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Madagascar: le président contesté écarte toute démission

Le président malgache, Andry Rajoelina, a écarté lundi soir toute démission en appelant à “respecter la Constitution”, dans sa première prise de parole depuis un lieu inconnu, après le ralliement ce weekend des militaires à la contestation qui agite le pays.  Lors de ce direct diffusé sur les réseaux sociaux mais pas à la télévision publique malgache, M. Rajoelina s’est dit dans un “lieu sûr” après une “tentative de meurtre”, sans plus de précisions sur sa localisation.Est-il encore dans le pays, ou parti à l’étranger, comme l’a indiqué lundi la radio française RFI? Cette incertitude nourrit la confusion sur cette île très pauvre de l’Océan indien où de nouvelles scènes de joie ont eu lieu lundi dans la capitale Antananarivo entre militaires et des milliers de manifestants appelant à son départ.”Il n’y a qu’une seule issue pour résoudre ces problèmes, c’est de respecter la Constitution en vigueur dans le pays”, a affirmé le président de 51 ans, rejetant de fait les appels à la démission du mouvement de contestation né le 25 septembre.Elu en 2018, puis réélu en 2023 pour un mandat de cinq ans lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, M. Rajoelina n’a pu faire diffuser son allocution par la télévision publique TVM après l’arrivée d’un “groupe de soldats armés” au siège de la chaîne.D’après RFI, il a embarqué dimanche “à bord d’un avion militaire français pour La Réunion, avant de partir vers une autre destination avec sa famille”. “Je ne confirme rien aujourd’hui”, a répondu à ce sujet depuis l’Egypte le président français, Emmanuel Macron, disant sa “grande préoccupation” pour Madagascar.Des remises de peine ont été accordées lundi par décret présidentiel à une série de personnes parmi lesquelles le Franco-Malgache Paul Maillot Rafanoharana, emprisonné depuis 2021 pour tentative de coup d’Etat, et point de crispation entre les deux pays.Ce weekend, une unité militaire, le Capsat, qui avait joué un rôle majeur dans le coup d’État en 2009 qui a porté au pouvoir M. Rajoelina, à la suite déjà d’une mobilisation populaire, a appelé les forces de sécurité à “refuser de tirer” sur les manifestants, avant de rejoindre ces derniers dans le centre de la capitale.- “Plus de dinosaures” -“C’est tout bizarre, vu qu’on était habitués à toujours être pourchassés et bombardés par des gaz lacrymogènes”, a témoigné auprès de l’AFP Finaritra Manitra Andrianamelasoa, 24 ans. Cet étudiant en droit figurait parmi les milliers de manifestants ayant rejoint lundi la place du 13-mai dans une ambiance de fête.Marchant au rythme d’une fanfare, le cortège a enflé à mesure qu’il approchait de ce lieu symbolique de l’histoire politique malgache, baptisé en hommage aux tués d’un soulèvement populaire en 1972 ayant conduit au départ du premier président.”Au tout début, ce qu’on demandait, c’était l’électricité, la liberté de s’exprimer, mais on attend actuellement sa démission”, a asséné Steven Mandimbiarivong Rasolonjanahary, 19 ans, un autre étudiant en droit.”On attend sa démission mais le connaissant, je ne crois pas qu’il va dire ça”, pronostiquait avec succès Rotsinasandratra Lucas Hantamalala, étudiante de 20 ans. “Plus de dinosaures politiques s’il vous plaît, on en a assez vus”, exhorte-t-elle.Des soldats ont accompagné samedi dans le centre-ville de la capitale malgache des milliers de manifestants, les rejoignant à nouveau dimanche pour un rassemblement en hommage aux personnes tuées au cours des plus de deux semaines de manifestations.- Départ du président du Sénat -Le mouvement de contestation, qui dénonçait au départ les coupures incessantes d’eau et d’électricité, s’est mué depuis en une contestation plus large du président Rajoelina et de son clan.Le Conseil sécurité de l’Union africaine “rejette catégoriquement toute tentative de changement anticonstitutionnel du gouvernement dans le pays”, a-t-il averti lundi dans un communiqué qui “exhorte toutes les unités des forces armées malgaches à “s’abstenir de toute ingérence dans les affaires politiques”.Les manifestants ont obtenu ce weekend le départ du décrié président du Sénat Richard Ravalomanana, ancien commandant de gendarmerie.Surnommé “Général Bomba” pour son recours généreux aux grenades lacrymogènes lors de la crise de 2009, Richard Ravalomanana était accusé par les contestataires d’être un des principaux acteurs de la répression des manifestations ces dernières semaines.Quant au troisième homme vilipendé par la rue, l’homme d’affaires et proche du chef de l’Etat Maminiaina Ravatomanga, il a fui dimanche matin à l’île Maurice voisine, comme l’a confirmé le gouvernement mauricien.Au moins 22 personnes ont été tuées au début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations unies.Madagascar, île à la population très démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires de transition.Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté de la Banque mondiale.

