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Le Kremlin affirme avoir accepté une pause sur les frappes contre Kiev jusqu’à dimanche

Le Kremlin a annoncé vendredi avoir accepté une demande du président américain de s’abstenir de frapper Kiev jusqu’à dimanche, tandis que les attaques russes ont mis à mal le réseau énergétique ukrainien sollicité par un hiver glacial devant encore s’aggraver.  Depuis l’annonce jeudi par Donald Trump d’un arrêt par la Russie de ses frappes “pendant une semaine”, une certaine confusion règne sur les modalités de cet accord, à un moment où des négociations en vue de mettre fin du conflit doivent se dérouler, dimanche, à Abou Dhabi.La Maison Blanche n’a livré aucun détail sur les dates de cette trêve ni sur le type d’installations devant potentiellement être épargnées par les attaques russes.Interrogé à ce sujet vendredi, le Kremlin a affirmé que M. Trump avait réclamé à son homologue russe Vladimir Poutine une cessation jusqu’au 1er février – dimanche – des bombardements sur la capitale ukrainienne, sans toutefois préciser quand cette requête avait été formulée.Selon le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, il s’agit ainsi de “créer des conditions favorables à la tenue de négociations”.- “Aucune attaque” contre les sites énergétiques -“La partie américaine a parlé de s’abstenir pendant une semaine de frappes contre les installations énergétiques et le compte à rebours a commencé hier soir” (jeudi), a de son côté expliqué vendredi dans son message quotidien le président ukrainien Volodymyr Zelensky. “Il n’y a eu aucune attaque contre les installations énergétiques” en Ukraine la nuit dernière”, à l’exception d'”une infrastructure gazière touchée par un bombardement aérien” dans la région orientale de Donetsk, a-t-il relevé, avant de lancer: “l’Ukraine est prête à s’abstenir de toute frappe similaire et nous n’avons pas frappé les installations énergétiques russes aujourd’hui.”Les raids russes “se concentrent désormais” sur la logistique, a noté M. Zelensky, cependant que “les attaques de drones et les bombardements aériens habituels se sont poursuivis tout au long de la journée”.”Ces dernières 24 heures, l’ennemi a mené sept attaques de drones contre des installations ferroviaires”, a à cet égard dénoncé la Première ministre ukrainienne Ioulia Svyrydenko.Les frappes russes des derniers mois ont provoqué des coupures de courant et de chauffage d’ampleur dans plusieurs grandes villes d’Ukraine, dont la capitale, où jusqu’à la moitié des immeubles ont été par moments affectés, les derniers bombardements y remontant à la nuit du 23 au 24 janvier.Donald Trump a dit avoir adressé à Vladimir Poutine sa demande de ne pas bombarder Kiev en raison du froid “exceptionnel” en Ukraine, les météorologues annonçant des températures nocturnes pouvant descendre jusqu’à -30°C dans les prochains jours.L’Ukraine vise de son côté régulièrement des raffineries et des dépôts de pétrole en Russie et des infrastructures de transport d’hydrocarbures, provoquant d’importants incendies. Les régions russes frontalières ont aussi été confrontées à des ruptures de l’approvisionnement en électricité à cause de cela.- Discussions à Abou Dhabi -Russes, Ukrainiens et Américains ont entamé les 23 et 24 janvier un cycle de pourparlers aux Emirats arabes unis sur le plan proposé par Washington pour mettre fin à quatre ans de combats. Des représentants de Moscou et de Kiev doivent se réunir à nouveau dimanche à Abou Dhabi.Volodymyr Zelensky a insisté sur le fait que les discussions butaient toujours sur l’épineuse question des territoires de l’est de l’Ukraine que Moscou revendique. La Russie exige notamment que les forces ukrainiennes se retirent des zones de la région de Donetsk qu’elles contrôlent encore.”Jusqu’ici, nous n’avons pas réussi à trouver un compromis sur la question territoriale, en particulier concernant une partie de l’est de l’Ukraine”, a déclaré le président ukrainien.Selon lui, la Russie a aussi interrompu les échanges de prisonniers de guerre, dont le dernier en date remonte à l’année dernière. C’était là le seul résultat concret des dernières négociations russo-ukrainiennes, en 2025 à Istanbul.Côté russe, le Kremlin avait confirmé jeudi que le dialogue “se poursuit” sans vouloir commenter les détails du processus.Donald Trump avait assuré le même jour que “beaucoup de progrès” avaient été faits jusqu’ici au plan diplomatique.Sur le front, l’armée russe a revendiqué vendredi de nouvelles avancées, annonçant la prise des localités de Berestok dans la région de Donetsk (est) et de Ritchné, dans celle de Zaporijjia (sud), à moins de trente kilomètres de la capitale régionale éponyme.Dans le nord-est de l’Ukraine, des familles avec enfants ont reçu l’ordre d’évacuer sept villages de la région de Kharkiv, un indicateur de la progression des soldats russes dans ce secteur.

