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Les Portugais élisent leur président avec un socialiste comme favori face à l’extrême droite

Les Portugais votent dimanche pour le second tour de l’élection présidentielle qui oppose le socialiste Antonio José Seguro, grand favori, à André Ventura, le dirigeant d’un parti d’extrême droite devenu en quelques années la deuxième force politique dans ce pays.Depuis la victoire de M. Seguro au premier tour le 18 janvier, la campagne a été totalement perturbée par les tempêtes meurtrières qui ont balayé le Portugal ces deux dernières semaines, poussant une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées à reporter le scrutin d’une semaine.L’écrasante majorité des 11 millions d’électeurs au Portugal et à l’étranger ont donc pu commencer à voter dimanche matin et, après la fermeture des derniers bureaux aux Açores, des sondages sortie des urnes seront diffusés par les chaînes de télévision locales à 20H00 GMT.”Je pense qu’ils ont fait le bon choix en décidant de maintenir les élections”, a témoigné à l’AFP Celeste Caldeira, une enseignante à la retraite de 87 ans.”Là on a deux candidats. Soit on vote pour celui qui pense à l’intérêt de tous, ou alors je ne sais pas où on va”, a-t-elle ajouté après avoir jeté son bulletin dans une école du centre de Lisbonne.”Ces élections sont très étranges pour moi. Le choix est vraiment difficile car je n’aime aucun des deux candidats”, a pour sa part expliqué Julia Rodrigues, une étudiante en médecine de 20 ans.- Appel au vote -Une enquête publiée mercredi créditait M. Seguro, un homme politique expérimenté de 63 ans qui a toutefois passé la dernière décennie en retrait de la vie publique, de 67% des intentions de vote.Tandis que cette victoire annoncée lui faisait déjà craindre une démobilisation du corps électoral pour ce second tour, les intempéries des derniers jours ont poussé le candidat socialiste à désigner l’abstention comme son “grand adversaire”.”J’appelle les Portugais à venir voter. Profitez de cette fenêtre de beau temps”, a déclaré M. Seguro après avoir voté dans une école à Caldas da Rainha, ville où il réside, à une centaine de kilomètres au nord de Lisbonne.Alors qu’André Ventura promet une “rupture” avec les formations qui dirigent le Portugal depuis 50 ans, le socialiste s’est posé en candidat rassembleur et a mis en garde contre “le cauchemar” dans lequel le pays risquerait de se trouver si son adversaire l’emportait.Le socialiste a remporté le premier tour il y a trois semaines, avec 31,1% des suffrages, et s’est assuré depuis le soutien de nombreuses personnalités politiques issues de l’extrême gauche, du centre et même de la droite, mais pas celui du Premier ministre Luis Montenegro.- Pouvoir de dissolution -Le chef du gouvernement minoritaire de droite, qui s’appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur l’extrême droite, a refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l’élimination du candidat soutenu par son parti.M. Ventura a quant à lui déjà franchi un nouveau palier en se qualifiant pour le second tour avec 23,5% des voix et ainsi confirmé la progression électorale de son parti Chega (“Assez”), devenu la première force d’opposition à l’issue des législatives de mai 2025.Cette personnalité d’extrême droite cherche à “consolider sa base électorale” mais aussi à “s’affirmer comme le vrai leader de la droite portugaise”, a expliqué à l’AFP José Santana Pereira, professeur de Sciences politiques à l’Institut universitaire de Lisbonne ISCTE.Le prochain président succèdera début mars au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, qui a appelé au vote samedi soir “afin de vaincre la catastrophe et reconstruire l’avenir”.Si le rôle du chef de l’Etat portugais est surtout symbolique, il est appelé à jouer un rôle d’arbitre en cas de crise et dispose du pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer des législatives anticipées.

