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Marchés financiers: l’or s’envole au-delà des 5.100 dollars, les Bourses calmes
L’or poursuit sa course aux records lundi, dépassant pour la première fois de son histoire les 5.100 dollars l’once, dans un contexte d’incertitude suscitée par la présidence Trump, pendant que les Bourses patientent avant une semaine riche en événements.Le métal jaune s’est hissé lundi à un nouveau record, à 5.111,07 dollars l’once (31,1 g). Vers 16H45 GMT, il valait 5.068,30 dollars (+1,62%).La faiblesse du dollar américain alimente “une perte plus large de confiance dans les monnaies fiduciaires, qui a longtemps soutenu l’attrait de l’or”, explique Fawad Razaqzada, analyste de marché chez Forex.com. “À cela s’ajoute une incertitude persistante sur les politiques mondiales, et il n’est guère surprenant de voir les capitaux continuer à affluer vers les actifs tangibles.”La récente envolée de l’or, valeur refuge par excellence, a été soutenue par les tensions autour du Groenland, dont le président américain Donald Trump a dit vouloir s’emparer, promettant à ses alliés européens des taxes douanières en cas d’opposition, avant finalement de lever sa menace, assurant avoir “conçu le cadre d’un futur accord”.L’argent a lui aussi touché un nouveau record lundi à plus de 114,50 dollars l’once. Vers 16H45 GMT, il grimpait de 9,13% à 112,61 dollars.”Ce mouvement souligne un changement de comportement des investisseurs”, relève Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com. “Les métaux précieux ne sont plus considérés uniquement comme des instruments de couverture stratégique, mais de plus en plus comme des réserves de valeur alternatives dans un monde marqué par les fractures politiques, les tensions budgétaires et l’incertitude monétaire”, explique-t-elle.Côté marchés boursiers, la prudence reste de mise lundi, à l’orée d’une semaine chargée, avec une réunion de la Réserve fédérale américaine.Elle se tiendra dans un contexte tendu, le président de l’institution Jerome Powell ayant révélé début janvier l’existence d’une procédure lancée par le ministère de la Justice contre lui. Il a dénoncé une énième tentative d’intimidation de la Fed par l’exécutif.En Europe, la Bourse de Paris a terminé en petite baisse de 0,15%, Londres est restée à l’équilibre (+0,05%), quand Francfort (+0,13%) et Milan (+0,26%) ont terminé en timide hausse.”Ce climat de prudence fait suite aux turbulences de la semaine dernière, déclenchées par les menaces douanières surprises du président américain Donald Trump liées au Groenland, visant” des pays européens, relève Patrick Munnelly, de Tickmill Group.”Bien que cette menace ait depuis été retirée, les investisseurs restent méfiants quant aux conséquences potentielles à long terme sur le commerce mondial si les droits de douane devenaient un outil de négociation récurrent”, poursuit-il.A Wall Street, les indices restaient plus optimistes, le Dow Jones s’octroyant 0,30%, le S&P 500 0,59% et le Nasdaq 0,74%, avant la publication des résultats des grands noms du secteur technologique.Microsoft, Meta et Tesla publieront leurs résultats après la clôture mercredi. Apple fera de même jeudi.Le prix du gaz s’envoleLe gaz naturel américain a atteint lundi un nouveau sommet depuis 2022, à 6,293 dollars par million de British thermal unit (BTU, une unité de mesure anglo-saxonne).”Cette hausse intervient alors qu’une tempête hivernale frappe les États-Unis, près de la moitié des États ayant déclaré l’état d’urgence”, relèvent les analystes d’ING. “Ces conditions extrêmes vont stimuler la demande de chauffage et mettre les infrastructures énergétiques sous pression.”Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a lui touché un plus haut depuis mars 2025, à 43,38 euros le mégawattheure (MWh). Son cours était de 39,18 euros vers 16h45 GMT.Le yen bonditLe yen flambe, prenant 1,14% par rapport au billet vert à 153,93 yens pour un dollar vers 16H45 GMT.La monnaie nippone a été portée lundi par des informations relayées par l’agence de presse Bloomberg, selon lesquelles la Réserve fédérale américaine pourrait soutenir une intervention de Tokyo pour faire remonter son cours, en chute libre ces dernières semaines.Cela “a renforcé les anticipations selon lesquelles toute mesure visant à soutenir le yen pourrait être coordonnée entre le Japon et les États-Unis”, relève Kat Hudson, de Hargreaves Lansdown.
