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Bangladesh: l’heure du verdict pour l’ex-Première ministre Sheikh Hasina

La justice du Bangladesh rend lundi son verdict à l’encontre de l’ex-Première ministre en exil Sheikh Hasina, 78 ans, qui risque la peine de mort pour avoir ordonné la répression meurtrière des manifestations qui ont causé sa chute pendant l’été 2024.En Inde depuis sa fuite en hélicoptère, la “bégum de fer” est jugée en son absence depuis juin par un tribunal de Dacca pour cinq chefs d’accusation relevant des crimes contre l’humanité.En juillet et août 2024, les manifestations antigouvernementales qui l’ont contrainte à quitter le pays après quinze ans de règne ont fait au moins 1.400 morts, selon l’ONU, pour la plupart des civils.Le tribunal doit se prononcer sur sa culpabilité et pourrait, dans la foulée, annoncer la peine infligée à Mme Hasina.    Dans un pays sous fortes tensions politiques déjà tourné vers les élections législatives prévues dans trois mois, sa décision est très attendue.La police de la capitale a été placée en alerte et déployée en nombre pour procéder à des contrôles dans toute la ville, a déclaré son porte-parole, Talebur Rahman.”Nous espérons que le tribunal exercera prudence et sagesse, que justice sera faite et que cette décision marquera la fin des crimes contre l’humanité et servira d’exemple”, a souhaité la semaine dernière le procureur en charge du dossier, Tajul Islam.Au terme des débats, le représentant de l’accusation avait réclamé le mois dernier, sans surprise, la condamnation de Sheikh Hasina à la peine capitale.”Pour un simple meurtre, la peine de mort est la règle. Pour 1.400 meurtres, elle la mérite 1.400 fois”, avait-il déclaré devant les juges. “Elle est une criminelle endurcie et n’a fait preuve d’aucun remord pour sa brutalité”.- “Procès politique” -Jusque-là silencieuse, Sheikh Hasina a pris la parole en octobre auprès de plusieurs médias étrangers, dont l’AFP, pour rejeter la “totalité” des charges à ses yeux “infondées” retenues contre elle.Les enregistrements produits par l’accusation suggérant qu’elle avait autorisé le recours aux “armes létales” contre la contestation ont été “sortis de leur contexte”, a jugé l’ex-Première ministre. “Un verdict de culpabilité est préétabli, malheureusement”, a-t-elle poursuivi, “il s’agit clairement d’une procédure à motivation politique”.Victorieuse des élections législatives, largement considérées comme frauduleuses début 2024, son parti, la Ligue Awami, a été interdit par le gouvernement provisoire du prix Nobel de la paix Muhammad Yunus.Dans l’opposition sous le règne de Mme Hasina, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) est considéré comme le grand favori du prochain scrutin.Interrogée par l’AFP sur un éventuel retour en politique, l’ex-Première ministre a botté en touche en assurant que sa “priorité est le bien-être et la stabilité” du pays.Le tribunal doit également se prononcer lundi sur la culpabilité de l’ancien ministre de l’Intérieur, Asaduzzaman Khan Kamal, lui aussi en fuite, et de l’ex-chef de la police, Chowdhury Abdullah Al Mamun, en détention et qui a plaidé coupable.Le parcours judiciaire de Sheikh Hasina ne se limite pas à ce procès. Elle fait également l’objet de multiples plaintes pour les multiples meurtres ou enlèvements dont l’ont accusé, tout au long de ses mandats, ses adversaires politiques et les ONG.Une commission d’enquête a récemment chiffré à plus de 250 le nombre de disparitions d’opposants ordonnées par son gouvernement.

Trump soutient finalement un vote à la Chambre sur la publication du dossier Epstein

Dans une volte-face, Donald Trump a déclaré dimanche qu’il soutenait un vote à la Chambre des représentants américaine pour la publication du dossier du délinquant sexuel Jeffrey Epstein.”Les républicains de la Chambre devraient voter pour publier le dossier Epstein, parce que nous n’avons rien à cacher et qu’il est temps de mettre ce canular démocrate …

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Trump soutient finalement un vote à la Chambre sur la publication du dossier Epstein

