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L’émissaire de Trump promet “bientôt” une baisse des effectifs de police à Minneapolis

L’envoyé spécial de Donald Trump à Minneapolis a promis jeudi de “bientôt” réduire les effectifs de la police de l’immigration déployés dans la ville, tout en répétant la volonté du président américain d’y poursuivre les opérations anti-migrants qui ont provoqué une vague d’émotion aux Etats-Unis.Tom Homan, arrivé sur place en début de semaine, faisait sa …

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L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal élu à l’Académie française

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal est devenu jeudi un “immortel” en étant facilement élu à l’Académie française, près de trois mois après être sorti de prison en Algérie.Les membres de la prestigieuse institution de défense de la langue française ont adoubé Boualem Sansal au premier tour, avec 25 voix “pour” et un bulletin blanc pour 26 votants, a annoncé l’Académie.L’auteur de “2084” prendra, à une date encore indéterminée, le fauteuil laissé vacant par l’avocat et historien Jean-Denis Bredin, décédé en 2021.Il sera intronisé lors d’une cérémonie à huis clos, au cours de laquelle il recevra un habit vert brodé de rameaux d’olivier et une épée. Six prétendants étaient en lice mais Boualem Sansal était de loin le plus connu d’entre eux.Plusieurs personnalités politiques, surtout à droite, ont salué son intronisation comme Marine Le Pen, qui a rendu hommage sur X à “une figure emblématique du combat pour la vérité”.Le président des Républicains Bruno Retailleau a lui félicité son “ami”, tandis que la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a qualifié cette élection de “message fort en France et à l’international”. Le Franco-algérien rejoint parmi les “immortels” – surnom donné aux académiciens – la philosophe Sylviane Agacinski, l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf, l’écrivain Erik Orsenna – ancienne plume du président François Mitterrand -, le médecin, écrivain et diplomate Jean-Christophe Rufin, ou encore la romancière et essayiste Chantal Thomas.L’écrivain – qui a obtenu la nationalité française en 2024 – avait eu un avant-goût de la coupole le 4 décembre lorsqu’il a été honoré par l’Académie, qui lui a remis le prix mondial Cino del Duca trois semaines après sa libération, le 12 novembre.- Goûter “les petites choses” -“Je suis un peu euphorique parce que je goûte à la liberté, des petites choses. Je ne parle pas des grandes. Des petites choses. Des bons petits repas, des petits trucs. Vous n’imaginez pas comme les petites choses sont de grands plaisirs”, a-t-il déclaré lundi en recevant la médaille de la ville à Strasbourg (est).La vie de cet ancien fonctionnaire algérien bascule le 16 novembre 2024 quand il est arrêté à son arrivée à Alger en provenance de Paris, avant d’être emprisonné.Son sort émeut aussitôt en France, où une campagne est lancée en faveur de cet athée revendiqué, adversaire acharné des jihadistes et critique féroce du pouvoir d’Alger.Il est condamné à cinq ans de prison, accusé d'”atteinte à l’unité nationale” après des déclarations en octobre 2024 au média français d’extrême droite Frontières sur l’Algérie et le Maroc. Avant de bénéficier d’une grâce accordée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.Boualem Sansal est l’auteur d’une trentaine de romans, recueils de nouvelles et essais depuis 1999.- Sa vision du français -Il a reçu le grand prix du roman de l’Académie française en 2015 pour “2084. La fin du monde” (Gallimard), inspiré du chef-d’oeuvre de George Orwell “1984”, ex æquo avec l’écrivain franco-tunisien Hédi Kaddour.Il est également l’auteur de “Rue Darwin”, du “Village de l’Allemand” et de “Vivre”.Lundi à Strasbourg, il a précisé avoir détaillé sa vision de la langue française dans “Le français, parlons-en!” (Cerf), publié en 2024. “Je crois qu’il faut redéfinir beaucoup, beaucoup de termes”, a-t-il estimé.Fondée en 1635 par Richelieu, le principal ministre du roi Louis XIII, l’Académie française a comme mission de “donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences”. Elle rédige un dictionnaire et se prononce sur des règles orthographiques.En novembre, l’Académie avait élu deux nouveaux entrants, les écrivains Florian Zeller et Eric Neuhoff. 

