusqu’au bout”. Son nom n’était pas sur les bulletins mais le visage et l’âme de l’opposition, c’était elle. Elle a sillonné inlassablement le pays, faisant campagne en voiture, interdite de prendre l’avion. Cris, pleurs et bousculades accompagnaient ses apparitions.Mme Machado promettait alors sans cesse “le changement” au Venezuela, dirigé depuis 1999 par le président Hugo Chavez (1999-2013), puis son héritier Nicolas Maduro.Ce dernier a été proclamé vainqueur de la dernière présidentielle avec 52% des voix par le Conseil national électoral, considéré aux ordres du pouvoir. Celui-ci n’a pas publié le détail des votes, se disant victime d’un piratage informatique.L’opposition, qui a publié des procès-verbaux des bureaux de vote, assure que M. Gonzalez Urrutia a remporté le scrutin avec plus de 67% des voix. Le pouvoir assure que ces procès-verbaux sont des “faux”.C’est justement Mme Machado qui avait demandé en amont à ses troupes d’organiser la collecte des procès-verbaux.Cela lui a valu un fort soutien international, les Etats-Unis, l’Europe et de nombreux pays d’Amérique latine ne reconnaissant pas la réélection de M. Maduro.Couronnée par le prix Sakhraov en 2024, Mme Machado avait estimé qu’il s’agissait d’une “reconnaissance pour chaque prisonnier politique, demandeur d’asile, exilé et chaque citoyen de notre pays qui se bat pour ce qu’il pense”.Libérale, elle prône une économie de marché et a proposé la privatisation du géant public pétrolier Petroleos de Venezuela (PDVSA), principale source de revenus du pays dont la production s’est effondrée, en raison de la mauvaise gestion et de la corruption.”Nous allons libérer notre pays et ramener nos enfants à la maison”, lançait-elle en référence aux 7 millions de Vénézuéliens qui, selon l’ONU, ont quitté le pays en proie à une interminable crise économique.Ce retour espéré de la diaspora la touche de près. Ses trois enfants – Ana Corina, Henrique et Ricardo – vivent à l’étranger.Ingénieure de profession, Mme Machado a entamé son parcours politique en 2002 avec la création de l’association Sumate (Rejoins-nous), réclamant un référendum pour révoquer le président Chavez.Accusée de trahison – Sumate percevant des fonds en provenance des États-Unis – et faisant l’objet de menaces de mort, elle avait alors décidé d’envoyer ses enfants, en bas âge, vivre aux États-Unis mais jure régulièrement comme son slogan de campagne qu’elle ira “jusqu’au bout”.Soutenant le déploiement de navires de guerre américain dans les Caraïbes, elle avait récemment affirmé sur les réseaux sociaux: “Il ne nous reste que très peu de temps avant que les Vénézuéliens ne récupèrent leur souveraineté et leur démocratie. Nous sommes prêts à prendre les rênes du nouveau gouvernement”.

