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La fabrication de harpes, nouvelle passion d’un octogénaire irlandais

“Il n’est jamais trop tard pour se lancer dans un nouveau passe-temps” : c’est la philosophie de Noel Anderson, un Irlandais devenu à 80 ans passés fabricant de harpes, un instrument emblématique de la musique traditionnelle de son pays. Autrefois enseignant de menuiserie et de métallurgie, cet homme, qui fêtera ses 90 ans en novembre, ne …

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La fabrication de harpes, nouvelle passion d’un octogénaire irlandais

“Il n’est jamais trop tard pour se lancer dans un nouveau passe-temps” : c’est la philosophie de Noel Anderson, un Irlandais devenu à 80 ans passés fabricant de harpes, un instrument emblématique de la musique traditionnelle de son pays. Autrefois enseignant de menuiserie et de métallurgie, cet homme, qui fêtera ses 90 ans en novembre, ne s’est attelé à la fabrication d’une harpe qu’à 82 ans, pour rendre service à un ami. Mais une passion était née, qui l’a fait transformer son garage et son établi en atelier de luthier. “Mon âge n’a vraiment aucune importance : je vais juste dans l’atelier et j’y travaille, parfois dix minutes, parfois pendant dix heures”, explique Noel Anderson à l’AFP à Strabane, à 120 kilomètres au nord-ouest de Belfast, en Irlande du Nord.  “Je continuerai à le faire aussi longtemps que je le pourrai”, souligne cet homme au dynamisme rare pour un quasi-nonagénaire, en chemise à carreaux et pantalon à bretelles.”J’ai toujours fabriqué des choses, des meubles, des bols, des nichoirs pour les oiseaux ou d’autres choses”, dit-il. “Mais fabriquer des harpes, c’est vraiment spécial, c’est l’une des meilleures expériences de ma vie”, confie-t-il. Depuis des siècles, la harpe est un symbole de l’Irlande et la République d’Irlande est aujourd’hui le seul pays à avoir un instrument de musique pour symbole officiel. La harpe figure sur ses armoiries, ses sceaux gouvernementaux et ses pièces de monnaie.  Mais, de nos jours, elle est beaucoup moins pratiquée que le violon, la flûte ou la cornemuse, qui jouent un rôle central dans le monde très vivant de la musique traditionnelle irlandaise. – “Pour le plaisir” -Noel Anderson ne gagne rien avec ses harpes : il les offre en cadeau principalement à des amis ou à sa famille, notamment pour des mariages.  “Je fais ça pour le plaisir. Si vous facturiez ce qu’un artisan devrait facturer pour une harpe faite à la main, cela deviendrait extrêmement cher”, dit-il. Après avoir fabriqué 18 harpes de différentes tailles, il s’est désormais lancé dans un projet plus ambitieux encore – la reproduction d’une harpe conçue par le grand maître irlandais John Egan, qui fabriqua plus de 2.000 harpes dans la première moitié du XIXe siècle. “Quand vous regardez les plans, tout devient beaucoup plus clair, il suffit de les suivre point par point”, dit-il, penché sur un grand papier étalé sur le sol où figurent ces plans détaillés.  Combien de temps faut-il pour fabriquer une harpe ? Noel Anderson ne compte pas en heures mais en tasses de thé.  Depuis le découpage du bois jusqu’à l’ajustement des cordes, “pour une harpe de grande dimension, je bois au moins 800 tasses”, confie-t-il.  Les petites harpes portatives, que l’on tient sur les genoux, sont moins chronophages. “Mais ça fait quand même beaucoup de thé, cinq à six cents tasses”, lâche-t-il en riant. – Métier en voie de disparition -Choisir le bois dont sera fait l’instrument est un moment clé du processus.  Lui utilise essentiellement du bois irlandais – des bois durs tels que du frêne, du chêne ou des cèdres du Liban présents en Irlande – ainsi que des cordes fabriquées localement. Parfois, il achète de l’épicéa en provenance de Suisse, spécialement cultivé pour les instruments de musique.  “Tout est fait pour que le grain du bois soit aussi régulier et fin que possible”, explique-t-il.S’il trouve le son de la harpe “absolument magnifique, qu’elle soit irlandaise, sud-américaine ou autre”, Noel Anderson lui-même n’en joue pas et n’en a jamais joué.  “Je ne suis pas musicien, en fait je ne sais pas jouer une seule note”, dit-il dans un rire.  Cela ne l’a pas empêché de se tailler une petite réputation pour ses instruments, ne serait-ce que parce que les fabricants se raréfient, souligne-t-il.  Avec un coût de fabrication élevé et l’absence de formation officielle, ce type d’artisanat est en voie de disparition, à son grand regret.”J’adorerais savoir que je ne suis pas seul, nous partagerions nos compétences et d’autres choses, ce serait merveilleux”, lance-t-il. 

