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Pakistan: plus de 40 morts après des attaques séparatistes au Baloutchistan

Au moins dix membres des forces de sécurité et 37 rebelles ont été tués samedi lors d’attaques “coordonnées” menées par des séparatistes dans la province pakistanaise du Baloutchistan, dans le sud-ouest du pays, a annoncé un responsable.Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a apporté son soutien aux forces armées pakistanaise “dans leur lutte déterminée pour défendre le pays”.”Les terroristes (…) ont lancé des attaques coordonnées ce matin dans plus de 12 endroits”, a déclaré à l’AFP un haut responsable sécuritaire en faisant référence aux séparatistes dans cette province pauvre, régulièrement en proie à des troubles.Trente-sept assaillants “ont été éliminés”, dix membres des forces de sécurité ont été tués et plusieurs autres blessés”, a ajouté ce responsable qui a gardé l’anonymat car il n’est pas autorisé officiellement à parler aux médias.L’Armée de libération du Baloutchistan, principal mouvement séparatiste dans cette province, a revendiqué ces attaques dans un communiqué transmis à l’AFP.- Explosion après explosion -Un premier bilan donné par un responsable sécuritaire à Quetta faisait état de quatre policiers tués. Ce dernier avait précisé que les séparatistes avaient mené des attaques suicide et armées notamment dans le chef-lieu provincial Quetta ainsi que dans d’autres localités.A Quetta, un journaliste de l’AFP a entendu plusieurs explosions. Un important dispositif de sécurité a été déployé dans la ville. Les rues étaient désertes et les commerces ont fermé.”Depuis ce matin, il y a une explosion après l’autre”, a confié à l’AFP Abdul Wali, un habitant âgé de 38 ans. “La police pointe ses armes et nous dit de rentrer chez nous”, ajoute cet homme qui devait traverser la ville pour aller voir sa mère hospitalisée.Les liaisons ferroviaires ont été suspendues dans les zones visées et les services de téléphonie mobile ainsi que le trafic routier sont perturbés.L’Armée de libération du Baloutchistan a affirmé avoir visé des installations militaires et policières, mais aussi avoir bloqué des autoroutes pour ralentir la réponse de l’armée à ces attaques.Un haut responsable militaire à Islamabad a confirmé ces attaques “coordonnées”, mais a affirmé qu’elles avaient “échoué (…) grâce à une réponse efficace des forces de sécurité”. Il n’a pas fait de commentaires sur le bilan humain.Les attaques commises samedi interviennent un jour après que l’armée pakistanaise a affirmé avoir tué 41 rebelles séparatistes au Baloutchistan.Les séparatistes attaquent régulièrement les représentants de l’Etat et les Pakistanais venus d’autres provinces.Le Baloutchistan a notamment été le théâtre d’une spectaculaire prise d’otages par des séparatistes dans un train en mars qui s’était soldée par des dizaines de morts.Depuis des décennies, les Baloutches se disent lésés dans leur province: officiellement, 70% des habitants y sont pauvres alors que le sous-sol regorge de minerais et d’hydrocarbures, exploités notamment par des entreprises chinoises.L’année 2024 avait été particulièrement meurtrière avec plus de 1.600 morts, pour près de la moitié des soldats et policiers, selon le Centre pour la recherche et les études sur la sécurité d’Islamabad.