JO-2026: la neige tombe à point nommé sur les Alpes italiennes
La neige est tombée sur les Alpes italiennes juste à temps pour le coup d’envoi des Jeux olympiques d’hiver de Milan Cortina (6-22 février), dissipant les craintes de voir des pistes artificiellement enneigées serpenter au milieu de versants verdoyants.De Bormio, qui accueillera les épreuves de ski alpinisme, à la vallée d’Antholz, où les biathlètes tireront à la carabine, les sites ont connu d’intenses chutes de neige moins de deux semaines avant la cérémonie d’ouverture du 6 février, a rapporté lundi un expert.”La neige est arrivée”, a déclaré à l’AFP le météorologue italien Mattia Gussoni, tandis que des photos de la région montraient des sommets enneigés, des nuages bas et laiteux ainsi que des champs recouverts de neige.Les Jeux olympiques de Milan Cortina se dérouleront sur plusieurs sites situés dans les montagnes du nord de l’Italie, avec notamment le ski alpin féminin à Cortina d’Ampezzo et le ski freestyle à Livigno.Ces stations, dont la plupart sont nichées au coeur des majestueuses Dolomites, sont situées entre 1.200 et 1.800 mètres d’altitude, une hauteur qui garantit traditionnellement la présence de neige.Mais avec la diminution de moitié de la couverture neigeuse dans les Alpes italiennes au cours des 100 dernières années en raison du réchauffement climatique, les organisateurs des JO craignaient des conditions printanières.- “Chutes de neige abondantes” -“Dans les prochains jours, et surtout à partir de demain (mardi) soir, de nouvelles chutes de neige abondantes sont attendues”, a déclaré M. Gussoni.”C’est une excellente nouvelle à l’approche de l’ouverture des Jeux olympiques. Au moins, il ne manquera pas de neige début février”, a-t-il ajouté.Cela ne signifie pas pour autant qu’il ne sera pas nécessaire de recourir à la neige artificielle pour les JO, produite à l’aide de canons et de lanceurs qui pulvérisent de l’eau dans l’air froid pour la transformer en fine neige.Les fédérations internationales qui régissent le ski et le biathlon exigent toutes deux que les organisateurs disposent d’équipements de production de neige, au cas où cela s’avérerait nécessaire.Et le comité d’organisation des JO-2026 a déclaré qu’il prévoyait de produire 2,4 millions de mètres cubes de neige artificielle, ce qui nécessitera 948.000 mètres cubes d’eau.Une quantité d’eau toutefois bien moindre que celle requise lors des Jeux olympiques d’hiver de Pékin en 2022, où 890.000 mètres cubes ont été utilisés pour le site de ski alpin de Yanqing à lui tout seul. Auxquels s’est ajouté 1,9 million de mètres cubes supplémentaires pour l’ensemble des autres sports de neige, selon les statistiques olympiques.M. Gussoni a toutefois estimé qu’il était encore “un peu trop tôt pour dire” s’il y aurait de nouvelles chutes de neige garantissant un décor hivernal immaculé jusqu’au terme des Jeux, le 22 février.”Il reste encore trop de semaines” au cours desquelles “les conditions météorologiques devraient également être assez changeantes”, a-t-il noté.
Israël rapatrie le corps de Ran Gvili, son dernier otage à Gaza
Israël a annoncé lundi avoir rapatrié le corps de Ran Gvili, son dernier otage à Gaza, ce qui devrait ouvrir la voie à la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l’Egypte et à l’avancée du plan de Donald Trump. “A l’issue de la procédure d’identification menée par le Centre national de médecine légale, des représentants de Tsahal ont informé la famille de l’otage Ran Gvili, (…) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé”, a indiqué l’armée dans un communiqué.Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a salué “une réussite extraordinaire pour l’Etat d’Israël”. “Nous les avons tous ramenés, jusqu’au tout dernier captif”, a-t-il déclaré devant des journalistes au Parlement.Le 7 octobre 2023, au cours de l’attaque du Hamas sur le sol israélien ayant déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 déjà mortes, avaient été enlevées pour servir d’otages par le Hamas et des groupes alliés.Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.- Limitée aux piétons -Ran Gvili, policier tombé au combat en défendant le kibboutz Aloumim, était âgé de 24 ans.Seule sa dépouille n’avait jusque là pas été rendue à Israël dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur sous pression américaine le 10 octobre entre Israël et le Hamas. Ses parents avaient exprimé leur opposition à la poursuite de la mise en oeuvre du plan de Donald Trump pour mettre fin durablement à la guerre à Gaza tant que les restes de leur fils n’étaient pas revenus.Dimanche, les forces israéliennes avaient lancé des fouilles dans un cimetière du nord de Gaza. La branche armée du Hamas avait auparavant affirmé avoir donné aux médiateurs dans le conflit “tous les détails et informations en (sa) possession” sur l’emplacement du corps du captif. Le retour de sa dépouille devrait permettre une réouverture du poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l’Egypte, seule porte de sortie du territoire palestinien sans passer par Israël et passage crucial pour l’acheminement de l’aide humanitaire. Sa réouverture est réclamée de longue date par les Nations Unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu’elle serait partielle. Le passage ne sera ouvert que “pour les piétons et soumis à un mécanisme complet d’inspection israélien”, a annoncé dans la nuit le bureau de M. Netanyahu. La réouverture de Rafah devait au départ intervenir dans la première phase du plan Trump, qui a permis l’entrée en vigueur de la trêve. – “Voyager est un rêve” -Washington a annoncé mi-janvier le passage à la phase deux de ce plan, malgré le maintien de la fermeture, qu’Israël justifiait par la non remise du corps de Ran Gvili. Sur le terrain, alors que les deux parties s’accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d’habitants palestiniens. “Le monde ne se soucie pas de nous. Pour nous, voyager est un rêve de retour à la vie”, témoigne Maha Youssef, 37 ans, déplacée dans l’est de la ville de Gaza pendant la guerre.”Même si cela est financièrement difficile et probablement instable, mes enfants pourraient voir à quoi ressemble une vie normale et la vivre et au moins, ils pourraient aller à l’école”, ajoute-t-elle.La deuxième étape du plan Trump, endossé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies en novembre, prévoit le désarmement du Hamas, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza, le retrait progressif de l’armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.
