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Le pouvoir “immense” des entreprises, préoccupation “majeure” pour le chef des droits de l’homme de l’ONU

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, estime que la concentration d’un pouvoir “immense” entre les mains de quelques géants de la tech, conjuguée au développement de l’intelligence artificielle, représente un défi “majeur” pour les droits humains.Dans un entretien accordé à l’AFP au siège du Haut-Commissariat, qui surplombe le lac Léman …

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“Le sang coulait encore”: le calvaire des réfugiés d’El-Facher arrivés au Tchad

Après 11 jours de trajet, Mounir Abderahmane atteint enfin le camp de Tiné, dans la province du Wadi Fira au Tchad, après avoir fui El-Facher, au Soudan, le 25 octobre. Lorsque des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont envahi la ville, il veillait son père, militaire dans l’armée régulière blessé quelques jours plus tôt, à l’hôpital saoudien.”Ils ont appelé sept infirmiers et les ont réunis dans une pièce. Nous avons entendu des coups de feu et j’ai vu le sang couler sous la porte”, raconte avec émotion à l’AFP l’adolescent de 16 ans.La vidéo, comme de nombreuses autres filmées par les FSR lors de leur entrée dans la ville, a été partagée sur les réseaux sociaux. Mounir quitte aussitôt la ville avec son père, qui mourra quelques jours plus tard sur la route qui devait le mener au Tchad.Les FSR, en guerre contre l’armée régulière depuis avril 2023, ont pris le contrôle le 26 octobre de cette ville du Darfour, une région de l’ouest du Soudan déjà ensanglantée dans les années 2000.Deux semaines après la prise de la ville, les réfugiés atteignent le Tchad, à plus de 300 km de là. Une poignée d’entre eux, accueillis dans le camp de transit de Tiné, livrent leurs témoignages à l’AFP.- “Coques d’arachides” -Après 18 mois de siège, tous évoquent une intensification des bombardements à partir du 24 octobre, précédant l’entrée des paramilitaires.Terrés dans des abris de fortune, des dizaines de personnes s’y entassent pour échapper aux drones. Ils n’ont pour seule nourriture “que des coques d’arachides”, raconte Hamid Souleymane Chogar, 53 ans. Le 26 octobre, il s’échappe de sa cachette, “chaque fois que je montais prendre l’air, je voyais dans la rue de nouveaux cadavres, souvent des habitants du quartier que je connaissais”, confie-t-il. Il profite d’une accalmie nocturne pour fuir. Estropié en 2011 lors d’une précédente guerre “à cause des Janjawids” – des milices arabes ayant longtemps persécuté les tribus non arabes du Darfour –, il est hissé sur une charrette qui zigzague dans la ville entre les débris et les cadavres. Leur progression se fait sans parole ni lumière, pour ne pas alerter les paramilitaires. Alors que les phares d’un véhicule des FSR balayent la nuit, Mahamat Ahmat Abdelkerim, 53 ans, se précipite dans une maison avec sa femme et ses six enfants. Le septième a été tué deux jours plus tôt dans une attaque de drone. “Il y avait une dizaine de cadavres, tous des civils. Leur sang coulait encore”, explique-t-il derrière ses lunettes noires, qui cachent un œil gauche perdu quelques mois plus tôt lors d’un bombardement.Mouna Mahamat Oumour, 42 ans, fuit avec ses trois enfants lorsqu’un obus frappe le groupe. “Quand je me suis retournée, j’ai vu le corps de ma tante déchiquetée. On l’a couverte d’un pagne et on a continué”, raconte-t-elle en larmes. “Nous avons marché sans jamais nous retourner”, ajoute-t-elle. Arrivés au sud de la ville, au niveau de la tranchée construite par les paramilitaires pour l’encercler, les cadavres s’accumulent. “Ils remplissent la moitié de ce fossé de deux mètres de large et de trois mètres de haut”, détaille Hamid Souleymane Chogar. Des dizaines ? Des centaines ? Impossible d’estimer leur nombre en pleine nuit, dans cet espace qui s’étend à perte de vue. Des analyses faites par le laboratoire de l’université américaine de Yale à partir d’images satellites croisées avec des vidéos postées par les FSR, évoquent la présence de nombreux corps dans cette tranchées et sur le talus voisin.Samira Abdallah Bachir, 29 ans, a emprunté un autre passage, elle a dû descendre dans la tranchée, sa fille de deux ans dans les bras, ses deux autres enfants, âgés de 7 et 11 ans, marchant derrière elle. “On devait éviter les corps pour ne pas marcher dessus”, décrit-elle.- Un système de racket -Une fois sortis de la ville, les réfugiés subissent un nouveau calvaire. A chaque check-point sur les deux principales routes permettant de quitter la ville, les témoignages évoquent de nouvelles violences, viols et vols contre les populations civiles. Après s’être fait voler son téléphone et son argent, Mahamat Ahmat Abdelkerim doit payer à chaque nouveau check point. “Les FSR ont des téléphones qu’ils mettent sur haut-parleur pour que nous contactions nos proches pour qu’ils nous envoient de l’argent”, décrit-il. Les sommes payées à chaque barrage varient entre 500.000 et un million de livres soudanaises selon les témoignages, soit entre 700 et 1.400 euros. D’autres témoignages évoquent les ciblages ethniques des FSR. Ils disent “Vous êtes des noirs, des esclaves” raconte un réfugié tout juste arrivé à Tiné. “Ils mettent certains hommes de côté, les dépouillent et tirent au hasard sur eux.” Difficile de savoir combien de Soudanais réussiront à se réfugier au Tchad dans les prochaines semaines. Environ 90.000 personnes ont déjà fui la ville d’El-Facher depuis sa conquête par les paramilitaires, selon les derniers chiffres de l’ONULe HCR évoque de son côté “90.000 arrivées dans les trois prochains mois” alors que les violences se poursuivent au Darfour et que les affrontements entre l’armée et les paramilitaires poussent la population à fuir dans la région du Kordofan. “Des relocalisations sont en cours pour permettre de désengorger le camp de transit de Tiné et accueillir de nouveaux réfugiés”, précise Ameni Rahmani, 42 ans, responsable de projet de Médecins Sans Frontières (MSF) à Tiné.”Les arrivées augmentent encore faiblement mais nous sommes prêts à intensifier notre réponse et à renforcer nos équipes sur place.”Côté soudanais, après s’être retiré du Darfour-Nord suite à des attaques de drones sur des structures médicales depuis deux semaines, MSF prévoit d’y redéployer ces prochains jours ses équipes.Le conflit au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts, en a déplacé près de 12 millions d’autres et provoqué, selon l’ONU, la pire crise humanitaire au monde.