Dans les Alpes italiennes, l’hermine, mascotte olympique, joue sa survie

Peluches, mugs, T-shirts… A Milan, les hermines Tina et Milo, mascottes des Jeux olympiques d’hiver qui débuteront le 6 février, sont déjà partout. Alors que dans les Alpes, leurs inspirateurs bien réels, eux, jouent leur survie.Avec son pelage blanc en hiver, le mammifère, qui vit à l’abri des regards, devient de plus en plus visible, et donc vulnérable, à mesure que la couverture neigeuse fond sous l’effet du changement climatique.Depuis 2022, Marco Granata, doctorant à l’Université de Turin, est le seul chercheur d’Italie à étudier ces prédateurs qui vivent sur les sommets enneigés où se dérouleront les Jeux, dans les Alpes italiennes.”L’hermine, c’est comme un fantôme sauvage. C’est un petit animal furtif” qui “risque de disparaître de montagnes entières”, explique-t-il à l’AFP.Pour le chercheur, la capacité de ce petit animal à muer — son pelage brun devient blanc en novembre — est un “super-pouvoir” qui lui a permis de survivre pendant des milliers d’années.Mais aujourd’hui, sa couleur est devenue un handicap. “L’hermine se retrouve en décalage en étant complètement blanche dans un monde qui devrait l’être mais ne l’est plus”, souligne M. Granata.- Cibles faciles -La couverture neigeuse dans les Alpes italiennes a diminué de moitié au cours du dernier siècle, selon une étude publiée en décembre 2024 dans l’International Journal of Climatology. Privées de leur camouflage, la neige, les hermines blanches se détachent désormais nettement sur le paysage montagneux, ce qui en fait des proies faciles pour les prédateurs tels que buses, chouettes ou renards.Contraintes de monter en altitude à la recherche de neige, elles sont aussi confrontées à un autre problème: le manque de proies. Les campagnols des neiges et les souris dont elles se nourrissent ne changeant pas de couleur, ces derniers peuvent évoluer à une altitude plus basse.Les pistes de ski empiètent également sur l’habitat des hermines en raison de la “concurrence pour les zones où il neige le plus”, note M. Granata.Selon ses recherches, l’habitat des hermines dans les Alpes italiennes diminuera de 40 % d’ici 2.100.Longtemps chassées pour leurs pelages blancs destinés à orner les robes cérémonielles royales, les hermines ne suscitent guère l’intérêt des scientifiques en Italie, compte tenu de la difficulté à documenter la vie de ces créatures furtives.L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le plus grand réseau environnemental au monde, a mentionné pour la dernière fois l’hermine en 2015 comme “préoccupation mineure” sur une liste d’espèces potentiellement menacées. Mais cette liste est dépassée, soutient M. Granata, qui espère que ses recherches conduiront à leur protection. “Le fait qu’un doctorant soit l’expert d’une espèce montre le peu d’attention qu’on lui accorde”, se désole-t-il.- “Monde invisible” -Chaque automne, le chercheur parcourt l’ouest des Alpes italiennes en installant des pièges photographiques — des boîtiers en plastique contenant une caméra déclenchée par le mouvement — qui l’aident à analyser les comportements saisonniers de l’animal. “Il faut penser comme une hermine”, dit-il en plaçant les boîtiers dans des zones où le mammifère curieux pourrait s’aventurer à la recherche de nourriture. Lorsque la neige fond, M. Granata récupère les données et visionne une saison entière de vidéos et de photos.”C’est comme déballer un cadeau, parce qu’on ne sait pas ce qu’il y a à l’intérieur… on découvre un monde invisible”, explique-t-il.Dans une vidéo d’août, une hermine énergique au pelage brun se tortille, renifle et bondit tandis qu’elle explore la boîte. En octobre, après avoir appris que l’animal avait été choisi comme mascotte des Jeux, M. Granata a demandé aux organisateurs de Milan Cortina une aide pour financer les recherches universitaires.Cette semaine, il a reçu une lettre de refus, ce qu’il considère comme une “énorme occasion manquée”. L’hermine n’est “pas seulement un petit animal mignon qui parcourt nos montagnes, mais un animal sauvage en danger d’extinction”, relève-t-il.

Le ministère américain de la Justice publie une masse de documents du dossier Epstein