Venezuela: Maria Corina Machado, visage et âme de l’opposition

Récompensée par le prix Nobel de la Paix, Maria Corina Machado, la cheffe de l’opposition au Venezuela, 58 ans, surnommée la “libératrice” par ses partisans, vit dans la clandestinité depuis la présidentielle contestée de juillet 2024 mais reste l’âme de l’opposition vénézuélienne.”Très juste reconnaissance pour la longue lutte d’une femme et de tout un peuple pour notre liberté et notre démocratie”, a affirmé le candidat de l’opposition à la présidentielle Edmundo Gonzalez Urrutia. Si le président Nicolas Maduro, au pouvoir depuis 2013, a été proclamé vainqueur par l’autorité électorale considérée aux ordres du pouvoir, l’opposition a revendiqué la victoire pour son candidat.Mme Machado, déclarée inéligible, n’avait pas pu se présenter, mais avait mené la campagne pour un candidat alors inconnu ralliant derrière elle des foules. Et c’est elle qui avait appelé ses partisans à recueillir les procès-verbaux de chaque bureau de vote, pour “prouver” la victoire de l’opposition. Le pouvoir vénézuélien, qui n’a pas jusqu’ici publié les résultats complets du scrutin, a durement réprimé les troubles post-électoraux et a intensifié ces derniers mois la répression politique, selon une mission d’experts de l’ONU.Mme Machado a choisi de rester dans son pays alors que M. Gonzalez Urrutia, visé par un mandat d’arrêt et harcelé verbalement par le pouvoir, a lui été contraint à l’exil en septembre.Fin septembre 2024 lors d’un entretien avec l’AFP, elle avait expliqué vivre parfois “des semaines sans contact humain” : “Je suis là où je me sens le plus utile pour la lutte”. Réfugiée dans un lieu tenue secret, elle continue de mener son combat. “Si quelque chose m’arrive, la consigne est très claire (…), personne ne négociera la liberté du Venezuela contre ma liberté”, avait elle affirmé, lors d’une interview par appel vidéo avec l’AFP.Depuis la présidentielle, elle donne des interviews virtuelles et participe à des débats sur internet, toujours sur un fond neutre pour que personne ne reconnaisse l’endroit où elle se trouve.- “Jusqu’au bout” -La notoriété de Mme Machado a explosé lors des primaires de l’opposition en octobre 2023, en recueillant plus de 90% des voix dans une démonstration de force avec 3 millions de participants. Elle est rapidement devenue favorite des sondages, surnommée la “libertadora” (“libératrice”), en hommage au “libertador” Simon Bolivar.Réputée franche et sans demi-mesure, des traits de caractère qui, selon les experts, ont fortement contribué à sa popularité, Mme Machado répétait à l’envi le slogan de sa campagne: “jusqu’au bout”. Son nom n’était pas sur les bulletins mais le visage et l’âme de l’opposition, c’était elle. Elle a sillonné inlassablement le pays, faisant campagne en voiture, interdite de prendre l’avion. Cris, pleurs et bousculades accompagnaient ses apparitions.Mme Machado promettait alors sans cesse “le changement” au Venezuela, dirigé depuis 1999 par le président Hugo Chavez (1999-2013), puis son héritier Nicolas Maduro.Ce dernier a été proclamé vainqueur de la dernière présidentielle avec 52% des voix par le Conseil national électoral, considéré aux ordres du pouvoir. Celui-ci n’a pas publié le détail des votes, se disant victime d’un piratage informatique.L’opposition, qui a publié des procès-verbaux des bureaux de vote, assure que M. Gonzalez Urrutia a remporté le scrutin avec plus de 67% des voix. Le pouvoir assure que ces procès-verbaux sont des “faux”.C’est justement Mme Machado qui avait demandé en amont à ses troupes d’organiser la collecte des procès-verbaux.Cela lui a valu un fort soutien international, les Etats-Unis, l’Europe et de nombreux pays d’Amérique latine ne reconnaissant pas la réélection de M. Maduro.Couronnée par le prix Sakhraov en 2024, Mme Machado avait estimé qu’il s’agissait d’une “reconnaissance pour chaque prisonnier politique, demandeur d’asile, exilé et chaque citoyen de notre pays qui se bat pour ce qu’il pense”.Libérale, elle prône une économie de marché et a proposé la privatisation du géant public pétrolier Petroleos de Venezuela (PDVSA), principale source de revenus du pays dont la production s’est effondrée, en raison de la mauvaise gestion et de la corruption.”Nous allons libérer notre pays et ramener nos enfants à la maison”, lançait-elle en référence aux 7 millions de Vénézuéliens qui, selon l’ONU, ont quitté le pays en proie à une interminable crise économique.Ce retour espéré de la diaspora la touche de près. Ses trois enfants – Ana Corina, Henrique et Ricardo – vivent à l’étranger.Ingénieure de profession, Mme Machado a entamé son parcours politique en 2002 avec la création de l’association Sumate (Rejoins-nous), réclamant un référendum pour révoquer le président Chavez.Accusée de trahison – Sumate percevant des fonds en provenance des États-Unis – et faisant l’objet de menaces de mort, elle avait alors décidé d’envoyer ses enfants, en bas âge, vivre aux États-Unis mais jure régulièrement comme son slogan de campagne qu’elle ira “jusqu’au bout”.Soutenant le déploiement de navires de guerre américain dans les Caraïbes, elle avait récemment affirmé sur les réseaux sociaux: “Il ne nous reste que très peu de temps avant que les Vénézuéliens ne récupèrent leur souveraineté et leur démocratie. Nous sommes prêts à prendre les rênes du nouveau gouvernement”.