Macron commémore le 11-Novembre et honore les incorporés de force dans l’armée allemande

Emmanuel Macron a présidé mardi les cérémonies du 107e anniversaire de l’Armistice de 1918 sur les Champs-Elysées et à l’Arc de Triomphe, rendant aussi hommage aux Alsaciens et Mosellans enrôlés de force à l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale.Les cérémonies du 11-Novembre marquent la fin de la Première Guerre mondiale mais sont dédiées à tous les soldats tombés pour la France, quels que soient les conflits.Le chef de l’Etat a débuté son programme en mettant en lumière le sort des “Malgré-Nous” de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit d’environ 130.000 Alsaciens et Mosellans qui, considérés comme Allemands après l’annexion de ces territoires, avaient dû intégrer l’armée allemande.Environ 40.000 de ces hommes ne sont jamais revenus: 30.000 ont péri lors des combats ou en captivité et 10.000 à 12.000 sont portés disparus.Le sort des “Malgré-Nous”, accusés après la guerre d’avoir trahi, est longtemps resté tabou et demeure un sujet douloureux.Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre Sébastien Lecornu, de la ministre des Armées Catherine Vautrin et de la ministre déléguée Alice Rufo, a assisté au dévoilement d’une plaque à l’Hôtel national des Invalides.Cette cérémonie avait pour but “de leur rendre hommage, conformément à la volonté du chef de l’Etat de reconnaître et d’enseigner la tragédie des +Malgré-Nous+”, selon l’Elysée.Emmanuel Macron a remercié les invités présents de “porter cette mémoire”. “Elle est gravée maintenant dans la pierre de cette enceinte. Il faudra continuer de la transmettre”, a-t-il dit.Sur les Champs-Elysées, le président a ensuite déposé une gerbe tricolore devant la statue de l’homme d’Etat Georges Clemenceau, surnommé “le père de la victoire” pour son rôle dans la Première Guerre mondiale.Puis son convoi a remonté l’avenue jusqu’à l’Arc de Triomphe. Sous les notes de La Marseillaise, Emmanuel Macron a rendu honneur au drapeau et passé en revue les troupes, avant de se recueillir devant la tombe du Soldat inconnu.Les commémorations ont réuni une multitude de personnalités politiques, comme le président du Sénat Gérard Larcher, la maire de Paris Anne Hidalgo ou encore la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.

