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Zelensky repousse le plan américain sur la guerre avec la Russie
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a repoussé vendredi le plan américain visant à mettre fin à près de quatre ans d’invasion russe et perçu à Kiev comme très favorable au Kremlin, assurant qu’il ne “trahira” pas son pays.”L’Ukraine pourrait être confrontée à un choix très difficile: la perte de dignité ou le risque de perdre un partenaire clé”, les Etats-Unis, a-t-il déclaré dans une adresse vidéo à la nation. “Nous traversons l’un des moments les plus difficiles de notre histoire”, a estimé Volodymyr Zelensky.Des médias dont l’AFP ont publié ces propositions de 28 points soutenues par le président américain Donald Trump et qui demandent que Kiev cède des territoires occupés à la Russie, renonce à intégrer l’Otan, réduise ses forces armées et organise des élections dans la foulée.Les propositions américaines augurent “une vie sans liberté, sans dignité, sans justice. Et qu’on croie à celui qui a déjà attaqué deux fois”, a renchéri M. Zelensky, en référence à la Russie.”Je présenterai des arguments, je persuaderai, je proposerai des alternatives”, a-t-il encore poursuivi, ajoutant: “Je ne trahirai jamais (…) mon serment de fidélité à l’Ukraine”.Peu après, M. Zelensky s’est entretenu avec le vice-président américain JD Vance sur ce plan, a indiqué une source à la présidence ukrainienne, sans donner de détails sur le contenu de cette conversation.- Concertation avec les Européens -Le président ukrainien s’est également concerté d’urgence avec les dirigeants français, allemand et britannique, ses alliés clé face à Moscou et Washington.”Nous travaillons sur le document préparé par la partie américaine” pour “assurer une paix réelle et digne” pour l’Ukraine”, a-t-il déclaré sur X à l’issue de l’entretien téléphonique avec Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz. Ces derniers ont appelé à trouver une solution au conflit en Ukraine impliquant “pleinement” Kiev, et assuré que toute décision nécessitait le “soutien conjoint et le consensus” des Européens et de l’Otan, a indiqué l’Elysée dans un communiqué.Les Européens souhaitent que “les forces armées ukrainiennes soient capables de défendre efficacement la souveraineté de l’Ukraine”, a précisé la chancellerie allemande dans un communiqué.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lui estimé que toute “solution de paix” pour l’Ukraine devrait respecter son “intégrité territoriale”, à la veille d’une réunion du G20 à Johannesburg.Un responsable américain a déclaré jeudi que le plan proposé pour l’Ukraine comprenait des garanties de sécurité de la part de Washington et de ses alliés européens équivalentes à celles de l’Otan en cas de future attaque, confirmant des informations de presse.Selon ce plan, vu par l’AFP, Kiev devrait s’engager à ne jamais rejoindre l’Otan et n’obtiendrait pas de déploiement de forces occidentales sur son sol, même si le plan prévoit des avions de combat européens en Pologne pour protéger le pays.- Concessions pour l’Ukraine -Le plan reprend plusieurs demandes formulées par le Kremlin de longue date et rejetées par Kiev auparavant. Il prévoit que Kiev cède l’est du pays à Moscou et accepte l’occupation d’une partie du sud de l’Ukraine.Les deux régions du bassin minier et industriel du Donbass, Donetsk et Lougansk (est), ainsi que la Crimée annexée en 2014, seraient “reconnues de facto comme russes, y compris par les Etats-Unis”, et Moscou recevrait d’autres territoires ukrainiens qui sont encore aujourd’hui sous le contrôle de Kiev.La Russie verrait également son isolement à l’égard du monde occidental prendre fin avec sa réintégration au G8 et la levée progressive des sanctions, ainsi que son souhait d’éloigner à jamais Kiev de l’Alliance atlantique entériné dans la Constitution ukrainienne.Kiev devrait limiter son armée à 600.000 militaires et se contenter d’une protection par des avions de combats européens basés en Pologne, tandis que l’Otan s’engagerait à ne pas stationner de troupes en Ukraine.L’Ukraine devrait encore organiser des élections sous 100 jours, un point qui fait ici encore écho aux revendications de Moscou qui insiste sur la destitution du président Zelensky.La Russie, dont les troupes continuent de revendiquer chaque semaine la prise de nouveaux villages le long de la ligne du front, a pressé le président ukrainien de négocier “maintenant” plutôt que de risquer de perdre davantage de territoire.”L’espace pour prendre des décisions pour lui se réduit à mesure qu’il perd des territoires”, a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov lors de son briefing quotidien auquel participait l’AFP.A Kiev, le mot “capitulation” était vendredi dans toutes les bouches.”J’espère vraiment que la partie ukrainienne refusera de mettre en oeuvre un tel accord”, a déclaré à l’AFP Danylo Domsky, un étudiant de 18 ans.