Madagascar: le président contesté écarte toute démission

Le président malgache, Andry Rajoelina, a écarté lundi soir toute démission en appelant à “respecter la Constitution”, dans sa première prise de parole depuis un lieu inconnu, après le ralliement ce weekend des militaires à la contestation qui agite le pays.  Lors de ce direct diffusé sur les réseaux sociaux mais pas à la télévision publique malgache, M. Rajoelina s’est dit dans un “lieu sûr” après une “tentative de meurtre”, sans plus de précisions sur sa localisation.Est-il encore dans le pays, ou parti à l’étranger, comme l’a indiqué lundi la radio française RFI? Cette incertitude nourrit la confusion sur cette île très pauvre de l’Océan indien où de nouvelles scènes de joie ont eu lieu lundi dans la capitale Antananarivo entre militaires et des milliers de manifestants appelant à son départ.”Il n’y a qu’une seule issue pour résoudre ces problèmes, c’est de respecter la Constitution en vigueur dans le pays”, a affirmé le président de 51 ans, rejetant de fait les appels à la démission du mouvement de contestation né le 25 septembre.Elu en 2018, puis réélu en 2023 pour un mandat de cinq ans lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, M. Rajoelina n’a pu faire diffuser son allocution par la télévision publique TVM après l’arrivée d’un “groupe de soldats armés” au siège de la chaîne.D’après RFI, il a embarqué dimanche “à bord d’un avion militaire français pour La Réunion, avant de partir vers une autre destination avec sa famille”. “Je ne confirme rien aujourd’hui”, a répondu à ce sujet depuis l’Egypte le président français, Emmanuel Macron, disant sa “grande préoccupation” pour Madagascar.Des remises de peine ont été accordées lundi par décret présidentiel à une série de personnes parmi lesquelles le Franco-Malgache Paul Maillot Rafanoharana, emprisonné depuis 2021 pour tentative de coup d’Etat, et point de crispation entre les deux pays.Ce weekend, une unité militaire, le Capsat, qui avait joué un rôle majeur dans le coup d’État en 2009 qui a porté au pouvoir M. Rajoelina, à la suite déjà d’une mobilisation populaire, a appelé les forces de sécurité à “refuser de tirer” sur les manifestants, avant de rejoindre ces derniers dans le centre de la capitale.- “Plus de dinosaures” -“C’est tout bizarre, vu qu’on était habitués à toujours être pourchassés et bombardés par des gaz lacrymogènes”, a témoigné auprès de l’AFP Finaritra Manitra Andrianamelasoa, 24 ans. Cet étudiant en droit figurait parmi les milliers de manifestants ayant rejoint lundi la place du 13-mai dans une ambiance de fête.Marchant au rythme d’une fanfare, le cortège a enflé à mesure qu’il approchait de ce lieu symbolique de l’histoire politique malgache, baptisé en hommage aux tués d’un soulèvement populaire en 1972 ayant conduit au départ du premier président.”Au tout début, ce qu’on demandait, c’était l’électricité, la liberté de s’exprimer, mais on attend actuellement sa démission”, a asséné Steven Mandimbiarivong Rasolonjanahary, 19 ans, un autre étudiant en droit.”On attend sa démission mais le connaissant, je ne crois pas qu’il va dire ça”, pronostiquait avec succès Rotsinasandratra Lucas Hantamalala, étudiante de 20 ans. “Plus de dinosaures politiques s’il vous plaît, on en a assez vus”, exhorte-t-elle.Des soldats ont accompagné samedi dans le centre-ville de la capitale malgache des milliers de manifestants, les rejoignant à nouveau dimanche pour un rassemblement en hommage aux personnes tuées au cours des plus de deux semaines de manifestations.- Départ du président du Sénat -Le mouvement de contestation, qui dénonçait au départ les coupures incessantes d’eau et d’électricité, s’est mué depuis en une contestation plus large du président Rajoelina et de son clan.Le Conseil sécurité de l’Union africaine “rejette catégoriquement toute tentative de changement anticonstitutionnel du gouvernement dans le pays”, a-t-il averti lundi dans un communiqué qui “exhorte toutes les unités des forces armées malgaches à “s’abstenir de toute ingérence dans les affaires politiques”.Les manifestants ont obtenu ce weekend le départ du décrié président du Sénat Richard Ravalomanana, ancien commandant de gendarmerie.Surnommé “Général Bomba” pour son recours généreux aux grenades lacrymogènes lors de la crise de 2009, Richard Ravalomanana était accusé par les contestataires d’être un des principaux acteurs de la répression des manifestations ces dernières semaines.Quant au troisième homme vilipendé par la rue, l’homme d’affaires et proche du chef de l’Etat Maminiaina Ravatomanga, il a fui dimanche matin à l’île Maurice voisine, comme l’a confirmé le gouvernement mauricien.Au moins 22 personnes ont été tuées au début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations unies.Madagascar, île à la population très démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires de transition.Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté de la Banque mondiale.

