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En pleine guerre, la révolte de deux femmes tchétchènes

Assil et Aïchat ont désobéi. Elles ont fui leurs familles et la région russe de Tchétchénie, où les violences se sont multipliées depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Aujourd’hui, seule l’une d’elles est encore en vie.Certains de leurs proches les frappaient, les insultaient, les humiliaient, ont raconté ces deux femmes. Et quand elles résistaient, on leur disait qu’elles étaient possédées par le diable.”Chez nous, le +sheitan+ (démon en arabe) est la raison à tout”, ironise Assil. Son vrai nom et des détails de son histoire sont tus pour éviter qu’on ne la retrouve.Elle parle à l’AFP de la Tchétchénie en guerre, une république du Caucase d’un million et demi d’habitants où les accès de la presse internationale sont fortement limités et l’omerta, du fait d’intenses persécutions, est la règle. Cet automne, dans un entretien accordé à un moment où sa situation était périlleuse, Assil avait la “peur animale” d’être tuée comme Aïchat.- “Moeurs russes” -Aïchat Baïmouradova, 23 ans, a été retrouvée morte en octobre 2025 dans des circonstances troubles, dans un appartement à Erevan, la capitale de l’Arménie. La police enquête pour meurtre et recherche deux suspects.Avant de mourir, Aïchat avait dénoncé l’ultra-conservatisme en vigueur en Tchétchénie, dont le dirigeant Ramzan Kadyrov impose un islam radical laissant peu de droits aux femmes.Aïchat avait subi des sévices pendant des années. Selon l’un de ses amis interviewé sous couvert d’anonymat par l’AFP, elle disait avoir été violée, enfant, par son père et son grand-père, puis par son mari, qu’elle avait épousé très jeune et avec lequel elle a eu un fils.L’organisation CK SOS, qui l’avait aidée à quitter la Tchétchénie, a diffusé huit messages audio dans lesquels  elle raconte que son époux – qui l’accusait d’avoir le “sheitan” – la battait et la traitait de “pute” car elle refusait de se plier à son diktat.”Je lui ai dit : pourquoi t’es-tu marié à une femme si tu les détestes. Marie-toi à un homme et divorce”, murmurait Aïchat, d’une voix sombre, dans l’un de ces enregistrements.Après s’être enfuie, début 2025, elle ne voulait plus se taire et se cacher.Sur les réseaux sociaux, elle avait commencé à se montrer, bras musclés, au cours de séances de sport. Elle avait opté pour un style androgyne et ses cheveux, coupés court, étaient teints en roux.Cette attitude lui avait valu les menaces de Tchétchènes soutenant Ramzan Kadyrov qui lui reprochaient de s’être “russifiée” en abandonnant les vêtements couvrants et le comportement imposés aux femmes en Tchétchénie.”(Ils) me jugent pour mes supposées moeurs russes mais ils lèchent le cul de la Russie en la soutenant dans sa guerre contre l’Ukraine”, rétorquait Aïchat Baïmouradova, en septembre, sur Telegram.Le pouvoir tchétchène soutient ardemment l’invasion de l’Ukraine. Ramzan Kadyrov dit y avoir envoyé des milliers de combattants. Selon lui, ses soldats accomplissent leur “devoir sacré”. Il leur a promis d’énormes salaires.