Pakistan: 12 morts dans un attentat-suicide à Islamabad

Le ministre pakistanais de l’Intérieur a annoncé 12 morts dans un attentat-suicide mardi devant un tribunal d’Islamabad, où des témoins ont décrit des scènes de chaos après une forte explosion.L’attentat, qui n’a pas été revendiqué dans l’immédiat, survient sur fond de fortes tensions régionales, avec l’Afghanistan et avec l’Inde, deux pays voisins.”A 12H39 (07H39 GMT) un attentat-suicide s’est produit à Kachehri”, où se trouve le tribunal, a indiqué sur les lieux le ministre, Mohsin Naqvi, faisant état de “12 morts et d’environ 27 blessés”.D’après lui, l’assaillant a attendu à l’extérieur du tribunal avant de déclencher son engin explosif près d’une voiture de police.”Nous essayons de l’identifier et de déterminer d’où il vient”, a déclaré M. Naqvi à des journalistes sur place.Dans cette zone résidentielle, des témoins avaient auparavant fait état d’une forte explosion.”Alors que je garais ma voiture et que j’entrais dans le complexe (…), j’ai entendu une forte détonation à l’entrée”, a déclaré l’avocat Roustam Malik. “C’était un chaos total, les avocats et les gens couraient à l’intérieur du complexe. J’ai vu deux corps gisant près de la porte et plusieurs voitures étaient en feu,” a ajouté l’avocat, l’un des témoins qui s’est exprimé auprès de l’AFP.Les forces de sécurité ont bouclé le secteur, qui abrite plusieurs bureaux du gouvernement.”C’était une explosion énorme”, a rapporté Mohammed Shahzad Butt, un autre avocat. “Tout le monde a commencé à entrer (dans le bâtiment) en panique. J’ai vu au moins cinq corps étendus devant la porte d’entrée”, a-t-il ajouté.- Tensions régionales -Islamabad, la capitale du pays, est considéré comme une ville plutôt sûre par rapport au reste du pays, la dernière attaque en date y ayant eu lieu en décembre 2022.Le Pakistan est confronté à une résurgence d’attaques, qu’il attribue notamment à des groupes armés qui se cachent selon lui sur le sol afghan.Le ministre de l’Intérieur a noté que l’attentat-suicide d’Islamabad s’était produit après une attaque dans la région de Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest, frontalière de l’Afghanistan) lundi soir.”Trois personnes sont mortes dans cette attaque, l’assaillant était afghan”, a déclaré le ministre mardi, accusant “l’Afghanistan d’être directement impliqué”.Le Pakistan et l’Afghanistan se sont affrontés à la mi-octobre avec une intensité rare, à leur frontière principalement, mais la confrontation avait débordé jusqu’à Kaboul où ont eu lieu des explosions.Plus de 70 personnes avaient été tuées parmi lesquelles une cinquantaine de civils afghans, selon l’ONU.Les deux pays ont approuvé une trêve, fragile, dont ils ne sont pas parvenus à préciser les contours lors de plusieurs cycles de négociations. Chacun a imputé la responsabilité à l’autre dans l’échec de ces discussions, qui ont pris fin la semaine dernière.Les tensions sont également fortes avec l’Inde — autre pays voisin et ennemi historique — depuis une guerre éclair en mai qui avait fait plus de 70 morts dans les deux camps, jusqu’à un cessez-le-feu.Lundi, New Delhi a aussi été le théâtre d’une explosion, qui a fait huit morts.Le Premier ministre indien Narendra Modi l’a qualifié de “complot” mais la police n’a évoqué aucune cause pour expliquer la déflagration.