L’Iran exclut de renoncer à enrichir l’uranium “même en cas de guerre”

L’Iran a exclu dimanche de renoncer à l’enrichissement de l’uranium dans ses pourparlers avec Washington, “même en cas de guerre” avec les Etats-Unis, dont il a mis en doute la volonté de négocier. Après une première session de pourparlers vendredi à Oman, les deux pays ont affirmé vouloir poursuivre leurs discussions. Mais le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi s’est interrogé dimanche sur le “sérieux” des Etats-Unis à “mener de véritables négociations”, lors d’une conférence de presse à laquelle l’AFP a assisté. L’Iran “évaluera l’ensemble des signaux et décidera de la poursuite des négociations”, a-t-il affirmé, faisant aussi état de “consultations” avec la Chine et la Russie.  Téhéran martèle ne vouloir discuter que de son programme nucléaire et être en droit de développer une filière civile. Les Etats-Unis, qui ont déployé une vaste force navale dans le Golfe, exigent un accord plus large, incluant la limitation des capacités balistiques du pays et l’arrêt de son soutien à des groupes armés hostiles à Israël. Tenant d’une ligne dure avec Téhéran, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui rencontrera mercredi Donald Trump à Washington, exige que ces deux volets soient “inclus dans toute négociation”, a indiqué samedi son bureau. M. Araghchi, a réaffirmé dimanche que l’Iran ne céderait pas à la demande réitérée de Donald Trump de renoncer à l’enrichissement d’uranium, “même si une guerre nous est imposée”. Il a indiqué, sans plus de détails, que l’Iran pouvait envisager “une série de mesures de confiance concernant le programme nucléaire”, en contrepartie d’une levée des sanctions internationales qui asphyxient son économie. Le déploiement militaire américain “ne nous effraie pas”, a-t-il encore déclaré, au lendemain d’une visite du négociateur américain, Steve Witkoff, à bord du porte-avions Abraham Lincoln dépêché dans le Golfe. – “Paix et force” -Accompagné par l’amiral Brad Cooper, chef du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, M. Witkoff a mis en avant “le message de paix et de force du président Trump”. Ce dernier a multiplié les menaces militaires contre l’Iran face à la répression sanglante du mouvement de contestation en janvier, puis pour pousser Téhéran à un règlement diplomatique.  En cas d’attaque, l’Iran a menacé de frapper les bases américaines dans la région, et de bloquer le détroit d’Ormuz, passage clé des approvisionnements énergétiques mondiaux. Saluant comme “très bonnes” les discussions entre MM. Witkoff, Kushner et Araghchi – les premières depuis les bombardements américains d’ installations nucléaires iraniennes en juin dernier – Donald Trump a affirmé qu’elles se poursuivraient “en début de semaine prochaine”.M. Araghchi avait aussi dit être convenu avec Washington de la poursuite des discussions, tout en relevant qu’il restait “encore un long chemin à parcourir pour établir la confiance”.  La question des missiles iraniens ne pourra “jamais être négociée”, s’agissant “d’un enjeu de défense”, avait-il aussi réaffirmé. – Près de 7.000 morts dans la mobilisation – Les pays occidentaux et Israël accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran dément. “La tentative” de l’Iran “d’obtenir l’arme la plus dangereuse au monde (…) constitue une menace claire pour la paix” mondiale, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar. Et “l’énorme quantité de missiles balistiques à longue portée que le régime iranien cherche à produire met Israël en danger – mais pas seulement lui”, a-t-il ajouté. L’Iran et les Etats-Unis avaient engagé des négociations au printemps dernier, qui butaient notamment sur la question de l’enrichissement avant d’être gelées par la guerre de 12 jours déclenchée par Israël contre l’Iran en juin.  En Iran, où la répression se poursuit, l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a dit avoir confirmé 6.961 morts dans le mouvement de contestation, pour la plupart des manifestants, et a recensé plus de 51.000 arrestations. D’autres ONG redoutent un bilan beaucoup plus élevé, dont l’ampleur a été dissimulée par trois semaines de coupure d’internet. 