L’émissaire de Trump promet “bientôt” une baisse des effectifs de police à Minneapolis

L’envoyé spécial de Donald Trump à Minneapolis a promis jeudi de “bientôt” réduire les effectifs de la police de l’immigration déployés dans la ville, tout en répétant la volonté du président américain d’y poursuivre les opérations anti-migrants qui ont provoqué une vague d’émotion aux Etats-Unis.Tom Homan, arrivé sur place en début de semaine, faisait sa première intervention publique alors que la métropole du nord des Etats-Unis, devenue l’emblème de la politique anti-immigration du gouvernement Trump, reste sous le choc du décès de deux Américains abattus par des agents fédéraux. Alex Pretti, infirmier de 37 ans, a été tué samedi par des membres de la police aux frontières (CBP). Renee Good, mère de famille du même âge, avait été tuée moins de trois semaines plus tôt, le 7 janvier, par un agent de la police de l’immigration (ICE).Quelque 3.000 agents chargés de la lutte contre l’immigration illégale ont été dépêchés dans cette ville démocrate du Midwest, mais l’administration Trump va “bientôt” réduire la voilure, a promis Tom Homan en conférence de presse, sans donner d’autres détails.”Nous allons nous assurer de mener des opérations de contrôle ciblées et je le répète: nous ne renonçons en aucun cas à notre mission. Nous la menons simplement de manière plus intelligente”, a-t-il néanmoins insisté.- “Améliorations” nécessaires -“Nous y croirons quand nous le verrons. Cette administration a prouvé à maintes reprises qu’elle ne fait que nous mentir”, a réagi auprès de l’AFP Steven Gagner, créateur de bijoux âgé de 41 ans, membre d’un réseau citoyen qui signale et filme les interventions d’ICE dans son quartier.Son expérience sur le terrain lui fait dire qu’elles “se sont intensifiées dans les trois derniers jours par rapport aux trois précédents”.La présence de ces agents fédéraux masqués relève d’une “invasion contre notre démocratie”, a fustigé jeudi le maire de Minneapolis Jacob Frey, que Donald Trump avait accusé la veille de “jouer avec le feu”.”La sécurité de la population est primordiale”, a martelé plus tôt Tom Homan, relevant que le président américain admettait la nécessité de “certaines améliorations” dans les opérations. Si des agents n’agissent pas de façon professionnelle, “ils seront traités comme n’importe quelle autre agence fédérale. Nous avons des normes de conduite”, a-t-il ajouté, tranchant avec les promesses d’impunité répétées au début des opérations. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a lui appelé jeudi les autorités américaines à la “retenue” pour “éviter que des manifestants ne paient de leur vie leur engagement”, lors d’une conférence de presse à New York. Les deux agents impliqués dans la mort d’Alex Pretti ont déjà été suspendus dans la foulée du drame. Une procédure “standard”, a déclaré à l’AFP un porte-parole de la CBP.Donald Trump, lui, ne montre aucun signe d’infléchissement sur son projet d’expulsions massives. Son émissaire a promis de poursuivre le “dialogue” avec les responsables locaux, mais a vanté dans le même temps “la frontière la plus sécurisée” de l’histoire des Etats-Unis.- “Plus jamais les mêmes” -A Washington, les événements de Minneapolis pourraient déclencher en fin de semaine une paralysie budgétaire fédérale. Le camp démocrate veut imposer davantage de restrictions au gouvernement Trump et à sa politique anti-immigration, quitte à aller jusqu’à un blocage (“shutdown”) partiel des finances publiques.Le bras de fer se poursuit aussi en justice. Un juge fédéral a interdit mercredi la détention de réfugiés dépourvus du statut de résident permanent, mais habitant légalement dans l’Etat du Minnesota.Dans un dossier distinct, un autre magistrat fédéral a jugé “probable que l’ICE ait violé davantage d’ordonnances judiciaires en janvier 2026 que certaines agences fédérales durant toute leur existence”.La sénatrice du Maine Susan Collins a assuré jeudi sur X que l’ICE, qui avait lancé une opération il y a quelques jours dans cet Etat du nord-est, y avait suspendu ses activités. Concernant la mort d’Alex Pretti, une nouvelle vidéo diffusée par plusieurs chaînes américaines et qui n’a pu être authentifiée dans l’immédiat par l’AFP, a émergé mercredi. On le voit lors d’une violente altercation avec des agents fédéraux dont il dégrade notamment un véhicule à coups de pied. C’était plus d’une semaine avant sa mort. burs-dla-sha/vla

