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La Bolivie se choisit un président de centre-droit, après 20 ans de socialisme

Le président élu de centre-droit Rodrigo Paz s’est félicité dimanche de voir la Bolivie “peu à peu retrouver sa place sur la scène internationale”, après avoir remporté le second tour de l’élection présidentielle, mettant fin à 20 ans de gouvernements socialistes.”Il faut ouvrir la Bolivie au monde et lui redonner un rôle”, a lancé Rodrigo Paz, crédité de 54,6% des voix après le dépouillement de 97,8 % des bulletins, selon le Tribunal suprême électoral (TSE). Son adversaire de droite Jorge “Tuto” Quiroga obtient 45,4% des suffrages.Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a félicité le président élu, saluant “une occasion de transformation”, après “deux décennies de mauvaise gestion”. Il a ajouté que les États-Unis étaient prêts à coopérer avec la Bolivie sur la sécurité régionale, les investissements et la lutte contre l’immigration illégale.Rodrigo Paz accède au pouvoir dans un pays qui, sous Evo Morales (2006-2019), a poussé très loin le virage à gauche: nationalisation des ressources énergétiques, rupture avec Washington, alliances avec le Venezuela d’Hugo Chavez, Cuba, la Chine, la Russie ou encore l’Iran.A l’annonce des résultats, les rues de La Paz se sont remplies de partisans du vainqueur, aux sons de pétards, de cris de joie et de musique.”Nous sommes venus célébrer la victoire avec beaucoup d’espoir de donner un nouveau cap à la Bolivie”, a déclaré Julio Andrey, un avocat de 40 ans, estimant que l’économiste de 58 ans était “plus proche des revendications populaires” que son rival. Héritier d’une influente dynastie politique, Rodrigo Paz est un modéré au ton populiste qui se présente comme un homme de consensus. – “Réconciliation” -“J’ai appelé Rodrigo Paz Pereira pour le féliciter”, a déclaré Jorge Quiroga, reconnaissant sa défaite. Devant la presse, le populaire vice-président élu, Edmand Lara, a appelé “à l’unité et à la réconciliation entre les Boliviens”.Le président élu succédera le 8 novembre à l’impopulaire Luis Arce, qui a renoncé à se représenter et quittera le pouvoir au terme d’un mandat de cinq ans marqué par la pire crise économique que le pays ait connue en 40 ans.La chute des exportations de gaz, due au manque d’investissements, a tari les réserves en dollars et rendu intenable la coûteuse politique de subvention des carburants. Faute de devises pour les importer, la pénurie d’essence et de diesel s’aggrave et les prix s’envolent.L’inflation annuelle dépasse à présent 23%, et les longues files de véhicules attendant un hypothétique réapprovisionnement des stations-service sont devenues banales dans ce pays presque deux fois plus grand que la France, mais avec 11,3 millions d’habitants.- “Capitalisme pour tous” -Les deux candidats ont prôné des politiques similaires, fondées sur une forte réduction des dépenses publiques – notamment des subventions aux carburants – et une plus grande ouverture au secteur privé.Rodrigo Paz a cependant défendu un “capitalisme pour tous” fondé sur la décentralisation et la rigueur budgétaire avant tout nouvel endettement. Son rival, plus radical, plaidait pour une ouverture totale aux marchés internationaux et le recours à de nouveaux crédits. “Paz a gardé un ton très calme, très centriste”, souligne la politologue Daniela Keseberg, interrogée par l’AFP. “Il connecte bien avec la population, on sent que les gens l’aiment (…) il a touché ceux qui veulent un changement, mais pas un changement radical”.Il ne disposera pas d’une majorité au Parlement, ce qui va le contraindre à former des alliances. Arrivé en tête du premier tour en août, il dispose cependant du groupe parlementaire le plus important, avec 49 députés et 16 sénateurs, devant celui de Jorge Quiroga (39 et 12).Le nouveau président élu devra également faire face à la vive opposition d’Evo Morales, toujours populaire parmi les Boliviens autochtones notamment et qui n’a pas pu se présenter en raison de la limite des mandats.”Morales reste un facteur de déstabilisation”, avertit Daniela Osorio, politologue au German Institute of Global and Area Studies (GIGA).

