AFP World

Trois ans après le meurtre de Lola, l’accusée devant la cour d’assises de Paris

En 2022, le meurtre de Lola avait bouleversé l’opinion et enflammé la classe politique: trois ans après les faits, la cour d’assises de Paris doit juger, à partir de vendredi, Dahbia Benkired, accusée d’avoir violé, torturé et tué cette adolescente de 12 ans.Agée de 27 ans, elle répondra pendant six journées d’audience du meurtre et du viol de Lola, accompagnés d’actes de torture et de barbarie. La jeune femme encourt la réclusion criminelle à perpétuité.Le 14 octobre 2022, vers 16H40, plusieurs résidents d’un immeuble du 19e arrondissement de Paris l’avait aperçue dans leur hall d’entrée, chargée de valises et surtout d’une imposante malle recouverte d’une couverture.Une heure et demie plus tôt, elle apparaissait sur les bandes de vidéosurveillance de la résidence en train d’aborder une jeune adolescente, Lola Daviet, 12 ans, la fille du gardien de l’immeuble, qui rentrait du collège.Entre les deux séquences, l’enquête a reconstitué une scène de crime sordide: Dahbia Benkired a contraint la fillette à la suivre dans l’appartement qu’elle occupait – en fait celui de sa sœur -, lui a imposé des actes sexuels et l’a frappée à plusieurs reprises avec ciseaux et cutter. Enroulée d’adhésif, y compris sur l’ensemble du visage, la jeune Lola est morte d’asphyxie.L’accusée avait alors placé le corps de sa victime dans une malle trouvée dans l’appartement, avant d’entamer une fuite erratique. Au bar en bas de l’immeuble, alors qu’un client croit deviner un reste humain dans cet imposant bagage, elle affirme qu’elle “vend un rein”. A l’ami qu’elle appelle ensuite et qui consent à la ramener chez lui, en banlieue ouest, Dahbia Benkired ne donne en revanche aucune explication à ces lourds bagages – aucune charge n’a été retenue contre lui.Elle avait finalement décidé de retourner au domicile de sa sœur en VTC. Lorsque l’aînée distingue les restes humains, elle hurle, entraînant la panique de Dahbia Benkired qui constate en outre un énorme dispositif policier autour de l’immeuble. Elle prend la fuite, se réfugie chez un autre ami, où elle est interpellée le lendemain matin.- “Conduites manipulatoires” -Devant la cour d’assises, il s’agira notamment d’établir le mobile de ce crime sordide.Lors d’un premier interrogatoire, Dahbia Benkired avait d’abord montré son agacement de ne pas détenir de pass permettant d’appeler les ascenseurs – sa sœur ne lui avait donné que la clé de son appartement- et d’avoir essuyé le refus de la gardienne, la mère de Lola, de lui en fournir un.Elle a ensuite accusé un ex-conjoint d’être l’auteur des faits.Les enquêteurs se sont aussi interrogés sur des croyances autour de la sorcellerie, aiguillonnés par plusieurs recherches internet qu’elle avait effectuées quelques jours plus tôt. Pourquoi, en outre, les chiffres 1 et 0 écrits au vernis sur la voûte plantaire de chaque pied de sa victime? “Ça vous intéresse, la mort d’une petite? Pas moi”, avait répondu Dahbia Benkired.Si les experts ont relevé des “conduites manipulatoires”, l’accusée, grosse consommatrice de cannabis, ne souffre pas “d’une pathologie psychiatrique majeure”.Sans véritable domicile fixe ni activité professionnelle, elle apparaissait au moment des faits sombrer dans une grande précarité, point d’orgue d’une existence chaotique entre l’Algérie et la France, élevée un temps par des tantes peu aimantes avant une installation définitive en France en 2013.Selon une enquête de personnalité consultée par l’AFP, le décès de sa mère, en septembre 2020, avait été un “point de bascule”.L'”affaire Lola” avait déclenché une vague d’effroi dans l’opinion publique. La situation irrégulière en France de Dahbia Benkired, de nationalité algérienne, avait été mise en avant par la droite et l’extrême droite.Six mois après la présidentielle, le parti d’Eric Zemmour avait dénoncé un “francocide”, organisé une manifestation – la présence de l’ultradroite avait convaincu in extremis Jordan Bardella de ne pas y participer – et acheté les noms “ManifPourLola.fr” ou “JusticePourLola.fr”, au mépris de la famille de l’adolescente, qui avait réclamé qu’on n’utilise plus son nom.

