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Le gouvernement acte la suspension de la réforme des retraites, son financement critiqué

Le gouvernement a acté jeudi la suspension de la réforme des retraites dans le projet de budget de la Sécurité sociale, mais la mise à contribution des complémentaires santé et des retraités, prévue pour la financer, suscite de vives critiques.  Après plusieurs jours de tergiversations sur le véhicule législatif – amendement, projet de loi à part… – l’option de la lettre rectificative au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) a finalement été entérinée lors d’un Conseil des ministres spécial présidé, en visioconférence, par le président Emmanuel Macron depuis Bruxelles.”Gage de clarté et de transparence, cette inscription dans le texte initial”, réclamée par le RN et la gauche, “vise à garantir la tenue d’un débat parlementaire loyal et sincère”, a souligné Matignon dans un communiqué alors que l’examen du PLFSS débute lundi au Parlement.Le projet décale dans le temps l’application de la réforme Borne de 2023. Il suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein.Cette suspension coûtera 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027, selon la lettre rectificative dévoilée mercredi par le quotidien économique Les Échos et dont l’AFP a obtenu copie.Pour financer la mesure, les complémentaires santé et les retraités seront mis à contribution, d’après le document.La sous-indexation des pensions par rapport à l’inflation, initialement prévue à 0,4 point, sera augmentée de 0,5 point supplémentaire en 2027, ce qui pèsera sur le pouvoir d’achat des retraités.Le taux de contribution des organismes complémentaires (mutuelles, assurances de santé…) passera de 2,05% à 2,25% en 2026.- “jeu de dupes” -Les options retenues font controverse. D’autant que le gouvernement avait indiqué que les pensions de retraite et les prestations sociales seraient gelées en 2026 pour freiner la dérive des dépenses publiques.”Il n’est pas possible que la désindexation des pensions prévoie quasiment deux années blanches pour les retraités en 2026 et 2027. Les plus modestes ne peuvent supporter une telle mesure”, a réagi à l’AFP Yvan Ricordeau, numéro 2 de la CFDT.”On fait payer une micro-suspension de la réforme aux retraités actuels et futurs”, a déploré Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT, Rémi Servot, de l’Association nationale des retraités (ANR), qualifiant le projet de financement d'”assez scandaleux”.A gauche, La France insoumise a dénoncé “un jeu de dupes”. “Les retraités partiront trois mois avant mais avec une retraite plus faible”, a relevé le président de la commission des Finances, Eric Coquerel.LFI a rapidement reporté les torts sur les socialistes qui ont décidé de ne pas censurer, dans l’immédiat, le gouvernement de Sébastien Lecornu notamment contre la promesse d’une suspension de la réforme Borne. “Bravo le PS!”, a ironisé sur X le coordinateur du mouvement Manuel Bompard.”Quel est l’objectif derrière ça?”, s’est interrogée la présidente du groupe écologiste et social à l’Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, pour qui le gouvernement veut rendre “ce report finalement insupportable”.Le Rassemblement national, également favorable à la suspension, a lui aussi dénoncé le financement de la mesure. “Ils tapent toujours sur les mêmes. Et en l’occurrence, évidemment, les retraités sont assez lourdement frappés par ce budget”, a dénoncé, depuis l’Assemblée nationale, la présidente des députés RN Marine Le Pen. “La question, c’est comment le PS va voter ça? Comment les LR vont voter ça?”, a-t-elle ajouté, sans préciser si son parti pourrait s’abstenir sur le projet de budget de la Sécurité sociale afin de laisser passer la suspension.Dans un climat déjà empreint de suspicion, le chef de l’État avait semé le trouble mardi en déclarant depuis la Slovénie que la réforme n’était ni “abrogée” ni “suspendue”, au risque de fragiliser son Premier ministre.L’entourage du président de la République a toutefois démenti depuis tout contentieux entre les deux têtes de l’exécutif, expliquant qu’il avait seulement signifié que la réforme ne pouvait être suspendue “ad vitam” au regard des besoins de financement du système.bur-bj-vl-sde/jmt/tes