La Bolivie se choisit un président de centre-droit, après 20 ans de socialisme

Le président élu de centre-droit Rodrigo Paz s’est félicité dimanche de voir la Bolivie “peu à peu retrouver sa place sur la scène internationale”, après avoir remporté le second tour de l’élection présidentielle, mettant fin à 20 ans de gouvernements socialistes.”Il faut ouvrir la Bolivie au monde et lui redonner un rôle”, a lancé Rodrigo Paz, crédité de 54,6% des voix après le dépouillement de 97,8 % des bulletins, selon le Tribunal suprême électoral (TSE). Son adversaire de droite Jorge “Tuto” Quiroga obtient 45,4% des suffrages.Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a félicité le président élu, saluant “une occasion de transformation”, après “deux décennies de mauvaise gestion”. Il a ajouté que les États-Unis étaient prêts à coopérer avec la Bolivie sur la sécurité régionale, les investissements et la lutte contre l’immigration illégale.Rodrigo Paz accède au pouvoir dans un pays qui, sous Evo Morales (2006-2019), a poussé très loin le virage à gauche: nationalisation des ressources énergétiques, rupture avec Washington, alliances avec le Venezuela d’Hugo Chavez, Cuba, la Chine, la Russie ou encore l’Iran.A l’annonce des résultats, les rues de La Paz se sont remplies de partisans du vainqueur, aux sons de pétards, de cris de joie et de musique.”Nous sommes venus célébrer la victoire avec beaucoup d’espoir de donner un nouveau cap à la Bolivie”, a déclaré Julio Andrey, un avocat de 40 ans, estimant que l’économiste de 58 ans était “plus proche des revendications populaires” que son rival. Héritier d’une influente dynastie politique, Rodrigo Paz est un modéré au ton populiste qui se présente comme un homme de consensus. – “Réconciliation” -“J’ai appelé Rodrigo Paz Pereira pour le féliciter”, a déclaré Jorge Quiroga, reconnaissant sa défaite. Devant la presse, le populaire vice-président élu, Edmand Lara, a appelé “à l’unité et à la réconciliation entre les Boliviens”.Le président élu succédera le 8 novembre à l’impopulaire Luis Arce, qui a renoncé à se représenter et quittera le pouvoir au terme d’un mandat de cinq ans marqué par la pire crise économique que le pays ait connue en 40 ans.La chute des exportations de gaz, due au manque d’investissements, a tari les réserves en dollars et rendu intenable la coûteuse politique de subvention des carburants. Faute de devises pour les importer, la pénurie d’essence et de diesel s’aggrave et les prix s’envolent.L’inflation annuelle dépasse à présent 23%, et les longues files de véhicules attendant un hypothétique réapprovisionnement des stations-service sont devenues banales dans ce pays presque deux fois plus grand que la France, mais avec 11,3 millions d’habitants.- “Capitalisme pour tous” -Les deux candidats ont prôné des politiques similaires, fondées sur une forte réduction des dépenses publiques – notamment des subventions aux carburants – et une plus grande ouverture au secteur privé.Rodrigo Paz a cependant défendu un “capitalisme pour tous” fondé sur la décentralisation et la rigueur budgétaire avant tout nouvel endettement. Son rival, plus radical, plaidait pour une ouverture totale aux marchés internationaux et le recours à de nouveaux crédits. “Paz a gardé un ton très calme, très centriste”, souligne la politologue Daniela Keseberg, interrogée par l’AFP. “Il connecte bien avec la population, on sent que les gens l’aiment (…) il a touché ceux qui veulent un changement, mais pas un changement radical”.Il ne disposera pas d’une majorité au Parlement, ce qui va le contraindre à former des alliances. Arrivé en tête du premier tour en août, il dispose cependant du groupe parlementaire le plus important, avec 49 députés et 16 sénateurs, devant celui de Jorge Quiroga (39 et 12).Le nouveau président élu devra également faire face à la vive opposition d’Evo Morales, toujours populaire parmi les Boliviens autochtones notamment et qui n’a pas pu se présenter en raison de la limite des mandats.”Morales reste un facteur de déstabilisation”, avertit Daniela Osorio, politologue au German Institute of Global and Area Studies (GIGA).