Ski: lourde chute et fin du rêve olympique pour Vonn

La star américaine du ski alpin Lindsey Vonn, qui s’alignait au départ à 41 ans malgré une grave blessure à un genou, a lourdement chuté et abandonné lors de la descente des JO-2026, dimanche à Cortina d’Ampezzo.Partie avec le dossard 13, la “Speed Queen”, championne olympique en 2010, est tombée en début de parcours, après seulement 12 secondes de course. Elle a été déséquilibrée lors du franchissement d’une petite bosse et d’une porte, et est retombée lourdement sur le sol. Elle est restée allongée, grimaçante, de longues minutes pendant qu’elle était prise en charge par les équipes médicales, selon les images TV.La course a aussitôt été interrompue et la skieuse américaine, placée sur une civière, a été hélitreuillée au bout de 15 minutes. Le public massé à l’arrivée et qui suivait la scène sur écran géant a alors longuement applaudi.Sa chute avait au préalable fait l’effet d’une douche froide dans cette même aire d’arrivée, où les spectateurs, qui encourageaient bruyamment la “Speed Queen”, ont poussé un cri d’effroi. Le public, tout comme les commentateurs, se sont ensuite tus.A 41 ans et 113 jours, la star américaine tentait un pari fou: redevenir championne olympique de descente, 16 ans après son titre à Vancouver, et après avoir effectué un come-back spectaculaire l’hiver dernier, au sortir de six années de retraite. Ce défi était devenu encore plus insensé après une nouvelle grave blessure subie lors de la descente de Crans-Montana, à une semaine des Jeux.Malgré un genou gauche très abîmé, avec une rupture totale du ligament croisé antérieur, elle avait cependant confirmé sa participation à ses 5e Jeux, et avait réalisé des entraînements officiels prometteurs, notamment celui de samedi, terminé à la 3e place.

Thaïlande : fin du vote pour les législatives après une période d’instabilité

Les Thaïlandais ont voté dimanche pour une élection législative anticipée à laquelle l’opposition réformiste est donnée favorite, certains électeurs ayant particulièrement eu en tête le conflit frontalier avec le Cambodge au moment de glisser le bulletin dans l’urne.”Le bureau de vote est fermé”, a annoncé le responsable de l’un de ceux du quartier de Watthana, à Bangkok.Plus tôt, quelque 53 millions de Thaïlandais ont été appelés à voter dans un contexte économique morose. “La première chose à laquelle je veux que le prochain gouvernement s’attaque, c’est l’économie”, a déclaré à l’AFP Khunpueng Chabankoh, 44 ans, ancienne restauratrice devenue agent d’entretien après avoir contracté “beaucoup de dettes”, après avoir voté dans la capitale.Le pays d’Asie du Sud-Est est concurrencé par le Vietnam en pleine expansion, et son secteur touristique vital n’a pas retrouvé son niveau d’avant la pandémie.Le réformiste Parti du peuple est en tête des sondages mais a peu de chance de remporter la majorité absolue, ce qui ouvrirait la voie à des négociations post-électorales pour la formation d’une alliance.Et il risquerait fort de se voir barrer la route par une entente entre le parti conservateur Bhumjaithai et le parti populiste Pheu Thai, pressenti troisième, selon les analystes.  