AFP World

Vifs débats autour des droits de douane de Trump à la Cour suprême

Des juges de la Cour suprême ont mis en doute mercredi la légalité des droits de douane mis en place par le président Donald Trump dans une affaire susceptible d’ébranler un pilier de sa politique économique et diplomatique.L’audience se tient tout juste un an après l’élection qui a permis au républicain de retrouver la Maison Blanche, d’où il a lancé une offensive protectionniste sans précédent, à coups de droits de douane.Ces taxes sur les produits importés génèrent des milliards de dollars de recettes et ont permis d’arracher aux partenaires des Etats-Unis des promesses d’investissements et des conditions plus favorables pour les exportateurs américains.Le gouvernement ne veut surtout pas voir cet édifice s’effondrer et presse les neuf juges de la Cour suprême – six conservateurs et trois progressistes – de les maintenir.La décision de la Cour peut ne pas être rendue avant plusieurs mois, ou à l’inverse être rendue assez rapidement.Au nom de l’exécutif, le conseiller juridique John Sauer a déroulé ses arguments à toute allure.Il a notamment soutenu qu’annuler les droits de douane “nous exposerait à des représailles commerciales impitoyables” de la part des autres pays et “ferait basculer les États-Unis de la puissance à l’échec, avec des conséquences catastrophiques pour l’économie et la sécurité nationale”.Plusieurs juges ont fait part de leur scepticisme, notant que la loi d’urgence (IEEPA) invoquée par le gouvernement ne mentionne pas le pouvoir d’imposer des droits de douane, seulement celui de “réguler les importations et exportations”. “La taxation relève du pouvoir législatif (…) les droits de douane sont des taxes”, a ainsi déclaré la juge progressiste Sonia Sotomayor.Le texte IEEPA “est utilisé pour imposer des droits de douane quel que soit le produit, le pays d’origine, en choisissant le montant et la durée”, a glissé le juge conservateur John Roberts, constatant que cela semblait conférer une “autorité majeure” au président.Avant que le dossier n’arrive entre les mains de la Cour suprême, plusieurs juridictions fédérales ont déclaré illégaux les droits de douane concernés – distincts de ceux frappant des secteurs précis, comme l’automobile ou l’acier. Les surtaxes sont néanmoins restées en vigueur en attendant que la plus haute juridiction du pays tranche.- Le gouvernement fait front -Donald Trump a affirmé mardi que le maintien de ces droits de douane était une “question DE VIE OU DE MORT pour notre pays”.”Sinon, nous serons quasiment sans défense contre les autres pays qui profitent de nous depuis des années”, a-t-il affirmé sur son réseau Truth Social.Il a dépêché des responsables de premier plan dans la salle d’audience.Le ministre des Finances Scott Bessent et le représentant au commerce (rattaché à la Maison Blanche) Jamieson Greer devaient ainsi être présents. Donald Trump décrit depuis des mois les droits de douane – “un des plus beaux mots du dictionnaire” selon lui – comme un couteau suisse.Il se targue de pouvoir ainsi réindustrialiser le pays, réduire son déficit commercial chronique, négocier en position de force avec les autres pays, mais aussi – en imposant des taxes contre le Mexique, le Canada et la Chine – juguler la crise du fentanyl, un puissant opiacé qui tue par overdose des dizaines de milliers d’Américains chaque année.Le président républicain a invoqué la loi d’urgence économique IEEPA de 1977 pour décréter plusieurs salves de droits de douane. Il les a ensuite fait évoluer au fil des négociations ou brouilles avec les autres pays.Des entrepreneurs de taille modeste et des Etats démocrates ont porté le dossier devant la justice, estimant que le président ne pouvait pas empiéter ainsi sur les prérogatives du Congrès pour imposer des taxes qui affectent la vie des entreprises comme des consommateurs américains. “Ces dernières années, la Cour a été réticente à infirmer des décisions présidentielles de cette ampleur”, soulignent les analystes d’ING dans une note mercredi.Ils considèrent toutefois que le sort des droits de douane est difficile à prédire car leur maintien “modifierait l’équilibre des pouvoirs entre le Congrès et le président, renforçant encore davantage l’exécutif”.

