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Le budget de l’Etat de retour à l’Assemblée, au bout du tunnel le 49.3?

Après une première lecture infructueuse, l’Assemblée a repris jeudi en commission l’examen du budget de l’Etat pour 2026, avec l’espoir partagé par le gouvernement et les parlementaires de trouver une issue rapide, quitte à en passer par l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.Le 19 décembre, une commission mixte partiaire – composée de sept députés et sept sénateurs – avait rapidement acté l’impossibilité pour les représentants des deux chambres de s’accorder sur une version du texte, rendant impossible l’adoption du budget avant le 31 décembre.Le gouvernement a donc dû recourir en fin d’année à une loi spéciale permettant d’assurer la continuité de l’Etat, en reconduisant en 2026 les impôts de 2025. Mettant en suspens notamment l’augmentation des crédits de défense, ou encore quelques mesures agricoles à l’heure où la profession manifeste sa colère.Le projet de loi de finances est désormais de retour en nouvelle lecture à la chambre basse, jusqu’à samedi en commission, puis à partir de mardi dans l’hémicycle, et théoriquement jusqu’au 23 janvier. En cas d’adoption du texte, il faudra encore, pour qu’elle soit définitive, que le Sénat l’approuve dans les mêmes termes, ou que l’Assemblée statue une troisième fois. Les députés repartiront de la version du Sénat.Le gouvernement souhaite quoi qu’il en soit aller vite, afin de doter la France d’un véritable budget d’ici la fin du mois, et de revenir en 2026 sous la barre des 5% de déficit, contre 5,4% en 2025. Le chef des députés PS, Boris Vallaud, a lui aussi estimé dans Libération mercredi qu’il était “temps (…) de sortir de cette séquence budgétaire”.- Montchalin “n’exclut rien” -Sur le plan de la méthode, l’utilisation du 49.3, qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote en engageant sa responsabilité, semble de plus en plus inéluctable, faute de majorité à l’Assemblée nationale.La ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a affirmé jeudi sur RTL qu’elle “n’excluait rien qui puisse donner à la fin un budget aux Français”, confirmant qu’il “y a des méthodes autres que le vote si le vote n’est pas possible”. Mais en l’absence d’accord politique, notamment avec les socialistes qui détiennent une partie des clés de la censure, “il n’y aura pas de budget”, a-t-elle rappelé.La voie des ordonnances, inédite, semble elle compromise, le PS y voyant la “pire des solutions”.La question du 49.3 a été agitée lors d’une réunion à Bercy mardi, qui a réuni pendant plus de quatre heures des représentants de la coalition gouvernementale, des indépendants de Liot et du PS autour des ministres Amélie de Montchalin (Comptes publics) et Roland Lescure (Economie).Alors que Sébastien Lecornu s’est engagé auprès du PS en octobre à ne pas utiliser le 49.3, la balle est désormais dans son camp. Mais il “devra donner des motifs de ne pas être censuré”, a prévenu M. Vallaud dans Libération.- Plus de 2.000 amendements -Quels pourraient être les termes d’un pacte de non-censure? Ils sont pour l’heure difficiles à cerner. Le rapporteur général du budget LR Philippe Juvin propose dans un document révélé par Les Echos et consulté par l’AFP une hausse des recettes de 2,93 milliards par rapport à la version du Sénat et une baisse des dépenses de 6,2 milliards.Bien éloigné du PS, qui souhaite, lui, augmenter les dépenses de neuf milliards d’euros, par rapport à la version initiale du gouvernement.L’examen en commission devrait en tout donner lieu de nouveau à des débats enflammés, avec plus de 2.000 amendements déposés.Que ce soit sur le barème de l’impôt sur le revenu – dont les députés LR exigent le dégel total, contrairement aux sénateurs LR; la surtaxe sur les bénéfices des entreprises – le PS en espère 8 milliards d’euros, LR au maximum 4; ou côté dépenses, sur la réduction des effectifs d’enseignants souhaitée par le gouvernement et que rejettent les socialistes.Avec de fortes chances selon plusieurs parlementaires d’aboutir au même résultat qu’en première lecture: la commission avait rejeté la partie recettes comme la partie dépenses du budget.