Verdict au procès de Cédric Jubillar, après quatre semaines de débats

Epilogue d’un procès hors normes, la cour d’assises du Tarn dira vendredi si Cédric Jubillar est coupable ou non du meurtre de son épouse Delphine, dont le corps n’a pas été retrouvé depuis fin 2020.Le ministère public a requis 30 ans de réclusion criminelle à son encontre, ses avocats réclament son acquittement. Vendredi, à l’ouverture de l’audience à Albi, le peintre-plaquiste de 38 ans, qui clame son innocence, aura une dernière opportunité de s’exprimer devant la cour. Les trois magistrats et les six jurés se retireront ensuite pour délibérer, avec pour consigne que le doute doit profiter à l’accusé. Sept sur neuf doivent déclarer Cédric Jubillar coupable, pour qu’il soit condamné. Si trois d’entre eux votent “non coupable”, il sera acquitté.- Semer le doute -Invariablement, l’accusé, stoïque dans son box mais régulièrement secoué de mouvements nerveux, a martelé qu’il n’avait rien à voir avec la disparition de la mère de ses deux enfants, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, près d’Albi. “Je conteste toujours les faits qui me sont reprochés”, a-t-il dit dès sa première prise de parole le 22 septembre, au premier jour du procès de quatre semaines. Et il n’aura pas dévié jusqu’à la fin.Lors de leurs plaidoiries, jeudi, ses avocats ont cherché à semer le doute dans l’esprit des jurés. Alors que parties civiles et avocats généraux estiment qu’un “pétage de plomb” de l’accusé a pu conduire au meurtre de l’infirmière de 33 ans, Emmanuelle Franck a affirmé: “Un pétage de plomb, c’est ce qu’on appelle un crime pulsionnel, un crime passionnel, celui qui laisse le plus de traces, parce qu’on ne contrôle rien, on éclabousse tout”. Or il n’y a aucune trace, a insisté l’avocate, adressant ses dernières salves aux enquêteurs et aux juges d’instruction.”Vous ne serez pas le jury du festival de Cannes qui vient récompenser le meilleur scenario”, a lancé aux jurés son confrère Alexandre Martin. Faute de preuves, les enquêteurs ont en effet, selon lui, imaginé “un faisceau d’indices” et bâti un scénario, qui vient conclure une instruction “à charge”.- Féminicide -Depuis le 16 décembre 2020, une “machine effrayante” s’est mise en marche, “quinze jours après la condamnation de Daval, cela ne peut être que le mari”, a fustigé Me Martin, en référence à la condamnation de Jonathann Daval pour un féminicide retentissant, jugé en novembre 2020.”La conviction des gendarmes dès le premier jour” a empêché la manifestation de la vérité et le procès, quatre ans et demi plus tard, n’a fait que dérouler un “tapis rouge à l’erreur judiciaire”, a-t-il plaidé.Pour les parties civiles et l’accusation, la culpabilité de Cédric Jubillar ne fait en revanche aucun doute. L’avocat général Pierre Aurignac a estimé que “pour défendre l’idée de l’innocence de M. Jubillar, il faut écarter quatre experts, faire taire 19 témoins et tuer le chien pisteur” qui a établi que la mère de famille n’a pas quitté son domicile la nuit de la disparition.”Le crime parfait attendra, a-t-il ajouté, le crime parfait, ce n’est pas le crime sans cadavre mais celui pour lequel on n’est pas condamné, et vous allez être condamné M. Jubillar”.Pour Me Laurent Boguet, avocat des enfants du couple, “il ne l’a pas seulement tuée, il l’a étranglée pour la faire taire, il l’a effacée en faisant disparaître le corps”.Pauline Rongier, avocate d’une amie de la disparue, a quant à elle demandé aux jurés de trouver le “courage” de condamner l’accusé malgré l’absence de corps. Dénigrement, “surveillance”, “violences sur les enfants”, elle décrit la “chape de plomb, la prison dans laquelle était Delphine”, ce “contrôle coercitif” qui, selon elle, précède la plupart des féminicides.Incarcéré en juin 2021, Cédric Jubillar est détenu à l’isolement à la prison de Seysses, près de Toulouse. Le prononcé de l’arrêt de la cour d’assises mettra fin aux quatre semaines de procès, au cours desquelles les jurés -deux femmes, quatre hommes- auront pu se forger une intime conviction.Quelle que soit la décision, elle fera l’objet d’un appel, ont fait savoir les parties. Et un nouveau procès se tiendra en 2026, probablement devant la cour d’appel de Toulouse.