Le ministère américain de la Justice a entrepris la publication d’une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, affirmant avoir ainsi respecté l’obligation imposée à l’administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.”Aujourd’hui, nous publions plus de trois millions de pages, dont plus de 2.000 vidéos et plus de 180.000 images”, a déclaré vendredi le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, lors d’une conférence de presse.Ancien avocat personnel de Donald Trump, proche de Jeffrey Epstein quand les deux hommes évoluaient au sein de la jet-set à New York et en Floride dans les années 1990, il a nié toute implication de la Maison Blanche dans ce processus.”Nous nous sommes conformés à la loi et nous n’avons pas protégé le président Trump ni protégé ou omis de protéger qui que ce soit”, a assuré Todd Blanche.”Comme nous l’avons dit en juillet, si nous, au ministère de la Justice, avions des informations sur des hommes qui ont exploité sexuellement des femmes, nous les inculperions”, a-t-il assuré.”Mais je ne pense pas que la population, ou vous, en découvrirez dans les documents Epstein, hélas”, a ajouté M. Blanche.Il faisait référence à un mémorandum publié conjointement en juillet par le ministère et le FBI, la police fédérale, concluant à l’absence d’élément nouveau dans le dossier qui justifierait la publication de documents supplémentaires ou de nouvelles poursuites.L’annonce avait enflammé la base “Maga” de Donald Trump qui voit dans l’affaire Epstein, terreau fertile pour les théories du complot les plus échevelées, la confirmation de ses suspicions sur la dépravation et la corruption des élites.Des victimes présumées de Jeffrey Epstein ont affirmé vendredi dans un communiqué que les derniers documents publiés “exposaient” les femmes exploitées “tandis que les hommes qui ont abusé de nous restent cachés et protégés”. – “Fin du processus” -Au total, près de 3,5 millions de pages ont été publiées par le gouvernement depuis décembre sous la contrainte d’une loi, a relevé M. Blanche.”La publication d’aujourd’hui marque la fin d’un processus très approfondi de recensement et d’analyse de documents pour garantir la transparence au peuple américain et le respect de la loi”, a-t-il souligné en lisant une lettre au Congrès.Une fois son rapport remis au Congrès et les justifications des caviardages des documents publiées au Journal officiel, “le ministère aura rempli ses obligations fixées par la loi”, selon cette lettre signée par Pam Bondi, et M. Blanche.Hormis la complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, qui purge une peine de 20 ans de prison, les images et vidéos de toutes les femmes ont été masquées, a précisé Todd Blanche.L’élu démocrate Ro Khanna, un des coauteurs de la loi, s’est dit “content que ces documents soient publiés”, après des semaines d’attente.”Mais je ne pourrai pas dire qu’ils ont agi de bonne foi avant d’avoir vu les documents”, a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision MS NOW.- “Menteur” -Les publications précédentes ont surtout éclairé le réseau spectaculaire de Jeffrey Epstein, richissime financier retrouvé pendu dans sa cellule en 2019 à New York avant de devoir être jugé pour avoir monté un système d’exploitation sexuelle de jeunes filles mineures.Un brouillon de courrier électronique de Jeffrey Epstein diffusé vendredi évoque des relations extraconjugales de Bill Gates, dont le divorce avec son épouse Melinda avait notamment été motivé par sa relation avec le financier américain.La Fondation Gates a démenti dans un communiqué aux médias “des accusations absolument absurdes provenant d’un menteur patenté”.Un autre document montre un échange d’e-mails entre Elon Musk et Jeffrey Epstein en 2012, dans lequel le magnat de la tech demande : “Quel(le) jour/soirée aura lieu la fête la plus déjantée sur ton île?”Dans un message publié samedi sur X, Elon Musk a déclaré être conscient que cet échange pouvait être “mal interprété et utilisé par (ses) détracteurs pour salir (son) nom”, avant d’appeler à la poursuite en justice de “ceux qui ont commis des crimes graves avec Epstein”.Un échange datant de fin septembre 2010 met lui en lumière les liens entre Jeffrey Epstein et l’ex-prince Andrew, qui invitait alors le premier à Buckingham Palace, sans que les documents ne précisent si les deux hommes se sont vraiment rencontrés à cette occasion. Donald Trump, pour sa part, reconnaît avoir fréquenté Epstein à l’époque mais assure avoir rompu avec lui avant qu’il ne soit inquiété par la justice.Le ministère de la Justice a justifié la diffusion au compte-gouttes et le caviardage de nombreux documents, autorisé sous conditions par la loi, par la nécessité de protéger les victimes.Parmi les documents publiés en décembre, des photos de l’ancien président démocrate Bill Clinton en compagnie de Jeffrey Epstein ou de femmes aux visages dissimulés avaient en particulier retenu l’attention. Bill Clinton a également toujours nié avoir eu connaissance des crimes du financier.

