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Battus et insultés, des rescapés racontent leur détention au Darfour

“Ils nous traitaient comme des esclaves”, raconte Hussein, rescapé de geôles improvisées où sont détenues des centaines de personnes par les paramilitaires soudanais des FSR qui ont pris le contrôle de la grande ville d’El-Facher.  Après 18 mois de siège, les Forces de soutien rapides (FSR) ont pris le 26 octobre ce dernier verrou stratégique qui échappait à leur contrôle au Darfour, vaste région de l’ouest du Soudan à la superficie comparable à celle de la France métropolitaine.Depuis, les informations et les témoignages se multiplient sur les exécutions, les pillages, les violences à caractère sexuelle, les attaques contre des humanitaires dans et autour de cette ville du nord du Darfour.Au point où le chef de la diplomatique allemande Johann Wadephul a qualifié ce weekend d'”absolument apocalyptique” la situation sur place, où les télécommunications restent largement perturbées.Des témoins néanmoins joints par l’AFP ont fait état de centaines de jeunes hommes arrêtés par les FSR à El-Facher et ses environs. C’est le cas de Hussein, arrêté avec environ 200 personnes par les FSR à Garni, un hameau situé à 25 km au nord-ouest d’El-Facher.”Ils nous ont rassemblés et emmenés dans un secteur à proximité. Là, ils nous ont enfermés dans une école. Au bout de quatre jours, certains ont été libérés. Mais chaque jour, ils amenaient de nouvelles personnes”, témoigne-t-il en requérant l’anonymat pour des raisons de sécurité.  Dans cette prison improvisée dans une école, les détenus étaient battus, insultés et ne recevaient qu’un repas par jour, dit-il. “Ils nous frappaient avec des bâtons et nous traitaient comme des esclaves”.- “Le prix de ma vie” -Au total, plus de 65.000 civils ont réussi à fuir El-Facher, dont environ 5.000 à Tawila, ville située 70 km à l’ouest, selon l’ONU estimant que des dizaines de milliers de personnes restent encore piégées.”Le nombre de personnes arrivées à Tawila est très faible (…) Où sont toutes les personnes manquantes, qui ont déjà survécu à des mois de famine et de violence à El-Facher?” s’inquiète Michel-Olivier Lacharité, responsable des opérations d’urgence chez Médecins sans Frontières (MSF). “D’après ce que disent les patients, la réponse la plus probable, bien qu’effrayante, est qu’elles sont tuées, retenues et pourchassées lorsqu’elles tentent de fuir”, ajoute-t-il.Des images satellites analysées vendredi par le Laboratoire de recherche humanitaire de l’université Yale suggèrent d’ailleurs des personnes déplacées vers Garni. Abbas al-Sadek, un professeur à l’université d’El-Facher, faisait partie des personnes détenues sur place, selon un proche qui aussi requis l’anonymat. Peu avant sa disparition l’universitaire lui avait envoyé une vidéo dans laquelle il le suppliait de lui transférer 900 dollars USD sur un compte bancaire. “Cette somme est le prix de ma vie”, déclare, dans cette vidéo visionnée par l’AFP, M. Sadek qui a été libéré après paiement dans ce cas apparent d’enlèvement pour rançon. – “Chacun cherche un proche” -Le Soudan est déchiré depuis avril 2023 par une guerre opposant l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane, qui contrôle le nord et l’est du pays, dont les villes de Port-Soudan et Khartoum, et les FSR de Mohamed Daglo, désormais maîtres du Darfour (ouest).Cette guerre fait craindre une nouvelle partition du pays, déjà amputé en 2011 par l’indépendance du Soudan du Sud, et des violences à caractère ethnique comme dans le conflit au Darfour du début des années 2000.D’autant que les paramilitaires des FSR sont eux-mêmes issus des milices arabes Janjawids mobilisées à l’époque par le gouvernement central pour mater des mouvements rebelles du Darfour dont les chefs étaient des tribus non arabes Four, Massalit ou Zaghawa.Une semaine après la prise d’El-Facher par les FSR, de nombreuses personnes sont toujours portées disparues. “Chacun cherche un proche”, résume Sylvain Pénicaud, coordinateur des opérations de MSF à Tawila.”Le plus terrifiant, c’est d’entendre comment des gens étaient traqués alors qu’ils fuyaient pour sauver leur vie ou attaqués simplement parce qu’ils étaient Noirs”.- “Mort ou vivant” –   Zahra, une mère de cinq enfants qui s’est réfugiée à Tawila, a dit à l’AFP que les RSF ont enlevé ses deux fils, âgés de 16 et 20 ans. “Ils ont relâché le plus jeune, mais je ne sais pas si Mohammed (le plus vieux) est mort ou vivant”, témoigne-t-elle.Sur la route près de Garni, Mohammed, un père de quatre enfants, a dit “avoir vu les cadavres et des blessés abandonnés sur place car leurs familles n’étaient plus en mesure de les porter”. “Les RSF nous ont dépouillés et ont arrêté les jeunes hommes qui voyageaient avec nous. Nous ne savons pas ce qu’ils sont devenus”, raconte-t-il.Adam, un autre rescapé, a dit avoir été arrêté avec ses fils de 17 et 21 ans à Garni par des RSF qui l’ont accusé d’être un soldat, donc de combattre pour les forces rivales du général Burhane: “ils ont tué mes fils sous mes yeux”.  

