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Poutine “n’a pas atteint ses objectifs” de guerre, dit Zelensky pour le 4e anniversaire de l’invasion russe

Vladimir Poutine “n’a pas atteint ses objectifs” de guerre ni “brisé les Ukrainiens”, a déclaré le président Volodymyr Zelensky dans une vidéo diffusée mardi, quatre ans jour pour jour après l’invasion de son pays par la Russie.Conflit le plus sanglant en Europe depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, l’offensive russe massive visait initialement à renverser le gouvernement ukrainien en seulement quelques jours, mais s’est heurtée à la résistance farouche des Ukrainiens. Depuis, les combats se poursuivent et ont fait des centaines de milliers de morts et de blessés.Volodymyr Zelensky a estimé que son homologue russe n’avait pas “atteint ses objectifs”, ni “brisé les Ukrainiens” ni “gagné cette guerre”. “Nous avons préservé l’Ukraine”, a-t-il dit.Réagissant aux propos de M. Zelensky, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a jugé en effet que “les objectifs (de la Russie n’étaient) pas encore atteints, et c’est pourquoi l’opération militaire spéciale se poursuit” en Ukraine.Il a néanmoins affirmé que “beaucoup” des objectifs du Kremlin avaient été remplis, précisant que “le but principal” de Moscou était d’assurer “la sécurité des personnes” vivant dans l’est de l’Ukraine.La Russie n’était pas parvenue à prendre Kiev au printemps 2022 et avait redirigé ses efforts militaires pour s’emparer du Donbass, un territoire de l’est de l’Ukraine composé des régions de Donetsk et Lougansk et dont le Kremlin revendique l’annexion.- “Tout a changé” -La cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, sont pour leur part arrivés mardi en Ukraine, pour manifester le soutien de l’UE, alors que l’invasion russe a poussé de nombreux européens à se réarmer en vue d’un possible affrontement avec Moscou.Mme von der Leyen a indiqué sur la plateforme X souhaiter “envoyer un message clair au peuple ukrainien et à l’agresseur: nous ne céderons pas tant que la paix ne sera pas rétablie”.M. Zelensky a, lui, exhorté l’UE à fixer une “date claire” pour l’adhésion de son pays, faute de quoi Vladimir Poutine “trouvera le moyen de bloquer l’adhésion de l’Ukraine pour des décennies”.L’invasion russe et ses violences ont causé — et continuent d’alimenter — un immense traumatisme en Ukraine. “Seules les horreurs restent dans ma mémoire”, a affirmé mardi à l’AFP Olena Ponomariova, directrice-adjointe d’un