Aux Philippines, un cimetière où tentent de survivre les vivants démunis

Au détour d’une pierre tombale apparaît la bicoque en bois de Laileah Cuetara. Comme beaucoup de Manillais démunis, sa famille n’a d’autre choix que de vivre chez les morts.Quelque 6.000 personnes peuplent les 54 hectares du cimetière Nord de la capitale philippine, qui a vu passer au moins un million de dépouilles.Un matelas en mousse, quelques étagères, une télé, des cadres photos, une statue d’ange et un cercueil d’enfant qui sert de table meublent la cabane de Mme Cuetara, 36 ans. Elle vit ici avec son compagnon et leurs deux enfants.Avec un maigre revenu d’une cinquantaine de dollars mensuels provenant de la vente de bonbons, boissons et biscuits aux visiteurs du cimetière, Laileah Cuetara n’entrevoit pas de porte de sortie.Et ce, même en comptant la trentaine de dollars qu’elle et son conjoint percevront dimanche pour chacune des 30 tombes dont ils prennent soin toute l’année, une petite prime accordée pour la Toussaint.”Avec les prix élevés des produits de base ces derniers temps, il est très difficile d’améliorer nos conditions de vie”, raconte Mme Cuetara, qui habite dans le cimetière depuis qu’un conflit familial l’a forcée à quitter sa résidence de la banlieue de Manille en 2008.Selon l’ancien parlementaire Luis Raymund Villafuerte, trois millions de personnes n’ont pas accès à un logement décent dans la zone métropolitaine de Manille. Les Nations unies ont estimé dans un rapport de 2023 que jusqu’à 22 millions d’habitants de l’archipel pourraient être concernés d’ici 2040.Priscilla Buan, 51 ans, est née dans le cimetière. Elle y a même élevé ses enfants, entre les tombes.Mais malgré l’ambiance sinistre, ce sont les ordres de démolition qui l’effraient le plus. Et les menaces sont mises à exécution au moins une fois par an.”Quand nous entendons parler d’un ordre de démolition, on enlève nos affaires (…) On cache (nos appareils) dans un autre mausolée pour qu’ils ne soient pas repérés”, explique-t-elle.Mme Buan et les quatre membres de sa famille dorment sur deux tombes surélevées à l’intérieur d’un mausolée, dont le reste de l’espace est aménagé en salon avec sofa, meuble de rangement et électroménager.La quinquagénaire, qui fait partie de la troisième génération de résidents du cimetière, vend des snacks et d’autres petites choses par la grille du caveau.”Même si je le voulais, je n’ai pas assez d’argent pour acheter une maison”.- Hausse de la population -Vicente Eliver, de la Fondation Kapatiran-Kaularan, note une hausse “préoccupante” des habitants de cimetières, où vivaient naguère les fossoyeurs avec leurs familles. Et personne d’autre.”Mais leurs enfants se sont mariés, ont eu des enfants et des petits-enfants qui ont aussi décidé de vivre” là, indique à l’AFP M. Eliver, dont l’organisation offre de l’aide et des programmes éducatifs depuis 2010 aux résidents.La plupart de ces derniers affirment avoir la permission d’occuper les cryptes ou de construire des cabanes sur les tombes, tant qu’ils en prennent soin.Les occupants se raccordent au réseau électrique pour avoir de l’énergie et paient 3 pesos (4 centimes) les 4 litres d’eau aux puits des environs.Le directeur du cimetière Nord, Daniel Tan, assure néanmoins à l’AFP que cet arrangement n’était pas censé se prolonger sur le long terme.”C’est un cimetière, il est pour les morts et pas pour les vivants, donc les gens n’ont vraiment pas le droit de vivre ici”, souligne-t-il.M. Tan précise que les gardiens de tombes sont tolérés pour leur travail, et avance que la ville tente de les reloger, sans donner de détails.Laileah Cuetara, qui a montré à l’AFP la permission accordée par le propriétaire de la tombe où elle s’est installée, certifie que la vie au cimetière n’est le premier choix de personne.Son fils de 11 ans est malmené à l’école en raison de son adresse, tandis que sa fille de six ans gribouille en boucle des dessins de maisons qui tapissent leur habitat de fortune.”Tout le monde ici rêve d’une maison”, dit la trentenaire. “Mais c’est dur, très dur”.