Dans une volte-face, Donald Trump a déclaré dimanche qu’il soutenait un vote à la Chambre des représentants américaine pour la publication du dossier du délinquant sexuel Jeffrey Epstein.”Les républicains de la Chambre devraient voter pour publier le dossier Epstein, parce que nous n’avons rien à cacher et qu’il est temps de mettre ce canular démocrate derrière nous”, a écrit sur sa plateforme Truth Social le président, qui était jusque-là opposé à l’idée.”Le ministère de la Justice a déjà rendu publiques des dizaines de milliers de pages sur +Epstein+, et s’intéresse à plusieurs agents démocrates” concernant leur “relation” avec celui-ci, a ajouté Donald Trump, citant “Bill Clinton, Reid Hoffman, Larry Summers, etc”.La Chambre des représentants doit examiner cette semaine une proposition de loi qui forcerait le ministère de la Justice à publier le reste du dossier du riche financier new-yorkais, mort en prison avant son procès.Donald Trump a été accusé de chercher à empêcher un vote pour dissimuler des éléments l’impliquant dans cette affaire, ce que l’intéressé a démenti.La position qu’il tenait avant son revirement a semé la division dans le camp républicain, habituellement loyal.Le milliardaire a pris ses distances avec de proches alliés issus de son mouvement “MAGA” (Make America Great Again), dont des parlementaires comme Marjorie Taylor Greene, à laquelle il a retiré ce week-end son soutien pour les élections de 2026.”Certains +membres+ du Parti républicain sont +utilisés+, et on ne peut pas laisser cela se produire”, a-t-il lancé.”La Commission de surveillance de la Chambre peut avoir tout ce à quoi elle a légalement droit, JE M’EN FICHE!”, a encore affirmé le président, qui avait promis pendant sa campagne des révélations fracassantes, puis tenté de clore le dossier une fois revenu au pouvoir.- Révélations d’emails -L’affaire a été relancée la semaine dernière par la publication de courriers électroniques de Jeffrey Epstein, que M. Trump a fréquenté quand ils étaient des figures de la jet-set new-yorkaise, avant de se brouiller avec lui.Avec sa complice Ghislaine Maxwell comme rabatteuse, M. Epstein faisait venir des mineures dans ses résidences notamment à New York et en Floride pour, sous le prétexte de massages, les agresser sexuellement.Il est mort en prison en 2019, par suicide selon les autorités. Ghislaine Maxwell purge, elle, une peine de 20 ans de prison pour exploitation sexuelle.Donald Trump “savait à propos des filles” agressées sexuellement et a même “passé plusieurs heures” avec l’une d’elles, affirment des emails de Jeffrey Epstein récemment dévoilés par des parlementaires démocrates.”Je ne sais rien de cela. (Sinon) cela aurait été dit il y a longtemps”, a assuré le président américain vendredi. “Jeffrey Epstein et moi avons entretenu de très mauvaises relations pendant de nombreuses années”, a-t-il ajouté.Dans ces courriers électroniques figurent aussi des échanges avec Larry Summers, qui a été conseiller économique de Barack Obama et a présidé la prestigieuse université Harvard.Bill Clinton a pour sa part fréquenté le financier new-yorkais dans les années 1990 et 2000.Après ces révélations, Donald Trump a réclamé une enquête fédérale contre M. Summers, l’ancien président Clinton et l’investisseur-entrepreneur Reid Hoffman, notamment.En juillet, le ministère de la Justice et la police fédérale (FBI) avaient pourtant annoncé qu’ils n’avaient “pas découvert de preuves sur lesquelles fonder une enquête contre des personnes jusqu’ici non poursuivies” dans l’affaire Epstein.Les deux institutions avaient aussi jugé qu’il ne serait “pas pertinent” de rendre public le “dossier Epstein”, suscitant l’incompréhension, voire la colère, de nombreux partisans “MAGA”.

