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A Beyrouth, 150.000 fidèles réunis pour la messe du pape

Environ 150.000 personnes se sont pressées mardi à Beyrouth pour la messe en plein air présidée par le pape Léon XIV, moment fort de sa visite au Liban où il a délivré un message de paix face à “la violence et aux conflits”.Auparavant, il s’était recueilli en silence sur le site de l’explosion du port, qui a dévasté plusieurs zones de la capitale en 2020, faisant plus de 220 morts.Sur le front de mer, le pape s’est adressé à quelque 150.000 fidèles, selon le service de presse du Vatican qui cite le chiffre communiqué par les autorités locales, lors d’une cérémonie empreinte d’émotion.Dans son homélie, Léon XIV a évoqué les “nombreux problèmes qui affligent” le pays, comme le “contexte politique fragile et souvent instable”, “la crise économique dramatique” et “la violence et les conflits qui ont réveillé d’anciennes peurs”. Devant ces maux, il a appelé à “désarmer les coeurs” et à faire “tomber les armures de nos fermetures ethniques et politiques” pour un “Liban uni, où triomphent la paix et la justice”.La visite du chef de l’église catholique marque une parenthèse bienvenue dans le pays, qui a connu une guerre meurtrière avec Israël il y a un an et a subi ces dernières semaines une intensification des frappes malgré le cessez-le-feu.- “Signe d’espoir” -“C’est un signe d’espoir pour le Liban”, confie à l’AFP Elias Fadel, 22 ans. Même s’il se dit “certain que la paix prendra du temps”, cette visite “nous aidera à aller de l’avant et à poursuivre le redressement de ce pays”, assure-t-il.Dès l’aube, les fidèles, dont beaucoup sont venus de pays du Moyen-Orient et même de plus loin, ont afflué, portant des drapeaux du Vatican et du Liban.A bord de sa papamobile, le pape a fendu la foule qui l’a acclamé dans une atmosphère mêlant ferveur et joie, lui jetant des roses.”J’espère que la paix va régner dans ce beau pays qui réunit toutes les confessions et religions”, dit Sandra Naïm, 37 ans.- Prière silencieuse -Au troisième et dernier jour de son déplacement, le souverain pontife a allumé une bougie et prié en silence sur le site de l’explosion du port de Beyrouth.Il a béni les proches des victimes, dont beaucoup étaient émus aux larmes et portaient les portraits de leurs êtres chers tués, et s’est agenouillé devant un enfant.”Nous avons besoin de justice pour nos frères et pour toutes les victimes de cette explosion”, a déclaré Cécile Roukoz, une avocate qui a perdu son frère.Cinq ans après la catastrophe, justice n’a pas encore été rendue, des responsables politiques ayant fait obstruction à l’enquête.La déflagration, l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’Histoire, avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où était stocké sans précaution du nitrate d’ammonium malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.- “Père des oubliés” -Tôt mardi, Léon XIV s’était rendu dans un hôpital psychiatrique tenu par des religieuses près de Beyrouth, où il a été accueilli par des applaudissements.Visiblement émue, Marie Makhlouf, la mère supérieure des Soeurs franciscaines de la Croix, a remercié le pape, “père des oubliés et des marginalisés”.Elle a souligné les difficultés de son établissement à survivre en raison de l’absence d’aides et de l’effondrement des institutions étatiques du fait de la crise économique.”Nous ne pouvons pas oublier les plus fragiles, nous ne pouvons pas imaginer une société qui court à toute vitesse en s’accrochant aux faux mythes de bien-être, et en ignorant les nombreuses situations de pauvreté et de fragilité”, a souligné le pape en saluant le travail des religieuses.Le Liban vient conclure le premier déplacement international du pape américain, après une visite en Turquie marquée par le dialogue pour l’unité des chrétiens.En dépit du rôle politique important que jouent les chrétiens au Liban, seul Etat arabe où le poste de président de la République est réservé à cette communauté, ces derniers ont vu leur nombre diminuer au cours des dernières décennies, notamment en raison de l’émigration des jeunes.cmak-lar-at/anb

