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Tempête Goretti: vents violents attendus sur le nord-ouest, la Manche en vigilance rouge

Le nord-ouest de la France, à peine remis d’un épisode neigeux, se prépare jeudi à affronter la tempête Goretti avec des rafales de vent qui pourront atteindre 160 km/h dans la Manche, département en vigilance rouge où les écoles seront fermées vendredi.La dernière vigilance rouge pour le vent en France remonte à la tempête Ciaran en novembre 2023, a indiqué à l’AFP Météo-France.Ciaran avait alors balayé le pays avec des rafales à près de 200 km/h, privant plus d’un million de foyers d’électricité et couchant au sol des pans entiers de forêt. “On s’attend à un événement comparable à Ciaran”, à la différence notable que la tempête de 2023 s’accompagnait de “vents constants” à plus de 150 km/h alors que Goretti ne devrait atteindre cette vitesse qu’en rafales, a souligné lors d’un point presse le préfet de la Manche, Marc Chappuis.Dans le département normand, Météo-France prévoit des rafales jusqu’à 150 à 160 km/h sur la côte et 130 à 140 km/h dans l’intérieur des terres.Selon M. Chappuis, le pire de la tempête est attendu sur la Manche entre 22H00 et 04H00 et 800 pompiers sont mobilisés pour y faire face, avec 150 autres venus en renforts d’autres départements.Par mesure de précaution, la préfecture appelle la population à limiter toutes les sorties après 18H00 et a annoncé la fermeture des écoles, collèges et lycées toute la journée de vendredi.Tous les véhicules de plus de 7,5 tonnes ont également interdiction de circuler sur les routes du département, avec une dérogation pour la collecte du lait.”Mettez-vous à l’abri et n’utilisez pas votre véhicule”, insiste sur son compte X la préfecture, qui incite aussi la population à prévoir des moyens d’éclairage de secours et une réserve d’eau potable. Un “kit d’urgence” est indispensable, ont martelé les pompiers.Outre la Manche, près d’une trentaine de départements, de la Charente-Maritime à l’Ile-de-France, sont placés en vigilance orange par Météo-France.Le gestionnaire du réseau Enedis a mis en place des mesures préventives dès mercredi avec l’envoi de renforts et la préparation de “kits Fire” (Force d’intervention rapide électricité), qui contient des câbles, des isolateurs, et d’autres équipements. Le dispositif n’avait plus été activé depuis la tempête Ciaran.- D’autres départements en rouge ? -La préfecture maritime de la Manche et la mer du Nord a demandé aux usagers de ne pas prendre la mer pendant le passage de la tempête “afin d’assurer la sécurité de tous”, alors que des vagues de plus de 10 mètres sont attendues.La compagnie Brittany Ferries a décidé d’annuler une de ses traversées (Cherbourg-Pool) “pour des raisons de confort” des passagers. Deux liaisons entre Caen et Portsmouth ont été décalées pour éviter le pic de vents mais deux autres sont maintenues avec Saint-Malo.”Il s’agit principalement de fret à cette période de l’année” et “ça ne pose pas de problème de navigation” pour de tels bateaux, selon Brittany Ferries.”C’est des choses qu’on a déjà eues à Cherbourg”, a assuré à l’AFP le maire de la ville, Benoît Arrivé, qui était jeudi matin “dans une phase de préparation classique de tempête”.”On prévient les acteurs portuaires, les plaisanciers, les professionnels du port de prendre les mesures adéquates et puis, comme d’habitude, on fait fermer les parcs et jardins, on renforce les équipes d’astreinte notamment les élagueurs”, détaille-t-il.De violentes rafales sont également attendues sur le Calvados et la Seine-Maritime et “une aggravation du niveau de vigilance sur ces départements est possible sur les prochaines actualisations”, selon Météo-France. La circulation des trains sera suspendue dans l’ensemble de la Normandie à partir de 22H00 et sera aussi perturbée en Bretagne ainsi que dans la région Hauts-de-France.En région parisienne, “les rafales attendues sont de l’ordre de 90 à 100 km/h”, selon Météo-France.Six départements, dont le Calvados, la Seine-Maritime et la Somme, seront en outre en vigilance orange vagues-submersion vendredi matin.Avant de frapper les côtes françaises, Goretti va traverser jeudi le Royaume-Uni, où les services météorologiques ont émis des alertes au vent en fin d’après-midi, avec des rafales pouvant atteindre localement 145 km/h, et jusqu’à 30 cm de neige à certains endroits.

