AFP World

Trump veut empêcher toute immigration “du tiers-monde” après la mort d’une garde nationale

Le président américain Donald Trump a promis d’empêcher “l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde”, après la mort d’une garde nationale, touchée tout comme un autre militaire par des tirs attribués à un ressortissant afghan.La soldate, Sarah Beckstrom, “vient de nous quitter”, a déclaré jeudi le président américain à la télévision, après cette attaque attribuée à un Afghan de 29 ans, arrivé aux Etats-Unis en 2021 après avoir servi aux côtés de l’armée américaine en Afghanistan. L’autre militaire “lutte pour sa vie” à l’hôpital.Dès mercredi soir, le milliardaire républicain avait annoncé un durcissement de sa politique anti-immigration. Le directeur des services d’immigration, Joseph Edlow, a annoncé le “réexamen complet et rigoureux de chaque carte verte délivrée à tout ressortissant étranger provenant de pays jugés préoccupants”.Ce permis, accordant le titre de résident permanent aux Etats-Unis, sera réexaminé pour les immigrés originaires d’Afghanistan, mais aussi de 18 autres pays dont le Venezuela, Haïti et l’Iran.Selon des données officielles, plus de 1,6 million d’étrangers détenteurs de la carte verte, soit 12% des résidents permanents, sont originaires d’un de ces 19 pays. L’Afghanistan en compte plus de 116.000.Plus largement, Donald Trump a annoncé sur les réseaux vouloir “suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde, afin de permettre au système américain de se rétablir complètement”.- “Civilisation occidentale” -Les autorisations d’entrée sur le territoire délivrées à des “millions” de personnes par son prédécesseur Joe Biden pourraient être remises en cause, a-t-il menacé.Il a également promis que son gouvernement allait “chasser toute personne qui n’est pas un atout pour les Etats-Unis (…), mettre fin aux bénéfices et subventions fédéraux pour les non-citoyens (…), dénaturaliser les migrants qui nuisent à la tranquillité nationale, et expulser tout ressortissant étranger qui constitue un fardeau public, un risque pour la sécurité ou qui n’est pas compatible avec la civilisation occidentale”.Le suspect de l’attaque, Rahmanullah Lakanwal, était toujours hospitalisé vendredi. Selon le directeur de la CIA John Ratcliffe, il a travaillé avec l’armée américaine en Afghanistan. “Nous enquêtons pleinement sur cet aspect de son passé”, a déclaré le directeur du FBI, Kash Patel.Des médias américains affirmaient vendredi qu’il avait rejoint les “unités zéro” des services afghans, en charge de missions commandos contre les Talibans, Al-Qaïda ou le groupe Etat islamique (EI). Des unités opérant hors de la chaîne de commandement habituelle, et qui “étaient en grande partie recrutées, formées, équipées et supervisées par la CIA”, selon l’organisation Human Rights Watch. Un diplomate les avait surnommées les “escadrons de la mort”.Le New York Times cite de son côté un ami d’enfance du suspect, affirmant qu’il avait été psychologiquement très affecté par ses missions dans ces unités. Son mobile restait inconnu vendredi. Mais il a traversé le pays en voiture depuis l’Etat de Washington (Nord-Ouest), pour se rendre dans la capitale fédérale (Est).  Là, il a mené une attaque “ciblée” contre des militaires, ouvrant le feu sur deux d’entre eux âgés d’une vingtaine d’années, avec un revolver Smith & Wesson, “sans provocation, comme dans une embuscade”. Il a ensuite été neutralisé.Ces derniers mois, Donald Trump a fait polémique en envoyant des membres de ce corps de réserve de l’armée dans plusieurs villes démocrates, contre l’avis des autorités locales, invoquant la lutte contre la criminalité et l’immigration illégale.- “Acte isolé” -Le suspect était arrivé aux Etats-Unis un mois après le retrait précipité des forces américaines d’Afghanistan pendant la présidence du démocrate Joe Biden, en août 2021, dans le cadre d’une opération d’exfiltration des Afghans ayant collaboré avec les Américains.De hauts-responsables américains ont affirmé qu’il n’avait pas fait l’objet d’un examen minutieux à son arrivée et avait bénéficié de politiques d’accueil laxistes.Les autorités ont suspendu le traitement des demandes d’immigration des ressortissants afghans.AfghanEvac, organisation chargée d’aider des Afghans à s’établir aux Etats-Unis, a assuré qu’ils étaient soumis à des vérifications de sécurité “parmi les plus approfondies”.”L’acte violent et isolé de cet individu ne doit pas servir d’excuse pour définir ou rabaisser toute une communauté”, a mis en garde son président, Shawn VanDiver.Selon le département d’Etat, plus de 190.000 Afghans sont arrivés aux Etats-Unis depuis la prise de pouvoir des talibans.