Manifestations contre le pouvoir en République tchèque et en Slovaquie

Tchèques et Slovaques protestent contre leurs dirigeants lundi à l’occasion des commémorations de la Révolution de Velours, les accusant de trahir l’héritage de la transition vers la démocratie.Le 17 novembre 1989, les communistes tchécoslovaques avaient réprimé une marche pacifique dans le centre de Prague, déclenchant une riposte qui a renversé le régime affidé à Moscou, après quatre décennies de dictature.Cette révolution a restauré la démocratie en Tchécoslovaquie, qui s’est ensuite scindée en République tchèque et en Slovaquie quatre ans plus tard.Puis les deux pays ont intégré l’Union européenne (UE) en intégrant les acquis communautaires.Une partie de la population s’oppose au pouvoir actuel du milliardaire tchèque Andrej Babis et du prorusse slovaque Robert Fico. Elle les accuse de piétiner les valeurs de la transition.”Voulons-nous vraiment vivre dans un État où les politiciens sont au-dessus des lois?”, demande l’organisateur du rassemblement dans la capitale tchèque, Mikulas Minar.- “Pacte mafieux” -En 2019, son mouvement avait réuni 250.000 personnes contre M. Babis lors de son premier mandat, dans un pays qui compte 10,9 millions d’habitants.Mais Andrej Babis a remporté les élections une seconde fois en octobre et forme actuellement son gouvernement pour diriger le pays à nouveau. Cet admirateur du président américain, âgé de 71 ans, est allié au parti d’extrême droite SPD. Il a offert à son responsable, Tomio Okamura, poursuivi pour incitation à la haine, la présidence du parlement.Anciennement communiste, M. Babis est accusé de fraude aux subventions européennes. Mais il nie tout acte répréhensible, dénonçant une campagne de diffamation. Selon Mikulas Minar, ce nouveau gouvernement émerge donc sur un possible “pacte mafieux”, deux inculpés étant à présent en position de s’offrir mutuellement l’immunité contre la justice.- “Caste” -En Slovaquie, des manifestations contre Robert Fico se tiennent dans plusieurs localités, dont la capitale, Bratislava.Le Premier ministre “prend des mesures contraires à la démocratie qui nous ramènent avant 1989″, estime un autre organisateur, Marian Kulich. M. Fico, 61 ans, anciennement communiste lui aussi, exerce son quatrième mandat également grâce au soutien d’un parti d’extrême droite, le SNS.”Nos dirigeants appartiennent à la même caste de gens mal formés, qui s’échangent les postes”, déplore le retraité Slavomir Chorvat. Il avait “longtemps pensé en vain que ça changerait”.Sur le modèle de la Hongrie voisine, le nationaliste Robert Fico combat les ONG, remplace les élites culturelles et sape l’indépendance des médias.Il a aussi fait renouer la Slovaquie avec la Russie, malgré l’invasion russe de l’Ukraine, pays qu’il refuse de soutenir.