Gaza: la Turquie envoie des équipes pour rechercher des dépouilles d’otages, avertissement de Trump

La Turquie a commencé à déployer des spécialistes jeudi pour aider à la recherche des corps ensevelis sous les décombres à Gaza, alors que Donald Trump a lancé un avertissement au Hamas après une série d’exécutions menées dans le territoire palestinien. Le président américain Donald Trump, à l’origine du plan destiné à mettre fin à deux ans de guerre, a menacé jeudi “d’aller tuer” les membres du Hamas si ce dernier “n’arrêtait pas de tuer des gens” à Gaza.Depuis l’arrêt des combats, le mouvement islamiste palestinien a étendu sa présence dans la bande de Gaza en ruines et revendiqué mardi dans une vidéo l’exécution d’hommes présentés comme des “collaborateurs” d’Israël.Le Hamas a réaffirmé “son engagement” envers la “mise en oeuvre” de l’accord de cessez-le-feu à Gaza négocié avec Israël sous l’égide des États-Unis, et s’est à nouveau engagé à “remettre tous les corps restants” des otages. Israël accuse le Hamas de violer l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, qui prévoyait un retour de tous les otages, vivants et morts, avant lundi matin.Dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, le Hamas a libéré dans les temps les 20 derniers otages vivants retenus dans la bande de Gaza, mais n’a remis depuis lundi que neuf dépouilles sur les 28 qu’il retient. Le Hamas soutient que ce sont les seuls corps auxquels il a pu accéder, disant avoir besoin d’un “équipement spécial” pour récupérer les autres dépouilles.Jeudi, la Turquie a annoncé envoyer des spécialistes pour participer aux recherches des corps ensevelis, “y compris des otages”. Quelque 80 de ces secouristes habitués des terrains difficiles, notamment des tremblements de terre, se trouvent déjà sur place, selon les autorités turques. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est à nouveau dit jeudi “déterminé” à ramener “tous les otages”, lors de la commémoration officielle du deuxième anniversaire de l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, qui a déclenché la guerre ayant fait des dizaines de milliers de morts à Gaza.Il est sous pression des familles des otages, qui l’ont appelé “à cesser immédiatement la mise en œuvre de toute autre étape de l’accord” initié par le président américain Donald Trump tant que tous les corps ne sont pas rendus. La veille, son ministre de la Défense Israël Katz a menacé de reprendre l’offensive, “en coordination avec les États-Unis”, si “le Hamas refuse de respecter l’accord”.- “Ils creusent” -Donald Trump avait semblé appeler à la patience mercredi : “C’est un processus macabre (…) mais ils creusent, ils creusent vraiment” et “trouvent beaucoup de corps”, avait-il affirmé, interrogé par des journalistes sur le sujet.En échange du retour des dépouilles d’otages, Israël a remis au total 120 corps de Palestiniens, dont 30 jeudi à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les accès à Gaza – tous contrôlés par Israël – restent très restreints. Après le cessez-le-feu et la libération des otages, Israël doit en principe ouvrir à l’aide humanitaire le point de passage crucial de Rafah, entre l’Egypte et le territoire palestinien.Le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar a annoncé jeudi qu’il ouvrirait “probablement dimanche”.Fin août, l’ONU, qui réclame l’ouverture immédiate de tous les points de passage, a déclaré une famine dans plusieurs zones de Gaza, ce que conteste Israël.De retour dans les ruines de Gaza-ville, plusieurs habitants installent des tentes ou des abris de fortune au milieu des décombres, selon des images de l’AFP.”Nous sommes jetés à la rue. Il n’y a pas d’eau, pas de nourriture, pas d’électricité. Rien. Toute la ville de Gaza a été réduite en cendres”, déclare Mustafa Mahram.Le plan de Donald Trump, qui vise à mettre fin définitivement à la guerre dans la bande de Gaza, prévoit dans une première phase le cessez-le-feu, la libération des otages, un retrait israélien de plusieurs secteurs et l’acheminement de plus d’aide humanitaire dans le territoire dévasté.Puis, dans une étape ultérieure, notamment le désarmement du Hamas et l’amnistie ou l’exil de ses combattants et la poursuite du retrait israélien, des points qui restent sujets à discussion.L’attaque du 7 octobre a entraîné du côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.La campagne de représailles israélienne a fait 67.967 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas.

