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Face aux pressions internationales, l’Iran prêt à une “riposte écrasante”

Menaces d’intervention militaire américaine, possibles sanctions de l’UE jeudi contre les Gardiens de la révolution: face à la pression occidentale, l’Iran, qui a maté dans le sang la contestation populaire, affiche son inflexibilité et se dit prêt à une “riposte écrasante”.Après les déclarations du chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi affirmant que les forces armées avaient “le doigt sur la gâchette”, le chef de l’armée Amir Hatami a annoncé avoir doté les régiments de combat de 1.000 drones.Face aux “menaces auxquelles nous sommes confrontées”, l’armée a pour “priorité de renforcer ses atouts stratégiques en vue d’une riposte rapide et écrasante à toute invasion et attaque”, a déclaré le général, cité par la télévision d’Etat.L’Iran a notamment menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Le quotidien Kayhan proche du pouvoir affirme jeudi dans un éditorial que “fermer le détroit relève du droit de la République islamique d’Iran”. “Si l’ennemi brandit une épée, nous n’allons pas l’accueillir avec un sourire diplomatique”, ajoute le journal.- “Organisation terroriste” -Ces nouvelles déclarations interviennent au lendemain de menaces du président américain Donald Trump: il a averti Téhéran que le “temps était compté” avant une éventuelle attaque américaine, “pire” que celle menée en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens. Parallèlement, Washington a déployé des forces militaires navales dans le Golfe, dont le porte-avions Abraham Lincoln.De son côté, l’Union européenne accentue également la pression. Les 27 doivent décider jeudi s’ils ajoutent les Gardiens de la Révolution, bras armé de la République islamique, sur la liste des organisations terroristes, en réponse à la répression “la plus violente” de l’histoire récente du pays.”Si vous agissez en terroriste, vous devez être traité comme tel”, a lancé la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas, peu avant le début d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 à Bruxelles.Plusieurs pays, dont la France, l’Espagne, la Belgique ou l’Italie, se sont déclarés favorables à cette décision.Les Gardiens de la Révolution sont accusés par les organisations de droits humains d’avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire qui a secoué le pays, faisant des milliers de morts.L’Iran a mis en garde contre des “conséquences destructrices” si l’UE décidait de cette inscription, qui pourrait cependant n’avoir qu’un impact limité, les Gardiens faisant déjà l’objet de sanctions européennes.- Voie diplomatique ? -Les voies diplomatiques ne semblent toutefois pas encore épuisées. Après des tractations avec les pays du Golfe opposés à une intervention américaine, le chef de la diplomatie iranienne se rendra vendredi en Turquie, pays souhaitant jouer un rôle de médiateur entre Téhéran et Washington.Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan “réitérera l’opposition de la Turquie à toute intervention militaire contre l’Iran”, selon une source du ministère s’exprimant sous couvert d’anonymat.Dans une interview à la chaîne CNN diffusée jeudi par l’agence Irna, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf s’est dit ouvert à un “dialogue réel et dans le cadre des règles internationales” avec les Etats-Unis.”Tant qu’il n’y a pas de garanties pour les droits du peuple iranien, et que la dignité de la nation iranienne n’est pas respectée, il n’y a naturellement pas de négociations”, a-t-il prévenu.Moscou, de son côté, a estimé que le potentiel de négociations était “loin d’être épuisé”, appelant “toutes les parties à la retenue”.- Peur des hôpitaux -Les bilans des ONG sur la violente répression qui s’est abattue sur les manifestants en janvier font état de milliers, voire de dizaines de milliers de morts.D’après un nouveau décompte de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, 6.373 personnes, dont 5.993 manifestants, ont été tuées durant le mouvement de contestation, 11.018 gravement blessées et 42.486 arrêtées. Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d’examen, écrit l’ONG sur X, ajoutant que les restrictions de communication restaient en place malgré un rétablissement partiel d’internet après trois semaines de coupure.Alors que des témoignages font état de blessés refusant d’aller se faire soigner à l’hôpital par crainte d’être arrêtés sur place, un haut responsable du ministère de la Santé, Abbas Ebadi, a assuré jeudi que les établissements de santé ne pratiquaient aucune “discrimination de race, idéologie ou nationalité. Qu’ils soient étrangers, Iraniens, manifestants ou non, nous les soignons”, a-t-il déclaré.Ces tensions ont fait grimper le baril de pétrole Brent au-dessus de la barre des 70 dollars pour la première fois depuis septembre.

Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d’une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l’Ethiopie.De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l’Afar. Des tirs d’armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés. Ces tensions font planer le risque d’une reprise d’un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l’armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l’Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l’Amhara, ont déclaré à l’AFP, sous couvert d’anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.- “Raisons opérationnelles” -A Tsemlet, face aux forces tigréennes, “ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas”, a déclaré la source diplomatique, sous couvert d’anonymat. Des affrontements se sont tenus “ces derniers jours”, mais “aujourd’hui on ne sait pas encore” s’il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails. Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l’anonymat.”La situation semble dégénérer”, a corroboré la source sécuritaire, se montrant “dubitative sur la capacité des TDF (l’armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt”.Le porte-parole de l’armée fédérale et des membres du TPLF n’ont pour l’heure pas donné suite aux sollicitations de l’AFP.Les liaisons aériennes vers le Tigré d’Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire. Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l’accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l’accord de paix.Selon deux responsables d’Ethiopian Airlines, qui ont requis l’anonymat, les vols ont été interrompus pour “raisons opérationnelles”, sans donner plus de détails.L’un d’eux a toutefois déclaré “suspecter” que l’arrêt pour l’instant temporaire du trafic soit lié “aux tensions politiques” entre les autorités fédérales et l’administration au Tigré.- “Escalade militaire” -Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l’AFP et qui a lui aussi requis l’anonymat, une “anxiété croissante” se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l’Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l’accord de paix de Pretoria – auquel elles n’ont pas participé – qui prévoyait leur retrait.Début 2025, le chef de l’administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF. Ce parti qui a dominé l’Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l’arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d’être aujourd’hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s’être rapproché de l’Erythrée voisine. Les relations entre les deux voisins de la Corne de l’Afrique, qui s’étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d’un nouveau conflit. Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes “n’est pas surprenante”. “Le risque d’une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes”, a-t-il confié à l’AFP. 

Minneapolis: Trump maintient la pression, deux policiers suspendus

Durcissement ou apaisement ? L’envoyé spécial de Donald Trump à Minneapolis doit présenter publiquement son plan jeudi, pour rétablir le calme dans une ville qui tient tête à l’administration après la mort d’un infirmier tué dans une altercation avec des agents fédéraux.Tom Homan doit intervenir à 8h00 locales (14h00 GMT) alors que le bras de fer entre agences fédérales et autorités locales d’une part, administration républicaine et opposition démocrate d’autres part, ne faiblit pas.La métropole du nord des Etats-Unis, devenue l’emblème de la politique anti-immigration de Donald Trump, reste sous le choc du décès de deux Américains abattus par des agents fédéraux: Alex Pretti, infirmier de 37 ans, tué samedi par des membres de la police aux frontières (CBP), et Renee Good, mère de famille du même âge, le 7 janvier par la police de l’immigration (ICE).L’émissaire présidentiel a été dépêché à Minneapolis en urgence cette semaine pour reprendre le contrôle d’une situation inflammable. Mais Donald Trump alterne signes d’accalmie avec propos vindicatifs. Mercredi, la police aux frontières a annoncé avoir suspendu dès samedi deux agents impliqués dans la mort d’Alex Pretti. Une procédure “standard”, a affirmé un porte-parole à l’AFP.Le président américain, après avoir promis une “petite désescalade” et un retrait partiel des hommes masqués qui traumatisent la cité du Midwest, a renoué avec sa rhétorique incendiaire contre le maire démocrate de Minneapolis.Jacob Frey avait déclaré qu’il “n’appliquerait pas les lois fédérales” sur l’immigration.”Est-ce que quelqu’un (…) pourrait lui expliquer que cette déclaration constitue une violation très grave de la loi et qu’il JOUE AVEC LE FEU”, a lancé M. Trump sur sa plateforme Truth Social.La chasse aux sans-papiers “n’a rien à voir avec la sécurité ni (…) avec l’immigration. Il s’agit de représailles politiques et cela devrait inquiéter (…) tout le monde en Amérique”, a insisté l’édile.- “Plus jamais les mêmes” -A Washington, ce déploiement pourrait déclencher en fin de semaine une paralysie budgétaire fédérale. Le camp démocrate veut empêcher Donald Trump de financer sa lutte contre l’immigration, quitte à aller jusqu’à un nouveau blocage complet (“shutdown”). Simultanément, un juge fédéral a interdit la détention des réfugiés encore dépourvus du statut de résident permanent, mais qui résident légalement dans le Minnesota.Dans son ordonnance publiée mercredi, le juge John Tunheim a considéré que l’administration pouvait poursuivre “l’application légale des lois sur l’immigration” mais devait le faire “sans arrêter ni détenir” ces personnes légalement admises sur le sol américain. Il a demandé la libération des réfugiés actuellement dans cette situation.Signe que l’administration Trump n’entend pas relâcher son étau, la ministre de la Justice Pam Bondi a déclaré sur X que 16 “émeutiers” suspectés d’avoir “agressé des agents fédéraux des forces de l’ordre” avaient été arrêtés. Sur place, la peur des raids continue de mobiliser des citoyens qui tournent dans les rues pour débusquer les policiers fédéraux.- “Enlevés dans la rue” -“J’ai l’impression que les crimes commis contre les habitants de Minneapolis ont atteint un tel niveau que nous ne serons plus jamais les mêmes”, a assuré à l’AFP Dylan Alverson, propriétaire d’un café solidaire.Mardi, la députée démocrate du Minnesota Ilhan Omar, une des cibles favorites de Donald Trump, avait été agressée par un homme muni d’une seringue remplie d’un liquide nauséabond non identifié. Le FBI s’est saisie de l’enquête. La chaîne CNN, citant des sources policières, affirme qu’il s’agissait probablement de vinaigre de cidre.L’administration Trump a toujours affirmé que ses opérations dans le Minnesota avaient pour origine un scandale de fraude sociale impliquant la communauté somalienne, dont est originaire Ilhan Omar.”On ne voit rien qui change sur le terrain, les gens se font toujours enlever dans la rue”, résume auprès de l’AFP Jennifer Arnold, 39 ans, qui a créé un réseau d’entraide à Minneapolis pour emmener les enfants de migrants à l’école.Des vidéos analysées par l’AFP et d’autres médias décrédibilisent la thèse d’abord défendue par l’administration américaine selon laquelle Alex Pretti, qui portait légalement une arme, menaçait les forces de l’ordre.Dans une nouvelle vidéo diffusée par plusieurs chaînes américaines et qui ne pouvait être authentifiée dans l’immédiat par l’AFP, on le voit lors d’une violente altercation avec des agents fédéraux dont il dégrade notamment un véhicule à coups de pied, plus d’une semaine avant sa mort. burs-dla/aje/pt