jardin d’enfants, rencontrée à Irpin, une ville de la banlieue de Kiev au coeur des combats au début de l’invasion.”Tout a changé, tous les Ukrainiens ont changé. Ils sont devenus unis et résilients”, a-t-elle ajouté. Sa relation avec des membres de sa famille vivant en Russie a aussi “changé à 100%”: “Tout comme leur attitude envers nous.”Moscou bombarde quotidiennement des zones civiles et des infrastructures, ce qui a récemment provoqué, en plein milieu d’un hiver particulièrement glacial, la pire crise énergétique dans ce pays depuis 2022.Vladimir “Poutine ne se bat pas pour des territoires. Il se bat pour détruire notre existence en tant qu’Etat. Donc, nous avons déjà gagné”, a affirmé à l’AFP Vadym Borodaï, membre du conseil municipal d’Irpin. Son fils est mort au front.La reconstruction de l’Ukraine après le conflit coûtera quelque 588 milliards de dollars (plus de 500 milliards d’euros) sur la prochaine décennie, selon un rapport commun de Kiev, de la Banque Mondiale, de l’UE et de l’ONU paru lundi.- Négociations bloquées -L’armée russe, qui occupe environ 20% du territoire ukrainien, continue une progression lente malgré de lourdes pertes. Elle s’est emparée de plus de territoires lors de la quatrième année du conflit que lors des 24 mois précédents, selon l’analyse par l’AFP des données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW).Les négociations en cours, sous médiation américaine, bloquent principalement sur l’exigence de Moscou de l’abandon par les troupes ukrainiennes de la région de Donetsk, ce que Kiev rejette.Le président français, Emmanuel Macron, s’est dit “très sceptique” mardi sur la possibilité d’aboutir à une “paix à court terme” en Ukraine.Vendredi, dans un entretien avec l’AFP, le président Zelensky avait souligné vouloir d’abord des garanties de sécurité de la part de Washington et un cessez-le-feu avant de “parler de compromis”, y compris territorial, avec les Russes.L’Ukraine demande notamment, en tant que garantie de sécurité, le déploiement de troupes européennes sur son territoire, ce que Moscou exclut.M. Poutine a, quant à lui, averti à plusieurs reprises qu’il poursuivrait ses objectifs par la force si la voie diplomatique venait à échouer.Lundi, à l’occasion de la journée des “défenseurs de la patrie”, célébrée le 23 février, M. Poutine a assuré que les soldats russes protégeaient en Ukraine “les frontières” de la Russie, assuraient “la parité stratégique” entre puissances et combattaient pour “l’avenir” de leur pays.