Accalmie à la frontière entre Afghanistan et Pakistan après un cessez-le-feu

La frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan a retrouvé le calme jeudi, les deux pays respectant un cessez-le-feu approuvé la veille au terme de plusieurs jours d’affrontements ayant fait des dizaines de morts et ayant débordé jusqu’à Kaboul, théâtre d’explosions.D’après Islamabad, la trêve entrée en vigueur à 13H00 GMT mercredi doit durer 48H, le temps de “trouver une solution positive (…) par un dialogue constructif”.”La balle est dans le camp” des autorités talibanes, a affirmé jeudi le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Si, en 48 heures, elles “souhaitent résoudre les problèmes et répondre à nos véritables revendications, alors nous sommes prêts à les recevoir”, a-t-il dit, en dénonçant le fait que “des terroristes opèrent du côté afghan de la frontière avec impunité”.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres – qui a salué le cessez-le feu – suit  “avec préoccupation” la situation, appelant les deux parties à mettre un terme aux hostilités “de façon durable”, d’après son porte-parole, Stéphane Dujarric.Les violences avaient débuté le week-end dernier, après de premières explosions à Kaboul et dans le sud-est de l’Afghanistan. Kaboul a alors décidé de lancer une offensive à la frontière, à laquelle le Pakistan a promis une “réponse musclée”.Islamabad a dit avoir visé des positions de talibans afghans et de groupes armés sur le sol afghan. Aux premiers jours des affrontements samedi et dimanche, seuls des combattants avaient été déclarés morts, par dizaines, dans les régions frontalières.Mais depuis des civils ont également été tués, selon des sources afghanes et l’ONU. Quarante sont morts et 170 ont été blessés mercredi à Spin Boldak, ville du sud de l’Afghanistan collée à la frontière, a déclaré à l’AFP Karimullah Zubair Agha, directeur de la Santé publique de cette région.- “Aucun tir” -De son côté, la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) a recensé en tout 37 civils tués et 425 blessés.Le long de la frontière, la trêve a été respectée jeudi.”Aucun tir n’a été recensé dans les districts frontaliers depuis hier soir (mercredi). Mais des troupes paramilitaires supplémentaires ont été déployées pour contrer toute opération du TTP (talibans pakistanais) qui pourrait compromettre le cessez-le-feu”, a déclaré à l’AFP un haut responsable sécuritaire pakistanais.Le calme est également revenu à Kaboul où, peu de temps avant l’annonce de cessez-le-feu mercredi, de nouvelles explosions avaient retenti.Des sources de sécurité pakistanaises ont indiqué que l’armée y avait visé un groupe armé avec “des frappes de précision”.Les autorités talibanes n’ont cette fois pas officiellement blâmé leur voisin. Elles ont fait état, sans détailler, de l’explosion d’une citerne de pétrole puis d’un transformateur électrique, provoquant des incendies. Mais sous couvert d’anonymat, un haut responsable taliban a indiqué à l’AFP que la deuxième explosion était le fait d’Islamabad, qui avait voulu “viser des civils”.Le porte-parole de la police de Kaboul, Khalid Zadran, a affirmé qu’il s’agissait de “frappes aériennes”, qu’il n’a pas attribuées.Aucun bilan officiel n’a été communiqué, mais l’ONG italienne Emergency, qui gère un hôpital dans la capitale, a dit avoir pris en charge 35 blessés et fait état d’au moins cinq morts.- “Vieille pratique” -Le gouvernement taliban avait décidé de lancer une offensive à la frontière en représailles aux premières explosions survenues dans la capitale afghane jeudi dernier.Elles avaient eu lieu alors que débutait une visite inédite du chef de la diplomatie talibane en Inde, ennemi historique du Pakistan. Le Premier ministre Sharif a suggéré jeudi que New Delhi était impliqué dans la confrontation, sans détailler.”C’est une vieille pratique du Pakistan d’accuser ses voisins pour ses propres échecs internes”, a déclaré la diplomatie indienne.L’escalade militaire s’inscrit dans des tensions bilatérales récurrentes, alimentées par des questions sécuritaires. Islamabad, confronté à une résurgence d’attaques contre ses forces de sécurité, accuse inlassablement son voisin afghan “d’abriter” des groupes “terroristes”, ce que Kaboul dément.

