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Shein dans le collimateur de l’UE, après le scandale des poupées pédopornographiques en France

L’Union européenne a intensifié mercredi ses pressions sur le géant de la vente en ligne Shein après le scandale en France de la vente de poupées sexuelles ressemblant à des enfants, invoquant des risques pour les consommateurs à l’échelle européenne.La controverse a débuté en novembre lorsque les autorités françaises ont condamné Shein pour avoir proposé à la vente des poupées sexuelles ressemblant à des enfants et décidé de suspendre la plateforme.Le gouvernement français a multiplié les procédures envers Shein, fondée en Chine en 2012 mais désormais basée à Singapour, pour obtenir la suspension de son site pour trois mois minimum. Paris exhortait depuis l’UE à sévir également contre la plateforme.Mercredi, l’exécutif européen est monté au créneau à son tour: “Nous avons désormais de sérieuses indications que Shein pourrait effectivement présenter des risques plus systémiques pour nos consommateurs dans toute l’Union européenne”, a réagi le porte-parole de l’UE, Thomas Regnier.Le gouvernement français a “salué” cette décision de l’exécutif européen “pouvant potentiellement aller jusqu’à l’ouverture d’une enquête” et qui “expose” la plateforme “à des sanctions pouvant aller jusqu’à 6% de son chiffre d’affaire mondial”.La Commission européenne pointe également du doigt le risque de vente illégale d’armes sur Shein. Elle demande désormais à la plateforme des gages sur l’accès des mineurs à son site, “en particulier via des mesures de vérification d’âge”.La Commission a adressé ces demandes à Shein dans le cadre du DSA (Digital services act), le règlement européen sur les contenus en ligne qui oblige les grandes plateformes à prendre des mesures renforcées pour protéger leurs utilisateurs contre les contenus illégaux et dangereux.Le DSA peut déboucher sur des enquêtes voire des amendes. Pour l’heure, Bruxelles demande à Shein de lui fournir des informations détaillées et des documents internes sur les mesures prises pour garantir que les enfants ne soient pas exposés à des contenus inappropriés pour leur âge. La Commission souhaite également en savoir plus sur les mesures prises par Shein pour empêcher la vente de produits illégaux, tels que des armes, sur sa plateforme.Mais le DSA donne à Bruxelles le pouvoir, en dernier recours, de suspendre temporairement la plateforme.- Système défaillant -Ajoutant leur pression à celle de la Commission, les députés européens estiment qu’il est temps pour l’Europe de plus tenir la bride aux plateformes.Mercredi, une majorité de députés européens a ainsi soutenu une résolution non contraignante stipulant que la suspension des plateformes qui enfreignent les règles “ne devrait plus être considérée comme une mesure exceptionnelle prise en dernier recours”.Les députés estiment que les faits reprochés à Shein “témoignent non pas de l’existence d’incidents isolés, mais d’un système défaillant auquel il n’est pas possible de remédier par le simple retrait d’un produit ou des excuses publiques”.En France, une audience de Shein qui devait se tenir mercredi devant le tribunal judiciaire de Paris a été renvoyée au 5 décembre sur demande de l’avocat de l’État, qui a regretté avoir reçu tardivement les arguments de défense de Shein.Paris veut en outre enclencher “dans les prochains jours” la même procédure de suspension envers deux autres plateformes, AliExpress et Joom, également en raison de la vente de poupées pédopornographiques. “C’est un combat qui vise à protéger les consommateurs, qui vise aussi à protéger les enfants, les adolescents”, a annoncé mercredi le ministre du Commerce Serge Papin sur la chaîne française TF1.Le gouvernement a également signalé à la justice les plateformes eBay, Temu et Wish pour la vente de produits illégaux.Début novembre, le gouvernement français avait déjà essayé de suspendre Shein avec une procédure administrative. Le groupe avait retiré en conséquence les produits concernés et avait suspendu toutes les ventes réalisées sur son site français par des vendeurs tiers, sa place de marché (ou “marketplace”), ainsi que celles hors habillement. Une première “victoire” selon Paris.

