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Gueule de bois sur les marchés: les craintes d’une “bulle” de l’IA resurgissent malgré les performances de Nvidia

La fête a été de courte durée sur les marchés boursiers: après un bref soulagement face aux performances du géant américain des puces Nvidia, les valeurs technologiques s’effondrent, craignant que l’engouement suscité par l’intelligence artificielle ne soit finalement qu’une bulle spéculative.A Tokyo, le géant des investissements technologiques SoftBank Group a dévissé de 10,9%, et le …

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Les derniers chasseurs-cueilleurs de Thaïlande revendiquent leur droit aux terres

Au coeur d’une forêt du sud de la Thaïlande, un jeune homme court, sarbacane en main, avant de décocher une flèche empoisonnée sur un singe.Le groupe qui l’accompagne s’approche en criant avant que l’animal ne tombe au sol.Cette chasse traditionnelle est toujours pratiquée par les Maniqs, l’un des plus petits groupes ethniques de Thaïlande et les derniers chasseurs-cueilleurs du pays.En voie de sédentarisation, les Maniqs réclament que leur droit de propriété soit reconnu sur les territoires qu’ils occupent depuis des générations mais qui sont à présent régis par les lois de protection de la nature.A 18 ans, Dan Rakpabon est le plus jeune chasseur des Maniqs. Il rapporte son trophée au thap, un abri de bambou au toit de feuilles, dans une clairière de Pa Bon. Il dépèce l’animal au dessus d’un feu pour brûler sa fourrure, puis le découpe avec soin pour répartir la viande en fonction de la taille de chaque famille.”Je suis très heureux à chaque fois que je pars en chasse. C’est notre nourriture”, dit-il.Pourtant, dans cette zone protégée de la forêt thaïlandaise, la chasse est illégale. Un défi que rencontrent de nombreux peuples autochtones dans le monde, sommés d’abandonner leur mode de vie traditionnel et qui doivent se battre pour des terres qu’ils ont toujours occupées.Ils se retrouvent fréquemment victimes des politiques de protection de la nature, même si plusieurs études montrent que leur usage limité des ressources contribue à la préservation de la biodiversité.”Le mode de vie traditionnel des Maniqs n’est pas une inquiétude”, reconnaît Chutiphong Phonwat, qui dirige le centre de protection de la faune sauvage de Banthat. “Ils ne détruisent pas la forêt”. – “Je peux écrire mon nom” -Pendant des siècles, les Maniqs, qui font partie de la branche de population plus large désignée sous le nom de Negritos, ont vécu comme des chasseurs-cueilleurs dans les forêts tropicales de la péninsule malaise, se déplaçant au gré des saisons pour se fournir en nourriture.Ils ne sont plus que 415, dispersés dans les montagnes du sud de la Thaïlande, selon les données de la Fondation pour l’éducation et l’environnement des peuples autochtones.La plupart sont sédentarisés en bordure de forêt, attirés par l’accès aux soins et à l’éducation pour leurs enfants, comme à Pa Bon, dans la province de Phattalung.Mais la vie moderne requiert de l’argent, contraignant les hommes à travailler sur des plantations d’hévéa pour trois à huit dollars par jour, tandis que les femmes confectionnent des sacs avec des feuilles de pandan pour les vendre.Certains ont des smartphones et les enfants vivent dans un village à 10 kilomètres de l’école.”Un jour mon enfant est venu me voir et m’a dit +Aujourd’hui je peux écrire mon nom+. Entendre cela m’a rendue fière”, indique sa mère, Jeab Rakpabon, qui gagne sa vie en tissant.Pour ces communautés, la chasse est devenue une activité occasionnelle plus qu’un moyen de subsistance.”J’ai grandi en suivant mon père dans la forêt pour chasser et chercher de la nourriture”, indique Tom Rakpabon, chef de la communauté de 40 personnes dont tous les membres se sont vu attribuer le même nom de famille par les autorités.”A présent nous devons acheter du riz, de la viande, des légumes au marché”.Tiraillés entre leurs traditions et le mode de vie moderne, les Maniqs revendiquent des droits de propriété à demeure sur les forêts protégées.”Nous voulons de vraies maisons, des terres pour cultiver les légumes”, dit Jeab Rakpabon. “Les abris de feuilles comme ceux-ci ne sont que temporaires”.- Situation précaire -La forêt est désormais classée comme une zone protégée où la loi thaïlandaise interdit la propriété privée des terres et restreint l’utilisation des ressources. “Les Maniqs, comme tout le monde, doivent respecter la loi de manière égale”, déclare Chalerm Phummai, directeur de l’Office de protection de la Faune de Thaïlande. Selon la réglementation, les communautés autochtones peuvent demander des permis d’utilisation des terres de 20 ans, et plusieurs ont été délivrés. Mais ce processus réduit les groupes autochtones à des occupants temporaires de leurs forêts ancestrales, soulignent les détracteurs. Une communauté Maniq vit depuis plus de 30 ans à Plai Khlong Tong, dans la province de Trang, où elle a établi ses propres plantations d’hévéas et des maisons en bois et en béton sommaires au milieu des arbres imposants.”C’est frustrant de vivre ainsi”, note cependant Thawatchai Paksi, dont la mère a épousé un planteur d’hévéa, impulsant le changement de mode de vie. “Nous avons besoin de permission pour presque tout, même pour couper un arbre ou construire une maison.Vivre sans titre de propriété place les habitants dans une situation précaire, explique le chef du village Sakda Paksi.”Si les Maniq possédaient des terres, on pourrait marcher sur nos deux pieds”.- “Plus rien dans la forêt” –Un groupe de la province de Satun a été réduit à mendier en bord de route, faute de trouver du travail. “Si personne ne nous donne à manger, c’est difficile”, dit leur cheffe, Jin Sri Thung Wa.”Il ne reste plus rien dans la forêt ici, et il n’y a aucun travail”, dit-elle.Les Maniqs se heurtent aussi à des discriminations de la part des Thaïlandais, notamment dans la façon dont ils sont désignés.”Les Maniqs ne sont pas des sauvages,” souligne Tao Khai, un autre chef communautaire. “Nous sommes un peuple de la forêt”.Les propriétaires d’une plantation de caoutchouc et site touristique permettent à son groupe de vivre sur leur territoire, mais ils n’ont pas de champs à cultiver et subsistent grâce à des travaux journaliers dans la région, complétés par la chasse. Chaque matin, un employé de la plantation conduit Duan Srimanang, 13 ans, et des dizaines d’autres enfants à l’école. En raison de ses faibles connaissances, elle étudie avec des enfants de sept ans, mais elle peut maintenant écrire son nom et apprend à lire. “Quand je serai grande, je veux avoir un travail et gagner de l’argent pour pouvoir m’occuper de ma mère et lui rendre la vie confortable et heureuse”, dit-elle.- Droits permanents -En septembre, une nouvelle loi thaïlandaise a créé des “zones ethniques protégées” pour les populations autochtones avec un régime plus flexible.”Les Maniqs n’obtiendront pas la propriété foncière, mais ils auront des droits d’utilisation des terres conformément à leur mode de vie traditionnel”, assure l’anthropologue Apinan Thammasena. “La sécurité foncière ne passe pas forcément par un droit de propriété. Elle peut prendre la forme de droits d’utilisation garantis et permanents des terres”, ajoute-t-il.Mais pour le député Laufang Bandittheodsakul, un membre des tribus Hmong, qui a participé à l’élaboration de la réglementation, les règles environnementales restent en place, ce qui peut potentiellement saper l’impact de ces mesures. “La législation foncière reste largement inchangée”, dit-il, soulignant que le service des forêts devait toujours autoriser l’accès à l’eau, l’électricité et la construction des routes.Tao Khai rentre de la chasse à la plantation d’hévéa, où Duan et ses amis font leurs devoirs éclairés par une lampe torche.”Cette terre nous a été donnée temporairement”, dit-il. “Les Maniqs veulent une maison où ils peuvent vivre pour toujours”.str/sah/slb/ane/lgo/gmo/ptCe reportage est une collaboration entre l’AFP et HaRDstories, avec le soutien du Centre Pulitzer.