Bébé tué à l’acide: 30 ans de prison pour l’ex-employée de crèche

L’ex-employée de crèche qui a tué un bébé de 11 mois en 2022 à Lyon en lui faisant avaler une dose “massive” de déboucheur de canalisation à base d’acide a été condamnée en appel vendredi à 30 ans de prison pour meurtre.La peine, conforme aux réquisitions, est automatiquement assortie d’une période de sûreté de 15 ans.”Notre cliente accepte la peine, il n’y aura pas de pourvoi en cassation”, a déclaré à l’AFP l’avocate de Myriam Jaouen, qui a accueilli le verdict dans le calme.En première instance, les jurés l’avaient condamnée à 25 ans de prison pour torture et acte de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Cette fois, la cour d’assises de l’Ain l’a reconnue “coupable d’avoir donné volontairement la mort” à la petite Lisa.Sa famille est “soulagée, elle a été entendue”, a commenté leur avocate Catherine Bourgade. Les parents ont mené un “combat en mémoire de leur fille” pour que “cette qualification de meurtre et d’intention de donner la mort” soit retenue, a-t-elle rappelé.Affronter à nouveau trois jours de procès a été “terrible” pour eux même si les débats ont été menés de manière sereine, a-t-elle poursuivi. “C’est une fin apaisante: leur douleur est indescriptible, elle restera mais, au moins, ils ont le sentiment que la justice a fait ce qu’il fallait”.- “Immature” -Après plusieurs mensonges et dénégations, Myriam Jaouen, qui avait 27 ans au moment du drame, avait reconnu en garde à vue avoir versé le produit à base d’acide sulfurique dans la bouche de la fillette. Mais elle a toujours assuré avoir voulu “la faire arrêter de pleurer”, “pas la tuer”.Elle a aussi affirmé qu’elle n’avait pas conscience de la dangerosité du produit de type Destop, ce qu’ont contredit enquêteurs, médecins et psychiatres qui ont défilé à la barre.Dans son réquisitoire, l’avocat général Baptiste Godreau a estimé qu’elle avait “consciemment tué avec un produit toxique létal, l’administrant directement dans la bouche d’une enfant de 11 mois”, décédée après quatre heures de souffrances “extrêmes”.Vendredi, les derniers mots de l’accusée ont été adressés aux parents de sa victime. “Je veux m’excuser auprès de la famille, tous les jours je pense à Lisa”, a-t-elle soufflé. La mère, visiblement toujours très éprouvée, a fermement fait non de la tête.Plusieurs experts psychiatres ont décrit Myriam Jaouen comme “immature” et “modérément” déficiente intellectuellement. Mais “sans maladie mentale avérée”, écartant donc une “abolition ou altération du discernement”. Sa défense avait demandé aux jurés certes de “sanctionner” mais aussi de “favoriser sa réinsertion”, niant l’intention de donner la mort chez une personne “infantile”, selon son avocate Julia Coppard.Et dont “l’incompétence” et “l’inaptitude” à s’occuper d’enfants avait été signalée par ses collègues à la crèche Danton Rêve du groupe People et Baby, “où elle n’aurait jamais dû être employée, encore moins laissée seule avec les enfants”, a estimé sa consoeur Maylis Leduc.- Récit mensonger -“Une femme qui, selon ses propres dires, est capable de maintenir fermement la tête et le corps d’un bébé, de lui enfoncer le goulot d’une bouteille d’acide dans la bouche, de la maintenir et de lui dire: +prends ça, mange et tais-toi !+” ne peut pas être excusée, a pour sa part plaidé Me Sidonie Leblanc, au nom de l’association l’Enfant Bleu – Enfance maltraitée.A l’arrivée d’autres parents dans la microcrèche où s’est noué le drame, Myriam Jaouen avait aussi élaboré un “récit mensonger structuré”, a rappelé l’avocate: un tube de gouache a explosé et les projections ont atteint la bouche de Lisa. Myriam Jaouen a même badigeonné son pantalon de peinture pour accréditer cette version.Un mensonge répété d’une voix déterminée, 15 minutes durant, au médecin du centre anti-poison -dont l’enregistrement a été diffusé à l’audience- qui l’appelait pour tenter d’identifier le produit pour orienter les médecins tentant encore de sauver Lisa.”Qu’on ne vienne pas nous dire qu’elle n’est pas capable d’élaboration”, avait conclu l’avocate.