Premières heures de semi-liberté pour Kohler et Paris à l’ambassade de France à Téhéran

Cécile Kohler et Jacques Paris, les deux Français sortis de prison en Iran vivent mercredi leurs premières heures de semi-liberté à l’ambassade de France, attendant de pouvoir quitter le pays à une date inconnue, que l’Iran semble vouloir lier au sort d’une Iranienne poursuivie en France.”Je les ai trouvés très heureux, très soulagés tous les deux par cette libération”, a raconté mercredi matin sur la radio France Inter l’ambassadeur de France à Téhéran Pierre Cochard, qui est allé les chercher mardi à la sortie de la prison d’Evine, de sinistre réputation.Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu avec eux par visioconférence. “Ils l’ont remercié pour son engagement” afin d’obtenir leur libération, a aussi déclaré Pierre Cochard sur la radio RTL.Emanuel Macron a aussi parlé à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, demandant la “libération pleine et entière”, “le plus rapidement possible”, de Cécile Kohler et Jacques Paris.A Soultz (Haut-Rhin, est de la France) où a grandi Cécile Kohler, dont le portrait orne la façade de la mairie, les habitants racontaient leur soulagement. “On est impatients qu’elle revienne, on espère que l’Iran ne va pas la retenir”, confiait l’un d’eux, Mathieu Taquard.Mardi soir, les parents ont pu parler par téléphone à leur fille: “Elle disait qu’elle était en forme, et qu’elle avait hâte de revenir”, a résumé à l’AFP le maire de Soultz, Marcello Rotolo.L’ambassadeur a donné quelques éléments sur le déroulé de leur libération.”On s’est rendus à la prison d’Evine, qui est au nord de Téhéran. L’ambassade se trouve plutôt au centre, donc il y a un trajet important. On s’est présentés, il y avait plusieurs portes à franchir, une barrière. Cela a pris un peu de temps, en coordination avec les autorités iraniennes”, a-t-il expliqué. “Les grands portes de la prison d’Evine se sont ouvertes, et on a pu croiser le regard de Cécile et Jacques”, qui “avaient été informés à la dernière minute” de leur sortie. “C’est évidemment un moment qu’on n’oublie pas”, a-t-il dit. “Les premiers mots, c’étaient des larmes, des sourires mêlés de larmes. On est restés quelques instants ensemble et puis ensuite on est montés dans la voiture” pour gagner l’abri de l’ambassade, où ils sont protégés par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, en espérant pouvoir quitter rapidement l’Iran.- Iranienne à l’ambassade -Les autorités iraniennes, qui les accusent d’espionnage, considèrent qu’ils sont en “libération conditionnelle”, “libérés sous caution” et “placés sous surveillance jusqu’à la prochaine étape judiciaire”.”Nous n’allons ménager aucun effort pour obtenir leur retour en France dans les meilleurs délais”, a promis le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.Professeure de lettres de 41 ans, et enseignant retraité de 72 ans, Cécile Kohler et Jacques Paris ont été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d’un voyage touristique en Iran. Considérés comme des “otages d’Etat” par la France, qui à l’instar d’autres pays occidentaux accuse Téhéran de capturer des étrangers sur son sol pour négocier ensuite leur libération, ils étaient les deux derniers Français détenus sur le sol iranien.Lourdement sanctionné par de nombreux membres de la communauté internationale, notamment pour ses activités nucléaires, l’Iran détiendrait selon des sources diplomatiques au moins une vingtaine d’Occidentaux qu’il pourrait utiliser comme levier pour obtenir la libération de certains de ses ressortissants à l’étranger ou obtenir des gages politiques.Dans le cas de Cécile Kohler et Jacques Paris, Téhéran avait rendu publique en septembre la possibilité d’un accord de libération en échange de Mahdieh Esfandiari, une Iranienne arrêtée en France en février, accusée d’avoir fait la promotion du terrorisme sur les réseaux sociaux.Téhéran semble afficher sa volonté de mettre en parallèle les deux dossiers, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi annonçant mercredi matin que Mme Esfandiari, sous contrôle judiciaire depuis octobre dans l’attente de son procès en janvier, se trouvait désormais à l’ambassade d’Iran et “nous espérons qu’elle rentrera quand son procès sera achevé”.Les autorités françaises n’ont pas commenté cette annonce qui pourrait avoir des conséquences sur la date à laquelle les deux Français pourront quitter l’Iran.L’élargissement de Cécile Kohler et Jacques Paris pourrait ouvrir la voie à un apaisement des relations entre l’Iran et la France. “Lorsqu’ils seront sur le territoire français, effectivement, cela ouvrira une possibilité de renouer des relations normales avec ce pays”, a estimé M. Cochard.