Ukraine: six morts dans une attaque russe, Kiev frappe un port sur la mer Noire

De nouvelles attaques nocturnes russes ont fait au moins six morts en Ukraine, ont indiqué dimanche les autorités locales, Kiev ayant de son côté frappé dans la matinée des installations pétrolières dans un port sur la mer Noire.En dépit des appels lancés à la Russie pour qu’elle mette fin à la guerre, et des sanctions occidentales, Moscou poursuit ses attaques terrestres sur le front et a relancé ces dernières semaines une campagne de bombardements ciblés sur le système énergétique ukrainien.Dans la nuit de samedi à dimanche, elle a lancé 79 drones et deux missiles balistiques sur l’Ukraine, selon l’armée de l’air ukrainienne, qui a affirmé avoir abattu 67 drones.Le président Volodymyr Zelensky a précisé que cinq régions (Dnipropetrovsk, Zaporijjia, Kharkiv, Tcherniguiv et Odessa) avaient été touchées.- 6 morts dont deux enfants -Selon les autorités locales, quatre personnes ont été tuées, dont deux enfants, dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est) et deux autres dans celle d’Odessa (sud). Une quinzaine de blessés ont également été recensés.Les enfants tués étaient deux garçons âgés de 11 et 14 ans, a précisé le médiateur ukrainien pour les droits humains Dmytro Loubinets.Une attaque russe sur la région de Zaporijjia (sud) a privé d’électricité quelque 58.000 foyers, a aussi indiqué le gouverneur Ivan Fedorov.Selon Volodymyr Zelensky, pendant la semaine écoulée, l’armée russe a attaqué l’Ukraine avec près de 1.500 drones, 1.170 bombes aériennes et plus de 70 missiles.Il a accusé Moscou de vouloir s’en prendre “principalement” à la population civile. Moscou assure ne viser que des cibles militaires.- “Renforcement” des systèmes Patriot -Les troupes russes attaquent chaque hiver depuis 2022 les infrastructures électriques de l’Ukraine, contraignant le pays à des restrictions dans l’alimentation en électricité et à importer de l’énergie. Ces attaques visent à épuiser la population civile, juge Kiev, ce que dément Moscou.Dans ce contexte, M. Zelensky a annoncé dimanche que Kiev avait “renforcé” ses systèmes de défense antiaériens Patriot, de fabrication américaine, grâce à l’aide de l’Allemagne.”Nous préparions depuis un certain temps ce renforcement de notre défense aérienne et les accords conclus ont maintenant été mis en œuvre”, a indiqué M. Zelensky sur ses réseaux sociaux, sans fournir plus de détails, en remerciant Berlin et le chancelier allemand Friedrich Merz.Début août, Berlin avait annoncé la livraison prochaine de deux batteries supplémentaires Patriot à l’Ukraine — en plus de trois autres déjà livrées à Kiev par l’Allemagne depuis février 2022 — et l’envoi de composants de ces systèmes “au cours des deux à trois prochains mois”.- Attaque d’un terminal pétrolier -En riposte aux bombardements russes, Kiev mène des frappes de drones en Russie, en visant en particulier les infrastructures pétrolières et gazières pour tenter d’affaiblir la rente des hydrocarbures qui finance l’effort de guerre du Kremlin.Une attaque de drone ukrainien tôt dimanche contre le port russe de Touapsé, sur la mer Noire, a endommagé deux navires et les infrastructures d’un terminal pétrolier, ont indiqué les autorités locales.Selon cette source, l’attaque a déclenché des incendies qui ont été maîtrisés par les pompiers.Une source anonyme au sein du service de sécurité ukrainien (SBU) a affirmé à l’AFP que cinq frappes de drones avaient été recensées sur le site, causant notamment l’incendie d’un pétrolier.Pour sa part, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir abattu 164 drones ukrainiens pendant la nuit au-dessus de plusieurs régions de Russie.- Forces spéciales à Pokrovsk-Parallèlement, l’armée russe, plus fournie et mieux équipée, poursuit depuis des mois ses attaques sur le front et gagne lentement du terrain dans certains secteurs, en dépit de lourdes pertes.Dans la région de Donetsk (est), que le Kremlin cherche à conquérir en priorité, elle a fortement accru sa pression ces derniers jours sur le bastion de Pokrovsk.Samedi, l’armée ukrainienne a affirmé qu’une opération “complexe” impliquant des forces spéciales était en cours pour chasser les soldats russes infiltrés dans Pokrovsk.Des observateurs militaires craignent que l’agglomération de Pokrovsk-Myrnograd, qui comptait 100.000 habitants avant le début de l’invasion en 2022, ne soit prochainement encerclée et tombe sous le contrôle de la Russie.Depuis 2023, Moscou a conquis plusieurs bastions ukrainiens dans la région (Bakhmout, Avdiïvka, Vougledar) après de longs mois de combats meurtriers qui ont réduit ces cités à l’état de ruines.