France: la croissance durant l’été surprend positivement malgré l’instabilité politique

La croissance économique française a surpris en accélérant à 0,5% au troisième trimestre par rapport aux trois mois précédents, meilleure qu’anticipé grâce à des exportations dynamiques, malgré l’incertitude politique en France et les tensions commerciales avec les Etats-Unis.  C’est mieux que la stagnation en Allemagne et en Italie, et presque autant que l’Espagne (+0,6%). Supérieure au +0,3% anticipé initialement, cette publication laisse augurer que la deuxième économie de la zone euro atteindra au moins la croissance de 0,7% attendue par le gouvernement en 2025. L’acquis de croissance, c’est-à-dire ce que serait la croissance annuelle si le PIB n’évoluait plus du tout en fin d’année, est de 0,8% à fin septembre, indique l’Institut national de la statistique (Insee) en publiant sa première estimation jeudi.Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a salué “une performance remarquable”: “malgré les soubresauts politiques et les incertitudes internationales, nos entreprises investissent, exportent et font progresser le pays”. “L’adoption rapide d’un budget qui préserve la confiance des entreprises et des ménages sera capitale pour maintenir cet élan”, ajoute-t-il. – “Solide” -Le budget pour 2026 est âprement débattu dans une Assemblée nationale sans majorité, où plane toujours la menace d’une censure du gouvernement. Les échanges se cristallisent notamment sur la taxation des plus riches.   “Globalement, la croissance est solide”, note Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade, auprès de l’AFP.Avant le début de débats budgétaires houleux, l’économie a bénéficié durant l’été d’une accélération des exportations (+2,2%), surtout dans l’aéronautique, secteur qui était pénalisé depuis le Covid par des problèmes d’approvisionnement.Pour Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas, ce renforcement des exportations “n’est qu’un début”. Les exportations de produits agroalimentaires, notamment les boissons, ont en revanche souffert des “tensions commerciales avec la Chine et les États-Unis”, selon l’Insee.Par ailleurs, la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) face au reflux de l’inflation se traduit par une amélioration des investissements (+0,4% après 0,0%). Ils sont tirés par ceux des entreprises (+0,9%), tandis que les investissements des ménages, principalement dans le logement neuf, sont en berne (-0,4%).- “Maillon faible” -En septembre, l’Insee jugeait toutefois les moteurs de l’économie française fragiles dans un contexte marqué par un regain d’instabilité politique affectant la confiance des ménages et la consommation, un pilier traditionnel de la croissance. Cette dernière a progressé modérément de 0,1% au troisième trimestre, comme au deuxième. “La consommation reste le maillon faible de cette économie. Elle ne redémarre pas (…) avec un manque de confiance demeurant élevé”, analyse Maxime Darmet. Alors que les salaires réels progressent et que les taux d’épargne culminent, “il manque cet ingrédient-là pour que la croissance s’établisse sur des bases solides”.Le quatrième trimestre s’annonce moins flamboyant, selon l’économiste, qui prévoit un ralentissement coïncidant avec le retour de l’instabilité politique. De son côté, Stéphane Colliac n’exclut certes pas “un contrecoup” en fin d’année, mais il voit des raisons d’être “optimiste” avec des “fondamentaux assez solides” permettant de contrebalancer les risques. “L’incertitude politique et budgétaire devrait peser sur la dynamique de croissance. Néanmoins, le redressement du climat des affaires et de la confiance des consommateurs en octobre laisse penser que l’impact sera peut-être plus faible ou plus tardif que prévu”, souligne Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note. Après la chute du gouvernement de François Bayrou, le Premier ministre Sébastien Lecornu est en première ligne pour défendre un budget qui ambitionnait initialement un effort d’une trentaine de milliards d’euros pour 2026.Le gouvernement souhaite ramener le déficit public à 4,7% du PIB en 2026, après 5,4% en 2025, mais accepterait d’assouplir l’objectif jusqu’à un niveau se situant “sous 5%” pour permettre des compromis.Au troisième trimestre, les dépenses des administrations publiques sont restées dynamiques (+0,5%), Maxime Darmet ne voyant “aucun signe d’austérité budgétaire à ce stade”. L’incertitude politique et la situation dégradée de ses finances publiques a valu à la note souveraine française d’être abaissée par S&P et Fitch, et placée sous perspective négative par Moody’s. 

Corruption en Espagne: extrême tension lors de l’audition du Premier ministre par une commission d’enquête