Le ministère de la Justice publie des masses de documents du dossier Epstein

Le ministère américain de la Justice a annoncé publier vendredi trois millions de pages supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, affirmant avoir ainsi respecté l’obligation imposée à l’administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.”Aujourd’hui nous publions plus de trois millions de pages, dont plus de 2.000 vidéos et plus de 180.000 images”, a déclaré le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, lors d’une conférence de presse.Cela porte à pratiquement 3,5 millions le nombre de pages de ce dossier titanesque rendues publiques par le gouvernement américain depuis décembre sous la contrainte d’une loi votée par le Congrès, a-t-il souligné.”La publication d’aujourd’hui marque la fin d’un processus très approfondi de recensement et d’analyse de documents pour garantir la transparence au peuple américain et le respect de la loi”, a souligné M. Blanche, lisant la conclusion d’une lettre adressée parallèlement au Congrès.Une fois le rapport prévu par la loi remis au Congrès et les justifications des caviardages des documents publiés au Journal officiel, “le ministère aura rempli ses obligations fixées par la loi”, selon cette lettre signée par la ministre, Pam Bondi, et M. Blanche.Les plus de 2.000 vidéos et de 180.000 images publiées vendredi n’émanent pas toutes de Jeffrey Epstein ou de son entourage a précisé le numéro deux du ministère, expliquant qu’il s’agissait en grande partie de “pornographie”.Hormis la complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, qui purge une peine de vingt ans de prison, les images et vidéos de toutes les femmes ont été masquées, a indiqué Todd Blanche.- “Pas protégé le président Trump” -Les publications précédentes ont surtout éclairé le réseau spectaculaire de Jeffrey Epstein, richissime financier new-yorkais retrouvé pendu dans sa cellule en 2019 à New York avant d’être jugé pour avoir monté un système d’exploitation sexuelle de jeunes filles mineures.Elles ont aussi confirmé la proximité passée entre le criminel sexuel et Donald Trump, lorsque les deux hommes évoluaient au sein de la jet-set de New York dans les années 1990.Le président américain reconnaît l’avoir fréquenté à l’époque, assurant néanmoins avoir rompu avec lui avant qu’il ne soit inquiété par la justice.Mais contrairement à ses assurances selon lesquelles il n’aurait “jamais pris l’avion d’Epstein”, le nom de Donald Trump apparaît huit fois sur la liste des passagers de l’avion privé de Jeffrey Epstein entre 1993 et 1996, selon un courriel d’un enquêteur datant de 2020 diffusé dans le cadre des premières publications.”Nous nous sommes conformés à la loi et nous n’avons pas protégé le président Trump ni protégé ou omis de protéger qui que ce soit”, a assuré Todd Blanche.”Il y a un appétit et une soif d’information qui ne seront pas étanchés par la lecture de ces documents”, a-t-il cependant reconnu.- Compte-gouttes -Des parlementaires républicains et démocrates ont joint leurs forces pour pousser à la publication de cette énorme masse de photos, vidéos et documents écrits (courriers électroniques, auditions de témoins, etc), contre la volonté du président américain.Cette réticence de Donald Trump a indigné certains de ses partisans, qui voient dans l’affaire Epstein, terreau fertile pour les théories du complot les plus échevelées, la confirmation de leurs suspicions sur la dépravation et la corruption des élites.Le ministère de la Justice a justifié la précédente diffusion au compte-gouttes et le caviardage de nombreux documents, expressément autorisé sous strictes conditions par la loi, par la nécessité de protéger les victimes.Mais ces précautions n’ont fait qu’alimenter les accusations de dissimulation contre l’administration Trump.Parmi les documents publiés en décembre, des photos de l’ancien président démocrate Bill Clinton en compagnie de Jeffrey Epstein ou de femmes aux visages dissimulés avaient en particulier retenu l’attention.Bill Clinton a également toujours démenti avoir eu connaissance de ses crimes.