JD Vance rejette toute annexion en Cisjordanie, Rubio attendu en Israël

Le vice-président américain JD Vance a condamné jeudi les discussions au Parlement israélien sur des projets d’annexion en Cisjordanie occupée, après des critiques similaires du secrétaire d’Etat Marco Rubio attendu dans la journée en Israël.En pleine visite mercredi de M. Vance en Israël, la Knesset s’est prononcée pour l’examen de deux projets de loi visant à étendre la souveraineté israélienne en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.Pour les responsables américains, un tel projet nuit à leur efforts visant à consolider le fragile cessez-le-feu dans la bande de Gaza après deux ans de guerre dévastatrice, déclenchée par une attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre 2023.”La politique de l’administration Trump est que la Cisjordanie ne sera pas annexée par Israël, cela continuera d’être notre politique”, a dit M. Vance au terme de sa visite en Israël. “Si c’était un coup politique, c’était un coup politique très stupide et je le prends personnellement comme une insulte.” Avant de quitter Washington mercredi pour se rendre en Israël, M. Rubio a estimé qu’un tel projet “menacerait” le cessez-le-feu à Gaza et serait “contre-productif”.”Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons soutenir pour le moment”, ajouté le secrétaire d’Etat, qui doit rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu vendredi.Fin septembre, le président Donald Trump a affirmé qu’il ne “permettrait pas à Israël d’annexer la Cisjordanie. Non, je ne le permettrai pas. Cela n’arrivera pas”.Ce projet est soutenu par l’extrême droite israélienne.- “Très difficile” -Plusieurs responsables de l’administration Trump se sont succédé cette semaine à Jérusalem pour tenter de cimenter le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre et basé sur un plan de M. Trump.L’accord entre Israël et le Hamas a paru vaciller dimanche après des violences meurtrières à Gaza et des échanges d’accusations de violations de la trêve.Mercredi, après un entretien avec Benjamin Netanyahu M. Vance a reconnu que les prochaines étapes de l’accord, dont le désarmement du Hamas et la reconstruction de Gaza, seraient “très difficiles”. “Nous avons une tâche très, très difficile devant nous, qui est de désarmer le Hamas et de reconstruire Gaza, de rendre la vie meilleure pour les gens de Gaza, mais aussi de s’assurer que le Hamas ne soit plus une menace pour nos amis en Israël”, a-t-il dit.La première phase de l’accord prévoit, outre le cessez-le-feu, la libération de tous les otages, vivants et morts, aux mains du Hamas depuis l’attaque du 7-Octobre, des retraits israéliens dans Gaza et l’afflux d’aide humanitaire pour la population gazaouie.Le Hamas a libéré au 13 octobre tous les otages vivants, au nombre de 20. Il devait aussi rendre à cette date les 28 corps des captifs qu’il retient, mais il n’en a restitué que 15 jusque-là, arguant de difficultés pour trouver les dépouilles dans le territoire ravagé par l’offensive israélienne lancée en représailles à l’attaque du 7-Octobre.Israël a restitué en échange 195 corps de Palestiniens. Les forces israéliennes se sont retirées de secteurs de Gaza mais contrôlent toujours environ la moitié du territoire palestinien et l’assiègent. L’aide humanitaire reste insuffisante selon l’ONU.- La presse étrangère déçue -Les phases ultérieures du plan Trump prévoient un nouveau retrait israélien dans Gaza, le désarmement du Hamas, le déploiement d’une force de sécurité internationale ainsi que la reconstruction du territoire notamment.M. Vance a exclu le déploiement de troupes américaines au sol à Gaza et affirmé chercher des pays prêts à contribuer à cet effort militaire. Le Hamas a jusqu’à présent refusé d’envisager son désarmement et ses combattants se sont redéployés dans des secteurs de Gaza après la trêve, s’affrontant avec des groupes armés dont il accuse certains de “collaborer” avec Israël. M. Netanyahu veut chasser le Hamas de Gaza où le mouvement a pris le pouvoir en 2007.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.  L’offensive israélienne menée en représailles a fait 68.280 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, et provoqué un désastre humanitaire.Jeudi, l’Association de la presse étrangère à Jérusalem (FPA) a exprimé sa déception après que la Cour suprême israélienne a reporté de 30 jours sa décision sur la demande de la FPA d’un accès indépendant à Gaza qu’elle réclame depuis deux ans.Les autorités israéliennes qui contrôlent tous le accès de Gaza, empêchent depuis deux ans les journalistes de médias étrangers d’entrer de manière indépendante dans le territoire dévasté.