Ligue 1: Paul Pogba, de retour au jeu, et maintenant?
Après plus de deux ans sans jouer, Paul Pogba pourrait redevenir un joueur de football samedi lors du match Rennes-Monaco, pour lequel il a été convoqué par l’entraîneur monégasque, mais les questions autour de son niveau et de ses objectifs restent nombreuses.La dernière fois que Pogba, 32 ans, a disputé un match professionnel, c’était avec la Juventus en septembre 2023. Depuis, une suspension pour dopage et plusieurs blessures l’ont éloigné des terrains et son retour avec l’ASM est un évènement.Mais au-delà de sa présence samedi sur une pelouse de Ligue 1, compétition qu’il n’a jamais disputée, la question que les amoureux de l’équipe de France se posent est simple: à sept mois du Mondial, peut-on imaginer revoir Pogba (91 sélections, 11 buts) sous le maillot bleu, qu’il n’a plus porté depuis le 29 mars 2022?”C’est un rêve”, avait-il répondu lors de sa conférence de présentation le 3 juillet dernier, à La Turbie. Mais avant d’y penser, “il y a des étapes, aujourd’hui je suis à l’étape 1: revenir et être performant”, disait-il.Quatre mois plus tard, il est enfin revenu. Reste désormais à être performant à long terme. “Il a les qualités pour s’adapter à ce qu’on veut mettre en place”, a expliqué vendredi Sébastien Pocognoli, l’entraîneur monégasque. “Sa vista et sa technique, il ne les a pas perdues. Il faut les mettre dans un contexte de match”, a-t-il ajouté.- Un an de reconstruction -Après cette première victoire personnelle, le plus dur commence pour Pogba. Certes, il a rencontré Didier Deschamps, qui vit dans la région monégasque, et a même déjeuné avec lui. Forcément, le sélectionneur, déjà heureux de voir son protégé retrouver les terrains, ne lui a rien promis. Il va suivre ses progrès. Mais l’ex-Mancunien part de si loin…Pogba n’a en effet plus joué en compétition depuis le 3 septembre 2023 contre Empoli. Le 29 février 2024, il avait été suspendu quatre ans par l’Agence italienne antidopage, après un contrôle positif à l’issue d’un match contre l’Udinese le 20 août, où il n’était pas rentré.Le Tribunal Arbitral du Sport a ensuite retenu que “l’ingestion” de la substance dopante “n’était pas intentionnelle” et “résultait d’une prise de complément alimentaire”. Cela a permis de réduire sa suspension à 18 mois, jusqu’au 11 mars 2025. Mais son contrat avec la Juve a été rompu “d’un commun accord”, mi-novembre.C’était il y a un an. Le champion du monde 2018 était au fond du trou. D’autant plus que resurgissait une sordide affaire de séquestration vécue en mars 2022, au cours de laquelle il avait été braqué par une arme à feu. Le procès, qui s’est tenu courant décembre, a vu ses relations familiales et amicales exploser.Depuis, Pogba a entamé sa lente reconstruction, qui l’a mené aux États-Unis, en Espagne, à Dubaï et finalement à Monaco, où il s’est engagé deux ans le 28 juin dernier. Ses larmes filmées et diffusées sur les réseaux du club lors de sa signature ont fait le tour du monde.- “Le meilleur choix” -“C’est très rare de me voir pleurer comme ça, j’espère que vous en avez bien profité”, avait-il dit en souriant le jour de sa présentation. “Énormément d’images me sont venues en tête. Vous savez l’histoire: doping, blessures, et autres (…). Je n’ai pas pu me retenir. C’était un moment de joie et de détermination.”Le club savait qu’il faisait un coup médiatique. Mais cela l’obligeait aussi à réussir son entreprise de “reconstruction” du joueur, sous peine de perdre en crédit.Thiago Scuro, le directeur général, l’a répété, en tête à tête au joueur comme en public: Pogba “a fait le meilleur choix” en signant en Principauté. Le lieu, la capacité de travail du club et sa renommée doivent lui permettre, comme à sa femme Maria Zulay et à ses trois enfants, de s’épanouir. Mais cela sera-il suffisant pour refaire de lui un joueur de haut-niveau?Car ce “Pogback”, aussi bien orchestré soit-il, relève du miracle. En 2023-2024, il n’a disputé que 52 minutes avec la Juve, avant d’être foudroyé par son affaire de dopage. La saison précédente, miné par les blessures (aine, adducteurs, ischio-jambiers, opération du ménisque), il n’avait disputé que dix morceaux de matches et 161 minutes faméliques.Il faut donc remonter à la saison 2021-2022, sa dernière avec Manchester United, pour le retrouver à un niveau international. Il y a près de quatre ans…