Trump choisit Kevin Warsh pour présider la Fed, avec l’espoir de baisses de taux

Donald Trump a finalement choisi vendredi son candidat pour présider la Réserve fédérale (Fed): Kevin Warsh, un habitué des milieux d’affaires qui a passé les derniers mois à plaider pour des taux directeurs plus bas et à critiquer l’institution dont il a été un des gouverneurs.Pour être effective, la nomination de M. Warsh, 55 ans, devra être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire.Le mandat du président de la banque centrale américaine dure quatre ans et peut être renouvelé. L’actuel chef de la Fed, Jerome Powell, doit quitter son poste en mai.”Je connais Kevin depuis longtemps et je n’ai aucun doute qu’il restera dans l’histoire comme l’un des GRANDS présidents de la Fed, peut‑être le meilleur. Par‑dessus tout, il a +tout du premier rôle+, et il ne vous laissera jamais tomber. Félicitations Kevin!”, a écrit le président sur sa plateforme Truth Social.Plus tard, depuis le Bureau ovale, il a affirmé que M. Warsh était “bien sûr” favorable comme lui à un abaissement des taux directeurs, tout en assurant qu’il ne lui avait pas demandé de s’engager à œuvrer dans ce sens. L’orientation des taux n’est pas décidée par le seul président, qui représente une voix sur douze au sein du comité de politique monétaire de la Fed.- “Faucon” ou “colombe”? -Les marchés financiers ont semblé considérer vendredi que Kevin Warsh n’agirait pas en cheval de Troie de Donald Trump et saurait maintenir l’indépendance de l’institution, le dollar reprenant de la vigueur. En témoigne également le décrochage des cours de l’or et de l’argent après l’annonce, signe que les investisseurs estiment avoir moins besoin de ces valeurs refuges. Ils n’ont pas oublié que M. Warsh était classé dans la catégorie des “faucons” quand il était gouverneur (2006-2011).Dans le jargon des banques centrales, un “faucon” désigne un responsable très attaché à la lutte contre l’inflation, à l’inverse des “colombes”, plus enclins à la souplesse monétaire.Son plaidoyer récent pour des taux plus bas pourrait être “tactique plutôt que doctrinal” afin de se faire nommer, estime John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank, interrogé par l’AFP.Mais M. Warsh a aussi défendu ces derniers mois la politique économique de Donald Trump et qualifié de “défaillante” la gouvernance de la banque centrale.Kevin Warsh est bien connu des milieux financiers pour avoir notamment été un des dirigeants la banque Morgan Stanley. Il faisait partie des personnalités pressenties pour prendre la tête de l’institution en 2018. Donald Trump avait finalement préféré Jerome Powell — choix dont le chef de l’État n’a cessé de se lamenter par la suite.- Rendez-vous au Sénat -La révélation par Jerome Powell de l’existence d’une procédure du ministère de la Justice à son encontre a récemment suscité l’indignation des milieux économiques, qui y voient une nouvelle atteinte à l’indépendance de l’institution monétaire.Des élus républicains s’en sont également offusqués et ont prévenu qu’ils ne confirmeraient aucune nomination à la Fed tant que la procédure ne serait pas classée.Le passage devant les sénateurs s’annonce houleux pour Kevin Warsh.La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, qui le passera sur le gril, a jugé vendredi dans un communiqué que sa nomination était “le dernier développement en date de la campagne de Trump pour prendre le contrôle de la Fed”.C’est le président républicain George W. Bush qui avait fait de Kevin Warsh le plus jeune gouverneur de l’histoire de la banque centrale; il avait alors 35 ans.Il aurait pu rester plus longtemps en poste, mais avait démissionné en 2011 en critiquant la poursuite de l’exceptionnelle politique monétaire accommodante adoptée pour soutenir la reprise après la crise de 2008-2009. C’est ce qui lui avait alors valu son étiquette de “faucon”.