Accalmie à la frontière entre Afghanistan et Pakistan après un cessez-le-feu

La frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan a retrouvé le calme jeudi, les deux pays respectant un cessez-le-feu approuvé la veille au terme de plusieurs jours d’affrontements ayant fait des dizaines de morts et ayant débordé jusqu’à Kaboul, théâtre d’explosions.D’après Islamabad, la trêve entrée en vigueur à 13H00 GMT mercredi doit durer 48H, le temps …

Accalmie à la frontière entre Afghanistan et Pakistan après un cessez-le-feu Read More »

USA: début des délibérations au procès de BNP Paribas lié aux violences au Soudan

Le jury d’un tribunal civil fédéral de New York a commencé jeudi ses délibérations pour décider si le groupe bancaire français BNP Paribas a contribué à des exactions au Soudan, en facilitant des échanges commerciaux dont les recettes auraient financé l’armée et les milices du régime d’Omar el-Béchir.Le procès, commencé le 9 septembre devant huit …

USA: début des délibérations au procès de BNP Paribas lié aux violences au Soudan Read More »

Trump rencontrera Poutine à Budapest “dans les deux prochaines semaines”

Donald Trump et Vladimir Poutine se verront prochainement à Budapest, une annonce surprise faite à la veille d’une entrevue à la Maison Blanche entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, qui espère obtenir des missiles Tomahawk.La rencontre a été décidée pendant un échange téléphonique jeudi entre les dirigeants russe et américain, dont le maître du Kremlin a profité pour avertir que la livraison de ces armes américaines “nuirait considérablement” à la relation entre Moscou et Washington.Le sommet aura lieu “dans les deux prochaines semaines”, a précisé Donald Trump jeudi pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.Sur son réseau Truth Social, il a jugé que son échange avec Vladimir Poutine avait été “très productif”, Moscou parlant d’un entretien “extrêmement franc et empreint de confiance”.”Nous voyons déjà que Moscou se précipite pour reprendre le dialogue dès qu’ils entendent parler de Tomahawks”, a commenté sur X le président ukrainien, arrivé jeudi à Washington.- “Réchauffement” -Vendredi, il espère convaincre Donald Trump de renforcer l’armée ukrainienne alors que la Russie multiplie les frappes contre les infrastructures énergétiques en Ukraine. Le président américain s’est montré très prudent quand il a été interrogé jeudi sur l’éventuelle livraison de ces missiles de croisière à Kiev.”Nous ne pouvons pas appauvrir (les réserves de) notre propre pays”, a dit Donald Trump, ajoutant: “Nous en avons besoin aussi, donc je ne sais pas ce que nous pouvons faire.”Lors de son appel avec son homologue, “Vladimir Poutine a réitéré son point de vue : les Tomahawk ne modifieront pas la situation sur le champ de bataille mais nuiront considérablement aux relations entre nos deux pays. Sans parler des perspectives de règlement pacifique” en Ukraine, a indiqué son conseiller diplomatique, Iouri Ouchakov.Le BGM-109 Tomahawk vole jusqu’à 1.600 kilomètres, à 880 km/h à quelques dizaines de mètres du sol.