L’Allemagne veut mieux protéger ses infrastructures face à la menace russe

Les députés allemands ont adopté jeudi une loi visant à renforcer la “résilience” des infrastructures critiques du pays, un texte longuement attendu mais aussi critiqué, dans un contexte d’actes de sabotage, notamment imputés à la Russie.La nouvelle loi doit permettre d’identifier les infrastructures indispensables à la population et à l’économie, pour ensuite obliger leurs exploitants …

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Iran : l’UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une “organisation terroriste”, après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas.”+Terroriste+, c’est bien ainsi que l’on qualifie un régime qui réprime …

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Les ours du Svalbard ont résisté mieux que prévu au réchauffement

C’est “une surprise” pour les chercheurs : les ours polaires du Svalbard ont augmenté leur corpulence, résistant mieux que prévu au réchauffement climatique accéléré qui frappe la région, conclut une étude publiée jeudi, même si cette adaptation pourrait être de courte durée.”L’augmentation de leur condition physique durant une période de perte significative de la glace de mer a été une surprise”, confie à l’AFP Jon Aars, de l’Institut polaire norvégien, auteur principal de l’article paru dans la revue Scientific Reports, pour qui ce résultat pourrait s’expliquer par une diversification de l’alimentation des ours.Les scientifiques ont analysé la corpulence de centaines d’ours entre entre 1995 et 2019 dans l’archipel norvégien du Svalbard, une région marquée par un changement climatique jusqu’à quatre fois plus rapide que la moyenne mondiale. Certaines zones de la mer de Barents ont même connu un réchauffement de près de 2°C par décennie ces 40 dernières années, soulignent les chercheurs.Conséquence de ces conditions climatiques, la glace de mer qui sert de terrain de chasse à l’ours polaire –  entre 1.900 et 3.600 individus dans toute la mer de Barents, selon un recensement de 2004 – recule. Les scientifiques s’attendaient donc à trouver des ours plus maigres, comme dans d’autres régions du monde touchées par un même recul de la glace, mais le résultat s’est avéré étonnant.L’indice mesurant la condition corporelle des ours, après un déclin initial entre 1995 et 2000, a “augmenté ensuite, durant une période de perte rapide de la glace de mer”, concluent ainsi les chercheurs dans leur étude.- “Surprenant” -“Ce résultat peut sembler surprenant car il est contraire aux résultats des études menées dans d’autres populations d’ours polaires, comme dans la baie de Hudson, où la condition physique a fortement diminué à cause du réchauffement”, souligne pour l’AFP la chercheuse Sarah Cubaynes, qui n’a pas participé directement à cette étude mais a aussi travaillé sur les populations d’ours.Une dégradation de ces mesures, qui prend en compte la corpulence et les réserves de graisse, aurait été considérée comme un indicateur de futurs problèmes démographiques pour ces animaux, comme dans d’autres régions.”Quand les conditions se dégradent, avec moins d’accès à la nourriture, on anticipe d’abord que les ours vont devenir plus maigres, en accumulant moins de graisse”, “avant que les choses ne s’aggravent encore et que la survie et la reproduction ne baissent significativement”, explique Jon Aars.Les auteurs insistent donc sur l’importance de ne pas extrapoler les observations d’une région à une autre. La situation des ours du Svalbard obéit à une “relation complexe” entre leur habitat, l’écosystème, leurs gains et leurs dépenses énergétiques, soulignent-ils. – Rennes et morses -Pour expliquer leur résilience, les auteurs suggèrent que les ours ont pu diversifier leur alimentation, jusqu’ici composée essentiellement de phoques. Ils auraient pu chasser plus facilement les rennes et les morses, dont les populations ont de nouveau prospéré après avoir été surexploitées par les humains. La concentration d’une espèce particulière de phoques pourrait aussi avoir augmenté lorsque la glace de mer était plus rare, demandant moins d’efforts aux ours pour les chasser.”Une hypothèse plausible pourrait être que les ourses femelles arrivent à préserver leur condition physique toutefois au prix de produire moins de descendants”, ajoute Sarah Cubaynes, évoquant une piste qui n’est pas mentionnée dans l’étude.Même si l’adaptation des ours polaires étudiés leur semble une “bonne nouvelle”, les chercheurs se montrent moins optimistes pour la suite, estimant que les ours du Svalbard finiront probablement par être rattrapés par le changement climatique dans un futur proche. “Nous pensons qu’ils sont toujours dépendants de leur capacité à chasser des phoques sur la glace”, ce qui va s’avérer plus difficile, insiste Jon Aars.