Une compagnie de police controversée visée par de nouvelles plaintes

Plusieurs plaintes, dont une pour “actes de torture”, ont été déposées contre une compagnie de policiers opérant en Seine-Saint-Denis, déjà touchée par plusieurs scandales ces dernières années et dont la dissolution avait été annoncée, a appris jeudi l’AFP, confirmant plusieurs informations de presse.L’affaire a d’abord été révélée par les journaux Libération et L’Humanité, qui s’en sont fait l’écho mardi. Selon leurs récits, deux hommes, âgés de 15 ans et 24 ans et ne se connaissant pas, ont subi le 12 septembre des violences, insultes et humiliations de la part de policiers de la controversée compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) de Seine-Saint-Denis.Jeudi, la Ligue des droits de l’Homme a publié un communiqué pour demander le démantèlement de cette compagnie “structurellement à la dérive”, dont quatre policiers avaient été condamnés en juin 2023 pour faux procès verbaux et, pour deux d’entre eux, violence volontaire en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique.Promise à la dissolution par l’ancien préfet de police de Paris Didier Lallement, la compagnie a finalement été réorganisée et replacée sous l’autorité de la CSI de Paris.Sollicitée par l’AFP, la préfecture de police de Paris a renvoyé vers le parquet de Bobigny en charge du dossier.Selon les plaintes déposées devant l’IGPN et le parquet de Bobigny mi-septembre par le jeune âgé de 15 ans, que l’AFP a consultées, l’adolescent s’était réfugié dans un local poubelle en voyant des policiers et en entendant des tirs de mortiers à proximité de son immeuble.Alors qu’il se cache, il est interpellé et l’un des policiers lui assène “une dizaine de coups de poing avec des gants coqués” et l’insulte, selon l’une des plaintes, qui mentionne également dans le fourgon où il était menotté, des “coups au visage” avec une matraque de la part d’un policier tandis qu'”un autre le frappait à l’aide d’une bombe lacrymogène métallique à de multiple reprises”.”Durant ces violences, un des policiers filmait le mineur et lui demandait d’imiter le bruit d’un animal après chacun des coups portés” et notamment “de miauler puis d’aboyer”.Selon l’avocat du garçon, Me Pierre Brunisso, l’acte de torture se justifie par “la volonté d’humiliation” et “la durée” des violences.Dans sa plainte, la seconde victime présumée a indiqué que l’un des policiers en moto l’a “percuté volontairement avec sa roue avant sur le côté gauche de (s)a moto” après qu’il venait de descendre, comprenant que les policiers qui le suivaient “étaient là pour (lui)”. Il a ensuite reçu un coup de poing et est “tombé par terre, inconscient”.Il a ensuite repris conscience dans le véhicule où il a assisté aux coups donnés par “quatre policiers” sur l’adolescent.Interrogé par l’AFP, le parquet de Bobigny n’a pas donné suite.