Crise gouvernementale: Macron convie dans l’urgence les forces politiques à l’Elysée

Emmanuel Macron s’est résolu à descendre dans l’arène. Le chef de l’Etat, au pied du mur pour désigner un Premier ministre, a convié, en urgence, à l’Elysée les principales forces politiques, alors qu’une éventuelle reconduction de Sébastien Lecornu irrite jusque dans son camp.Les téléphones ont bipé autour de 02H00 du matin: le président de la République a invité les chefs de parti et chefs de groupe à l’Assemblée nationale, sauf le Rassemblement national et La France insoumise, à 14H30 à l’Élysée.Son entourage n’a fourni aucune explication ni confirmation de ce rendez-vous, alors que le président n’a pas pris la parole depuis la démission fracassante de Sébastien Lecornu lundi. Une prochaine expression est cependant évoquée par ses proches.Le chef de l’Etat a promis de nommer un Premier ministre d’ici “vendredi soir”, après deux jours de négociations supplémentaires pour tenter d’arracher, en l’absence de toute majorité à l’Assemblée, un accord de non-censure du futur gouvernement.Mais rien n’a filtré sur l’heure et les modalités d’une annonce. Le scénario qui revenait le plus en force était la reconduction du Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu, un fidèle du président qui a pris la lumière depuis son arrivée à Matignon. Mais une telle nomination est déjà abondamment critiquée par les oppositions et y compris dans le camp présidentiel. “Je ne comprendrais pas qu’il y ait une renomination d’un Premier ministre macroniste”, a prévenu Agnès Pannier-Runacher, macroniste de la première heure, tandis que le chef du parti présidentiel Renaissance Gabriel Attal demandait à nouveau à Emmanuel Macron de “partager le pouvoir”.- “Fable” -Si le nom de Jean-Louis Borloo a beaucoup circulé ces dernières heures, il semble peu probable que ce soit le choix final du président. Au bal des paris, d’autres noms continuaient aussi à être cités, de l’ex-Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve au premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lui aussi issu du PS.Avec un double défi pour le chef de l’État: repousser le plus tard possible la menace d’une censure et a fortiori d’une dissolution.En revanche, le scénario d’un Premier ministre de gauche s’éloignait, malgré l’appel à nouveau jeudi soir des chefs de parti socialiste, communiste et écologiste, à “entendre le pays”. “La fable d’un Premier ministre de gauche n’a aucune réalité aujourd’hui”, a moqué vendredi Manuel Bompard (LFI). La gauche hors LFI a prévu de se concerter avant de se rendre à l’Élysée.- Projet de budget prêt -En attendant, l’urgence est de déposer un projet de budget lundi pour que le Parlement dispose bien de 70 jours pour l’examiner, comme le prévoit la Constitution. Mais, a précisé Pierre Moscovici sur RMC-BFMTV, ce projet devra bien être celui qui a été envoyé le 2 octobre au Haut conseil des finances publiques qui l’a “déjà examiné” et a préparé son avis. Il s’agit donc du texte qui a été le détonateur de la crise actuelle avec le vote de défiance de l’Assemblée nationale qui a provoqué la chute de François Bayrou le 8 septembre.”Qui peut imaginer qu’en 48 heures, on peut tout refaire ?”, a interrogé Pierre Moscovici. Ce projet de budget “ne sera pas parfait”, avait reconnu le Premier ministre démissionnaire mercredi à l’issue de ses multiples rencontres avec les partis, et devra être débattu.La France aura-t-elle un gouvernement dès vendredi ou à défaut ce weekend ? Les principaux ministres en place seront-ils reconduits ? Remplacés par des ministres techniques ?Le Premier ministre démissionnaire souhaite que la future équipe gouvernementale soit “complètement déconnectée des ambitions présidentielles pour 2027”, des ambitions qu’il n’a lui-même jamais manifestées.Cela exclurait en revanche le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau, qui a précipité dimanche la chute du gouvernement Lecornu tout juste nommé. Le président des Républicains a conditionné son retour au gouvernement à la nomination d’un Premier ministre “ni de gauche, ni macroniste”. Emmanuel Macron est aussi très attendu sur une éventuelle suspension de la très controversée réforme des retraites de 2023, préalable posé par les socialistes pour un accord de non-censure.