Zelensky à Paris en vue d’un “accord majeur” pour défendre le ciel ukrainien

Les présidents ukrainien et français Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron se retrouvent lundi à Paris pour discuter des besoins militaires de Kiev et de la coopération des industries de défense des deux pays, le dirigeant ukrainien évoquant un “accord majeur en préparation”.Il s’agit selon l’Elysée de “mettre l’excellence française en matière d’industrie d’armement au service de la défense de l’Ukraine” et de “permettre d’acquérir les systèmes qui lui sont nécessaires pour répondre à l’agression russe”.La présidence française a notamment évoqué “la défense du ciel ukrainien”, alors que Volodymyr Zelensky a renouvelé samedi son appel pour obtenir davantage de systèmes de défense aérienne, au lendemain de nouvelles frappes russes massives contre son pays.Le chef de l’Etat français et son homologue commenceront leur journée sur la base aérienne militaire de Villacoublay, au sud-ouest de la capitale.Le président ukrainien, qui a signé le mois dernier une lettre d’intention en vue d’acquérir 100 à 150 avions de chasse suédois Gripen, se verra présenter l’avion de combat français Rafale et son armement, ainsi que des systèmes de drones et le système de défense anti-aérienne SAMP-T de nouvelle génération.Celui-ci doit être livré à la France à partir de 2027 et dispose de capacités d’interception étendues contre les missiles par rapport au SAMP-T, dont un exemplaire est déployé en Ukraine.”Nous travaillons à la livraison de plusieurs systèmes de défense aérienne, au renforcement de notre aviation”, a annoncé vendredi dans une vidéo Volodymyr Zelensky, selon qui “un accord majeur est en préparation avec la France”.”Il va être finalisé très rapidement j’en suis sûr, ce sera historique”, a-t-il ajouté.- “Force multinationale” -Emmanuel Macron avait annoncé fin octobre la livraison “dans les prochains jours” de missiles antiaériens Aster tirés par le SAMP-T, et d’avions de chasse Mirage 2000 supplémentaires. Kiev a déjà reçu trois des six appareils promis.Les deux dirigeants participeront dans l’après-midi à l’Elysée à un “forum drones franco-ukrainien”.Il s’agit de “mise en contact” et de “renforcer les coopérations avec tous les acteurs de cet écosystème, que ce soit les acteurs industriels ou les acteurs financiers”, selon l’Elysée.Kiev entend utiliser cette année plus de 4,5 millions de drones, qui sont responsables de 70% des destructions de matériels ennemis sur le front. Le pays a développé pour cela un agile réseau de production. L’Ukraine utilise également des drones pour abattre les drones Shahed lancés chaque nuit contre elle.Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky se rendront par ailleurs au mont Valérien, à l’ouest de Paris, visiter l’état-major de la “force multinationale Ukraine” que Paris et Londres préparent pour qu’elle puisse être déployée dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu et des “garanties de sécurité” à fournir à Kiev.Mis en place par la “coalition de volontaires”, à laquelle participent, selon l’Elysée, 35 pays en incluant l’Ukraine, cet état-major “fonctionne” et est “dès à présent” capable “de déployer une force dès le lendemain d’un cessez-le-feu”, assure-t-on côté français.Cette coalition de pays, essentiellement européens, soutenant l’Ukraine s’est réunie la dernière fois à Londres le 24 octobre.Les garanties de sécurité envisagées pour l’Ukraine, échafaudées depuis des mois par cette coalition, comprennent un soutien à l’armée de Kiev et des volets terrestre, maritime et aérien. Mais leur mise en œuvre reste conditionnée à un très hypothétique arrêt des combats.Cette neuvième visite du dirigeant ukrainien en France depuis le début de l’invasion à grande échelle de son pays par la Russie en février 2022 intervient alors que l’Ukraine est ébranlée par un scandale de corruption ayant poussé deux ministres à la démission et forcé Volodymyr Zelensky à prendre des sanctions contre l’un de ses proches.”Sur les sujets de la corruption, il faut être extraordinairement vigilant. On l’est et on l’est en particulier dans ce processus d’adhésion à l’Union européenne” entamé par l’Ukraine, a rappelé samedi le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, sur la chaîne LCI.

Trump ne ferme pas la porte à des “discussions” avec Maduro

Le président américain Donald Trump a évoqué dimanche de possibles “discussions” avec son homologue vénézuélien Nicolas Maduro, dans un contexte de fortes tensions entre leurs pays.Le contexte régional s’est considérablement dégradé depuis le déploiement américain d’ampleur au large de l’Amérique latine, officiellement pour y mener une campagne militaire contre le trafic de drogue à destination …

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Trump ne ferme pas la porte à des “discussions” avec Maduro