Le chef du Bhumjaithai et actuel Premier ministre Anutin Charnvirakul apparaît donc bien parti pour conserver son poste, auquel il a accédé en septembre après une période mouvementée où le pouvoir a évolué au rythme des dissolutions prononcées par la justice.- “Souveraineté” -Le prochain gouvernement devra en outre gérer un ancien conflit transfrontalier avec le Cambodge qui a dégénéré deux fois l’année dernière en affrontements meurtriers.”Chaque fois que des affrontements éclatent, tout le monde ici éprouve de la détresse”, a déclaré à l’AFP Yaowapa Panomram, 63 ans, depuis le bureau de vote de Buriram (est), ville natale d’Anutin Charnviraku. “Nous voulons la paix, mais nous devons aussi protéger notre souveraineté” et “je pense que le gouvernement actuel est sur la bonne voie”.Le Premier ministre sortant qui a redoublé de promesses nationalistes, a dit espérer que les électeurs “nous feront confiance”, après avoir voté dimanche. Le Parti du peuple, plébiscité par la jeunesse, préconise, lui, la fin de la conscription et la réduction du nombre de généraux. Son chef de file, Natthaphong Ruengpanyawut, a promis dimanche de “former le gouvernement du peuple”, anticipant une victoire de son camp.- Déjà-vu -Mais l’éventualité d’une alliance contre lui a des airs de déjà-vu. En 2023, le prédécesseur du Parti du peuple, Move Forward, avait créé la surprise en remportant les législatives. Mais son candidat avait été écarté du poste de Premier ministre, avant que la formation ne soit dissoute. Le Pheu Thai avait alors formé une coalition avec le Bhumjaithai, et placé deux chefs de gouvernement issus de ses rangs. Destituée par la Cour constitutionnelle l’an dernier pour des propos jugés trop conciliants envers Hun Sen, l’ex-Premier ministre cambodgien, la seconde, Paetongtarn Shinawatra, fille de Thaksin, a été remplacée par Anutin, troisième Premier ministre en deux ans.A 59 ans, ce riche héritier d’une famille qui a fait fortune dans le BTP a su manoeuvrer au gré d’alliances mouvantes ces deux dernières décennies pour collectionner les postes ministériels avant de prendre la tête du gouvernement.Le score du Pheu Thai s’annonce crucial: la formation de la figure dominante de la politique thaïlandaise depuis le début du siècle, Thaksin Shinawatra, espère minimiser son déclin et s’imposer en partenaire indispensable de toute coalition.”Aujourd’hui, la Thaïlande doit changer, votre voix compte, donc je voudrais inviter chacun de vous à venir voter”, a déclaré devant des journalistes à Bangkok le neveu de Thaksin, Yodchanan Wongsawat, prétendant au poste de Premier ministre issu du Pheu Thai.Un référendum également organisé dimanche doit permettre aux électeurs de se prononcer sur le principe d’une réforme constitutionnelle, mais aucune mesure spécifique n’est proposée.Depuis la fin de la monarchie absolue en 1932, le royaume a connu une douzaine de coups d’Etat militaires ainsi que des dissolutions de partis et destitutions régulières de Premiers ministres par la Cour constitutionnelle.La Constitution héritée du dernier coup d’Etat, en 2014, suivi de cinq années de régime militaire, accorde un pouvoir considérable à des institutions conservatrices comme la Cour constitutionnelle, qui contraignent la vie démocratique. 

