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Un cours de pilotage de drones, une première dans un lycée polonais

Dans un lycée militaire de Pologne, des adolescents en tenues militaires s’attroupent autour de l’un de leurs camarades et l’encouragent à “traquer les Russes”. Tous participent à un nouveau cursus pour apprendre à piloter des drones.Pour eux, c’est une fiction, ils s’entraînent avec un simulateur qu’ils comparent à un jeu vidéo. Mais pour la Pologne, la menace semble bien réelle.Varsovie et ses alliés de l’Otan ont dû mobiliser des avions de chasse en septembre quand une vingtaine de drones ont traversé le ciel polonais. Trois d’entre eux ont été abattus.Pour les autorités polonaises, pas de doute: la Russie en guerre avec le voisin ukrainien a voulu mettre à l’épreuve les défenses antiaériennes sur le flanc Est de l’Otan.Le Premier ministre polonais Donald Tusk a averti que son pays n’avait jamais été aussi proche d’un conflit depuis la Seconde guerre mondiale.L’incident, avant une série d’autres dans le ciel de plusieurs pays de l’UE, a révélé la vulnérabilité des Européens face à ce nouveau type d’assauts aériens.Quelques jours plus tôt, un lycée militaire de Legnica, dans le sud-ouest de la Pologne, avait inauguré le premier cours de pilotage de drones du pays, sous la supervision du ministère de la Défense.”En observant l’Ukraine, je constate que ces drones sont vraiment très importants”, lâche Bartosz Ladocha, un élève de quinze ans inscrit au programme, lors d’une visite d’une équipe de l’AFP.- “Pionniers”-“Je pense que c’est un métier prometteur, c’est pourquoi je veux me lancer. J’ai toujours voulu rejoindre l’armée”, poursuit l’adolescent, vêtu d’un treillis avec un drapeau polonais sur l’épaule.La Russie et l’Ukraine utilisent largement les drones depuis l’invasion déclenchée par Moscou en 2022. Les deux belligérants sont lancés dans une course aux armements technologiques pour prendre l’avantage.De son côté, la Pologne, soutien majeur de l’Ukraine, a créé une force spéciale dédiée aux drones, et compte investir cette année 46 millions d’euros dans l’achat d’appareils.La dépense s’inscrit dans un budget Défense en hausse, qui doit atteindre 4,8% du PIB en 2026, l’un des niveaux les plus élevés parmi les membres de l’Otan.A l’école de Legnica, la formation concerne 18 élèves, dont Tomasz Zachariasz, directeur du programme, entend faire des “pionniers”.Le matin de la spectaculaire incursion dans l’espace aérien polonais, les élèves ont “immédiatement” demandé à leur arrivée si l’incident pouvait correspondre aux scénarios étudiés en classe, raconte-t-il.Ce cursus “apportera des bénéfices tangibles à l’avenir”, veut croire son adjoint, Lukasz Gadomski.- “Ma patrie” -Ce dernier souligne que des partenariats sont à l’étude avec des unités militaires, en Pologne, mais aussi possiblement avec l’armée ukrainienne.”Il y a une pénurie d’opérateurs (de drones) parmi les jeunes recrues, qui pourraient avoir un jour à défendre notre pays”, ajoute M. Gadomski.Bien qu’ils ne soient pas obligés de s’engager dans l’armée après l’obtention de leur diplôme, beaucoup d’élèves se destinent à une carrière militaire, dont certains, comme Tomasz Cieslak, au grand désespoir de leurs parents.”Au début, ils étaient dévastés que je songe à m’engager dans l’armée”, raconte l’adolescent. “Ils m’ont suggéré plusieurs écoles classiques, mais j’ai choisi une école militaire”.Tomasz Cieslak explique s’être intéressé aux drones grâce à son père, qui les utilisait pour son travail. Vers douze ans, il a commencé à piloter de petits drones de dix grammes en intérieur, avant de se tourner progressivement vers des appareils plus imposants.L’étude de l’histoire tourmentée de la Pologne a aussi été un déclic, quand il a appris que son pays, envahi à la fois par l’Allemagne nazie et l’Union soviétique lors de la Seconde guerre mondiale, avait subi destructions et pertes humaines considérables.”J’ai commencé à respecter davantage ce que les Polonais ont fait pour tenter de libérer le pays. Cela m’a vraiment touché, et j’ai pensé que je voulais être comme eux et défendre ma patrie”, dit encore ce jeune de quinze ans.