Minneapolis: un journaliste arrêté, Trump qualifie Alex Pretti d'”agitateur”

Un journaliste américain, ex-présentateur sur CNN, a été arrêté sur ordre de la ministre de la Justice en lien avec les manifestations à Minneapolis, où deux protestataires sont morts sous les balles de la police de l’immigration, dont l’un qualifié “d’agitateur” vendredi par Donald Trump.Le président américain ne cesse de souffler le chaud et le froid depuis la mort d’Alex Pretti et de Renee Good, qui provoqué une vive émotion dans cette ville du nord du pays et au-delà.Sur son compte X, la ministre Pam Bondi a annoncé l’arrestation à Los Angeles “sous (sa) direction” de Don Lemon, ancienne figure de CNN, ainsi que de trois autres personnes, “en lien avec l’attaque coordonnée contre l’église Cities à St Paul, Minnesota” il y a deux semaines. Parmi elles, figurent une journaliste indépendante et un ancien candidat démocrate à la Chambre des représentants.Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a condamné une “attaque flagrante” contre la presse tandis que le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom, critique virulent de l’administration Trump, taclait les autorités sur X. “Poutine serait fier”, a-t-il lancé en référence au président russe Vladimir Poutine.- “Violence déchaînée” -Après avoir parlé de sa volonté de “désescalade”, Donald Trump a qualifié vendredi Alex Pretti “d’agitateur” sur sa plate-forme Truth social.Le président américain est revenu sur une vidéo virale montrant l’infirmier de 37 ans, onze jours avant sa mort, se rebeller lors d’une interpellation par des policiers fédéraux. “Agitateur et, peut-être, insurgé, la cote d’Alex Pretti a fortement chuté” avec cette vidéo, lance-t-il.L’AFP n’a pu pour l’heure vérifier ces images, sur lesquelles on voit un manifestant qui serait Alex Pretti donner des coups de pied dans un véhicule de la police fédérale avant d’être plaqué au sol par des agents. “Ce fut une véritable démonstration de violence et de colère, visible de tous, déchaînée et hors de contrôle”, a assuré Donald Trump.”Le mec a donné un coup de pied dans le phare d’une voiture. Est-ce que ça signifie qu’il méritait de mourir ?”, s’indigne auprès de l’AFP Pedro Wolcott, propriétaire d’une sandwicherie dans les quartiers sud de Minneapolis.Dans la première réaction publique d’un haut-responsable de l’Union européenne, Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission européenne, a déploré vendredi les images “terrifiantes” venues des Etats-Unis.”C’était terrible le choc de voir comment Renee Good, Alex Pretti et des petits enfants, des femmes, des hommes sont traités avec une violence aveugle”, a-t-elle déclaré à l’AFP.- “Chaos trumpiste”-En début de semaine, Donald Trump avait promis un retrait partiel des hommes masqués qui quadrillent Minneapolis depuis des semaines pour arrêter des migrants sans-papiers et dont les opérations d’arrestations musclées indignent les habitants. Tom Homan, son envoyé spécial à Minneapolis, a promis jeudi de “bientôt” réduire les effectifs de la police fédérale qui y sont déployés. “Nous ne renonçons en aucun cas à notre mission. Nous la menons simplement de manière plus intelligente”, avait-il cependant affirmé, rappelant que les agences fédérales avaient “des normes de conduite” et que les agents violant les procédures légales seraient sanctionnés.Alex Pretti a été tué le 24 janvier par des membres de la police aux frontières (CBP). Renee Good, mère de famille de 37 ans, avait été tuée le 7 janvier, par un agent de ICE.Le sujet crispe jusqu’à Washington, où les démocrates refusent d’adopter un budget pour le ministère de la Sécurité intérieure sans que des réformes de la police fédérale de l’immigration (ICE) ne soient mises en place.Chose rare, une figure de la Sillicon Valley s’est emparée du sujet pour appeler le tissu économique à réagir.”Davantage d’entre nous doivent cesser de considérer le chaos trumpiste comme un simple théâtre politique dont on peut se tenir à l’écart. Il est temps pour nous tous d’en faire et d’en dire davantage”, a écrit Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, dans une tribune au San Francisco Standard. “Une grande majorité d’entre nous désapprouve la brutalité ostentatoire du régime Trump”.

En Syrie, la facture d’électricité plus élevée que les salaires

Quand Hani Massalkhi est allé payer sa facture d’électricité jeudi à Damas, il a réalisé qu’avec les nouveaux tarifs en vigueur, la somme qu’on lui réclamait dépassait son salaire mensuel.L’ancien ingénieur agricole, qui vit avec une retraite d’environ 58 euros par mois, est reparti du centre de recouvrement sans payer.”D’habitude, ma facture varie entre 15.000 …

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Des responsables italiens jugés pour un naufrage meurtrier de migrants

Le procès de quatre policiers et deux garde-côtes italiens s’est ouvert vendredi à Crotone (sud-est), où ils sont accusés d’être intervenus trop tard pour secourir un bateau de migrants en 2023, dont le naufrage avait causé la mort d’au moins 94 personnes.Cette catastrophe survenue au large de la côte calabraise, dans le sud de l’Italie, …