Vol au Louvre: ce que l’on sait, après les nouvelles mises en examen

Nouveaux suspects mis en examen, absence de complices au musée, bijoux toujours introuvables : voilà ce que l’on sait sur le spectaculaire cambriolage du Louvre le 19 octobre, qui mobilise des dizaines d’enquêteurs.. Combien de suspects ?Deux nouvelles personnes arrêtées mercredi soir ont été mises en examen et placées en détention provisoire samedi, portant à quatre le nombre de suspects écroués.Il s’agit d’un homme de 37 ans, soupçonné d’être un des quatre membres du commando ayant dérobé les joyaux, et de sa compagne de 38 ans, a indiqué la procureure de Paris Laure Beccuau.Deux autres hommes habitant Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), âgés de 34 et 39 ans, sont eux aussi soupçonnés d’avoir fait partie du commando. Arrêtés le 25 octobre -l’un à l’aéroport de Roissy alors qu’il tentait de rejoindre l’Algérie, l’autre à Aubervilliers-, ils ont été mis en examen et écroués mercredi.”Il y a quatre auteurs, il en reste au moins un à retrouver, plus sans doute le ou les commanditaires”, a déclaré le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez au Parisien.Dimanche sur France Info, Mme Beccuau a par ailleurs évoqué de possibles autres complices, mentionnant l’emploi de “véhicules relais”.Elle a revanche souligné que rien ne permettait à ce stade d’évoquer une complicité au sein du Louvre.. Les suspects ont-ils reconnu leur implication?Les deux hommes d’Aubervilliers “se sont livrés à des déclarations” jugées “minimalistes par rapport à ce qui nous paraît être démontré par le dossier”, selon Mme Beccuau.Ils sont mis en examen pour vols en bande organisée (15 ans de réclusion criminelle encourus) et association de malfaiteurs en vue de la préparation du crime de vol en bande organisé (10 ans encourus), tout comme l’homme de 37 ans.Sa compagne est, elle, soupçonnée de complicité de vol commis en bande organisée et association de malfaiteurs.Le couple, qui “a des enfants ensemble”, a “contesté toute implication”, a indiqué Mme Beccuau.L’homme “s’est refusé à toute déclaration”, a précisé la procureure sur France Info.Le couple a été interpellé après la découverte d’ADN leur appartenant dans la nacelle du monte-charge utilisé lors du cambriolage. Si celles de l’homme “sont importantes”, pour celles de la femme, les enquêteurs se demandant s’il s’agit d'”ADN de transfert”, c’est-à-dire “déposé sur quelqu’un, sur un objet, qui est ensuite redéposé dans la nacelle”. “Tout ça méritera d’être investigué”, a souligné Mme Beccau.Concernant les hommes d’Aubervilliers, qui sont soupçonnés d’être ceux ayant pénétré dans la galerie d’Apollon, celui de nationalité algérienne a été ciblé grâce à de l’ADN retrouvé sur un des scooters ayant servi à la fuite, tandis que l’ADN du deuxième a été découvert sur une des vitrines fracturées et des objets abandonnés au Louvre.. Quel est le profil des mis en examen?Concernant les hommes d’Aubervilliers, l’un est âgé de 34 ans, était sans activité récente, mais avait auparavant travaillé comme ripeur (ramassage d’ordures) ou livreur. Le deuxième est un chauffeur de taxi clandestin de 39 ans. Il est connu pour des vols aggravés et doit être jugé mercredi à Bobigny pour avoir dégradé un miroir dans un commissariat en garde à vue.Le casier de l’homme du couple porte de son côté “mention de 11 condamnations, dont une dizaine déjà pour des faits de vol” significatifs, a indiqué Mme Beccuau.Lors d’une audience devant le juge des libertés (JLD) à laquelle a pu partiellement assister l’AFP samedi, sa compagne, habitante de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), était en pleurs, disant avoir “peur” pour ses enfants et pour elle-même.Un des hommes d’Aubervilliers et l’homme de 37 ans mis en examen samedi ont “été impliqués dans une même affaire de vol pour laquelle ils ont été condamnés en 2015 à Paris”, a souligné la procureure.Les profils ne correspondent pas à ceux “que généralement on associe au haut du spectre de la criminalité organisée”, a indiqué Mme Beccau, tout en soulignant qu'”aujourd’hui, on a des profils pas très connus en criminalité organisée qui montent assez vite sur des faits extrêmement graves”.. Où sont les bijoux ?Les différentes perquisitions n’ont “pas permis de retrouver” les bijoux, a souligné la procureure.M. Nunez, qui s’est dit confiant qu’on puisse les récupérer, a évoqué l’existence de plusieurs hypothèses, “y compris qu’ils soient déjà écoulés à l’étranger”.D’après la procureure, l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) examine tous les “marchés parallèles” de revente. Parmi les hypothèses, elle a évoqué celle que les joyaux soient “une marchandise de blanchiment, voire de négociation dans le milieu de la criminalité organisée”, en tant que “monnaie d’échange”.

Israël menace d’intensifier les attaques contre le Hezbollah dans le sud du Liban