José Gregorio Hernandez, “le médecin des pauvres”, déjà un saint au Venezuela

José Gregorio Hernandez (1864-1919), “le médecin des pauvres”, qui doit être canonisé dimanche, est déjà adulé comme un saint depuis près de cent ans au Venezuela où sa moustache, son chapeau, sa tenue impeccable et son regard serein forment désormais une icône que l’on pose sur les autels des lieux de culte et des maisons.Le docteur qui soignait gratuitement les pauvres, notamment pendant l’épidémie de grippe espagnole qui a ravagé le pays au début du siècle dernier, fait désormais partie des figures de l’histoire du pays. Il dépasse même le héros de la révolution Simon Bolivar (1783-1830), assurent certains Vénézuéliens. José Gregorio Hernandez est né le 26 octobre 1864 au sein d’une famille catholique dans le petit village andin de Isnotu, enclavé dans l’ouest du Venezuela. Aîné d’une fratrie de six frères – une soeur aînée est morte à la naissance -, JGH, comme il est souvent surnommé aujourd’hui, se rend à Caracas pour ses études à son adolescence. Le voyage prend alors trois semaines en mule, bateau et train…Diplômé en médecine en 1888, il se rend, grâce à une bourse, à Paris où il parfait ses connaissances en côtoyant des professeurs à la pointe de la recherche à l’époque. Il se rend aussi à Berlin. De retour au Venezuela en 1891, il introduit notamment le premier microscope et fonde l’Académie nationale de médecine. Il donne des cours à l’Université centrale du Venezuela (UCV) se montrant pionnier sur le continent notamment dans le domaine de la bactériologie.Mais il s’illustre surtout face à la grippe espagnole, donnant de sa personne pour les plus pauvres. Il soigne gratuitement et donne parfois même de l’argent à ses patients.  “Il est moderne”, avait expliqué le feu nonce apostolique Aldo Giordano, qui avait présidé la cérémonie de béatification en 2021.”D’un côté il a été un grand scientifique, un grand médecin, un grand professeur. Mais de l’autre, il a vécu sa vie comme une vocation à la lumière de l’Evangile. En tant que croyant, il a choisi les plus pauvres, les derniers de la société. Comme médecin, il a consacré sa vie aux pauvres”, expliquait-t-il.- Jeune fille miraculée -Hernandez, qui a envisagé d’être prêtre et ne s’est jamais marié, est décédé en 1919 à l’âge de 54 ans, renversé par une voiture alors qu’il se rendait chez un patient. Des milliers de personnes assistent à ses funérailles. “Derrière le cercueil, tous nous sentions le désir d’être bons”, écrit Romulo Gallegos (1884-1969), un des plus grands écrivains vénézuéliens et président en 1948.Son aura va alors dépasser le simple rite catholique. Il fait notamment partie de la “santeria”, le culte des saints proche du vaudou haïtien ou du candomblé brésilien, mais aussi plus largement de l’inconscient collectif. On le prie, on le sollicite. La revue contemporaine du médecin El Cojo Ilustrado, souligne pour justifier en partie sa vénération que celui-ci avait “une science qui ne s’apprend dans aucune académie. La science de savoir se faire aimer”.Les catholiques lui demandent des faveurs depuis des années. En 2017 quand Yaxury Solorzano, dix ans, reçoit une balle dans la tête, sa mère se tourne naturellement vers le médecin des pauvres pour la guérison de sa fille. Selon l’enquête de la Conférence épiscopale vénézuélienne, la mère aurait alors senti une main se poser sur son épaule et une voix lui dire : “Sois tranquille, tout ira bien”. Sa fille gravement blessée, guérira. Elle était présente à la cérémonie de béatification de 2021. En juin 2020, le miracle est reconnu et le pape François signe le décret de béatification. Des milliers d’autres Vénézuéliens étaient déjà ou sont persuadés d’avoir bénéficié de miracles du défunt médecin. 