L’Œuf d’Hiver Fabergé aux enchères, record de prix attendu

Considéré comme l’une des plus belles pièces créées par Fabergé, l’Œuf d’Hiver des Romanov, la famille impériale russe, passe sous le marteau mardi à Londres et pourrait bien devenir celui de tous les records.La vente du luxueux objet, estimé à plus de 20 millions de livres (22,8 millions d’euros), doit se dérouler à 17H00 locales et GMT, chez Christie’s.De quoi susciter l’intérêt des collectionneurs internationaux, dont certains se sont manifestés bien en amont de la vente, selon la maison d’enchères.Commandé par le tsar Nicolas II pour sa mère, l’impératrice douairière Maria Feodorovna, l’Œuf d’Hiver n’a pas seulement été le témoin des soubresauts de l’histoire moderne russe, il est à bien des égards un objet d’exception.C’est à ce titre qu’il pourrait faire exploser le précédent record pour un oeuf de la maison Fabergé. Celui-ci avait été établi en 2007, quand l’Œuf Rothschild avait été vendu par la même maison près de neuf millions de livres (12,5 millions d’euros) à un collectionneur russe.Par essence, les oeufs Fabergé sont des pièces rares, a rappelé à l’AFP Margo Oganesian, responsable du département Fabergé et œuvres russes au sein de la maison d’enchères.La maison dirigée par le joaillier russe Pierre-Karl Fabergé a créé 50 oeufs pour la famille impériale à l’occasion des fêtes pascales, avant la chute de cette dernière lors de la Révolution de 1917 et son exécution en 1918. Une tradition inaugurée par le tsar Alexandre III. Elle a été poursuivie par son fils, Nicolas II, avec une différence. Le dernier tsar de l’histoire faisait confectionner deux oeufs: un pour sa mère, en plus de celui pour son épouse Alexandra.- 4.500 diamants -A ce jour, seuls 43 d’entre eux existent encore, et sept sont aux mains de particuliers. Mais l’Œuf d’Hiver a une place à part dans la collection des Romanov.Haut de 14 centimètres, taillé dans un fragile cristal de roche et agrémenté de plus de 4.500 diamants, il est, selon les experts, la création la plus luxueuse de la maison pour la famille impériale.Outre l’opulence même de l’objet, c’est “la technique et le savoir-faire” utilisés qui en font un objet exceptionnel. “Il est difficile de comprendre comment Fabergé l’a réalisé”, commente Margo Oganesian.L’œuf et son socle sont sculptés dans le cristal de roche, puis ornés de montures en platine, façonnées en forme de flocons de neige. À l’intérieur, une surprise s’offre aux regards: un bouquet de fleurs composé d’anémones en quartz blanc, fixées sur des tiges en fil d’or dans un panier en platine.Comme les autres possessions des Romanov, il porte sa part d’histoire russe. Il est transféré de Saint-Pétersbourg à Moscou dans les années 1920, où il est vendu par les Bolchéviques.Il est alors acheté par un joaillier londonien. En 1949, il est à nouveau vendu aux enchères à Londres, avant de disparaître des radars. Son propriétaire actuel n’a pas été révélé.”Pendant 20 ans, les experts et les spécialistes l’ont perdu de vue, jusqu’à ce qu’il soit redécouvert en 1994 et mis en vente chez Christie’s à Genève”, a souligné Margo Oganesian. Huit ans plus tard, en 2002, il est à nouveau vendu, à New York cette fois. Montant déboursé: 9,6 millions de dollars, un record.Ces oeufs suscitent un regain d’intérêt sur le marché de l’art depuis les années 1950. Juqu’ici, principalement auprès des Russes fortunés, désireux de s’offrir un bout de l’histoire de leur pays.