Les traitements à la testostérone, un boom dopé par les réseaux sociaux

Encouragés par influenceurs et publicités vantant leurs effets bénéfiques sur le dynamisme ou la libido, de plus en plus d’hommes se lancent dans des traitements pour doper leur testostérone, souvent sans justification médicale, selon des médecins interrogés par l’AFP.Sur les réseaux sociaux ou dans le métro londonien, des centres de santé privés incitent les hommes à tester leur niveau de testostérone, pour ensuite promouvoir ces traitements médicaux.”Vous êtes fatigué, déconcentré, vous avez du mal à récupérer après vos entraînements? Il est peut-être temps de vérifier votre taux de testostérone”, suggère ainsi une publicité parmi d’autres sur internet.Les taux d’hormones masculines varient selon l’âge et le mode de vie, et des études menées aux Etats-Unis et en Europe montrent une baisse du taux de testostérone chez les hommes depuis plusieurs décennies, que les scientifiques attribuent notamment à des facteurs environnementaux.Mais des centres médicaux privés prescrivent actuellement une thérapie de remplacement de la testostérone (TRT) à des hommes qui n’en ont “pas du tout besoin”, affirme Channa Jayasena, professeur d’endocrinologie à Imperial College à Londres. Si les sociétés privées ne sont pas tenues de divulguer leurs données, il estime que “des centaines de milliers” d’hommes au Royaume-Uni ont eu recours à une TRT.- Les chiffres “explosent” – Et nombreux sont les patients britanniques qui, après un test effectué dans un centre privé révélant un faible taux, se tournent vers le National Health Service (NHS), le service public de santé, pour bénéficier d’un traitement gratuit. Le nombre d’hommes demandeurs d’un tel traitement “a littéralement explosé”, selon le docteur Jayasena. “C’est un énorme problème pour nous, qui affecte notre capacité à traiter d’autres patients”, dit-il.”Je vois des publicités affirmant qu’un homme de moins de 40 ans sur quatre ou cinq a une déficience de testostérone. Ce n’est absolument pas vrai”, indique aussi à l’AFP Isobelle Smith, endocrinologue australienne qui s’est employée à démystifier ces traitements sur les réseaux sociaux.”Ces sociétés sont en train de dire que des niveaux tout à fait normaux sont bas”, dit-elle.La TRT est nécessaire en cas d’hypogonadisme masculin, un trouble qui se traduit par un fort déficit en testostérone et peut se manifester par une absence de puberté à l’adolescence. Mais le traitement peut entraîner des effets secondaires incluant infertilité, hypertension, cholestérol ou caillots sanguins, avertissent aussi ces médecins.Les ordonnances de ces traitements par des médecins généralistes du secteur public ont augmenté de 13% en 2024 en Angleterre, selon le régulateur des services de santé britannique, la Care Quality Commission.- Manosphère – Certains lient l’engouement pour ces traitements à la “manosphère”, forums en ligne où s’expriment des mouvements masculinistes. L’une de ses figures de proue et misogyne revendiqué, Andrew Tate, se vante par exemple d’avoir un “taux élevé” et se moque de ceux qui ont un “faible taux”. Et le controversé ministre américain de la Santé Robert Kennedy Jr. a récemment vanté les taux élevés de testostérone de Donald Trump.Même s’il n’existe, selon le docteur Jayasena, aucun essai clinique prouvant que l’augmentation de la testostérone au-delà du seuil normal améliore réellement le bien-être, la popularité de ces traitements se nourrit de témoignages d’hommes de différents horizons qui, via les réseaux sociaux, témoignent des effets bénéfiques de la TRT.Gavin McNamee, 41 ans, coach sportif dans le nord-est de l’Angleterre, confirme ainsi à l’AFP se sentir “beaucoup mieux” après cinq mois de traitement, lui qui se sentait auparavant déprimé et sans énergie.”J’ai l’impression d’être une autre personne”, dit aussi à l’AFP Carl Graham, 38 ans, employé dans un cabinet d’avocats à Liverpool, qui suit une TRT depuis plus de six mois.Tous deux assurent n’avoir aucun intérêt financier dans ces traitements. Passés par des centres de santé privés, ils s’injectent de la testostérone deux fois par semaine, avec un autre médicament pour maintenir la production naturelle, pour un coût de 100 à 200 livres (entre 115 et 230 euros) par mois.