Trump étudie “activement” un achat du Groenland, affirme la Maison Blanche

Donald Trump étudie “activement” un achat du Groenland, a déclaré mercredi la porte-parole de la Maison Blanche, tout en refusant une nouvelle fois d’exclure l’option militaire pour acquérir ce territoire semi-autonome du Danemark, qui a toujours dit ne pas être à vendre.Les intentions américaines suscitent l’inquiétude des alliés européens, qui se préparent à “riposter” à toute forme d’intimidation, selon le ministre français des Affaires étrangères mercredi.”Le président et son équipe de sécurité nationale (en) discutent activement”, a déclaré Karoline Leavitt lors d’une conférence de presse, en réponse à une question sur une possible acquisition, affirmant que cette idée n’était pas “nouvelle” pour les Etats-Unis.A la question de savoir ce que Washington aurait à gagner d’une telle acquisition alors que les traités existants permettent déjà aux Etats-Unis d’avoir une présence militaire au Groenland, Karoline Leavitt a affirmé que “davantage de contrôle sur la région de l’Arctique” était recherché, de même que “s’assurer que la Chine et la Russie, et nos adversaires ne puissent pas continuer leur agression dans cette région très importante et stratégique”.Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait annoncé plus tôt dans la matinée qu’il rencontrerait la semaine prochaine des responsables du Danemark pour évoquer la question du territoire semi-autonome, mais sans préciser le lieu ni le format.- Normalisation -La cheffe de la diplomatie du Groenland a indiqué que son gouvernement participerait à cette rencontre.”Rien sur le Groenland sans le Groenland. Bien sûr que nous allons y participer. C’est nous qui avons demandé une réunion”, a dit à la télévision publique danoise DR Vivian Motzfeldt.Plusieurs fois, le Groenland, soutenu par sa puissance de tutelle, a dit ne pas être à vendre et vouloir décider seul de son avenir.Pour Vivian Motzfeldt, les discussions de la semaine prochaine doivent être l’occasion de normaliser les relations avec Washington.”Le Groenland a besoin des Etats-Unis et les Etats-Unis ont besoin du Groenland en matière de sécurité dans l’Arctique”, a-t-elle dit au quotidien groenlandais Sermitsiaq.Alors que Karoline Leavitt avait affirmé la veille que Donald Trump envisageait d'”utiliser l’armée” pour mener à bien une acquisition du Groenland, la porte-parole a réitéré mercredi ses propos, qui ont provoqué l’indignation en Europe.”Toutes les options sont toujours sur la table pour le président Trump”, a-t-elle répondu à un journaliste qui demandait pourquoi la Maison Blanche n’écartait pas une option militaire.”Mais je dirais simplement, le premier choix du président a toujours été la diplomatie”, a-t-elle précisé.Marco Rubio avait également affirmé devant la presse au Capitole: “Si le président identifie une menace envers la sécurité nationale des Etats-Unis, chaque président conserve l’option d’y faire face à travers des moyens militaires”.- “Malentendus” -Face aux déclarations de la Maison Blanche, les Européens ont exhorté au dialogue.Nuuk et Copenhague contestent notamment l’argument de Donald Trump, qui répète avoir besoin de ce territoire situé entre l’Atlantique Nord et l’océan Arctique pour assurer sa sécurité face à la Chine et à la Russie.”Nous ne partageons pas cette idée selon laquelle le Groenland serait couvert d’investissements chinois”, a dit le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen.Le Danemark a fortement investi dans la sécurité arctique ces 12 derniers mois, allouant pour cela quelque 90 milliards de couronnes (1,2 milliard d’euros).La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a averti que le Danemark –Groenland compris — étant membre de l’Otan, une attaque américaine contre l’un des membres de l’Alliance signifierait “la fin de tout”, notamment de l’ordre de sécurité international établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale.La France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont également apporté leur soutien à Copenhague.Le vice-chancelier autrichien, Andreas Babler, a exhorté mercredi l’Union européenne à élaborer un “catalogue” de mesures pour dissuader toute tentative américaine d’annexer le Groenland, dont la menace de sanctions “sévères” contre des géants technologiques américains et des droits de douane “punitifs” sur certains produits agricoles.