Iran: l’UE accentue la pression contre un “régime terroriste”

L’Union européenne a décidé jeudi d’accentuer sa pression sur le “régime” iranien, qualifié de “terroriste”, tout comme les Gardiens de la révolution, son bras armé dans la répression sanglante des manifestations en Iran.”+Terroriste+, c’est bien ainsi que l’on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang”, a affirmé jeudi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.”Ceux qui opèrent par la terreur doivent être traités comme des terroristes”, a affirmé de son côté la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas, en annonçant devant la presse la décision des 27 d’inscrire les Gardiens de la révolution dans la liste des organisations terroristes de l’UE.Les Européens rejoignent ainsi les pays ayant déjà pris cette décision, comme les Etats-Unis, l’Australie ou le Canada.Les Européens ont également annoncé avoir sanctionné plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l’UE.Au total, quelque 21 entités et individus supplémentaires sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.- “Aucune impunité”-“La décision d’aujourd’hui est un signal politique fort et attendu depuis trop longtemps”, s’est félicité le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, dont le pays faisait pression pour que l’UE se rallie à ses vues.La France avait annoncé mercredi être prête désormais à soutenir l’inscription des Gardiens de la révolution dans la liste des organisations terroristes, levant ainsi un des principaux obstacles à l’adoption de cette mesure.”Il ne peut y avoir aucune impunité pour les crimes commis”, a ainsi affirmé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, dès son arrivée à Bruxelles.Le ministre français a également appelé les autorités iraniennes à libérer les prisonniers et “à mettre fin aux exécutions qui poursuivent la répression (…) la plus violente de l’histoire contemporaine de l’Iran”.Les forces armées iraniennes ont qualifié jeudi d'”irresponsable” et de “malveillante” la décision des 27.A l’inverse, Israël a salué “une décision importante et historique”, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar.- “Otages français” -Les menaces sur les ressortissants européens en Iran ont longtemps incité certains pays à la prudence.Le chef de la diplomatie belge Maxime Prévot a lui aussi confirmé que son pays était désormais prêt à suivre ses partenaires de l’UE, “à la lumière des atrocités” constatées ces dernières semaines.La priorité en ce moment, “c’est la sécurité de nos ressortissants, de nos entreprises et aussi des deux otages français, qui sont en sécurité à l’ambassade de France, et dont nous exigeons la libération définitive et immédiate”, a indiqué de son côté M. Barrot.Les Gardiens de la révolution sont accusés par les ONG de défense des droits humains d’avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire qui secoue le pays, faisant des milliers de morts.Cette mesure était aussi jugée d’un impact limité, les Gardiens de la révolution faisant déjà l’objet de sanctions européennes.Des sanctions ont également été décidées à l’encontre d’une dizaine d’individus et d’entités en Iran, accusés d’aider la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, grâce à la fourniture de drones ou de missiles.