Japon: accord pour une coalition, Sanae Takaichi quasi-assurée d’être Première ministre

Le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir au Japon va signer lundi un accord de coalition, selon son nouveau partenaire, mettant fin à une crise politique aiguë et ouvrant la voie à ce que Sanae Takaichi devienne la première femme à gouverner le pays.”Aujourd’hui, nous allons signer un accord pour lancer une coalition de gouvernement. A 18H00 (heure de Tokyo, 09H00 GMT) nous le conclurons formellement”, a indiqué Hirofumi Yoshimura, co-dirigeant du Parti japonais pour l’innovation (JIP, ou Ishin), formation réformatrice de centre droit.Ce parti d’opposition s’associerait donc au puissant Parti libéral-démocrate (droite conservatrice) au pouvoir, dans la tourmente depuis l’implosion de sa traditionnelle coalition avec son petit allié centriste Komeito.Sanae Takaichi, 64 ans et aux positions ultra-nationalistes, semblait en bonne voie pour remplacer le Premier ministre sortant Shigeru Ishiba, lorsqu’elle a pris la tête du PLD le 4 octobre à l’issue d’un scrutin interne. Mais le retrait de Komeito de la coalition gouvernementale le 10 octobre, après 26 ans de soutien, a plongé le Japon dans la crise politique, le PLD multipliant les discussions en vue de former une alliance alternative.Un accord avec le Parti pour l’innovation placerait la coalition menée par Mme Takaichi à seulement deux sièges de la majorité absolue nécessaire pour être élue Première ministre lors d’un vote parlementaire prévu mardi. Elle serait assurée de l’emporter au deuxième tour, celui-ci à la majorité simple.Cette annonce propulsait lundi la Bourse de Tokyo, qui a bondi de plus de 3% en cours d’échanges, propulsant l’indice Nikkei à son plus haut niveau historique, dépassant 49.000 points.Les marchés avaient pâti la semaine dernière de la forte incertitude politique. Mais “les attentes de voir Takaichi former un gouvernement se sont accrues, et cela dope la Bourse, sur l’espoir de la voir entreprendre des politiques budgétaires pro-actives”, observe Yutaka Miura, de Mizuho Securities, cité par Bloomberg.- “Faire avancer le Japon” -“Mme Takaichi et moi-même finaliserons les détails et œuvrerons à la formation du gouvernement de coalition”, a déclaré M. Yoshimura à la presse.”Après mûre réflexion hier soir, j’ai téléphoné à la présidente Takaichi ce matin (…) Je lui ai fait part de notre volonté de travailler ensemble pour faire avancer le Japon”, a-t-il ajouté.Selon la presse nippone, les hauts responsables des deux partis ont convenu vendredi que le PLD s’efforcerait de mettre en œuvre des propositions du JIP, parmi lesquelles celle de ramener à zéro le taux de la taxe à la consommation sur les denrées alimentaires, actuellement fixé à 10%.Le PLD aurait également accepté la demande de M. Yoshimura de réduire le nombre de sièges au Parlement. Il ne devrait pas y avoir de poste ministériel confié à un membre du JIP, mais Mme Takaichi devrait toutefois en sélectionner un parmi ses conseillers spéciaux, avait précisé ce week-end la chaîne TV Asahi.Le PLD gouverne le Japon de manière quasi-ininterrompue depuis 1955, malgré de fréquents changements de dirigeants, mais il a vu son image ternie par un scandale financier –dont les répercussions ont poussé au retrait de Komeito.”Nous avons inauguré une nouvelle ère pour le PLD”, a cependant lancé Sanae Takaichi, juste après son élection à la tête du parti.- Thatcher pour icône -Le Premier ministre sortant, Shigeru Ishiba, avait pris les rênes du gouvernement en octobre 2024, mais sa coalition a depuis perdu sa majorité dans les deux chambres du Parlement, en partie à cause de la colère des électeurs face à l’inflation persistante et au scandale des “caisses noires” du PLD.Ancienne batteuse dans un groupe de heavy metal à l’université, Sanae Takaichi considère l’ex-dirigeante britannique conservatrice Margaret Thatcher comme son modèle politique.Au pouvoir, elle devra faire face aux défis posés par le vieillissement démographique, une dette colossale, les inquiétudes croissantes au sujet de l’immigration, une inflation tenace et une économie chancelante –qu’elle entend soutenir via des dépenses publiques accrues.Le vote parlementaire de mardi se tient avant la visite prévue fin octobre du président américain Donald Trump dans l’archipel.  Les modalités de l’accord commercial nippo-américain signé en juillet restent débattues et M. Trump accroît la pression sur Tokyo pour qu’il cesse d’importer de l’énergie russe.