Le président américain Donald Trump a évoqué dimanche de possibles “discussions” avec son homologue vénézuélien Nicolas Maduro, dans un contexte de fortes tensions entre leurs pays.Le contexte régional s’est considérablement dégradé depuis le déploiement américain d’ampleur au large de l’Amérique latine, officiellement pour y mener une campagne militaire contre le trafic de drogue à destination des Etats-Unis.”Nous pourrions avoir des discussions avec Maduro, et nous verrons comment cela se passe”, a néanmoins déclaré Donald Trump à la presse, à l’aéroport international de Palm Beach, en Floride.”Ils aimeraient discuter”, a ajouté le républicain, alors que la justice américaine offre une récompense de 50 millions de dollars pour la capture du dirigeant vénézuélien.Washington accuse ce dernier d’être à la tête du “Cartel des Soleils”, organisation dont des experts doutent de l’existence sous cette forme, décrivant plutôt un système de corruption profitant du crime organisé.Le secrétaire d’Etat Marco Rubio a toutefois annoncé dimanche que le “Cartel de los Soles” (le nom espagnol de ce réseau présumé) serait classé groupe terroriste étranger par les autorités américaines, le tenant responsable de “violences terroristes dans notre hémisphère et de trafic de drogue vers les Etats-Unis et l’Europe”.Le responsable a réitéré une affirmation américaine selon laquelle ce cartel serait dirigé par Nicolas Maduro et d’autres hauts fonctionnaires “qui ont corrompu l’armée, les services de renseignement, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire du Venezuela”.- Arrivée d’un porte-avions -Les forces de Washington mobilisées en mer des Caraïbes et dans le Pacifique mènent depuis septembre des frappes aériennes dans les eaux internationales, détruisant une vingtaine de navires présentés comme appartenant à des trafiquants de drogue, sans apporter de preuve. Au moins 83 personnes ont été tuées dans ces opérations qui ont fait grimper les tensions régionales, surtout avec le Venezuela.M. Rubio a affirmé que les Etats-Unis “continueront à utiliser tous les outils disponibles pour protéger leurs intérêts en matière de sécurité nationale et priver les narco-terroristes de financements et de ressources”, estimant que “ni Maduro ni ses acolytes ne représentent le gouvernement légitime du Venezuela”.Donald Trump, qui a autorisé des opérations clandestines de la CIA au Venezuela, a donné des indications contradictoires sur sa stratégie, évoquant par moments des frappes sur le sol vénézuélien et des jours comptés pour Nicolas Maduro à la présidence, mais écartant aussi l’idée d’une guerre.De son côté, Caracas accuse Washington de prendre prétexte de la lutte contre le narcotrafic pour “imposer un changement de régime” et tenter de s’emparer du pétrole vénézuélien.Dimanche, les Etats-Unis ont annoncé l’arrivée en mer des Caraïbes de leur porte-avions Gerald Ford, le plus grand du monde, renforçant nettement leur présence dans la zone. Le Gerald Ford transporte notamment quatre escadrilles d’avions de combat et est accompagné de trois destroyers lance-missiles.

Décès de Xavier Emmanuelli, le médecin des exclus, de MSF au Samu social

Médecin des exclus et pionnier de l’action humanitaire, Xavier Emmanuelli, qui a confondé Médecins sans frontières avant d’inventer le Samu social, une ONG d’assistance aux personnes sans-abri, est décédé dimanche à l’âge de 87 ans.”Avec lui disparaît un grand humaniste de notre République”, a salué le président Emmanuel Macron sur le réseau social X.Ce médecin anesthésiste-réanimateur de formation “a dédié sa vie à l’urgence et à l’action humanitaire”, a écrit sa famille dans un communiqué transmis à l’AFP: “Il est mort comme il a vécu, avec des semelles de vent”.Le Samu social international, dont Xavier Emmanuelli était toujours président d’honneur, a rendu hommage “à cette personnalité exceptionnelle pour son engagement sans faille au sein de l’association qu’il a présidée pendant plus de 25 ans et dont il a porté toutes les batailles”. Xavier Emmanuelli “a eu un malaise, probablement cardiaque” et sa vie “s’est arrêtée brutalement”, a précisé à l’AFP le président de l’organisation, Jacques Carles.Il avait fondé en 1993 le Samu social de Paris qui vient, entre autres, en aide aux personnes sans-abri et en grande précarité et les oriente vers un lieu d’hébergement via le numéro d’urgence 115. Avant de créer le Samu social international en 1998.- “Ça me dérange” -“Ça me faisait chier de voir que les gens sont à l’abandon, que ça fait partie du mobilier urbain et que c’est seulement en hiver qu’on s’en rappelle. Ça me dérange. Comme médecin, je suis assez bouleversé”, expliquait-il à propos de la création du Samu social.Pour dénoncer une réduction drastique de financement public, il avait claqué la porte de l’organisation parisienne en 2011, tout en restant au Samu social international.Xavier Emmanuelli a “marqué l’histoire de la solidarité dans le monde”, a souligné l’association, expliquant que “plus d’une quinzaine de Samu sociaux” viennent aujourd’hui en aide aux adultes sans abri, enfants des rues, réfugiés et déplacés à travers le monde.D’origine corse, né à Paris le 23 août 1938, Xavier Emmanuelli était le fils d’un instituteur devenu médecin généraliste et d’une institutrice, tous deux résistants, distingués comme “Justes parmi les nations” après avoir caché des juifs pendant la guerre.Anticolonialiste, dessinateur occasionnel pour le magazine Hara-Kiri, il avait cofondé en 1971 Médecins sans frontières, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1999: “C’est mon histoire d’amour, vraiment”, racontait-il dans un sourire attendri.- “Grand par l’exemple” -C’est lors de consultations dans un centre d’aide aux sans-abris à Nanterre qu’il avait eu l’idée d’appliquer aux problèmes sociaux les méthodes de l’urgence médicale. “J’ai regardé, cliniquement, ce que cela représentait la grande exclusion. Le Samu social vient de là”, avait-il expliqué.Jacques Chirac, alors maire de Paris, l’avait aidé à créer fin 1993 les premières équipes mobiles du Samu social, chargées d'”aller à la rencontre” des sans-abris. Au début de la présidence Chirac, en 1995, il avait été nommé secrétaire d’État à l’Action humanitaire d’urgence (1995-1997).Pour autant, “je n’ai épousé ni les idées de droite ni celles de gauche”, expliquait en 2011 celui qui fut communiste dans sa jeunesse.Membre du conseil de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et de la commission nationale consultative des droits de l’homme, il avait également présidé le Haut comité au logement des personnes défavorisés de 1997 à 2015, rappelle sa famille.Son décès a déclenché une pluie d’hommages. “Son engagement a marqué notre pays”, a réagi sur X le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou. “Je garde le souvenir d’un homme de fidélité, à la fois exigeant, fraternel, profondément humaniste, toujours tourné vers l’action concrète. Son rôle fut décisif dans la genèse du droit au logement opposable”, a souligné sur le réseau social l’ancien Premier ministre (2005-2007) Dominique de Villepin, saluant “l’une des grandes consciences sociales” de la France. “Visionnaire, médecin voué aux autres, grand par l’exemple”, a salué le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon.