Israël a menacé dimanche d’intensifier ses attaques au Liban contre le Hezbollah, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé de tenter de se “réarmer”, exhortant Beyrouth à tenir ses engagements de le désarmer. Malgré un cessez-le-feu conclu en novembre 2024 avec le mouvement pro-iranien, Israël continue de mener des attaques régulières contre les bastions libanais du Hezbollah et d’occuper cinq positions frontalières dans le sud du Liban. Samedi, l’armée israélienne a tué quatre personnes qu’elle a présentées comme des membres d’une force d’élite du Hezbollah. “L’engagement du gouvernement libanais à désarmer le Hezbollah et le chasser du sud du Liban doit être pleinement tenu”, a d’abord déclaré dans un communiqué le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, affirmant que le groupe “joue avec le feu” et que “le président libanais traîne des pieds”. “Nous ne tolèrerons aucune menace contre les habitants du nord” d’Israël, a-t-il ajouté.A l’ouverture du conseil des ministres hebdomadaire dimanche, M. Netanyahu a ensuite affirmé que le Hezbollah tentait de se “réarmer”.”Nous attendons du gouvernement libanais qu’il fasse ce qu’il s’est engagé à faire, c’est-à-dire désarmer le Hezbollah, mais il est clair que nous exercerons notre droit à l’autodéfense comme convenu dans les termes du cessez-le-feu”, a-t-il averti. “Nous ne permettrons pas au Liban de redevenir un nouveau front contre nous et nous agirons comme il faudra”. Des milliers d’Israéliens vivant près de la frontière nord avaient dû évacuer leurs domiciles pendant des mois, après l’ouverture par le Hezbollah d’un front contre Israël à la suite de la guerre déclenchée à Gaza en octobre 2023.Les tirs de roquette du mouvement chiite avaient provoqué un conflit de plus d’un an, culminant par deux mois de guerre ouverte avant la conclusion d’un cessez-le-feu fin 2024.Le Hezbollah a été fortement affaibli par la guerre, avec notamment l’assassinat de son chef historique, Hassan Nasrallah, par une frappe israélienne en septembre 2024 à Beyrouth, mais il demeure financièrement résilient et armé.Depuis, les États-Unis ont accru la pression sur les autorités libanaises pour désarmer le groupe, un plan auquel le Hezbollah et ses alliés s’opposent, invoquant notamment la poursuite d’une présence israélienne sur le territoire libanais.- Raid meurtrier et nouvelle frappe -L’armée israélienne a intensifié ses attaques contre des cibles du Hezbollah ces derniers jours.Jeudi, elle a mené un raid meurtrier dans le sud du Liban, poussant le président libanais, Joseph Aoun, à ordonner à l’armée de faire face à de telles incursions.M. Aoun avait appelé à des négociations avec Israël à la mi-octobre, après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu à Gaza, parrainé par le président américain Donald Trump.Il a accusé vendredi Israël de répondre à son offre de dialogue en intensifiant ses attaques, avant qu’une nouvelle frappe israélienne ne tue quatre personnes samedi dans le