Présidentielle au Honduras: “survivre” à la pauvreté et la violence

Bertha est angoissée à l’idée que son petit-fils soit expulsé des Etats-Unis car elle survit grâce à l’argent qu’il lui envoie. Eliseo a laissé derrière lui son passé de tueur à gages et aide désormais à réhabiliter des membres de gangs dans une église.Leurs vies reflètent les deux fléaux qui frappent le Honduras: la violence …

Présidentielle au Honduras: “survivre” à la pauvreté et la violence Read More »

Rougeole: la vaccination reste en-deçà des niveaux pré-Covid, alerte l’OMS

La vaccination contre la rougeole progresse dans le monde, mais demeure en-deçà des niveaux précédant la pandémie du Covid-19, alerte l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pointant l’obstacle de la désinformation face aux vaccins mais surtout les difficultés d’accès aux plus vulnérables.La couverture mondiale de la première dose a atteint 84% en 2024, en hausse par rapport aux 83% de 2023 et aux 71% de 2000, mais celle-ci reste inférieure aux 86% atteints avant le Covid-19, a annoncé l’organisation vendredi dans un nouveau rapport. Aussi, rien qu’en 2024, “20,6 millions d’enfants n’ont pas reçu leur première dose, dont plus de la moitié en Afrique”, alerte l’OMS. Or la rougeole, très contagieuse, nécessite une couverture vaccinale d’au moins 95% avec deux doses pour couper sa transmission. “C’est une maladie grave qui peut être mortelle ; les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les personnes dont le système immunitaire est affaibli sont les plus exposés aux complications graves et aux décès”, a rappelé devant la presse Kate O’Brien, directrice du département immunisation et vaccins à l’OMS.La couverture vaccinale de la deuxième dose s’est quant à elle considérablement améliorée depuis 2000, passant de 17% à 76% en 2024. Mais les lacunes persistantes “en matière d’immunité ont alimenté une recrudescence des épidémies, 59 pays ayant connu des flambées importantes ou perturbatrices l’an dernier – un chiffre record depuis 2003”, mentionne l’OMS. Et “le fait que 25% des foyers se déclarent dans des pays considérés comme exempts de rougeole est très alarmant”, a constaté devant la presse Diana Chang Blanc, chef d’unité du Programme essentiel sur la vaccination de l’OMS.De nombreux pays des Amériques ont connu des épidémies en 2025. Le Canada a récemment perdu son statut de pays exempt de rougeole, souligne l’OMS, et des experts estiment que les Etats-Unis – où sévit la pire épidémie depuis plus de 30 ans – pourraient suivre. “Chaque cas que nous constatons aujourd’hui (…) nous rappelle ce qui se produit lorsque la couverture vaccinale diminue et lorsque les systèmes de santé ne parviennent pas à atteindre chaque enfant”, a souligné Mme O’Brian.- “Hésitation vaccinale” -Parmi les causes identifiées, l’organisation mentionne les effets persistants du “recul cumulatif de la couverture vaccinale pendant la pandémie de Covid-19”, qui a perturbé les services de santé. “L’hésitation vaccinale” constitue un autre facteur, a admis Mme Chang Blanc, observant que la désinformation “influe sur la confiance et la demande de services de vaccination”. Mais le problème principal demeure la difficulté d’atteindre certaines populations. “Il s’agit d’un accès pour les populations qui en ont le plus besoin, celles qui cumulent les difficultés, et de les intégrer au système de santé”, a-t-elle souligné.Ainsi, pour combler ces lacunes, l’OMS recommande de “renforcer les systèmes de soins de santé primaires et de routine, d’adapter les stratégies et les méthodes innovantes pour atteindre les populations les plus difficiles à atteindre, et de mener des campagnes de vaccination” de masse là où la vaccination de routine est insuffisante. L’organisation conseille aussi aux autorités sanitaires de renforcer les “capacités de réaction rapide aux épidémies”, d’accroître l’engagement politique et l’appropriation locale, le tout avec l’appui d'”un financement durable”. “Un monde sans rougeole ni rubéole n’est possible que si chaque enfant, partout, dans chaque pays et même dans les régions les plus reculées, est immunisé”, a rappelé Mme Chang Blanc.En 2024, l’organisation estime à 11 millions le nombre de personnes infectées par la rougeole dans le monde, soit près de 800.000 de plus qu’avant la pandémie de 2019, mais les progrès sont globalement significatifs si l’on compare ces chiffres aux quelque 38 millions de cas répertoriés en 2000. Quant au nombre de décès en 2024 (95.000), il est l’un des plus bas enregistrés depuis 2000. La plupart ont concerné des enfants de moins de cinq ans, et 80% des décès sont survenus en Afrique et dans la région de la Méditerranée orientale. 