Trump presse Zelensky de conclure un “accord” pour mettre fin à la guerre

Donald Trump, qui affiche une complicité retrouvée avec Vladimir Poutine, a pressé vendredi Volodymyr Zelensky de cesser les hostilités, en restant sourd aux demandes de soutien militaire renforcé du président ukrainien.”La rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été très intéressante et cordiale, mais je lui ai dit, comme je l’ai par ailleurs fortement …

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Trump presse Zelensky de conclure un “accord” pour mettre fin à la guerre

Donald Trump, qui affiche une complicité retrouvée avec Vladimir Poutine, a pressé vendredi Volodymyr Zelensky de cesser les hostilités, en restant sourd aux demandes de soutien militaire renforcé du président ukrainien.”La rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été très intéressante et cordiale, mais je lui ai dit, comme je l’ai par ailleurs fortement suggéré au président Poutine, qu’il était temps d’arrêter la tuerie et de trouver un ACCORD”, a-t-il écrit sur son réseau Truth Social, en jugeant que les deux belligérants devaient “s’arrêter où ils sont”.”Laissons-les clamer victoire tous les deux, que l’histoire décide. Assez de tirs, assez de mort”, a-t-il ajouté, avant de s’envoler pour la Floride.A son arrivée, il a réitéré son appel devant les journalistes: Ukraine et Russie devraient “s’arrêter immédiatement à la ligne de front” actuelle.”Respectez la ligne de front, où qu’elle se trouve, sinon cela deviendra trop compliqué”, a-t-il jugé.De son côté, le président ukrainien a pris acte de la fin de non-recevoir opposée pour l’instant à sa quête de missiles américains Tomahawk.”Je pense que la Russie a peur des Tomahawk, vraiment peur, car c’est une arme puissante”, a déclaré Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse, après sa réunion de plus de deux heures avec son homologue américain à la Maison Blanche.Espère-t-il recevoir cet armement? “Je suis réaliste”, a-t-il répondu.”C’est une bonne chose que le président Trump n’ait pas dit “non”, mais pour l’instant, il n’a pas dit “oui”, a encore ajouté vendredi M. Zelensky à la chaîne américaine NBC.- Des “milliers” de drones -Donald Trump avait déjà exposé plus tôt sa réserve face à une potentielle livraison à l’Ukraine de ces missiles d’une portée de 1.600 kilomètres, à laquelle Moscou est totalement opposé.”J’espère que nous pourrons mettre fin à la guerre sans avoir à penser aux Tomahawk”, a déclaré à la presse le président américain, assis face à son homologue ukrainien, autour d’une grande table dressée pour le déjeuner.Ces missiles permettraient à l’Ukraine de frapper en profondeur et en Russie. Pendant la réunion avec Donald Trump, Volodymyr Zelensky a proposé un échange avec des “milliers” de drones ukrainiens.Cela n’a donc pas convaincu le président américain, pas plus que les “cartes” de cibles russes potentielles qu’il lui a montrées, selon une source ukrainienne. Volodymyr Zelensky a estimé que le président russe n’était “pas prêt” à la paix, mais Donald Trump a soutenu le contraire, pendant un échange avec les journalistes qui a précédé leur déjeuner de travail.”Le président Poutine veut mettre fin à la guerre”, a déclaré le président américain, qui a eu jeudi une longue conversation avec le maître du Kremlin.Les dirigeants russe et américain ont convenu de se voir prochainement à Budapest en Hongrie, pendant cet entretien qualifié de “très productif” côté américain, d'”extrêmement franc et empreint de confiance” côté russe.- “Dirigeant très fort” -Donald Trump a jugé “possible” que Vladimir Poutine essaie de jouer la montre, en réponse à la question d’une journaliste de l’AFP, mais il a également dit: “Pendant toute ma vie, les meilleurs ont essayé de se jouer de moi. Et je m’en suis vraiment bien sorti.”La Russie, à l’entrée de l’hiver, intensifie ses attaques sur les infrastructures énergétiques ennemies. Vendredi, elle a aussi revendiqué la prise de trois villages ukrainiens.Dans ce contexte, la proximité retrouvée du président américain avec Vladimir Poutine a de quoi inquiéter Kiev, d’autant que Donald Trump a fait vendredi face à Volodymyr Zelensky un compte-rendu très positif de son entretien de la veille avec son homologue russe.Le président américain a toutefois aussi eu des mots aimables pour Volodymyr Zelensky: “Un dirigeant très fort, un homme qui a subi beaucoup de choses et un homme que j’ai appris à bien connaître.”Son dernier sommet avec Vladimir Poutine, le 15 août en Alaska, s’était conclu sans perspective concrète de paix.Le président américain n’a pas pour autant mis à exécution ensuite ses menaces de lourdes sanctions contre Moscou.Dès son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump a rompu l’isolement dans lequel les puissances occidentales maintenaient Moscou depuis l’invasion russe de février 2022 et remis en cause l’aide militaire accordée à l’Ukraine.