L’Assemblée ouvre une semaine décisive pour le budget de la Sécu

Un acte 2 décisif: les députés planchent à nouveau mardi sur le budget de la Sécurité sociale, à l’avenir très incertain, avec encore de multiples compromis à trouver pour le gouvernement à gauche… sans perdre sa droite. Retraites, franchises, déficit à contenir… Les sujets explosifs ne manquent pas, tous facteurs d’une équation difficile pour rassembler des voix de groupes aux positions souvent opposées.Une adoption du texte mardi prochain serait une victoire majeure pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui, contraint par son absence de majorité, place le Parlement au centre de la construction budgétaire. Des cadres du camp gouvernemental espèrent qu’elle enclenche une dynamique positive pour le budget de l’Etat, encore plus clivant.Mais un rejet serait un désaveu cinglant de la méthode gouvernementale.L’examen du texte devrait commencer en fin d’après-midi, en présence du Premier ministre, par une motion de rejet préalable des Insoumis, a priori vouée à l’échec. Les débats sur les quelque 980 amendements pourront aller jusqu’à dimanche. A mi-parcours, les députés voteront d’abord sur la partie “recettes”. Rejetée, elle emporterait l’ensemble du texte.Son adoption de justesse en première lecture avait permis de débattre notamment de la suspension de la réforme des retraites, concédée par le gouvernement contre une non-censure du PS. Les députés n’avaient pas fini l’examen dans les temps, et le Sénat a profondément remanié le texte, annulant la suspension de la réforme. C’est de sa copie que les députés repartent.- “Dernier kilomètre” -Le moment est crucial car si le dernier mot est donné à l’Assemblée après un nouveau passage au Sénat, la copie finale ne pourra que très peu différer de celle écrite par les députés cette semaine.Pour le rapporteur général Thibault Bazin (LR), “si on évite les irritants, et qu’on n’en crée pas de nouveau (…) on peut avoir un chemin”.Mais cela impliquera selon lui un déficit de la Sécu plus important que 20 milliards d’euros, limite fixée par le gouvernement, alors que l’Assemblée en première lecture le portait à 24 milliards.”On a l’impression d’être à la veille d’un match de Ligue des Champions”, souligne Jérôme Guedj, député PS. “Sur les 660 milliards du budget de la Sécu, le dernier kilomètre porte” sur quelques milliards, note-t-il.Les députés devraient ré-indexer sur l’inflation les minimas sociaux et pensions de retraites. Et suspendre de nouveau la réforme des retraites.Une bataille aura lieu sur une mesure proposée par la gauche pour engranger des recettes: l’augmentation de la part de CSG sur les revenus du capital. Irritant la droite, elle avait motivé certains députés LR et Horizons à s’abstenir en première lecture.”Ils refusent toute recette supplémentaire”, déplore Sandrine Rousseau (groupe écologiste), alors qu’il manque “5 milliards rien que pour que les hôpitaux fonctionnent correctement”.Autre point brûlant: les franchises médicales, reste à charge payé par les patients par exemple sur les médicaments, que le gouvernement entend doubler par décret.”Il doit renoncer” à cette “mesure injuste”, a martelé le groupe écologiste, dont le vote pourrait être décisif. Sébastien Lecornu le rencontrera mardi.Côté Rassemblement national, Christophe Bentz dénonce à la fois des “dérapages et insincérités budgétaires” et des mesures “injustes socialement et contraignantes économiquement”. – “Qu’un chemin: le compromis” -A l’approche du match, tout le monde semble se renvoyer la balle.Les socialistes estiment que le gouvernement doit convaincre les écologistes. “Le PS doit faire le travail” auprès d’eux, lance en retour un cadre Renaissance, qui appelle parallèlement PS et LR à se “rendre compte qu’ils ont besoin (des concessions) de l’un et l’autre” pour que le texte passe.”Je ne suis pas là pour rassurer les gens. Les parlementaires, ils sont là pour rassurer les Français”, en adoptant un budget, a insisté lundi M. Lecornu.Le gouvernement, qui alerte sur un déficit de la Sécu approchant “30 milliards” en l’absence de budget, pourrait-il ressusciter le 49.3 pour passer l’obstacle ? Certains députés le souhaitent, estimant plus facile pour les socialistes, voire pour Horizons et LR, de ne pas censurer le gouvernement que de voter ce compromis.Une piste écartée par l’entourage de M. Lecornu: “il n’y a qu’un chemin, le compromis parlementaire”.