Mondial-2026: la France freinée en Islande

La France a connu un petit coup d’arrêt en Islande (2-2) avec une équipe largement remaniée, lundi à Reykjavik, mais sera qualifiée pour la Coupe du monde si elle bat l’Ukraine en novembre.Il faut finir le travail. Avec 10 points en quatre matches, les joueurs de Didier Deschamps auront une occasion de distancer définitivement les Ukrainiens (7 points), vainqueurs lundi de l’Azerbaïdjan (2-1), le 13 novembre à Paris.Mais il faudra en faire plus qu’à Reykjavik.Malgré un but de Christopher Nkunku (63e) et le premier de Jean-Philippe Mateta (68e) en sélection, les Bleus se sont laissé surprendre sur une faute de déconcentration et ont permis à l’Islande d’égaliser par Kristian Hlynsson (70e), parti seul défier Mike Maignan, capitaine d’un soir.Les joueurs de l’île de glace et de feu menaient déjà au bout d’une première mi-temps très pauvre des Tricolores, grâce à Victor Palsson (39e).L’équipe avec sept changements par rapport à la victoire contre l’Azerbaïdjan (3-0) a mis une mi-temps à se mettre véritablement en marche. Déjà vendredi il avait fallu un exploit personnel de Kylian Mbappé juste avant la pause pour débloquer un match figé.- Premier but pour Mateta -Mais cette fois le capitaine n’était pas là. Touché en fin de rencontre contre l’Azerbaïdjan, son forfait s’est ajouté à l’absence de l’autre joyau français, le Ballon d’or Ousmane Dembélé, touché dès le premier match des qualifications.Sans eux, sans Désiré Doué ni Bradley Barcola aussi blessés, les Bleus manquent de créativité.Leurs remplaçants ont vécu un match contrasté. Mateta, pour sa première titularisation, trois jours après sa première sélection, s’est longtemps montré trop imprécis, mais il a marqué son premier but sur un centre parfait de l’entrant Maghnès Akliouche.Nkunku aussi a beaucoup patiné avant de signer un but superbe, d’une frappe enveloppée au bout d’une action solitaire.Le nouveau joueur de l’AC Milan, rappelé pour la première fois depuis onze mois, a marqué son deuxième but en 16 sélections. Le premier remontait à un an contre Israël.En revanche Florian Thauvin ne sort pas gagnant de cette soirée fraîche, où un vent glacial charriait une entêtante odeur de saucisse grillée venue des stands de nourriture du stade Laugardalsvollur.Flotov, la belle histoire du match précédent avec son but en ciseau, n’a pas percuté, malgré une seconde période de meilleure facture. Son remplaçant Akliouche a réussi une passe décisive.Seul titulaire régulier de la ligne d’attaque, Michael Olise, qui devait une revanche après sa terne rencontre face à l’Azerbaïdjan, a semblé encore une fois à court d’idées.- Trou de concentration -Les Français se sont créé d’autres occasions, ils auraient pu égaliser plus tôt avec deux frappes coup sur coup, une tête plongeante d’Eduardo Camavinga repoussée par le gardien Elias Olafsson suivie d’un tir de Mateta sur le défenseur Mikael Ellertsson (45e+3).A 2-2 les Bleus ont encore poussé mais sans réussite.Si l’attaque a connu des ratés, la défense n’a pas brillé non plus. Sur le premier but islandais, tout le monde est figé. Camavinga a le ballon dans les pieds mais ne dégage pas et le défenseur Palsson a surgi pour glisser le ballon dans le but.Les Bleus estimaient qu’il y avait une faute sur Manu Koné – le meilleur Bleu lundi soir – sur ce but. Dayot Upamecano, joueur référent autorisé à parler à l’arbitre, puisque le capitaine Mike Maignan était loin du jeu, l’a réclamé en vain à l’arbitre israélien Orel Grinfeld.Déjà à l’aller les Islandais avaient fait douter les Bleus et s’étaient vu refuser une égalisation par la vidéo dans les dernières minutes (2-1 pour la France).Le but du 2-2 est consécutif à un gros trou de concentration de l’arrière-garde tricolore.Tout le long du match la vitesse des attaquants islandais a posé des problèmes à la charnière Dayot Upamecano-William Saliba.Il faudra régler ces petits soucis pour novembre, avec le retour des blessés, pour que Deschamps assure une septième qualification à une phase finale depuis le début de son mandat, qui se termine à la Coupe du monde.