Le cessez-le-feu reste en vigueur, affirme Trump, après des frappes israéliennes à Gaza

Le président américain Donald Trump a assuré que le cessez-le-feu à Gaza était toujours en vigueur, après qu’une série de frappes israéliennes a tué au moins 45 personnes dans le territoire palestinien dimanche en réponse, selon Israël, à des attaques du Hamas.”Oui, il l’est”, a déclaré M. Trump aux journalistes à bord de l’avion présidentiel, lorsqu’on lui a demandé si le cessez-le-feu, qu’il a contribué à négocier, était toujours en vigueur. Il a également suggéré que les dirigeants du Hamas n’étaient pas impliqués dans les violations présumées de la trêve et a plutôt blâmé “certains rebelles au sein du mouvement”.La Défense civile, opérant sous l’autorité du mouvement islamiste palestinien, a fait état d’au moins 45 personnes tuées dimanche, dont des civils et un journaliste, au cours de frappes aériennes israéliennes. Quatre hôpitaux à Gaza ont confirmé ce bilan à l’AFP.Ce sont les premières violences de cette ampleur depuis le début de la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre.Dans la soirée de dimanche, l’armée israélienne a annoncé cesser ses frappes et reprendre l’application du cessez-le-feu. Elle a également indiqué examiner les informations faisant état de victimes. Après avoir accusé le Hamas de violation de l’accord de cessez-le-feu, Israël a également suspendu l’entrée “jusqu’à nouvel ordre” de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, selon un responsable israélien.”C’est comme si la guerre avait repris. Nous espérions que l’accord tiendrait, mais l’occupant ne respecte rien, aucun accord. Depuis cet après-midi, les bombardements se sont considérablement intensifiés, des maisons, des tentes et une école ont été touchés. Le sang coule de nouveau”, déplore Abdallah Abou Hassanein, 29 ans, à Bureij (centre).- Visite prochaine -“Comme vous le savez, ils ont été assez turbulents”, a déclaré dimanche Donald Trump à propos du Hamas, “ils ont tiré des coups de feu, et nous pensons que leurs dirigeants ne sont peut-être pas impliqués là-dedans”.Selon un responsable israélien, le Hamas a tiré sur les troupes à Rafah (sud) et des combattants palestiniens qui s’étaient approchés de zones de contrôle israélien à Beit Lahia (nord) ont été “éliminés lors d’une frappe”.Dans un communiqué, le Hamas a affirmé n’avoir “aucune connaissance d’incidents ou d’affrontements” à Rafah et a réaffirmé son “engagement total à mettre en œuvre tout ce qui a été convenu, en premier lieu le cessez-le-feu.”Selon un témoin, des combattants du Hamas avaient ciblé un groupe rival dans un secteur de Rafah, près duquel des chars israéliens sont déployés. Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations des différentes parties.Peu avant la prise de parole de Donald Trump, le vice-président américain JD Vance avait minimisé la reprise des violences à Gaza. “Le Hamas va tirer sur Israël. Israël va devoir répondre”, a-t-il déclaré aux journalistes. “Nous pensons donc que le cessez-le-feu a toutes les chances d’offrir une paix durable. Mais même s’il y parvient, il y aura des hauts et des bas, et nous devrons surveiller la situation”.Un membre de l’administration Trump doit se rendre “certainement” en Israël “dans les prochains jours” pour évaluer la situation, selon lui. “Ce pourrait être moi”, a-t-il avancé. JD Vance a par ailleurs appelé les pays du Golfe à mettre en place une “infrastructure de sécurité” afin de garantir le désarmement du Hamas, un élément clé de la deuxième phase de l’accord de paix. – Retour de corps -En vertu de la première phase de l’accord, le Hamas a remis le 13 octobre, en échange de près de 2.000 prisonniers palestiniens, les 20 captifs vivants qu’il détenait encore depuis le 7-Octobre et a rendu jusque-là 12 des 28 dépouilles d’otages toujours retenues à Gaza.Dimanche, le Hamas a annoncé avoir trouvé un 13e corps d’otage à Gaza, s’engageant “si les conditions le permettent” à le restituer plus tard à Israël.Israël conditionne la réouverture du poste-frontière avec l’Egypte de Rafah, crucial pour l’entrée des aides, à la remise de tous les otages décédés.Après deux ans de guerre destructrice et sous la pression du président américain, Israël et le Hamas ont conclu un accord de cessez-le-feu après des négociations indirectes en Egypte.  L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.L’offensive israélienne a fait 68.159 morts à Gaza, en majorité des civils, et provoqué un désastre humanitaire, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas.burs-ms/may