Hong Kong: 36 morts et 279 disparus dans l’incendie de plusieurs immeubles

Au moins 36 personnes ont péri et 279 autres ont disparu dans un incendie ayant éclaté mercredi dans un complexe résidentiel de Hong Kong, a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi le chef de l’exécutif du territoire, John Lee.”A cette heure, cet incendie a causé la mort de 36 personnes et 279 personnes sont portées disparues. Il y a encore 29 personnes hospitalisées, dont 7 dans un état critique”, a déclaré M. Lee lors d’une conférence de presse.D’épais nuages de fumée noire enveloppent au moins cinq des huit tours d’habitation du complexe Wang Fuk Court, situé dans le quartier de Tai Po, dans le nord de Hong Kong, selon un journaliste de l’AFP.Des forts bruits de craquements – possiblement ceux des échafaudages en bambou en feu, qui étaient érigés autour des immeubles – ont retenti et des flammes massives se sont élevées haut dans le ciel, selon ce journaliste.Un pompier de 37 ans, avec qui le contact avait été perdu durant une trentaine de minutes, a été retrouvé brûlé au visage et déclaré mort à son arrivée à l’hôpital, a indiqué le directeur des pompiers Andy Yeung.Les autorités n’ont pas évoqué dans l’immédiat les causes possibles de l’incendie.- Lueurs oranges -Elles ont classé le sinistre en catégorie 5, la plus haute de l’échelle d’alerte qui conditionne notamment le niveau de mobilisation des secours.Le président chinois Xi Jinping a présenté ses condoléances aux victimes et a appelé à tout mettre en oeuvre pour minimiser le nombre de victimes et les pertes humaines. “Xi Jinping a exprimé ses condoléances pour les personnes décédées dans l’incendie majeur d’un domaine résidentiel dans le district de Tai Po, dans les Nouveaux Territoires, à Hong Kong, y compris le pompier décédé dans l’exercice de ses fonctions”, a déclaré la chaîne d’État CCTV.Le chef de l’exécutif de Kong Kong, John Lee, s’est dit “profondément attristé” par l’incident et a assuré que tous les services gouvernementaux apportaient leur aide aux résidents touchés par l’incendie.”C’est déchirant. On se demande avec inquiétude s’il y a des gens bloqués à l’intérieur”, a déclaré à l’AFP So, un habitant de Tai Po âgé de 57 ans, près du lieu du sinistre.Un habitant de 65 ans, M. Yuen, a dit vivre dans le quartier depuis plus de quarante ans? Nombre de ses voisins étaient âgés et à mobilité réduite, selon lui. “Les fenêtres étaient fermées pour cause de travaux. Certaines personnes ignoraient qu’il y avait un l’incendie et ont dû être prévenues par téléphone par leurs voisins”, a-t-il confié à l’AFP. “Je suis anéanti!”Des policiers sur place ont indiqué à l’AFP ne pas savoir si des gens étaient toujours à l’intérieur, ajoutant que “les pompiers ne peuvent pas entrer” dans les immeubles en feu.Alors que la nuit est tombée, les pompiers continuent de lutter contre l’incendie qui ne montre aucun signe d’affaiblissement, des flammes visibles à l’intérieur des bâtiments projetant d’effrayantes lueurs oranges.”La température sur les lieux est très élevée et il y a des étages où nous n’avons pas pu atteindre les personnes qui ont demandé de l’aide, mais nous allons continuer d’essayer”, a assuré Derek Armstrong Chan, directeur adjoint du service de lutte anti-incendies.Les autorités ont fermé certaines sections d’une autoroute voisine.Le service de lutte anti-incendies de Hong Kong conseille “aux habitants des environs de rester chez eux, de fermer leurs portes et fenêtres et de rester calmes”.Le mois dernier, l’incendie de l’échafaudage d’un immeuble du quartier central des affaires de Hong Kong avait fait quatre blessés.Hong Kong abrite des immeubles d’habitation parmi les plus hauts et les plus densément peuplés du monde.Les incendies ont longtemps été un fléau commun à Hong Kong, particulièrement dans les quartiers pauvres. Mais le renforcement des mesures de sécurité ces dernières décennies ont toutefois permis de les rendre plus rares.

La Russie évoque un “processus sérieux” en cours pour mettre fin à la guerre en Ukraine

Le Kremlin a qualifié mercredi de “processus sérieux” les efforts diplomatiques en cours autour du plan américain pour mettre fin à la guerre en Ukraine, avant une visite prévue la semaine prochaine à Moscou de l’émissaire américain Steve Witkoff.Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a estimé mercredi qu’il n’y avait “à l’heure actuelle probablement rien …

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Royaume-Uni: l’interdiction critiquée d’un groupe propalestinien devant la justice

La justice britannique a commencé à examiner mercredi le recours contre la décision du gouvernement d’interdire l’organisation Palestine Action, classée terroriste en juillet, une mesure qui a conduit à l’arrestation de plus de 2.000 personnes ayant manifesté leur soutien au groupe propalestinien.La décision d’interdire ce mouvement a été jugée “disproportionnée” par le Haut-commissaire aux droits …