Paroles coupées, invectives et ton agressif: la comparution devant une commission d’enquête sénatoriale du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez sur un scandale de corruption s’est ouverte jeudi dans une extrême tension, le socialiste devant s’expliquer sur le rôle de ses hommes de confiance dans ce dossier explosif.”C’est un cirque”, “Premier rappel à l’ordre, M. le Premier ministre”, “Un peu de respect”, “Vous ne répondez à aucune question”: l’audition de Pedro Sánchez a commencé sur les chapeaux de roues dès 9H00 avec les questions incisives de la sénatrice María Mar Caballero (UPN, droite).”Jusqu’à quand allez-vous prétendre que vous ne saviez rien de tout ce que faisaient tous ceux qui vous entouraient ? Vous avez nommé Ábalos, fait confiance à Koldo, nommé Cerdán, proposé un procureur général qui est aujourd’hui sur le banc des accusés. Vous avez votre frère, votre femme mis en examen”, a énuméré la sénatrice, citant les différentes affaires touchant l’entourage du Premier ministre socialiste.En face, sans se départir de son calme et de son sourire, allant parfois jusqu’à exploser de rire pour dénoncer des questions qu’il juge absurdes, Pedro Sánchez, qui s’est fait très souvent couper la parole, a éludé la plupart des interrogations et dénoncé “un cirque”.”Ce n’est pas une commission de diffamation comme vous dites”, l’a repris le président de la Commission parlementaire, Eloy Suárez (PP, droite), qui l’a appelé à faire preuve de “respect”.L’audition, qui doit durer plusieurs heures, est régulièrement interrompue par les bruits émanant de la salle, et des sénateurs qui tapent de la main sur leur pupitre.- Polarisation -Elle concentre toute la polarisation de la classe politique espagnole, avec d’un côté le parti à l’origine de cette commission, le PP, majoritaire à la chambre haute, qui compte prouver que le Premier ministre était au courant des malversations au sein de son parti, et le gouvernement de gauche dirigé par M. Sánchez, arrivé au pouvoir à la faveur d’un scandale de corruption ayant éclaboussé le PP en 2018.L’affaire sur laquelle se penche la commission est connue sous le nom d'”affaire Koldo”, du nom de Koldo García Izaguirre, l’assistant d’un ancien ministre des Transports et ex-bras droit de M. Sánchez, José Luis Ábalos.Ce scandale a éclaté au grand jour en février 2024 avec l’arrestation de Koldo García Izaguirre, soupçonné d’être au cœur d’une énorme escroquerie ayant permis à une petite société d’obtenir pendant la pandémie de Covid-19 des contrats d’un montant de 53 millions d’euros pour fournir des masques à diverses administrations. Ces contrats avaient dégagé des commissions illégales de plusieurs millions d’euros.La justice est vite remontée jusqu’à José Luis Ábalos, le juge chargé de l’enquête considérant qu’il avait joué un rôle d'”intermédiaire” dans la combine.  Outre son poste de ministre, M. Ábalos était surtout secrétaire à l’Organisation du Parti socialiste, poste clé qui en faisait l’homme de confiance de M. Sánchez.Il a été expulsé du Parti socialiste, mais l’affaire n’a fait ensuite que s’aggraver pour le Premier ministre.Car le successeur de M. Ábalos comme secrétaire à l’Organisation du Parti socialiste, Santos Cerdán, a à son tour été mis en cause en juin dernier, après la publication d’un rapport de police selon lequel il était au cœur du réseau de corruption et avait touché des pots-de-vin en échange de contrats publics.Il a été placé en détention provisoire en juillet.Face à ce séisme, Pedro Sánchez a demandé pardon à plusieurs reprises aux Espagnols, assurant qu’il ignorait tout de l’affaire et que le Parti socialiste, dont il est secrétaire général depuis 2017, n’avait jamais bénéficié de financements illégaux. Outre cette tentaculaire affaire Koldo, M. Sánchez est englué dans d’autres affaires judiciaires qui le touchent de près: son épouse, Begoña Gómez, devrait être jugée pour une affaire de corruption et trafic d’influence, son frère David le sera également pour trafic d’influence et le procureur général de l’État, Álvaro García Ortiz, qu’il a nommé, sera jugé à partir de lundi pour violation du secret judiciaire.