La bataille parlementaire autour du budget démarre lundi

La bataille parlementaire est lancée: la commission des Finances de l’Assemblée nationale commence lundi à examiner le projet de budget de l’Etat pour 2026, dans un climat d’antagonisme politique exacerbé et des délais contraints.Après l’échec de la censure du gouvernement minoritaire de Sébastien Lecornu, les groupes politiques ont l’intention d’amender en profondeur un projet de budget jugé insatisfaisant, préfigurant des échanges électriques entre un socle commun fracturé, une gauche traversée de tensions et une extrême droite favorable à une union des droites.  Vendredi, une autre donnée s’est ajoutée au tableau: l’agence de notation S&P a annoncé abaisser d’un cran la note de la France, invoquant une incertitude “élevée” sur les finances publiques, et ce “malgré la présentation cette semaine du projet de budget 2026”.Pour l’année prochaine, le gouvernement ambitionne un effort global d’une trentaine de milliards d’euros, entre nouveaux prélèvements (14 milliards) et économies de dépenses (17 milliards) afin de ramener le déficit public à 4,7% du produit intérieur brut (PIB). Il accepterait d’assouplir cet objectif jusqu’à “sous 5%” pour permettre des compromis. De lundi 09H00 à mercredi soir, la commission des Finances se penchera sur la première partie du projet de loi de finances (PLF), celle consacrée aux recettes, pour une arrivée prévue vendredi dans l’hémicycle et un vote solennel le 4 novembre. Suivront l’examen des dépenses, puis le Sénat.   Le gouvernement a promis de laisser le dernier mot au Parlement, renonçant à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet l’adoption d’un texte sans vote. Les élus disposent en tout de 70 jours pour examiner le PLF à compter du dépôt du texte à l’Assemblée nationale le 14 octobre, soit jusqu’au 23 décembre, avec une promulgation avant le 31 décembre.  – “Très injuste” -Parmi les mesures du PLF figurent une maîtrise des dépenses de l’Etat (sauf pour la défense), le maintien d’un impôt exceptionnel sur les hauts revenus et, partiellement, d’une surtaxe sur les bénéfices des plus grandes entreprises, une taxe sur les holdings patrimoniales, le gel du barème de l’impôt sur le revenu, un abattement forfaitaire sur les revenus des retraités ou la suppression de plus de 3.000 postes de fonctionnaires.  La gauche défendra “la même volonté de corriger un budget très injuste”, a déclaré le patron du PS, Olivier Faure, qui a évité la censure au gouvernement en contrepartie d’une suspension de la réforme des retraites. Les socialistes ont déjà annoncé qu’ils déposeraient un amendement au PLF prévoyant la mise en place d’une taxe Zucman, rejetée par le Premier ministre. Cette taxe, du nom de l’économiste Gabriel Zucman, prévoit de faire payer aux 1.800 contribuables ayant au moins 100 millions d’euros de patrimoine un impôt minimum de 2% de ce patrimoine, y compris professionnel.Au Rassemblement national, on promet de “se battre pied à pied pour protéger les Français”. “Article par article, amendement par amendement (…) on fera le maximum pour éviter la casse, les taxes, les sacrifices”, a prévenu le député Jean-Philippe Tanguy.Au total, environ 1.800 amendements ont été déposés par les députés. Mais l’irrecevabilité d’une partie d’entre eux pourrait réduire le nombre.”Le vrai enjeu, ça va être la séance” dans l’hémicycle, a souligné, le président de la commission des finances, l’Insoumis Eric Coquerel, dimanche sur franceinfo, car les députés repartiront alors de la copie initiale du gouvernement.Le camp gouvernemental appelle lui au compromis. “Ne pas avoir de budget serait un aveu d’impuissance collective énorme”, a mis en garde la ministre chargée des Comptes publics Amélie de Montchalin samedi dans un entretien avec Ouest-France. – “Equilibre” -De son côté, la commission des Affaires sociales débattra à partir de jeudi du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), après l’audition mardi des ministres concernés. Le texte contient des économies tous azimuts: gel des pensions, reste à charge supérieur sur les médicaments et les consultations ou contribution patronale rehaussée sur les titres restaurant et chèques vacances.C’est en novembre que le gouvernement soumettra un amendement de suspension de la réforme des retraites.Si le Parlement ne se prononce pas dans les délais (50 jours pour le budget de la Sécu), le gouvernement peut exécuter le budget par ordonnance. Une loi spéciale peut aussi être votée permettant à l’Etat de continuer à percevoir les impôts existants l’an prochain, tandis que ses dépenses seraient gelées, en attendant le vote d’un réel budget.