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Russie: le Français Laurent Vinatier pourrait être jugé fin février pour espionnage

Le chercheur français Laurent Vinatier, détenu en Russie depuis un an et demi, pourrait connaître un nouveau procès fin février, cette fois pour espionnage, selon son avocat français, sur fond de tensions entre Moscou et Paris et de tentatives de déstabilisation en France.Une audience, initialement annoncée pour ce jeudi, a “eu lieu le 21 novembre, …

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Un mystérieux pied fossilisé découvert en Ethiopie met sous les projecteurs un contemporain de Lucy

Un mystérieux pied fossilisé découvert en Ethiopie met sous les projecteurs un ancêtre de l’Homme peu connu, contemporain de l’espèce de la célèbre Lucy, selon une étude scientifique publiée mercredi.Cette découverte, dernier rebondissement dans l’histoire de l’évolution humaine, pourrait même jeter un doute sur le statut de l’espèce de Lucy, Australopithecus afarensis, en tant qu’ancêtre direct de l’Homo sapiens.Jusqu’à la découverte de ce pied à Burtele, dans le nord-est de l’Ethiopie, en 2009, l’espèce de Lucy était considérée comme le seul ancêtre de l’homme, ayant vécu dans cette région il y a plus de trois millions d’années. Mais ce pied n’appartient manifestement pas à l’espèce de Lucy, car il possède un orteil opposable, similaire à un pouce, qui permettait à son propriétaire de s’agripper aux branches des arbres, comme les singes. L’équipe de scientifiques qui a découvert ce pied en a déduit en 2015 l’existence d’une espèce jusqu’alors inconnue d’hominidé, l’Australopithecus deyiremeda, sur la base de mâchoires vieilles d’environ 3,4 millions d’années trouvées elles aussi à Burtele. Cette annonce avait été accueillie avec un certain scepticisme dans les milieux scientifiques, prompts à débattre des tentatives d’ajouter une nouvelle branche à l’arbre généalogique de l’Humanité.L’équipe n’avait jusqu’ici pas été en mesure d’affirmer de façon certaine que les os de ce “pied de Burtele” appartenaient à cette nouvelle espèce Australopithecus deyiremeda.Mais dans leur nouvelle étude publiée dans la revue Nature mercredi, les scientifiques annoncent que de nouveaux fossiles, dont une mâchoire comportant 12 dents trouvée sur le site, montrent que le pied appartenait bien à un Australopithecus deyiremeda.”Nous n’avons aucun doute quant au fait que le pied de Burtele appartient à la même espèce que ces dents et cette mâchoire”, a déclaré à l’AFP l’auteur principal de l’étude, Yohannes Haile-Selassie, de l’université de l’Arizona. – Ancêtre de l’Homo sapiens? -Les chercheurs ont découvert de nouveaux indices d’un lien entre cette espèce et l’Homo sapiens. Un scanner des dents découvertes suggère ainsi que l’Australopithecus deyiremeda était plus primitif que sa cousine Lucy, selon l’étude. Son régime alimentaire se composait principalement de feuilles, de fruits et de noix provenant des arbres.Son gros orteil préhensile suggère également que ce parent de l’Homo Sapiens passait plus de temps dans les arbres. Or, les gros orteils ont joué un rôle important dans l’évolution humaine, conduisant l’Homme à quitter les arbres et à marcher sur deux jambes. La question de la cohabitation entre Australopithecus deyiremeda et l’espèce de Lucy ne cesse cependant d’interroger les chercheurs. Les nouvelles recherches suggèrent que l’espèce des Australopithecus deyiremeda passait son temps dans la forêt, souvent dans les arbres, tandis que les Australopithecus afarensis comme Lucy passaient plus de temps au sol, une différence qui leur a permis de cohabiter, selon les chercheurs. Cela démontre que “la coexistence est profondément ancrée dans notre ascendance”, souligne le chercheur Yohannes Haile-Selassie. – A la recherche de nos racines -John McNabb, archéologue spécialiste du paléolithique à l’université britannique de Southampton, qui n’a pas participé à l’étude, a salué ces nouvelles recherches.”Il y aura toujours des sceptiques, mais je pense que ces nouvelles découvertes, ainsi que la validation des précédentes, aideront de nombreux chercheurs à mieux accepter l’Australopithecus deyiremeda”, a-t-il déclaré à l’AFP. Cela “ajoute un nouvel élément à l’équation” dans la recherche de l’identité de notre véritable ancêtre, se dit certain M. McNabb. L’espèce de Lucy reste l’ancêtre privilégié, en raison de son pied plus proche de celui de l’Homme, par rapport à l’Australopithecus deyiremeda, plus primitif, concèdent les deux scientifiques. Mais cette découverte “ouvre la possibilité que nous puissions encore trouver d’autres espèces datant de cette période, car il semble que les australopithèques expérimentaient le fait d’être bipèdes”, souligne M. Haile-Selassie.