Crise avec le Venezuela: Trump assure que Maduro a “tout” proposé, nouvelle frappe

Le président américain Donald Trump a assuré vendredi que son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro, avait proposé de faire des concessions majeures pour apaiser les tensions entre les deux pays, alors que les Etats-Unis poursuivent leurs frappes contre des narcotrafiquants présumés.Les Etats-Unis ont déployé sept navires de guerre dans les Caraïbes, et un dans le Golfe du Mexique officiellement dans le cadre d’une opération contre le narcotrafic, visant particulièrement le Venezuela et M. Maduro.”Il (Maduro) a tout mis sur la table. Vous avez raison. Vous savez pourquoi ? Parce qu’il ne veut pas jouer au con avec les Etats-Unis”, a déclaré le président américain à la Maison Blanche, en réponse à la question d’un journaliste suggérant que le Venezuela aurait offert de mettre certaines de ses ressources naturelles dans la balance. Peu avant, le président a révélé qu’un “sous-marin transportant de la drogue” avait été la cible d’une des frappes américaines menées dernièrement dans les Caraïbes.”Nous avons attaqué un sous-marin, et c’était un sous-marin transportant de la drogue, construit spécifiquement pour transporter d’énormes quantités de drogue”, a-t-il affirmé, après une question sur l’existence de survivants rapportée dans la presse américaine. Deux survivants sont actuellement détenus par la marine américaine, affirment plusieurs médias américains, sans plus de précisions. “Ce n’était pas un groupe de gens innocents”, a insisté le président américain, qui a indiqué cette semaine avoir autorisé des opérations clandestines de la CIA sur le territoire du Venezuela.  Au moins 27 personnes au total ont été tuées lors de frappes, au moins six depuis le début du déploiement.La crise, qui menace d’entraîner les deux pays dans la guerre, provoque de part et d’autre des soubresauts au cœur des appareils d’Etat.Aux Etats-Unis, l’amiral chargé de superviser les frappes a annoncé jeudi sa retraite prochaine, après seulement un an en poste. Et au Venezuela, la vice-présidente Delcy Rodriguez a dû nier des informations de presse l’accusant d’avoir négocié avec Washington une éviction de M. Maduro. Ce dernier a pris la parole en soirée mais n’a pas réagi aux dernières déclarations de M. Trump.M. Maduro, qui a promis des déploiements dans tout le pays depuis le début de la crise, a annoncé vendredi des manoeuvres dans quatre nouveaux Etats de l’ouest (Mérida, Trujillo, Yaracuy et Lara). “De minuit à cinq heures du matin, il y avait d’immenses marches, mais impressionnantes, gigantesques”, a-t-il assuré.Les États vénézuéliens de Tachira et Amazonas avaient annoncé jeudi le déploiement de patrouilles et des procédures de contrôle aux passages frontaliers avec la Colombie. Selon le commandant de la Zone opérationnelle de Défense intégrée (Zodi) de Tachira, le général Michell Valladares, pas moins de 17.000 soldats ont été déployés. Toutefois, ces annonces fréquentes et fortement médiatisées par le pouvoir ne se traduisent pas forcément par des opérations visibles sur le terrain.- “Imbéciles” -Donald Trump accuse le président vénézuélien d’implication directe dans les trafics, ce qu’il dément formellement. L’arrestation de Nicolas Maduro, inculpé par la justice américaine, fait l’objet d’une prime de 50 millions de dollars.L’amiral Alvin Holsey a de son côté annoncé qu’il allait quitter son poste de commandement des forces américaines pour l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale le 12 décembre pour “prendre sa retraite de la Marine”, sur le réseau social X. Il rejoint une longue liste de hauts responsables militaires américains évincés ou partis depuis le début du second mandat de Trump à la Maison Blanche. Le journal américain Miami Herald a affirmé jeudi, sans citer de sources, que la vice-présidente Delcy Rodriguez et son frère Jorge, président de l’Assemblée nationale, négociaient par l’intermédiaire du Qatar avec Washington pour évincer M. Maduro en échange de leur maintien au pouvoir.”C’est tout simplement impossible. Nous sommes unis dans le plus grand amour pour notre histoire, pour notre peuple et pour l’avenir et l’espoir du Venezuela. Mes amis de Miami et du Miami Herald: vous êtes des imbéciles!”, a lancé vendredi M. Maduro, ironisant en anglais: “Stupid, stupid, stupid, you’re very stupid”.Mme Rodriguez avait déjà réagi sur Telegram avec une photo d’elle et du président, qualifiant l’article de “FAKE !!” et de “guerre psychologique”.