- Violences exacerbées -Ce dirigeant perpétue un pacte scellé avec Vladimir Poutine après les deux guerres des années 1990 et 2000, à l’issue desquelles Moscou a vaincu une rébellion indépendantiste tchétchène dont une importante frange était devenue jihadiste.Ces conflits ont fait des dizaines de milliers de morts et des villes tchétchènes, dont Grozny, la capitale, ont été rasées par l’armée russe.En échange de son soutien au Kremlin, Ramzan Kadyrov jouit d’un pouvoir total en Tchétchénie, où il est accusé de répressions impitoyables.Selon l’organisation russe Mémorial, des Tchétchènes ont été contraints “en large nombre” de combattre en Ukraine. Pour certains, c’était soit le paiement d’une grosse rançon, soit la prison et les représailles, soit le front.Ramzan Kadyrov dément toute violation et a assuré, en 2025, que la protection des droits était une “priorité”.Le directeur de l’organisation CK SOS, David Isteev, constate, parallèlement, “une forte hausse” du nombre des violences en Tchétchénie liées au retour de combattants traumatisés et observe que la région reste minée par la pauvreté et la corruption.D’après lui, le renforcement des persécutions depuis 2022, l’impossibilité de travailler sur place et l’opacité judiciaire y rendent très difficile l’aide aux victimes. L’approche plus restrictive de l’UE à l’égard des citoyens russes complique aussi la fuite vers l’Europe d’individus en danger, dit-il.Ces quinze dernières années, son ONG et d’autres groupes ont réussi à confirmer dans le Caucase russe, principalement en Tchétchénie, plus de 70 “crimes d’honneur” : quand une personne accusée d’infamie (une femme, la plupart du temps) est tuée par sa famille, parfois sous la pression des autorités.Assil, la fugitive dont l’AFP a recueilli le témoignage, a ressenti en Tchétchénie un climat de peur exacerbé par la guerre et le risque d’être “dénoncée” pour tout mot de travers sur l’Ukraine.Selon elle, de “nombreuses histoires” circulent sur des chauffeurs de taxi qui cherchent à piéger leurs passagers en les poussant à critiquer le conflit, avant de transmettre leurs noms au pouvoir.”Ça suffit pour être arrêté et torturé”, soupire Assil, qui dit avoir été personnellement interrogée avec insistance sur l’Ukraine par un chauffeur de taxi.Signe que la population n’applaudit pas unanimement les autorités, elle confie que son père a jugé en privé “injuste” l’invasion car il a lui-même souffert des guerres du Kremlin en Tchétchénie.- “Qu’ils crèvent !” –Assil a traversé des épreuves, eu beaucoup de chance et trouvé refuge en Europe. L’AFP la rencontre, fin décembre, dans une ville célèbre pour sa beauté. Pendant cinq longues minutes, elle reste plantée, silencieuse, devant un imposant monument historique. “Je ne pensais pas que ça me toucherait autant”, glisse-t-elle après avoir réalisé une ribambelle de selfies.Assil a toujours peur d’être repérée par la diaspora tchétchène, dont une partie soutient Ramzan Kadyrov. Elle dissimule aux inconnus ses origines, ne publie rien sur internet et a adopté une coiffure à l’occidentale pour se “fondre dans la masse”. “C’est aussi un geste de révolte car, chez moi, j’avais interdiction de me couper les cheveux”, souligne-t-elle. Devant une tasse de thé, elle évoque Aïchat, qu’elle n’avait jamais rencontrée. Pour Assil, c’était une personne “forte, franche” qui avait transformé une “immense douleur” en rébellion. “Elle avait une flamme en elle et ceux qui l’ont éteinte, eh bien, qu’ils crèvent, ces monstres ! Qu’ils crèvent !”, lâche Assil, tapant soudain sur la table.Elle refuse néanmoins de condamner toute sa culture, connaît de “bonnes familles tchétchènes” et espère que sa communauté donnera un jour – peut-être après la guerre et le règne de Ramzan Kadyrov – plus de libertés aux femmes.Pour l’heure, Assil se réjouit d’avoir une chambre où elle ne craint plus d’être frappée. “Ma vie et mon temps m’appartiennent”. Plus tard, elle veut étudier et, pour “libérer” d’autres choses en elle, aimerait apprendre à jouer de la musique.