“Amazing!”: le “Trump chinois” fait rire des deux côtés du Pacifique

Mains ouvertes en V comme Donald Trump, il imite la voix et la gestuelle du président américain à la quasi-perfection: le Chinois Ryan Chen, 42 ans, devient un phénomène sur les réseaux sociaux avec ses vidéos humoristiques.Rien ne prédestinait l’ex-directeur commercial à cette carrière, qui a véritablement décollé en 2025 avec le retour de M. Trump à la Maison Blanche. “Trump, c’est une ressource inépuisable, car c’est la personnalité qui génère le plus de trafic internet au monde”, explique à l’AFP cet habitant de Chongqing (sud-ouest), elle-même devenue populaire en ligne grâce à ses gratte-ciel spectaculaires et ses rues labyrinthiques.Ryan Chen ne fait pas de satire politique, un terrain miné en Chine et qui peut valoir une suspension de compte. Dans ses vidéos, en anglais sous-titré en mandarin, il présente avec humour la nourriture, les habitudes et les villes chinoises, les différences culturelles, blague avec des étrangers ou danse sur “YMCA”, chanson fétiche de Donald Trump. Le tout émaillé de “tremendous!” (“phénoménal”) et d'”amazing!” (“incroyable”) – superlatifs qu’affectionne le président américain. “La politique ne m’intéresse pas. Mais je trouve que c’est un excellent +showman+”, affirme Ryan Chen à propos de Donald Trump, qu’il suivait déjà lorsqu’il animait l’émission de téléréalité “The Apprentice”. “Si je l’imite, ce n’est pas pour me moquer de lui, mais pour gagner en visibilité. Elle me sert à faire avancer ma carrière et faire connaître la Chine et ma ville”, précise-t-il, coiffé d’un chapeau blanc de cow-boy.- “Voisin de palier” -Désormais reconnu dans la rue, il compte plus d’un million d’abonnés sur Instagram, presque autant sur TikTok, et plus de 2,5 millions sur les plateformes chinoises. “Le point fondamental, c’est de maîtriser l’anglais”, avec le niveau d’un “locuteur natif”, puis de travailler sa voix, explique cet autodidacte qui a appris la langue en regardant des séries américaines comme “Friends” ou “The Big Bang Theory”.Autre impératif: “rester branché sur l’actu” Trump car le milliardaire est “une source intarissable de trucs marrants”, raconte Ryan Chen, qui dit aussi s’inspirer des imitateurs américains. Employé dans l’architecture, secteur frappé par la crise immobilière, il a d’abord voulu se ménager “une porte de sortie” en créant des vidéos en ligne pour enseigner l’anglais. Sans vraiment percer. Jusqu’au jour où un ami le met au défi d’imiter Donald Trump dans ses vidéos: elles deviennent virales. Son apparition en avril dans un direct d’IShowSpeed, vidéaste et influenceur américain aux 47 millions d’abonnés sur YouTube alors en visite en Chine, dope encore sa visibilité. Donald Trump a pris une telle place dans sa vie que Ryan Chen dit éprouver une certaine familiarité, comme à l’égard d’un “voisin de palier”.Il se voit comme un “pont” entre des internautes étrangers désireux de découvrir la Chine urbaine, “son ambiance vivante et chaleureuse”, et des Chinois avides de comprendre les cultures et les codes humoristiques d’autres pays.- Au cinéma? -De son vrai nom Chen Rui, l’imitateur affirme pouvoir vivre de son activité. “Ma principale source de revenus, c’est la publicité”, explique-t-il, avec des “marques pour lesquelles je fais de la promotion de produits, comme des voitures, des produits électroniques, des jeux, du lait”.Il fait également de l’animation lors d’événements ou de soirées d’entreprises.Mais il a un autre rêve: “jouer au cinéma”.”Un réalisateur pourrait me proposer un petit rôle. Par exemple, quelqu’un de l’univers Marvel, pour une apparition”, sourit-il. Signe que son imitation n’a, semble-t-il, pas indisposé l’administration Trump, Ryan Chen a obtenu un visa pour les Etats-Unis, où il est actuellement en voyage.Aucun entretien avec le président américain n’est prévu à ce stade.  Mais Donald Trump pourrait venir en Chine en avril pour une visite d’Etat. “Le rencontrer serait sans doute très cool”, mais Ryan Chen dit n’avoir “pas de désir particulier” de le faire car cela deviendrait vite une affaire diplomatique. “Je suis juste un humoriste. Je n’ai pas d’aspiration politique”, souligne-il. Il espère toutefois voir Chine et Etats-Unis “coexister en bonne intelligence” et appelle Donald Trump à venir “goûter la fondue” de Chongqing, extrêmement épicée. L’invitation est lancée. 