Abdeslam envisage une démarche de justice restaurative avec des victimes du 13-Novembre, selon son avocate

Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible pour les attentats du 13 novembre 2015, aimerait “ouvrir une porte aux parties civiles” dans une démarche de “justice restaurative”, a fait savoir mardi son avocate.”On a une personne qui essaie d’accéder à l’éducation, une personne qui par ailleurs a présenté des excuses aux parties civiles lors de son procès, (…) qui aimerait pouvoir expliquer la situation et peut-être discuter, ouvrir une porte aux parties civiles, si toutefois celles-ci le souhaitent, pour pouvoir évoquer la détention et évoquer ce procès-là”, a déclaré Me Olivia Ronen sur franceinfo.”Ça a été exprimé et c’est une demande qui a aussi été faite par certaines parties civiles de pouvoir entrer en contact avec lui”, a-t-elle assuré.”C’est vraiment des principes de justice restaurative où les personnes mises en cause et les personnes qui ont été victimes des infractions arrivent à dépasser quelque chose pour essayer de viser – je sais qu’on en est encore loin – mais viser un apaisement social”, a encore expliqué l’avocate.Arthur Dénouveaux, rescapé du Bataclan et président de l’association Life for Paris, a répondu sur X à Me Ronen que “plusieurs victimes des attentats” s’intéressaient à la justice restaurative, “ce qui pourrait aboutir comme en Espagne ou en Italie à des rencontres en prison avec votre client”.La justice restaurative, qui émerge depuis une dizaine d’années en France, ne se substitue pas à la justice pénale. Les rencontres entre auteurs et victimes d’une même infraction, mais pas de la même affaire, constituent la mesure la plus connue. D’autres dispositifs existent, comme la médiation restaurative, qui associe victime et auteur de la même affaire.Le seul membre vivant des commandos meurtriers du 13 novembre 2015, incarcéré à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), a été placé la semaine dernière deux fois en garde à vue puis relâché et réintégré en détention, dans une enquête sur la détention d’une clé USB chargée selon le parquet national antiterroriste (Pnat) de documents ayant “trait à la propagande officielle d’organisations terroristes, État islamique ou Al-Qaïda”. Le Pnat a requis sa “mise en examen ultérieure”.Cette clé lui a été fournie lors d’une visite au parloir par une ex-compagne, Maëva B., qui a elle été doublement mise en examen et incarcérée. Elle est aussi soupçonnée d’être impliquée dans un projet d’attentat déjoué.Lundi, la directrice générale de la sécurité intérieure Céline Berthon a affirmé que Salah Abdeslam, toujours “radicalisé”, “n’était pas mis en cause” dans ce projet d’attentat.La France va commémorer jeudi, au cours d’une journée d’hommage aux victimes, les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, qui ont fait 132 morts – dont deux suicides de rescapés du Bataclan emportés par de profondes blessures psychiques.