JO-2026: triple médaillé olympique en ski, Pinturault grand absent de la sélection
Plus grand palmarès du ski alpin français, Alexis Pinturault doit faire le deuil d’une ultime participation aux JO: de retour après deux hivers plombés par les blessures, le triple médaillé olympique n’a pas été sélectionné pour les Jeux de Milan Cortina qui débutent dans 11 jours.Le skieur de Courchevel aux 34 victoires en Coupe du monde, trois podiums olympiques et trois titres mondiaux, en manque de gros résultats cet hiver, n’a pas été retenu parmi les sept hommes sélectionnés en ski alpin, dont le champion olympique du slalom Clément Noël et la révélation de l’hiver Paco Rassat.En raison d’une règle complexe d’allocation des quotas olympiques entre les pays par la Fédération internationale de ski, le clan français avait déchanté il y a dix jours en comprenant qu’au lieu des 11 places escomptées pour les hommes, il n’en obtiendrait que sept (huit pour les femmes).”Ça va être assez difficile”, anticipait mi-janvier Xavier Fournier-Bidoz, entraîneur du groupe vitesse de l’équipe de France.Pour quelques skieurs (Noël et Rassat en slalom, Nils Allègre en vitesse), la sélection ne faisait aucun doute mais pour d’autres cas les sélectionneurs avaient de quoi s’arracher les cheveux.En slalom, qui de Steven Amiez ou de Victor Muffat-Jeandet, tous les deux dans le top 15 mondial? En vitesse, Maxence Muzaton a redistribué toutes les cartes samedi en arrachant à 35 ans et à la surprise générale la 3e place de la mythique descente de Kitzbühel. Et en géant, comment décider de se priver d’Alexis Pinturault, immense nom du ski français, quand bien même il n’est pas le plus performant cet hiver?Face à ce casse-tête, les sélectionneurs ont tranché. Ce sera Nils Alphand et Maxence Muzaton en vitesse, Steven Amiez en slalom et Léo Anguenot en géant. En renonçant donc à Pinturault, cadre des Bleus depuis plus de douze ans.”Alexis a accepté la décision comme le grand champion qu’il est”, a affirmé en conférence de presse David Chastan, responsable du ski alpin au sein de la Fédération française de ski. “Il a tout fait pour essayer de faire les Jeux mais c’est aussi quelqu’un qui respecte le choix de cette sélection (…). Il y des athlètes qui ont fait des meilleurs résultats que lui.”- “Je n’estime pas avoir un passe-droit” -A 34 ans, le skieur de Courchevel avait fait des JO de Milan Cortina une des ses principales sources de motivation pour ne pas arrêter sa carrière après deux graves blessures aux genoux (janvier 2024, janvier 2025).Triple médaillé olympique, la première fois en 2014, il avait décidé cette saison d’abandonner les épreuves de vitesse auxquelles il s’était consacré depuis deux ans pour se concentrer uniquement sur le géant. Mais les résultats cet hiver (trois top 15, cinq top 20 en six courses de Coupe du monde) n’auront pas été suffisants.”J’avais utilisé les mots +course contre la montre+, je n’ai pas parlé de +préparation+ dans l’objectif des Jeux olympiques. J’étais lucide sur le fait qu’il y a énormément de choses à reconstruire dans un temps très court”, affirmait-il début janvier.”Je n’estime pas avoir un passe-droit, je pense que, comme tout le monde, je dois montrer des résultats”, ajoutait alors le vainqueur du classement général de la Coupe du monde en 2021.Le skieur doit s’aligner mardi au géant de Coupe du monde à Schladming (Autriche). Il a plusieurs fois répété qu’il voulait se laisser le temps de la réflexion avant de décider de prendre sa retraite, évoquant la possibilité de continuer jusqu’aux Mondiaux-2027.Chez les femmes, la France disposait de huit quotas en ski alpin, pour à peine plus d’athlètes évoluant sur le circuit de la Coupe du monde. Cheffe de file des Bleues, Romane Miradoli a été sélectionnée avec Camille Cerutti et Laura Gauché, Marie Lamure, Marion Chevrier, Clara Direz, Caitlin McFarlane et Doriane Escané.Au total 160 athlètes français (158 + 2 remplaçants pour le bobsleigh) ont été sélectionnés pour Milan Cortina, un record pour des Jeux d’hiver. La France vise “un top 5 olympique”, avec l’ambition de faire “un peu plus de 50% de médailles par rapport aux Jeux de Pékin” en 2022 (14 médailles, dont 5 en or), avait indiqué en octobre Yann Cucherat, manager de la haute performance à l’Agence nationale du sport.