Ligue 1: Lens sur sa lancée, Lille plombe Nantes

Lens a disposé du Paris FC (2-1) pour se hisser à la quatrième place de Ligue 1 dimanche lors de la 8e journée, marquée aussi par un derby fou entre Lorient et Brest (3-3) et le déplacement fructueux de Lille à Nantes (2-0).A La Beaujoire, les Lillois ont dominé les débats et marqué en début et fin de match: un premier but plutôt collectif avec Olivier Giroud en passeur décisif pour Hakon Haraldsson, le deuxième sur un exploit individuel de Hamza Igamane.Le Losc monte à la 6e place (14 points) et Nantes reste cloué à la 15e (6 points), pas un début de saison idéal pour le nouvel entraîneur Luis Castro.Les Lensois, sous la houlette de Pierre Sage, ont démarré leur saison du bon pied et enchaînent un quatrième match sans défaite, grâce à Odsonne Edouard et Samson Baidoo, et malgré l’égalisation de Pierre Lees-Melou. Ils sont à égalité de points avec Strasbourg, l’autre sensation du début de saison. Le PFC avec son ambitieux projet reste bloqué à la 11e place (10 points).Encore plus ambitieux cette saison après un mercato dépensier, Rennes fait grise mine après son nul contre Auxerre, le cinquième en huit matches. Au Roazhon Park, les Rennais avaient pourtant semblé vouloir soutenir leur coach Habib Beye, dont la position sur le banc est inconfortable, en dominant la rencontre. Breel Embolo a marqué son deuxième but sous ses nouvelles couleurs.Mais les Bretons se sont montrés trop tendres en prenant deux buts évitables, d’abord sur une perte de balle près de la surface puis en concédant un pénalty. Rennes est 9e avec 11 points. Auxerre est 14e avec 7 points.Lorient et Brest aussi n’ont pas réussi à se départager dans un match riche en buts. Et pourtant Brest pensait avoir enfin pris l’avantage en toute fin de match sur un pénalty de Romain Del Castillo, mais un ciseau de Sambou Soumano a ramené Eric Roy et les siens sur terre. Avec 8 points, Lorient continue à flotter au-dessus des places dangereuses avec une 13e position, deux points devant le barragiste Le Havre. Brest occupe la place du dessus avec un point de plus.Au Stadium, Toulouse a écrasé 4-0 Metz qui avait déjà encaissé deux buts avant d’être réduits à dix. Yann Gboho a mis un but en pivot exceptionnel pour le 3-0. Les hommes de Carles Martinez Novell sont 8e avec 13 points, tandis que Metz reste lanterne rouge avec seulement deux points.Cette 8e journée a été généreuse avec 40 buts, record de la saison.