A Prague, une péniche pour accueillir des sans-abri de plus en plus nombreux

En cette soirée de janvier particulièrement glaciale, des dizaines de personnes font la queue pour passer la nuit sur l’Hermes, une péniche amarrée près de l’un des nombreux ponts qui enjambent la rivière Vltava à Prague, où le nombre de sans-abri connaît une augmentation inquiétante.Pour Jaromir Cervenka, l’Hermes, devenu le plus grand dortoir pour sans-abri de République tchèque, est plus qu’un foyer temporaire.L’homme de 49 ans, qui s’est retrouvé à la rue après un divorce il y a vingt ans, y a emménagé dès son ouverture en février 2007, et en est devenu depuis le capitaine et agent d’entretien, disposant de sa propre cabine. “C’est agréable d’avoir un endroit où séjourner au chaud et où l’on peut se laver. Et on peut aussi apporter sa propre nourriture”, dit à l’AFP ce forgeron de formation.Les statistiques sont rares mais selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), datant de 2024, la République tchèque en compte près de 105.000.Avec donc 0,97% de sa population concernée, cela fait du pays de 10,9 millions d’habitants le troisième le plus touché parmi les membres de l’OCDE, derrière la Nouvelle-Zélande et la Slovaquie.Toujours en 2024, l’Office tchèque des statistiques indiquait que 154.000 personnes étaient concernées par une “crise aiguë du logement”, dont 61.000 enfants contraints de vivre en dortoir.Face à ce phénomène alarmant, le Parlement tchèque avait adopté en juin 2025 une loi pour soutenir l’accès au logement. Mais le gouvernement nationaliste d’Andrej Babis, arrivé au pouvoir en décembre, ne fait pas mention des sans-abri dans son programme.Sollicité, le ministère du Travail et des Affaires sociales n’a pas répondu aux questions de l’AFP.- “Bons d’hébergement” -Pour tenter d’impliquer la population dans l’aide aux sans-abri, l’Armée du salut a lancé une initiative originale il y a dix ans : chaque habitant peut acheter des “bons d’hébergement” virtuels d’une valeur nominale de 100 couronnes tchèques (4 euros environ) pour aider à couvrir les coûts non pris en charge par l’Etat, comme par exemple les repas.Cet hiver, elle en a vendu 25.000.”Beaucoup de gens, surtout dans les grandes villes et lors des nuits glaciales, se présentent sans argent, et nous voulons être sûrs que cela ne les empêche pas de dormir dans un dortoir de l’Armée du salut”, a souligné M. Krupa.Comme chaque soir, l’Hermes ouvre ses portes à 19H30 et peut accueillir jusqu’à 180 personnes, dont 30 femmes et 150 hommes qui devront libérer leurs lits à 6H30 du matin.”Le taux d’occupation des lits est plus faible l’été, sous la barre des 100 personnes, tandis que juste avant l’hiver le bateau est plein”, souligne Katerina Prochazkova, responsable des services sociaux à bord de l’Hermes.Les personnes accueillies doivent être sobres et capables d’emprunter l’escalier raide qui mène à l’embarcation, dont le fonctionnement est financé par la mairie de Prague. Après leur inscription, elles ont la possibilité de prendre une douche et boire une tasse de thé, mais n’ont pas le droit de cuisiner de repas chaud à cause du risque d’incendie.Avant d’être réaménagée en dortoir, la péniche transportait du sable et du gravier sur l’Elbe, raconte Katerina Prochazkova. Aujourd’hui, “c’est le plus grand dortoir pour sans-abri du pays”, affirme-t-elle à l’AFP.Une demi-heure après son ouverture, le lieu grouille d’activité.David Mudroch y a trouvé refuge pour la première fois en octobre, car il n’arrivait plus à payer son loyer. Il en est parti en novembre après avoir décroché un emploi avec logement. “Mais ils m’ont licencié en janvier à cause d’une blessure à la main, alors je suis revenu. J’espère que ce ne sera pas pour longtemps”, dit le jeune homme de 22 ans, à la recherche d’un poste d’ambulancier.