S&P dégrade la note de la France, avertissement au nouveau gouvernement

L’une des plus grandes agences de notation a adressé un avertissement au nouveau gouvernement Lecornu en dégradant la note de la France vendredi, invoquant une incertitude “élevée” sur les finances publiques en dépit de la présentation d’un budget pour 2026.Moins d’une semaine après la formation de la nouvelle équipe gouvernementale et trois jours après la publication d’un projet de loi de finances (PLF) pour l’année prochaine, S&P Global Ratings a annoncé abaisser d’un cran sa note de la France à A+.”Malgré la présentation cette semaine du projet de budget 2026, l’incertitude sur les finances publiques françaises demeure élevée”, a affirmé l’agence, qui figure parmi les trois plus influentes avec Moody’s et Fitch.Réagissant à cette deuxième dégradation par S&P (anciennement Standard & Poors) en un an et demi, le ministre de l’Economie Roland Lescure a dit “(prendre) acte” de cette décision. “Le gouvernement confirme sa détermination à tenir l’objectif de déficit de 5,4% du PIB pour 2025”, a ajouté son ministère dans une déclaration transmise à l’AFP.Selon S&P, si cet “objectif de déficit public de 5,4% du PIB en 2025 sera atteint”, “en l’absence de mesures supplémentaires significatives de réduction du déficit budgétaire, l’assainissement budgétaire sur (son) horizon de prévision sera plus lent que prévu”.L’agence prévoit que “la dette publique brute atteindra 121% du PIB en 2028, contre 112% du PIB à la fin de l’année dernière”, a-t-elle poursuivi dans un communiqué.”En conséquence, nous avons abaissé nos notes souveraines non sollicitées de la France de AA-/A-1+ à A+/A-1″, écrit-elle. Les perspectives sont stables.”Pour 2026, le gouvernement a déposé mardi 14 octobre un projet de budget qui vise à accélérer la réduction du déficit public à 4,7% du PIB tout en préservant la croissance”, a répondu le ministère de l’Economie.”Il s’agit d’une étape clef qui nous permettra de respecter l’engagement de la France à ramener le déficit public sous 3% du PIB en 2029″, a ajouté Bercy.”Il est désormais de la responsabilité collective du gouvernement et du Parlement de parvenir à l’adoption d’un budget qui s’inscrit dans ce cadre, avant la fin de l’année 2025″, selon la même source.- “Plus grave instabilité” depuis 1958 -Mais le gouvernement qui, à peine entré en fonctions, a échappé de peu cette semaine à la censure après une concession aux socialistes sur la réforme des retraites, va devoir composer avec une Assemblée nationale sans majorité lors de débats budgétaires qui s’annoncent houleux, alors même que le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est engagé à ne pas recourir à l’article 49.3 pour imposer son texte.Cette nouvelle dégradation de la note de la France par S&P intervient avant une décision de Moody’s attendue le 24 octobre. Elle a lieu un mois après que Fitch a elle aussi abaissé la note française à A+.Les agences comme Fitch, Moody’s et S&P Global Ratings classent la qualité de crédit des Etats – soit leur capacité à rembourser leur dette -, de AAA (la meilleure note) à D (défaut de paiement).Les dégradations de note par les agences sont redoutées par les pays car elles peuvent se traduire par un alourdissement de leurs intérêts.Ceux payés par la France sont estimés à environ 55 milliards d’euros en 2025, alors que depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, la dette française se négocie déjà à un taux bien plus coûteux que la dette allemande.”La France traverse sa plus grave instabilité politique depuis la fondation de la Cinquième République en 1958″, a estimé S&P: “depuis mai 2022, le président Emmanuel Macron a dû composer avec deux Parlements sans majorité claire et une fragmentation politique de plus en plus forte”.Pour l’agence, “l’approche de l’élection présidentielle de 2027 jette un doute (…) sur la capacité réelle de la France à parvenir à son objectif de déficit budgétaire à 3% du PIB en 2029”.En tombant en A+ chez S&P, la France se retrouve au niveau de l’Espagne, du Japon, du Portugal et de la Chine.

Gaza: le Hamas restitue une dépouille, s’engage à rendre à Israël tous les corps d’otages