- Regain de cordialité -Le coup de fil de jeudi marque un regain de cordialité entre les dirigeants américain et russe, dont la relation s’était un peu rafraîchie depuis un sommet le 15 août en Alaska, conclu sans avancées concrètes sur la guerre en Ukraine.”Nous avons décidé qu’une réunion de nos conseillers de haut niveau aurait lieu la semaine prochaine. Les premières réunions seront dirigées par le secrétaire d’Etat Mario Rubio pour les Etats-Unis” dans un lieu encore à définir, a écrit Donald Trump sur Truth Social.”Puis le président Poutine et moi-même nous réunirons dans un endroit déjà convenu, Budapest, en Hongrie, pour voir si nous pouvons mettre fin à cette guerre +sans gloire+ entre la Russie et l’Ukraine”.”Les représentants des deux pays s’occuperont sans tarder de la préparation d’un sommet, qui pourrait être organisé, par exemple, à Budapest”, a déclaré Iouri Ouchakov.”Nous sommes prêts!” a commenté sur X le Premier ministre hongrois Viktor Orban, allié du chef d’Etat américain et proche du Kremlin.- Cour pénale internationale -Vladimir Poutine est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, dont la Hongrie a décidé de se retirer. Ce retrait sera effectif le 2 juin 2026. Viktor Orban avait déjà reçu en avril le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lui aussi visé par un mandat d’arrêt de l’institution basée à La Haye (Pays-Bas).Dès son retour au pouvoir, Donald Trump a rompu l’isolement dans lequel les puissances occidentales maintenaient Vladimir Poutine depuis le début de la guerre en Ukraine.Il a aussi remis en cause l’aide militaire accordée à l’Ukraine par Washington pendant la présidence de son prédécesseur démocrate Joe Biden, allant jusqu’à rudoyer publiquement Volodymyr Zelensky pendant un extraordinaire affrontement en février dans le Bureau ovale.Le président américain, persuadé d’avoir une relation privilégiée avec son homologue russe, avait d’abord assuré qu’il pouvait mettre fin au conflit très rapidement, avant de concéder que l’entreprise était plus complexe que prévu.Il a récemment estimé à la surprise générale que l’Ukraine pouvait remporter la guerre.

Trump rencontrera Poutine à Budapest “dans les deux prochaines semaines”

Donald Trump et Vladimir Poutine se verront prochainement à Budapest, une annonce surprise faite à la veille d’une entrevue à la Maison Blanche entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, qui espère obtenir des missiles Tomahawk.La rencontre a été décidée pendant un échange téléphonique jeudi entre les dirigeants russe et américain, dont …

Trump rencontrera Poutine à Budapest “dans les deux prochaines semaines” Read More »