Otages à Gaza: les 20 Israéliens présumés vivants

L’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas conclu sous l’égide du président américain Donald Trump prévoit le retour en Israël des 47 otages retenus dans la bande de Gaza depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, dont au moins 25 sont morts.Voici les portraits des 20 derniers otages israéliens présumés vivants :- Matan Angrest, 22 ans -Sous-officier, Matan Angrest a été capturé dans son char en lisière de la bande de Gaza après avoir tenté d’empêcher l’infiltration des commandos du mouvement islamiste palestinien près de la base de Nahal Oz.Les trois autres membres de l’équipage du char ont été tués et les corps de deux d’entre eux sont encore dans Gaza.Sur une vidéo diffusée par sa famille en avril 2025, on voit le moment où il est enlevé de son char et victime d’un lynchage.Matan Angrest, originaire de Kiryat Bialik, dans le nord d’Israël, est supporter de l’équipe de football du Maccabi Haïfa. Sa famille avait prévu un voyage à Dubaï pour fêter la fin prochaine de son service militaire.- Gali et Ziv Berman, 28 ans -Les jumeaux Gali et Ziv Berman, aujourd’hui âgés de 28 ans, ont été enlevés du quartier des jeunes du kibboutz Kfar Aza, incendié par les commandos du Hamas.Inséparables, les deux frères travaillaient ensemble dans le domaine de la production musicale. Ils sont supporters du club de football Maccabi Tel-Aviv et de Liverpool. Leurs parents et leur frère aîné ont survécu à l’attaque.- Elkana Bohbot, 36 ans -Elkana Bohbot était l’un des producteurs du festival Nova, avec ses amis d’enfance, Michael et Osher Waknin, tués le 7 octobre avec près de 370 personnes dans cette fête techno. Une vidéo de lui menotté et blessé au visage emmené par ses ravisseurs a été diffusée le jour de l’attaque du Hamas.Elkana Bohbot est marié à une Israélienne d’origine colombienne. Père d’un garçon, il vivait à Mevasseret Tzion, près de Jérusalem. Le président colombien Gustavo Petro lui a accordé la nationalité colombienne en novembre 2023.Son épouse, Rebecca Gonzalez, a indiqué mi-février 2025 avoir reçu une “preuve de vie” de la part d’Ohad Ben Ami, ex-otage libéré le 8 février et ayant été détenu avec son mari. Avant son enlèvement, Elkana Bohbot était censé ouvrir un stand de glaces dans un marché de Tel-Aviv mi-octobre 2023, selon ses parents.L’otage est apparu en mai dans une vidéo diffusée par le Hamas, en compagnie d’un autre otage, Yossef-Haïm Ohana. Elkana Bohbot y apparaît silencieux, visiblement affaibli et allongé sous une couverture.- Rom Braslavski, 21 ans -Originaire de Jérusalem, Rom Braslavski, également citoyen allemand, assurait la sécurité du festival Nova. Entre 10h30, heure de son dernier contact avec sa mère, et 13h30, heure à laquelle il a disparu, le vigile est resté sur place, venant en aide à de nombreux festivaliers, selon des rescapés. Il a été blessé aux deux mains pendant l’assaut.En août 2025, le Jihad islamique, un mouvement allié du Hamas, a publié une vidéo montrant Rom Braslavski s’exprimant manifestement sous la contrainte, où il semble très affaibli et amaigri.