Les derniers développements depuis le cessez-le-feu à Gaza

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a libéré lundi les 20 derniers otages israéliens encore en vie retenus dans la bande de Gaza, en échange de prisonniers palestiniens, au quatrième jour de cessez-le-feu conclu sur la base du plan du président américain Donald Trump.Voici les derniers développements.- Otages contre prisonniers -En vertu de l’accord annoncé la …

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Lecornu se prépare à une journée décisive, le PS maintient ses exigences

A la veille d’une déclaration à haut risque devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a poursuivi ses tractations lundi soir, le patron du PS Olivier Faure l’appelant toujours à une suspension “complète” de la réforme des retraites, sous peine de censure.Entouré de ministres et de conseillers, le chef du gouvernement a poursuivi ses travaux pour construire deux ouvrages majeurs : ses projets de budgets pour 2026 d’un côté, et sa déclaration de politique générale (DPG).Lors d’un premier Conseil des ministres mardi matin à l’Elysée (10H00), le gouvernement présentera les projets de budget de l’Etat et de la Sécurité sociale, pour qu’ils soient transmis dans les temps au Parlement.L’objectif est de garder le déficit en dessous des 5% du PIB, au lieu de 4,7% initialement prévu, un assouplissement qui laisse une marge de 9 milliards d’euros pour éventuellement satisfaire les demandes des oppositions.”Sur ces bases là, nous allons pouvoir réviser complètement la copie qui va être présentée en Conseil des ministres”, a prévenu lundi soir le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, sur France 5.Mais avant d’en arriver à un débat budgétaire, il faudra que le gouvernement échappe à la censure. Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de mettre leurs “egos de côté” pour “surpasser la crise politique”.Et l’heure de vérité sera sa déclaration de politique générale, quasi bouclée, qu’il doit prononcer devant l’Assemblée mardi à partir de 15H00. Les socialistes attendent à cette occasion l’annonce d’une suspension de la réforme des retraites de 2023, qui puisse être adoptée au Parlement. Une suspension “immédiate, complète”, a insisté M. Faure. Il faut aussi “une contribution sur les plus gros patrimoines qui peut prendre différentes modalités” et la confirmation de l’abandon de “l’article 49.3” de la Constitution qui permet d’adopter un texte sans vote, a ajouté sur France 2 l’ancien président socialiste et député de Corrèze, François Hollande.Faute de quoi le gouvernement pourrait tomber dès cette semaine.Lors d’une réunion avec les chefs de parti vendredi, Emmanuel Macron avait esquissé une concession: un décalage dans le temps de “la mesure d’âge” de départ à la retraite (passage progressif à 64 ans), symbole de son deuxième quinquennat.Un geste insuffisant aux yeux du PS, qui veut à la fois une suspension de la mesure d’âge légal et de l’accélération de la hausse du nombre de trimestres cotisés. Sur ce point, les socialistes vont plus loin que la CFDT.- “Faire tout” pour éviter la dissolution -Depuis l’Egypte, où il assistait au sommet sur Gaza, Emmanuel Macron s’est défaussé sur la classe politique de toute responsabilité dans la crise, mettant plutôt en avant son rôle diplomatique.Il a appelé les partis à “se ressaisir” et à “oeuvrer à la stabilité”, au lieu de “faire des paris sur l’instabilité” dans une allusion à ceux qui espèrent une dissolution de l’Assemblée ou une présidentielle anticipée. “J’ai confiance dans l’esprit de responsabilité de chacun pour y arriver”, a-t-il ajouté un peu plus tard avant de reprendre son avion pour regagner la France.Démissionnaire en début de semaine dernière, reconduit vendredi au terme d’une mission éclair auprès des forces politiques, Sébastien Lecornu est sur une corde raide. Le RN et LFI comptent le censurer dès cette semaine. Tout dépendra donc du PS. D’autant que le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella entend voter la motion des Insoumis.Le président du parti d’extrême droite s’en est pris à un PS qui tente “de se faire acheter” sur les retraites. Olivier Faure raillant en retour un “expert” en “matière de magouilles”, et appelant le RN à clarifier sa position sur “la taxation des ultra riches”.Sébastien Lecornu a présenté dimanche soir sa nouvelle équipe : huit personnalités issues de la société civile et 26 de forces politiques, dont 11 du parti présidentiel Renaissance. Les six ministres de droite ont été écartés des Républicains (LR) de Bruno Retailleau qui avait donné pour consigne – contestée par les députés – de ne pas entrer dans l’équipe Lecornu 2. Leur sort définitif sera tranché par les instances du parti dans les prochains jours.Elisabeth Borne, auteure de la réforme des retraites qu’elle a proposée elle-même de suspendre, laisse sa place à l’Education à l’ancien directeur général de l’Enseignement scolaire Edouard Geffray.Gérald Darmanin, qui était résolument tourné vers 2027, a été renommé garde des Sceaux avant d’annoncer se mettre “en congé” de ses activités partisanes.”Nous devons tendre la main et faire tout pour éviter que nous allions vers la dissolution de l’Assemblée nationale, qui ajouterait de l’instabilité”, a-t-il exhorté lundi.pol-are-sac/sde/dch   