J-1 avant le marathon budgétaire, les forces politiques fourbissent leurs armes

A la veille d’un débat budgétaire inédit sous la Ve République, les forces politiques, tout en promettant de jouer le jeu du parlementarisme, continuent à fourbir leurs armes pour tenter de modifier la copie du gouvernement et d’arracher des victoires.Pour la première fois depuis 1958, les parlementaires vont débattre dans un contexte très particulier: non seulement le gouvernement ne dispose pas de majorité à l’Assemblée, mais il a renoncé à l’article 49.3 de la Constitution qui lui a permis depuis 2022 de faire adopter, sans vote, tous les budgets.Les passes d’armes vont débuter lundi: l’examen de la première partie du projet de loi de finances pour 2026, consacrée aux recettes de l’Etat, démarre en commission à l’Assemblée où quelque 1.800 amendements ont été déposés.Dans l’hémicycle les députés repartiront de la copie initiale du gouvernement, mais le passage en commission servira tout de même de révélateur des positions des uns et des autres. – “Pas d’illusions” -Les groupes ont promis de ne pas faire d’obstruction afin de ne pas dépasser les délais constitutionnels pour voter les budgets.Mais que ce soit pour celui de l’Etat ou de la Sécurité sociale, chacun va tenter d’arracher des victoires puisque, sans 49.3 possible, c’est la version amendée, issue des débats, qui sera théoriquement soumise au vote à la fin de l’année. La gauche, PS en tête, espère notamment revenir sur l’année blanche, le gel des prestations sociales et compte réintroduire la taxe Zucman sur les hauts patrimoines.”Avec ce gouvernement, on va avoir un dialogue permanent où ils seront ce qu’ils sont, la droite, et nous serons ce que nous sommes, la gauche. C’est la meilleure façon de dégonfler l’extrême droite”, veut croire le premier secrétaire du PS Olivier Faure dans un entretien à Mediapart.Le président de la Commission des Finances de l’Assemblée, l’Insoumis Eric Coquerel, lui, ne veut pas se faire d'”illusions” : “il n’y aura pas de majorité pour passer beaucoup des mesures” voulues par la gauche. Au final, l’objectif de La France insoumise sera donc de “battre”, ne pas voter, ce budget. A droite, malgré leurs divergences, Les Républicains promettent de lutter contre les hausses d’impôts et pour une baisse de la dépense publique. Et le Rassemblement national pourrait remettre sur la table la suppression de l’Aide médicale d’Etat pour les sans-papiers, une ligne rouge pour la gauche.- “Appel à la lucidité” -Face à cela, le camp gouvernemental appelle au compromis.”Ne pas avoir de budget serait un aveu d’impuissance collective énorme”, a mis en garde la ministre chargée des Comptes publics Amélie de Montchalin, son collègue à l’Economie Roland Lescure lançant “un appel à la lucidité” et “la responsabilité”.La dette française apparaît de plus en plus vulnérable sur les marchés.Vendredi, l’une des plus grandes agences de notation, S&P Global Ratings, a abaissé d’un cran la note de la France, invoquant une incertitude “élevée” sur les finances publiques. Fitch avait dégradé sa note en septembre et la décision de Moody’s est attendue vendredi.La promesse de suspension de la réforme des retraites, enjeu majeur pour permettre à Sébastien Lecornu de se maintenir, continue d’agiter la classe politique.”Je considère que cette suspension est en réalité une abrogation. Le débat est à présent renvoyé à l’élection présidentielle”, affirme Olivier Faure.Mais le gouvernement a fait le choix d’inscrire cette promesse dans un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Et certains craignent que cette voie lui permette de ne pas acter la suspension en cas d’enlisement des débats et de recours à des ordonnances pour faire passer le budget.”Il n’y a ni entourloupe ni plan caché”, a assuré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon au Parisien, le Premier ministre “veut permettre à l’Assemblée de débattre”.Pas de quoi convaincre le RN et LFI qui demandent à Sébastien Lecornu “une lettre rectificative” permettant de modifier le projet de budget de la Sécu avant son examen. “Cela fait partie des options que nous avons demandées au Premier ministre”, a déclaré à l’AFP Pierre Jouvet, le secrétaire général du PS. “On regarde tout et on réfléchit à tout”, a commenté de son côté un conseiller gouvernemental.Cette piste n’est pas envisageable pour le président (LR) du Sénat Gérard Larcher, qui a estimé sur RTL/Public Sénat que cela “amputera de 15 jours” les débats à la chambre haute. Il a aussi mis en garde contre un éventuel recours aux ordonnances, une “négation du Parlement”.”Si ce sont des ordonnances qui font office de pseudo 49.3, la censure sera là”, a aussi averti Olivier Faure.

Présidentielle en Bolivie: début du dépouillement pour départager deux candidats de droite

Les Boliviens ont voté dimanche pour élire leur prochain président parmi deux candidats de droite, dans un pays miné par une profonde crise économique qui a eu raison de vingt ans de gouvernements socialistes.Les bureaux de vote ont fermé à 16H00 locales (20H00 GMT), ont constaté des journalistes de l’AFP. Les premiers résultats sont attendus …

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Israël dit cesser ses frappes à Gaza, après avoir accusé le Hamas de violer la trêve