- Nimrod Cohen, 21 ans -Stationné le 7 octobre près du kibboutz de Nahal Oz avec son unité de blindés, Nimrod Cohen a été trahi par son char d’assaut, immobilisé par des freins défectueux.Le soldat a été extirpé de son véhicule par les assaillants, en compagnie de trois autres membres de l’équipage, selon des vidéos publiées par le Hamas.Ses trois compagnons d’armes, Omer Neutra, Oz Daniel et Shaked Dahan, sont morts le 7 octobre et leurs corps ont été emmenés à Gaza.Nimrod Cohen est originaire de Rehovot, au sud de Tel-Aviv.Ses parents Yehouda et Viki Cohen sont de toutes les manifestations, brandissant des pancartes ou des photos pour exiger la libération des otages en Israël et aux Etats-Unis. Nimrod Cohen ne se séparait jamais d’un Rubik’s Cube et sa mère garde précieusement celui que l’armée lui a donné, retrouvé brûlé en partie dans le char de son fils. – David et Ariel Cunio, 35 et 28 ans -Les frères israélo-argentins David et Ariel Cunio ont été enlevés avec leur famille élargie alors qu’ils se cachaient dans la pièce sécurisée du domicile de David Cunio au kibboutz Nir Oz. Pour les en déloger, les assaillants ont mis le feu à la maison.Leur famille est celle qui a compté le plus d’otages (huit). Sharon Aloni Cunio, 34 ans, la femme de David Cunio, et leurs deux jumelles de trois ans, ainsi que Danielle Aloni, 44 ans, la soeur de Sharon Aloni Cunio, et sa fille de cinq ans avaient été libérées pendant la trêve de novembre 2023. La fiancée d’Ariel Cunio, Arbel Yehoud, 28 ans, a été libérée le 30 janvier.Le réalisateur israélien Tom Shoval a présenté en février à la Berlinale le film “Lettre à David”, qui rend hommage à David Cunio. En 2013, David Cunio et son frère jumeau Eitan avaient présenté au festival de Berlin le film “Youth”, dans lequel ils jouaient les personnages principaux sous la direction de M. Shoval.Eitan Cunio a échappé au Hamas en se cachant dans son abri de Nir Oz. Les deux frères ont le même tatouage de trois petites étoiles vert sombre à l’intérieur du poignet.A l’ouverture de la Berlinale, la directrice, Tricia Tuttle, et une rangée d’acteurs et de réalisateurs ont brandi sur le tapis rouge la photo de David Cunio.Le film “Lettre à David” a reçu en septembre l’Ophir (Oscar israélien) du meilleur film documentaire.- Evyatar David, 24 ans -C’est par une photo reçue sur le réseau social Telegram que les parents d’Evyatar David ont découvert que leur fils était otage à Gaza. Le jeune homme y apparaît le visage éclairé par une lampe de poche.Le 7 octobre, il participait avec son ami d’enfance Guy Gilboa Dalal au festival Nova. Ce dernier a également été enlevé et est toujours présumé vivant dans la bande de Gaza.Sa famille est originaire de Kfar Saba, dans le centre d’Israël. Passionné de musique, il travaillait dans un café pour rassembler assez d’argent pour une excursion prévue en Thaïlande.En août 2025, le Hamas a diffusé une vidéo montrant Evyatar David gravement sous-alimenté et visiblement affaibli.- Guy Gilboa Dalal, 24 ans -Guy Gilboa Dalal participait avec trois amis à sa première rave party lorsqu’il a été enlevé au festival Nova. Sa famille a rapidement appris son enlèvement en visionnant une vidéo de lui et de son meilleur ami Evyatar David, ligotés dans un tunnel à Gaza.Selon le témoignage d’un otage libéré en juin lors d’une opération de l’armée israélienne, leurs geôliers lui ont fait subir des sévices. Guy Gilboa Dalal et Evyatar David ont été vus en février sur une vidéo du Hamas, regardant une des cérémonies de libération des otages à Gaza avant d’être enfermés dans la voiture, suppliant pour être libérés.Il apparait dans une vidéo du Hamas le 5 septembre. Il est filmé avec un autre otage, Alon Ohel, dans un tunnel.Amoureux du Japon, Guy Gilboa Dalal en a appris la langue pour y voyager un jour. Il travaillait dans l’informatique.