Un tableau de Kahlo devient le plus cher peint par une femme
Un autoportrait de l’artiste mexicaine Frida Kahlo a été vendu 54,66 millions de dollars jeudi aux enchères par Sotheby’s à New York, devenant le tableau le plus cher réalisé par une femme. Cette oeuvre intitulée “Le rêve (La chambre)”, bat le précédent record en la matière, établi par un tableau de l’Américaine Georgia O’Keeffe qui avait atteint la somme de 44,4 millions de dollars en 2014.L’oeuvre a été “peinte en 1940, durant une décennie cruciale de sa carrière, marquée par sa relation tumultueuse avec Diego Rivera”, peintre mexicain, détaille la maison de vente aux enchères sur son compte X.Le nom de l’acheteur n’a pas été dévoilé.L’oeuvre représente l’artiste dormant dans un lit qui semble flotter dans le ciel, surplombé d’un immense squelette dont les jambes sont entourées de bâtons de dynamite.Cette peinture de Frida Kahlo est une image “très personnelle”, dans laquelle “elle fusionne des motifs folkloriques de la culture mexicaine avec le surréalisme européen”, a expliqué à l’AFP Anna Di Stasi, chargée de l’art de l’Amérique latine chez Sotheby’s.L’artiste mexicaine, décédée en 1954 à l’âge de 47 ans, “n’était pas tout à fait d’accord” avec le fait de voir son oeuvre associée au mouvement surréaliste, a ajouté l’experte. Mais “au vu de cette iconographie magnifique, il semble tout à fait pertinent de l’inclure” dans ce courant.Le grand squelette représenté au-dessus du lit n’existe pas que dans le tableau : Frida Kahlo avait effectivement un objet de cette nature en papier mâché au-dessus de son lit, selon Sotheby’s.La douleur, la mort ont toujours été des éléments centraux de son oeuvre: toute sa vie Frida Kahlo a dû lutter avec une santé chancelante, marquée par une maladie infantile, la poliomyélite, et un grave accident de bus en 1925.- Les hommes surreprésentés -Le tableau a été présenté par la célèbre maison de vente dans son nouveau navire-amiral à New York, le Breuer Building, bâtiment moderniste de Manhattan de nouveau ouvert au public après avoir longtemps été une partie du Whitney Museum.Les femmes dont les oeuvres se sont vendues le plus cher jusqu’alors sont surtout de grandes figures du 20e siècle.Outre le précédent record détenu par Georgia O’Keeffe (“Jimson Weed / White Flower No.1”, 1932), vient ensuite une gigantesque “Araignée” de la sculptrice et plasticienne française Louise Bourgeois, vendue pour 32,5 millions de dollars en 2023.L’autoportrait de Frida Kahlo “Diego y yo” (“Diego et moi”, 1949) s’est envolé à 34,9 millions de dollars en 2021 (30,7 millions d’euros) et “Le Portrait de Marjorie Ferry” (1932) de la peintre polonaise Tamara de Lempicka a atteint 21,2 millions de dollars en 2020.La peinture “Blueberry” (1960) de Joan Mitchell, figure du mouvement de l’expressionnisme abstrait américain, s’est vendu pour 16,6 millions de dollars en 2018.Les artistes plus anciennes ou classiques sont rares à dépasser la barre des 10 millions : “Après le déjeuner”, de l’impressionniste Berthe Morisot, a été vendu 10,9 millions de dollars en 2013, la sculpture “La Valse” de Camille Claudel a été adjugée 5,2 millions d’euros la même année et un tableau de la peintre baroque Artemisia Gentileschi représentant Lucrèce a été acheté pour près de 4,8 millions d’euros en 2019.Tous types d’œuvres d’art confondues, jusqu’à présent 162 avaient été adjugées à plus de 50 millions de dollars et zéro étaient l’œuvre de femmes, selon une base de données de l’AFP. Sur 468 ayant dépassé les 30 millions de dollars, quatre étaient l’œuvre de femmes, soit moins de 1%.Un portrait peint par l’Autrichien Gustav Klimt, vendu 236,4 millions de dollars (204 millions d’euros) par Sotheby’s mardi à New York, est devenu la deuxième oeuvre la plus chère jamais adjugée aux enchères.Seul le “Salvator Mundi” attribué à Léonard de Vinci a fait mieux, vendu pour 450 millions de dollars (alors environ 380 millions d’euros) à New York en 2017.