Une tempête exceptionnelle affecte 40 millions de personnes dans le nord-est des Etats-Unis

Jusqu’à 90 cm de neige tombés par endroits et des bourrasques à 90 km/h: une tempête de neige d’une ampleur rare a recouvert lundi d’un manteau blanc une grande partie du nord-est des Etats-Unis, perturbant le quotidien de plus de 40 millions de personnes.”Selon les prévisions actuelles, le pire est passé”, a annoncé le maire de New York, Zohran Mamdani, lors d’une conférence de presse en début d’après-midi.Entre 40 et 50 cm de poudreuse étaient alors tombés sur la majeure partie de la ville et 4 à 7 cm supplémentaires étaient attendus dans la soirée, selon lui. L’aéroport de Providence, dans le Rhode Island, totalisait 83 cm de poudreuse et il n’était pas exclu que les cumuls y atteignent 90 cm d’ici la soirée.Une grande partie de cet Etat devrait rester paralysé mardi, avec notamment de nombreuses écoles fermées, selon les médias locaux.Le service météorologique national avait également mis en garde contre un risque d’inondations dans certaines parties de l’Etat de New York, du New Jersey et du Massachusetts.Les gouverneurs de huit Etats (Connecticut, Delaware, Maryland, Massachusetts, New Jersey, New York, Pennsylvanie et Rhode Island) ont donc décrété l’état d’urgence.Conséquence de cette tempête, quelque 570.000 foyers étaient privés d’électricité peu avant 20h00 GMT, dont plus de 285.000 dans le Massachusetts.- “Je ne veux plus voir de neige” -Dans toute la région, écoles, services municipaux, commerces, jusqu’au siège des Nations unies à Manhattan, restaient fermés pour la journée, pour le plus grand bonheur de nombreux écoliers dévalant en luge les collines de Central Park.Après une autre tempête le 26 janvier, Dylan, 11 ans, n’avait “jamais vu autant de neige de (sa) vie” et il “adore”. “C’est vraiment marrant de jouer dans la neige”, a-t-il lancé à l’AFP. “C’est magnifique”, s’est aussi réjouie Chris Crowell, 45 ans, après une promenade matinale dans la ville, avant de travailler depuis chez elle.A Wildwood, dans le New Jersey voisin, Vincent Greer, au contraire, en a “marre”. “Je ne veux plus voir de neige”, s’est-il exclamé en dégageant à la pelle un passage devant son immeuble. “Je ne vois rien devant moi et je suis gelé !”Par endroits, les transports en commun, y compris le trafic ferroviaire, étaient perturbés lundi, voire entièrement coupés dans le New Jersey.A New York, la circulation des véhicules non essentiels (voitures personnelles, camions, deux roues et vélos électriques), interdite dimanche soir, était de nouveau autorisée depuis midi, mais les déplacements restaient jugés dangereux.Plus de 6.000 vols avaient par ailleurs été annulés en milieu d’après-midi, selon le site spécialisé FlightAware, les aéroports de New York, Boston et Philadelphie étant les plus concernés. Et les perturbations devaient se poursuivre mardi avec déjà près de 2000 annulations.Fin janvier, une précédente tempête suivie d’une longue vague de froid avaient fait une centaine de morts dans le pays, dont au moins 18 rien qu’à New York, la plupart par hypothermie.”Nous n’avons connaissance d’aucun décès lié à cette tempête de neige dans les rues de notre ville ou dans les lieux publics”, a assuré lundi le nouveau maire démocrate de New York, entré en fonction début janvier.Comme Philadelphie et Boston, la mégapole a musclé dès dimanche son dispositif d’accueil d’urgence pour les personnes précaires, avec notamment des bus et des écoles accessibles à ceux ayant besoin de se réchauffer.