Indonésie: comment la déforestation a aggravé les inondations

Les inondations meurtrières qui ont fait des centaines de victimes en Indonésie sont principalement dues aux pluies de mousson et à une tempête tropicale exceptionnelle. Mais un autre facteur pourrait également avoir joué un rôle: la déforestation qui défigure Sumatra.Ecologistes, experts et même le gouvernement indonésien ont souligné la responsabilité de la déforestation dans les crues soudaines et les glissements de terrain qui ont déversé des torrents de boue et piégé les habitants sur les toits, faisant selon le dernier bilan plus de 680 morts.Quand les forêts disparaissent, elles ne peuvent plus absorber les précipitations et stabiliser le sol grâce à leurs racines, rendant les régions plus sujettes aux crues et aux éboulements.Or, l’Indonésie figure parmi les pays qui enregistrent les plus fortes pertes forestières annuelles.En 2024, plus de 240.000 hectares de forêt primaire ont ainsi disparu, même si c’est un peu moins que l’année précédente, selon une analyse du projet Nusantara Atlas de la start-up de conservation The TreeMap.”Les forêts en amont agissent comme une barrière protectrice, un peu comme une éponge”, explique David Gaveau, fondateur de The TreeMap. “La canopée capte une partie de la pluie avant qu’elle n’atteigne le sol. Les racines contribuent également à stabiliser le sol”. A contrario, “lorsque la forêt est défrichée en amont, l’eau de pluie ruisselle rapidement dans les rivières, provoquant des crues soudaines”, ajoute M. Gaveau.- “Prévenir la déforestation” -Les défenseurs de l’environnement exhortent depuis longtemps le gouvernement à mieux protéger les forêts du pays, qui constituent également un puits de carbone essentiel, absorbant le dioxyde de carbone responsable du réchauffement climatique.Le président Prabowo Subianto a lui-même déclaré vendredi qu’il fallait “absolument empêcher la déforestation et la destruction des forêts”.”Protéger nos forêts est crucial”, a-t-il ajouté avant de se rendre lundi dans les zones sinistrées.Les inondations ont charrié non seulement des torrents de boue mais aussi du bois abattu, alimentant les spéculations sur le lien entre la déforestation et la catastrophe.Sur une plage de Padang, l’AFP a vu des ouvriers occupés, à l’aide de tronçonneuses, à débiter d’énormes troncs d’arbres jonchant le sable.Selon plusieurs médias, le ministère des Forêts enquêterait sur des allégations d’exploitation forestière illégale dans les zones touchées.”Le pendule entre l’économie et l’écologie semble avoir trop penché du côté de l’économie et doit être ramené au centre”, a estimé ce week-end le ministre des Forêts, Raja Juli Antoni.Dans l’une des zones les plus touchées, Batang Toru, pas moins de sept entreprises sont présentes, indique Uli Arta Siagian, du groupe indonésien de conservation Walhi.”Une mine d’or a déjà rasé environ 300 hectares de forêt… la centrale hydroélectrique de Batang Toru a entraîné la disparition de 350 hectares de forêt”, ajoute-t-elle.De plus, de vastes étendues forestières ont également été converties en plantations de palmiers à huile. “Tout cela contribue à accroître notre vulnérabilité”, souligne encore Mme Uli à l’AFP.- Protéger et restaurer -Sumatra, où les dégâts causés par les inondations se sont concentrés, est particulièrement vulnérable car ses bassins fluviaux sont relativement petits, explique Kiki Taufik, responsable de la campagne forêts de Greenpeace Indonésie.”Le changement massif du couvert forestier est le principal facteur à l’origine des crues soudaines”, affirme-t-il accusant le gouvernement d’accorder “de manière imprudente et négligente” des permis pour les mines et les plantations.Les taux de déforestation à Sumatra sont plus élevés que la moyenne dans le reste de l’Indonésie, indique pour sa part Herry Purnomo, directeur national du Centre de recherche forestière internationale (CIFOR-ICRAF).La disparition des forêts accroît également les risques d’inondations, car la terre est emportée dans les rivières, ce qui rehausse le lit des cours d’eau et réduit leur capacité à absorber les averses torrentielles soudaines, ajoute-t-il.”Deux choses sont nécessaires”, préconise M. Herry, également professeur à l’université IPB de Bogor: “prévenir la déforestation, l’éviter, et également procéder à la restauration des forêts”.