Le Hamas a restitué vendredi soir à Israël une nouvelle dépouille d’otage, s’engageant à rendre toutes les autres qu’il détient encore à Gaza conformément à l’accord de cessez-le-feu.La dépouille a été remise par la Croix-Rouge aux forces israéliennes à l’intérieur de la bande de Gaza et doit être rapatriée en Israël jusqu’à l’Institut national médico-légal, à Tel-Aviv, pour être identifiée, a indiqué dans la nuit le Bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le Hamas dit “respecter son engagement envers l’accord de cessez-le-feu” parrainé par le président américain Donald Trump, et “continuera à œuvrer pour mener à bien le processus d’échange de prisonniers”, selon un communiqué du Hazem Qasem, porte-parole du mouvement islamiste. Le Hamas avait néanmoins souligné un peu plus tôt que “la question des corps est complexe et nécessite du temps”.La Turquie, proche des dirigeants politiques du Hamas, entend jouer un rôle dans l’application du cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre.  Une équipe de 81 membres de l’Afad, l’agence turque de gestion des catastrophes, “attend actuellement à la frontière côté égyptien. Ils sont prêts à mener des opérations de recherches et de secours dans les ruines”, a déclaré vendredi un responsable turc, précisant que cette mission portait sur la recherche de corps de victimes “israéliennes comme palestiniennes”.La Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l’autorité du Hamas, a indiqué que, depuis l’entrée en vigueur de la trêve, “plus de 280 corps de martyrs [avaient] retrouvés sous les décombres” du territoire. Les autorités locales estiment qu’environ 10.000 corps sont ensevelis sous les décombres à Gaza. Selon une source du Hamas, citant des “médiateurs”, la délégation turque est “attendue dimanche” dans la bande de Gaza.- Matériel spécialisé -Les spécialistes turcs sont équipés de matériel spécialisé, “notamment des chiens de recherche et des dispositifs de détection de signes de vie”, a précisé le responsable.Le Hamas doit indiquer des emplacements précis où rechercher les otages, dont les corps sont difficiles à retrouver, selon le mouvement.Le Hamas avait assuré plus tôt que certains “corps ont été enterrés dans des tunnels” détruits par l’armée israélienne, “tandis que d’autres restent sous les décombres de bâtiments qu’elle a bombardés”.Israël accuse le Hamas de violer l’accord de cessez-le-feu, qui prévoyait un retour de tous les otages, vivants et morts, au plus tard le 13 octobre.Le Hamas dénonce de son côté de “nombreuses violations de l’accord”, et évoque la mort de 28 civils “tués par