Quatre habitants de la Terre racontent leur déclic climatique

Quel climatoscepticisme? Malgré un affaissement de la mobilisation politique, une grande majorité de personnes continuent de considérer le réchauffement comme une menace importante et réclament davantage de mesures gouvernementales. Beaucoup passent eux-mêmes à l’action.L’AFP a interrogé quatre personnes sur quatre continents pour comprendre leur propre moment déclencheur, ce qui les a fait basculer et agir. Leurs étincelles personnelles n’ont parfois rien à voir avec le réchauffement – la pollution de l’air, la maltraitance animale -, mais leurs initiatives finissent par bénéficier aussi au climat. Elles illustrent l’intersection des combats environnementaux.Ces témoignages sont publiés en coordination avec une initiative de la collaboration de médias internationaux Covering Climate Now baptisée “le projet 89%”, en référence aux 80-89% de gens favorables à davantage d’action climatique, selon plusieurs études mondiales réalisées ces dernières années.- Les problèmes respiratoires Saviour Iwezue situe son basculement environnemental à l’âge de neuf ans. Son déclencheur: des problèmes respiratoires à cause des fumées de déchets brûlés chaque jour dans son quartier de Festac, à Lagos, au Nigeria. Tous les polluants de l’air ne sont pas des gaz à effet de serre, mais les mesures pour les diminuer vont souvent de pair avec celles pour lutter contre le changement climatique.Aujourd’hui étudiante en sciences politiques, Saviour, 21 ans, dirige Team Illuminate, un collectif de 200 bénévoles qu’elle a fondé en 2021 pour sensibiliser les jeunes Nigérians et leurs enseignants à l’écologie avec des conférences, des ateliers…”On parle par exemple du recyclage, mais aussi des inondations au Nigeria, leurs dangers et les actions à mener, parfois avec l’appui d’ONG”, détaille-t-elle. Fille de pasteurs, Saviour raconte avoir grandi dans un environnement porté sur l’entraide. C’est à 15 ans qu’elle a organisé sa première collecte de déchets. Elle espère étendre progressivement le réseau de Team Illuminate à l’échelle régionale, puis internationale, en nouant des partenariats avec d’autres organisations engagées pour le climat.- Un documentaire choc Un documentaire sur le lien entre l’élevage intensif de porcs et les algues vertes en Bretagne, dans l’ouest de la France, et, au même moment, les vidéos choc de l’association L214 sur l’intérieur d’abattoirs, ont été pour Anne Chassaignon “un électrochoc, une prise de conscience globale sur ce que pouvait impliquer de changer d’alimentation, sur l’élevage intensif, sur la déforestation”.Là encore, les deux causes du bien-être animal et du climat convergent: Anne, qui avait commencé à manger moins de viande, devient végane du jour au lendemain. “Ça s’est fait d’un coup, je ne suis jamais revenue en arrière sur mon alimentation.”Arrêter de manger de la viande, en particulier de boeuf, est l’une des grandes sources possibles de réduction de l’empreinte carbone, l’élevage représentant à lui seul 12% des émissions mondiales, selon la FAO, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies.”A cette époque-là, en 2016, il y avait déjà des véganes, mais il y en avait beaucoup moins. Il y avait beaucoup moins de facilité, évidemment, à trouver certains produits”, se souvient cette jeune retraitée de 63 ans.”Le côté bien-être et santé est important”, souligne-t-elle, mais “ça permet de lutter contre l’éco-anxiété”, et de “réagir face à des problèmes environnementaux, sur lesquels tu n’as pas directement prise”.Elle ne cuisine certes plus les recettes de sa mère – lapin à la moutarde, côtes de porc – à ses petits-enfants, mais désormais, “je suis en accord avec ce que j’ai envie de transmettre”.- Une crue millénaire Eva Lighthiser, 19 ans, se souvient parfaitement des deux inondations catastrophiques qui l’ont fait basculer.En 2018, la rivière locale, dans le Montana (nord-ouest des Etats-Unis), gonfle tant qu’elle emporte le pont séparant la maison familiale de la ville voisine de Livingston. La famille déménage ensuite.En 2022, une autre catastrophe: la rivière Yellowstone déborde dans des proportions telles que la crue est qualifiée de “millénaire”. Eva se souviendra toujours des sept ou huit heures passées ce jour-là à remplir des sacs de sable pour protéger des maisons de voisins.Ainsi grandit l’adolescente, dans le paysage spectaculaire du Montana ravagé par un climat méconnaissable. “Il y avait de plus en plus de feux, les fumées estivales sont devenues une saison à part entière, de plus en plus d’inondations, de météo extrême… Alors que les hivers sont plus doux, et que la neige se fait rare”, raconte Eva Lighthiser.Comment réagit-elle? Elle est recrutée en 2023 par l’association Our Children’s Trust pour une action judiciaire contre l’Etat du Montana, victorieuse; puis pour une plainte devant la justice fédérale contre Donald Trump, arguant que ses décrets violaient ses droits constitutionnels à un climat sain. Ils ont été déboutés mais leurs avocats ont fait appel.La crise climatique “me déprime, me stresse”, dit l’étudiante. Mais l’action la motive: “Je retrouve de l’espoir en voyant les initiatives individuelles au niveau local, en voyant les gens se mobiliser et agir.”- Retour à la campagneC’est la pandémie de Covid-19 qui a poussé Khomchalat Thongting à retourner à la campagne en Thaïlande, et à ouvrir les yeux sur le climat. Après une carrière dans la tech, il commence à discuter avec des cultivateurs de bambou sur des terres familiales; ils lui expliquent ne plus pouvoir s’appuyer sur le rythme des saisons.”Je n’avais aucune idée des enjeux climatiques”, se souvient le quinquagénaire. “Je regardais les infos, mais je pensais que le problème était loin de moi.”Il mène des recherches et découvre le biochar – une technique qui transforme les déchets organiques en une forme de charbon végétal capable de stocker du carbone.Khomchalat fonde Wongphai, une entreprise qui accompagne les agriculteurs dans toute la Thaïlande pour transformer les résidus de culture en biochar.”Ce travail m’aide à gérer mon anxiété climatique”, confie-t-il. “La qualité de vie ne se résume pas à l’argent dans ma poche, c’est aussi la nourriture qu’on mange, l’eau qu’on boit et l’air qu’on respire.””Construire un système qui régénère l’environnement me donne de l’espoir.”jum-ks-jul-ia-sah/ico/abl