La rue ne décolère pas à Minneapolis, Trump y voit des “insurgés”

Des milliers de manifestants sont descendus dans la rue à Minneapolis vendredi pour dénoncer les coups de filet de la police de l’immigration et la politique de l’administration Trump, qui poursuit un ancien présentateur de CNN pour sa couverture des événements.L’émotion née de la mort de deux manifestants américains abattus par des agents fédéraux en …

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Les Etats-Unis en paralysie budgétaire, mais une fin rapide espérée

Les Etats-Unis sont entrés à minuit samedi en situation de paralysie budgétaire partielle, mais avec l’espoir d’une fin rapide avec un vote attendu lundi au Congrès.Trois mois après le “shutdown” le plus long de l’histoire du pays, le blocage a pour origine cette fois-ci le refus de l’opposition démocrate d’adopter un budget pour la sécurité …

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Chine: l’activité manufacturière perd son élan en janvier

L’activité manufacturière chinoise a ralenti en janvier, selon les données officielles publiées samedi, rompant avec la brève remontée en territoire positif observée en fin d’année 2025. L’indice des directeurs d’achat (PMI) de l’activité manufacturière, un indicateur clé qui reflète notamment le moral des milieux industriels, a reculé à 49,3 en janvier, d’après le Bureau national des statistiques (BNS). En décembre, il était s’était pourtant établi à 50,1, remontant timidement au-dessus de la barre des 50 points qui traduit une expansion de l’activité, et ce pour la première fois depuis mars 2025.Retombant sous ce seuil, le chiffre de janvier est également nettement inférieur à la prévision des analystes de Bloomberg, qui misaient sur 50,1 points de nouveau.Les données de janvier reflètent “une demande effective insuffisante sur le marché, ainsi qu’une “saison creuse traditionnelle” pour certains secteurs industriels, a interprété Huo Lihui, statisticien au BNS, dans le communiqué. La deuxième économie mondiale est confrontée à un ralentissement persistant de la consommation intérieure, qui pèse sur l’activité malgré la vigueur des exportations.Ce nouveau recul de l’activité manufacturière en janvier résulte d’une “faible demande intérieure”, a relevé dans une note Zhiwei Zhang, président et économiste en chef de Pinpoint Asset Management. “L’activité économique pourrait ralentir au premier trimestre”, estime-t-il.L’année dernière, les exportations ont représenté le “pilier de la croissance”, a-t-il ajouté, précisant que la “durabilité” du secteur était “très importante pour les perspectives de croissance”.La Chine a enregistré en 2025 un excédent commercial record de près de 1.200 milliards de dollars, une dynamique essentielle alors que la confiance des consommateurs nationaux reste morose. Pékin a promis courant janvier des mesures “fortes” pour stimuler d’ici 2030 cette consommation intérieure très modeste ces dernières années en raison notamment des difficultés du secteur immobilier et des pressions démographiques.Les hauts responsables chinois ont assuré que des politiques clés seraient annoncées en mars, lors de la publication du nouveau plan quinquennal chinois pour la période 2026-2030, en cours d’élaboration. Le pays a enregistré une croissance de 5% en 2025, conformément à son objectif officiel, mais ce taux reste toutefois l’un des plus faibles depuis des décennies, hors pandémie de Covid-19. 