Kenya: le kala-azar, maladie méconnue et mortelle des zones arides

Pendant près d’un an, un kala-azar mal diagnostiqué a laissé Harada Hussein Abdirahman aux portes de la mort. La Kényane, malgré l’épreuve qu’elle a traversée, peut toutefois s’estimer chanceuse d’avoir survécu, tant cette maladie méconnue fait des ravages dans les régions africaines arides.Autre nom de la leishmaniose viscérale, le kala-azar – qui signifie “fièvre noire” en hindi – est dû à un parasite transmis par des moucherons, qui provoque fièvre, perte de poids et hypertrophie de la rate et du foie. C’est, après le paludisme, une des maladies parasitaires les plus meurtrières au monde. En l’absence de traitement, 95% des malades succombent.Harada Hussein Abdirahman, une grand-mère de 60 ans, pense avoir été piquée pendant qu’elle gardait du bétail dans le comté de Mandera, dans le nord-est du Kenya.Ce territoire presque aussi grand que la Belgique, frontalier de la Somalie et de l’Ethiopie, est un important foyer du parasite. Mais il ne compte que trois établissements capables de traiter le kala-azar.La sexagénaire a donc d’abord dû s’en remettre à un pharmacien local qui, pendant un an, l’a traitée contre la dengue et paludisme.”Je pensais que j’allais mourir”, confie-t-elle à l’AFP. “C’est pire que toutes les maladies qu’ils pensaient que j’avais.”Après cette longue épreuve, Mme Abdirahman s’est finalement vue diagnostiquer le kala-azar. Elle a perdu une partie de son audition du fait des puissants traitements qu’elle a ensuite dû prendre pour s’en débarrasser.L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense chaque année 50 à 90.000 cas de kala-azar dans le monde, un chiffre minoré car elle estime qu’à peine 25 à 45% des cas lui sont communiqués. Plus des deux tiers des malades sont en Afrique de l’Est.- Endémique -Le kala-azar s’étend à des zones du Kenya jusqu’ici épargnées et y devient endémique, sous l’effet notamment du réchauffement climatique.D’après le ministère kényan de la Santé, 3.577 cas de kala-azar ont été recensés dans le pays en 2025, plus du double de l’année précédente (1.575 malades). Jusqu’à six millions de personnes y sont exposées au Kenya, estiment les autorités kényanes.”Le changement climatique étend l’aire de répartition des phlébotomes (les moucherons transportant la maladie, NDLR) et accroît le risque de flambées dans de nouvelles zones”, s’inquiète à Nairobi le Dr Cherinet Adera, chercheur à l’Initiative Médicaments pour les maladies négligées, une ONG.De nombreuses infections parmi des ouvriers d’une carrière à Mandera l’an dernier ont conduit les autorités à restreindre les déplacements au crépuscule et à l’aube, lorsque les phlébotomes sont les plus actifs.Au moins deux de ces ouvriers ont péri, selon leurs collègues.Mais les autorités kényanes ne sont pas en mesure de dire combien de personnes exactement ont perdu la vie durant cet épisode infectieux, car la plupart des ouvriers n’était pas originaires de la zone. Beaucoup sont rentrés chez eux pour se faire soigner et vraisemblablement trépasser.”Nous ne connaissions pas cette étrange maladie qui faisait mourir nos collègues”, témoigne Evans Omondi, 34 ans, venu de l’ouest du Kenya, à des centaines de kilomètres de Mandera, pour travailler dans la carrière.- “Peur” -“Nous avions très peur”, confie Peter Otieno, un autre ouvrier originaire de l’ouest du Kenya, qui se souvient comment ses collègues infectés dépérissaient jour après jour.Treize pays — dont six en Afrique — concentrent 95 % des cas de kala-azar. En 2023, les pays d’Afrique les plus touchés ont adopté à Nairobi un cadre visant à éliminer la maladie d’ici 2030.Mais “très peu d’établissements” au Kenya “ont les capacités de diagnostiquer et traiter la maladie”, observe l’AFP le Dr Paul Kibati, de l’ONG médicale Amref.Les agents de santé doivent en outre être formés au kala-azar, poursuit-il, car les erreurs de diagnostic et de traitement peuvent être graves, comme l’atteste l’exemple de Harada Hussein Abdirahman, voire fatales.Dernier problème, de taille: un malade peut passer jusqu’à 30 jours à l’hôpital avant guérison, pour une facture pouvant atteindre 100.000 shillings kényans (environ 650 euros) hors médicaments. Une somme inaccessible pour bon nombre d’habitants de Mandera.Le kala-azar, dont les dommages sont aggravés par la malnutrition et l’affaiblissement du système immunitaire, “touche surtout les plus pauvres”, estime le Dr Kibati.Le phlébotome se réfugie dans les fissures des maisons en terre mal crépies, les termitières et les crevasses du sol. L’insecte se multiplie pendant la saison des pluies après une sécheresse prolongée.Or le nord-est du Kenya, ainsi que des régions voisines d’Ethiopie et de Somalie, ont connu ces derniers mois une sécheresse dévastatrice.Le pire semble donc à venir. “Nous nous attendons à davantage de cas lorsque les pluies commenceront”, soupire Paul Kibati.

Patriots, Seahawks et Bad Bunny pour un Super Bowl politique et à grand spectacle