Affaire Epstein: l’ex-ministre et ambassadeur Mandelson libéré après son interpellation

L’ex-ministre et ambassadeur britannique Peter Mandelson a été libéré sous caution après avoir été interrogé, a indiqué tôt mardi la police londonienne qui enquête sur des soupçons de transfert d’informations sensibles au financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, quatre jours après l’interpellation de l’ex-prince Andrew.Peter Mandelson, figure centrale de la vie politique britannique et ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, a été arrêté vers 17H00 GMT lundi, soupçonné de manquements à ses devoirs dans l’exercice de ses fonctions publiques, à la suite d’allégations liées à la dernière série de documents associés à Epstein.”Un homme de 72 ans, arrêté pour soupçons de faute professionnelle dans l’exercice de ses fonctions publiques, a été remis en liberté sous caution dans l’attente de la poursuite de l’enquête”, a indiqué la police dans un communiqué publié mardi peu après 02H00 (locales et GMT), sans préciser l’identité du suspect comme c’est d’usage au Royaume-Uni.Des images de la BBC montrent Peter Mandelson rentrer chez lui après être descendu d’un taxi. La BBC et Sky News avaient diffusé lundi après-midi des images de l’ex-ministre quittant son domicile du centre de Londres, accompagné de deux policiers en civil, un homme et une femme, qui l’avaient escorté jusqu’à une voiture banalisée. L’arrestation de celui qui fut un pilier du parti travailliste et artisan du New Labour avec Tony Blair survient après l’interpellation jeudi de l’ex-prince Andrew, l’autre personnalité britannique mise en cause dans la tentaculaire affaire Epstein.Le frère cadet du roi Charles III est lui aussi soupçonné d’avoir transmis des informations au pédocriminel américain, lorsqu’il était représentant spécial du Royaume-Uni pour le Commerce, de 2001 à 2011. Il a été remis en liberté après plus de 10 heures de garde à vue jeudi.- “Acte inexcusable” – La police londonienne avait indiqué le 3 février avoir ouvert une enquête contre M. Mandelson. Des documents tirés des dossiers Epstein, rendus publics fin janvier par le ministère américain de la Justice, suggèrent qu’il aurait transmis au financier américain des informations susceptibles d’influer sur les marchés, notamment lorsqu’il était ministre dans le gouvernement travailliste de Gordon Brown, de 2008 à 2010. Le 6 février, la police avait indiqué perquisitionner deux résidences de Mandelson, l’une proche de Regent’s Park, à Londres, et dans le Wiltshire (sud-ouest de l’Angleterre).Gordon Brown a aussi indiqué avoir transmis à la police des informations sur ce qu’il a qualifié d'”acte inexcusable et antipatriotique” de la part de Mandelson. Des documents également issus des dossiers Epstein suggèrent par ailleurs que Peter Mandelson a reçu des versements d’un total de 75.000 dollars (63.200 euros) de la part du financier américain en 2003 et 2004. Versements dont il a indiqué n’avoir “ni trace ni souvenir”. Toutes ces accusations ont fragilisé le gouvernement travailliste de Keir Starmer, accusé d’avoir nommé fin 2024 Peter Mandelson ambassadeur à Washington alors même qu’il savait que l’ex-ministre et ex-commissaire européen était resté proche d’Epstein après la condamnation de ce dernier pour crimes sexuels. Keir Starmer, qui avait rappelé M. Mandelson des Etats-Unis en septembre 2025 à la suite de nouvelles informations le liant à Jeffrey Epstein, a depuis présenté ses excuses, notamment aux victimes, et son chef de cabinet comme son directeur de la communication ont démissionné.Le gouvernement s’est depuis engagé à publier tous les documents liés à la nomination et à la révocation de M. Mandelson. Une première tranche devrait être publiée début mars, a indiqué un membre du gouvernement lundi.Selon la BBC, il s’agit de plus de 100.000 documents, dont les échanges électroniques entre l’ex-ambassadeur et des membres de l’exécutif.Une partie d’entre eux, potentiellement sensibles pour la sécurité nationale du pays, sont préalablement filtrés par une commission parlementaire, libre de décider de les rendre publics ou non.M. Mandelson n’a fait aucune déclaration publique depuis le début de l’enquête. Un porte-parole a indiqué le 8 février qu’il “regrette et regrettera jusqu’à son dernier souffle d’avoir cru aux mensonges d’Epstein concernant ses actes criminels”.”Il n’a découvert la vérité sur Epstein qu’après sa mort en 2019. Il est profondément désolé que des femmes et des filles sans défense et vulnérables n’aient pas bénéficié de la protection qu’elles méritaient”, selon ce porte-parole.