En marge de la COP30, une favela de Belem étouffe

Devant l’entrée de sa maison délabrée, une petite fille se rafraîchit avec sa mère dans une grande bassine remplie d’eau. La chaleur humide est étouffante dans cette favela de Belem, ville d’Amazonie brésilienne qui accueille la COP30.Non loin de là, Rosineide Santos, manucure de 56 ans, estime que “le climat a beaucoup changé” depuis son arrivée il y a une vingtaine d’années à Vila da Barca, quartier pauvre bâti sur des pilotis qui surmontent une eau saumâtre et charriant des monceaux d’ordures. “Il fait une chaleur intense dès neuf heures du matin”, se plaint-elle.Le réchauffement climatique touche de plein fouet Vila da Barca, où vivent environ 7.000 personnes.Cette favela est située non loin du centre-ville, juste à côté d’un quartier chic, et à quelques kilomètres du lieu où se déroule depuis lundi la conférence de l’ONU sur le climat, à Belem, capitale de l’Etat septentrional du Para.Si la préservation de la forêt amazonienne toute proche est un sujet phare de la COP30, “personne ne parle de protéger ceux d’entre nous qui vivent dans l’Amazonie urbaine”, dit à l’AFP Gerson Bruno, président de l’association des résidents de Vila da Barca.”Personne ne discute de la façon dont la crise climatique affecte nos territoires les plus vulnérables”, s’indigne ce jeune homme de 35 ans.Bien que la plus grande forêt tropicale de la planète soit le symbole de l’Amazonie brésilienne, plus de 75% de ses 27 millions d’habitants vivent dans des zones urbaines, selon les données officielles.A Belem, plus de la moitié de la population vit dans des favelas.- Eau courante et égouts -Dans ces quartiers densément peuplés et souvent dépourvus des infrastructures les plus basiques, l’impact de la crise climatique est accentué, notamment par les problèmes de traitement des eaux.À Vila da Barca, malgré des “débuts problématiques”, selon Gerson Bruno, les habitants ont pu obtenir la réalisation de travaux en ce sens à la faveur de la COP.En majorité noirs et métis, les résidents ont d’abord protesté quand ils ont constaté qu’une station d’épuration serait construite à l’intérieur de leur favela, mais pour profiter uniquement au quartier cossu adjacent.Cette mobilisation, qui a attiré l’attention des médias locaux après son écho sur les réseaux sociaux, a permis que les autorités débutent enfin des travaux d’installation du tout-à-l’égout à Vila da Barca, tout en améliorant la distribution d’eau courante.Quelques mois avant la COP, des familles devaient encore acheter des bidons pour se laver.- “Terre ferme” -La température maximale de Belem a augmenté en moyenne de 1,96ºC de 1970 à 2023. De quoi augmenter “la vulnérabilité aux vagues de chaleur et les problèmes de santé associés, ainsi que la pression sur les infrastructures”, selon une récente étude scientifique du Centre universitaire de l’Etat du Para.Belem est également l’une des métropoles les moins arborées du Brésil. Un paradoxe criant alors qu’elle est cernée par l’énorme forêt amazonienne. Le gouverneur du Para, Helder Barbalho, le reconnaît auprès de l’AFP: “L’Amazonie urbaine est un défi très important, il faut davantage d’investissements pour équilibrer les solutions pour la forêt et pour les villes.”Devant sa maison à Vila da Barca, sur une passerelle en bois branlante, Elizabeth Campos Serra, retraitée de 67 ans, sait ce qu’elle réclamerait au président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva si elle pouvait le rencontrer. “Je dirais à Lula de nous sortir d’ici, j’aimerais vivre sur la terre ferme.”

Dix ans après le 13-Novembre, la Croix-Rouge face aux cicatrices de la “médecine de guerre”