Grand rendez-vous annuel du sport-spectacle, le Super Bowl oppose dimanche à Santa Clara les équipes de football-américain New England Patriots aux Seattle Seahawks dans un climat politique d’autant plus tendu par le choix de Bad Bunny pour le concert de la mi-temps.Plus de 120 millions d’Américains sont attendus devant leur écran pour la finale de la toute-puissante ligue NFL, qui a fâché Donald Trump en optant pour la méga-vedette portoricaine Bad Bunny, dénonciateur de la violente politique anti-immigration du président, pour animer un show au moins aussi apprécié que le match.Les Seahawks sont considérés comme légèrement favoris grâce à leur défense. Les Patriots visent eux un 7e titre record mais n’étaient pas espérés à ce niveau après plusieurs saisons moribondes consécutives au départ en 2019 du “GOAT” (meilleur joueur de tous les temps) Tom Brady.Le coup d’envoi sera donné à 15h30 heure locale (23H30 GMT) dans le Levi’s Stadium de Santa Clara (Californie), au sud-est de San Francisco. Tous les regards se porteront ensuite sur Bad Bunny pour le traditionnel show de la mi-temps.- Tous les regards sur Bad Bunny -Star mondiale avec son reggaeton matiné de trap latine, le Portoricain critique avec véhémence la politique migratoire répressive de Donald Trump, qui a été en retour irrité du choix de la NFL. Le dirigeant républicain, qui avait été le premier président de l’histoire à assister à un Super Bowl l’an passé à La Nouvelle-Orléans, sera absent de l’évènement, dénonçant un “horrible choix”.Rejoint par le groupe de rock Green Day, également contempteur de Trump, Bad Bunny devrait être le premier artiste à chanter exclusivement en espagnol pendant ce grand spectacle annuel.Le chanteur avait appelé le 1er février à mettre “ICE dehors” (“ICE out”) lors de son triomphe à la cérémonie des Grammy Awards, récompenses de la musique américaine.Les pratiques de la police fédérale de l’immigration sont dénoncées, d’autant plus depuis début janvier, lorsque ses agents ont abattu Renee Good, une mère de famille de 37 ans, à Minneapolis. D’autres agents fédéraux ont tué fin janvier Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans, dans la même ville du Minnesota, en marge des manifestations contre ICE.Face à cette actualité tragique, Bad Bunny a promis cette semaine “une énorme fête”, les spectateurs n’ayant selon lui “qu’à se soucier de danser” lors d’un show au contenu gardé secret. Profitera-t-il aussi de cette scène sans pareil pour délivrer un message politique?- Maye contre Darnold -Sur la pelouse, les Patriots tenteront de retrouver leur éclat du début du siècle, lorsque “l’Empire du Mal” avait été sacré à six reprises entre 2002 et 2019.Les Patriots étaient pourtant l’une des moins bonnes équipes de la ligue les deux saisons précédentes, avec huit succès au total en deux ans. La transformation a eu lieu après la nomination en mars 2025 de Mike Vrabel, coach âgé de 50 ans et ancien coéquipier de Tom Brady.En cas de succès, ils deviendraient la première franchise à sept titres, devant les Pittsburgh Steelers (6).La franchise du Massachusetts a trouvé une nouvelle pépite au poste de quarterback, avec Drake Maye, qui postule à 23 ans pour devenir le plus jeune joueur de l’histoire titulaire à ce poste-clef à soulever le trophée Vince-Lombardi.Maye, ses passes longues et ses qualités de franchisseur ballon en main, devra se défaire de la féroce défense des Seahawks, la plus efficace contre les “QBs” adverses.L’équipe de l’Etat de Washington comptera sur son propre manieur de ballon, Sam Darnold (28 ans), anonyme passé sans succès par quatre franchises avant de trouver la lumière dans le nord-ouest du pays cette saison.Seattle ne compte qu’un seul trophée à son palmarès, en 2014, un an avant une dernière apparition lors du Super Bowl pour une défaite contre les Patriots, déjà.”Nous sommes en super forme. Les gars sont dans un bon état d’esprit”, a déclaré l’entraîneur de l’équipe de Seattle Mike Macdonald samedi après l’entraînement.Pour obtenir leur revanche, Sam Darnold devra prouver sa valeur lors d’un match à grand enjeu. “C’est un gars qui ne lâche jamais et un compétiteur, un vainqueur”, a assuré Mike Macdonald à l’AFP.