JD Vance rejette toute annexion en Cisjordanie, Rubio attendu en Israël

Le vice-président américain JD Vance a condamné jeudi les discussions au Parlement israélien sur des projets d’annexion en Cisjordanie occupée, après des critiques similaires du secrétaire d’Etat Marco Rubio attendu dans la journée en Israël.En pleine visite mercredi de M. Vance en Israël, la Knesset s’est prononcée pour l’examen de deux projets de loi visant à étendre la souveraineté israélienne en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.Pour les responsables américains, un tel projet nuit à leur efforts visant à consolider le fragile cessez-le-feu dans la bande de Gaza après deux ans de guerre dévastatrice, déclenchée par une attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre 2023.”La politique de l’administration Trump est que la Cisjordanie ne sera pas annexée par Israël, cela continuera d’être notre politique”, a dit M. Vance au terme de sa visite en Israël. “Si c’était un coup politique, c’était un coup politique très stupide et je le prends personnellement comme une insulte.” Avant de quitter Washington mercredi pour se rendre en Israël, M. Rubio a estimé qu’un tel projet “menacerait” le cessez-le-feu à Gaza et serait “contre-productif”.”Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons soutenir pour le moment”, ajouté le secrétaire d’Etat, qui doit rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu vendredi.Fin septembre, le président Donald Trump a affirmé qu’il ne “permettrait pas à Israël d’annexer la Cisjordanie. Non, je ne le permettrai pas. Cela n’arrivera pas”.Ce projet est soutenu par l’extrême droite israélienne.- “Très difficile” -Plusieurs responsables de l’administration Trump se sont succédé cette semaine à Jérusalem pour tenter de cimenter le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre et basé sur un plan de M. Trump.L’accord entre Israël et le Hamas a paru vaciller dimanche après des violences meurtrières à Gaza et des échanges d’accusations de violations de la trêve.Mercredi, après un entretien avec Benjamin Netanyahu M. Vance a reconnu que les prochaines étapes de l’accord, dont le désarmement du Hamas et la reconstruction de Gaza, seraient “très difficiles”. “Nous avons une tâche très, très difficile devant nous, qui est de désarmer le Hamas et de reconstruire Gaza, de rendre la vie meilleure pour les gens de Gaza, mais aussi de s’assurer que le Hamas ne soit plus une menace pour nos amis en Israël”, a-t-il dit.La première phase de l’accord prévoit, outre le cessez-le-feu, la libération de tous les otages, vivants et morts, aux mains du Hamas depuis l’attaque du 7-Octobre, des retraits israéliens dans Gaza et l’afflux d’aide humanitaire pour la population gazaouie.Le Hamas a libéré au 13 octobre tous les otages vivants, au nombre de 20. Il devait aussi rendre à cette date les 28 corps des captifs qu’il retient, mais il n’en a restitué que 15 jusque-là, arguant de difficultés pour trouver les dépouilles dans le territoire ravagé par l’offensive israélienne lancée en représailles à l’attaque du 7-Octobre.Israël a restitué en échange 195 corps de Palestiniens. Les forces israéliennes se sont retirées de secteurs de Gaza mais contrôlent toujours environ la moitié du territoire palestinien et l’assiègent. L’aide humanitaire reste insuffisante selon l’ONU.- La presse étrangère déçue -Les phases ultérieures du plan Trump prévoient un nouveau retrait israélien dans Gaza, le désarmement du Hamas, le déploiement d’une force de sécurité internationale ainsi que la reconstruction du territoire notamment.M. Vance a exclu le déploiement de troupes américaines au sol à Gaza et affirmé chercher des pays prêts à contribuer à cet effort militaire. Le Hamas a jusqu’à présent refusé d’envisager son désarmement et ses combattants se sont redéployés dans des secteurs de Gaza après la trêve, s’affrontant avec des groupes armés dont il accuse certains de “collaborer” avec Israël. M. Netanyahu veut chasser le Hamas de Gaza où le mouvement a pris le pouvoir en 2007.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.  L’offensive israélienne menée en représailles a fait 68.280 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, et provoqué un désastre humanitaire.Jeudi, l’Association de la presse étrangère à Jérusalem (FPA) a exprimé sa déception après que la Cour suprême israélienne a reporté de 30 jours sa décision sur la demande de la FPA d’un accès indépendant à Gaza qu’elle réclame depuis deux ans.Les autorités israéliennes qui contrôlent tous le accès de Gaza, empêchent depuis deux ans les journalistes de médias étrangers d’entrer de manière indépendante dans le territoire dévasté.

TotalEnergies condamnée pour ses promesses de “neutralité carbone”

La compagnie pétrolière TotalEnergies a été condamnée jeudi par la justice française pour pratiques commerciales trompeuses pour la promotion de ses engagements vers la neutralité carbone d’ici 2050, une première de ce type contre une major pétrolière.Il s’agit du “premier jugement au monde qui statue qu’un grand groupe pétrolier et gazier a trompé le public en verdissant son image”, a réagi auprès de l’AFP l’ONG ClientEarth qui suit de près la jurisprudence sur le greenwashing contre l’industrie pétrolière et gazière et a soutenu les associations plaignantes.Le tribunal judiciaire de Paris a estimé que le groupe TotalEnergies et sa filiale TotalEnergies Electricité et Gaz avaient fait état d’allégations environnementales à partir du site commercial totalenergies.fr qui “étaient susceptibles d’altérer le comportement d’achat du consommateur” et de nature à l'”induire en erreur” en lui faisant croire qu’elle pouvait atteindre la neutralité carbone en 2050 tout en augmentant la production de pétrole et de gaz, selon un communiqué du tribunal sur cette procédure civile. Le tribunal a en revanche rejeté les demandes des associations concernant les allégations de TotalEnergies sur le gaz fossile et les agro-carburants.Le tribunal avait été saisi en 2022 au civil par les ONG Greenpeace France, Les Amis de la Terre France et Notre Affaire à Tous.Elles se sont immédiatement félicitées d'”un précédent juridique majeur contre la désinformation climatique des majors pétrolières”, dans un communiqué.La décision sera centrale dans la jurisprudence naissante sur le greenwashing ou écoblanchiment – le fait de se présenter plus vertueux sur l’environnement qu’en réalité – non seulement en France mais en Europe et au-delà.Des tribunaux et régulateurs européens ont déjà épinglé pour écoblanchiment les compagnies aériennes KLM en 2024 et Lufthansa en mars, et d’autres entreprises dans l’alimentation et d’autres secteurs.Mais jamais une compagnie pétrolière n’avait été condamnée par un tribunal pour sa communication sur sa stratégie climatique autour d’objectifs de zéro émission de gaz à effet de serre. Et bien que le jugement soit français, la condamnation devrait faire référence au-delà, explique Johnny White, juriste de ClientEarth. – Retrait des messages -L’affaire portait sur la campagne de communication du groupe déployée à partir de mai 2021 sur son site internet, dans la presse, sur les réseaux sociaux et à la télévision. A l’époque, Total venait de se rebaptiser TotalEnergies pour souligner son ambition d’être “la compagnie de toutes les énergies”, du pétrole à l’électricité éolienne et solaire.Le groupe affichait alors son objectif de “neutralité carbone d’ici 2050, ensemble avec la société” et vantait le gaz comme “l’énergie fossile la moins émettrice de gaz à effet de serre”, malgré son bilan climatique contesté en raison des fuites de méthane, très réchauffant pour l’atmosphère.En tout, une quarantaine de messages, dont une partie sont encore accessibles en ligne, étaient épinglés. Les associations ont obtenu le retrait sous astreinte “dans le délai d’un mois à compter de la signification de la décision” de ceux concernant la neutralité carbone et la transition énergétique, tels que: “Notre ambition est d’être un acteur majeur de la transition énergétique tout en continuant à répondre aux besoins en énergie des populations” ou “Nous avons pour ambition de contribuer à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 ensemble avec la société”. TotalEnergies et TotalEnergies Electricité et Gaz France devront en outre publier dans le même délai et pendant 180 jours le jugement sur la page d’accueil du site www.totalenergies.fr- Des investissements réels -En face, le groupe, qui n’a pas encore réagi au jugement, défendait sa bonne foi et la réalité de ces investissements “bas carbone”, dans le solaire par exemple.Il avançait que ces messages n’étaient pas des publicités destinées aux consommateurs mais relevaient d’une “communication institutionnelle” et générale, encadrée par le code monétaire et financier.Cette affaire est “une instrumentalisation du droit de la consommation pour critiquer la stratégie de la société”, affirmait le groupe.