Le Mexique déploie 10.000 soldats pour mettre fin aux violences après l’élimination d’un chef de cartel

Le Mexique a déployé 10.000 soldats dans l’ouest de son territoire pour contenir les violences déclenchées par la mort du baron de la drogue le plus recherché du pays, qui ont fait des dizaines de morts.Nemesio Oseguera, alias El Mencho, chef du Cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG), a été blessé dimanche lors d’une opération militaire dans la ville de Tapalpa, dans l’Etat de Jalisco (ouest), et est mort pendant son transfert en avion vers Mexico, selon l’armée.L’annonce de sa mort a provoqué une violente réaction du cartel dont des membres présumés ont dimanche bloqué des routes, incendié des véhicules, attaqué des stations-service, des commerces et des banques, et affronté les autorités dans 20 Etats mexicains.Au cours de l’opération militaire et des affrontements qui ont suivi, 25 membres de la garde nationale, ainsi qu’un agent de sécurité et un fonctionnaire du parquet ont été tués, ainsi que 46 membres du cartel, ont indiqué les autorités.Dans la capitale Mexico, aucun acte de violence n’a été signalé.Le gouvernement a annoncé lundi l’envoi de 2.500 soldats supplémentaires dans le Jalisco, portant à 10.000 le nombre de militaires déployés depuis dimanche. Les autorités espèrent mettre fin rapidement aux troubles à quatre mois du Mondial 2026 de football, co-organisé avec les Etats-Unis et le Canada et dont Guadalajara, capitale de l’Etat du Jalisco, sera l’une des villes-hôtes.”Le pays est en paix, il est calme”, a assuré lundi la présidente Claudia Sheinbaum, indiquant qu’il n’y avait plus de barrages routiers. Mais l’AFP en a observé certains près de Guadalajara et du lieu de l’opération contre le chef de l’une des organisations criminelles les plus puissantes au monde.”C’est tranquille mais bon (…) je ne veux pas encore sortir”, a déclaré à l’AFP Serafín Hernandez, un camionneur de Morelia, dans l’ouest du pays, disant craindre que son véhicule soit incendié. “On a peur, je crois que toute la société a peur”, surtout “les gens qui vont travailler”, a ajouté Angel Gonzalez, un chauffeur de taxi de 45 ans.- Commerces et écoles fermés -A Guadalajara, les rues étaient à moitié désertes et la plupart des commerces étaient restés fermés lundi. “La situation est un peu critique, à peine quelques commerces ont ouvert (…) Ma famille n’est pas sortie aujourd’hui”, a déclaré à l’AFP Jorge Martinez, un retraité de 70 ans qui a pris le risque d’aller faire des courses dans une pharmacie. Il a été servi à travers une fenêtre.”On sort avec un peu de peur”, raconte aussi Teresa Loza, 51 ans, qui doit s’occuper d’un neveu hospitalisé.”Tu as cette sensation de ne pas savoir quand ça va se terminer, comment ça va évoluer”, témoigne Leo Tounsi-Moreno, un touriste Français de 24 ans.Les écoles ont suspendu les cours dans le Jalisco et dans une dizaine d’autres Etats par crainte de nouvelles violences. – Renseignement américain -Tué à l’âge de 59 ans, Nemesio Oseguera était considéré comme le dernier des grands parrains depuis l’arrestation des fondateurs du cartel rival de Sinaloa, Joaquin Guzman “El Chapo”, et Ismael “Mayo” Zambada, incarcérés aux Etats-Unis. A la tête du CJNG, qualifié en 2025 d'”organisation terroriste” par les Etats-Unis, qui l’accusent de trafic de cocaïne, d’héroïne, de méthamphétamine et de fentanyl, il était l’un des barons de la drogue les plus recherchés par le Mexique et les Etats-Unis, qui offraient jusqu’à 15 millions de dollars pour sa capture.L’une de ses compagnes a été un élément clé pour le localiser, a expliqué en conférence de presse le secrétaire à la Défense nationale, Ricardo Trevilla.Des forces spéciales de l’armée mexicaine ont encerclé le lieu où il se trouvait et ont essuyé des tirs de la part des hommes armés chargés de sa sécurité, a-t-il expliqué.La présidente Claudia Sheinbaum avait plus tôt confirmé qu’il n’y avait pas eu “de participation des forces des États-Unis dans l’opération” mais “beaucoup d’échange d’informations”.Le corps d’Oseguera a été formellement identifié avec son ADN et sera remis à sa famille, a précisé le secrétaire à la Sécurité, Omar Garcia Harfuch.M. Oseguera “n’avait pas de successeurs évidents”, si bien que des scissions pourraient se produire au sein du CJNG, estime Gerardo Rodriguez, expert en sécurité à l’Université des Amériques à Puebla, interrogé par l’AFP.