La tempête Marta a touché la péninsule ibérique, un pompier tué au Portugal

La péninsule ibérique a été balayée samedi par la tempête Marta, avec de fortes pluies et des vents violents notamment en Andalousie, dans le sud de l’Espagne, et au Portugal, où un pompier volontaire est mort en opération dans une rivière, avant une accalmie attendue dimanche.Ce nouvel épisode dantesque est survenu après le passage en milieu de semaine de la dépression Leonardo dans la région, ayant fait deux morts en Espagne et un autre au Portugal, pays qui enchaîne depuis janvier les phénomènes climatiques “exceptionnellement violents”, selon les mots samedi du Premier ministre portugais, Luis Montenegro.La péninsule ibérique est en première ligne du dérèglement climatique en Europe et subit des vagues de chaleur de plus en plus longues et des épisodes de fortes pluies de plus en plus fréquents et intenses.En Espagne, c’est à nouveau dans la région d’Andalousie que les fortes pluies et les rafales se sont concentrées samedi, selon l’agence météorologique nationale, l’Aemet. Le nord-ouest, mais aussi la capitale Madrid, ont également subi des pluies intenses.”Nous n’avons jamais vu une telle série de tempêtes”, a affirmé le président andalou, Juan Manuel Moreno, lors d’un point presse.Des dizaines de routes restaient coupées dans la soirée et le trafic ferroviaire demeurait largement suspendu. Au total, “plus de 11.000 personnes” ont été évacuées ces derniers jours de leur domicile dans les zones affectées.En accumulant les dégâts matériels causés dans la région par les dépressions Leonardo et Marta, “l’impact économique sera de plusieurs millions d’euros”, a prévenu Juan Manuel Moreno, avec “le secteur agricole durement touché” et plus de 500 millions d’euros de travaux de réparation sur les axes routiers.- “Inquiets” -Face à cette situation “inédite”, la région “va demander” l’aide de l’Etat espagnol et du Fonds de solidarité de l’UE, utilisé en cas de catastrophes naturelles majeures, a-t-il ajouté.Dans la matinée, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait de son côté tenu à Madrid une réunion de suivi des intempéries, au lendemain d’un déplacement dans les zones touchées en Andalousie, où il s’était dit “bouleversé”.A Cordoue, le célèbre pont romain qui enjambe le fleuve Guadalquivir, situé près de la mosquée-cathédrale, a été interdit à la circulation. Une aire de jeux pour enfants était complètement sous les eaux, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.”Nous sommes inquiets”, a reconnu Hilario Díaz, un chauffeur local de 41 ans.Le président régional Juan Manuel Moreno a cependant précisé que le niveau des eaux du Guadalquivir avait légèrement baissé, selon le dernier relevé disponible.Evacués de Grazalema, l’une des communes andalouses les plus touchées, certains habitants ont été, pour leur part, accueillis dans un grand gymnase de la ville de Ronda, à 130 km au sud de Cordoue.”Hier, on m’a dit que ça allait durer longtemps”, avant un retour à son domicile, a dit sur place à l’AFP Jesus Ramirez, 37 ans: “Ce ne sera pas une semaine ou deux, ça pourrait être plus”.- Accalmie attendue dimanche -Egalement touché par la dépression Marta, le Portugal voisin enchaîne depuis plusieurs semaines des épisodes climatiques intenses, “une année particulièrement atypique”, a reconnu samedi le Premier ministre Luis Montenegro.Première victime officiellement recensée, un pompier est mort “lors d’une opération de patrouille”, aux abords d’une rivière dans le centre du pays, a annoncé la protection civile dans un communiqué.Selon des médias locaux, ce pompier de 46 ans aurait été emporté par les eaux en essayant de traverser une zone inondée. Dans la foulée, le ministère de l’Intérieur a exprimé ses condoléances, en précisant que la victime était un gendarme qui profitait d’une journée de repos pour servir en tant que pompier volontaire. Ailleurs au Portugal, des glissements de terrain ont été rapportés par la protection civile, sans faire, là, de victimes connues.D’après les météorologues, la dépression Marta va commencer à s’éloigner du pays, à quelques heures du début du second tour de l’élection présidentielle, organisé dimanche. Une accalmie est également attendue en Espagne, où seules quelques provinces devraient demeurer dimanche en vigilance orange, avant un retour à la normale prévue lundi.Les violentes intempéries successives dans la zone ont également touché le Maroc, où 150.000 personnes ont été évacuées ces derniers jours dans le nord-ouest du pays, face aux intempéries.