Des tracteurs dans Paris, Yaël Braun-Pivet chahutée avant de rencontrer les agriculteurs

Des centaines d’agriculteurs sont rassemblés jeudi devant l’Assemblée nationale dont ils ont chahuté la présidente, Yaël Braun-Pivet, venue leur annoncer une réunion dans l’après-midi pour écouter leurs doléances, tandis que des dizaines de tracteurs campent dans la capitale ou sont bloqués à ses portes.La Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, habitué des opérations coup de poing et interdit de manifester autour des institutions parisiennes jeudi, est passée outre et a débarqué à l’aube autour de l’Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel.Sa première demande, rencontrer la présidente de l’Assemblée, a été acceptée mais cela n’a pas empêché ses adhérents de demander la démission de Yaël Braun-Pivet, venue à leur rencontre devant le Palais Bourbon.Invectivée par les manifestants, Mme Braun-Pivet a marqué un mouvement de recul sous l’impact d’un petit objet ou d’un liquide reçu au visage, dans une ambiance hostile, avant d’être exfiltrée par la sécurité pour regagner l’enceinte de l’Assemblée. “Je vois toutes les organisations syndicales à partir de 14H00”, a-t-elle annoncé devant les manifestants.Bertrand Venteau, président de la CR entend expliquer aux parlementaires leur rôle “depuis 30 ans dans la mort de l’agriculture française”. Plusieurs élus de différents partis sont venus à la rencontre des manifestants.La CR s’oppose d’abord, aux côtés de la Confédération paysanne, autre syndicat, à l’abattage total des troupeaux bovins infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a ravivé début décembre la colère des agriculteurs.”On est fatigué, on manque de reconnaissance, de revenus, on n’a pas de perspective”, se désole devant l’Assemblée auprès de l’AFP Sylvere Nollet, 52 ans, éleveur bovin et céréalier dans la Somme. L’abattage total est “un exemple de ce qui ne va pas en France, on ne nous fait pas confiance”.- “NON AU MERCOSUR” -Mais les syndicats agricoles disent aussi unanimement “NON” à l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, qui doit faire l’objet d’un vote des Etats membres vendredi à Bruxelles.La France devrait voter contre, quitte à être en minorité, selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, mais la position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le Président, selon Maud Bregeon.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs, plus en retrait des mobilisations ces dernières semaines malgré des rassemblements dans les territoires, ont appelé jeudi matin à un grand rassemblement le 20 devant le Parlement européen à Strasbourg, si le traité de était signé ce weekend.La section locale d’Ile-de-France a déposé dès jeudi matin une gerbe “aux agriculteurs français” devant la Tour Eiffel. En Belgique, des syndicats locaux ont appelé à des blocages routiers dans la soirée.Le premier syndicat agricole a ajouté attendre du Premier ministre un “signal très fort” ce vendredi à destination des agriculteurs en colère, lors d’une conférence de presse.Les récentes annonces du gouvernement ou de Bruxelles ainsi que les rencontres successives à Matignon n’ont pas satisfait les agriculteurs, qui demandent depuis 2024 des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et sources de concurrence déloyale.”Ça fait deux ans qu’on nous fait du blabla. Dans nos fermes on ne voit rien”, a déclaré à l’AFP Jérôme Lespagnol céréalier de 48 ans, qui dénonce la hausse des engrais et la baisse des prix des céréales.- Actions “illégales” -Allègement de la taxe carbone européenne sur les engrais, interdictions de certains produits importés…: la ministre Annie Genevard a dit avoir obtenu des “avancées cette semaine” et vouloir poursuivre le travail. Mais certains mesures dépendent du vote du budget et d’autres de Bruxelles.Si Mme Genevard a joué l’apaisement en appelant au “calme” et au “dialogue”, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait plus tôt adopté un ton ferme face aux actions “illégales” menées par la Coordination rurale dans Paris.La préfecture de police a interdit les manifestations autour de certaines zones sensibles, notamment l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères, ou le marché de Rungis.Certains convois sont bloqués autour de Paris et de nombreux tracteurs ont été mis en fourrière, selon une source proche du dossier.”On doit être à peu près à 25 gardes à vue, on a au moins 10 tracteurs qui sont mis en fourrière dans l’Essonne”, “il faut les libérer”, a déclaré M. Venteau sur BFMTV.D’autres actions sont menées en France avec une dizaine de blocages routiers recensés tôt jeudi, en Bourgogne et dans le Sud-Ouest. Près de Bordeaux, l’accès au dépôt de carburant de Bassens (Gironde) est bloqué depuis mercredi soir.