L’Etat annonce un nombre de loups relativement stable, colère des éleveurs

Le nombre de loups reste relativement stable en France en 2025, à 1.082, une annonce de l’Etat sur un sujet incandescent qui n’est pas de nature à apaiser la colère des éleveurs exigeant de pouvoir tuer plus de ces prédateurs face à la “multiplication” des attaques de troupeaux.La population des loups “s’établit désormais, avec un intervalle de confiance à 95%, entre 989 et 1.187 individus, pour un effectif moyen estimé à 1.082 loups”, soit une augmentation de 69 animaux sur un an, a annoncé vendredi la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes (AuRA), référente pour l’Etat sur le sujet.L’immense majorité des meutes sont localisées dans l’Arc alpin –où les élevages ovins et caprins notamment sont aussi très nombreux–, même si, ces dernières années, les loups se sont aussi installés dans le Massif central et les massifs jurassien, vosgien et pyrénéen.Cette estimation, tirée de l’étude annuelle de l’Office français de la biodiversité (OFB), “bien que légèrement supérieure à celle de 2024 (1.013 loups dénombrés), confirme la tendance à la stabilisation des effectifs constatée ces dernières années”, insiste la préfecture AuRA.-Quota d’abattage de 19%-Ce chiffre est scruté chaque année sur un sujet extrêmement sensible opposant défenseurs de la faune et de l’environnement et éleveurs, lesquels accusent l’Etat de sous-estimer le nombre de loups et réclament inlassablement une augmentation du quota d’abattage annuel autorisé, de 19% de la population estimée.En 2026, la France va pourtant inaugurer un assouplissement de sa politique de régulation en permettant, dans les zones les plus exposées à la prédation, aux éleveurs d’ovins et de caprins de tuer ces canidés sans son autorisation préalable, obligatoire jusqu’alors. Mais toujours uniquement en cas d’attaque de leurs troupeaux. Cet assouplissement, annoncé fin septembre mais qui deviendra effectif après une consultation nationale s’achevant le 19 décembre, n’a toutefois pas apaisé la colère des éleveurs. Ils protestent notamment contre le maintien du quota de 19%. Dénonçant un “renoncement inacceptable”, les syndicats Jeunes agriculteurs et FNSEA ont critiqué dans un communiqué jeudi “un texte creux” du gouvernement qui “ne garantit pas une protection effective des troupeaux”.Ce quota autorisait, en 2024, les seuls agents et chasseurs assermentés, à prélever 192 loups. La nouvelle estimation fin 2025 fera monter ce nombre à 205 de ces canidés.”Les dispositifs proposés, trop timides et excessivement technocratiques, démontrent un refus persistant d’affronter la réalité du terrain: les attaques se multiplient, les pertes s’aggravent, les éleveurs continuent d’en porter seuls les conséquences”, peste le communiqué des syndicats.- Tir en cas d’attaque -Le 23 septembre, le gouvernement avait pourtant tenté d’apaiser leur colère en assouplissant les règles de l’abattage autorisé, profitant d’un reclassement du loup par l’Union européenne d'”espèce strictement protégée” à “protégée”. Précisément afin de donner plus de flexibilité aux États membres pour gérer la population de ces prédateurs.A compter de 2026, la réglementation nationale simplifiera les conditions de “tirs de défense” dans les zones les plus exposées à la prédation des élevages ovins et caprins, avec “la suppression (…) du régime d’autorisations dérogatoires au profit d’un système déclaratif”, avait annoncé la préfecture AuRA.Un éleveur, ou un chasseur mandaté par lui, pourra désormais tuer un loup qui attaque son troupeau d’ovins ou caprins, sans l’autorisation préalable requise jusqu’alors et devra ensuite déclarer ce tir mortel à la préfecture. Mais le gouvernement prévenait: seuls les tirs en cas d’attaque resteront légaux et, hors de ce cadre, tuer un loup restera un délit passible de trois ans de prison et 150.000 euros d’amende.Dans une argumentation contraire à celle des éleveurs mais également accusatrice, six organisations de protection de la nature, dont le WWF et France Nature Environnement (FNE), avaient reproché à l’État d’autoriser, avec la simplification des conditions de tir, “l’ouverture de la chasse aux loups” et la “possibilité de destruction tous azimuts”.