L’affaire des laits infantiles prend un tour judiciaire avec une plainte de Foodwatch

L’affaire des rappels de laits infantiles potentiellement contaminés par la toxine céréulide prend un tour judiciaire avec une plainte à Paris de l’association Foodwatch et de huit familles qui accusent les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi à temps.A un mois, Adam, nourri au lait Guigoz, s’est retrouvé plusieurs semaines en réanimation, après des crises de diarrhées et vomissements. Amani, cinq mois, a connu son lot de vomissements et maux de ventre pendant quatre jours, jusqu’à ce qu’il arrête de boire son Babybio. Fièvres répétées et problèmes de digestion ont alerté le personnel de crèche et les parents d’un bébé de quatre mois nourri au Picot 1er âge…Huit familles, qui font le lien entre les maux de leurs bébés et du lait concerné par des rappels se sont jointes à cette plainte de l’association européenne de consommateurs, que l’AFP a pu consulter.”Les faits sont particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés au système immunitaire d’autant plus vulnérable”, a souligné l’association.”Ils ont été vendus dans le monde entier par des multinationales qui ont commercialisé des produits exposant les bébés à un risque pour leur santé. C’est hors la loi, et Foodwatch est déterminée à réclamer justice et transparence dans cette affaire”, poursuit-elle.- Soixantaine de pays -La plainte contre X vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l’intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité.”(Les) fabricants ne pouvaient ignorer les obligations de sécurité sanitaire qui leur incombent. Nous demandons la plus grande fermeté dans cette affaire qui concerne la santé de nourrissons”, a déclaré l’avocat des familles et de l’association, Me François Lafforgue.Plusieurs industriels, dont les géants Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot), mais aussi de plus petits acteurs comme Vitagermine (Babybio Optima), ont procédé depuis décembre à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays, dont la France, en raison d’un risque de contamination à la céréulide.Cette substance, produite par certaines bactéries, est “susceptible d’entraîner principalement des troubles digestifs, tels que des vomissements ou des diarrhées”, selon le ministère de la Santé.”À ce stade, il n’a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons”, ajoutait-il jeudi dernier.Au centre des préoccupations se trouve une huile riche en acide arachidonique (ARA), à l’origine de la présence potentielle de céréulide, fabriquée par le producteur chinois Cabio Biotech.Foodwatch reproche notamment aux fabricants de lait d’avoir tardé entre les premières alertes émises en décembre et les rappels, certains discrets puis plus massifs jusqu’en janvier. L’association estime que les parents n’ont pas été suffisamment informés, souvent trop tard et de façon confuse.- Risques pour les bébés -Foodwatch estime que les producteurs ne pouvaient pas ignorer les risques pour les bébés de laisser leurs laits en vente, en France et dans plus d’une dizaine de pays européens, ainsi qu’en Australie, Russie, au Qatar ou en Egypte, dans le cas de Nestlé.Deux enquêtes pénales distinctes ont déjà été ouvertes à Angers et Bordeaux après les décès de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de “possible contamination” par une substance d’origine bactérienne, sans “lien de causalité” établi pour l’heure, selon les autorités.Ces dernières sont mises en cause dans la plainte pour avoir tardé à agir et pour des carences dans les contrôles.Mercredi, la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Annie Genevard avait défendu son action devant les parlementaires, affirmant que les procédures avaient été “très très bien respectées”.Une fois que l’origine de la contamination a été “trouvée”, “l’alerte a été faite sur l’ensemble des industriels”, qui ont effectué des rappels au fil des analyses, a assuré la ministre.L’autorité sanitaire européenne (Efsa) a annoncé mercredi avoir été saisie par la Commission européenne pour établir une norme sur la céréulide dans les produits pour enfants. Elle rendra son avis le 2 février.