les tirs de l’occupant [Israël, NDLR] depuis le cessez-le-feu. L’armée israélienne a fait état vendredi de “plusieurs terroristes” qui s’approchaient de troupes israéliennes ont été “frappés” dans la zone de Khan Younes (sud).Le ministre de la Défense israélien Israël Katz a indiqué avoir ordonné à l’armée de matérialiser sur le terrain la “ligne jaune” marquant la limite de son redéploiement aux termes de l’accord de cessez-le-feu.Le Hamas a libéré dans les temps les vingt derniers otages vivants qu’il gardait captifs depuis le 7-Octobre. Il n’a en revanche restitué depuis lundi que dix dépouilles sur les 28 qu’il retenait encore, en incluant celle rendue vendredi.Dans l’après-midi, des dizaines de personnes ont pris part à Rishon Lezion, dans le centre-sud d’Israël, au cortège funéraire de l’ex-otage Inbar Hayman, dont le corps a été rapatrié mercredi.En échange du retour des dépouilles, Israël a remis au total 120 corps de Palestiniens, selon le ministère de la Santé du Hamas. Dans le sud de la bande de Gaza, des familles se rassemblent à l’hôpital Nasser de Khan Younes pour examiner des photos sur un écran, tentant d’identifier les corps de leurs proches qu’Israël a restitués. Akram Khalid al-Manasra explique à l’AFP avoir identifié son fils “grâce à son grain de beauté sur le nez et à ses dents”. – Accès restreints -Les accès à Gaza, tous contrôlés par Israël, restent très restreints. L’accord du cessez-le-feu prévoit la réouverture du point de Rafah passage crucial de Rafah, entre l’Egypte et le territoire palestinien.Le responsable de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, est entré vendredi dans la bande de Gaza où il a visité une boulangerie qui a “désormais accès au carburant et à la farine, ce qui lui permet de produire jusqu’à 300.000 pains pita par jour”, a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).Mais alors que l’ONU a déclaré fin août une famine dans plusieurs zones de Gaza, ce que conteste Israël, remédier à la situation “prendra du temps”, a estimé vendredi le Programme alimentaire mondial, appelant à l’ouverture de tous les points de passage vers le territoire palestinien pour “l’inonder de nourriture”.Une étape ultérieure du plan visant à la paix prévoit notamment le désarmement du Hamas et l’amnistie ou l’exil de ses combattants et la poursuite du retrait israélien, des points qui restent sujets à discussion.L’attaque du 7 octobre a entraîné du côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.L’offensive israélienne menée en représailles a fait 67.967 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas.