Évadés de Dijon: l’un des deux fugitifs arrêté, le plus dangereux toujours en fuite

Un des deux détenus qui se sont évadés “à l’ancienne”, jeudi, de la prison de Dijon, a été retrouvé en Saône-et-Loire 24 heures plus tard, mais l’autre, “potentiellement dangereux”, reste en fuite.Le détenu retrouvé est “très probablement” le plus vieux des deux, âgé de 32 ans, “sous réserve de la vérification formelle de son identité”, a précisé dans un communiqué le procureur à Dijon, Olivier Caracotch. L’autre détenu évadé, âgé de 19 ans et considéré comme “potentiellement dangereux”, est toujours en fuite.”Près d’une centaine de fonctionnaires de police” restent mobilisés, selon le parquet de Dijon, “pour parvenir à l’interpellation de la seconde personne”, a ajouté le procureur.Le détenu de 19 ans a déjà été condamné à une dizaine de reprises pour des violences aggravées et enlèvement notamment. Il était en détention provisoire après avoir été mis en examen pour tentative d’assassinat et association de malfaiteurs.Il est “dans le registre de la criminalité organisée” et est soupçonné d’avoir participé à “un règlement de comptes sur fond de narcotrafic” à Montbéliard, après avoir été recruté pour exécuter un “contrat criminel”, avait détaillé jeudi à l’AFP Paul-Edouard Lallois, procureur de la République à Montbéliard (Doubs), où est instruit son dossier.L’autre détenu retrouvé vendredi en Saône-et-Loire était également en détention provisoire pour “des menaces et violences habituelles aggravées sur conjointe”, selon le parquet de Dijon.Les deux prisonniers se sont évadés tôt jeudi matin, “à l’ancienne”, selon les syndicats pénitentiaires, en sciant les barreaux de leurs cellules avec de simples lames de scie à métaux. “L’hypothèse la plus probable” est que ces lames ont été livrées par drone, selon M. Caracotch, qui a rappelé que, il y a peu, le tribunal de Dijon avait condamné un individu pour des livraisons par drone dans cette prison, “notamment de lames de scie”.- “Un choc de sécurité” -Après avoir scié les barreaux de leurs cellules situées au rez-de-chaussée, les détenus ont utilisé des draps pour couvrir les fils de lames de rasoir habillant le premier mur d’enceinte et ainsi l’escalader pour arriver dans la cour de la prison. Ils n’avaient plus alors qu’à sortir “par le porche du site pénitentiaire”, selon M. Caracotch.Ce porche s’ouvre le matin pour laisser entrer le personnel, ont indiqué plusieurs sources proches du dossier.Vétuste, la maison d’arrêt de Dijon, située près du centre-ville, n’est pas couverte de filets antidrones.”Notre organisation n’a eu de cesse de dénoncer l’absence de dispositifs antidrones”, a souligné le syndicat Ufap-Unsa Justice, évoquant des “balets incessants” au-dessus de la maison d’arrêt de Dijon.L’établissement, qui date de 1853, fait partie du plan “zéro portable” récemment annoncé par le ministre de la Justice Gérald Darmanin et qui vise, pour un coût de 29 millions d’euros, à rendre six prisons “complètement étanches” aux mobiles.L’UFAP salue la “volonté d’améliorer la sécurité” de ce plan mais le “retard” est tellement important qu’il s’agit plus d’un “cataplasme sur une jambe de bois”, selon le syndicat.Dans un message sur X, Gérald Darmanin a promis “un vrai choc de sécurité dans nos prisons” après ces “évasions inacceptables de Dijon”. “Je me battrai pour avoir encore des moyens supplémentaires pour la sécurité des agents et des Français”, a-t-il assuré, listant les mesures déjà en cours, notamment la création de “1.000 nouveaux agents pénitentiaires l’année prochaine” qui “combleront en partie le manque important d’agents dans nos prisons”.