Trump proclame un “jour formidable pour le Moyen-Orient” devant un sommet sur Gaza

Donald Trump a proclamé lundi un “jour formidable pour le Moyen-Orient” lors d’un sommet sur Gaza en Egypte et a cosigné une déclaration visant à cimenter le cessez-le-feu dans le territoire palestinien, après un échange d’otages et de détenus entre Israël et le Hamas.Plus tôt, lors d’une visite éclair à Jérusalem, le président américain a annoncé devant la Knesset la fin d’un “long cauchemar” pour Israël et les Palestiniens. “Ce n’est pas seulement la fin d’une guerre, c’est la fin d’une ère de terreur et de mort”, a-t-il dit, appelant les Palestiniens à “se détourner pour toujours de la voie du terrorisme”.Au quatrième jour du cessez-le-feu dans la bande de Gaza dévastée par deux ans de guerre, le mouvement islamiste palestinien Hamas a libéré les 20 derniers otages vivants qu’il détenait en échange de 1.968 prisonniers palestiniens relâchés par Israël.Sur la place des Otages à Tel-Aviv, des scènes de liesse ont accueilli la libération des otages enlevés le 7 octobre 2023 lors d’une attaque sans précédent du Hamas contre Israël, qui a déclenché la guerre.”C’est superbe et bouleversant que cela arrive enfin” a déclaré Shelly Bar Nir, 34 ans. “Nos otages rentrent enfin chez eux.””Ma vie, tu es ma vie… tu es un héros”, s’exclame Einav Zangauker en serrant dans ses bras son fils Matan, tout sourire, après sa libération, selon une vidéo diffusée par l’armée israélienne. A Ramallah en Cisjordanie occupée, une explosion de joie a accompagné l’arrivée des cars transportant des prisonniers palestiniens libérés. “C’est une renaissance”, a dit Mahdi Ramadan après sa libération. D’autres bus ont gagné la bande de Gaza, accueillis par des milliers de personnes agitant le drapeau palestinien et celui du Hamas.- “PEACE 2025” -A l’origine du plan sur un cessez-le-feu à Gaza, M. Trump a coprésidé le sommet à Charm el-Cheikh avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, en présence de nombreux dirigeants  internationaux. Ni le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ni le Hamas n’y étaient présents.M. Trump a accueilli les dirigeants sur un tapis rouge, souriant et serrant la main de chacun. Derrière une inscription géante “PEACE 2025”, il a levé plusieurs fois le pouce devant les caméras.Avec les dirigeants d’Egypte, du Qatar et de Turquie, il a ensuite signé une déclaration sur Gaza, en tant que garants de l’accord de cessez-le-feu. Ils s’y engagent à “poursuivre une vision de paix” au Moyen-Orient et se félicitent “des progrès accomplis dans la mise en place d’arrangements de paix durables à Gaza”.”Le document va détailler les règles et les dispositions et bien d’autres choses”, a déclaré M. Trump en répétant par deux fois “cela va tenir”. Il n’a pas fourni de précisions.”Nous avons réussi ensemble ce que tout le monde pensait impossible. Enfin, nous avons la paix au Moyen-Orient”, a dit le président américain avant de quitter l’Egypte.M. Sissi a lui annoncé que son pays allait accueillir une conférence sur la reconstruction de Gaza, à une date non précisée.Dans la journée, vingt otages ont été remis en deux phases au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont les voitures ont pris la direction d’Israël sous l’oeil de combattants armés du Hamas.La majorité des 251 personnes enlevées durant l’attaque du 7-Octobre avaient été libérées lors de deux précédentes trêves à Gaza.- “Libération totale” -L’attaque du Hamas a entraîné côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.En riposte, Israël a lancé une offensive qui a ravagé la bande de Gaza, provoqué un désastre humanitaire et fait 67.869 morts, en majorité des civils, d’après les chiffres du ministère de la Santé du Hamas.La première phase du plan américain prévoit outre le cessez-le-feu et un retrait israélien de certains secteurs de Gaza, le retour dans les 72 heures des 47 derniers otages retenus à Gaza, dont 27 sont morts.Mais l’armée israélienne a annoncé la remise de seulement quatre corps d’otages via le CICR lundi. “Le Hamas est tenu de respecter l’accord et de prendre les mesures nécessaires pour le retour de tous les otages décédés.”Le Hamas a salué “la libération des prisonniers palestiniens des prisons de l’occupation” comme “un succès national sur le chemin de la libération totale”.Le plan Trump prévoit dans une phase ultérieure notamment le désarmement du Hamas et son exclusion de la gouvernance du territoire, où le mouvement a pris le pouvoir en 2007.Le mouvement islamiste ne s’est pas prononcé sur son désarmement et exige un retrait total israélien de la bande de Gaza. L’armée israélienne contrôle aujourd’hui 53% du territoire.Un responsable du Hamas a dit prévoir une deuxième phase “difficile” des négociations.