De “Stranger Things” à “Dune”, un studio québécois s’impose sur la scène des effets visuels

Créé il y a 20 ans dans un sous-sol sombre du Vieux-Montréal, le studio Rodeo FX est parvenu à se faire une place au milieu des grands noms de l’industrie des effets spéciaux et vient de signer ceux de la dernière saison de “Stranger Things”.”Avec le temps, on a grossi, on a eu une très belle croissance”, raconte à l’AFP Ara Khanikian, superviseur exécutif des effets visuels, depuis leurs bureaux aux murs de briques et élégantes boiseries situées dans le quartier du Vieux-Port de Montréal.Mais tout “a vraiment commencé au sous-sol de l’immeuble à côté”, ajoute-t-il dans un sourire.Aujourd’hui, le studio québécois a des antennes à Toronto, Los Angeles ou Paris et s’impose dans un monde des effets spéciaux dominé par des compagnies associées aux grands conglomérats comme Disney, Warner Bros, Universal et Paramount.Leur dernier fait d’armes: les saisons 4 et 5 de la célèbre série de Netflix “Stranger Things”. Lancée en 2016, celle-ci raconte l’histoire d’adolescents d’une petite ville américaine confrontés à des créatures surnaturelles et un univers parallèle, sur fond de nostalgie des années 1980.Pendant une année, Philip Harris-Genois s’est échiné à peaufiner la créature du Démogorgon, avec pour mission de rendre “encore plus imposant” ce monstre agile dont le visage s’ouvre telle une fleur pour dévoiler des rangées de dents baveuses.D’un coup habile de souris, le modeleur 3D ajoute une cicatrice sur le torse de la bête, expliquant comment il a façonné le monstre, trait par trait, comme s’il “travaillait une sculpture en pâte à modeler”. Il rajoute, de l’excitation dans la voix, qu’il est allé puiser dans l’anatomie du lion pour créer cette posture si menaçante du Démogorgon, posé sur ses orteils, prêt à bondir.- “De la nature” -Julien Héry, superviseur entre autres du projet “Stranger Things”, explique que les effets visuels extraordinaires “s’inspirent souvent de la nature”.Pour “Dune:Prophecy”, Rodeo FX a puisé dans la géographie de la côte méditerranéenne pour créer l’environnement du palais impérial de la première saison de cette série sortie en 2024.”On a fait des recherches sur la végétation, quel type d’arbre existe près des côtes, quel type de roche”, pour que le public ait envie d’y croire.Après la conceptualisation vient la modélisation, l’animation, la simulation, l’éclairage, puis la superposition de ces images dans les séquences déjà tournées. Un processus chronophage.À titre d’exemple, l’emblématique scène de combat entre le Démogorgon et Jim Hopper, interprété par David Harbour, dans une prison soviétique dans la saison 4 de “Stranger Things” a pris “de six mois à un an” de sa conceptualisation à son montage. Pour une scène de moins de 7 minutes.”C’est sûr qu’on passe beaucoup de temps sur nos projets, confie Julien Héry. La saison 4, c’était plus de deux ans de travail. Ca devient très personnel, on y met beaucoup d’amour.”Mais cela semble payer. C’est à Rodeo FX qu’on doit, notamment, les transitions ayant transformé “Birdman”, Oscar du meilleur film en 2014, en très long plan-séquence, et une partie du monde onirique de “Dune: Part Two”, vainqueur de l’Oscar des meilleurs effets visuels la même année.Leur travail leur a valu, plus récemment, quatre nominations aux prix VES, qui récompensent les meilleurs de l’industrie des effets visuels, dont les gagnants seront annoncés le 25 février prochain.Le petit studio devenu grand travaille sur plusieurs projets d’envergure pour 2026. “Il y a plein de projets qu’on ne peut pas réellement dévoiler”, commente Julien Héry, mais ils travaillent déjà à la superproduction Marvel, “Avengers: Doomsday” et à la deuxième saison de “Monarch”.

La rue ne décolère pas à Minneapolis, Trump y voit des “insurgés”