Masters ATP: Sinner étourdit Alcaraz et reste le maître à domicile

Pour la deuxième année consécutive, Jannik Sinner a remporté le Masters ATP en battant dimanche à Turin son grand rival Carlos Alcaraz, étourdissant épilogue d’une saison où il a connu bien des hauts et quelques bas.Devant le public survolté de l’Inalpi Arena, Sinner a fini par faire craquer Alcaraz, sans doute diminué par une gêne à la cuisse droite, en deux sets 7-6 (7/4), 7-5 après deux heures et 15 minutes de jeu.L’Italien est définitivement sans rival sur dur indoor et dans les Finales ATP qui opposent les huit meilleurs joueurs de l’année.Il a enchaîné une 31e victoire de suite sur sa surface de prédilection et un dixième succès consécutif dans le “tournoi des maîtres” depuis sa défaite en finale de l’édition 2023 contre Novak Djokovic, sans perdre un seul set !Dans cette finale opposant pour la première fois depuis 2016 les deux meilleurs joueurs de l’année, il a fallu attendre le onzième jeu pour que l’un des finalistes, jusque là souverains sur leur mise en jeu, se retrouve en danger.A 6-5, mis en difficulté par l’agressivité d’Alcaraz et ses amorties, Sinner a dû repousser une premier balle de break mais s’est sorti d’affaires avec son service.- Sixième titre en 2025 -Dans le jeu décisif, Alcaraz s’est retrouvé à son tour dos au mur quand Sinner a vite pris le large grâce notamment à deux lobs gagnants.Le tenant du titre a débuté le deuxième set de la pire des façons et cédé sa mise en jeu avec notamment deux double fautes.Mené 3-1, il a fini par rétablir la situation avec un peu de réussite après une volée de revers complétement raté d’Alcaraz et un retour boisé pour égaliser à 3-3.C’est finalement sur le service d’Alcaraz, de plus en plus fébrile et frustré, que Sinner a fait la différence et concrétisé sa première balle de match, avant de fêter son titre, une fois n’est pas coutume, de façon démonstrative.”Ca a été une semaine superbe qui s’est finie par une finale disputée dans une ambiance de stade de football”, a souligné l’Italien qui a disputé les finales des cinq tournois les plus importants de l’année.Sinner, 23 ans, finit l’année comme il l’avait débuté, à Melbourne, avec une victoire en finale pour porter son palmarès à 24 titres depuis ses débuts, dont six cette année.S’il a remporté deux titres du Grand Chelem (Open d’Australie et Wimbledon), ainsi que le Masters ATP, l’Italien va terminer l’année à la deuxième place mondiale.- “Je serai prêt” -La faute à Alcaraz qui a remporté les deux autres titres majeurs (Roland-Garros et US Open) pour un total de huit titres. La faute surtout à sa suspension de trois mois en début d’année pour des contrôles positifs à un anabolisant.Il y a dans le tennis actuel Alcaraz et Sinner, et loin derrière tous les autres: ils ont remporté à eux deux les huit derniers titres du Grand Chelem.”Carlitos” mène certes largement au bilan de leurs confrontations, dix victoires à six, dont quatre à deux en 2025, mais l’Espagnol n’est pas encore de taille à rivaliser avec l’Italien sur dur et sous un toît.En vacances dès dimanche soir, au contraire d’Alcaraz qui dispute à partir de mardi à Bologne la Coupe Davis, Sinner entend vite se projeter sur la préparation de 2026, pour une saison où sans pause forcée il veut reprendre l’ascendant sur son grand rival.”J’espère que tu vas être prêt pour la saison prochaine, car moi je serai prêt”, l’a prévenu Alcaraz. 