La Maison Blanche confirme avoir frappé deux fois un même bateau soupçonné de narcotrafic

La Maison Blanche a confirmé lundi qu’un amiral américain, sous l’autorité du ministre de la Défense, avait ordonné de tuer les survivants d’une frappe sur un bateau de trafiquants de drogue présumés, un acte dont la légalité est ouvertement questionnée, en pleine crise avec Caracas.Depuis août, les Etats-Unis ont considérablement renforcé leur présence militaire en mer des Caraïbes au nom de la lutte contre le narcotrafic. Le président Donald Trump la justifie en accusant son homologue vénézuélien de diriger un cartel de la drogue. Caracas dément, qualifie ces frappes d’exécutions extra-judiciaires et rétorque que l’objectif du milliardaire américain est de renverser Nicolas Maduro pour mettre la main sur le pétrole du pays.Un total de 11 personnes avaient péri, début septembre, après une double frappe américaine dans les eaux internationales contre un bateau soupçonné de transporter des stupéfiants. La première d’une vingtaine d’attaques qui ont fait 83 morts.Mais la polémique n’a pris de l’ampleur que la semaine dernière, lorsque le Washington Post a révélé que deux survivants de la première frappe, qui s’accrochaient désespérément à leur bateau en flammes, avaient été tués dans une seconde salve, autorisée par le ministre de la Défense Pete Hegseth. Le Pentagone avait initialement démenti.Mais la Maison Blanche a confirmé lundi que le ministre avait donné son feu vert à l’amiral Frank Bradley. Le commandant des opérations spéciales “a agi dans le cadre de ses fonctions et conformément à la loi régissant l’engagement militaire afin de garantir la destruction du bateau”, a déclaré la porte-parole de la présidence Karoline Leavitt.- “Héros américain” -“Je soutiens Bradley et les décisions qu’il a prises au combat, lors de la mission du 2 septembre et toutes les autres depuis”, a renchéri Pete Hegseth sur X, saluant “un héros américain, un vrai professionnel”.Mais le débat n’en finit plus de monter, y compris dans les rangs républicains et dans l’institution militaire, irrités qu’un officier de cette stature et avec de tels états de service puisse ainsi servir de fusible pour son ministre.”Tout ça pour protéger Pete”, dénonçait un responsable militaire au Washington Post sous couvert de l’anonymat, tandis qu’un autre regrettait que la présidence “livre aux interprétations” la chaîne des responsabilités.Beaucoup, y compris dans la majorité, refusaient que soit jeté en pâture un soldat d’élite, ex-membre des prestigieux Navy Seal, les forces spéciales de la marine américaine, un combattant qui avait fait partie des premiers à débarquer en Afghanistan après les attentats du 11-Septembre 2001.”Nous finirons par savoir ce qui s’est vraiment passé”, a promis aux journalistes le républicain Roger Wicker, président de la Commission sénatoriale des forces armées, qui a ouvert une enquête sur ce dossier.La tempête survient alors que l’administration Trump est régulièrement accusée, aux Etats-Unis comme à l’étranger, de prendre ses aises avec le respect du droit.Début novembre, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme avait exhorté Washington à enquêter sur la légalité des frappes, posant l’hypothèse “d’exécutions extrajudiciaires”. De nombreux experts l’ont depuis rejoint dans ses questionnements.- “Illégal et immoral” -“Les républicains comme les démocrates en viennent à la conclusion qu’il s’agissait d’un acte illégal et profondément immoral”, a déclaré le sénateur démocrate Chris Murphy à la chaîne CNN.Pete Hegseth soutient que l’offensive contre les bateaux suspects en mer des Caraïbes et dans l’océan Pacifique était “conforme au droit des conflits armés et approuvée par les meilleurs juristes”.Mais la double frappe du 2 septembre semble enfreindre le manuel du Pentagone sur le droit de la guerre, disposant que “les ordres de tirer sur les naufragés seraient clairement illégaux”.Mark Kelly, sénateur démocrate et ex-pilote de chasse, a demandé une enquête au Congrès. “Je crains que s’il y avait effectivement (…) des survivants accrochés à un navire endommagé, cela puisse dépasser les limites”, a-t-il relevé.Donald Trump, pour sa part, a réuni son Conseil de sécurité nationale lundi sans que rien n’en filtre, après avoir évoqué jeudi la possibilité, “très bientôt”, d’opérations terrestres sur des “trafiquants”.A Caracas, Nicolas Maduro a assuré à des milliers de ses partisans qu’il ne se laisserait pas intimider. “Nous voulons la paix, mais une paix avec souveraineté, égalité, liberté! Nous ne voulons pas la paix des esclaves, ni la paix des colonies!”, a-t-il lancé. 