Aux Etats-Unis, la paralysie budgétaire bat un record de longévité

Les Etats-Unis sont entrés mercredi dans leur 36e jour de paralysie budgétaire, battant ainsi le record du plus long “shutdown” de l’histoire du pays, au moment où les conséquences néfastes pour des millions d’Américains s’étendent de jour en jour.Depuis le 1er octobre, républicains et démocrates sont incapables de s’entendre pour adopter un nouveau budget et à minuit heure de Washington, dans la nuit de mardi à mercredi, le “shutdown” a dépassé la précédente marque de 35 jours, établie en 2019 lors du premier mandat de Donald Trump.”Je vais être honnête avec vous, je pense qu’aucun d’entre nous ne s’attendait à ce que cela traîne autant en longueur”, avait confessé plus tôt mardi le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson.Coïncidence du calendrier, ce record est survenu peu après l’annonce des résultats de plusieurs élections clés, où les démocrates ont signé de larges victoires.La Virginie, avec Abigail Spanberger, et le New Jersey, avec Mikie Sherrill, ont notamment élu des candidates démocrates comme nouvelles gouverneures tandis que New York a choisi le progressiste Zohran Mamdani pour maire.Les Californiens ont eux approuvé un texte visant à redécouper leur carte électorale, en réponse à un mouvement similaire des républicains au Texas.Autant de scrutins servant de baromètre pour les neuf premiers mois du second mandat de Donald Trump.- “Kamikazes” -Pour expliquer ces revers, le président a cependant pointé du doigt sur sa plateforme Truth Social deux raisons: “Trump n’était pas sur les bulletins de vote” et “la paralysie budgétaire”.Dans l’autre camp, l’heure était aux réjouissances.”Les démocrates fument Donald Trump et les républicains extrémistes à travers le pays”, s’est gaussé sur X le chef de la minorité à la Chambre, Hakeem Jeffries.L’opposition espère désormais pouvoir se servir de ces résultats électoraux comme levier pour faire bouger les lignes de la paralysie budgétaire.Mais pour Donald Trump, “les démocrates radicaux au Sénat n’ont montré aucun intérêt” à mettre fin au blocage.”Je pense que ces gens sont des kamikazes, ils vont démolir le pays”, a lancé mercredi le président républicain, ne disant pas s’attendre à une fin rapide du “shutdown”.En attendant, les effets se font de plus en plus sentir pour les Américains.Des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux ont été mis au chômage technique, avec un salaire différé, et des centaines de milliers d’autres sont forcés de continuer à travailler, sans paie non plus jusqu’à la fin de la crise. Les aides sociales sont également fortement perturbées. Donald Trump a juré mardi que puisque le principal programme d’aide alimentaire était à court de fonds, le versement de cette assistance dont bénéficient 42 millions d’Américains serait gelé tant que les “démocrates de la gauche radicale” n’auront pas voté la fin du “shutdown”. – “Position intenable” -La justice fédérale a pourtant ordonné à l’administration de maintenir cette aide et la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a assuré mardi que le gouvernement se conformerait aux décisions judiciaires.”Les bénéficiaires de l’aide SNAP doivent comprendre qu’il faudra du temps pour recevoir cet argent, parce que les démocrates ont mis l’administration dans une position intenable”, a-t-elle ajouté devant la presse.Dans les aéroports, l’enlisement se fait aussi sentir avec des pénuries de contrôleurs aériens, entraînant retards et annulations de vols.Et si la paralysie budgétaire se prolonge au-delà de cette semaine, l’espace aérien américain pourrait être partiellement fermé, a mis en garde mardi le ministre des Transports, Sean Duffy.”Vous verrez un chaos généralisé”, a-t-il déclaré, mettant la pression sur l’opposition pour lever le blocage.Au Congrès, les positions des deux camps ne bougent pas: les républicains proposent une prolongation du budget actuel, avec les mêmes niveaux de dépenses, et les démocrates réclament une prolongation de subventions pour des programmes d’assurance santé à destination de ménages à bas revenus.En raison des règles en vigueur au Sénat, plusieurs voix démocrates sont nécessaires pour adopter un budget même si les républicains y sont majoritaires.Mais Donald Trump rejette toute négociation avec l’opposition sur la santé sans “réouverture” de l’Etat fédéral comme préalable.