Guinée-Bissau: coup d’état militaire et suspension des élections

Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé mercredi avoir pris le “contrôle total du pays” et suspendre le processus électoral, alors que ce pays coutumier des troubles politiques était dans l’attente des résultats des élections présidentielle et législatives organisées dimanche.A la mi-journée, des tirs avaient été entendus près du palais présidentiel et des hommes en tenues militaires prenaient possession de la principale artère menant vers le palais, dans ce pays d’Afrique de l’Ouest qui a déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance.L’Afrique de l’Ouest a connu depuis 2020 une série de coups d’Etat militaires au Mali, Burkina, Niger et Guinée-Conakry.En début d’après-midi, le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire de la présidence, assis derrière une table et entouré de militaires armés, a annoncé à la presse au siège de l’état-major, qu’un “Haut commandement pour la restauration de l’ordre, composé de toutes les branches de l’armée” prenait “la direction du pays jusqu’à nouvel ordre”, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. “Ce qui nous a poussé à le faire c’est pour garantir la sécurité au niveau national et également rétablir l’ordre”, a ajouté le général, évoquant la découverte par les “renseignements généraux” d’un “plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue”. Les renseignements généraux “ont confirmé l’introduction d’armes dans le pays pour changer l’ordre constitutionnel”, a-t-il ajouté.- Couvre-feu -Le général a également annoncé la suspension de “tout le processus électoral”, la fermeture des frontières “terrestres, aériennes et maritimes” et l’instauration d’un “couvre-feu obligatoire”. “L’exercice du pouvoir du commandement commence à partir d’aujourd’hui. Le commandement appelle la population au calme”, a-t-il ajouté.Dans les rues de la capitale Bissau, quelques rares passants étaient visibles en fin d’après-midi et un calme précaire régnait. A la mi-journée, des centaines de personnes à pied ou dans des véhicules avaient fui la zone du palais présidentiel pour se mettre à l’abri tandis que des tirs nourris avaient retenti à plusieurs reprises.Interrogé par un journaliste de l’AFP, un officier supérieur a confirmé que des arrestations avaient eu lieu. Le président sortant Umaro Sissoco Embalo, qui était donné favori lors de cette élection, se trouve dans un bâtiment derrière l’état-major, “avec le chef d’état-major et le ministre de l’Intérieur”, a précisé cet officier supérieur sous couvert d’anonymat.Il n’était pas possible dans l’immédiat de confirmer si le président avait été arrêté.   La Commission Nationale des Elections (CNE) a été attaquée par des hommes armés non identifiés mercredi, a indiqué à l’AFP un responsable de la communication de la commission, Abdourahmane Djalo.Mardi, le camp de M. Embalo et celui du candidat de l’opposition Fernando Dias de Costa ont chacun revendiqué la victoire à la présidentielle, alors que les résultats provisoires officiels de ces élections n’étaient attendus que jeudi.La présidentielle, qui s’était déroulée dans le calme dimanche, avait eu lieu sans le principal parti d’opposition, le PAIGC, et son candidat, Domingoes Simoes Pereira.Le PAIGC, parti historique ayant mené le pays à l’indépendance par les armes en 1974, a été exclu – également pour un dossier trop tardif – des législatives, visant à élire les 102 députés du Parlement. L’opposition avait qualifié de “manipulation” l’exclusion du PAIGC des scrutins présidentiel et législatifs.La proclamation des résultats électoraux a souvent donné lieu à des mouvements de contestation en Guinée-Bissau. La précédente présidentielle, en 2019, avait débouché sur plusieurs mois de crise post-électorale, M. Embalo et son adversaire M. Pereira revendiquant tous deux la victoire.Avec près de 40% de sa population vivant sous le seuil de pauvreté, la Guinée-Bissau figure parmi les pays les plus pauvres au monde. Elle est réputée être une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe, à la faveur de l’instabilité politique.