Le pape et le roi Charles III prient ensemble, une première historique

Le roi Charles III est devenu jeudi le premier monarque britannique à prier publiquement avec un pape depuis le schisme anglican au XVIe siècle, lors d’une célébration présidée par Léon XIV dans la chapelle Sixtine.Cette cérémonie, qui a mêlé des traditions catholiques et anglicanes, marque un nouveau rapprochement entre les deux Eglises, d’une ampleur inédite depuis la naissance de l’anglicanisme en 1534 lors de la rupture du roi Henri VIII avec Rome.Sous les célèbres fresques de Michel-Ange, Léon XIV et l’archevêque de York Stephen Cottrell ont présidé la célébration en présence de prélats catholiques et anglicans, de responsables politiques et de diplomates, tandis que la chorale de la chapelle Sixtine accompagnait celle de la chapelle Saint-Georges de Windsor.Temps fort de la visite d’Etat du roi au Vatican, cette prière d’une trentaine de minutes était axée sur la protection de la nature, signe de la convergence entre les deux Eglises sur les questions environnementales, dix ans après l’encyclique Laudato Si’ du pape François sur l’écologie intégrale.Quelques minutes plus tôt, le monarque de 76 ans, qui a le rôle de gouverneur suprême de l’Eglise – anglicane – d’Angleterre, a été reçu en audience privée par le pape américain, leur première rencontre depuis que Léon XIV a succédé en mai à François à la tête de l’Eglise catholique.Accompagné de son épouse Camilla, les cheveux couverts d’une mantille noire, Charles s’est adressé en anglais au souverain pontife dans une ambiance cordiale et a échangé des cadeaux avec lui, selon des images diffusées par le Vatican.- Différends théologiques -Cette visite intervient dans un contexte délicat pour le monarque britannique, dont le frère Andrew fait l’objet de nouvelles révélations accablantes dans l’affaire du pédocriminel Jeffrey Epstein. L’anglicanisme est né en 1534 d’une scission avec l’Eglise catholique, provoquée par le roi d’Angleterre Henri VIII à la suite du refus du pape d’annuler son mariage avec Catherine d’Aragon.Cette prière “est un évènement historique”, explique à l’AFP William Gibson, professeur d’histoire ecclésiastique à la Oxford Brookes university. Il rappelle que le souverain britannique est tenu par la loi d’être protestant.”De 1536 à 1914, il n’y avait pas de relations diplomatiques officielles entre le Royaume-Uni et le Saint-Siège”, dit-il. Londres a ouvert une ambassade au Vatican en 1982 seulement. Et ce n’est qu’en 2013 que la loi a permis aux membres de la famille royale épousant des catholiques de conserver leur place dans l’ordre de succession, explique William Gibson. Récent, ce rapprochement est “important dans la mesure où l’anglicanisme est né en réaction à l’Eglise catholique, et donc dans l’opposition”, rappelle à l’AFP le frère Hyacinthe Destivelle, prêtre dominicain français, membre du dicastère (ministère) pour la promotion de l’unité des chrétiens.Contrairement à l’Eglise catholique romaine, l’Eglise anglicane ordonne des femmes et permet aux prêtres de se marier. Pour la première fois de son histoire, elle vient de nommer à sa tête une femme, Sarah Mullally, une mère de famille de 63 ans, provoquant de fortes tensions internes.Cette dernière prendra ses fonctions officielles en janvier 2026 et n’est pas présente jeudi.- “Confrère royal” -Jeudi après-midi, Charles et Camilla doivent assister également à un autre service religieux oecuménique à Saint-Paul-hors-les-murs, l’une des quatre basiliques majeures de Rome.A cette occasion, le roi sera fait “confrère royal”, et un siège spécial a été créé pour lui, qui restera dans la basilique et pourra être utilisé à l’avenir par ses successeurs sur le trône britannique.Le couple royal avait rencontré en privé le pape François le 9 avril dernier au Vatican, 12 jours avant sa mort. Charles III était représenté par son fils William aux funérailles du jésuite argentin, puis par son frère le prince Edward à la messe d’intronisation de Léon XIV le 18 mai. En 1961, la mère de Charles, Elizabeth II, avait été la première monarque britannique à se rendre au Vatican depuis le schisme.L’Eglise d’Angleterre, en perte de vitesse, compte une vingtaine de millions de fidèles baptisés, mais évalue à un peu moins d’un million ses pratiquants réguliers, selon des statistiques portant sur l’année 2022.