Au Soudan, des images satellite pour témoigner des massacres d’El-Facher

Au Soudan, les images satellite jouent un rôle sans précédent dans la mise en évidence des atrocités commises à El-Facher, dernier bastion de l’armée au Darfour pris fin octobre par les paramilitaires, explique dans un entretien avec l’AFP Nathaniel Raymond, du Humanitarian Research Lab (HRL).Ces images prises du ciel étaient le seul moyen de suivre la …

Au Soudan, des images satellite pour témoigner des massacres d’El-Facher Read More »

La discrétion, gage de survie des postes de commandement dans la guerre de haute intensité

Se déplacer fréquemment, se camoufler et émettre le moins d’ondes possibles: cibles privilégiées de l’ennemi dans la guerre en Ukraine, les postes de commandement adaptent leurs modes de fonctionnement pour coordonner l’action militaire tout en évitant la destruction.En Roumanie, au pied des crêtes enneigées des Carpates, quatre grandes tentes recouvertes de filets de camouflage ont …

La discrétion, gage de survie des postes de commandement dans la guerre de haute intensité Read More »

Mamdani élu maire de New York, soirée de revers pour Trump

Le socialiste Zohran Mamdani a remporté mardi la mairie de New York au terme d’une soirée d’élections locales dans lesquelles Donald Trump a essuyé plusieurs revers, un message de défiance à un an des élections de mi-mandat.L’élu local, 34 ans, opposant résolu au président américain, a largement devancé son principal adversaire, l’ancien gouverneur de l’Etat, …

Mamdani élu maire de New York, soirée de revers pour Trump Read More »

Le Premier ministre belge convoque une réunion d’urgence après de nouveaux survols de drones

Le Premier ministre belge Bart De Wever réunira jeudi matin en urgence un conseil national de sécurité, après de nouveaux signalements de drones aux abords de grands aéroports qui ont entraîné la fermeture de l’espace aérien dans la nuit de mardi à mercredi.La multiplication de ces survols suspects, dont l’origine demeure complètement inconnue, inquiète les …

Le Premier ministre belge convoque une réunion d’urgence après de nouveaux survols de drones Read More »

Bruxelles voudrait parachever le réseau à grande vitesse européen d’ici 2040

Agrandir et améliorer le réseau ferroviaire à grande vitesse, et encourager la production de carburants “durables” pour les avions et les navires: la Commission européenne a dévoilé mercredi deux plans en faveur des transports décarbonés.Pour commencer, l’exécutif européen a présenté les grands axes d’un projet visant à parfaire l’Europe du train à grande vitesse, qui permettrait de relier entre elles les capitales européennes d’ici 2040, en complétant les lignes existantes et en créant de nouvelles.Un passager pourrait ainsi rejoindre Berlin depuis Copenhague en 4 petites heures au lieu de 7 actuellement, ou Sofia depuis Athènes en seulement 6 heures contre 13h40 aujourd’hui. Et de nouvelles liaisons comme Paris-Lisbonne deviendraient possibles.Pour y parvenir, la Commission prépare plusieurs séries de propositions.Elle veut éliminer les obstacles encore nombreux aux déplacements transfrontaliers, notamment en harmonisant les systèmes de réservation de billets. Elle présentera une mesure en ce sens début 2026.Elle aimerait aussi favoriser encore plus la concurrence pour faire baisser les prix du train.Bruxelles compte en outre réunir les Etats, le secteur ferroviaire et les institutions financières pour planifier les investissements colossaux nécessaires: au moins 345 milliards d’euros d’ici 2040, et jusqu’à plus de 500 milliards d’ici 2050.”Grâce à cet élan central visant à fédérer les efforts de tous les acteurs, l’Europe peut véritablement passer des actuels îlots de lignes à grande vitesse à un réseau transcontinental intégré”, s’est réjouit Alberto Mazzola, directeur de la Communauté européenne du rail (CER), le principal lobby du secteur, qui voit dans ce plan “une première étape importante”.Les efforts d’intégration du rail en Europe ne vont pas de soi, comme l’ont montré récemment l’échec de la relance des trains de nuit Paris-Berlin ou les déboires en février du nouveau service Bruxelles-Venise, dont le trajet inaugural s’était arrêté à la frontière italienne.Parallèlement, Bruxelles a adopté un plan visant à doper la production de carburants durables pour l’aviation et le transport maritime, grâce à la mobilisation de près de 3 milliards d’euros issus de fonds européens, afin d’aider ces secteurs à tenir leurs objectifs de décarbonation.Il s’agit d’accélérer le passage de la démonstration scientifique à la production industrielle de ces carburants alternatifs, moins émetteurs de CO2 que le kérosène, en particulier les carburants synthétiques (e-fuels), fabriqués à l’aide d’électricité décarbonée.Cette filière peine à décoller, notamment en raison des énormes investissements requis, évalués à 100 milliards d’euros dans l’UE d’ici 2035.Pour l’ONG spécialisée Transport & Environnement, ce plan doit être mis en oeuvre rapidement “si l’Europe veut conserver son avancée technologique dans les carburants synthétiques”.