Au Louvre, exposition inédite et très politique sur Jacques-Louis David

Marat assassiné, le Sacre de Napoléon : si dans l’imaginaire collectif ces tableaux iconiques de Jacques-Louis David (1748-1825) incarnent la Révolution ou l’Empire napoléonien, ils traduisent aussi un engagement politique radical du peintre, au coeur d’une exposition au Louvre.”C’est probablement le premier artiste qui a eu un rôle politique de premier plan sous la Révolution, en particulier en 1793-1794 pendant la Terreur”, dit Sébastien Allard, directeur du département des peintures du grand musée parisien et commissaire de l’exposition.Une centaine de tableaux et de dessins sont présentés dans un parcours thématique montrant qu’art et politique ont toujours été indissociables pour ce monument de la peinture historique, considéré comme le “père de l’Ecole française”. Parmi eux : la version originale du célèbre Marat assassiné (Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles), l’imposant fragment du Serment du Jeu de Paume (dépôt du musée du Louvre au château de Versailles) et quatre tableaux restaurés dont un rare autoportrait.Première exposition consacrée à David depuis 1989 et le bicentenaire de la Révolution, elle entend le présenter “dans son intégralité”, sans distinguer l’homme de l’oeuvre, ajoute M. Allard, dont l’institution conserve le plus important ensemble au monde de ses créations.- Faveurs du roi – Elle débute par son ascension fulgurante sous la monarchie après avoir intégré l’Académie Royale à 26 ans et réalisé le Serment des Horaces, immense toile qui lui assure la gloire.Il vit alors “dans un monde où on ne peut pas être un grand peintre sans les faveurs du roi, il en bénéficiera mais votera aussi la mort de Louis XVI sans état d’âme”, explique Côme Fabre, bras droit de M. Allard pour cette exposition.David est alors pourtant logé gracieusement au Louvre, à l’époque palais royal, où il aura aussi “un des plus grands ateliers de l’histoire de l’art, accueillant jusqu’à 80 élèves de toute l’Europe à son apogée”, ajoute Aude Gobet, cheffe du service étude et documentation du département des Peintures du musée.Né à Paris en 1748, il va connaître six régimes politiques et participer activement à la Révolution française en s’engageant auprès de Maximilien Robespierre. Figure de la Révolution animée d’abord par des idéaux humanistes, Robespierre enverra pourtant des milliers de personnes à la guillotine, faisant régner la terreur.- “propagandiste” -Le peintre “se radicalise. Elu député de Paris avec l’aide du journaliste Marat, il sera membre du comité de sûreté générale (police intérieure), président du club des Jacobins et pendant quelques semaines président de la Convention”, retrace M. Allard.Cet épisode est au coeur de l’exposition qui présente dans une scénographie tout en clair-obscur le tableau Marat assassiné : le journaliste dans son bain après son meurtre par une autre Républicaine, Charlotte Corday.”Sommet de l’art du peintre”, c’est aussi le moment où ses “talents de propagandiste” se révèlent. “Il métamorphose ce journaliste ultra-violent en héros comme il peindra plus tard le couronnement de Napoléon, totalement acquis à la cause de l’empereur”, quitte à asseoir faussement sa légitimité, souligne M. Fabre.Chargé des funérailles de Marat, David “imagine même, en plein été, d’exposer son cadavre embaumé à sa table de travail mais y renonce en raison de son état de décomposition”, détaille M. Allard. Il le peint seulement. Le tableau sera “exposé dans la cour carrée du Louvre, le jour de l’exécution de Marie-Antoinette”, puis “dans toute la France, devenant une sorte d’icône d’un culte civique”, ajoute-t-il.Robespierre sera exécuté. David, malade, emprisonné. “Il bénéficiera de son immense aura en tant qu’artiste et assurera aussi avec habileté sa propre défense”, selon M. Fabre. Le peintre reviendra sur le devant de la scène avec les Sabines (1799), immense toile, présentée dans l’exposition, mettant en scène des femmes s’interposant pour mettre fin aux combats.En 1801, David peint Bonaparte franchissant les Alpes en héros, le considérant alors comme “l’homme providentiel, issu de la Révolution, qui arrive pour sauver la France”, souligne M. Allard.L’exposition s’achève sur l’exil du peintre à Bruxelles après la restauration de la monarchie et son bannissement en tant que “régicide” ainsi que sur son legs à l’histoire de l’art. 