“Le journal d’un prisonnier”: Sarkozy va publier un livre sur ses trois semaines de détention
Moins de deux semaines après sa sortie de prison, Nicolas Sarkozy annonce vendredi la sortie le 10 décembre d’un livre sur son incarcération dans le cadre du procès libyen, “Le journal d’un prisonnier”, publié aux éditions Fayard, contrôlées par Vincent Bolloré.”En prison, il n’y a rien à voir, et rien à faire. J’oublie le silence qui n’existe pas à la Santé où il y a beaucoup à entendre. Le bruit y est hélas constant. A l’image du désert, la vie intérieure se fortifie en prison”, écrit sur le réseau social X l’ancien président, incarcéré trois semaines suite à sa condamnation dans le procès libyen.Long de 216 pages, l’ouvrage sera commercialisé au prix de 20,90 euros, ont précisé dans un communiqué les éditions Fayard.Le 25 septembre, l’ancien chef de l’État, aujourd’hui âgé de 70 ans, a été condamné en première instance à cinq ans de prison avec mandat de dépôt assorti d’une exécution provisoire pour association de malfaiteurs, et à une amende de 100.000 euros.- Officiers de sécurité -Il a aussitôt fait appel et jouera son avenir lors d’un nouveau procès, prévu du 16 mars au 3 juin à la cour d’appel de Paris.En détention à l’isolement, et protégé par deux officiers de sécurité, ce qui a ulcéré les syndicats pénitentiaires, l’ancien président était “dans une cellule de 9 m2, il y a du bruit tout le temps”, avait commenté au début de sa détention son avocat et ami Jean-Michel Darrois, après son premier entretien au parloir avec Nicolas Sarkozy.”Il envisage de passer son temps en écrivant, en faisant le plus de sport possible, en recevant les visites de sa famille et de ses avocats”, avait décrit son conseil, précisant qu’il avait “commencé à écrire son livre” dès le premier jour de détention. Le tribunal correctionnel de Paris l’a reconnu coupable d’avoir sciemment laissé ses collaborateurs démarcher la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.Celui qui clame son innocence depuis le début de l’affaire a vécu une détention inédite pour un ex-président dans l’histoire de la République française et qui a suscité de vifs débats.Pour les juges, le mandat de dépôt prononcé était justifié par la “gravité exceptionnelle” des faits. Pour Nicolas Sarkozy, il a été motivé par “la haine”.Écroué le 21 octobre, Nicolas Sarkozy a été libéré de prison le 10 novembre par la cour d’appel de Paris, qui a estimé qu’il ne présentait pas de risque de fuite et l’a placé sous contrôle judiciaire.La justice lui a toutefois imposé une interdiction de quitter la France, d’entrer en contact avec les autres prévenus et un certain nombre de personnes, dont le ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui lui avait rendu visite en prison le 29 octobre, ou tout membre de son cabinet ou cadre judiciaire susceptible de bénéficier d’informations sur les procédures.- Dix prévenus rejugés -Neuf autres personnes seront rejugées à partir de mi-mars aux côtés de Nicolas Sarkozy.Parmi les prévenus figurent deux anciens proches collaborateurs de M. Sarkozy, Claude Guéant – condamné à six ans de prison mais sans mandat de dépôt – et Brice Hortefeux – qui a écopé pour sa part de deux ans de prison, une peine à effectuer sous bracelet à domicile assortie de l’exécution provisoire.Autre prévenu à être rejugé, l’intermédiaire Alexandre Djouhri, condamné à six ans de prison et trois millions d’euros d’amende en première instance, et incarcéré depuis.D’ici là, une autre échéance judiciaire capitale attend Nicolas Sarkozy.Déjà condamné définitivement dans l’affaire des écoutes, l’ancien président saura le 26 novembre si la Cour de cassation valide ou non sa condamnation en appel dans l’affaire Bygmalion, à un an d’emprisonnement dont six mois ferme aménageables, pour le financement illégal de sa campagne présidentielle perdue de 2012.