Boualem Sansal aux portes de l’Académie française

Va-t-il devenir un “immortel”? L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal pourrait être élu jeudi à l’Académie française, près de trois mois après sa libération de prison en Algérie.Les membres de l’Académie se réunissent à 15H00 à huis clos sous la coupole de leur illustre édifice des bords de la Seine à Paris pour choisir un successeur à l’historien Jean-Denis Bredin, décédé en 2021.Six prétendants sont en lice, dont Boualem Sansal, de loin le plus connu d’entre eux, qui s’est déclaré à la dernière minute le 8 janvier.Un premier vote pour ce fauteuil avait eu lieu le 11 décembre mais aucun candidat n’avait obtenu la majorité.S’il était élu, Boualem Sansal rejoindrait à 81 ans les “immortels”, le surnom donné aux académiciens, qui sont actuellement 35, cinq sièges étant vacants. Parmi eux, figurent Amin Maalouf, Jean-Christophe Rufin, Sylviane Agacinski, Chantal Thomas ou Erik Orsenna.L’écrivain franco-algérien en a eu un avant goût le 4 décembre lorsqu’il a été honoré par l’Académie, qui lui a remis le prix mondial Cino del Duca trois semaines après sa libération le 12 novembre.”Je suis un peu euphorique parce que je goûte à la liberté, des petites choses. Je ne parle pas des grandes. Des petites choses. Des bons petits repas, des petits trucs. Vous n’imaginez pas comme les petites choses sont de grands plaisirs”, a-t-il déclaré lundi en recevant à Strasbourg la médaille de la ville.- Critique du pouvoir -La vie de cet ex-fonctionnaire algérien avait basculé le 16 novembre 2024 quand il était arrêté à son arrivée à Alger en provenance de Paris, avant d’être emprisonné.Son sort émeut aussitôt en France où une campagne se lance en faveur de cet athée revendiqué, adversaire acharné des jihadistes et critique féroce du pouvoir à Alger.Il est condamné à cinq ans de prison, accusé d'”atteinte à l’unité nationale” après des déclarations en octobre 2024 au média français d’extrême droite Frontières sur l’Algérie et le Maroc. Avant de bénéficier d’une grâce accordée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.Boualem Sansal est l’auteur d’une trentaine de romans, recueils de nouvelles et essais depuis 1999.Il a reçu le grand prix du roman de l’Académie française en 2015 pour “2084. La fin du monde” (Gallimard), inspiré du chef-d’œuvre de George Orwell “1984”, ex aequo avec Hédi Kaddour.Boualem Sansal est également l’auteur de “Rue Darwin”, du “Village de l’Allemand” et de “Vivre”.En s’exprimant lundi à Strasbourg, l’écrivain a précisé avoir détaillé sa vision de la langue française dans “Le français, parlons-en !” (Cerf), publié en 2024. “Je crois qu’il faut redéfinir beaucoup, beaucoup de termes”, a-t-il indiqué.Fondée en 1635 par Richelieu, l’Académie a comme mission de “donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences”. Elle rédige un dictionnaire et se prononce sur des règles orthographiques.Pour y être élu, un candidat doit recueillir la majorité absolue des suffrages. Trois, voire quatre tours de scrutin peuvent être nécessaires pour l’atteindre. Au delà, les académiciens décident soit de poursuivre le vote, soit de l’abandonner, précise l’Académie.Le nouvel “immortel” est intronisé lors d’une cérémonie à huis clos et reçoit alors un habit vert brodé de rameaux d’olivier et une épée. En novembre, l’Académie avait élu deux nouveaux entrants, les écrivains Florian Zeller et Éric Neuhoff. 

Etats-Unis: une manifestation pacifique contre l’expulsion d’un enfant dispersée au gaz lacrymogène

Une manifestation pacifique organisée au Texas pour la libération du petit Liam Conejo Ramos, 5 ans, arrêté à Minneapolis le 20 janvier par la police de l’immigration, a été dispersée mercredi à coups de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre, ont constaté des journalistes de l’AFP.Une centaine de personnes s’étaient rassemblées devant le centre …

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Au Costa Rica, les quartiers pauvres endeuillés par l’essor du narcotrafic

Dans les rues escarpées d’un quartier populaire de la capitale costaricienne, les fusillades entre trafiquants sont quotidiennes. Mauren Jiménez s’est donné une mission: aider à enterrer dignement ces jeunes victimes, dans un pays endeuillé par le narcotrafic.La violence croissante est au cœur de l’élection présidentielle de dimanche au Costa Rica, pays pourtant considéré pendant des décennies …

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Dans l’Ouest canadien, des Albertains rêvent d’indépendance sous l’oeil attentif des MAGA américains

Le vent de patriotisme qui souffle au Canada depuis le retour de Donald Trump n’est pas partagé par tous, notamment en Alberta. Dans cette province pétrolière de l’ouest, certains rêvent d’indépendance, suivis de près par le mouvement MAGA au sud de la frontière.Dans les campagnes comme dans les villes de la région, ils sont nombreux, …

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Iran: l’UE prête à accentuer la pression sur les Gardiens de la Révolution

L’Union européenne pourrait décider jeudi d’ajouter les Gardiens de la révolution en Iran sur sa liste des organisations terroristes, en réponse à la répression “la plus violente” de l’histoire récente iranienne.”Si vous agissez en terroriste, vous devez être traité comme tel”, a lancé la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas, peu avant le début d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 à Bruxelles.”Je m’attends (…) à ce que nous convenions d’inscrire les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes”, a-t-elle ajouté.La France a annoncé mercredi qu’elle était désormais prête à prendre sa décision, levant ainsi un des principaux obstacles à son adoption.”Il ne peut y avoir aucune impunité pour les crimes commis”, a affirmé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, à son arrivée à Bruxelles.Le ministre a également lancé un appel aux autorités iraniennes à libérer les prisonniers et “à mettre fin aux exécutions qui poursuivent la répression (…) la plus violente de l’histoire contemporaine de l’Iran”.Son collègue espagnol Jose Manuel Albares a également confirmé être favorable à cette décision de l’UE. “Je crois que c’est l’obligation de l’Union européenne d’utiliser tous les instruments à notre disposition pour mettre fin à cette répression”.Le chef de la diplomatie belge Maxime Prévot a lui aussi confirmé que son pays était prêt à suivre ses partenaires de l’UE, “à la lumière des atrocités” constatées ces dernières semaines”.- “Conséquences destructrices” -Le bras armé idéologique de la République islamique d’Iran est accusé par les organisations de droits humains d’avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire qui secoue le pays, faisant des milliers de morts.L’Italie avait annoncé la semaine dernière son intention de proposer jeudi aux autres pays de l’Union européenne d’ajouter les Gardiens de la révolution sur cette liste. Cette proposition était déjà sur la table des ministres de l’UE, mais faute d’unanimité, elle n’avait jusqu’à présent pas pu aboutir, certains pays s’inquiétant de la sécurité de leurs ressortissants.Cette mesure était aussi jugée d’un impact limité, les Gardiens de la révolution étant déjà l’objet de sanctions européennes.L’Iran a mis en garde contre des “conséquences destructrices” si l’UE décidait de cette inscription.La priorité en ce moment, “c’est la sécurité de nos ressortissants, de nos entreprises et aussi des deux otages français, qui sont en sécurité à l’ambassade de France, et dont nous exigeons la libération définitive et immédiate”, a indiqué M. Barrot.Les chefs de la diplomatie de l’UE vont également annoncer de nouvelles sanctions contre l’Iran, y compris contre les Gardiens de la Révolution en Iran, a assuré Mme Kallas.Quelque 21 entités et individus parmi lesquels de hauts responsables des Gardiens vont être ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’UE et le gel des avoirs dans l’Union européenne.Des sanctions vont également être décidées à l’encontre d’une dizaine d’individus et d’entités en Iran, accusés d’aider la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, grâce à la fourniture de drones ou de missiles