Les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela et son pétrole, selon Trump

Les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela et son pétrole, a déclaré Donald Trump dans un entretien publié jeudi par le New York Times dans lequel le président américain se félicite de la “très bonne entente” avec le pouvoir intérimaire à Caracas.”Seul l’avenir nous dira” combien de temps Washington entend garder une tutelle sur Caracas, a déclaré M. Trump. Interrogé pour savoir si la situation durerait trois mois, six mois, un an ou plus, il a répondu : “Je dirais beaucoup plus longtemps”.”Nous allons reconstruire le pays de manière très rentable”, a poursuivi le dirigeant républicain. “Nous allons utiliser du pétrole et en importer. Nous allons faire baisser les prix du pétrole et donner de l’argent au Venezuela, dont il a désespérément besoin”.Donald Trump a de nouveau mis en avant la coopération des autorités vénézuéliennes depuis la capture du président Nicolas Maduro : “Ils nous donnent tout ce que nous jugeons nécessaire. N’oubliez pas, ils nous ont pris du pétrole il y a des années”.”Ils nous traitent avec beaucoup de respect (…). Nous nous entendons très bien avec l’administration qui est en place maintenant”, a-t-il ajouté.Les propos de M. Trump interviennent après que la Maison Blanche a affiché la volonté des États-Unis de “dicter” jusqu’à nouvel ordre ses décisions au Venezuela, en gardant en particulier le contrôle de la vente du pétrole vénézuélien pour une durée indéterminée.- “Rien d’irrégulier” -“Nous restons en étroite coordination avec les autorités par intérim et les Etats-Unis vont continuer à dicter leurs décisions”, a souligné mercredi soir la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.Donald Trump avait déjà assuré la veille que le Venezuela allait remettre aux Etats-Unis “entre 30 et 50 millions de barils de pétrole”, ajoutant: “Ce pétrole sera vendu aux prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi”.Donald Trump a affirmé que le Venezuela n’achèterait que des produits fabriqués aux Etats-Unis avec les recettes du pétrole commercialisé par Washington.Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde avec plus de 303 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Mais sa production reste faible, de l’ordre d’un million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement dans les infrastructures.La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a déclaré mercredi soir que l’échange commercial avec les Etats-Unis n’avait “rien d’extraordinaire ni d’irrégulier”, même si elle a à nouveau regretté la capture de Nicolas Maduro.L’opération des forces spéciales américaines à Caracas a fait 100 morts, a annoncé le ministre vénézuélien de l’Intérieur Diosdado Cabello.Interrogé par le New York Times s’il s’était entretenu avec Mme Rodriguez, Donald Trump a seulement évoqué une “communication constante entre elle et l’administration”. “Marco (Rubio) parle tout le temps avec elle”, a-t-il dit en référence au chef de la diplomatie américaine.- Les pétroliers américains reçus vendredi -Au cours de l’interview, le président américain n’a de nouveau pris aucun engagement sur une tenue à venir d’élections au Venezuela. Selon le Wall Street Journal, l’arrivée au pouvoir de Delcy Rodriguez était le scénario favori de la CIA en cas de chute du président Maduro.Marco Rubio s’est défendu mercredi de toute “improvisation” de la part des autorités américaines après l’opération militaire au Venezuela.Le chef de la diplomatie américaine a assuré à la presse que Washington avait un plan en trois étapes pour le Venezuela. “La première étape est la stabilisation du pays”, la deuxième, nommée “rétablissement”, consiste à “s’assurer que les entreprises américaines, occidentales, et autres aient accès au marché vénézuélien de manière juste”, tandis que la troisième serait “bien sûr, de transition”, a-t-il ajouté.La porte-parole de la Maison Blanche a également annoncé que Donald Trump verrait vendredi les patrons de grands groupes pétroliers américains pour “discuter des immenses possibilités qui s’offrent à ces sociétés” au Venezuela.

