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Les tracteurs de la Coordination rurale repliés près de Paris, le monde agricole attend un geste

Signature imminente de l’accord UE-Mercosur à Bruxelles et poursuite de la mobilisation agricole en France: après leur démonstration de force à Paris, les tracteurs de la Coordination rurale se sont repliés aux abords de la capitale dans la nuit en attendant un geste du gouvernement.Le deuxième syndicat agricole, habitué des actions coup de poing, avait bravé les interdictions et débarqué jeudi à l’aube autour de l’Arc de Triomphe et de la tour Eiffel. Dans la soirée, il a appelé ses troupes au repos. L’ensemble des agriculteurs et leurs engins ont quitté Paris vers 22H00, selon la police.”Je voudrais bien qu’on se mette tous au calme pour évaluer ce qui va être dit”, a déclaré à l’AFP Bertrand Venteau, le président de la Coordination rurale, qui espère des annonces rapides du gouvernement.”Ce qui a été fait, c’est un exploit”, dit-il, saluant l’entrée des tracteurs dans la capitale sans “aucune dégradation” et “pacifiquement”, comme il s’y était engagé. Des actions de blocages routiers et manifestations sont prévues dans certaines régions, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne ces prochains jours, soit le troisième hiver d’affilée marqué par des mouvements d’agriculteurs qui déplorent précarité et concurrence déloyale des produits importés, notamment d’Amérique du Sud.Dans le Nord, les autoroutes A27 et A2, qui mènent aux autoroutes belges E42 et E19, sont fermées depuis jeudi soir dans le sens France-Belgique, a annoncé la préfecture.Sur l’A2, “le secteur de Valenciennes est bloqué depuis 20H30″ par des membres du syndicat Jeunes agriculteurs, précise à l’AFP Anthime Coupet, président des JA du Nord et du Pas-de-Calais, parlant d’une centaine d’agriculteurs franco-belges mobilisés sur l’opération conjointe A2-E19.”Pour l’instant on a annoncé au préfet qu’on bloquerait jusqu’à lundi (…), on n’a pas l’intention de se laisser faire”, promet-il.La mobilisation avait commencé début décembre, la colère ayant été ravivée par la gestion gouvernementale de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest et par l’accord de libre-échange UE-Mercosur.Sur ce dernier point, le président Emmanuel Macron a annoncé que la France voterait vendredi “contre” l’accord commercial mais ce choix ne bloquera pas le traité. Paris n’a en effet pas réussi, a priori, a réunir une minorité de blocage, et l’accord devrait donc être entériné par l’UE à la majorité qualifiée.- Prêts à “revenir” -Ces dernières semaines, le gouvernement français et Bruxelles ont multiplié les annonces, mais la pilule du Mercosur ne passe pas pour les agriculteurs, qui craignent unanimement l’arrivée de bœuf, sucre et de volailles sud-américains produits avec des normes moins disantes que celles imposées aux européens.La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes Agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier si l’accord de libre-échange était signé. “Le combat sera dur et sera long”, a dit M. Venteau, en précisant que ses troupes étaient prêtes à “revenir”. Il avait posé au préalable la condition d’un moratoire sur les contrôles administratifs, ou par l’Office français de la biodiversité, des agriculteurs, dont il souhaite la suppression, affirmant que le gouvernement avait désormais la main sur les annonces.Une centaine de tracteurs a été bloquée dans la journée par les forces de l’ordre, a indiqué la préfecture de police. Une quarantaine était présente dans Paris et une soixantaine aux portes de la ville.Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées par le ministère de l’Intérieur en Ile-de-France mais hors de la capitale.En dehors de Paris en France, 67 actions ont réuni 2.200 manifestants, notamment sur des routes dans 39 départements, et 625 tracteurs, a déclaré à la presse le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en début de soirée.”Je pense que les blocages vont se résorber progressivement, que les agriculteurs qui viennent d’assez loin vont vouloir légitimement rentrer chez eux”, a jugé jeudi soir la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, sur BFMTV.