Le pape et le roi Charles III prient ensemble, une première historique

Le roi Charles III est devenu jeudi le premier monarque britannique à prier publiquement avec un pape depuis le schisme anglican au XVIe siècle, lors d’une célébration présidée par Léon XIV dans la chapelle Sixtine.Cette cérémonie, qui a mêlé des traditions catholiques et anglicanes, marque un nouveau rapprochement entre les deux Eglises, d’une ampleur inédite depuis la naissance de l’anglicanisme en 1534 lors de la rupture du roi Henri VIII avec Rome.Sous les célèbres fresques de Michel-Ange, Léon XIV et l’archevêque de York Stephen Cottrell ont présidé la célébration en présence de prélats catholiques et anglicans, de responsables politiques et de diplomates, tandis que la chorale de la chapelle Sixtine accompagnait celle de la chapelle Saint-Georges de Windsor.Temps fort de la visite d’Etat du roi au Vatican, cette prière d’une trentaine de minutes était axée sur la protection de la nature, signe de la convergence entre les deux Eglises sur les questions environnementales, dix ans après l’encyclique Laudato Si’ du pape François sur l’écologie intégrale.Quelques minutes plus tôt, le monarque de 76 ans, qui a le rôle de gouverneur suprême de l’Eglise – anglicane – d’Angleterre, a été reçu en audience privée par le pape américain, leur première rencontre depuis que Léon XIV a succédé en mai à François à la tête de l’Eglise catholique.Accompagné de son épouse Camilla, les cheveux couverts d’une mantille noire, Charles s’est adressé en anglais au souverain pontife dans une ambiance cordiale et a échangé des cadeaux avec lui, selon des images diffusées par le Vatican.- Différends théologiques -Cette visite intervient dans un contexte délicat pour le monarque britannique, dont le frère Andrew fait l’objet de nouvelles révélations accablantes dans l’affaire du pédocriminel Jeffrey Epstein. L’anglicanisme est né en 1534 d’une scission avec l’Eglise catholique, provoquée par le roi d’Angleterre Henri VIII à la suite du refus du pape d’annuler son mariage avec Catherine d’Aragon.Cette prière “est un évènement historique”, explique à l’AFP William Gibson, professeur d’histoire ecclésiastique à la Oxford Brookes university. Il rappelle que le souverain britannique est tenu par la loi d’être protestant.”De 1536 à 1914, il n’y avait pas de relations diplomatiques officielles entre le Royaume-Uni et le Saint-Siège”, dit-il. Londres a ouvert une ambassade au Vatican en 1982 seulement. Et ce n’est qu’en 2013 que la loi a permis aux membres de la famille royale épousant des catholiques de conserver leur place dans l’ordre de succession, explique William Gibson. Récent, ce rapprochement est “important dans la mesure où l’anglicanisme est né en réaction à l’Eglise catholique, et donc dans l’opposition”, rappelle à l’AFP le frère Hyacinthe Destivelle, prêtre dominicain français, membre du dicastère (ministère) pour la promotion de l’unité des chrétiens.Contrairement à l’Eglise catholique romaine, l’Eglise anglicane ordonne des femmes et permet aux prêtres de se marier. Pour la première fois de son histoire, elle vient de nommer à sa tête une femme, Sarah Mullally, une mère de famille de 63 ans, provoquant de fortes tensions internes.Cette dernière prendra ses fonctions officielles en janvier 2026 et n’est pas présente jeudi.- “Confrère royal” -Jeudi après-midi, Charles et Camilla doivent assister également à un autre service religieux oecuménique à Saint-Paul-hors-les-murs, l’une des quatre basiliques majeures de Rome.A cette occasion, le roi sera fait “confrère royal”, et un siège spécial a été créé pour lui, qui restera dans la basilique et pourra être utilisé à l’avenir par ses successeurs sur le trône britannique.Le couple royal avait rencontré en privé le pape François le 9 avril dernier au Vatican, 12 jours avant sa mort. Charles III était représenté par son fils William aux funérailles du jésuite argentin, puis par son frère le prince Edward à la messe d’intronisation de Léon XIV le 18 mai. En 1961, la mère de Charles, Elizabeth II, avait été la première monarque britannique à se rendre au Vatican depuis le schisme.L’Eglise d’Angleterre, en perte de vitesse, compte une vingtaine de millions de fidèles baptisés, mais évalue à un peu moins d’un million ses pratiquants réguliers, selon des statistiques portant sur l’année 2022.