Mondial-2026: la Norvège empoche son billet, l’Italie encore en barrages

Il n’y a pas eu d’incroyable retournement de situation à Milan dimanche: comme attendu, la Norvège s’est qualifiée pour le Mondial-2026 après sa victoire (4-1) contre l’Italie qui, absente des deux dernières Coupes du monde, devra elle à nouveau passer par les barrages.La Norvège qui participera pour la première fois depuis 1998 à une Coupe du monde, a terminé, grâce à un nouveau doublé de sa star Erling Haaland, à la première place du groupe I avec un carton plein de 24 points, soit six de plus que l’Italie.La Nazionale a dominé la première période devant les 69.000 spectateurs de San Siro et a ouvert la marque grâce à son grand espoir Francesco Pio Esposito, son troisième but en cinq sélections à 20 ans, sur un tir en pivot (11e).Changement radical de scénario après la pause: la Norvège, timorée jusque-là, a surclassé l’Italie.Elle a égalisé sur un raid tout en puissance d’Antonio Nusa (63e), puis Haaland a donné l’avantage à son équipe d’une superbe reprise de volée (78e), avant de mettre KO la Nazionale une minute plus tard en profitant d’une mauvaise relance (79e).Jorgen Strand Larsen a ajouté un quatrième but dans le temps additionnel (90e+3).Les “Lions” disputeront seulement leur quatrième phase finale de Coupe du monde, après 1938, 1994 et 1998. Ils affichent pour meilleur résultat un 8e de finale lors de leur dernière participation en France, où ils s’étaient inclinés contre l’Italie (1-0).Haaland et ses coéquipiers ont fini leurs éliminatoires avec un impressionnant bilan de huit victoires en autant de matches, grâce notamment aux 16 buts de l’attaquant de Manchester City qui participera l’été prochain aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique à son premier tournoi majeur.- Barrages fatals en 2018 et 2022 -Ils ont fait la différence dans leur duel pour la qualification directe avec l’Italie dès juin avec une démonstration (3-0) sous le pluie d’Oslo (3-0), dont les Azzurri ne se sont jamais remis.Ce camouflet a coûté son poste à Luciano Spalletti, moins de deux ans après sa nomination. Son successeur Gennaro Gattuso a relancé l’équipe avec cinq victoires consécutives, avant cette cinglante défaite.”On doit présenter nos excuses à nos supporters, finir ces qualifications sur une défaite aussi lourde est inacceptable”, a réagi le sélectionneur italien.”Mais il faut retenir ce qu’on a fait contre une très bonne équipe norvégienne en première période”, a insisté le champion du monde 2006.L’Italie conservait une chance de se qualifier directement pour la prochaine Coupe du monde, mais elle devait battre la Norvège par neuf buts d’écart. Mais même Gattuso n’y croyait pas et avait présenté samedi ce scénario comme “impensable”.Les quadruples champions du monde vont devoir passer fin mars par les barrages qui rappellent forcément des mauvais souvenirs au foot italien et aux tifosi.C’est en barrages que la Nazionale a chuté, contre la Suède pour la Coupe du monde 2018 (défaite 1-0, nul 0-0), et contre la Macédoine du nord (défaite 1-0), pour le Mondial-2022.L’Italie connaitra son parcours vers l’Amérique jeudi après un tirage au sort qui pourrait mettre sur sa route la Suède ou l’Ecosse.