Entre menaces américaines et sanction inédite de l’UE, l’Iran sous pression

Face aux menaces d’intervention militaire américaine et à une décision inédite de l’UE contre les Gardiens de la Révolution, l’Iran sous pression accrue, s’est dit prêt jeudi à une “riposte écrasante” et a fustigé une “erreur stratégique majeure” des Européens. Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord pour désigner comme “organisation terroriste” les Gardiens, bras armé de la République islamique, accusés d’avoir orchestré la répression sanglante de la contestation populaire en janvier.”Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte”, a déclaré la cheffe de la diplomatie européeenne Kaja Kallas à Bruxelles, tout en estimant, en réaction à l’éventualité de frappes américaines, que le Moyen-Orient n’avait pas besoin d’une “nouvelle guerre”.”+Terroriste+, c’est bien ainsi que l’on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang”, a réagi de son côté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.Israël, ennemi juré de l’Iran dans la région, a immédiatement salué une “décision historique”.Téhéran a lui fustigé un acte “irresponsable” et “malveillant”, selon un communiqué des forces armées. C’est “une erreur stratégique majeure (…) L’Europe attise le feu”, a dénoncé le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, qui multiplie les avertissements aux Occidentaux. Il avait déjà affirmé mercredi que les forces armées avaient “le doigt sur la gâchette”, prêtes à répondre à toute attaque américaine.Les Européens ont également décidé de sanctionner plusieurs hauts responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la Révolution.Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’UE et le gel des avoirs dans l’Union européenne.- Menaces américaines -Si les Européens lient leurs sanctions à la répression de la contestation, le président américain Donald Trump a centré ses dernières menaces d’intervention militaire sur le dossier du nucléaire iranien, sans mentionner la situation intérieure en Iran. Réclamant un accord, il a averti mercredi sur son réseau Truth Social  que le “temps était compté” avant une éventuelle attaque américaine, “pire” que celle menée en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.Parallèlement, Washington a déployé des forces militaires navales dans le Golfe, dont le porte-avions Abraham Lincoln.Face à ces menaces, l’Iran s’affiche inflexible. Le chef de l’armée Amir Hatami a averti d’une “riposte écrasante” et annoncé avoir doté les régiments de combat de 1.000 drones.L’Iran a notamment menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Le quotidien Kayhan proche du pouvoir affirme jeudi dans un éditorial que “fermer le détroit relève du droit de la République islamique d’Iran”. “Si l’ennemi brandit une épée, nous n’allons pas l’accueillir avec un sourire diplomatique”, ajoute le journal.- Voie diplomatique ? -Les voies diplomatiques ne semblent toutefois pas encore totalement épuisées. Abbas Araghchi a mené cette semaine des tractations avec les pays du Golfe, opposés à une intervention américaine. “Cela plongerait la région dans le chaos, affecterait l’économie et ferait exploser les prix du pétrole et du gaz”, a confié à l’AFP un responsable d’un de ces pays sous couvert d’anonymat, alors que le cours du baril de brut a bondi au plus haut depuis août.Le chef de la diplomatie iranienne se rendra vendredi en Turquie, pays souhaitant jouer un rôle de médiateur entre Téhéran et Washington.Moscou, de son côté, a estimé que le potentiel de négociations était “loin d’être épuisé”, appelant “toutes les parties à la retenue”.- Banderoles progouvernementales -Les bilans des ONG sur la violente répression qui s’est abattue sur les manifestants en janvier font état de milliers, voire de dizaines de milliers de morts.D’après un nouveau décompte de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, 6.373 personnes, dont 5.993 manifestants, ont été tuées durant le mouvement de contestation, 11.018 gravement blessées et 42.486 arrêtées. Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d’examen, écrit l’ONG sur X, ajoutant que les restrictions de communication restaient en place malgré un rétablissement partiel d’internet après trois semaines de coupure.A Téhéran jeudi, cafés et magasins étaient ouverts et les embouteillages avaient repris comme d’habitude dans le centre ville, où des banderoles progouvernementales ont été déployées.