En plein débat sur la fin de vie, l’heure du jugement pour des militants du suicide assisté

Au milieu des débats parlementaires sur la fin de vie, le tribunal correctionnel de Paris rend vendredi son jugement à l’encontre de douze militants radicaux du suicide assisté, qui ont fait de leur procès à l’automne une tribune sur l’aide à mourir.Agés de 75 à 89 ans, douze adhérents de l’association Ultime Liberté ont été jugés de mi-septembre à début octobre pour avoir, entre août 2018 et novembre 2020, aidé des dizaines de personnes à acheter sur internet du pentobarbital, un barbiturique entraînant une mort rapide et sans douleur.”Notre objectif n’est pas de faire mourir les gens. C’est de les aider à continuer dans l’avancée de l’âge tout en étant très serein par rapport à la fin, à condition d’avoir cette pilule magique chez soi pour pouvoir arrêter au moment où on le décide, et non pas attendre le diktat médical”, déclarait à l’AFP avant l’audience Claude Hury, présidente d’Ultime Liberté et prévenue centrale du procès.Ces retraités ne sont poursuivis que pour des délits liés au trafic de substances illicites, non pour incitation ou aide au suicide.Le parquet a requis à leur encontre des peines allant jusqu’à 18 mois de prison avec sursis mais aucune amende, compte tenu du “mobile humanitaire” des militants de cette association, née en 2009 de la scission de la frange la plus radicale de la grande organisation pro-euthanasie ADMD.Avec son défilé à la barre de médecins ou intellectuels spécialistes du sujet, d’anonymes ayant aidé leurs proches à en finir, le procès a esquissé devant la justice le continent caché de l’aide à mourir pour des malades en grande souffrance. Un acte illégal mais néanmoins pratiqué à travers toute la France, dans le secret des familles, derrière les portes closes de chambres à coucher.- “Droit à l’aide à mourir” -Dans un témoignage aussi inattendu que bouleversant, un prêtre est ainsi venu pudiquement confesser à la barre avoir eu recours, à l’encontre du dogme religieux, au suicide assisté pour son père touché par un cancer en phase terminale.”Il m’avait fait jurer d’abréger ses souffrances lorsque le moment serait venu. Ça a été une double peine pour moi puisque j’ai respecté ma parole. En tant que fils, cela a été très compliqué à vivre. En tant que chrétien et prêtre, c’était presque schizophrénique: +Tu ne tueras pas+”, a raconté cet imposant ecclésiastique en soutane noire et col romain, en citant la Bible.Dressant le parallèle entre le mouvement pour l’aide à mourir et la campagne pour la légalisation de l’avortement au début des années 1970, nombre de témoins ont salué l’avancée législative et sociétale que représenterait selon eux le texte voté en première lecture en mai par l’Assemblée nationale, dont le Sénat débattra fin janvier.Cette proposition de loi du député MoDem Olivier Falorni créerait un “droit à l’aide à mourir” en France. Elle légaliserait le suicide assisté, et de manière exceptionnelle, l’euthanasie, sans pour autant que ces mots jugés connotés négativement ne figurent dans le texte.”La mort volontaire fait partie des droits de l’Homme. C’est d’ailleurs un thème très ancien, très traditionnel dans l’histoire de la pensée. La quasi-totalité des philosophes antiques pensait qu’on avait le droit de mettre volontairement fin à ses jours. Le plus réticent d’entre eux, c’est Platon, notamment pour des raisons religieuses”, a disserté devant les juges le philosophe André Comte-Sponville.Très clivant, le combat d’Ultime Liberté va au-delà de la revendication des associations pro-euthanasie traditionnelles d’un “droit à l’aide à mourir” pour les patients en fin de vie et en grande souffrance.Dans une approche “quasi-libertarienne” de la mort, selon l’expression de la présidente du tribunal au cours des débats, l’organisation revendique le droit à un suicide “serein” pour toute personne en pleine possession de ses moyens, malade ou non.”Tous les prévenus savaient pertinemment que le pentobarbital était une substance vénéneuse illicite et, insatisfaits de cet état du droit, ils ont choisi de dicter leur propre loi pour permettre l’acquisition et l’importation du pentobarbital sur le territoire national”, a fustigé la procureure dans son réquisitoire.