Lecornu remobilise pour les J0-2030, les athlètes français fêtés à Albertville

“Tout le monde à son poste de combat”: le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé lundi le Comité d’organisation des JO-2030 à dépasser ses divergences, alors qu’Albertville fêtait les succès de l’équipe tricolore, tout juste rentrée des Jeux de Milan Cortina.Biathlon bien sûr, mais aussi danse sur glace ou ski alpinisme: c’est forte d’une sixième place au tableau des médailles et d’un bilan record de 23 médailles (dont huit en or) que l’équipe de France a conclu dimanche les JO-2026 de Milan Cortina et est rentrée à la maison après la cérémonie de clôture dimanche à Vérone.Parmi les très attendus héros du jour, les biathlètes multimédaillés Quentin Fillon Maillet et Océane Michelon ou le fondeur Mathis Desloges sont apparus tout sourire, médailles rutilantes au cou, devant plusieurs milliers de personnes réunies, brandissant des drapeaux français dans la halle olympique d’Albertville, haut lieu des JO d’hiver de 1992, les derniers que la France ait accueillis à ce jour.La cérémonie a pour objet “d’honorer l’héritage de 1992 et de lancer notre route vers les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver des Alpes Françaises 2030”, a déclaré Amélie Oudéa-Castéra, la présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).Elle s’est conclue sur le déploiement symbolique d’un grand drapeau à cinq anneaux, déroulé avec son et lumière par des chasseurs alpins descendant en rappel depuis un grand mât d’une cinquantaine de mètres. Elle se clôturera par un concert et une soirée dansante.- Turbulences -Elle survient toutefois en pleine crise de gouvernance au sein du Comité organisateur des Jeux (Cojop) alors qu’il lui reste désormais moins de quatre ans pour boucler son projet dans les Alpes françaises. Plusieurs de ses cadres ont démissionné ces derniers mois et le directeur général Cyril Linette est également sur le départ en raison du constat de “désaccords insurmontables”.Alors que le projet olympique a déjà souffert ces derniers mois de l’instabilité gouvernementale de la France, le président du Cojop, le champion olympique de ski de bosses à Albertville Edgar Grospiron, pourrait lui-même se trouver fragilisé par ces turbulences.La semaine passée, un proche d’Emmanuel Macron avait indiqué que le président avait “fait passer le message qu’il faut mettre de l’ordre dans l’organisation des JO Alpes 2030”. “D’ici un mois”, avait-il précisé.M. Lecornu, venu lundi rencontrer les organisateurs, dont les présidents des régions Aura Fabrice Pannekoucke et Paca Renaud Muselier, ainsi que les athlètes, a pour sa part appelé à laisser de côté “les persifleurs” qui s’obstinent à prédire un échec des Jeux.”Tout le monde à son poste de combat et tirons tous (…) dans le même sens pour y arriver en 2030″, a-t-il lancé.- “On gère” -Interrogé par France Télévisions sur la crise de gouvernance au sein du Cojop, Grospiron a tenu à relativiser: “On gère. Il y a des turbulences, mais comme dans tous les projets de ce type. On est là, on gère, on tient la baraque”, a-t-il insisté.Après avoir félicité les athlètes, Sébastien Lecornu les a interrogés sur leur vécu en Italie et leurs attentes pour les prochains Jeux d’hiver: “Ce que vous pouvez nous dire peut avoir beaucoup d’importance pour la compréhension de l’organisation qu’on a pour 2030”, a-t-il dit.Plusieurs ont évoqué l’éclatement des sites de Milan Cortina, que les Alpes françaises entendent imiter et même amplifier. Ce nouveau modèle, ont-ils souligné, permet d’utiliser des infrastructures déjà existantes – et d’alléger la facture – mais complexifie aussi les transports et laisse certains sites un peu isolés, quand il ne se traduit pas par une absence de “ferveur olympique” au moment de la remise des médailles, ont regretté certains.Pour la championne olympique de biathlon Julia Simon, le sport français est néanmoins désormais “lancé”. “Je pense que la cérémonie de clôture d’hier nous a permis aussi de nous dire: +En fait les prochains, c’est à la maison+”, s’est-elle réjouie. “Pour moi, là, c’est encore difficile de me projeter”, a-t-elle ajouté.

Nouvelle-Calédonie: au Sénat, le gouvernement s’accroche à une réforme constitutionnelle sensible