Zelensky et l’UE saluent le virage américain sur les sanctions contre Moscou

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et les dirigeants européens ont salué jeudi à Bruxelles la décision des Etats-Unis, exaspérés par l’attitude de Vladimir Poutine, de prendre à leur tour des sanctions contre Moscou.”C’est un message fort et nécessaire indiquant que l’agression (russe contre l’Ukraine) ne restera pas sans réponse”, a-t-il affirmé sur X. “C’est très important”, a-t-il ajouté devant la presse, à son arrivée au sommet des dirigeants de l’UE, quelques heures après l’annonce des deux côtés de l’Atlantique de lourdes sanctions ciblant les hydrocarbures russes.”Nous sommes aussi très heureux des signaux que nous recevons des Etats-Unis”, a souligné en écho la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. “Notre alignement sur ce sujet est un signal important”.La veille, le président américain Donald Trump avait manifesté son impatience envers son homologue russe Vladimir Poutine et annoncé des sanctions qualifiées “d’énormes” contre le secteur pétrolier russe.Le locataire de la Maison Blanche, qui s’est refusé pendant de longs mois à décider de ces sanctions, a estimé que ses conversations avec le président russe n’allaient “nulle part”, au lendemain du report sine die d’une rencontre entre eux envisagée à Budapest.”A chaque fois que je parle avec Vladimir, nous avons de bonnes conversations mais ensuite elles ne vont nulle part”, a-t-il affirmé.Les sanctions impliquent un gel de tous les actifs de Rosneft et Lukoil aux États-Unis ainsi qu’une interdiction à toutes les entreprises américaines de faire des affaires avec les deux géants pétroliers russes.Les cours du brut ont accéléré leur hausse jeudi, à plus de 5%, propulsés par ces annonces, susceptibles de limiter l’offre sur le marché pétrolier.La Russie a dénoncé des sanctions américaines “contre-productives” dont “le résultat sera négatif pour la stabilité de l’économie mondiale”, tout en se disant “immunisée”. La Chine a exprimé son opposition à ces mesures.Les Européens ont également ciblé le secteur pétrolier russe en annonçant mercredi soir un nouveau train de mesures contre Moscou, le 19e depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.Il prévoit notamment un arrêt total des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe d’ici fin 2026 et des mesures supplémentaires contre la flotte fantôme de pétroliers que Moscou utilise pour contourner les sanctions occidentales.Quelque 117 nouveaux navires de la flotte fantôme russe ont été ciblés, portant à 558 le nombre total de navires sanctionnés par les Européens.Cette pression collective accrue sur Moscou est à même de “changer les calculs” de Vladimir Poutine et de “l’amener à la table des négociations” en vue d’un cessez-le-feu, a estimé le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, reçu mercredi à la Maison Blanche.”J’en suis absolument convaincu, ce ne sera peut-être pas aujourd’hui ni demain, mais nous y arriverons”, a-t-il dit.- Inquiétudes belges -Les Européens entendent de leur côté ne pas relâcher la pression mais aussi ancrer leur soutien dans la durée. Ils comptent pour ce faire prêter 140 milliards d’euros à l’Ukraine en utilisant les avoirs de la banque centrale russe immobilisés dans l’UE.Cette opération totalement inédite n’est pas sans risque, particulièrement pour la Belgique où se trouve l’essentiel de ces avoirs russes en Europe, soit quelque 210 milliards d’euros.Son Premier ministre Bart De Wever a menacé jeudi de bloquer tout le processus s’il n’obtenait pas satisfaction sur les conditions qu’il a posées.”Je veux une mutualisation complète du risque”, a-t-il déclaré dès son arrivée au sommet, soulignant qu’en cas de problème, “les conséquences ne peuvent pas être uniquement pour la Belgique”.Il exige que cette mobilisation des avoirs soit également mise en oeuvre dans les autres pays alliés de Kiev.”Nous savons qu’il y a de vastes sommes d’argent russe dans d’autres pays qui ont toujours gardé le silence à ce sujet”, a-t-il relevé.”Je partage ses préoccupations, mais il souhaite aboutir à une solution commune, et par conséquent, je pense que nous ferons des progrès aujourd’hui (jeudi)”, a affirmé de son côté le chancelier allemand Friedrich Merz.Ces annonces n’ont pas empêché la Russie de continuer à bombarder l’Ukraine.Des frappes russes dans la nuit et tôt jeudi matin ont causé la mort d’un secouriste, perturbé le trafic ferroviaire et endommagé une synagogue, ont annoncé les autorités ukrainiennes. Deux journalistes ukrainiens de la chaîne Freedom TV ont été tués jeudi par un drone russe à Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine, a appris l’AFP auprès de leur média.