sud du pays, dans le district de Nabatiyeh. L’Agence nationale libanaise de presse a rapporté que l’armée israélienne avait touché une voiture avec un missile guidé.L’armée a confirmé la frappe, affirmant avoir visé un membre de la Force Radwan, unité d’élite du Hezbollah. “Le terroriste était impliqué dans le transfert d’armes et dans les tentatives de reconstitution des infrastructures terroristes du Hezbollah dans le sud du Liban”, a-t-elle indiqué, précisant que trois autres membres du groupe avaient été tués. “Les activités de ces terroristes constituaient une menace pour l’Etat d’Israël et ses civils, ainsi qu’une violation des accords entre Israël et le Liban”, a ajouté l’armée. La veille, elle avait annoncé avoir tué un “responsable de la maintenance du Hezbollah”, qui oeuvrait selon elle à rétablir des infrastructures du mouvement.A Nabatiyeh, des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche pour rendre hommage aux cinq membres du Hezbollah tués, a constaté un journaliste de l’AFP. Les participants lançaient des pétales de fleurs sur les cercueils, recouverts du drapeau du Hezbollah, en scandant: “Mort à Israël, mort à l’Amérique”. “Voici le prix que le Sud (du Liban) paie chaque jour”, a déclaré à l’AFP Rana Hamed, la mère de l’un des cinq hommes tués. “Nous savons qu’Israël est notre ennemi depuis des décennies.”L’émissaire américain, Tom Barrack, a exhorté samedi le Liban à engager des pourparlers directs avec Israël, affirmant que si Beyrouth franchissait le pas, les Etats-Unis pourraient faire “pression sur Israël pour qu’il se montre raisonnable”. 

L’Inde place sur orbite avec succès un gros satellite de télécommunications

L’Inde a placé dimanche en orbite le plus lourd satellite de télécommunications jamais lancé depuis son sol, nouvelle étape de son ambitieux programme spatial, a annoncé son agence spatiale (ISRO).”L’engin (…) a été déployé avec succès sur son orbite”, a annoncé le patron de l’ISRO, V. Narayanan, sous les applaudissements des scientifiques et techniciens du …

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En Corée du Sud, des morts solitaires et tout un business derrière

Devant un alignement de cercueils, des étudiants s’entraînent à la mise en bière, prêts à devenir la future génération d’agents des pompes funèbres d’une société sud-coréenne qui vit, vieillit et meurt de plus en plus seule.Ils sont nombreux à se lancer, conscients du glissement démographique vertigineux de leur pays, où près de la moitié de …

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Dernière ligne droite dans la très suivie course à la mairie de New York

Les New-Yorkais connaîtront mardi leur prochain maire, au terme d’une élection qui mobilise au-delà de la mégalopole de 8,5 millions d’habitants, jusqu’à Donald Trump qui fait du favori démocrate un épouvantail “communiste”.D’après les sondages, Zohran Mamdani, élu local de 34 ans issu de la gauche du parti, devance de plus de 10 points l’ancien gouverneur …