Gaza: le Hamas restitue une dépouille, s’engage à rendre à Israël tous les corps d’otages

Le Hamas a restitué vendredi soir à Israël une nouvelle dépouille d’otage, s’engageant à rendre toutes les autres qu’il détient encore à Gaza conformément à l’accord de cessez-le-feu.La dépouille a été remise par la Croix-Rouge aux forces israéliennes à l’intérieur de la bande de Gaza et doit être rapatriée en Israël jusqu’à l’Institut national médico-légal, …

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Frappes pakistanaises en Afghanistan, la trêve vole en éclats

Le Pakistan a mené des frappes sur le sol afghan vendredi soir, tuant au moins dix civils et rompant selon Kaboul le cessez-le-feu qui avait ramené pendant deux jours le calme à la frontière, après des affrontements meurtriers.A l’annonce de la trêve mercredi à 13H00 GMT, Islamabad avait affirmé qu’elle devait durer 48 heures mais l’Afghanistan avait estimé qu’elle serait en vigueur jusqu’à sa violation par la partie adverse.Or, vendredi soir, des sources de sécurité pakistanaises ont indiqué qu’Islamabad avait mené “des frappes aériennes de précision” sur le sol afghan contre un groupe “terroriste”, accusé d’être responsable d’une attaque survenue plus tôt dans la journée.Peu de temps auparavant, un haut responsable taliban avait fait état, auprès de l’AFP, de frappes pakistanaises en trois endroits de la province de Paktika (est).”L’Afghanistan ripostera”, a-t-il assuré sous le couvert d’anonymat, accusant le voisin pakistanais d’avoir rompu la trêve.D’après un responsable de l’hôpital provincial de Paktika, dix civils, dont deux enfants, ont été tués vendredi soir et douze personnes blessées.La fédération de cricket a indiqué que trois joueurs qui revenaient d’un match amical ont été tués “dans une attaque lâche” pakistanaise, aux côtés de cinq autres personnes avec qui elles se trouvaient à Paktika.Il n’était pas clair dans l’immédiat de savoir si ces trois personnes faisaient partie des dix civils comptabilisés par l’hôpital.- “Défendre votre pays” -A 13H00 GMT, lorsque la trêve avait expiré selon Islamabad, aucune partie n’avait fait état de sa prolongation.”Nous avons dit aux soldats: +N’attaquez pas, sauf si les forces pakistanaises le font. Si elles le font, alors vous avez tous les droits de défendre votre pays+”, avait rapporté le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, en soirée.Il avait estimé, dans un entretien avec la chaîne de télévision afghane Ariana, que des “négociations” pouvaient “régler les problèmes”.Le cessez-le-feu a tenu pendant deux jours, ramenant le calme dans les régions frontalières et à Kaboul, après une flambée de violences d’une rare intensité. Les affrontements ont fait des dizaines de morts, des combattants mais aussi des civils, surtout mercredi.Jeudi, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avait jugé que la balle était “dans le camp” des autorités de Kaboul pour une trêve durable, dénonçant une nouvelle fois le fait que “des terroristes opèrent du côté afghan de la frontière avec impunité”.”Le Pakistan attend des actions concrètes et vérifiables du régime taliban contre ces éléments terroristes”, a martelé Shafqat Ali Khan, le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, au cours d’une conférence de presse, assurant “essayer de travailler par la voie diplomatique pour la rendre durable”.- “Grande prudence” -La confrontation a débuté la semaine dernière après des explosions dans la capitale afghane que les autorités talibanes ont imputées au voisin pakistanais. En représailles, elles a déclenché samedi dernier à la frontière une offensive, à laquelle Islamabad a promis une “réponse musclée”.”Notre réponse défensive ne ciblait pas des civils, nous faisons preuve d’une grande prudence pour éviter la perte de vies civiles, contrairement aux forces talibanes”, a affirmé Shafqat Ali Khan.La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) a dit jeudi avoir recensé 37 civils tués et 425 blessés du côté afghan de la frontière en ces quelques jours, appelant les deux parties à mettre un terme aux hostilités “de façon durable”.Le calme est également revenu dans la capitale afghane où, peu de temps avant l’annonce de cessez-le-feu mercredi, de nouvelles explosions avaient retenti.Elles n’ont pas été revendiquées mais des sources de sécurité pakistanaises ont fait état de “frappes de précision” contre un groupe armé. La semaine dernière, les premières déflagrations avaient eu lieu au moment où débutait une visite inédite du chef de la diplomatie talibane en Inde, l’ennemi historique du Pakistan.