Yémen: la coalition dirigée par Ryad affirme que le chef des séparatistes a fui aux Emirats 

Le chef des séparatistes du Yémen, qui ont essayé de s’emparer de nouveaux territoires dans le sud du pays, a fui aux Emirats arabes unis, a affirmé jeudi la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Le président du Conseil de transition du Sud (STC), Aidarous al-Zoubaidi, a été accusé mercredi de haute trahison et révoqué de la …

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Syrie: les civils autorisés à fuir les quartiers kurdes d’Alep avant de nouveaux bombardements

Les autorités syriennes ont autorisé les civils à sortir jeudi matin de deux quartiers kurdes d’Alep avant de reprendre le bombardement de ces zones encerclées par l’armée, au troisième jour des violences dans la grande ville du nord de la Syrie.Dans le reste de la ville, les commerces, les universités et les écoles sont fermés …

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Syrie: les civils autorisés à fuir les quartiers kurdes d’Alep avant de nouveaux bombardements

Les autorités syriennes ont autorisé les civils à sortir jeudi matin de deux quartiers kurdes d’Alep, encerclés par l’armée, avant de les pilonner à nouveau, au troisième jour des violences dans la grande ville du nord de la Syrie.Les affrontements pourraient prendre une dimension régionale, la Turquie se disant prête à intervenir aux côtés du pouvoir syrien et Israël prenant la défense des Kurdes.Les commerces, les universités et les écoles sont restés fermés pour le deuxième jour consécutif dans la deuxième ville de Syrie, selon les correspondants de l’AFP sur place.Les affrontements qui ont éclaté mardi et ont fait au moins 17 morts sont les plus graves dans la ville entre les autorités islamistes et les Kurdes.Ils surviennent alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde au sein du nouvel Etat syrien.Le pouvoir syrien avait exigé mercredi le départ des combattants kurdes des deux quartiers du nord d’Alep qu’ils contrôlent et qui sont encerclés par les forces gouvernementales.Jeudi matin, des civils fuyaient les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et Achrafieh en empruntant deux “couloirs humanitaires” mis en place par l’armée, selon les correspondants de l’AFP.”Nous avons vécu des moments très difficiles, mes enfants étaient terrorisés”, a affirmé à l’AFP Rana Issa, 43 ans, qui a quitté le quartier d’Achrafieh. “Nous sommes partis sous les balles des francs-tireurs, beaucoup de gens veulent sortir mais ont peur des snipers”.Les autorités ont accordé trois heures en matinée aux civils pour évacuer, avant la reprise des bombardements, et l’armée a publié une carte d’une position kurde à Cheikh Maqsoud qu’elle compte viser.Déjà mercredi, des milliers de civils avaient fui les deux quartiers kurdes, chargés de bagages.- Turquie contre Israël -Les violences ont exacerbé la rivalité en Syrie entre Israël et la Turquie, qui se livrent une lutte d’influence depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad il y a plus d’un an.Ankara, allié des autorités islamistes syriennes, s’est dit prêt à “soutenir” l’armée dans son “opération antiterroriste” contre les combattants kurdes.”Si la Syrie sollicite notre assistance, la Turquie lui apportera le soutien nécessaire”, a indiqué le ministère turc de la Défense.La Turquie, qui possède une frontière de plus de 900 kilomètres avec la Syrie, y a mené entre 2016 et 2019 plusieurs opérations d’envergure contre les combattants kurdes.Israël, qui mène de son côté des négociations avec Damas pour parvenir à un accord de sécurité, a condamné les “attaques” du pouvoir syrien contre la minorité kurde d’Alep et fustigé “le silence de la communauté internationale”.”Les attaques menées par les forces du régime syrien contre la minorité kurde dans la ville d’Alep sont graves et dangereuses”, a écrit le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar sur X.En juillet, Israël avait bombardé Damas lors de violences entre les autorités islamistes et les druzes dans le sud de la Syrie, affirmant vouloir protéger cette autre minorité.- Manifestation -A Qamishli, principale ville de la zone autonome kurde dans le nord-est de la Syrie, des centaines de personnes ont manifesté jeudi à l’appel des autorités locales pour protester contre ces violences, selon des correspondants de l’AFP.”Non à la guerre”, “Non à l’épuration ethnique”, proclamaient les banderoles.”Nous appelons la communauté internationale à intervenir”, a déclaré Salaheddine Cheikhmous, 61 ans.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé mercredi les parties à la “retenue” et à la reprise “rapide des négociations” pour la mise en oeuvre de l’accord de mars. Les Kurdes, une importante minorité ethnique en Syrie, contrôlent de vastes étendues dans le nord-est du pays, riches en pétrole et en blé. Ils ont conclu en mars un accord avec les nouvelles autorités syriennes pour intégrer leurs institutions civiles et les puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS) au sein de l’Etat, mais son application piétine en raison d’exigences contradictoires.