Île d’Oléron: un conducteur blesse 10 personnes, enquête pour tentatives d’assassinats

Dix personnes ont été blessées, dont quatre grièvement, percutées “volontairement” mercredi sur l’île d’Oléron par un conducteur ayant crié “Allah Akbar” au moment de son interpellation, a annoncé le parquet qui a ouvert une enquête pour “tentatives d’assasinats”.Le Parquet national antiterroriste (Pnat) ne s’est pas saisi de l’affaire “à ce stade”, a précisé à l’AFP Arnaud Laraize, procureur de la République à La Rochelle, selon qui le mobile du mis en cause reste à confirmer.Les faits se sont produits vers 08H45 entre les communes de Dolus d’Oléron et Saint-Pierre d’Oléron, lorsque l’homme de nationalité française, âgé de 35 ans, a “fauché volontairement” les victimes “sur plusieurs kilomètres”, a déclaré une source proche de l’enquête.Cet “habitant d’Oléron a percuté volontairement plusieurs piétons et vélos (10 blessés dont quatre en urgence absolue) sur une route entre Dolus d’Oléron et Saint-Pierre d’Oléron”, a précisé Arnaud Laraize.Au moment de son interpellation, le trentenaire a “crié Allah Akbar” (Dieu est le plus grand, NDLR), a précisé le magistrat. “Néanmoins le mobile n’est pas confirmé et l’enquête devra le déterminer”, a-t-il insisté.- Connu pour des délits de droit commun -Le procureur attend “des éléments plus consolidés et détaillés” sur le profil du suspect avant de communiquer plus amplement sur l’affaire en fin de journée.Parmi les personnes grièvement blessées, figure la collaboratrice du député du Rassemblement national de Charente-Maritime, Pascal Markowsky, selon des parlementaires du RN.Emma Vallain, âgée de 21 ans, a été renversée alors qu’elle faisait son jogging seule, a précisé M. Markowsky sur BFMTV.Connu pour des délits de droit commun, le suspect a été placé en garde à vue pour “tentatives d’assassinats”. L’enquête a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Poitiers, épaulée par les brigades de recherches de Rochefort et La Rochelle.Au moment de l’interpellation, les gendarmes ont fait usage d’un pistolet à impulsion électrique pour neutraliser le suspect, dont le véhicule venait de faire l’objet d’un incendie, a précisé une autre source proche de l’enquête.C’est un résident de Saint-Pierre d’Oléron, a indiqué à une correspondante de l’AFP le maire de Dolus d’Oléron, Thibault Brechkoff, qui a évoqué sur Facebook des accidents provoqués “délibérément” sur ces deux communes voisines. Selon le maire de Saint-Pierre d’Oléron, Christophe Sueur, cité par le quotidien Le Parisien, le trentenaire, résident du petit port de La Cotinière sur la commune, était connu pour de “nombreux dérapages”, “notamment en raison de sa consommation régulière de drogues et d’alcool”.Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé se rendre sur place “à la demande du Premier ministre” Sébastien Lecornu. Il est arrivé peu après 14H00 dans une gendarmerie de l’île, où il doit parler à la presse vers 14H30.En face de la gendarmerie, une cellule d’urgence médico-psychologique a été ouverte dans un complexe sportif pour accueillir des victimes, a constaté une correspondante de l’AFP.  