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“Je ne peux pas manger”: des millions d’Américains privés d’aide alimentaire à cause de la paralysie budgétaire

Eric Dunham, père de famille et porteur de handicap, dépend du programme public d’aide alimentaire pour vivre et se nourrir, comme 42 millions d’Américains. Mais la paralysie budgétaire aux Etats-Unis a causé la récente suspension de ces aides. “Si je ne reçois pas mes bons alimentaires, je ne peux pas manger”, témoigne cet homme de 36 ans, qui navigue entre plusieurs petits boulots. Il explique qu’après avoir déduit la pension alimentaire mensuelle de son salaire pour ses deux enfants, il ne lui reste “que 24 dollars” pour vivre.Ce midi, il a pu déjeuner grâce aux dons d’un restaurant de Houston, au Texas, dans le sud des Etats-Unis.Les effets du blocage budgétaire, débuté il y a plus d’un mois, se sont étendus samedi aux Américains qui dépendent du programme Snap, que l’Etat fédéral a arrêté de financer malgré une décision de justice ordonnant son maintien. Donald Trump a affirmé sa volonté de continuer à financer l’aide alimentaire, mais pendant que l’administration américaine s’adapte, des millions d’Américains se retrouvent privés de ce programme essentiel.- Solidarité -Par ailleurs, des centaines de milliers de fonctionnaires ont été mis au chômage technique, causant des perturbations dans le trafic aérien ou la fermeture de parcs nationaux. “Il y a beaucoup de licenciements et, en plus, les gens n’ont plus droit aux bons alimentaires. Personne ne sait ce qu’il va se passer, alors j’ai préparé des sandwichs pour les bénéficiaires du programme Snap, afin qu’ils aient au moins un repas garanti”, affirme Nhan Ngo, le propriétaire du restaurant où Eric Dunham a pu déjeuner.Dans le sud de cette ville de plus de 2 millions d’habitants, des milliers d’automobilistes qui n’ont pas reçu leurs bons alimentaires – ou craignent de ne pas les recevoir cette semaine – font la queue devant un stade où la banque alimentaire de Houston remplit les coffres de voitures de fruits et de denrées non périssables.”Aujourd’hui, le programme d’aide Snap a été suspendu, ce qui est sans précédent dans l’histoire. Cela touche environ 425.000 foyers rien que dans la région de Houston. Tout le monde fait son possible pour aider ces familles à s’en sortir en attendant”, affirme Brian Greene, président de la banque alimentaire de Houston.Car bien qu’un juge fédéral ait ordonné vendredi le maintien du programme, “il faudra plusieurs jours pour que ça redémarre”, dit-il.- “Déclencher une guerre” -Cette suspension de Snap a touché Sandra Guzmán, 36 ans, mère de deux enfants, qui a demandé la semaine dernière ses bons alimentaires, sans succès.”J’ai appelé il y a deux jours pour demander mes bons et on m’a dit qu’on ne savait pas ce qui allait se passer (…) On ne parle pas de quelque chose de luxueux, mais de quelque chose de basique : de la nourriture pour mes enfants. Les bons alimentaires représentent 40 % de mes dépenses, cela a donc un très gros impact sur ma famille” , explique-t-elle.May Willoughby, 72 ans, est venue au stade avec sa petite-fille pour récupérer des vivres. Elle pense que si Snap n’est pas rétabli, cela pourrait semer le chaos à travers le pays.”Nous avons besoin de nos bons alimentaires, de notre sécurité sociale, de notre assurance maladie, et nous en avons besoin maintenant. Si vous les supprimez, cela va déclencher une guerre et les gens vont commencer à voler, à se battre entre eux pour obtenir ce dont ils ont besoin pour nourrir leurs familles”, insiste-t-elle.Un peu plus loin, Carolyn Guy, 51 ans, mère de quatre enfants et actuellement sans emploi, a jugé absurde que l’administration investisse dans d’autres choses, comme la nouvelle salle de bal à 300 millions de dollars voulue par Donald Trump à la Maison Blanche, plutôt que dans l’aide alimentaire.”Ils nous enlèvent nos bons alimentaires, mais ils vont construire une salle de bal. Ca n’a aucun sens”, regrette-t-elle. 