La Russie évoque un “processus sérieux” en cours pour mettre fin à la guerre en Ukraine

Le Kremlin a qualifié mercredi de “processus sérieux” les efforts diplomatiques en cours autour du plan américain pour mettre fin à la guerre en Ukraine, avant une visite prévue la semaine prochaine à Moscou de l’émissaire américain Steve Witkoff.Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a estimé mercredi qu’il n’y avait “à l’heure actuelle probablement rien de plus important” que le “processus sérieux” en cours, tout en prévenant qu’il est encore “trop tôt” pour savoir si l’on se rapproche d’une possible sortie d’un conflit qui dure depuis près de quatre ans.Moscou a notamment relevé mercredi certains points “positifs” dans le plan américain, après avoir rejeté une contre-proposition européenne. Kiev et ses alliés continuent de plaider pour une paix “juste et durable”.La Russie a reconnu avoir abordé avec Washington “dans les grandes lignes” la version originale du plan américain en 28 points dévoilé la semaine dernière et perçu comme favorable aux positions de Moscou. Elle a toutefois été tenue à l’écart, à ce stade, des négociations ayant mené à la dernière mouture retravaillée par l’Ukraine.De la réécriture des 28 propositions que beaucoup à Kiev et en Europe voyaient comme une capitulation de l’Ukraine, ont été dévoilés certains points tels le maintien des effectifs actuels de l’armée ukrainienne à 800.000 hommes.  “Certains points (du plan américain, ndlr), on peut dire qu’ils sont positifs, mais beaucoup d’autres nécessitent une discussion spéciale entre experts”, a commenté mercredi le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, à la télévision publique russe.Il a néanmoins assuré que Moscou n’en avait encore discuté “en détail avec personne” et jugé “inutiles” les efforts des Européens pour jouer un rôle dans le règlement du conflit.Une réunion d’urgence avait été convoquée dimanche à Genève entre Ukrainiens et Américains, sans la partie russe, pour travailler sur des contre-propositions au plan originel de Washington, qui prévoyait notamment des cessions de territoires, que Kiev renonce à l’Otan et une réduction des effectifs de l’armée ukrainienne.Les Européens avaient de leur côté rédigé une contre-proposition qui rejette les principales demandes russes. Celle-ci n’a pas été commentée par les Etats-Unis tandis que le Kremlin l’a qualifiée lundi de “pas du tout constructive”.Les Etats-Unis ont ensuite tenu mardi des pourparlers avec des responsables russes à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis.Tandis que L’Ukraine pousse à l’organisation cette semaine d’une visite du président Volodymyr Zelensky aux Etats-Unis pour des négociations avec Donald Trump, l’émissaire américain Steve Witkoff est attendu la semaine prochaine à Moscou.”En ce qui concerne Witkoff, un accord préliminaire a été atteint sur sa visite à Moscou la semaine prochaine”, a déclaré Iouri Ouchakov, confirmant une annonce la veille de Donald Trump.- “accords plus profonds” -Volodymyr Zelensky considère, lui, que les “principes” d’un plan américain révisé pour mettre fin à la guerre avec la Russie pourraient conduire à des “accords plus profonds”, mais que “beaucoup dépend” désormais de Washington.”Beaucoup dépend de l’Amérique, car la Russie accorde la plus grande attention à la force américaine”, a-t-il estimé dans son adresse quotidienne mardi à la population.Il a aussi jugé “particulièrement cynique” que Moscou continue à frapper son pays pendant que des pourparlers de paix sont en cours.La Russie lance régulièrement des centaines de drones et missiles sur l’Ukraine, ciblant notamment les infrastructures énergétiques du pays à l’arrivée de l’hiver.Selon les services de secours ukrainiens, la ville de Zaporijjia (sud) a subi une attaque russe “massive” dans la nuit de mardi à mercredi.Une trentaine d’immeubles ont été endommagés et au moins 19 civils ont été blessés, selon le dernier bilan du médiateur ukrainien pour les droits humains, Dmytro Loubinets.La veille, une attaque dans la capitale Kiev avait fait au moins sept morts.Les Européens, qui tentent de reprendre la main après la surprise d’un plan américain élaboré sans eux, martèlent la nécessité d’une paix “juste et durable”.- “pression” -“L’Europe doit maintenir la pression sur la Russie, jusqu’à ce qu’il y ait une paix juste et durable. Et je veux être très claire: l’Europe se tiendra aux côtés de l’Ukraine et la soutiendra à chaque étape”, a ainsi dit mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.Sur le front, les difficultés se multiplient pour les forces de Kiev, moins nombreuses et moins bien équipées que les forces russes.Les troupes ukrainiennes se battent pour les dernières forteresses du Donbass, région industrielle et minière de l’Est que le Kremlin s’est donné pour objectif prioritaire de conquérir.