“Entêtement” gouvernemental ou point de départ d’une “stabilité” retrouvée ? Dossier sensible localement, la réforme constitutionnelle sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie est examinée mardi au Sénat, où l’exécutif tentera de défendre un projet décrié et très mal embarqué au Parlement.A partir de 14H30, le Premier ministre Sébastien Lecornu viendra en personne au Palais de Luxembourg pour répondre aux interrogations des sénateurs sur ce projet de loi constitutionnelle, avant un vote prévu dans la soirée.Le gouvernement espère convaincre le Parlement de “donner sa chance” à ce texte, qui retranscrit deux accords conclus avec la majorité des forces politiques calédoniennes, celui de Bougival (juillet 2025) et celui de l’Elysée-Oudinot, signé en janvier 2026 sous l’égide d’Emmanuel Macron.Il prévoit notamment la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française, doté d’une nationalité propre et pouvant être reconnu internationalement.Ces accords permettent d’envisager un nouvel avenir institutionnel pour la Nouvelle-Calédonie, archipel meurtri par les violentes émeutes du printemps 2024, survenues en réaction à un précédent projet de réforme constitutionnelle.- Pas “d’alternative” ? -Mais l’opposition des indépendantistes du FLNKS à ces accords, qu’ils jugent incompatibles avec la pleine souveraineté du territoire, complique sérieusement la donne. L’absence de consensus local fait en effet craindre à de nombreux parlementaires un “passage en force” aux conséquences potentiellement néfastes à Nouméa.”Il n’existe aujourd’hui ni alternative ni contre-projet”, a toutefois martelé la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou ces derniers jours. Même si le processus est “imparfait”, il faut lui “donner sa chance” car “stopper net le projet de loi constitutionnelle, c’est fermer la porte définitivement” au consensus.Dominé par une alliance entre droite et centristes, le Sénat partage majoritairement ce point de vue et devrait, sauf surprise, adopter le texte. “La voie de la raison, c’est d’accompagner la volonté d’une majorité de partenaires, négociée à Bougival”, assume la sénatrice Agnès Canayer (Les Républicains), chargée de piloter l’examen du texte.Le gouvernement compte sur l’appui du Sénat pour légitimer son action en vue d’un examen qui s’annonce beaucoup plus incertain à l’Assemblée nationale, à partir du 31 mars.Au Palais Bourbon, la gauche et le Rassemblement national devraient, sauf revirement, s’opposer au texte, tandis que beaucoup d’élus ont dit s’attendre à de “l’obstruction” des députés Insoumis pour retarder le vote. – “Calendrier intenable” -Sur l’archipel, mi-février, un millier de personnes selon les organisateurs – 400 selon les autorités – s’étaient réunies devant le haut-commissariat de Nouméa pour “faire entendre jusqu’à Paris” leur opposition à la réforme. Et l’UNI, mouvement indépendantiste favorable au texte, voit les défections se multiplier en son sein.Lundi, Paul Néaoutyine, président de la province Nord et figure historique du Palika, principale composante de l’UNI, a exprimé dans un communiqué son “opposition” aux accords Bougival-Elysée-Oudinot, qui selon lui “marquent une rupture et un recul par rapport à l’accord de Nouméa et ferment la porte à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie”.Dans ces conditions, l’hypothèse de voir le Congrès du Parlement réuni à Versailles dès la mi-avril pour entériner la réforme, date envisagée par le gouvernement, semble hautement improbable. D’autant plus que la majorité des 3/5e, nécessaire pour modifier la Constitution, est loin d’être réunie à ce stade.Les parlementaires socialistes – qui détiennent une grande partie des clés de l’avenir du texte – sont en effet extrêmement réservés.”Un rejet du projet anéantirait le travail patient de concessions réciproques” enclenché à Bougival, mais le gouvernement s’est “enfermé dans un calendrier intenable”, “au lieu de renouer avec la recherche de compromis”, a regretté le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner.L’ensemble de la gauche semble désormais se résoudre à ce que les élections provinciales se tiennent avant la fin juin, comme prévu, avant d’ouvrir un nouveau cycle de discussions.Ces élections, dont dépend la composition du gouvernement local, ont déjà été reportées à trois reprises depuis 2024.Si la réforme passe, elles doivent à nouveau être reportées à la fin de l’année, pour permettre de “dégeler” le corps électoral, une mesure ultrasensible pour les indépendantistes.”Si le gouvernement s’entête à vouloir poursuivre ce processus, c’est qu’il veut faire assumer la responsabilité de l’échec au Parlement plutôt qu’à lui”, a estimé le député indépendantiste calédonien Emmanuel Tjibaou.