- Maxim Herkin, 37 ans -Israélo-russe, Maxim Herkin vit à Tirat Carmel, dans le nord d’Israël, et est père d’une petite fille âgée aujourd’hui de cinq ans, qui vit avec sa mère en Russie. Il avait immigré avec sa mère d’Ukraine.Avant d’être enlevé au festival Nova, il a écrit à sa mère “tout va bien, je rentre”.Au printemps 2025, la branche armée du Hamas a diffusé une vidéo dans laquelle Maxim Herkin apparaît allongé, la tête et le bras gauche couverts de bandages avec des taches marron.- Eitan Horn, 39 ans – Eitan Horn, qui vit dans la ville de Kfar Saba (centre), a été enlevé au domicile de son frère aîné Yaïr Horn au kibboutz Nir Oz. Egalement enlevé le 7 octobre, son frère, diabétique, a été libéré en février 2025. Avant la libération de l’aîné, les deux frères étaient retenus ensemble en captivité.La famille Horn avait émigré d’Argentine il y a des années.Educateur, Eitan Horn a longtemps travaillé avec différents mouvements de jeunesse, pour qui il a été en mission au Pérou.- Segev Kalfon, 27 ans -Segev Kalfon, qui vit à Dimona (sud), travaillait avec son père dans la boulangerie familiale à Arad dans le désert du Néguev.Son ami d’enfance, qui était avec lui au festival Nova, a raconté sa capture, alors qu’il était caché dans un buisson sur le bord de la route 232 reliant les kibboutz en bordure de Gaza.Un des otages libérés en février a raconté avoir été un temps en captivité avec lui, selon sa famille.- Bar Kuperstein, 23 ans -Avant d’être enlevé au festival Nova, Bar Kuperstein est resté sur place pour secourir les festivaliers touchés par balles. Infirmier dans l’armée, il n’était pas en service ce jour-là, mais faisait partie du personnel du festival.Des vidéos le montrant ligoté ont été diffusées peu après son enlèvement.Bar Kuperstein est originaire de Holon, près de Tel-Aviv.Son père Tal Kuperstein, secouriste bénévole, est handicapé, privé de parole et de mouvements, depuis un accident, et son fils a joué le rôle de père de famille depuis ses 17 ans.Depuis quelques mois, M. Kuperstein arrive à s’exprimer, difficilement, et a expliqué à l’AFP qu’il voulait en faire la surprise à son fils à son retour.Devenu secouriste comme son père, le jeune homme avait sauvé la vie de son grand-père Michael Kuperstein, victime d’un accident cardiaque chez eux deux mois avant le 7 octobre 2023.- Omri Miran, 48 ans -Masseur-thérapeute également de nationalité hongroise, Omri Miran a été enlevé au kibboutz Nahal Oz, où il vivait, en présence de sa femme Lichay Miran-Lavi et de leurs deux fillettes, laissées libres.Son père, Dani Miran, se laisse pousser la barbe dans l’attente du retour de son fils, après l’avoir vu, barbu, dans une vidéo publiée par le Hamas en avril 2024, estimant que si son fils ne peut pas se raser, il ne se rasera pas non plus.S’exprimant vraisemblablement sous la contrainte, Omri Miran décrivait dans cette vidéo “une situation difficile” en raison de “nombreux bombardements” israéliens sur la bande de Gaza. Il disait espérer pouvoir retrouver sa famille pour la fête de l’Indépendance d’Israël, le 14 mai. Il est réapparu dans une autre vidéo diffusée par le Hamas le 23 avril 2025.