Un méga-projet gazier de TotalEnergies au Mozambique reprend après cinq ans d’interruption

Le géant français de l’énergie TotalEnergies a officiellement annoncé jeudi la “reprise complète” de son vaste projet gazier controversé au Mozambique, après cinq ans d’interruption consécutive à une attaque jihadiste meurtrière.Ce chantier à 20 milliards de dollars (16,7 milliards d’euros), situé dans la province du Cabo Delgado (nord), à la frontière avec la Tanzanie, était gelé après une attaque jihadiste en mars 2021 sur la ville de Palma, qui avait fait quelque 800 morts, selon l’ONG Acled.Le projet, qui doit entrer en production en 2029, “fera de la région une nouvelle source de sécurité énergétique mondiale”, a déclaré le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, lors d’une cérémonie en présence du président du Mozambique, Daniel Chapo, sur le site en travaux d’Afungi. Mais les organisations environnementales dénoncent une “bombe climatique” qui contribuera à rejeter des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et profitera peu aux Mozambicains, dont plus de 80% vivaient sous le seuil de pauvreté de trois dollars par jour en 2022, selon la Banque mondiale.M. Pouyanné a affirmé que son groupe et le consortium Mozambique LNG avaient obtenu des “garanties” sur la “sûreté et la sécurité” sur le terrain, ce qui était “la condition” pour annoncer en octobre la reprise du projet, paralysé depuis avril 2021.Du fait de ses retards, le projet a bénéficié d’une “extension automatique” de quatre ans et demi, a précisé le PDG à la presse. Le groupe devra en revanche attendre l’issue d’un “audit” du gouvernement sur sa demande de compensation pour les surcoûts associés, qu’il évalue à 4,5 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros). Plus de 4.000 travailleurs se trouvent aujourd’hui sur le site, dont 80% sont des Mozambicains, selon M. Pouyanné. Son entreprise détient 26,5% dans Mozambique LNG, et en est l’opérateur. “C’est un jour de célébration pour le Mozambique, pour l’Afrique et pour le monde”, a déclaré le président Chapo. Le Mozambique a été “capable de surmonter les défis et de restaurer la confiance des investisseurs nationaux et étrangers”, a-t-il ajouté, alors que la relance du projet a été retardée, entre menaces sécuritaires et incertitudes sur le financement.- Eldorado gazier -A l’origine, en 2020, le consortium Mozambique LNG avait conclu un accord de financement de 15,4 milliards de dollars (12,9 milliards d’euros) impliquant 30 prêteurs. Mais en décembre 2025, le projet a perdu le soutien des gouvernements britannique et néerlandais, pour 2,2 milliards de dollars (1,84 milliard d’euros). Ce sont finalement les partenaires de Mozambique LNG qui apporteront “des fonds propres supplémentaires pour remplacer les contributions” des agences de crédit à l’exportation britannique UKEF et néerlandaise Atradius, pour “environ 10% du financement externe”, selon TotalEnergies.”Alors que deux gouvernements européens (…) ont claqué la porte du projet, jugeant les risques trop importants pour les droits humains, les associations appellent (les banques françaises) Société Générale et Crédit Agricole à enfin tirer les mêmes conclusions et se retirer de Mozambique LNG”, ont réagi les ONG Reclaim Finance et Les Amis de la Terre dans un communiqué. Présenté comme le plus grand investissement privé dans les infrastructures énergétiques en Afrique, le projet devrait contribuer à faire du pays, fort de ses gigantesques réserves sous-marines de gaz au large du Cabo Delgado, l’un des plus grands exportateurs mondiaux de GNL (gaz à l’état liquide transporté par bateau). Selon des estimations du Fonds monétaire international en 2024, la croissance du Mozambique devrait accélérer fortement pour atteindre 10% lorsque Mozambique LNG commencera sa production, destinée notamment à l’Asie et l’Europe. L’annonce du redémarrage intervient alors que TotalEnergies fait face à deux fronts judiciaires en France. Une information judiciaire pour homicide involontaire est en cours après des plaintes de survivants et de familles de victimes de l’attaque de mars 2021, qui reprochent au groupe des négligences dans la sécurité de ses sous-traitants. L’entreprise est aussi visée par une plainte pour “complicité de crimes de guerre” déposée par l’ONG allemande European Center for Constitutional and Human Rights. Elle faisait suite à des témoignages recueillis par le média Politico accusant des soldats mozambicains chargés de protéger le site à l’arrêt d’avoir torturé et tué des civils, entre juillet et septembre 2021.TotalEnergies rejette l’ensemble de ces accusations. L’insurrection dans le Nord mozambicain a fait plus de 6.400 morts depuis 2017, selon l’ONG Acled.