Corée du Sud: l’ex-président Yoon fait appel de sa condamnation à vie pour sa loi martiale

L’ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol a fait appel de sa condamnation à la prison à vie pour avoir déclaré la loi martiale en 2024, ont annoncé mardi ses avocats.”Nous estimons qu’il est de notre responsabilité de signaler clairement les problèmes que pose cette décision, non seulement dans les archives du tribunal, mais aussi devant le jugement de l’histoire à venir”, a déclaré l’équipe juridique de M. Yoon dans un communiqué.Jeudi dernier, le tribunal du district central de Séoul a condamné M. Yoon à la perpétuité pour avoir “dirigé une insurrection” en décrétant soudainement la loi martiale le 3 décembre 2024 et en envoyant l’armée au Parlement pour le museler.L’ex-dirigeant conservateur âgé de 65 ans avait justifié cette mesure-choc par de vagues menaces posées selon lui par des “forces anti-Etat” affiliées à la Corée du Nord, et par le fait que le Parlement, dominé par l’opposition, faisait échec à toutes ses initiatives.La cour a considéré que “l’intention” de M. Yoon lors de la crise de la loi martiale “était de paralyser l’Assemblée pendant une période considérable”, selon le juge Ji Gwi-yeon.Un nombre suffisant de députés avait réussi à se faufiler dans l’hémicycle cerné par les soldats et à voter une résolution contre ce coup de force, l’obligeant à faire marche arrière.Le régime civil n’avait finalement été suspendu que six heures, mais cette tentative a provoqué une profonde crise politique dans le pays. Elle a déclenché des manifestations massives, semé la panique sur les marchés boursiers et pris au dépourvu des alliés militaires essentiels de la Corée du Sud tels que les Etats-Unis.- Verdict “difficile à accepter” -Après des mois de chaos politique, Yoon Suk Yeol a été officiellement destitué en avril 2025 par la Cour constitutionnelle et les Sud-Coréens ont élu le président Lee Jae Myung, issu de l’opposition de gauche, lors d’une élection anticipée en juin.La semaine dernière, l’ancien dirigeant avait déclaré le verdict “difficile à accepter”, sans indiquer s’il allait faire appel ou non.”Même si cette décision (de la loi martiale, ndlr) a été prise dans ce que je pensais être l’intérêt national, je présente mes sincères excuses à la population pour la frustration et les difficultés qui ont finalement résulté de mes lacunes”, a déclaré M. Yoon dans un communiqué publié vendredi par l’intermédiaire de son avocat.”Nous ne resterons pas silencieux face à la mise en cause excessive” de M. Yoon, ont déclaré ses avocats mardi.

Le patron du Washington Post quitte le journal après de vastes suppressions d’emplois

Le Washington Post a annoncé samedi le départ immédiat de son directeur général et directeur de la publication Will Lewis, quelques jours après un vaste plan de suppressions d’emplois qui a ébranlé ce pilier du journalisme américain détenu par Jeff Bezos.L’annonce d’un plan de suppression mercredi, d’environ 300 journalistes sur 800 selon les médias, a …

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La guerre en Ukraine, des “maisons russes” et la bureaucratie berlinoise

Comment faire payer à Moscou son invasion de l’Ukraine? A Berlin, la municipalité tergiverse, non pas sur des milliards d’euros, mais sur le sort de trois immeubles décrépits surnommés les “Maisons russes”, et hérités de la période soviétique.      Ces bâtiments de trois étages des années 1930 logeaient, pendant la Guerre froide, les forces soviétiques dans …

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Au Texas, des familles d’immigrés dénoncent des conditions de détention indignes

Au fin fond du Texas, le centre de détention pour familles d’immigrés de Dilley symbolise l’implacable volonté d’expulsions de l’administration Trump. Adultes et enfants y sont enfermés pendant des mois, dans des conditions insalubres.C’est là que Liam Conejo Ramos, un petit Equatorien de 5 ans, avait été envoyé avec son père, après son arrestation en …

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