Le narcotrafic vient percuter la campagne des municipales à Marseille
À quatre mois des municipales, le narcotrafic, étonnement peu présent dans la campagne marseillaise jusqu’à présent, est venu percuter le débat avec l’assassinat de Mehdi Kessaci, la plupart appelant à l’unité, sauf l’extrême droite.L’insécurité due au narcotrafic s’impose comme un thème de campagne dans de nombreuses villes et même dans des villages. À Marseille, épicentre du narcobanditisme en France, les passes d’arme se concentraient jusqu’à présent plus sur la sécurité du quotidien, la saleté ou l’immigration.Taxé de “maire laxiste” par l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR), Benoit Payan, le maire sortant de Marseille divers-gauche, se présente comme garant de “l’unité”. “Ça veut dire que tout le monde s’y met, c’est-à-dire que celles et ceux qui ont été absents, je parle des politiques, des élus et des institutions pendant des années doivent réinvestir ces quartiers”, plaide-t-il dans une interview à l’AFP. Il revendique l’installation de caméras de vidéoprotection, d’avoir “doublé la police municipale” mais défend aussi une approche globale pour lutter contre ce fléau: “j’ai aussi fait des écoles, des centres sociaux, des stades et c’est toute la rénovation urbaine et c’est toute la question des transports en commun qui désormais se pose”.Pas encore officiellement candidat, il tacle les “discours martiaux” de certains à droite et à l’extrême droite notamment sur l’immigration qui “n’ont eu aucun effet”.- “Protéger les Marseillais” -Pour Franck Allisio, candidat Rassemblement national à la mairie, c’est pourtant de sa faute si Marseille, un port qui déjà au siècle dernier a connu les ravages de l’héroïne, est devenue “la capitale de la drogue” selon lui. “Le maire découvre la sécurité”, ironise le député auprès de l’AFP. Il assure que Marseille comptera, s’il est élu, sur “la première police municipale de France”. Il a demandé au gouvernement de décréter l'”état d’urgence” et un couvre-feu pour les mineurs, bien que les trois derniers meurtres par balles ont eu lieu en plein jour.Comme le maire, Martine Vassal, candidate de la droite et du centre et actuelle présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole appelle à la “concorde”.Elle veut engager “un choc d’autorité” mais “tout ça ne pourra pas s’envisager non plus sans une véritable politique sociale au sens très large du terme”, relève son directeur de campagne Romain Simmarano, dans une approche qui tranche avec le discours très droitier employé par la candidate jusqu’ici.Sébastien Delogu, candidat LFI, qui part en solo en marge de la coalition du Printemps marseillais à la tête de la ville depuis 2020, a appelé à cesser les “petites disputes” auprès de l’AFP: “Aujourd’hui, il est temps que le peuple de Marseille se réunisse” pour “dire stop à ce qu’il se passe dans notre ville”.- Aucune défection -Samedi, lors de la marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci, Benoît Payan, Martine Vassal, Sébastien Delogu mais aussi les chefs des Écologistes, des socialistes, des communistes ont déjà annoncé leur présence.Au-delà des divergences politiques, cet assassinat a par ailleurs ravivé les craintes de pressions, voire des menaces en période électorale. Il y a un mois, le procureur Nicolas Bessone a annoncé la création d’une cellule anticorruption et dit craindre que pendant cette campagne des élus puissent “subir les mêmes assauts”, que des greffiers ou employés de prison de la part de narcotrafiquants. Mi-septembre, le président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, Christian Charpy, avait interpellé dans un entretien au Monde sur “les risques d’ingérence liée au narcotrafic” pour les municipales, notamment via des tentatives de corruption en dons liquide ou en paiement en cryptomonnaies.Malgré ce contexte et les doutes soulevés par cet assassinat chez tous ceux qui combattent et commentent ce narcobanditisme, les élus et candidats contactés par l’AFP ont unanimement assuré n’avoir subi aucune défection. Benoît Payan a répété qu’il ne “faut pas avoir peur”. Le maire de Marseille a évoqué, auprès de l’AFP, le témoignage sur RTL d’une élue qui, sous couvert d’anonymat, a confié ne pas vouloir se représenter parce qu’elle craignait pour sa vie.”Ça, ça veut dire que c’est la mafia qui a gagné. Et je ne l’accepterai pas en fait”, a-t-il asséné. Son entourage nuance: “on comprend la peur des élus, des militants, des journalistes, des magistrats, mais il faut se relever, exiger la fin de ces violences”.