France: la croissance accélère durant l’été malgré l’instabilité politique

La croissance économique française a accéléré à 0,5% au troisième trimestre, meilleure qu’anticipé grâce à des exportations dynamiques, Bercy y voyant “une performance remarquable” malgré l’incertitude politique en France et les tensions commerciales avec les Etats-Unis.  Cette première estimation de l’Institut national de la statistique (Insee) est supérieure à sa prévision initiale d’une croissance de 0,3% entre juillet et septembre par rapport aux trois mois précédents, comme au deuxième trimestre, après +0,1% au premier trimestre.Cette surperformance laisse augurer que la deuxième économie de la zone euro dépassera la croissance de 0,7% attendue par le gouvernement en 2025. L’acquis de croissance, c’est-à-dire ce que serait la croissance annuelle si le PIB n’évoluait plus du tout en fin d’année, est de 0,8% à la fin septembre, selon l’Insee.C’est mieux que l’Allemagne (0,2%) dont les chiffres trimestriels sont également attendus jeudi avec ceux de l’Italie. L’Espagne a, elle, fait état mercredi d’une croissance de 0,6% au troisième trimestre, visant 2,7% sur l’année.Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a salué “une performance remarquable”: “malgré les soubresauts politiques et les incertitudes internationales, nos entreprises investissent, exportent et font progresser le pays”. “L’adoption rapide d’un budget qui préserve la confiance des entreprises et des ménages sera capitale pour maintenir cet élan”, a-t-il ajouté.- “Solide” -Le budget pour 2026 est âprement débattu dans une Assemblée nationale sans majorité, où plane toujours la menace d’une censure du gouvernement. Les échanges se cristallisent notamment sur la taxation des plus riches, réclamée par le PS comme prix de son soutien après avoir obtenu la suspension de la réforme des retraites.  “Globalement, la croissance est solide”, note Maxime Darmet, économiste senior chez Allianz Trade, auprès de l’AFP.Avant le début de débats budgétaires houleux, l’économie a bénéficié durant l’été d’une accélération des exportations, surtout dans l’aéronautique qui avait été pénalisé depuis le Covid par des problèmes d’approvisionnement.Les exportations de produits agroalimentaires ont en revanche baissé, “en particulier celles de boissons, dans un contexte de tensions commerciales avec la Chine et les États-Unis”, souligne l’Insee.Par ailleurs, la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) face au reflux de l’inflation se traduit par une amélioration des investissements (0,4% après 0,0%). Ils sont tirés par ceux des entreprises (+0,9%), tandis que les investissements des ménages, surtout dans le logement neuf, sont en berne (-0,4%).- “Maillon faible” -Dans sa dernière note de conjoncture publiée en septembre, l’Insee jugeait toutefois les moteurs de l’économie française fragiles dans un contexte marqué par un regain d’instabilité politique affectant la confiance des ménages et la consommation, un pilier traditionnel de la croissance. Cette dernière a progressé modérément de 0,1% au troisième trimestre, comme au deuxième. “La consommation reste le maillon faible de cette économie. Elle ne redémarre pas et rien n’augure d’un rebond avec un manque de confiance demeurant élevé”, analyse Maxime Darmet. Alors que les salaires réels progressent et que les taux d’épargne culminent, “il manque cet ingrédient-là pour que la croissance s’établisse sur des bases solides”.Le quatrième trimestre s’annonce moins flamboyant, selon l’économiste, qui prévoit un ralentissement avec le retour de l’instabilité politique. Il note que la bonne performance économique aux deuxième et troisième trimestres “correspondait à un apaisement du climat politique”. Le gouvernement de François Bayrou a chuté début septembre, quelques semaines seulement après la présentation des orientations budgétaires de son gouvernement mi-juillet.Sébastien Lecornu lui a succédé le 9 septembre, désormais en première ligne pour défendre un budget qui ambitionnait initialement un effort global d’une trentaine de milliards d’euros pour 2026.Le gouvernement souhaite ramener le déficit public à 4,7% du PIB en 2026, après 5,4% en 2025, mais accepterait d’assouplir l’objectif jusqu’à un niveau se situant “sous 5%” pour permettre des compromis.Au troisième trimestre, les dépenses des administrations publiques sont restées dynamiques, Maxime Darmet ne voyant “aucun signe d’austérité budgétaire à ce stade”. L’incertitude politique et la situation dégradée de ses finances publiques a déjà valu à la France de voir sa note souveraine abaissée par les agences de notation S&P et Fitch, tandis que Moody’s l’a placée sous perspective négative. 