“C’était clairement de la médecine de guerre”. Dix ans après, le souvenir d’Eric, qui “gérait les secours” de la Croix-Rouge à Paris cette nuit-là, résume la rupture que les attentats du 13 novembre 2015 ont représentée pour les bénévoles.Ce soir-là, la France bascule dans l’horreur. 130 morts et des centaines de blessés au Stade de France, sur les terrasses parisiennes, au Bataclan.Près de 400 bénévoles et 54 véhicules de la Croix-Rouge sont mobilisés dès les premières heures dans le cadre du plan Aramis, leur dispositif d’urgence conçu pour les accidents “multi-sites”.L’association connaissait les scénarios “multivictimes” (accidents, explosions), mais n’avait pas anticipé ce genre d’attaques.”Nous étions restés sur l’habitude des explosions”, explique Florent Vallée, directeur de l’urgence de la Croix-Rouge. “Nous n’avions pas envisagé d’avoir des gens qui tirent à l’arme de guerre dans les rues de Paris.”- “Tirs de kalachnikovs” -La rupture s’opère d’abord sur le front “sécuritaire”.”Très vite, la problématique a été la sécurité de nos intervenants”, poursuit M. Vallée.Eric, chef de chantier de 51 ans et bénévole depuis 33 ans, comprend que les règles ont changé près du Bataclan : “Quand je suis descendu de la voiture, j’ai entendu les kalachnikovs tirer. J’ai immédiatement compris le danger et j’ai dit aux équipes de se mettre à l’abri”, raconte-t-il à l’AFP. Camille, 37 ans, assistante sociale à l’époque et bénévole depuis 2010, envoyée sur l’attaque contre le Comptoir Voltaire, confirme que la vraie rupture fut cette prise de conscience du danger, “quand les forces de l’ordre ont signalé le risque d’explosion de la ceinture d’explosifs” d’un des jihadistes.”J’ai réalisé l’importance du rapport au risque. On nous a toujours appris qu’il fallait d’abord se protéger soi-même, mais là, j’ai compris pourquoi”. L’autre choc est “la saturation”, explique Florent Vallée. “Vous partez avec une adresse et en fait vous vous arrêtez sur la route parce que vous tombez sur une autre terrasse”.Sur le terrain, l’urgence impose de revenir aux “fondamentaux parce que dans une ambulance, à l’époque, vous aviez un garrot tourniquet, pas 50. Face à cette masse, il faut improviser avec ce que vous avez : une ceinture, un drap”, poursuit-il. Eric confirme : “Moi, j’ai ma ceinture qui est partie sur une jambe pour faire un garrot”. Au Comptoir Voltaire, Camille décrit une scène “de guerre”, où le tri des blessés s’est fait “au système D” : “On a dû improviser, on s’est servi d’un marqueur pour écrire sur les gens, sur leurs mains, sur leur front, simplement pour savoir qui avait été vu et le degré de blessure”. – “Psychotraumatisme vicariant” -À la mairie du 11e arrondissement, transformée en centre d’accueil, le climat “extrêmement calme” contraste avec le chaos, se souvient la psychologue Rosine Duhamel. C’est le calme du choc. Les secouristes y découvrent une mission inédite : le “secours à des personnes qui ont vécu un traumatisme psychique”. Son rôle est alors de “soutenir ses propres équipes” face à cette situation.Car un risque invisible pèse sur ces secouristes : le “psychotraumatisme vicariant”, explique la psychologue. “On n’a pas vécu l’événement directement, mais à entendre les récits des victimes, on peut vivre une forme de traumatisme également”.L’après-13-Novembre impose une réorganisation. Dès 2016, l’association a fait évoluer son plan Aramis en un “Plan de préparation aux nouvelles menaces” (PPNM), qui impose la protection des intervenants comme priorité absolue et systématise le soutien psychologique post-intervention. Concrètement, “on a développé une initiation au premier secours psychologique”, explique Rosine Duhamel. Durant ces exercices, des personnes apparaissant comme non blessées physiquement simulent la prostration, l’état de choc, précise-t-elle. Surtout, l’organisation lance un suivi systématique de ses troupes. Au total, 700 bénévoles ont été mobilisés sur les quinze jours d’opérations. “On a fait rappeler tous nos volontaires par des psychologues”, souligne M. Vallée, précisant que pour certains, “le choc a été trop grand”.”Refroidi”, Eric a pour sa part arrêté le secourisme en 2016, mais il témoigne des conséquences paradoxales de l’événement : “On a eu plus d’arrivées de bénévoles que de départs”.