Manifestations à Minneapolis après la mort d’une femme tuée par la police de l’immigration

Des milliers de personnes se sont rassemblées jeudi à Minneapolis, où la police de l’immigration a abattu une femme la veille, dans un acte qualifié par la Maison Blanche de “légitime défense”, ce que contestent les manifestants et les élus démocrates.Dans un incident séparé qui risque d’alimenter les tensions, deux personnes ont été blessées à …

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Damas annonce un cessez-le-feu pour que les combattants kurdes quittent Alep

Le ministère de la Défense syrien a annoncé tôt vendredi un cessez-le-feu destiné à permettre aux combattants kurdes de quitter Alep après plusieurs jours d’affrontements avec l’armée qui ont contraint des milliers de civils à fuir.Les violences, qui ont fait au moins 21 morts depuis mardi, sont les plus graves dans la deuxième ville de Syrie entre le gouvernement central et les Kurdes, qui contrôlent de vastes étendues dans le nord-est de la Syrie et certains quartiers d’Alep.Les combats ont poussé des milliers de Kurdes sur la route et fait craindre que le conflit prenne une dimension régionale, la Turquie se disant prête à intervenir aux côtés des autorités syriennes et Israël prenant la défense des Kurdes.”Afin d’éviter toute nouvelle escalade militaire dans des quartiers résidentiels”, un cessez-le-feu est ordonné à compter de 03H00 (minuit GMT) “dans les quartiers de Cheikh Maqsoud, Achrafieh et Bani Zeid”, a annoncé tôt vendredi le ministère de la Défense syrien.Les combattants kurdes ont jusqu’à 09H00 vendredi (06H00 GMT) pour quitter ces secteurs en n’emportant que leurs “armes légères”, précise le ministère sur Telegram.L’armée “s’engage à leur offrir une escorte et à leur garantir un passage sûr jusqu’à ce qu’ils aient rejoint le nord-est du pays”, assure cette source.L’objectif est que les habitants qui ont fui les combats puissent “revenir et reprendre le cours d’une vie normale dans un climat de sécurité et de stabilité”, souligne le ministère.- “Balles de snipers” -Le gouverneur d’Alep, Azzam Algharib, a indiqué auprès de l’agence officielle Sana avoir d’ores et déjà effectué, avec plusieurs autres responsables, “une visite d’inspection auprès des forces de sécurité intérieure dans le quartier d’Alashrafieh”.Les forces kurdes n’ont pas immédiatement commenté ces annonces.Jeudi, l’armée syrienne a encore pilonné les quartiers kurdes d’Alep et des combats ont fait rage jusque dans la soirée sur fond de tirs d’artillerie, a constaté un correspondant de l’AFP.Les autorités avaient accordé jeudi trois heures aux civils pour fuir à travers deux “couloirs humanitaires”, empruntés selon elles par quelque 16.000 personnes pour cette seule journée.”Nous avons vécu des moments très difficiles, mes enfants étaient terrorisés”, a raconté à l’AFP Rana Issa, 43 ans. “Nous sommes partis sous les balles des snipers, beaucoup de gens veulent sortir mais ont peur”.Les deux parties se sont rejeté la responsabilité du début des violences, qui ont débuté mardi.Elles surviennent alors que les Kurdes et le gouvernement peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde et son bras armé, les puissantes Forces Démocratiques Syriennes (FDS), au sein du nouvel Etat syrien.Le chef des FDS, Mazloum Abdi, avait jugé jeudi que “les tentatives de prise d’assaut des quartiers kurdes, en pleine phase de négociation, sap(ai)ent les chances de parvenir à une entente”.- Rivalités régionales -Selon Aron Lund, chercheur au centre Century International, “Alep est la zone la plus vulnérable des FDS. Ses quartiers kurdes sont entourés de tous côtés par des territoires contrôlés par le gouvernement”.Face au coût humanitaire et au risque d’embrasement régional, Washington a lancé jeudi “un appel urgent” à cesser les hostilités, par la voix de son émissaire pour la Syrie, Tom Barrack.Les violences ont exacerbé la rivalité en Syrie entre Israël et la Turquie, qui se livrent une lutte d’influence depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024. Ankara, allié des autorités syriennes, s’est dit prêt à “soutenir” l’armée dans son “opération antiterroriste” contre les combattants kurdes.La Turquie, qui possède une frontière de plus de 900 kilomètres avec la Syrie, y a mené entre 2016 et 2019 plusieurs opérations d’envergure contre les forces kurdes.Israël, qui mène des négociations avec Damas pour parvenir à un accord de sécurité, a condamné les “attaques” du pouvoir syrien contre la minorité kurde.A la veille d’une visite vendredi à Damas de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’UE a appelé les belligérants à faire preuve de “retenue” et à “protéger les civils”.