Ultimes dénégations et contradictions de Cédric Jubillar à son procès

Le corps agité de tremblements compulsifs, Cédric Jubillar a continué lundi de nier le meurtre de son épouse Delphine devant la cour d’assises du Tarn, lors d’un long interrogatoire au cours duquel plusieurs de ses contradictions ont été relevées sans que l’accusé ne perde le fil de ses dénégations.Delphine Jubillar a-t-elle pris une douche le soir du 15 décembre? Mis son pyjama? Porté ses lunettes? Cédric avait-il promené les chiens? La présidente Hélène Ratinaud a souligné les nombreux changements de versions de l’accusé lors des quatre ans et demi écoulés entre ses premières auditions et son procès.Le peintre-plaquiste, 38 ans, s’est contredit lundi à plusieurs reprises. Interrogé par la juge à propos de l’hypothèse d’un éventuel départ volontaire de son épouse, il a répondu: “Je n’en ai aucune idée, j’espère pas”, avant d’expliquer à l’avocat général Nicolas Ruff espérer “du fond du coeur que ce soit ça”.Il a aussi assuré que la lésion constatée par un médecin légiste sur son bras droit au lendemain de la disparition, preuve selon les parties civiles d’un affrontement avec Delphine, était une “cicatrice” reçue bien en amont. Avant d’expliquer un peu plus tard qu’il se serait “taillé les bras à force de porter des paquets de parquet flottant”.”Le légiste a vu la cicatrice, mais il n’a pas vu les blessures dont vous venez de nous parler?”, lui a alors demandé, incrédule, l’avocat de ses enfants, Laurent Boguet. “Tout à fait”, a répondu l’accusé.- “Claqué” -Les débats sont par ailleurs longuement revenus sur sa consommation de contenus pornographiques les quatre jours précédant la disparition, ainsi que le lendemain, mais pas le soir-même. “Ce soir-là, j’étais extrêmement exténué, j’en avais pas envie. Le parquet, ça m’avait claqué”, s’est-il expliqué.”Et vous en consultez le 16?”, le lendemain de la disparition, s’est étonnée la présidente de la cour.”Ben, là, j’étais pas fatigué.””Pourtant vous étiez debout depuis 3H45 du matin.””C’était une journée certes dense, mais elle était pas fatigante”, a-t-il assuré, se trémoussant de plus belle sur ses jambes et respirant bruyamment dans son micro.A propos de la carte bancaire de l’infirmière, qu’il a utilisée après sa disparition, Hélène Ratinaud lui a demandé: “Si votre épouse avait disparu volontairement, ne pensez-vous pas qu’elle avait besoin de cet argent?””J’en avais besoin pour les enfants, la maison et mon propre plaisir”, a-t-il dit, expliquant avoir notamment payé des courses et du cannabis.- “J’aime les bijoux” -Pour sa dernière journée d’interrogatoire, Cédric portait à nouveau à l’annulaire gauche une bague dont il a expliqué à la barre qu’il s’agissait d’un cadeau de son ex-petite amie Jennifer, celle qui a raconté aux enquêteurs que le peintre-plaquiste lui avait avoué avoir tué son épouse.Me Pauline Rongier, qui représente une amie de Delphine, s’est étonnée: “Vous portez la bague offerte par une femme qui vous accuse devant la cour d’assises où vous encourez la réclusion à perpétuité?” “Oui, parce que j’aime les bijoux”, a-t-il assuré.”Avez-vous une explication à la disparition de votre épouse?”, l’avait plus tôt interrogé Mme Ratinaud. “Je n’en ai aucune, je voudrais en avoir une pour pouvoir la donner à mes enfants.”Un psychiatre l’ayant examiné a décrit dans la matinée un homme doté d'”une grande maîtrise de ses émotions” mais dont l’enfance chaotique a pu faire de lui “un colosse aux pieds d’argile”, aux fragilités persistantes.Au terme de l’interrogatoire, la présidente a lu une lettre que lui a récemment adressée Louis, le fils de l’accusé.”Madame la présidente, je voudrais témoigner de ce que Cédric Jubillar m’a fait subir”, écrit le petit garçon, 11 ans, avant de lister les punitions reçues de la main de son père sans jamais le désigner autrement que par “Cédric”.”Qu’en pensez-vous ?”, a demandé Hélène Ratinaud. “Que c’est triste”, a répondu laconiquement l’accusé, impassible lors de la lecture du courrier.M. Jubillar est “bunkerisé” et “bétonné” dans sa position, a déploré Me Boguet, regrettant que “malgré des signes d’impatience”, il ne “bouge pas”.Le reste de la semaine sera consacré aux plaidoiries des parties civiles, avant les réquisitions des deux avocats généraux puis les plaidoiries de la défense.L’accusé aura l’opportunité de s’exprimer en dernier avant que la cour et les jurés ne se retirent pour délibérer. Le verdict est attendu vendredi.