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Open d’Australie: Djokovic, increvable, défiera Alcaraz en finale

Le vieux lion a rugi vendredi dans son antre de Melbourne: Novak Djokovic a rempli la moitié de son pari en battant Jannik Sinner en demi-finales de l’Open d’Australie et s’est offert une chance de remporter dimanche un 25e titre du Grand Chelem, à condition de battre Carlos Alcaraz.L’Espagnol, N.1 mondial, s’est lui défait de l’Allemand Alexander Zverev au terme d’un match épique de près de cinq heures et demie.Alors que le tournoi avait été jusque-là sans surprise et sans grande passion, les deux rencontres de cette 13e journée ont atteint le sublime: deux matches fous en cinq sets.”C’est irréel”, a commenté Djokovic devant la foule qui l’acclamait après sa victoire en 4h09 face au N.2 mondial 3-6, 6-3, 4-6, 6-4, 6-4.”Ca me rappelle le finale de 2012 contre Rafa” Nadal, qu’il avait remportée en cinq sets et qui est à ce jour le plus long match de l’histoire du tournoi (5h53), a-t-il dit en luttant pour ne pas verser une larme.”C’est certainement une de mes meilleures prestations de la dernière décennie”, a-t-il insisté devant la presse tandis que Sinner encaissait une défaite qui fait “très mal” tout en espérant en “tirer des leçons”.L’atmosphère dans la Rod Laver Arena était celle d’une victoire finale et Djokovic, qui s’est agenouillé au milieu du court pour se signer en regardant les cieux, a lui-même donné cette impression.Le Serbe restait sur cinq défaites contre Sinner et n’avait plus joué de finale en Grand Chelem depuis sa défaite face à Alcaraz à Wimbledon en 2024.- “Très difficile, pas impossible” -L’an dernier, il a joué les demi-finales des quatre Majeurs, butant sur Sinner à Roland-Garros et Wimbledon puis sur Alcaraz à l’US Open. A Melbourne, il avait dû abandonner face à Zverev.Après sa défaite à Flushing Meadows, il avait dit que Sinner et Alcaraz jouaient à un autre niveau et que les battre en cinq sets devenait très difficile.”J’avais dit +très difficile+, pas +impossible+”, a-t-il souligné vendredi après sa victoire.”Je n’ai jamais cessé de croire en moi”, a-t-il ajouté, raillant les “experts” qui voudraient l’envoyer à la retraite.Dimanche, il affrontera donc l’autre ogre du circuit, qui vise un premier titre à Melbourne pour compléter sa collection avec le seul Majeur qui lui manque encore.”J’espère avoir assez d’énergie”, a conclu Djokovic.De l’énergie, Alcaraz lui-même en a dépensé des gigajoules vendredi, longeant longtemps le bord du gouffre contre Zverev avant de remporter l’un des matches les plus longs et fous de l’histoire du tournoi.Fort de six titres du Grand Chelem, mais sans avoir jamais passé les quarts à Melbourne, l’Espagnol a mis 5h27 pour écarter le finaliste de l’an dernier 6-4, 7-6 (7/5), 6-7 (3/7), 6-7 (4/7), 7-5.- “Tout mon cœur” -“Physiquement, c’était l’un des matches les plus difficiles de ma courte carrière, mais j’avais déjà joué ce type de match et je savais que je devais y mettre tout mon cœur”, a commenté le N.1 mondial.S’il jouera bien la finale, il le doit peut-être à un manque d’opportunisme de Zverev qui n’a pas su saisir sa chance de remporter le deuxième set pour égaliser à un partout ni profiter de la soudaine absence durant plus d’une heure d’Alcaraz, incapable de bouger en raison de douleurs aux cuisses.”Etonnamment, je n’ai pas vraiment de regret sur le cinquième set (dans lequel il a servi pour le gain du match, NDLR), parce que j’étais en mode survie. Mais si j’avais pu égaliser à un set partout alors que lui a eu des crampes dans le troisième set, ça aurait pu faire la différence”, a regretté l’Allemand.En face, le Murcien fait le dos rond, sachant que ses deux sets d’avance lui en donnaient la possibilité: “Le physio m’a dit que c’était une question de temps (pour que la douleur passe)”, a-t-il expliqué.Effectivement, il a retrouvé toutes ses facultés physiques dans le cinquième set et tentera dimanche de devenir le plus jeune joueur à décrocher un titre dans chacun des quatre tournois du Grand Chelem, à 22 ans et 272 jours.