Les nations s’opposent sur les énergies fossiles à la COP30 en Amazonie
Une incursion, des protestations indigènes, un incendie et désormais un affrontement sur le pétrole: les chaotiques négociations climatiques de la COP30 entre près de 200 pays achoppent vendredi, au dernier jour, sur la question de pointer du doigt ou non les énergies fossiles.Au point que l’Union européenne évoque ouvertement la perspective d’une COP30 “sans accord”, ce qui serait un échec humiliant pour le Brésil et cette première conférence climatique de l’ONU en Amazonie.La présidence brésilienne du sommet, qui se tient à Belem depuis la semaine dernière, a mis un projet de texte sur la table avec une grande omission: il ne contient pas le mot “fossiles”, et encore moins la création de la “feuille de route” réclamée par au moins 80 pays européens, latino-américains ou insulaires.Protestation immédiate des Européens et de leurs alliés, dont la Colombie, qui mène la bataille contre la “prolifération” du pétrole.”Ce qui est actuellement sur la table est inacceptable”, a déclaré le commissaire au climat, Wopke Hoestra, à des journalistes. “C’est malheureux à dire, mais nous sommes vraiment face à un scénario sans accord”.”Le texte ne peut pas rester tel qu’il est”, a relevé le ministre allemand de l’Environnement, Carsten Schneider.Qui s’oppose? L’Inde, l’Arabie saoudite et la Russie, rejoints par des pays émergents, a déclaré Monique Barbut, ministre française de la Transition écologique, à des journalistes.Pour la ministre colombienne de l’Environnement Irene Velez Torres, la COP30 “ne peut se terminer sans feuille de route pour abandonner les combustibles fossiles”.Le projet a aussi immédiatement été rejeté par des ONG. “C’est comme une page blanche, il y a si peu pour combler le manque d’ambition pour en rester à 1,5°C de réchauffement, ou pousser les pays à accélérer l’action”, a réagi Tracy Carty de Greenpeace. Il est “extrêmement décevant” selon WWF.- Pression de Lula -“Ceux qui doutent que la coopération soit la meilleure chose à faire pour le climat seront absolument ravis de voir qu’on n’arrive pas à nous mettre d’accord”, a plaidé le président de la COP30, le diplomate André Correa do Lago.Après une nuit de consultations, il va continuer pour une journée qui s’annonce très longue.Il a la lourde tâche de mettre d’accord 194 pays et l’Union européenne, membres de l’accord de Paris, pour une adoption par consensus, comme c’est la règle aux COP.L’idée d’une “feuille de route” pour accélérer la sortie du pétrole, du charbon et du gaz, largement responsables du réchauffement climatique, est née de la frustration face au manque de concrétisation de l’engagement à une sortie progressive des énergies fossiles pris à la COP28 il y a deux ans.Dans une année géopolitique mouvementée, avec de nombreux pays occidentaux se détournant politiquement du climat, peu comptaient sur le retour de cette question à l’ordre du jour.Mais le président brésilien Lula l’a relancée au début du sommet de Belem, et encore remise au centre du jeu mercredi lors de sa visite à la COP30, dopant le camp anti-pétrole.Aucune COP n’a terminé à l’heure depuis 2003, et nombre de vétérans de ces négociations jugent probable une prolongation à Belem.- Incendie -Les travaux ont été retardés par un incendie jeudi qui a forcé l’évacuation du site à la mi-journée, privant les délégués de précieuses heures.C’est le troisième incident perturbant la conférence de l’ONU, démarrée la semaine dernière dans cette grande ville emblématique de l’Amazonie urbaine. Une incursion de manifestants indigènes puis le blocage de l’entrée avaient déjà désorganisé les travaux du sommet, organisé par le Brésil avec l’ONU.Le feu a éclaté en plein cœur du site temporaire érigé au Parque da Cidade, constitué d’immenses tentes climatisées. En quelques minutes, de hautes flammes ont consumé une partie du toit dans le secteur des stands nationaux, ont constaté des journalistes de l’AFP. Le pavillon de la communauté d’Afrique de l’Est est l’un de ceux détruits par le feu. Dix-neuf personnes ont été prises en charge par les secours à cause des fumées, et deux pour des crises d’angoisse, selon le ministère de la Santé.