Au moins dix blessés dont neuf graves dans une attaque à l’arme blanche dans un train en Angleterre

La police britannique cherche à identifier dimanche les motifs de l’attaque à l’arme blanche qui a fait au moins 10 blessés dont neuf graves dans un train en direction de Londres, dans l’est de l’Angleterre. Deux personnes ont été interpellées. Voici les principaux éléments connus à ce stade.- Le déroulement de l’attaque -L’attaque s’est produite dans un train parti à 18h25 (locales et GMT) de Doncaster dans le nord de l’Angleterre vers la gare londonienne de King’s Cross. La police a été alertée d’un incident à bord vers 19H40, et est intervenue en gare de Huntingdon, située près de la ville universitaire de Cambridge, à environ 120 kilomètres au nord de la capitale.La British Transport Police a indiqué que des agents de la police locale sont alors “montés à bord du train et ont arrêté deux personnes qui ont été placées en détention”.Dix personnes ont été transportées à l’hôpital, dont neuf dans un état très grave, a-t-elle précisé.Un passager cité par Sky News a rapporté avoir vu, une fois le train arrêté, des policiers faire usage de leur pistolet à impulsion électrique sur le quai pour maîtriser un homme armé d’un grand couteau. Le Premier ministre Keir Starmer a rapidement qualifié sur X l’incident d'”extrêmement préoccupant”. “Mes pensées vont à toutes les personnes touchées, et je remercie les services d’urgence pour leur réaction”, a-t-il indiqué.- “Du sang partout!” -Les témoignages de passagers du train décrivent la violence de l’attaque.Un témoin cité par plusieurs médias a indiqué avoir vu un homme courir dans le wagon, le bras ensanglanté, en criant: “Ils ont un couteau!”. Un autre a rapporté avoir vu “du sang partout”.Olly Foster, cité par la BBC, a raconté avoir d’abord cru à une plaisanterie liée à Halloween lorsqu’il a entendu des passagers crier “Fuyez! Il y a un type qui poignarde tout le monde”.Il a décrit des sièges couverts de sang et un passager tentant de protéger une fillette lors de l’incident qui “semblait ne jamais devoir se terminer”.- Deux personnes interpellées -La police n’a donné aucune information sur l’identité ou les motivations des deux personnes arrêtées.”Nous menons actuellement des vérifications urgentes afin de déterminer ce qui s’est passé et il faudra peut-être un certain temps avant que nous soyons en mesure de confirmer quoi que ce soit”, a averti le commissaire Chris Casey, cité dans un communiqué de la police des transports, appelant à ne pas “spéculer sur les causes de l’incident”.Les services antiterroristes ont été saisis pour collaborer à l’enquête.”Les premières constatations indiquent qu’il s’agit d’une attaque isolée”, a affirmé dimanche matin sur Sky News le ministre de la Défense John Healy.Dimanche, le train dans lequel l’attaque s’est produite se trouvait toujours immobilisés dans la gare et des agents de la police scientifique travaillaient sur place.Le directeur général de la compagnie ferroviaire LNER, David Horne, s’est dit “profondément choqué” par le drame. Et la compagnie a appelé à ne pas voyager dimanche sur ses lignes en raisons des perturbations toujours prévues.- Hausse des violences à l’arme blanche -Dans un pays où la législation sur les armes à feu est très stricte, les violences à l’arme blanche ont fortement augmenté ces quinze dernières années en Angleterre et au Pays de Galles, selon des chiffres officiels. Le Premier ministre a qualifié par le passé la situation de “crise nationale”.Le gouvernement Starmer a pris plusieurs mesures pour durcir l’accès aux armes blanches depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024.Cette attaque intervient un mois après l’attaque contre une synagogue au nord de Manchester, où un homme avait attaqué des fidèles armé d’un couteau. Deux personnes avaient été tuées, l’une d’entre elles d’une balle tirée par la police intervenue sur les lieux.A l’été 2024, un jeune Britannique d’origine rwandaise avait tué trois fillettes à l’arme blanche dans un cours de danse à Southport dans le nord de l’Angleterre. Dix autres personnes, dont huit enfants, avaient été blessées.Et un réfugié afghan de 22 ans a été inculpé cette semaine après une attaque au couteau qui a fait un mort et deux blessés lundi près de Londres.En novembre 2019, deux personnes avait été tuées dans une attaque jihadiste au couteau dans le centre de Londres.