Aux Etats-Unis, nouvelles manifestations attendues après la mort d’une femme tuée par un policier de l’immigration

De nouvelles manifestations sont attendues jeudi à Minneapolis, où un agent du service de l’immigration a abattu une mère de famille américaine, suscitant l’indignation des responsables locaux qui ont rejeté les affirmations de l’administration Trump évoquant un acte de “légitime défense” face au “terrorisme intérieur”.Selon l’administration Trump, la victime, une femme de 37 ans, aurait tenté de tuer des policiers avec sa voiture. Cette version des faits, est vigoureusement contestée, vidéos à l’appui, par les autorités locales.Le maire démocrate Jacob Frey a qualifié les récits des responsables fédéraux de “conneries”, affirmant que la conductrice n’avait jamais représenté un danger pour quiconque.”Nous redoutions ce moment depuis le début” de la présence de l’ICE dans la ville, a-t-il poursuivi, ajoutant avoir “un message” pour eux: “cassez-vous de Minneapolis!”.Le gouverneur de l’Etat du Minnesota, ancien candidat à la vice-présidence des Etats-unis, Tim Walz, a publié sur les réseaux sociaux: “Ne croyez pas à cette machine de propagande” des autorités fédérales.Mercredi soir, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur les lieux du drame en hommage à la victime. “Il n’y aucune raison, quoi que cette personne ait fait, qu’elle mérite d’être tuée”, a rapporté une participant à la chaîne locale WCCO.Sur les réseaux sociaux, des membres du Congrès comme Eric Swalwell ont qualifié la mort de cette femme de “meurtre” et exigé que les responsables fédéraux rendent des comptes.La police fédérale de l’immigration (ICE) mène depuis mardi une vaste série d’opérations impliquant environ 2.000 policiers dans cette grande ville du nord des Etats-Unis et sa banlieue.Lors d’une opération, “des émeutiers ont commencé à bloquer les agents”, a rapporté le ministère américain de la Sécurité intérieure dans un communiqué.L’une des protestataires aurait alors “transformé son véhicule en arme, tentant de renverser nos forces de l’ordre dans l’intention de les tuer – un acte de terrorisme intérieur”, poursuit le texte.”Un agent de l’ICE, craignant pour sa vie, pour celle de ses collègues et pour la sécurité du public, a tiré des coups de feu en état de légitime défense”, a ajouté le ministère. La conductrice du véhicule est décédée après les tirs.Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, non authentifiée par l’AFP, on voit des agents des forces de l’ordre se diriger vers un véhicule SUV, sur une route enneigée. Puis la voiture commence à manoeuvrer, lorsque retentissent des coups de feu. Le véhicule vient alors en percuter un autre, garé quelques mètres plus loin.Dans une autre vidéo, prise sous un angle différent, on voit un policier qui tente d’ouvrir la portière du côté de la conductrice. La voiture fait marche arrière puis repart vers l’avant. Un autre policier placé devant le véhicule ouvre alors le feu. Des témoins crient: “Assassins!”.Le FBI est en charge de l’enquête. Un journal local a identifié la victime comme étant Renée Nicole Good, 37 ans, de nationalité américaine.Des affiches sont apparues à Minneapolis avec la photo de cette mère de famille blonde, au-dessus des mots: “assassinée par l’ICE”.”Cette situation est examinée, dans son intégralité, mais la raison pour laquelle ces incidents surviennent est que la gauche radicale menace, agresse et cible quotidiennement les forces de l’ordre et les agents de la police de l’immigration”, a justifié Donald Trump sur son réseau Truth Social.”Je tiens à ce que chaque agent de l’ICE sache que son président, son vice-président et l’ensemble de l’administration le soutiennent”, a dit de son côté sur X le vice-président JD Vance avant d’ajouter: “Nous allons travailler encore plus dur pour faire respecter la loi”.Dans une conférence de presse mercredi soir, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem a affirmé que la victime avait “suivi et entravé le travail de (la police) tout au long de la journée”.Elle a ajouté que le policier de l’immigration qui a ouvert le feu avait, lors d’une précédente opération en juin, été percuté par une voiture “et traîné sur plusieurs mètres”.Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’un des principaux axes de sa politique intérieure.ICE a lancé une vaste campagne de recrutement l’été dernier, attirant environ 10.000 nouveaux agents – suscitant des craintes sur leur manque d’entraînement.Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, quelque 70 millions de dollars ont été dépensés par cette agence fédérale dans les catégories “armes légères, munitions et accessoires”.A plusieurs reprises ces derniers mois, des personnes sont mortes, souvent accidentellement, en tentant d’échapper aux contrôles.

Des tracteurs au coeur de Paris, Yaël Braun-Pivet chahutée par les agriculteurs

Une centaine d’agriculteurs en tracteurs sont entrés dans Paris jeudi pour porter au coeur de la capitale les revendications de leur profession en colère, certains s’installant en milieu de matinée devant l’Assemblée nationale où la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a été chahutée.”Mission accomplie”, s’est félicité Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole français, rappelant leur ambition de rencontrer la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat pour “qu’on leur explique que les parlementaires depuis 30 ans ont contribué à la mort de l’agriculture française”.Yaël Braun-Pivet a pourtant été prise à partie au moment d’aller à la rencontre des agriculteurs rassemblés aux alentours du Palais Bourbon. “Je vois toutes les organisations syndicales à partir de 14H00”, a-t-elle annoncé devant les manifestants, dans une ambiance hostile, esquivant invectives, appels à démission.Un échange est aussi prévu avec des membres de la commission des affaires économiques à 12H30, selon des parlementaires et des membres de la CR. Plus tôt, des responsables de la CR ont échangé avec des élus devant l’Arc de Triomphe, puis à l’Assemblée. Des tracteurs se sont aussi installés devant la Tour Eiffel avant l’aube, proclamant “NON AU MERCOSUR” sur des pancartes.Les récentes annonces du gouvernement ou de Bruxelles ainsi que les rencontres successives à Matignon n’ont pas satisfait le syndicat, habitué des opérations coup de poing, notamment contre l’accord UE-Mercosur et la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse qui a ravivé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest d’où sont partis de nombreux convois.”On n’a pas eu de réponse”, a déploré M. Venteau sur BFMTV, dénonçant un problème “français” de normes trop contraignantes et réitérant la proposition du syndicat, à la fois libéral et souverainiste, de supprimer les agences environnementales.”On est fatigué, on manque de reconnaissance, de revenus, on n’a pas de perspective”, se désole devant l’Assemblée auprès de l’AFP Sylvere Nollet, 52 ans, éleveur bovin et céréalier dans la Somme. L’abattage total des troupeaux infectés par la dermatose est “un exemple de ce qui ne va pas en France, on ne nous fait pas confiance”.- Actions “illégales” -Le gouvernement “ne laissera pas faire” les actions des agriculteurs en région parisienne qui sont “illégales”, a prévenu jeudi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur France info.La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a elle joué l’apaisement, appelant au “calme” et au “dialogue” face à des revendications et inquiétudes “légitimes”, dans une déclaration à l’AFP.Les avancées obtenues à Bruxelles mercredi, sur les engrais ou encore les importations de produits agricoles ne respectant pas les mêmes normes, ne font toujours pas passer la pilule de l’accord avec le Mercosur. Mardi, la FNSEA, syndicat dominant mais plus en retrait des actions jeudi, avait dit attendre des annonces “concrètes” du Premier ministre dans la semaine.La France devrait voter vendredi à Bruxelles contre cet accord, quitte à être en minorité, selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, mais la position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le Président, selon Maud Bregeon.La préfecture de police avait interdit mercredi les manifestations autour de certaines zones sensibles notamment l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères, ou le marché de Rungis.Certains convois sont bloqués autour de Paris et de nombreux tracteurs ont été mis en fourrière, selon une source proche du dossier.”On doit être à peu près à 25 gardes à vue, on a au moins 10 tracteurs qui sont mis en fourrière dans l’Essonne”, “il faut les libérer”, a déclaré M. Venteau.- Blocages ailleurs en France -Près de Bordeaux, l’accès au dépôt de carburant de Bassens (Gironde) est bloqué depuis mercredi soir par une quarantaine d’engins agricoles de la CR, selon la préfecture.Une dizaine de blocages routiers ont été recensés, en Bourgogne et dans le Sud-Ouest. Des tracteurs de la CR tentent de bloquer l’accès à Rodez dans l’Aveyron.Depuis l’hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et sources de concurrence déloyale.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales.Plusieurs dizaines de leurs adhérents des sections Ile-de-France se sont toutefois rassemblés avec des drapeaux jeudi matin devant la Tour Eiffel pour déposer une gerbe “aux agriculteurs français” entourées de fumigènes. sha-meh-alh-mdz-ved/bfi