L’Inde promet que les responsables de l’explosion d’une voiture à Delhi seront jugés

Le ministre indien de la Défense a promis mardi que les responsables de l’explosion d’une voiture dans le cœur de New Delhi, qui a fait au moins huit morts, seraient traduits en justice. “Les principales agences (…) du pays mènent une enquête rapide et approfondie (…) dont les conclusions seront bientôt rendues publiques”, a déclaré Rajnath Singh lors d’une conférence dans la capitale.Il a tenu à assurer que “les responsables de cette tragédie seraient traduits en justice et ne seraient épargnés sous aucun prétexte”. Mardi matin, des enquêteurs passaient au peigne fin les débris d’une voiture sur les lieux de la forte explosion qui s’est produite lundi soir.Si aucune cause n’a été évoquée officiellement, la police a indiqué que des agences de lutte contre le terrorisme étaient chargés de l’enquête. La déflagration, qui a fait au moins 19 blessés, s’est produite en début de soirée au moment où les habitants rentraient du travail, près d’une station de métro, dans un quartier très animé de la vieille ville de Delhi.”Un véhicule qui roulait à faible vitesse s’est arrêté à un feu rouge – une explosion s’est produite dans cette voiture, et à cause de la déflagration, ceux qui se trouvaient à proximité ont également été endommagés”, a déclaré lundi soir Satish Golcha, commissaire de police de New Delhi.L’agence de presse Press Trust of India a fait état mardi de 12 morts. – “Toutes les pistes” restent ouvertes -Si la piste d’une attaque venait à être confirmée par les enquêteurs, il s’agirait de la plus importante depuis celle du 22 avril dernier au Cachemire administré par l’Inde, au cours de laquelle trois hommes armés avaient abattu 26 civils de confession hindoue. Le ministre de l’Intérieur Amit Shah a déclaré lundi soir que les forces de sécurité “gardaient toutes les pistes ouvertes”, ajoutant qu’il était “très difficile de dire ce qui est à l’origine” de l’explosion, avant l’examen de prélèvements sur les victimes par des médecins légistes.La sécurité a été renforcée à travers la mégapole de 30 millions d’habitants.Mardi à l’aube, des journalistes de l’AFP présents sur le site de l’explosion ont constaté que des tissus blancs de la police avaient été déployés autour des restes calcinés des véhicules au cours de la nuit.Le Premier ministre Narendra Modi a présenté mardi ses “condoléances à ceux qui ont perdu leurs proches dans l’explosion à Delhi” avant de partir pour une visite au Bhoutan voisin.”Je comprends la douleur des familles. Toute la nation est à leurs côtés”, a-t-il déclaré.L’explosion s’est produite non loin du Fort Rouge, qui date du XVIIe siècle et orne des billets de banque. C’est depuis ses remparts que les Premiers ministres s’adressent au pays lors de la fête de l’indépendance.- Torches humaines -Des témoins ont raconté à l’AFP la manière dont la voiture a explosé en plein milieu de la circulation et la manière dont les victimes, prises dans l’embrasement, se sont transformées en torches humaines. “J’ai vu la voiture exploser alors qu’elle était en mouvement”, se souvient Dharmindra Dhaga, 27 ans. “Les gens étaient en feu et nous avons essayé de les sauver… Des voitures et des gens brûlaient – les gens à l’intérieur des voitures” aussi, a relaté ce témoin. “Je disais aux gens de les sauver, de les secourir et de les sortir. Ils étaient occupés à faire des vidéos et à prendre des photos”, se désole M. Dhaga.Même si l’attentat d’avril dernier commis dans la partie indienne du Cachemire n’a pas été revendiqué, New Delhi en a imputé la responsabilité au Pakistan, qui a catégoriquement démenti, et a riposté le 7 mai en bombardant le territoire de son voisin.Les combats qui ont opposé les deux puissances nucléaires pendant les quatre jours suivants, les plus importants depuis 1999, ont fait plus de 70 morts dans les deux camps, jusqu’à un cessez-le-feu.L’attentat le plus meurtrier dans la capitale indienne remonte à septembre 2011. Une puissante bombe, dissimulée dans une mallette, avait explosé devant la Haute cour de New Delhi, faisant au moins 14 morts.

Inde: enquête sur l’explosion d’une voiture à New Dehli

Les enquêteurs cherchent mardi les causes de l’explosion d’une voiture au coeur de la capitale indienne, qui a tué au moins huit personnes et en a blessé 19 autres.Aucune cause officielle n’a pour le moment été avancée après l’explosion survenue lundi soir près d’une station de métro, propageant des flammes sur plusieurs véhicules dans le …

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