Zelensky et l’UE saluent le virage américain sur les sanctions contre Moscou

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et les dirigeants européens ont salué jeudi à Bruxelles la décision des Etats-Unis, exaspérés par l’attitude de Vladimir Poutine, de prendre à leur tour des sanctions contre Moscou.”C’est un message fort et nécessaire indiquant que l’agression (russe contre l’Ukraine) ne restera pas sans réponse”, a-t-il affirmé sur X. “C’est très important”, a-t-il ajouté devant la presse, à son arrivée au sommet des dirigeants de l’UE, quelques heures après l’annonce des deux côtés de l’Atlantique de lourdes sanctions ciblant les hydrocarbures russes.”Nous sommes aussi très heureux des signaux que nous recevons des Etats-Unis”, a souligné en écho la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. “Notre alignement sur ce sujet est un signal important”.La veille, le président américain Donald Trump avait manifesté son impatience envers son homologue russe Vladimir Poutine et annoncé des sanctions qualifiées “d’énormes” contre le secteur pétrolier russe.Le locataire de la Maison Blanche, qui s’est refusé pendant de longs mois à décider de ces sanctions, a estimé que ses conversations avec le président russe n’allaient “nulle part”, au lendemain du report sine die d’une rencontre entre eux envisagée à Budapest.”A chaque fois que je parle avec Vladimir, nous avons de bonnes conversations mais ensuite elles ne vont nulle part”, a-t-il affirmé.Les sanctions impliquent un gel de tous les actifs de Rosneft et Lukoil aux États-Unis ainsi qu’une interdiction à toutes les entreprises américaines de faire des affaires avec les deux géants pétroliers russes.Les cours du brut ont accéléré leur hausse jeudi, à plus de 5%, propulsés par ces annonces, susceptibles de limiter l’offre sur le marché pétrolier.La Russie a dénoncé des sanctions américaines “contre-productives” dont “le résultat sera négatif pour la stabilité de l’économie mondiale”, tout en se disant “immunisée”. La Chine a exprimé son opposition à ces mesures.Les Européens ont également ciblé le secteur pétrolier russe en annonçant mercredi soir un nouveau train de mesures contre Moscou, le 19e depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.Il prévoit notamment un arrêt total des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe d’ici fin 2026 et des mesures supplémentaires contre la flotte fantôme de pétroliers que Moscou utilise pour contourner les sanctions occidentales.Quelque 117 nouveaux navires de la flotte fantôme russe ont été ciblés, portant à 558 le nombre total de navires sanctionnés par les Européens.Cette pression collective accrue sur Moscou est à même de “changer les calculs” de Vladimir Poutine et de “l’amener à la table des négociations” en vue d’un cessez-le-feu, a estimé le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, reçu mercredi à la Maison Blanche.”J’en suis absolument convaincu, ce ne sera peut-être pas aujourd’hui ni demain, mais nous y arriverons”, a-t-il dit.- Inquiétudes belges -Les Européens entendent de leur côté ne pas relâcher la pression mais aussi ancrer leur soutien dans la durée. Ils comptent pour ce faire prêter 140 milliards d’euros à l’Ukraine en utilisant les avoirs de la banque centrale russe immobilisés dans l’UE.Cette opération totalement inédite n’est pas sans risque, particulièrement pour la Belgique où se trouve l’essentiel de ces avoirs russes en Europe, soit quelque 210 milliards d’euros.Son Premier ministre Bart De Wever a menacé jeudi de bloquer tout le processus s’il n’obtenait pas satisfaction sur les conditions qu’il a posées.”Je veux une mutualisation complète du risque”, a-t-il déclaré dès son arrivée au sommet, soulignant qu’en cas de problème, “les conséquences ne peuvent pas être uniquement pour la Belgique”.Il exige que cette mobilisation des avoirs soit également mise en oeuvre dans les autres pays alliés de Kiev.”Nous savons qu’il y a de vastes sommes d’argent russe dans d’autres pays qui ont toujours gardé le silence à ce sujet”, a-t-il relevé.”Je partage ses préoccupations, mais il souhaite aboutir à une solution commune, et par conséquent, je pense que nous ferons des progrès aujourd’hui (jeudi)”, a affirmé de son côté le chancelier allemand Friedrich Merz.Ces annonces n’ont pas empêché la Russie de continuer à bombarder l’Ukraine.Des frappes russes dans la nuit et tôt jeudi matin ont causé la mort d’un secouriste, perturbé le trafic ferroviaire et endommagé une synagogue, ont annoncé les autorités ukrainiennes. Deux journalistes ukrainiens de la chaîne Freedom TV ont été tués jeudi par un drone russe à Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine, a appris l’AFP auprès de leur média.

Au Mexique, bain de soleil pour les défunts avant le Jour des morts

Sous un soleil ardent, Maria Couoh dépoussière le crâne de son défunt oncle Tomas, perpétuant la tradition consistant à nettoyer les os des êtres chers avant le Jour des morts, l’une des fêtes les plus importantes du Mexique. À la fin de sa vie, Tomas n’assistait plus aux célébrations familiales en raison de sa cécité, se souvient dans un sourire cette femme au foyer de 62 ans. “Tu ne peux pas aller à la fête, oncle, mais je t’ai apporté une bière”, lui disait souvent sa nièce. Le rituel de nettoyage, qui mêle des éléments venus des mayas et de la religion catholique, est caractéristique de Pomuch, village de seulement 9.600 habitants dans l’État de Campeche (sud-est), dont le cimetière attire désormais aussi des touristes et des créateurs de contenu équipés de drones, séduits par cette tradition.”Tout comme on se lave”, les restes des êtres aimés nécessitent un nettoyage avant la célébration traditionnelle des 1er et 2 novembre, explique Mme Couoh. “Ce sont des souvenirs sacrés.” À ces dates, les Mexicains rendent visite à leurs défunts au cimetière et déposent des offrandes chez eux, sur des autels colorés, avec les photographies de leurs proches disparus et les aliments qu’ils appréciaient le plus de leur vivant. Après avoir nettoyé le crâne de Tomas, Maria le place avec les autres os sur un tissu blanc dans une boîte en bois. L’oncle n’avait pas d’enfants, c’est donc elle qui vient nettoyer ses restes pour qu’ils ne “restent pas trop sales”, dit-elle en sanglotant. La sexagénaire nettoie chaque année les restes d’une dizaine de membres de sa famille. – Héritage ancestral -Le rituel à Pomuch commence comme n’importe quel enterrement. Les familles placent les corps de leurs défunts dans un cercueil qu’elles introduisent ensuite dans un caveau. Environ trois ans après le décès, lorsque la matière organique s’est décomposée, elles brisent la dalle frontale, sortent le cercueil et nettoient les os pour les déposer dans une petite boîte en bois.Les os sont recouverts d’un tissu blanc, symbolisant les vêtements, qui est changé chaque année lors du nettoyage des restes. Ces boîtes sont ensuite à nouveau rangées dans les caveaux. Parler aux morts pendant le nettoyage est essentiel. Carmita Reyes, femme au foyer de 39 ans, s’excuse auprès de sa belle-mère de ne pas l’avoir nettoyée l’année précédente. “Vous ne souffrirez plus parce que les autres sont propres et vous non”, dit-elle accroupie, tout en passant un pinceau sur l’os d’une jambe. Carmita est accompagnée de six autres membres de sa famille, parmi lesquels sa fille de 8 ans et son beau-père de 83 ans. Elle souhaite que sa fille apprenne ce rituel. “Je ne veux pas être incinérée, je veux être enterrée ainsi et qu’on sorte mes os”, dit-elle tandis que la fillette court entre les caveaux et que son beau-père boit de la bière. “C’est une tradition que nos parents nous ont transmise”, ajoute-t-elle. Mais pour un enfant, il n’est pas toujours facile d’être au contact des restes de ses proches. Lucia May, âgée de quatre ans, hésite en regardant les crânes qui dépassent des boîtes en bois, certains encore couverts de cheveux. La fillette crie puis court effrayée jusqu’à la rue principale du village, appelée Chaussée des Morts, où son père David la prend dans ses bras. “C’est la première fois qu’elle vient, elle a été un peu impressionnée, mais nous essayons de la familiariser avec nos coutumes”, explique ce professeur de 40 ans originaire de Pomuch. Après avoir déposé une offrande florale à son arrière-grand-père, dont les restes n’ont pas encore été exhumés, Lucia se repose dans les bras de son père. La fillette dit que les morts “peuvent revenir à la vie la nuit”, mais pousse un soupir de soulagement en apprenant qu’il est encore midi.