Minneapolis: un conseiller de Trump suggère des manquements de la part des policiers fédéraux

Un conseiller du président américain, Donald Trump, a évoqué pour la première fois mardi de possibles manquements au “protocole” de la part des policiers fédéraux de l’immigration lors de la mort par balles d’un infirmier de 37 ans, Alex Pretti, pendant des protestations à Minneapolis.Le changement de ton de Sephen Miller, très influent et radical conseiller de Donald Trump, intervient alors que le président a annoncé sa volonté de “désescalade” de l’opération anti-immigration dans cette ville du nord des Etats-Unis, à cran depuis la mort de deux manifestants depuis début janvier.Nouvel épisode de ces tensions: l’agression mardi soir de la députée démocrate d’origine somalienne, Ilhan Omar, figure de la gauche américaine, lors d’une réunion publique à Minneapolis. Un individu s’est précipité vers l’élue en brandissant une seringue, remplie d’un liquide nauséabond non identifié, avant d’être maîtrisé par le service d’ordre.Indemne, Mme Ilhan, une des cibles favorites des attaques verbales de Donald Trump contre les démocrates, a poursuivi son discours.”Nous devons une fois pour toutes abolir” la police de l’immigration et la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem “doit démissionner”, a-t-elle dit.La gauche américaine s’oppose au vaste déploiement à Minneapolis d’agents fédéraux venus arrêter des sans-papiers en grand nombre pour honorer la promesse de Donald Trump de multiplier les expulsions.- “Assassin en puissance” -La mort samedi d’Alex Pretti a exacerbé les tensions, et l’administration Trump a depuis changé de ton.S’agissant de la mort d’Alex Pretti, “nous examinons pourquoi l’équipe de la police de protection des frontières (CBP) pourrait ne pas avoir suivi le protocole”, a déclaré mardi Stephen Miller. Un net changement de posture de la part du chef de cabinet adjoint de M. Trump qui, ce weekend, avait très vite pris la défense des agents de la police aux frontières qui ont abattu l’infirmier de 37 ans, en le traitant d'”assassin en puissance.”La Maison Blanche a déclaré par la suite que M. Miller faisait référence à des “directives générales” destinées aux agents d’immigration opérant dans l’Etat, plutôt qu’à l’incident spécifique au cours duquel Pretti a été tué.Elle a ajouté que les responsables “examineraient pourquoi des moyens supplémentaires de protection des forces n’étaient pas présents pour soutenir l’opération” visant à expulser les sans papiers du Minnesota.Des vidéos analysées par l’AFP et d’autres médias mettent à mal la thèse de certains membres du gouvernement  gouvernement selon laquelle M. Pretti, qui portait légalement une arme, constituait une menace pour les forces de l’ordre.- “Il a un flingue!” -Ce sont deux policiers qui ont tiré sur la victime, cinq secondes après qu’un agent a lancé “il a un flingue!”, affirme un rapport préliminaire du ministère de la Sécurité intérieure transmis au Congrès et rapporté mardi par plusieurs médias américains.Il est “dingue que des personnes tentent de faire comme si assassiner des civils était quelque chose d’acceptable”, a réagi le basketteur français Victor Wembanyama, star de la NBA.C’est désormais Tom Homan, émissaire de Donald Trump, qui est aux manettes de l’opération anti-migrants. Il a rencontré mardi des responsables locaux démocrates, vivement critiques des opérations d’expulsion.”Même si nous ne sommes pas d’accord sur tout, ces réunions constituent un point de départ productif”, a-t-il déclaré sur la plateforme X.Bien qu’il ait lâché du lest face à des critiques nourries, y compris dans son camp, Donald Trump n’entend pas revoir sa politique en matière d’immigration. Il a indiqué que sa ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, restait en place.Dans la principale procédure judiciaire contre l’action des agences fédérales dans le Minnesota, une juge a promis lundi une décision rapide concernant la demande du procureur général de l’Etat d’y suspendre l’opération.La justice a aussi bloqué, tant qu’ils contestent leur détention, l’expulsion hors des Etats-Unis de Liam Conejo Ramos, 5 ans, et de son père d’origine équatorienne, arrêtés la semaine dernière. Une photo montrant le garçonnet apeuré, coiffé d’un bonnet bleu aux oreilles de lapin, le sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir, est devenue virale.Un agent fédéral a par ailleurs été refoulé alors qu’il tentait de pénétrer dans le consulat d’Equateur à Minneapolis, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères du pays dont le président, Daniel Noboa est allié de Donald Trump.