La communauté internationale réunie à Paris au chevet de la région des Grands Lacs

La communauté internationale est réunie jeudi à Paris pour alerter sur la situation humanitaire dramatique dans la région des Grands Lacs, avec l’ambition de récolter des centaines de millions d’euros malgré une baisse drastique de l’aide internationale, en particulier des Etats-Unis.La conférence co-organisée par la France et le Togo, qui sera clôturée par le président …

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Trump et Xi terminent leur entretien sans donner d’indication sur son issue

Donald Trump et le président chinois Xi Jinping ont terminé leur entretien jeudi en Corée du Sud sans donner d’indication sur son issue alors que les deux pays se livrent à une brutale guerre commerciale qui ébranle toute l’économie mondiale.Le président américain a quitté la ville sud-coréenne de Busan jeudi à bord d’Air Force One, en direction de Washington, après une réunion d’1H40 avec son homologue chinois. Les dirigeants des deux plus grandes économies mondiales, qui ne s’étaient pas vus face à face depuis six ans, se sont serré la main mais n’ont pas fait de déclaration aux médias.Avant la rencontre, le président américain, qui venait juste d’annoncer une relance immédiate des essais d’armes nucléaires, a qualifié son homologue de “redoutable négociateur” tout en disant s’attendre à une rencontre “très réussie”.Xi Jinping a, lui, dit que c’était “un plaisir de revoir” Donald Trump, alors que les deux hommes posaient pour les photographes dans un austère bâtiment de l’aéroport de Busan (sud-est).”La Chine et les Etats-Unis peuvent assumer conjointement leurs responsabilités de grandes puissances et travailler ensemble à la réalisation de projets plus ambitieux et concrets, pour le bien de nos deux pays et du monde entier”, a-t-il affirmé.Donald Trump n’a pas répondu à une journaliste qui lui demandait de commenter sa toute fraîche et surprenante annonce nucléaire.- Essais nucléaires -Il a ordonné à son ministère de la Défense de “commencer à tester” les armes nucléaires des Etats-Unis, après que son homologue russe Vladimir Poutine l’a défié avec un test d’un drone sous-marin à capacité nucléaire.”Les Etats-Unis possèdent plus d’armes nucléaires que tout autre pays”, a-t-il affirmé sur son réseau Truth Social. “La Russie arrive en deuxième position et la Chine loin derrière en troisième, mais elle rattrapera son retard d’ici cinq ans”.De quoi poser un rapport de force, juste avant de s’attabler pour tenter de finaliser une trêve commerciale préparée par les conseillers américains et chinois ces derniers jours.Les deux dirigeants se connaissent bien pour s’être vus cinq fois pendant le premier mandat du républicain, mais leur dernière entrevue remonte à 2019.Depuis, la rivalité entre les deux superpuissances n’a fait que s’intensifier et, surtout, Donald Trump, revenu au pouvoir en janvier, a déclenché une radicale offensive protectionniste au service de son idéologie “L’Amérique d’abord”.- Terres rares et soja -Le président américain avait laissé entrevoir une baisse des droits de douane américains qui avaient été imposés à la Chine en raison de sa contribution, selon Washington, aux ravages causés par le trafic de fentanyl aux Etats-Unis.En contrepartie, Pékin pourrait accepter de retarder l’application de ses restrictions à l’exportation de terres rares – matériaux indispensables à l’industrie (automobile, smartphones, armement…) sur lesquels la Chine exerce un quasi-monopole.Selon le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, le géant asiatique envisageait également de reprendre ses achats de soja aux Etats-Unis, un sujet sensible politiquement à l’heure où les agriculteurs américains souffrent.Ce sommet arrive après quelques semaines particulièrement mouvementées. Le 19 septembre, Donald Trump annonçait une prochaine rencontre avec son homologue chinois, après une conversation téléphonique “très productive”.Puis les sujets de friction se sont accumulés, jusqu’à celui qui fait sortir le président américain de ses gonds: la décision le 9 octobre par Pékin de restreindre ses exportations de terres rares, au risque de compromettre le grand programme de réindustrialisation du locataire de la Maison Blanche.Le milliardaire new-yorkais, dénonçant une manœuvre “hostile”, avait menacé d’imposer des surtaxes douanières écrasantes et de bouder la rencontre. Avant de se radoucir, dans l’une des volte-face dont il a l’habitude.- “Apaisement des tensions” -“Nombreux sont ceux qui voient dans cette rencontre un +cessez-le-feu+, un apaisement des tensions entre les deux parties”, indique à l’AFP Tai Wei Lim, expert de l’Asie orientale à l’Université Soka.L’accord commercial en gestation ne réglera pas les contentieux de fond entre les deux puissances, qui sont économiques mais aussi stratégiques. Donald Trump voit d’un mauvais œil les manœuvres diplomatiques de son homologue chinois pour rallier les grand pays émergents et il s’est plusieurs fois irrité des liens entre la Chine et la Russie.Mais le président américain a aussi intérêt, politiquement, à annoncer l’un de ces “deals” dont il raffole alors qu’il est empêtré chez lui dans une crise budgétaire prolongée.La rencontre avec Xi Jinping conclut, sur une note beaucoup plus sobre, une tournée asiatique qui l’a vu accueilli avec tous les égards en Malaisie, au Japon et en Corée du sud, avec des cadeaux fastueux et des promesses de gigantesques investissements aux Etats-Unis.