En Corée du Sud, des morts solitaires et tout un business derrière

Devant un alignement de cercueils, des étudiants s’entraînent à la mise en bière, prêts à devenir la future génération d’agents des pompes funèbres d’une société sud-coréenne qui vit, vieillit et meurt de plus en plus seule.Ils sont nombreux à se lancer, conscients du glissement démographique vertigineux de leur pays, où près de la moitié de la population a 50 ans ou plus, avec un taux de natalité parmi les plus faibles au monde.Dans une salle de classe de l’Institut des sciences et technologies de Busan (sud-est), les élèves enveloppent délicatement un mannequin de tissus traditionnels, veillant à aplanir les plis comme si le mort était un vrai, avant de le déposer doucement dans un cercueil.”Avec notre société qui vieillit, je me suis dit que la demande pour ce type de travail ne ferait qu’augmenter”, résume Jang Jin-yeong, étudiant en administration de pompes funèbres de 27 ans.Im Sae-jin, un camarade de 23 ans, a embrassé cette voie après le décès de sa grand-mère.”A ses funérailles, j’ai vu à quel point elle avait été magnifiquement préparée pour ses derniers adieux”, dit-il. “Je me suis senti profondément reconnaissant”.- L’odeur “partout” -De plus en plus de Sud-Coréens vivent et meurent seuls, sans personne pour s’occuper de leur corps ou de leurs affaires. Ils représentent quelque 42% des foyers de la quatrième économie d’Asie.A tel point qu’un nouveau métier a vu le jour: des nettoyeurs appelés pour mettre de l’ordre dans les logements après le décès de leurs habitants.Cho Eun-seok, ancien musicien classique de 47 ans, s’est occupé d’innombrables maisons dont le résident était décédé, parfois des mois après.Bouteilles de soju par centaines soigneusement rebouchées, boîtes de cadeaux poussiéreuses jamais ouvertes… Leurs logements sont “comme des portraits d’eux”, raconte M. Cho à l’AFP.Les données sur ces morts solitaires incluent aussi les suicides, dont la Corée du Sud présente le taux le plus élevé parmi les pays développés.Et qui ne surviennent pas qu’à domicile: le professionnel a commencé à recevoir des appels de sociétés de location de voitures, pour nettoyer des véhicules où certains se sont donnés la mort.Il explique que ces morts solitaires obligent à jeter tous les biens d’un lieu, car elles entraînent des invasions de nuisibles et en été, l’odeur putride se diffuse rapidement.”En trois jours, elle se dépose partout, le frigo, la télé, et rien ne peut être sauvé”, affirme-t-il.- Faire vivre ce(ux) qui reste -Mais cette mission ne se résume pas au nettoyage.Kim Seok-jung, un autre de ces travailleurs, s’est un jour occupé de la maison d’une parolière et a trouvé plusieurs chansons dont elle n’avait pas parlé à ses proches. Il en a fait une musique.Cho Eun-sok se souvient, lui, d’une lycéenne qui vivait dans un “goshiwon”, un appartement minuscule de souvent moins de 5m2, pour fuir des violences domestiques.Il faisait le ménage chez elle une fois par mois, car l’adolescente, dépressive, en était incapable et vivait au milieu de monceaux d’objets et de nourriture en décomposition recouvrant son lit.Mais elle tenait absolument à ce que M. Cho ne jette pas une petite boîte.Un an plus tard, la jeune fille s’est suicidée. A l’intérieur de la boîte, se trouvait un hamster.”Dès que je l’ai vu, je n’ai pensé qu’à une chose: le sauver et le garder en vie”, se remémore Cho Eun-seok.Kim Doo-nyeon, un vétéran du secteur, dit qu’il recrute de plus en plus de jeunes dans la vingtaine pour ces opérations de nettoyage.”Quand des personnes vivent ensemble, elles partagent des choses (…) même si l’une meurt, ces objets restent”, raconte M. Kim. “Mais quand quelqu’un meurt seul, tout doit être enlevé”.A Busan, dans la classe des apprentis agents funèbres, Im Sae-jin confie qu’il appréhende ses débuts.”Peu importe à quel point on se prépare, être face à une personne décédée est effrayant”.