Minneapolis: Trump joue l’apaisement, une élue démocrate prise pour cible

L’élue démocrate Ilhan Omar, figure de la gauche américaine, a été visée mardi soir par un jet de liquide lors d’une réunion publique à Minneapolis, signe d’une ville toujours à cran malgré les promesses de désescalade de Donald Trump.Trois jours après la mort d’Alex Pretti, tué par des policiers fédéraux de l’immigration, le conseiller du président américain Stephen Miller a par ailleurs pour la première fois reconnu un possible manquement au “protocole” des agents impliqués lors du drame.Le changement de ton de ce très influent et radical conseiller de Donald Trump intervient quelques heures après que Donald Trump a annoncé une “petite désescalade” de l’opération anti-immigration ayant conduit à la mort de deux manifestants depuis début janvier.Mais, lors d’une réunion publique de l’élue démocrate Ilhan Omar mardi soir, un homme s’est avancé vers son pupitre et a projeté à l’aide d’une seringue un liquide non identifié en sa direction, avant d’être interpellé par un agent de sécurité, ont constaté des journalistes de l’AFP.Ilhan Omar, dans le viseur de Donald Trump depuis longtemps, a poursuivi son discours, tandis que l’homme a été placé en détention, selon ses services, qui assurent que l’élue “va bien.””Nous devons une fois pour toutes abolir” la police de l’immigration, et la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem “doit démissionner”, lançait-elle auparavant.- “Protocole” -La gauche américaine s’oppose au vaste déploiement, dans cette grande ville du nord du pays, d’agents fédéraux de l’immigration venus arrêter des sans-papiers en grand nombre pour honorer la promesse centrale de Donald Trump de multiplier les expulsions.”Ce ne sont pas les bonnes personnes pour ce job. Il faut envoyer des gens (…) qui savent le faire sans faire de mal à notre communauté”, a déclaré à l’AFP Brian Furgen, vétéran de l’armée âgé de 55 ans.La mort samedi d’Alex Pretti a exacerbé les tensions durant le week-end, et l’administration Trump a depuis changé de ton.C’est désormais Tom Homan, envoyé de Donald Trump, qui est aux manettes de l’opération.Il a rencontré mardi des responsables locaux démocrates, vivement critiques des opérations d’expulsion. “Même si nous ne sommes pas d’accord sur tout, ces réunions constituent un point de départ productif”, a-t-il déclaré sur X.S’agissant de la mort d’Alex Pretti, “nous examinons pourquoi l’équipe de la police de protection des frontières (CBP) pourrait ne pas avoir suivi le protocole”, a déclaré mardi Stephen Miller. Un net changement de posture pour cet influent conseiller du président, qui, ce week-end, avait très vite pris la défense des agents de la police aux frontières qui ont abattu cet infirmier de 37 ans, en le traitant d'”assassin en puissance.”- “Enquête honorable” -Des vidéos analysées par l’AFP et d’autres médias mettent à mal la thèse de certains membres de son gouvernement selon laquelle M. Pretti, qui portait légalement une arme, constituait une menace pour les forces de l’ordre.Ce sont deux policiers qui ont tiré sur la victime, cinq secondes après qu’un agent a lancé “il a un flingue!”, affirme un rapport préliminaire du ministère de la Sécurité intérieure transmis au Congrès et rapporté mardi par plusieurs médias américains.Il est “dingue que des personnes tentent de faire comme si assassiner des civils était quelque chose d’acceptable”, a réagi le basketteur français Victor Wembanyama, star de la NBA.Bien qu’il ait lâché du lest face à des critiques nourries, y compris dans son camp, Donald Trump n’entend pas revoir sa politique en matière d’immigration. Il a indiqué que sa ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem restait en place.Dans la principale procédure judiciaire contre l’action des agences fédérales dans le Minnesota, une juge a promis lundi une décision rapide concernant la demande du procureur général de l’Etat d’y suspendre l’opération.La justice a aussi bloqué, tant qu’ils contestent leur détention, l’expulsion hors des Etats-Unis de Liam Conejo Ramos, 5 ans, et de son père d’origine équatorienne, arrêtés la semaine dernière. Une photo montrant le garçonnet apeuré, coiffé d’un bonnet bleu aux oreilles de lapin, le sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir, est devenue virale.Un agent fédéral a par ailleurs été refoulé alors qu’il tentait de pénétrer dans le consulat d’Équateur à Minneapolis, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères du pays dont le président Daniel Noboa est allié de Donald Trump.

Kim annonce que la Corée du Nord dévoilera bientôt ses futurs plans de dissuasion nucléaire

La Corée du Nord a annoncé mercredi qu’elle dévoilerait “la prochaine étape” de ses plans de dissuasion nucléaire lors du congrès du parti au pouvoir attendu en ce début d’année, au moment où les craintes d’un renversement du régime se renforcent à Pyongyang.Le pays reclus accuse depuis des décennies les Etats-Unis de vouloir faire tomber …

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Trump affirme que l’Iran veut négocier, après l’arrivée d’une “armada” dans le Golfe

Donald Trump a affirmé mardi que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en laissant planer la menace d’une action militaire contre le pays avec le déploiement d’une force navale américaine dans le Golfe. Dans le même temps, les arrestations continuent mardi en Iran, après les manifestations ayant défié la République islamique début janvier. Au moins …

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Minuit plus proche que jamais pour l’horloge de l’apocalypse

L’horloge de l’apocalypse, qui symbolise depuis 1947 l’imminence d’un cataclysme planétaire, s’est rapprochée mardi plus que jamais de minuit, alors que les inquiétudes grandissent concernant les armes nucléaires, le changement climatique et la désinformation.Le Bulletin of the Atomic Scientists l’a réglée à 85 secondes avant minuit, soit quatre secondes de moins qu’il y a un …

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