Canal: le Panama en contact avec Maersk après l’annulation de la concession du Hongkongais CK Hutchison

Le Panama a annoncé vendredi être en contact avec le géant mondial du transport maritime danois Maersk afin qu’il gère temporairement deux ports du canal reliant l’Atlantique au Pacifique, après l’annulation par la justice de la concession accordée au groupe hongkongais CK Hutchison.La Cour suprême du Panama a annulé jeudi la concession accordée à CK Hutchison pour exploiter deux ports du canal, provoquant une vive réaction de Pékin qui a promis de “protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises”.Cette annonce a eu lieu alors que les États-Unis cherchent à limiter l’influence chinoise sur cette voie stratégique, exacerbant les tensions autour de cette voie maritime de 80 kilomètres par laquelle transite environ 5% du commerce maritime mondial. Les États-Unis et la Chine en sont les deux principaux utilisateurs. “Des discussions ont progressé” avec “une filiale du groupe APM Moller Maersk, qui s’est montrée disposée à prendre temporairement en charge l’exploitation des deux terminaux”, a indiqué le président panaméen José Raul Mulino dans une déclaration enregistrée.Dans un premier temps, “il y aura une période de continuité avec l’opérateur actuel”, après quoi “débutera une période de transition, qui aboutira à une nouvelle concession à des conditions favorables à notre pays”, a expliqué M. Mulino.Le chef de l’Etat panaméen avait qualifié à plusieurs reprises de “contraires aux intérêts nationaux” les contrats en vertu desquels CK Hutchison exploitait les ports situés aux deux extrémités du canal, celui de Cristobal, côté Atlantique, et de Balboa, côté Pacifique.- Pression américaine -La Cour suprême a jugé jeudi “inconstitutionnelles” les lois en vertu desquelles le groupe hongkongais opère ces infrastructures.La nullité des contrats avait été demandée par la Cour des comptes panaméenne, qui avait déposé deux plaintes l’an dernier, estimant qu’ils présentaient des irrégularités.”La partie chinoise prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises”, a réagi Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point presse régulier.Le gouvernement de Hong Kong a également répondu vendredi, affirmant dans un communiqué qu’il “désapprouve vivement et rejette fermement cette décision”. L’exécutif de la région administrative spéciale dit s’opposer “catégoriquement à ce que tout gouvernement étranger utilise des moyens coercitifs, répressifs ou autres pratiques déraisonnables dans les relations économiques et commerciales internationales”.Panama Ports Company (PPC), filiale de CK Hutchison, a dénoncé une décision qui “manque de fondement juridique et met en péril non seulement PPC et son contrat, mais aussi le bien-être et la stabilité de milliers de familles panaméennes qui dépendent directement ou indirectement de l’activité portuaire”.- Prudence des investisseurs -Fondé par le milliardaire Li Ka-shing, CK Hutchison est l’un des plus grands conglomérats de Hong Kong, présent notamment dans la finance, le commerce de détail, les infrastructures, les télécommunications et la logistique.Sa filiale PPC gère les ports de Cristobal et de Balboa depuis 1997. Elle avait obtenu une première concession de 25 ans, prolongée pour une durée équivalente en 2021.Construit par les États-Unis et inauguré en 1914, le canal est passé sous contrôle panaméen en 1999 dans le cadre de traités bilatéraux négociés sous la présidence du démocrate américain Jimmy Carter (1977-1981).A son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a menacé à plusieurs reprises l’an dernier de reprendre le contrôle du canal, estimant qu’il se trouve sous l’influence de Pékin. Il a également exigé du Panama des conditions préférentielles pour son utilisation par les navires américains.En mars, CK Hutchison avait accepté de céder le contrôle des deux ports à un conglomérat mené par le fonds américain BlackRock, mais la transaction, que la Chine considère avec suspicion, n’a toujours pas été finalisée.Après l’annonce venue du Panama, l’action du conglomérat a perdu 4,6% en séance vendredi à la bourse de Hong Kong.Selon Kelvin Lam, économiste chez Pantheon Macroeconomics, “dorénavant, les pays étrangers vont être de plus en plus prudents lorsqu’il s’agira d’investir des capitaux dans des projets d’infrastructures stratégiques dans l’arrière-cour des États-Unis, en particulier pour les pays qui n’entretiennent pas de bonnes relations avec ces derniers”.