La Maison Blanche confirme avoir frappé deux fois un même bateau soupçonné de narcotrafic

La Maison Blanche a confirmé lundi qu’un amiral américain avait ordonné début septembre de bombarder une deuxième fois un bateau supposément chargé de drogue dans les Caraïbes pour tuer les survivants d’une première frappe, au moment où la légalité de ces opérations militaires est mise en doute à Washington.Depuis août, les Etats-Unis ont considérablement renforcé …

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A Athènes, la difficile reconstruction de Palestiniennes évacuées de Gaza

Évacuée grièvement blessée de Gaza vers la Grèce en février, la jeune Palestinienne Raghad Al-Fara se déplace désormais avec une béquille dans les rues d’Athènes où elle tente avec difficulté de reconstruire sa vie d’adolescente.”Je ne pensais pas survivre et encore moins pouvoir fouler le sol européen”, confie à l’AFP la jeune fille de 15 …

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Les Îles Cook, l’archipel du Pacifique qui aide Russie et Iran à écouler leur pétrole malgré les sanctions

Des pétroliers soupçonnés d’être impliqués dans la contrebande de pétrole brut pour la Russie et l’Iran utilisent un bureau bordant une plage des Îles Cook pour brouiller les pistes, a constaté l’AFP au travers d’une analyse de données relatives aux sanctions.Niché à côté d’une pizzeria dans cet archipel isolé de l’océan Pacifique se trouve le …

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Incendie de Hong Kong: les autorités annoncent une enquête “indépendante”