Malgré les polémiques, Shein a ouvert à Paris son premier magasin pérenne au monde

Shein s’est installé à Paris: malgré les sanctions administratives et l’enquête judiciaire ouverte pour la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine, le géant de l’e-commerce asiatique a inauguré mercredi son premier magasin physique et pérenne au monde au BHV.C’est sous la vigilance d’un important dispositif policier que les premiers clients sont entrés dans le BHV avant d’inaugurer, peu après 13h, le magasin Shein au 6e étage de ce grand magasin au coeur de la capitale française. Plusieurs dizaines de personnes avaient fait la queue dans la matinée devant l’entrée principale du BHV, par “curiosité” ou parce que “c’est moins cher”. C’est là, face à l’hôtel de ville de Paris, que les clients ont retiré un ticket pour accéder à l’espace Shein de plus de 1.000 m2, premier magasin physique et pérenne au monde pour la marque de fast-fashion.”Shein non merci”, peuvent lire les passants de l’autre côté de la rue: en haut de l’Hôtel de Ville, sous la fenêtre de l’élu écologiste – et candidat à la mairie de Paris – David Belliard, une affiche hostile à Shein a été déployée.L’arrivée de la plateforme, fondée en 2012 en Chine et désormais basée à Singapour, cristallise les tensions autour de la régulation du commerce en ligne et de la mode jetable ultra-éphémère. Élus, associations et acteurs du secteur textile français ont fustigé son implantation en France.Dernier épisode en date: la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine sur son site internet constatée par la Répression des fraudes, qui a entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire. Shein a depuis assuré avoir mis en place une interdiction totale des produits de type “poupées sexuelles”. L’entreprise a déjà écopé cette année en France de trois amendes pour un total de 191 millions d’euros, pour non-respect de la législation sur les cookies, fausses promotions, informations trompeuses et non-déclaration de microfibres plastiques.Jusqu’ici exclusivement disponible en ligne et dans des magasins éphémères, l’entreprise franchit mercredi une étape stratégique avec son implantation durable. Et pas n’importe où: dans un emblématique symbole du commerce parisien, le BHV, un joyau art déco situé face à l’hôtel de ville.”Une erreur stratégique” et “un danger”, a déploré mercredi le ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun, sur TF1.Son collègue à l’Industrie, Sébastien Martin, a lui dénoncé sur Public Sénat chez Shein “une stratégie (…) d’agressivité qui est aussi une politique d’attaque de nos valeurs”, avant de pointer du doigt en creux le BHV.”Le BHV fait entrer le loup dans la bergerie”, s’est alarmé le co-président de l’organisation patronale Impact France, Pascal Demurger, sur Franceinfo, pour qui “le low-cost, c’est le chômage”.  Frédéric Merlin, le patron de la Société des grands magasins (SGM), propriétaire du BHV depuis 2023, a rétorqué que “Shein, c’est 25 millions de clients en France”, mercredi sur RTL, opposant la popularité du géant asiatique aux griefs des responsables politiques. – Bientôt cinq autres magasins Shein -Si Shein est autant décrié, outre les accusations de recours à des sous-traitants sous-payés et des pratiques supposées néfastes pour l’environnement, c’est aussi parce qu’il est accusé de causer la ruine du secteur du textile et des petits commerces.Ces derniers sont particulièrement touchés par la déferlante de produits conçus en Asie, majoritairement en Chine. En 2024, 4,6 milliards de colis à moins de 150 euros ont été importés dans l’UE. Le nombre de ces colis, exemptés de droits de douane, double tous les deux ans au rythme actuel.Frédéric Merlin assure que les produits vendus dans ce magasin répondent aux normes européennes.Avant même l’arrivée de Shein au BHV, plusieurs marques françaises ont fui le grand magasin, dénonçant un partenariat en contradiction avec leurs valeurs et leurs intérêts. L’intersyndicale des salariés y est également opposée.Cinq autres boutiques Shein ouvriront en province prochainement à Angers, Dijon, Grenoble, Limoges et Reims.Les grands magasins qui les hébergeront ne seront plus des Galeries Lafayette mais des “BHV”, le groupe Galeries Lafayette ayant rompu son contrat avec la SGM pour ne pas être associé à Shein.