Pour Téhéran, pas de négociation possible sur ses capacités de défense et ses missiles

Les capacités de défense et balistiques iraniennes “ne feront jamais l’objet de négociations”, a averti vendredi le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, au moment où Téhéran fait face à une forte pression des Etats-Unis.Le ministre iranien s’exprimait à Istanbul après avoir rencontré son homologue Hakan Fidan, la Turquie voulant jouer un rôle de “facilitateur” entre les deux pays ennemis qui enchaînent les menaces.Après avoir prévenu que “le temps” était “compté” avant une attaque contre Téhéran, le président américain Donald Trump a toutefois dit jeudi “espérer” ne pas avoir à frapper l’Iran, pressé dans le même temps à conclure un accord sur le nucléaire.Si M. Araghchi, dont la visite à Istanbul est la première officielle à l’étranger depuis la vague de protestation réprimée dans le sang dans son pays, s’est déclaré prêt à reprendre des négociations “sur un pied d’égalité”, il a aussi affirmé que “les capacités de défense et les missiles iraniens” n’étaient pas sur la table.”La sécurité du peuple iranien ne regarde personne d’autre”, a-t-il insisté en conférence de presse, précisant qu’aucune rencontre n’était prévue à ce stade avec les Etats-Unis.Selon le média américain Axios citant des responsables américains, tout accord avec Téhéran devrait notamment inclure le retrait de tout l’uranium enrichi du pays, le plafonnement du stock de missiles à longue portée et un changement de politique vis-à-vis de certains groupes armés dans la région.En 2018 pendant son premier mandat, Donald Trump s’était retiré du pacte international sur le nucléaire iranien, conclu trois ans plus tôt, et avait rétabli des sanctions. L’Iran s’est en riposte affranchi de la plupart de ses engagements.- “Vitale” -A Istanbul, le ministre turc Hakan Fidan a estimé que la reprise des négociations sur le nucléaire était “vitale afin d’apaiser les tensions régionales”.”Nous constatons qu’Israël tente de persuader les Etats-Unis de lancer une attaque militaire contre l’Iran (…) Nous espérons que l’administration américaine fera preuve de bon sens”, a-t-il dit.La Turquie, membre de l’Otan, souhaite à tout prix éviter une escalade militaire qui risquerait de jeter des milliers de migrants par-delà les plus de 550 km de frontière qu’elle partage avec l’Iran et créerait un nouveau conflit à ses portes, après la Syrie.Par précaution, la Turquie se prépare à “renforcer la sécurité à sa frontière” avec l’Iran, a confié à l’AFP un haut responsable turc.Le président Recep Tayyip Erdogan pousse lui pour l’organisation d’une réunion trilatérale Etats-Unis/Iran/Turquie, selon une source diplomatique turque.Il s’est entretenu vendredi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a de nouveau refusé de négocier sous les menaces américaines.Le contexte est particulièrement tendu pour le pouvoir iranien, avec une armada américaine déployée dans le Golfe et l’inscription jeudi par l’Union européenne des Gardiens de la Révolution, son bras armé, sur la liste des “organisations terroristes”.Cette force est accusée par les Occidentaux d’avoir orchestré début janvier la répression du vaste mouvement de contestation ayant fait des milliers de morts.- “Compromis” -Les Européens “subiront les conséquences de cette décision insensée”, a prévenu vendredi le chef du pouvoir judiciaire en Iran, Gholamhossein Mohseni Ejei.M. Araghchi a lui parlé d’une “erreur”, de la part d’un continent, l’Europe, qui “attise le feu”.Pour Serhan Afacan, directeur du centre d’études iraniennes Iram à Ankara, “le compromis n’est pas impossible mais ne peut être atteint qu’après de longs cycles de négociations et si les craintes sécuritaires de Téhéran, surtout vis-à-vis des Etats-Unis et d’Israël”, sont adressées.Avant Ankara, des pays du Golfe, dont certains abritent des bases militaires américaines, ont déjà appelé ces derniers jours à la désescalade.Les autorités iraniennes reconnaissent que des milliers de personnes ont été tuées lors des manifestations, mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou passants tués par des “émeutiers”.Des ONG parlent de dizaines de milliers de morts potentiels mais le travail de recensement est entravé par les restrictions de communication, bien qu’internet ait été partiellement rétabli après trois semaines de coupure.