Des tracteurs de la Coordination rurale ont rejoint la tour Eiffel et l’Arc de Triomphe

Une centaine d’agriculteurs en tracteurs membres du syndicat Coordination rurale sont entrés dans Paris jeudi avant l’aube et certains ont gagné la tour Eiffel ou l’Arc de Triomphe, afin de porter les revendications d’une profession en colère.”Mission accomplie”, s’est félicité sur Europe 1 Bertrand Venteau, président du deuxième syndicat agricole français, rappelant leur ambition de rencontrer la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat pour “qu’on leur explique que les parlementaires depuis 30 ans ont contribué à la mort de l’agriculture française”.”Mais aussi une forte pensée à tous ceux qui se sont fait arrêter par les forces de police qui aujourd’hui sont parqués dans le froid (…) et des tracteurs qui sont mis en fourrière”, a-t-il ajouté, sans plus de précisions.Selon le ministère de l’Intérieur à l’AFP, une centaine de tracteurs sont dans Paris “mais la plupart sont bloqués aux portes de la capitale”.Un appel à manifester devant l’Assemblée nationale à 10H00 a été lancé par la CR.Bertrand Venteau avait précédemment affirmé que la CR entendait porter “pacifiquement” ses demandes aux parlementaires et sur des lieux parisiens “symboliques”, quitte à voir la moitié de ses troupes “finir en garde à vue”.Un arrêté de la préfecture de police mercredi soir avait interdit l’accès des tracteurs à certaines zones sensibles de la capitale notamment l’Elysée, Matignon, le Parlement, les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, ou le marché de Rungis, entre autres.D’après un journaliste de l’AFP, une vingtaine d’agriculteurs sont présents à la tour Eiffel, leurs tracteurs (une dizaine) garés tout près.Sur la pelle d’un tracteur, il est inscrit “CR 33 NON AU MERCOSUR”.Selon Ludovic Ducloux, coprésident de la CR 33, les agriculteurs sont arrivés vers 03H30-04H00 près de la Dame de fer. “On a mis 40 minutes à arriver, on n’a pas trouvé de gendarmes sur notre route”, a-t-il commenté auprès de l’AFP.Sous l’Arc de Triomphe à 06H00, une quinzaine de tracteurs cernés par un imposant dispositif des forces de l’ordre étaient immobilisés, a constaté un journaliste de l’AFP.”France! Veux-tu encore de tes paysans”, peut-on lire sur la pelle de l’un de ces tracteurs. “On avait dit qu’on monterait à Paris, on y arrive”, a ajouté Ludovic Ducloux.La CR entend protester notamment contre l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur mais aussi contre la gestion par l’Etat de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine (DNC) qui a attisé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest, bastion historique de la CR.Près de Bordeaux, l’accès au dépôt de carburant de Bassens (Gironde) est bloqué depuis mercredi soir par une quarantaine d’engins agricole de la Coordination rurale, a indiqué jeudi matin la préfecture.- Concurrence déloyale -Depuis l’hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et propices à créer une concurrence déloyale.Ni la loi d’orientation agricole, adoptée début 2025 ni la loi dite Duplomb et encore moins les promesses de Paris et Bruxelles n’ont convaincu les syndicats, reçus plusieurs fois à Matignon mais aussi à l’Elysée depuis décembre.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales, contrairement à 2024, quand la puissante alliance syndicale avait lancé ses tracteurs sur Paris.Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, présentera ses vœux à la presse à 10H00 à Paris.En attendant, le syndicat, accusé de cogestion avec l’Etat par les deux autres syndicats, a temporisé, annonçant mardi que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, leur avait promis des mesures “concrètes” d’ici la fin de semaine.- Ligne rouge du Mercosur -Le “chiffon rouge” pour le syndicat dominant est l’accord commercial UE-Mercosur dont la probable signature lundi pourrait intensifier la mobilisation.La Commission européenne a tenté de répondre aux inquiétudes des agriculteurs en brandissant les clauses de sauvegarde à l’étude, puis une rallonge budgétaire anticipée pour la politique agricole commune 2028-2034, alors qu’elle prévoyait de l’amputer dans son projet initial.Les négociations pour la prochaine PAC ne font toutefois que commencer et la France se tourne plus vers le dossier de la taxe carbone européenne aux frontières pour arracher l’exclusion des engrais de ce mécanisme qui augmenterait drastiquement les coûts pour les agriculteurs.Si Bruxelles a ouvert la porte à une telle suspension, Emmanuel Macron s’est montré plus affirmatif: la taxe “sera révisée pour permettre la suspension de son application aux engrais, tandis que les droits de douane sur les engrais et intrants seront abaissés rapidement”, a-t-il assuré mercredi soir sur X, dans la foulée de la ministre Annie Genevard.nal-mdz-ved-sha-meh/jbo/bfi