- Eitan Mor, 25 ans -Aîné de huit enfants d’une famille religieuse de la colonie de Kyriat Arba, en Cisjordanie occupée, Eitan Mor était à Nova comme vigile avec des amis.Son père Tzvika Mor est le fondateur du Forum de l’espoir, un collectif de parents d’otages opposés à tout accord avec le Hamas et exigeant des autorités israéliennes plus de pression militaire afin que le Hamas capitule et libère les otages.Eitan Mor travaillait dans un café à Jérusalem et rêvait d’ouvrir son propre restaurant. Il gardait le contact avec ses parents bien qu’il ait pris ses distances avec la religion.- Yossef-Haïm Ohana, 25 ans -Yossef-Haim Ohana, orignaire de Kyriat Malakhi (sud), voulait faire des études de coaching. Il a été enlevé au festival Nova où il était barman. Il a été vu en train d’aider des blessés avant de s’enfuir avec un ami.De parents divorcés, M. Ohana a perdu pendant son enfance son frère Acher-Yitzhak emporté par un cancer à l’âge de 7 ans. L’otage est apparu en mai dans une vidéo diffusée par le Hamas, en compagnie d’un autre captif, Elkana Bohbot.- Alon Ohel, 24 ans -Pianiste de talent, Alon Ohel, qui devait commencer des études de musique à la prestigieuse école Rimon de Ramat Hasharon (centre), était revenu d’une excursion en Asie quelque semaines avant d’être enlevé au festival Nova.Il a été capturé dans un abri sur la route 232, qui relie les kibboutz en bordure de Gaza, avec trois autres jeunes hommes. Il vit à Lavon, un village du nord d’Israël, et a aussi les nationalités serbe et allemande.La famille d’Alon Ohel a déclaré en février 2025 avoir reçu une première preuve de vie, grâce aux témoignages d’autres captifs récemment libérés. “Il est évident qu’Alon perd la vue de son oeil droit, et il apparaît amaigri et en détresse”, ont dit ses parents après la diffusion par le Hamas d’une vidéo de leur fils en septembre.- Avinatan Or, 32 ans -Fils d’une famille religieuse de la colonie de Shilo en Cisjordanie occupée, Avinatan Or est le deuxième d’une fratrie de sept enfants. En couple avec Noa Argamani, qui a été enlevée en même temps que lui au festival Nova puis libérée par une opération militaire israélienne en juin 2024, il devait s’installer avec elle à Beersheva (sud), où il avait fait des études d’ingénieur.Il possède aussi la nationalité britannique.- Matan Zangauker, 25 ans -Matan Zangauker a été enlevé à son domicile du kibboutz Nir Oz.Enlevée avec lui, Ilana Gritzewsky, sa compagne israélo-mexicaine, a été libérée le 30 novembre 2023, au dernier jour de la première trêve. Avec la mère de son compagnon, Einav Zangauker, elle est devenue l’une des figures de proue du combat pour la libération des otages. Mme Zangauker a menacé en septembre 2025 le Premier ministre Benjamin Netanyahu de le poursuivre en justice pour “meurtre” si son fils n’était pas libéré vivant.Matan Zangauker, enfant de parents divorcés, est passionné de numismatique et d’aéromodélisme. Il travaillait à la ferme de cannabis médical de Nir Oz.