Des milliers de manifestants sont descendus dans la rue à Minneapolis vendredi pour dénoncer les coups de filet de la police de l’immigration et la politique de l’administration Trump, qui poursuit un ancien présentateur de CNN pour sa couverture des événements.L’émotion née de la mort de deux manifestants américains abattus par des agents fédéraux en janvier ne retombe pas aux Etats-Unis, où la ville du Midwest est devenue l’épicentre de la contestation.L’un d’eux, Alex Pretti, tué de dix coups de feu par des agents de la police aux frontières (CPB) le 24 janvier, a été qualifié vendredi d'”agitateur” par Donald Trump, qui ne cesse de souffler le chaud et le froid sur le mouvement de contestation.Malgré un déploiement important de policiers masqués censés incarner ce tour répressif, des milliers de manifestants ont battu le pavé vendredi par un froid mordant (-17°C) sous des pancartes hostiles autant à Donald Trump qu’à sa police fédérale de l’immigration, l’ICE, qui cristallise les tensions.”Je vis ici (…) et je ne pense pas que notre gouvernement devrait nous terroriser comme ça”, a expliqué à l’AFP Sushma Santhana, une ingénieure de 24 ans.”On essaie de les faire partir d’ici”, a abondé Connie, une autre manifestante, en évoquant les agents d’ICE.- “Poutine serait fier”Deux journalistes américains ont été arrêtés en lien avec les récentes manifestations, a indiqué la ministre de la Justice Pam Bondi, qui s’est félicitée sur X d’avoir dirigé elle-même l’interpellation d’un ex-présentateur de CNN, Don Lemon.Il est poursuivi des faits d’entrave à la liberté de culte, pour avoir couvert une manifestation dans une église du Minnesota, selon le ministère de la Sécurité intérieure.D’autres personnes, dont une journaliste indépendante avaient aussi été arrêtées. Toutes ont été relâchées, selon des médias américains, même si Don Lemon devra comparaître à Minneapolis début février.”Je ne vais pas m’arrêter maintenant”, a-t-il déclaré après sa sortie. “Il n’a jamais été aussi important d’avoir des médias libres et indépendants qui mettent la vérité en lumière et tiennent les puissants pour responsables”.Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a condamné une “attaque flagrante” contre la presse.Sarcastique et amer, le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom, critique virulent de l’administration Trump, a estimé de son côté sur X que le président russe Vladimir Poutine “serait fier”.Dans le même temps, les Etats-Unis sont entrés à 00H00 samedi (05H00 GMT) en situation de paralysie budgétaire partielle, le blocage ayant pour origine le refus de l’opposition démocrate d’adopter un budget pour la sécurité intérieure sans la mise en place de freins contre la police de l’immigration.- “Insurgés”Après avoir parlé ces derniers jours de “désescalade” et fait savoir par son émissaire Tom Homan qu’il pourrait bientôt réduire le nombre d’agents masqués qui mènent des raids à Minneapolis, Donald Trump a lancé vendredi de nouvelles virulentes critiques envers les manifestants: des “insurgés”, des “agitateurs” et des “fauteurs de troubles financés” par des “professionnels” de la rébellion, selon lui.M. Homan, lui, a déclaré vendredi à Fox News que Donald Trump allait toujours “procéder à une expulsion massive” de migrants.”Je ne suis pas payée pour être là”, a raillé la manifestante Sushma Santhana à Minneapolis, où la légende du rock Bruce Springsteen est montée sur scène pour interpréter une chanson en hommage aux victimes.Minneapolis, veut croire la retraitée Lisa Schmid, est devenue “la ville qui lutte pour la liberté”.- “Il méritait de mourir?”Le ministère américain de la Justice a évoqué vendredi l’ouverture d’une nouvelle enquête sur la mort d’Alex Pretti, cette fois concernant la violation de ses droits fondamentaux, tout en soulignant qu’il s’agissait d’une procédure “standard”.Sur sa plateforme Truth Social, M. Trump a critiqué M. Pretti, dont il a fustigé la “démonstration de violence” dans une vidéo devenue virale, où l’on voit l’infirmier, 11 jours avant sa mort, se rebeller lors d’une interpellation par des policiers fédéraux.L’AFP n’a pas pu vérifier ces images dans l’immédiat.”Le type a donné un coup de pied dans le phare d’une voiture. Est-ce que ça signifie qu’il méritait de mourir?”, s’est indigné Pedro Wolcott, propriétaire d’une sandwicherie à Minneapolis.Avant Alex Pretti, une mère de famille de 37 ans, Renee Good, avait été tuée le 7 janvier par un agent de l’ICE.Les opposants à cette politique continuent également de se mobiliser de New York sur la côte est à Los Angeles sur la côte ouest, rassemblant chaque fois environ un millier de personnes.burs-rfo-gw-sha/chl/pt