Israël attend les corps d’otages, la Turquie envoie des équipes de recherche

La Turquie a annoncé jeudi l’envoi de spécialistes pour aider à la recherche des corps ensevelis sous les décombres à Gaza, alors que Benjamin Netanyahu répète sa détermination à faire revenir toutes les dépouilles d’otages, condition à la poursuite du plan de paix américain.Israël accuse le Hamas de violer l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, qui prévoyait un retour de tous les otages, vivants et morts, avant lundi matin.Depuis l’arrêt des combats, le mouvement islamiste palestinien a étendu sa présence dans la bande de Gaza en ruines et revendiqué mardi dans une vidéo l’exécution d’hommes présentés comme des “collaborateurs” d’Israël.Le président américain Donald Trump, à l’origine du plan destiné à mettre fin à deux ans de guerre, a menacé jeudi “d’aller tuer” les membres du Hamas si ce dernier “n’arrêtait pas de tuer des gens” à Gaza.Dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, le Hamas a libéré dans les temps les 20 derniers otages vivants retenus dans la bande de Gaza, mais n’a remis depuis lundi que neuf dépouilles sur les 28 qu’il retient. Le Hamas soutient que ce sont les seuls corps auxquels il a pu accéder, disant avoir besoin d’un “équipement spécial” pour récupérer les autres dépouilles.Jeudi, la Turquie a annoncé envoyer des spécialistes pour participer aux recherches des corps ensevelis, “y compris des otages”. Quelque 80 de ces secouristes habitués des terrains difficiles, notamment des tremblements de terre, se trouvent déjà sur place, selon les autorités turques. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est à nouveau dit jeudi “déterminé” à ramener “tous les otages”, lors de la commémoration officielle du deuxième anniversaire de l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, qui a déclenché la guerre ayant fait des dizaines de milliers de morts à Gaza.Il est sous pression des familles des otages, qui l’ont appelé “à cesser immédiatement la mise en œuvre de toute autre étape de l’accord” initié par le président américain Donald Trump tant que tous les corps ne sont pas rendus. La veille, son ministre de la Défense Isräel Katz a menacé de reprendre l’offensive, “en coordination avec les Etats-Unis”, si “le Hamas refuse de respecter l’accord”.- “Ils creusent” -Donald Trump avait semblé appeler à la patience mercredi : “C’est un processus macabre (…) mais ils creusent, ils creusent vraiment” et “trouvent beaucoup de corps”, avait-il affirmé, interrogé par des journalistes sur le sujet.En échange du retour des dépouilles d’otages, Israël a remis au total 120 corps de Palestiniens, dont 30 jeudi à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les accès à Gaza – tous contrôlés par Israël – restent très restreints. Après le cessez-le-feu et la libération des otages, Israël doit en principe ouvrir à l’aide humanitaire le point de passage crucial de Rafah, entre l’Egypte et le territoire palestinien.Le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar a annoncé jeudi qu’il ouvrirait “probablement dimanche”.Fin août, l’ONU, qui réclame l’ouverture immédiate de tous les points de passage, a déclaré une famine dans plusieurs zones de Gaza, ce que conteste Israël.Israël autorise actuellement l’acheminement de l’aide humanitaire essentiellement via le passage de Kerem Shalom (sud), mais les organisations humanitaires se plaignent des lenteurs administratives et des contrôles de sécurité.De retour dans les ruines de Gaza-ville, plusieurs habitants installent des tentes ou des abris de fortune au milieu des décombres, selon des images de l’AFP.”Nous sommes jetés à la rue. Il n’y a pas d’eau, pas de nourriture, pas d’électricité. Rien. Toute la ville de Gaza a été réduite en cendres”, déclare Mustafa Mahram.- Epidémies “hors de contrôle” -Sur l’ensemble du territoire palestinien, la propagation des épidémies est “hors de contrôle”, a averti l’Organisation mondiale de la santé (OMS), notant que seuls 13 des 36 hôpitaux du territoire fonctionnent partiellement. “Nous avons besoin de plus de carburant à Gaza. Nous avons besoin de plus de nourriture, de plus d’équipements médicaux, de médicaments, de secouristes et de médecins”, a déclaré à l’AFP sa directrice pour la Méditerranée orientale, Hanan Balkhi. “Nous espérons vraiment que la paix durera pour pouvoir commencer à travailler”.Le plan de Donald Trump, qui vise à mettre fin définitivement à la guerre dans la bande de Gaza, prévoit dans une première phase le cessez-le-feu, la libération des otages, un retrait israélien de plusieurs secteurs et l’acheminement de plus d’aide humanitaire dans le territoire dévasté.Puis, dans une étape ultérieure, notamment le désarmement du Hamas et l’amnistie ou l’exil de ses combattants et la poursuite du retrait israélien, des points qui restent sujets à discussion.L’attaque du 7 octobre a entraîné du côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.La campagne de représailles israélienne a fait 67.967 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas.