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Chantage à la sextape: prison ferme et inéligibilité pour le maire de Saint-Etienne
Malgré ses dénégations, le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau a été reconnu “entièrement coupable” d’avoir fait chanter un rival avec une sextape et condamné lundi à quatre ans de prison ferme et une inéligibilité immédiate.”Je suis innocent, cette décision est totalement incompréhensible”, a-t-il déclaré à la sortie du tribunal correctionnel de Lyon, en annonçant qu’il ferait appel.L’édile de 53 ans a toujours nié avoir participé au piège tendu à son ancien premier adjoint Gilles Artigues, filmé en 2015 à la caméra cachée en compagnie d’un prostitué, puis contraint à faire profil bas.Mais sa défense a été fragilisée par les déclarations de ses co-prévenus, qui ont reconnu avoir ourdi ce piège en assurant l’avoir fait à sa demande, et par un enregistrement, réalisé à son insu, dans lequel il menace Gilles Artigues de sortir le film “avec parcimonie”.”Le tribunal a bien entendu tout ce que vous avez opposé” aux accusations, mais il “n’a rien trouvé en termes d’excuses” pour minimiser “l’extrême gravité des faits”, en a conclu lundi la présidente du tribunal Brigitte Vernay.Soulignant “le devoir d’exemplarité”, “de dignité” et “de représentation” des élus, elle a déclaré le maire “entièrement coupable” des chefs de chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics.Allant au-delà des trois ans ferme requis, elle a condamné Gaël Perdriau à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, avec mandat de dépôt à effet différé assorti de l’exécution provisoire. Autrement dit, il sera bientôt incarcéré.Elle a également prononcé une peine de cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, ce qui lui impose de quitter tout de suite la mairie. L’édile avait été exclu du parti Les Républicains quand le scandale a éclaté en 2022. – “Inouïe” -A l’annonce du jugement, Gaël Perdriau est resté impassible, et quelques applaudissements ont retenti dans la salle. “Nous prenons acte de cette décision d’une sévérité inouïe, dont l’exécution provisoire nous parait parfaitement injustifiée. Nous déposerons une demande de mise en liberté dès que possible”, ont réagi ses avocats dans une déclaration commune à l’AFP.A la sortie du tribunal, Gilles Artigues s’est au contraire dit “soulagé” d’une décision qui reconnaît son “statut de victime”. “Aujourd’hui, je pense que je vais pouvoir me reconstruire”, a ajouté cet ancien député centriste.”C’est une bonne nouvelle pour Saint-Etienne”, a également estimé la conseillère d’opposition Isabelle Dumestre, venue entendre le délibéré. “La justice a mis Gaël Perdriau hors d’état de nuire”, a renchéri son confrère socialiste Johann Cesa.Le soir, plusieurs centaines de personnes ont fêté son départ devant l’Hôtel de ville avec du vin chaud et des fumigènes, en tapant sur une grosse tête de marionnette à son effigie.- “Les juges ont compris” -Le tribunal a également condamné trois anciens proches du maire qui ont, eux, assumé leurs responsabilités.Pierre Gauttieri, qui fut pendant dix ans directeur de cabinet du maire, a ainsi écopé de deux ans de prison ferme.A la barre du tribunal, il avait assuré que M. Perdriau lui avait demandé, dès son élection en 2014, “une solution pour tenir en respect Gilles Artigues”, dont il doutait de la loyauté.L’idée de piéger avec un escort-boy ce catholique opposé au mariage entre personnes de même sexe a germé lors d’échanges avec l’ambitieux adjoint à l’Education Samy Kéfi-Jérôme et le conjoint de ce dernier Gilles Rossary-Lenglet.Pour cet ancien couple, le tribunal a retenu une peine de trois ans ferme.Gilles Rossary-Lenglet, “barbouzeur” autoproclamé, est l’homme par lequel le scandale est arrivé: c’est lui qui, séparé, au chômage, et malade, est allé voir Mediapart avec la “sextape” en 2022.”Le jugement dit que je dis bien la vérité. Cette vérité est implacable pour moi, mais je l’assume”, a-t-il commenté.Lors du procès, fin septembre, deux couples à la tête d’associations stéphanoises avaient comparu à leurs côtés. Sans être au courant de l’existence de la vidéo, ils étaient accusés d’avoir perçu des subventions municipales, attribuées sur la réserve du maire, et de les avoir reversées à Gilles Rossary-Lenglet. Le tribunal les a relaxés, estimant ne pas avoir discerné d”intentions frauduleuses” de leur part.
Incendie de Hong Kong : 14 personnes arrêtées, le bilan s’alourdit à 151 morts
Quatorze personnes ont été arrêtées à Hong Kong dans l’enquête sur l’incendie le plus meurtrier qu’a vécu le territoire depuis des décennies, les autorités ayant découvert sur les façades des bâtiments dévorés par les flammes des filets de protection qui n’étaient pas aux normes.Le terrible bilan humain, porté lundi à 151 après la découverte de nouveaux corps, a causé un choc immense à Hong Kong.Le feu s’est déclaré mercredi dans les tours de Wang Fuk Court, dans le district nord de Tai Po. Les flammes ont rapidement envahi les immeubles, qui étaient enveloppés d’échafaudages en bambou, de filets protégeant de la poussière et des chutes d’objets ainsi que de panneaux en mousse, dans le cadre d’un chantier de rénovation.Les responsables ont annoncé lundi que sept des 20 échantillons de filets prélevés sur quatre des tours détruites ne répondaient pas aux normes de sécurité incendie. “Nous pensons maintenant que la cause était probablement que les filets de sécurité ne respectaient pas les normes de résistance au feu, combinés aux panneaux en mousse, c’est ce qui explique la gravité de cet incendie”, a déclaré le chef de la sécurité Chris Tang lors d’une conférence de presse. L’organisme anti-corruption de Hong Kong et la police, qui mènent une enquête conjointe, ont arrêté un total de 14 personnes, dont 13 soupçonnées d’homicide involontaire.Eric Chan, le numéro deux de la ville, a parlé de personnes “indignes” et “fourbes”, affirmant qu’elles avaient “agi avec une intention délibérée”. Il a déclaré que les suspects avaient utilisé des morceaux de filets qui n’étaient pas aux normes afin de réduire les coûts, et les avaient placés “dans des endroits” où il était difficile de “prélever un échantillon”.- “Réduits en cendres” -La police a indiqué lundi qu’elle avait terminé les recherches dans cinq des sept tours touchées. “Nous ne pouvons pas exclure la possibilité que (le bilan) ne s’alourdisse”, a déclaré la représentante de la police Tsang Shuk-yin lors d’une autre conférence de presse. Au total, 104 corps ont été identifiés. Visiblement émue, Tsang Shuk-yin a ajouté que “certains restes humains (avaient) déjà été réduits en cendres”, ce qui signifie que les corps de certains des disparus pourraient ne jamais être retrouvés. Des restes ont été trouvés à l’intérieur des appartements, dans les couloirs et dans les escaliers, a déclaré la police.Un ressortissant philippin et neuf ressortissants indonésiens ont été tués, selon leurs consulats respectifs – 30 Indonésiens étant toujours portés disparus. Certaines familles se sont rendues à Wang Fuk Court lundi pour commencer les rites funéraires traditionnels, qui doivent se poursuivre mardi.Lundi soir, plus de 1.900 ménages s’étaient inscrits pour la subvention d’urgence de 10.000 HKD (1.105 €), tandis qu’environ 2.400 personnes avaient eu recours à l’hébergement d’urgence.- “Pas en vain” -Après une longue queue de personnes venues se recueillir dimanche, les Hongkongais ont continué à affluer vers un parc près des bâtiments carbonisés pour déposer des fleurs et des messages de deuil.Certains demandaient des comptes: “J’espère que vous ne serez pas morts en vain, la vérité doit éclater pour vous”, était-il écrit sur un papier.Les médias locaux ont rapporté samedi soir qu’un étudiant de 24 ans, Miles Kwan, à l’origine avec d’autres d’une pétition réclamant des comptes pour le pire incendie qu’ait connu la ville depuis 1948, avait été arrêté. La pétition en ligne, qui avait recueilli plus de 10.000 signatures en moins d’une journée, a été supprimée.Un journaliste de l’AFP a vu lundi Miles Kwan quitter le commissariat du district de Cheung Sha Wan en taxi, sans pouvoir recueillir de commentaire de sa part sur sa situation.Deux autres personnes, dont l’ancien conseiller de district Kenneth Cheung, ont également été arrêtées par la police, selon les médias locaux. Kenneth Cheung a posté sur Facebook lundi qu’il était “rentré chez lui, sous caution”. Questionné sur Miles Kwan et d’autres éventuelles arrestations, Chris Tang a dit devant la presse avoir observé ces derniers jours “des commentaires inexacts” publiés en ligne. “Certaines personnes aux motivations inavouées (cherchent) à mettre en danger la sécurité de Hong Kong et la sécurité nationale” de la Chine, a-t-il notamment déclaré.”Par conséquent, nous devons prendre les mesures appropriées, y compris des mesures de police”, a-t-il ajouté sans plus de précision.Hong Kong, rétrocédé à la Chine par le Royaume-Uni en 1997, a vu le contrôle de Pékin se resserrer avec une loi de sécurité nationale stricte passée en 2020 en réaction aux manifestations pro-démocratie.Un loi a porté l’année dernière à sept ans la peine encourue pour sédition. Depuis début de novembre, Hong Kong a arrêté 348 personnes pour divers crimes de sécurité nationale et en a condamné 172.
Guerre en Ukraine: épaulé par les Européens, Zelensky espère discuter avec Trump
Volodymyr Zelensky, sous forte pression politique et diplomatique, a reçu lundi un soutien appuyé d’Emmanuel Macron qui a redit la mobilisation des Européens pour obtenir “une paix juste et durable” à la veille d’une rencontre entre l’envoyé américain Steve Witkoff et le président russe Vladimir Poutine.”La rencontre a permis de faire avancer la concertation entre tous les Européens, de coordonner aussi nos vues avec les négociateurs et de rappeler l’importance de la mobilisation de tous pour une paix juste et durable”, a souligné le président français lors d’une conférence de presse avec son homologue ukrainien. S’il a salué “l’effort de médiation” des Etats-Unis, Emmanuel Macron a déclaré qu’il n’y avait “pas aujourd’hui à proprement parler un plan qui soit finalisé”. “Nous sommes encore à une phase préalable”, a-t-il dit, martelant que le plan avancé par Washington “ne peut être finalisé qu’avec les Européens autour de la table”.A l’issue de ces échanges, le président français s’est entretenu au téléphone avec Donald Trump “sur les conditions d’une paix robuste et durable” et sur “la dimension centrale des garanties de sécurité nécessaires pour l’Ukraine”, selon l’Elysée.Les Européens espèrent que l’administration Trump, soupçonnée de complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine, ne sacrifiera pas l’Ukraine, considérée comme un rempart face aux ambitions russes.De son côté, le président ukrainien a affirmé lundi s’attendre désormais “à une discussion avec le président des Etats-Unis sur des questions clés” après que le négociateur ukrainien Roustem Oumerov a fait état lundi de “progrès significatifs” sur le projet de plan américain, bien que des “ajustements” soient encore nécessaires.Ces discussions se déroulent alors que les forces russes ont réalisé en novembre leur plus grosse progression sur le front en Ukraine depuis un an, selon l’analyse par l’AFP des données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), qui travaille avec le Critical Threats Project (CTP).En un mois, la Russie a pris 701 km2 aux Ukrainiens, la deuxième avancée la plus importante après celle de novembre 2024 (725 km2), en dehors des premiers mois de guerre au printemps 2022.Volodymyr Zelensky, incarnation depuis bientôt quatre ans de la résistance ukrainienne à l’invasion russe, a tempéré ces données, relevant le caractère mouvant des gains en situation de guerre.En interne, le président ukrainien fait face à un vaste scandale de corruption éclaboussant le gouvernement, ayant contraint son puissant chef de cabinet, Andriï Iermak, à la démission vendredi.Sur ce plan, Emmanuel Macron s’est refusé à “donner des leçons”. – Semaine “cruciale” pour Kiev -Lundi, les deux chefs d’Etat se sont également entretenus avec le Premier ministre britannique Keir Starmer et plusieurs dirigeants européens (Allemagne, Pologne, Italie, Norvège, Finlande, Danemark, Pays-Bas), ainsi qu’avec les présidents des institutions européennes Antonio Costa et Ursula von der Leyen, et le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte.Volodymyr Zelensky, qui se rendra mardi en Irlande pour sa première visite dans ce pays neutre, a rapidement visité l’usine du groupe de défense Dassault Aviation en région parisienne, deux semaines après avoir signé une lettre d’intention pour acheter jusqu’à 100 avions de combat Rafale, destinés à plus long terme à protéger le ciel du pays.La semaine qui s’ouvre s’annonce “cruciale” pour l’Ukraine, a estimé la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne Kaja Kallas. “Je crains que toute la pression soit exercée sur le côté le plus faible, car la reddition de l’Ukraine, c’est la manière la plus facile de mettre fin à cette guerre”, a-t-elle déclaré.Les Etats-Unis ont présenté il y a dix jours un premier projet en 28 points très favorable à Moscou, rédigé sans les alliés européens de Kiev, censé mettre fin au conflit déclenché par l’offensive russe contre l’Ukraine en février 2022.Washington a ensuite amendé ce projet avec Ukrainiens et Européens, avant de le retravailler en bilatéral avec les Ukrainiens dimanche en Floride.Les discussions américano-ukrainiennes ont été jugées “productives” par les deux parties, mais le secrétaire d’Etat Marco Rubio a prévenu qu'”il restait encore du travail”.Le président Donald Trump a, lui, affiché son optimisme, estimant que Russie et Ukraine souhaitaient mettre fin au conflit, tout en soulignant que Kiev n’était pas en position de force en raison du scandale de corruption.Pour Emmanuel Macron, les frappes de la Russie contre l’Ukraine démontrent au contraire que Moscou n’est pas disposé à faire la paix.En France, M. Zelensky était accompagné par son épouse Olena Zelenska pour un événement autour de l’initiative “Bring kids back” (“Ramenez les enfants”), dont elle est la marraine.Cette initiative “a permis de ramener près de 2.000 enfants ukrainiens arrachés à leur famille par la Russie”, s’est félicité le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.fff-Dt-mra-bur/dab/dsa
Au Liban, le pape s’offre un bain de foule géant au contact des jeunes
Léon XIV s’est offert lundi un bain de foule géant auprès de milliers de jeunes du Liban, qu’il a appelés à construire “un avenir de paix” au deuxième jour de sa visite dans ce pays multiconfessionnel.Le pape avait d’abord rencontré les chefs des différentes communautés religieuses libanaises, réunis à l’occasion de sa visite, pour leur demander de combattre l’intolérance et la violence.Accueilli avec ferveur par des milliers de personnes le long des routes, le pape américain a été acclamé en fin d’après-midi par 15.000 jeunes réunis dans une ambiance survoltée au patriarcat de Bkerké, au nord de Beyrouth.A bord d’une papamobile ouverte, il a fendu la foule qui agitait les drapeaux jaunes et blancs du Vatican en l’acclamant dans une marée de smartphones, de flashes et de chants, accompagnée d’un orchestre et d’applaudissements nourris.Après avoir écouté les témoignages d’une jeunesse qui refuse de se laisser abattre malgré les difficultés, le pape a appelé les jeunes Libanais à “projeter ensemble un avenir de paix et de développement” dans le pays englué dans une crise multiforme.”Vous avez l’enthousiasme nécessaire pour changer le cours de l’histoire!”, a lancé Léon, après avoir commencé son discours par une formule en arabe, “assalamu lakum!” (la paix soit avec vous).Stéphanie Nasr, 25 ans, guide du Liban, s’est dite “très émue”. “Bien sûr c’est un message de paix, mais c’est aussi une reconnaissance de toute la résilience qu’on a montrée et de la solidarité que le Liban et les jeunes ont affichée ces dernières années”, a-t-elle confié à l’AFP.- “Surmonter la violence” -Le Liban est plongé depuis six ans dans une profonde crise économique qui a appauvri la population et accentué l’émigration des jeunes. Dans ce contexte, les représentants des douze communautés chrétiennes et quatre musulmanes se sont succédé pour souligner l’importance du vivre ensemble dans le pays, qui a connu une longue guerre civile (1975-1990).Cette rencontre interreligieuse s’est tenue sous une immense “tente de la paix” érigée pour l’occasion sur la place des Martyrs au centre de Beyrouth, un espace emblématique symbole de mémoire nationale.”Vous êtes appelés à être des artisans de paix: à affronter l’intolérance, à surmonter la violence et à bannir l’exclusion”, a déclaré le pape alors que la classe politique et religieuse reste profondément divisée.Lundi matin, Léon XIV s’est rendu au monastère de Annaya, au nord de Beyrouth, où il s’est recueilli sur la tombe de Saint Charbel Makhlouf (1828-1898). Ce moine-ermite maronite, canonisé en 1977, est très populaire chez des Libanais de toutes les communautés.La visite papale suscite un vif enthousiasme au Liban, au moment où le pays craint un retour de la guerre avec Israël.En dépit d’un cessez-le-feu intervenu il y a un an entre le Hezbollah, soutenu par l’Iran, et le pays voisin, l’armée israélienne a intensifié ces dernières semaines ses frappes au Liban.Les autorités ont proclamé deux jours fériés à l’occasion de la venue de Léon XIV, troisième pape à se rendre en visite officielle au Liban, après Jean Paul II en 1997 et Benoît XVI en 2012.- “Continuer à espérer” -Le souverain pontife a également été accueilli avec ferveur par des centaines de prêtres et religieux au sanctuaire de Harissa qui surplombe la baie de Jounieh, sur la mer Méditerranée.Dans un discours en français, Léon XIV a invité les Libanais à “continuer à espérer”, “même lorsque le bruit des armes gronde aux alentours et que les exigences de la vie quotidienne deviennent un défi”.”Nous avons vécu près de deux ans et demi de guerre, mais jamais sans espoir”, a confié à l’AFP le père Tony Elias, 43 ans, prêtre maronite du village de Rmeich, tout proche de la frontière israélienne.Le pape “porte en lui un véritable message de paix (…) Le Liban est las, il ne peut plus supporter 50 ans de guerre, et il aspire à la paix”, a ajouté le prêtre.Le Liban est la seconde étape du premier déplacement international de Léon XIV, après une visite en Turquie marquée par le dialogue pour l’unité des chrétiens.
Le cinéaste iranien Jafar Panahi condamné par contumace à un an de prison
Défiant la censure dans son pays, le cinéaste iranien Jafar Panahi, Palme d’or à Cannes, a été condamné par contumace à un an de prison pour des “activités de propagande” contre l’Etat, a annoncé lundi à l’AFP son avocat.Cette peine est assortie d’une interdiction de voyager de deux ans et d’adhésion à tout groupe politique ou social, a précisé Me Mostafa Nili, ajoutant avoir l’intention de faire appel. Il n’a pas donné de détails sur la nature exacte des charges reprochées à son client, qui se trouve actuellement à l’étranger.Le réalisateur de 65 ans avait remporté la prestigieuse récompense au festival de Cannes en mai dernier pour son film “Un simple accident”.Après des années sans pouvoir sortir d’Iran, Jafar Panahi, figure de la Nouvelle vague du cinéma iranien multiprimée à l’international, avait pu faire le déplacement dans un festival pour la première fois en 15 ans.Il a effectué ces dernières semaines une tournée aux Etats-Unis pour promouvoir son long-métrage, choisi pour représenter la France aux Oscars.Réalisé clandestinement, “Un simple accident”, où un tortionnaire de la République islamique se retrouve aux mains de ses anciens prisonniers, a failli ne jamais aboutir. Le tournage a été interrompu par la police, avant d’être bouclé à la va-vite quelques semaines plus tard.”J’ai 65 ans, je n’ai jamais écouté la censure, ce n’est pas maintenant que je vais commencer à le faire”, avait-il lancé dans une interview accordée à l’AFP en septembre. – Emprisonné deux fois -Car Panahi ne s’est jamais résolu à l’exil, préférant rester dans son pays envers et contre tout, pour scruter dans ses oeuvres les injustices sociales ou la place des femmes.Parmi ses films les plus acclamés figure “Taxi Téhéran”, tourné depuis l’intérieur d’un taxi, pour lequel il a reçu l’Ours d’or à la Berlinale en 2015. Les conservateurs iraniens avaient fulminé.Le Festival de Cannes le soutient et lui offre une tribune depuis ses débuts : son premier long-métrage, “Le Ballon blanc”, avait reçu la Caméra d’or en 1995.Son amour du cinéma, ce fils d’artisan, né à Téhéran le 11 juillet 1960 et ayant grandi dans les quartiers pauvres de la capitale, l’a plusieurs fois payé de sa liberté: il a été incarcéré à deux reprises, 86 jours en 2010 et près de sept mois entre 2022 et 2023. Il avait entamé une grève de la faim pour obtenir sa libération.Alors que certains de ses soutiens craignaient des difficultés à son retour à Téhéran en mai, Jafar Panahi avait été acclamé par des admirateurs, sans être inquiété.Cet accueil contrastait avec la froide réaction des médias d’État iraniens et des dirigeants du pouvoir à cette première Palme d’or iranienne depuis “Le goût de la cerise” en 1997, du défunt Abbas Kiarostami.L’an dernier, la récompense avait échappé à un autre Iranien dissident, Mohammad Rasoulof, qui avait dû se contenter d’un prix spécial et est resté ensuite en exil après une condamnation pour “collusion contre la sécurité nationale”.
Budget de la Sécu: un compromis à portée de main selon les socialistes
Les socialistes, interlocuteurs de premier plan du Premier ministre dans les discussions sur les budgets, ont assuré lundi se rapprocher d’un compromis sur celui de la Sécurité sociale qui revient à l’Assemblée à partir de mardi.Le premier secrétaire du PS Olivier Faure, accompagné par les chefs de file des députés Boris Vallaud et des sénateurs Patrick Kanner, ainsi que de plusieurs autres élus, est ressorti sur une tonalité positive après une heure et demi d’entretien avec Sébastien Lecornu et plusieurs ministres.”Nous pouvons dire que nous progressons, que nous sommes dans une approche qui peut permettre d’aboutir à un compromis” même si “nous n’en sommes pas encore là”, a affirmé M. Faure, seul à s’exprimer à l’issue du rendez-vous. “Nous jugerons en fonction de ce qui nous est présenté in fine”.Le Premier ministre a échangé ensuite avec les responsables du Parti communiste qui n’ont pas souhaité s’exprimer. Il rencontrera les représentants des écologistes mardi à 16H30, et ceux du Rassemblement national mercredi à 17H00, après avoir vu ceux du groupe indépendant Liot et des Républicains la semaine dernière.Il doit voir également cette semaine plusieurs organisations patronale et syndicales (Medef, CFDT, FO), ainsi que des parlementaires sur la défense et l’énergie, thèmes qu’il entend soumettre au débat et au vote du Parlement, pour faciliter l’adhésion au budget de l’Etat.- Majorité “disciplinée” -A cet égard il a prévenu, à l’issue d’une réunion au ministère des Armées avec les parlementaires chargés des questions de défense, que “sans budget”, passer des commandes militaires nouvelles devenait “compliqué”, tout comme la “mise à jour” de la loi de programmation militaire 2024-2030, dans un contexte international où les “risques se cumulent”.”Ceux qui disent que l’absence de budget n’a pas d’impact, mentent”, a-t-il insisté, en redisant qu’il ne souhaitait pas recourir au 49.3, qui permet de faire passer un texte sans vote, et en appelant chaque parlementaire “à la responsabilité”. Il a expliqué aussi que sa majorité n’avait pas “besoin d’être disciplinée” par un 49.3, alors que ses soutiens de la droite et du centre sont divisés et que la petite musique d’un retour de cet outil constitutionnel se fait de plus en plus insistante, au PS comme chez LR.Boris Vallaud a pourtant souligné la “grande dispersion” des groupes parlementaires du socle commun. “Il faut que la responsabilité, elle soit dans tous les camps. Ça ne peut pas être le seul apanage des socialistes”, a souligné M. Faure.De fait, la droite montre peu d’empressement à soutenir le texte: “A l’heure où je vous parle (…) j’ai très envie de ne pas voter ce budget de la Sécurité sociale”, a déclaré le rapporteur général du Budget de l’Etat Philippe Juvin. Et le groupe Horizons hésite entre vote contre et abstention.- Réponses mardi ? -Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) revient à l’Assemblée dans la version transmise par le Sénat, assez éloignée de celle des députés, puisque les sénateurs ont rejeté la suspension de la réforme des retraites, principale condition mise par les socialistes pour ne pas censurer le gouvernement.Le Sénat a aussi écarté la hausse de la CSG sur les revenus du capital, piste de recettes arrachée par les députés socialistes.Un premier vote sur la partie “recettes” est attendu dans la semaine et le vote sur l’ensemble du texte le 9 décembre.Samedi, la commission des Affaires sociales a rejeté le PLFSS, LR votant contre, tandis que le PS s’est abstenu. “On est assez loin d’un accord”, a convenu le président Horizons de la commission, Frédéric Valletoux. Ce vote ne préjuge pas forcément de la suite mais témoigne de l’étroitesse du chemin, avec un PS frileux et surtout un socle commun de plus en plus timoré.Alors que tout indique que LFI et l’alliance RN-UDR voteront contre, il faudrait, pour que ce budget soit adopté, que les groupes de la coalition gouvernementale l’approuvent, et qu’au minimum le PS et les écologistes s’abstiennent. Ou bien que le PS vote pour, alors que les écologistes semblent tentés de voter contre.Outre la suspension de la réforme des retraites, les socialistes ont souhaité notamment lundi que les prestations sociales et les pensions de retraite “ne soient pas gelées” et que le doublement des franchises médicales “ne soient pas appliqué”, selon M. Faure.Le Premier ministre, qui assistera à la séance d’examen du PLFSS mardi après-midi, pourrait leur apporter quelques réponses.
Plus de 1.160 morts en Asie après des inondations dévastatrices
Secouristes et militaires s’activent lundi pour déblayer les routes et porter assistance aux populations du Sri Lanka et d’Indonésie, touchés par des inondations qui ont causé plus de 1.160 morts et plusieurs centaines de disparus dans quatre pays d’Asie ces derniers jours.Un cyclone au Sri Lanka et une tempête exceptionnelle en Thaïlande, en Malaisie et …
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