Le dirigeant de Hong Kong a annoncé mardi la création d’un “comité indépendant” chargé d’enquêter sur les causes de l’incendie qui a ravagé un complexe résidentiel la semaine dernière, faisant au moins 151 morts.Selon les autorités, les flammes se sont propagées rapidement via les filets utilisés sur des échafaudages, non conformes aux normes incendie.”Je vais mettre en place un comité indépendant, chargé de mener une enquête approfondie et exhaustive afin de réformer le système de construction, et d’éviter que de telles tragédies ne se reproduisent à l’avenir”, a déclaré le chef de l’exécutif, John Lee, lors d’une conférence de presse, ajoutant que le comité serait présidé par un juge.Hong Kong, territoire chinois à statut spécial, dispose d’un mécanisme juridique permettant de mettre en place des “commissions d’enquête”, généralement dirigées par des juges pour traiter de dossiers complexes, une pratique héritée de l’époque coloniale britannique.Mardi, John Lee a utilisé un terme différent, celui de “comité indépendant”.Le dirigeant a déclaré à l’AFP que les autorités avaient identifié plusieurs défaillances et que des réformes seraient nécessaires en matière de sécurité, de supervision, de construction et de normes d’entretien.L’organisme anti-corruption de Hong Kong et la police, qui mènent une enquête conjointe sur cet incendie, le pire qu’ait connu le territoire depuis 1948, ont arrêté 14 personnes, dont 13 soupçonnées d’homicide involontaire.”Les coupables ont tenté de mélanger des filets non conformes avec des filets conformes afin de tromper les organismes d’inspection et les forces de l’ordre”, a affirmé John Lee.Les médias locaux ont par ailleurs rapporté samedi soir qu’un étudiant de 24 ans, Miles Kwan, à l’origine avec d’autres d’une pétition réclamant des comptes après l’incendie, avait été arrêté. La pétition en ligne, qui avait recueilli plus de 10.000 signatures en moins d’une journée, a été supprimée.- “Commentaires inexacts” -Un journaliste de l’AFP a vu lundi Miles Kwan quitter le commissariat du district de Cheung Sha Wan en taxi.Deux autres personnes, dont l’ancien conseiller de district Kenneth Cheung, ont également été arrêtées par la police, selon les médias locaux. Kenneth Cheung a écrit sur Facebook lundi avoir été libéré sous caution.Questionné sur Miles Kwan et d’autres éventuelles arrestations, le chef de la sécurité Chris Tang a dit devant la presse avoir observé ces derniers jours “des commentaires inexacts” en ligne. “Certaines personnes aux motivations inavouées (cherchent) à mettre en danger la sécurité de Hong Kong et la sécurité nationale” de la Chine, a-t-il déclaré.”Par conséquent, nous devons prendre les mesures appropriées, y compris des mesures de police”, a-t-il ajouté sans plus de précision.John Lee a précisé que l’élection du Parlement local, prévue le 7 décembre, se déroulerait comme prévu, après des rumeurs d’annulation.Une conférence de presse de représentants de la société civile prévue mardi, portant sur les efforts de secours du gouvernement et la réglementation dans le BTP, a été brusquement annulée, selon une invitation consultée par l’AFP. Les médias locaux ont rapporté que plusieurs personnes avaient été “invitées à une réunion” par la police. Hong Kong, rétrocédé à la Chine par le Royaume-Uni en 1997, a vu le contrôle de Pékin se resserrer avec une loi de sécurité nationale stricte promulguée en 2020 en réaction aux manifestations pro-démocratie.Un loi a porté l’année dernière à sept ans la peine encourue pour sédition. Depuis début de novembre, Hong Kong a arrêté 348 personnes pour divers crimes liés à la sécurité nationale et en a condamné 172.La police a indiqué lundi qu’elle avait terminé les recherches dans cinq des sept tours touchées. “Nous ne pouvons pas exclure la possibilité que (le bilan) s’alourdisse”, a déclaré la représentante de la police Tsang Shuk-yin lors d’une autre conférence de presse.Plusieurs familles se sont rendues à Wang Fuk Court lundi pour commencer les rites funéraires traditionnels, qui doivent se poursuivre mardi.Près des tours, des murs, poteaux et bancs ont été recouverts de notes portant des messages de soutien, un procédé utilisé lors des manifestations prodémocratie de 2019, ont constaté mardi des journalistes de l’AFP. Plus de 1.900 ménages se sont inscrits lundi soir pour recevoir une aide d’urgence de 10.000 dollars de Hong Kong (1.105 euros) et environ 2.400 personnes ont eu  recours à un hébergement d’urgence.