Madagascar: manifestations de joie avant l’allocution du président introuvable

Des milliers de manifestants sont descendus lundi dans les rues d’Antananarivo où ils ont affiché des scènes de joie avec des militaires et leur espoir d’une démission du président malgache Andry Rajoelina, dont l’allocution lundi depuis un lieu inconnu a été reportée plusieurs fois.Durant le week-end, Andry Rajoelina a dénoncé “une tentative de prise du pouvoir illégale” dans cette île particulièrement pauvre de l’océan Indien, où une partie de l’armée a pris le parti d’un mouvement de contestation né le 25 septembre.D’après la radio française RFI, il a embarqué dimanche “à bord d’un avion militaire français pour La Réunion, avant de partir vers une autre destination avec sa famille”. L’exécutif français n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP à ce sujet.Des remises de peine ont été accordées lundi par décret présidentiel à une série de personnes, dont le Franco-Malgache Paul Maillot Rafanoharana, emprisonné depuis 2021 pour tentative de coup d’État et point de crispation entre les deux pays.Élu en 2018, puis réélu en 2023 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, Andry Rajoelina devait s’adresser à la nation à 19H00 (16H00 GMT) mais la présidence, sur sa page Facebook, a annoncé un nouveau report à 21H30 locales (18H30 GMT) après l’arrivée d’un “groupe de soldats armés” au siège de la télévision publique TVM.Ce week-end, une unité militaire, le Capsat, qui avait joué un rôle majeur dans le coup d’État en 2009 d’Andry Rajoelina, à la suite déjà d’une mobilisation populaire, a appelé les forces de sécurité à “refuser de tirer” sur les manifestants, avant de rejoindre ces derniers dans le centre de la capitale. Ce sont des soldats de cette unité qui ont fait irruption à TVM pour tenter d’empêcher la diffusion de l’allocution, a appris l’AFP auprès d’un témoin.- “Plus de dinosaures” -“C’est tout bizarre, vu qu’on était habitués à toujours être pourchassés et bombardés par des gaz lacrymogènes”, témoigne auprès de l’AFP Finaritra Manitra Andrianamelasoa, un étudiant en droit de 24 ans parmi les milliers de manifestants ayant rejoint lundi la place du 13-mai dans une ambiance de fête, devant l’hôtel de ville d’Antananarivo.Marchant au rythme d’une fanfare, le cortège a enflé à mesure qu’il approchait de ce lieu symbolique de l’histoire politique malgache, baptisé en hommage aux tués d’un soulèvement populaire en 1972 ayant conduit au départ du premier président.”Nous attendons déjà qu’il s’excuse auprès de tous les Malgaches, parce qu’on a eu beaucoup de blessés. (…) Au tout début, ce qu’on demandait, c’était l’électricité, la liberté de s’exprimer, mais on attend actuellement sa démission”, assène Steven Mandimbiarivong Rasolonjanahary, 19 ans, un autre étudiant en droit.”On attend sa démission mais le connaissant, je ne crois pas qu’il va dire ça”, pronostique Rotsinasandratra Lucas Hantamalala, étudiante de 20 ans. “Plus de dinosaures politiques s’il vous plaît, on en a assez vus”, exhorte-t-elle.Des soldats ont accompagné samedi dans le centre-ville de la capitale malgache des milliers de manifestants, les rejoignant à nouveau dimanche pour un rassemblement en hommage aux personnes tuées au cours des plus de deux semaines de manifestations.- Départ du président du Sénat -Le collectif à l’origine des manifestations, baptisé Gen Z, a appelé à un nouveau rassemblement plus tard lundi.Le mouvement de contestation, qui dénonçait au départ les coupures incessantes d’eau et d’électricité, s’est mué depuis en une contestation plus large du président Rajoelina, 51 ans, et de son clan.Les manifestants ont obtenu ce week-end le départ du décrié président du Sénat Richard Ravalomanana, ancien commandant de gendarmerie. Quant au troisième homme vilipendé par la rue, l’homme d’affaires et proche du chef de l’Etat Maminiaina Ravatomanga, il a fui dimanche matin à l’île Maurice voisine, comme l’a confirmé le gouvernement mauricien.Surnommé “Général Bomba” pour son recours généreux aux grenades lacrymogènes lors de la crise de 2009, Richard Ravalomanana était accusé par les contestataires d’être un des principaux acteurs de la répression des manifestations ces dernières semaines.Au moins 22 personnes ont été tuées au début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations unies.Le chef de l’État a démenti des “chiffres erronés”, évoquant 12 morts, tous “des pilleurs, des casseurs”, selon lui.Madagascar, île à la population particulièrement démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires.Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté de la Banque mondiale.