Pays-Bas: l’extrême droite au coude à coude avec un parti centriste, selon une nouvelle projection

Donnée dans un premier temps battue, l’extrême droite de Geert Wilders est désormais donnée en tête des législatives anticipées aux Pays-Bas, à égalité avec un parti centriste pro-européen, dans une projection publiée jeudi à l’issue de ce scrutin très suivi en Europe.Alors que les sondages réalisés à la sortie des urnes avaient créé la surprise en plaçant en première position le parti progressiste D66 de Rob Jetten, devant le parti d’extrême droite PVV de Geert Wilders, l’agence ANP leur a ensuite attribué 26 sièges chacun, sur 150 au Parlement. Cette projection s’appuie sur les résultats prenant en compte le dépouillement de près de 95% des voix.Au début de cette nuit électorale à suspense, test de l’avancée de l’extrême droite en Europe, l’institut Ipsos I&O donnait 27 sièges à D66 et 25 au PVV.Dans tous les cas, c’est une longue période de négociations qui s’ouvre pour les partis pour tenter de former une coalition, dans un système politique très fragmenté.Et c’est un revers pour le PVV qui perdrait 11 sièges par rapport à son succès électoral retentissant de 2023.”Les électeurs se sont exprimés. Nous espérions un autre résultat mais nous sommes restés fidèles à nous-mêmes”, a déclaré sur X le dirigeant d’extrême droite de 62 ans.Quel que soit le résultat définitif, M. Wilders ne sera a priori pas Premier ministre, les principaux autres partis ayant exclu pour l’instant toute nouvelle collaboration avec lui, le jugeant peu fiable ou ses opinions trop peu acceptables.Les premiers résultats placent donc le leader de D66, Rob Jetten, 38 ans, en pole position pour devenir le plus jeune Premier ministre néerlandais, et le premier ouvertement homosexuel.Ses partisans ont laissé éclater leur joie lors de leur soirée électorale à Leyde, près de La Haye, brandissant des drapeaux néerlandais et européens.”On l’a fait!” s’est exclamé M. Jetten dans un discours.”Il s’agit d’un résultat électoral historique car nous avons montré non seulement aux Pays-Bas mais aussi au monde entier qu’il est possible de vaincre les mouvements populistes et d’extrême droite”, a-t-il déclaré devant des journalistes celui qui était monté en flèche ces derniers jours dans les sondages grâce à un message optimiste et une forte présence médiatique.Les élections aux Pays-Bas étaient suivies de près en Europe car elles devaient permettre d’évaluer l’ampleur de la poussée de l’extrême droite partout dans le continent, notamment au Royaume-Uni, en France et en Allemagne.- “Pas si agressif” -M. Wilders a lui-même déclenché les élections anticipées en torpillant le gouvernement sortant après un différend sur l’immigration, retirant le PVV d’une fragile coalition quadripartite.La campagne s’est principalement jouée autour de l’immigration et de la crise du logement, qui touche surtout les jeunes dans ce pays densément peuplé. Elle a été entachée de violences lors de manifestations anti-immigration, et de désinformation.Bart Paalman, un boulanger de 53 ans, a voté à la maison Anne Frank à Amsterdam, transformée en bureau de vote. “La société devrait être plus positive. C’est pourquoi je vote pour un parti qui n’est pas si agressif”, a-t-il expliqué à l’AFP.Le résultat définitif devrait être connu jeudi et les partis vont s’atteler à s’accorder sur une coalition, un processus qui pourrait prendre des mois.Derrière les deux formations en tête, le parti libéral de centre-droit VVD devrait remporter 22 sièges, l’alliance de gauche Verts/Travaillistes, 20, selon la projection d’ANP.”Il faudra certainement du temps aux Pays-Bas pour retrouver la stabilité et former une nouvelle coalition”, a observé Sarah de Lange, professeure de sciences politiques à l’université de Leiden, avant le sondage de sortie des urnes. “Les partis sont idéologiquement très différents, ce qui rendra les compromis très difficiles”, ajoute-t-elle, interrogée par l’AFP.En attendant la formation d’un nouveau gouvernement, le Premier ministre démissionnaire, Dick Schoof, continue de gérer les affaires courantes.Frans Timmermans, 64 ans, ancien vice-président de la Commission européenne, a jeté l’éponge après le résultat décevant de son alliance écologiste de gauche.”Ce soir, je quitte mes fonctions de chef de parti. Le coeur lourd”, a-t-il déclaré.