Des ONG alertent sur les cocktails de pesticides dans les pommes en Europe

Des organisations environnementales dénoncent les “cocktails de pesticides” toxiques répandus dans les pommes en Europe, dans un rapport publié jeudi et contesté par les producteurs.Le collectif PAN Europe, qui rassemble une série d’ONG opposées aux pesticides, a fait analyser une soixantaine de pommes achetées de façon aléatoire dans treize pays européens, dont la France, l’Espagne, l’Italie ou la Pologne. Quatre-vingt-cinq pour cent des échantillons contenaient plusieurs résidus de pesticides. Certains échantillons contenaient jusqu’à sept résidus de pesticides différents, s’alarment ces organisations.Dans 71% des cas, PAN Europe a trouvé des pesticides classés parmi les plus toxiques dans l’Union européenne, ceux qui relèvent de la catégorie dite de “candidats à la substitution”, auxquels l’UE voudrait renoncer dès que possible.Parmi les échantillons, 64% contiennent au moins un polluant éternel (PFAS), ces substances chimiques omniprésentes dans notre quotidien et très persistantes dans l’environnement.Sous des seuils limites, les résidus de pesticides sont autorisés dans l’Union européenne. Mais PAN Europe dénonce leur “effet cocktail”, quand le consommateur est exposé à un mélange de plusieurs pesticides dans un même produit.Martin Dermine, l’un des responsables de l’ONG, reproche ainsi à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) d’évaluer les pesticides séparément et pas l’impact d’une “exposition multiple” à une série de substances.”Dans ce rapport, nous montrons que 85% des pommes contiennent plusieurs résidus et nous ne savons pas si leur consommation est sans danger ou non”, affirme-t-il, mentionnant de potentiels risques de cancers ou d’infertilité.- “Sensationnel” -Si ces pommes étaient vendues comme aliments transformés pour bébés, 93% des échantillons ne seraient pas autorisés, assure aussi PAN Europe, car les traces de pesticides sont supérieures aux seuils limites fixés pour les enfants de moins de trois ans. La législation européenne est en effet plus stricte à l’égard des produits destinés aux bébés afin de protéger leur développement.L’ONG conseille d’acheter des pommes issues de l’agriculture biologique ou de peler les pommes conventionnelles avant de les consommer.Pierre Venteau, représentant de producteurs de pommes en France, a contesté une “manipulation” pour faire du “sensationnel” avec ce rapport.”On monte les choses en épingle après cinq prélèvements en France (sur la soixantaine réalisée en Europe par les ONG), dans un lieu anonymisé. On ne connaît rien de la méthodologie, ni si ces pommes dépassent les limites maximales de résidus de pesticides autorisés”, a-t-il critiqué auprès de l’AFP.”Nous, nous faisons 2.000 screenings (tests) par an chez nos producteurs et on n’a pas de non-conformité”, a-t-il affirmé. Quant à l’effet cocktail potentiel, “laissons les scientifiques chercher”, a-t-il plaidé.Avec la banane, la pomme est l’un des fruits préférés des Européens. C’est aussi le plus produit dans l’Union européenne, en particulier en Pologne, en Italie et en France.C’est l’un des fruits les plus traités aux pesticides pour lutter contre des maladies comme la tavelure, principale affection fongique du pommier. C’est contre cette maladie que s’effectue plus de la moitié des nombreux traitements phytosanitaires annuels, 35 en moyenne.