Madagascar: manifestations de joie avant l’allocution du président introuvable

Des milliers de manifestants sont descendus lundi dans les rues d’Antananarivo où ils ont affiché des scènes de joie avec des militaires et leur espoir d’une démission du président malgache Andry Rajoelina, dont l’allocution lundi depuis un lieu inconnu a été reportée plusieurs fois.Durant le week-end, Andry Rajoelina a dénoncé “une tentative de prise du pouvoir illégale” dans cette île particulièrement pauvre de l’océan Indien, où une partie de l’armée a pris le parti d’un mouvement de contestation né le 25 septembre.D’après la radio française RFI, il a embarqué dimanche “à bord d’un avion militaire français pour La Réunion, avant de partir vers une autre destination avec sa famille”. L’exécutif français n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP à ce sujet.Des remises de peine ont été accordées lundi par décret présidentiel à une série de personnes, dont le Franco-Malgache Paul Maillot Rafanoharana, emprisonné depuis 2021 pour tentative de coup d’État et point de crispation entre les deux pays.Élu en 2018, puis réélu en 2023 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, Andry Rajoelina devait s’adresser à la nation à 19H00 (16H00 GMT) mais la présidence, sur sa page Facebook, a annoncé un nouveau report à 21H30 locales (18H30 GMT) après l’arrivée d’un “groupe de soldats armés” au siège de la télévision publique TVM.Ce week-end, une unité militaire, le Capsat, qui avait joué un rôle majeur dans le coup d’État en 2009 d’Andry Rajoelina, à la suite déjà d’une mobilisation populaire, a appelé les forces de sécurité à “refuser de tirer” sur les manifestants, avant de rejoindre ces derniers dans le centre de la capitale. Ce sont des soldats de cette unité qui ont fait irruption à TVM pour tenter d’empêcher la diffusion de l’allocution, a appris l’AFP auprès d’un témoin.- “Plus de dinosaures” -“C’est tout bizarre, vu qu’on était habitués à toujours être pourchassés et bombardés par des gaz lacrymogènes”, témoigne auprès de l’AFP Finaritra Manitra Andrianamelasoa, un étudiant en droit de 24 ans parmi les milliers de manifestants ayant rejoint lundi la place du 13-mai dans une ambiance de fête, devant l’hôtel de ville d’Antananarivo.Marchant au rythme d’une fanfare, le cortège a enflé à mesure qu’il approchait de ce lieu symbolique de l’histoire politique malgache, baptisé en hommage aux tués d’un soulèvement populaire en 1972 ayant conduit au départ du premier président.”Nous attendons déjà qu’il s’excuse auprès de tous les Malgaches, parce qu’on a eu beaucoup de blessés. (…) Au tout début, ce qu’on demandait, c’était l’électricité, la liberté de s’exprimer, mais on attend actuellement sa démission”, assène Steven Mandimbiarivong Rasolonjanahary, 19 ans, un autre étudiant en droit.”On attend sa démission mais le connaissant, je ne crois pas qu’il va dire ça”, pronostique Rotsinasandratra Lucas Hantamalala, étudiante de 20 ans. “Plus de dinosaures politiques s’il vous plaît, on en a assez vus”, exhorte-t-elle.Des soldats ont accompagné samedi dans le centre-ville de la capitale malgache des milliers de manifestants, les rejoignant à nouveau dimanche pour un rassemblement en hommage aux personnes tuées au cours des plus de deux semaines de manifestations.- Départ du président du Sénat -Le collectif à l’origine des manifestations, baptisé Gen Z, a appelé à un nouveau rassemblement plus tard lundi.Le mouvement de contestation, qui dénonçait au départ les coupures incessantes d’eau et d’électricité, s’est mué depuis en une contestation plus large du président Rajoelina, 51 ans, et de son clan.Les manifestants ont obtenu ce week-end le départ du décrié président du Sénat Richard Ravalomanana, ancien commandant de gendarmerie. Quant au troisième homme vilipendé par la rue, l’homme d’affaires et proche du chef de l’Etat Maminiaina Ravatomanga, il a fui dimanche matin à l’île Maurice voisine, comme l’a confirmé le gouvernement mauricien.Surnommé “Général Bomba” pour son recours généreux aux grenades lacrymogènes lors de la crise de 2009, Richard Ravalomanana était accusé par les contestataires d’être un des principaux acteurs de la répression des manifestations ces dernières semaines.Au moins 22 personnes ont été tuées au début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations unies.Le chef de l’État a démenti des “chiffres erronés”, évoquant 12 morts, tous “des pilleurs, des casseurs”, selon lui.Madagascar, île à la population particulièrement démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires.Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté de la Banque mondiale.