Israël a annoncé l’arrêt de ses frappes dimanche soir à Gaza, en application du cessez-le-feu, après avoir mené des raids meurtriers contre des cibles du Hamas qu’il a accusé d’avoir attaqué ses troupes, les premières violences de cette ampleur depuis le début de la trêve.La Défense civile, opérant sous l’autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, a fait état de 45 Palestiniens tués dans les bombardements israéliens. L’armée israélienne a elle annoncé la mort de deux soldats tués au combat à Rafah dans le sud du territoire palestinien dévasté et assiégé.Après avoir accusé le Hamas de violation de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, Israël a suspendu l’entrée “jusqu’à nouvel ordre” de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, où la population manque de tout, selon un responsable israélien.Le mouvement palestinien a démenti les accusations israéliennes, accusant en retour Israël “d’inventer des prétextes” pour reprendre” la guerre. “Conformément aux directives de l’échelon politique, et après une série de frappes significatives en réponse aux violations du Hamas”, les troupes ont “repris l’application du cessez-le-feu”, a ensuite indiqué l’armée en soirée. Les forces israéliennes “continueront de respecter l’accord de cessez-le-feu” mais “riposteront avec fermeté à toute (autre) violation”, a-t-elle averti.Avant cette annonce, des Gazaouis ont fait part de leur vive inquiétude, redoutant un retour à la guerre,  déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.”C’est comme si la guerre avait repris. Le sang coule de nouveau”, a affirmé Abdallah Abou Hassanein, 29 ans, dans le secteur de Bureij (centre), visé par des frappes.- “Mon Dieu!” -“Mon Dieu! A peine quelques jours sont passés depuis la trêve, nous n’avons même pas eu le temps de respirer, et maintenant les bombardements reprennent de plus belle”, a fait écho Oum Mohamed Abou  Awda à Nousseirat (centre).Des images de l’AFP ont montré des Palestiniens courir pour trouver un abri après des bombardements à Bureij, ainsi que des blessés et des corps de victimes transportés dans un hôpital de Deir al-Balah (centre), où des Palestiniens pleurent leurs proches, autant de scènes quotidiennes pendant la guerre. L’armée, qui contrôle la moitié du territoire palestinien, a dit plus tôt dans la journée avoir frappé “des dizaines de cibles terroristes du Hamas” dans la bande de Gaza, dont des stocks d’armes et tunnels, “en réponse à la violation flagrante du cessez-le-feu”.Selon un responsable israélien, le Hamas a tiré sur les troupes à Rafah (sud) et des combattants palestiniens qui s’étaient approchés de zones de contrôle israélien à Beit Lahia (nord) ont été “éliminés lors d’une frappe”.Dans un communiqué, le Hamas a affirmé n’avoir “aucune connaissance d’incidents ou d’affrontements” à Rafah et a réaffirmé son “engagement total à mettre en œuvre tout ce qui a été convenu, en premier lieu le cessez-le-feu.” Selon un témoin, des combattants du Hamas avaient ciblé un groupe rival dans un secteur de Rafah, près duquel des chars israéliens sont déployés. “Il semble qu’il y ait eu des affrontements. L’armée de l’air israélienne a ensuite mené des frappes.”Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations des différentes parties.- Witkoff au Moyen-Orient -Ces violences sont survenues alors que l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, est attendu au Moyen-Orient la semaine prochaine. Après deux ans de guerre destructrice et sous la pression du président américain, Israël et le Hamas ont conclu un accord de cessez-le-feu après des négociations indirectes en Egypte.  En vertu de la première phase de cet accord basé sur un plan de M. Trump, le Hamas a remis le 13 octobre, en échange de près de 2.000 prisonniers palestiniens les 20 captifs vivants qu’il détenait encore depuis le 7-Octobre et a rendu jusque-là 12 des 28 dépouilles d’otages toujours retenues à Gaza.Dimanche, le Hamas a annoncé avoir trouvé un 13e corps d’otage à Gaza, s’engageant “si les conditions le permettent” à le restituer plus tard à Israël.Depuis le début de la trêve, l’armée israélienne, qui contrôle tous les accès de Gaza, avait laissé entrer via un point de passage des camions d’aide humanitaire, mais les organisations internationales jugent ces aides très insuffisantes et ont appelé à l’ouverture de tous les passages, dont celui de Rafah avec l’Egypte.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.L’offensive israélienne a fait 68.159 morts à Gaza, en majorité des civils, et provoqué un désastre humanitaire, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas.

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Israël a annoncé l’arrêt de ses frappes dimanche soir à Gaza, en application du cessez-le-feu, après avoir mené des raids meurtriers contre des cibles du Hamas qu’il a accusé d’avoir attaqué ses troupes, les premières violences de cette ampleur depuis le début de la trêve.La Défense civile, opérant sous l’autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, …

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