Le Pakistan enterre les victimes de l’attentat meurtrier contre une mosquée

Beaucoup pleurent, d’autres se serrent dans les bras: près de la mosquée chiite d’Islamabad frappée par un attentat-suicide revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique, des milliers de personnes se sont rassemblées samedi pour dire adieu à une partie des 31 morts.Sur les toits, des tireurs d’élite des forces pakistanaises assurent la sécurité, en plus de l’important dispositif policier au sol, ont constaté des journalistes de l’AFP.Des arrestations ont eu lieu dans l’entourage proche de l’homme suspecté d’être l’auteur de cette attaque, a par ailleurs indiqué à l’AFP une source sécuritaire s’exprimant sous couvert d’anonymat. L’auteur présumé était originaire de Peshawar, selon un haut responsable policier dans cette région du nord-ouest.L’EI, groupe jihadiste sunnite, a revendiqué l’attentat contre la mosquée chiite Imam Bargah Qasr-e-Khadijatul Kubra, en périphérie d’Islamabad. Au moins 31 personnes ont été tuées et 169 blessées, selon la municipalité. La capitale pakistanaise n’avait pas connu pareil carnage depuis 2008, lorsque 60 personnes avaient été tuées dans un attentat-suicide au camion piégé contre le luxueux hôtel Marriott.”L’assaillant a été bloqué à l’entrée (de la mosquée) et s’est fait exploser”, avait indiqué vendredi à l’AFP une source sécuritaire ayant requis l’anonymat.Un fidèle, Imran Mahmood, a déclaré à l’AFP qu’un “volontaire assurant la sécurité de la mosquée avait tiré sur l’assaillant quand ce dernier tentait d’avancer vers l’intérieur”. Mais le kamikaze a malgré tout réussi à faire détoner ses explosifs près du portail de la mosquée, tandis qu’un homme qui l’accompagnait tirait sur les volontaires assurant la sécurité du lieu de culte, a-t-il ajouté.- Arrestations -Le frère du suspect a été arrêté à Peshawar (nord-ouest) et sa mère à Islamabad, a indiqué une source sécuritaire. Un complice de l’attaque a lui été tué à Nowshera (nord-ouest), a-t-elle ajouté.”Ceux qui ont commis cela doivent être jugés et recevoir la punition la plus sévère possible”, a estimé Bushra Rahmani, le frère d’une des personnes blessées, présente à l’une des cérémonies de funérailles.”Ce qui s’est passé est inhumain. Quelle que soit la confession des personnes, attaquer des gens en train de prier est absolument inacceptable”, déplore de son côté Syed Jamil Hussain Shah, un habitant d’Islamabad venu témoigner de sa solidarité avec la communauté chiite.Le Pakistan est un pays à majorité sunnite, mais les chiites représentent de 10 à 15% de la population et ont été attaqués dans le passé par des groupes jihadistes.Comme certains des fidèles de la mosquée, il critique “un échec du gouvernement”.”Quand un pays a des autorités, des institutions, les gens devraient se sentir en scéurité”, ajoute-t-il.Muhammad Kazim, 52 ans, qui se trouvait dans la mosquée visée par l’attentat, s’en est sorti indemne mais un de ses amis a été blessé. “L’explosion a été extrêmement puissante”, a-t-il dit à l’AFP vendredi. “Des débris sont tombés du toit, les fenêtres ont volé en éclats (…). Quand je suis sorti, il y avait de nombreux corps partout”.- Insurrections -Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré, selon son porte-parole, que “les attaques contre les civils et les lieux de culte (étaient) inacceptables”. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a affirmait que les auteurs seraient retrouvés et jugés.Le Pakistan lutte actuellement contre l’intensification des insurrections dans les provinces du sud et du nord du pays, à la frontière avec l’Afghanistan.La dernière attaque majeure en date à Islamabad avait eu lieu en novembre, lorsqu’un attentat-suicide devant un tribunal avait coûté la vie à 12 personnes et fait des dizaines de blessés. C’était le premier événement de ce type à frapper la capitale depuis près de trois ans.Les forces pakistanaises sont également sous pression dans le Baloutchistan, province frontalière de l’Iran et de l’Afghanistan, riche en minerai mais où une grande partie de la population vit dans la pauvreté. Des attaques revendiquées par des séparatistes y ont tué 36 civils et 22 membres des forces de sécurité la semaine dernière. A la suite de ces attaques, les forces de sécurité ont tué près de 200 insurgés, selon les autorités.

Pakistan: plus d’une centaine de morts dans une série d’attaques au Baloutchistan

Plus d’une centaine de personnes, dont 92 assaillants, 18 civils et 15 membres des forces de sécurité, ont péri samedi dans le sud-ouest du Pakistan lors d’une série d’attaques “coordonnées” revendiquées par les séparatistes de la province du Baloutchistan, selon l’armée.Le Pakistan fait face depuis des décennies à une insurrection séparatiste au Baloutchistan. Les attaques …

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L’Iran dit vouloir éviter la guerre et privilégier la diplomatie

Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé samedi soir qu’une guerre n’était dans l’intérêt ni de l’Iran ni des Etats-Unis, disant vouloir privilégier la diplomatie.”La République islamique d’Iran n’a jamais recherché et ne recherche en aucun cas la guerre, et elle est profondément convaincue qu’une guerre ne serait dans l’intérêt ni de l’Iran, ni des …

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