Au Mexique, bain de soleil pour les défunts avant le Jour des morts

Sous un soleil ardent, Maria Couoh dépoussière le crâne de son défunt oncle Tomas, perpétuant la tradition consistant à nettoyer les os des êtres chers avant le Jour des morts, l’une des fêtes les plus importantes du Mexique. À la fin de sa vie, Tomas n’assistait plus aux célébrations familiales en raison de sa cécité, se souvient dans un sourire cette femme au foyer de 62 ans. “Tu ne peux pas aller à la fête, oncle, mais je t’ai apporté une bière”, lui disait souvent sa nièce. Le rituel de nettoyage, qui mêle des éléments venus des mayas et de la religion catholique, est caractéristique de Pomuch, village de seulement 9.600 habitants dans l’État de Campeche (sud-est), dont le cimetière attire désormais aussi des touristes et des créateurs de contenu équipés de drones, séduits par cette tradition.”Tout comme on se lave”, les restes des êtres aimés nécessitent un nettoyage avant la célébration traditionnelle des 1er et 2 novembre, explique Mme Couoh. “Ce sont des souvenirs sacrés.” À ces dates, les Mexicains rendent visite à leurs défunts au cimetière et déposent des offrandes chez eux, sur des autels colorés, avec les photographies de leurs proches disparus et les aliments qu’ils appréciaient le plus de leur vivant. Après avoir nettoyé le crâne de Tomas, Maria le place avec les autres os sur un tissu blanc dans une boîte en bois. L’oncle n’avait pas d’enfants, c’est donc elle qui vient nettoyer ses restes pour qu’ils ne “restent pas trop sales”, dit-elle en sanglotant. La sexagénaire nettoie chaque année les restes d’une dizaine de membres de sa famille. – Héritage ancestral -Le rituel à Pomuch commence comme n’importe quel enterrement. Les familles placent les corps de leurs défunts dans un cercueil qu’elles introduisent ensuite dans un caveau. Environ trois ans après le décès, lorsque la matière organique s’est décomposée, elles brisent la dalle frontale, sortent le cercueil et nettoient les os pour les déposer dans une petite boîte en bois.Les os sont recouverts d’un tissu blanc, symbolisant les vêtements, qui est changé chaque année lors du nettoyage des restes. Ces boîtes sont ensuite à nouveau rangées dans les caveaux. Parler aux morts pendant le nettoyage est essentiel. Carmita Reyes, femme au foyer de 39 ans, s’excuse auprès de sa belle-mère de ne pas l’avoir nettoyée l’année précédente. “Vous ne souffrirez plus parce que les autres sont propres et vous non”, dit-elle accroupie, tout en passant un pinceau sur l’os d’une jambe. Carmita est accompagnée de six autres membres de sa famille, parmi lesquels sa fille de 8 ans et son beau-père de 83 ans. Elle souhaite que sa fille apprenne ce rituel. “Je ne veux pas être incinérée, je veux être enterrée ainsi et qu’on sorte mes os”, dit-elle tandis que la fillette court entre les caveaux et que son beau-père boit de la bière. “C’est une tradition que nos parents nous ont transmise”, ajoute-t-elle. Mais pour un enfant, il n’est pas toujours facile d’être au contact des restes de ses proches. Lucia May, âgée de quatre ans, hésite en regardant les crânes qui dépassent des boîtes en bois, certains encore couverts de cheveux. La fillette crie puis court effrayée jusqu’à la rue principale du village, appelée Chaussée des Morts, où son père David la prend dans ses bras. “C’est la première fois qu’elle vient, elle a été un peu impressionnée, mais nous essayons de la familiariser avec nos coutumes”, explique ce professeur de 40 ans originaire de Pomuch. Après avoir déposé une offrande florale à son arrière-grand-père, dont les restes n’ont pas encore été exhumés, Lucia se repose dans les bras de son père. La fillette dit que les morts “peuvent revenir à la vie la nuit”, mais pousse un soupir de soulagement en apprenant qu’il est encore midi.