Gueule de bois sur les marchés: les craintes d’une “bulle” de l’IA resurgissent malgré les performances de Nvidia

La fête a été de courte durée sur les marchés boursiers: après un bref soulagement face aux performances du géant américain des puces Nvidia, les valeurs technologiques s’effondrent, craignant que l’engouement suscité par l’intelligence artificielle ne soit finalement qu’une bulle spéculative.A Tokyo, le géant des investissements technologiques SoftBank Group a dévissé de 10,9%, et le fabricant de puces-mémoires Kioxia sombré brièvement de plus de 17% avant de limiter la casse (-11,51%), tandis qu’à Séoul SK Hynix a chuté de 8,1% et Samsung Electronics de 6,3%.Le champion Nvidia, devenu un porte-étendard de la révolution de l’IA avec ses processeurs graphiques qui peuvent effectuer des millions de calculs en parallèle, a pourtant annoncé mercredi des résultats financiers au-delà des attentes, avec au troisième trimestre un bond de son bénéfice net de 65% sur un an, et des prévisions optimistes.Son patron Jensen Huang a fait rêver les investisseurs en vantant les ventes “hors norme” de la Blackwell, sa puce la plus performante pour les applications IA et l’informatique à distance (cloud), et ses processeurs destinés au cloud “tous vendus”.Mais les actions de l’IA s’envolent ces derniers mois à de tels niveaux que les observateurs craignent que les investissements massifs dans le secteur ne soient allés trop vite, comparés aux innovations et aux retours financiers réels.Malgré une envolée initiale de 5% jeudi à New York, le titre Nvidia a ainsi finalement chuté de 3,15%, alors que l’enthousiasme initial s’évaporait.- “Un marché difficile à satisfaire” -Les performances de Nvidia “ont d’abord été saluées”, mais “les inquiétudes persistantes autour des investissements dans l’IA ont finalement entraîné un retournement de tendance”, commente Takuma Ikemoto du Tokai Tokyo Intelligence Lab.”C’est un marché difficile à satisfaire, ce qui témoigne sans doute de la surévaluation relative des titres” de l’IA, “la +bulle IA+, comme certains l’appellent”, note Ken Crompton de National Australia Bank.Car “sous la beauté des résultats de Nvidia, le fond reste inchangé”, estime Stephen Innes de SPI Asset Management. “L’intelligence artificielle demeure le centre de gravité, mais cette gravité commence soudainement à se faire sentir.””Les investisseurs ne remettent pas en cause la demande en puces, mais plutôt la capacité des acheteurs à justifier ces dépenses colossales, à rentabiliser les infrastructures mises en place et à financer la prochaine étape sans que les marchés du crédit ne vacillent.”- Massif plan de relance japonais -Entrainées par la chute de la tech, les places asiatiques étaient dans le rouge vendredi: A Tokyo, l’indice vedette Nikkei a reculé de 2,4% à 48.625,88 et l’indice élargi Topix stagné (-0,06%) à 3.297,73 points.La Bourse de Séoul a chuté de 3,8%, celle de Taipei de 3,6% et Sydney baissé de 1,6%. Hong Kong lâchait 1,7%.La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a par ailleurs annoncé vendredi un massif plan de relance de 117 milliards d’euros face à la flambée du coût de la vie.L’inflation dans l’archipel a ainsi légèrement accéléré en octobre (+3%, hors produits frais) selon des chiffres publiés vendredi, dépassant pour le 43e mois consécutif l’objectif de 2% de la Banque du Japon (BoJ), ce qui pourrait l’inciter à relever ses taux le mois prochain.L’ampleur de ce plan de 117 milliards d’euros, que Mme Takaichi a promis “responsable” sur le plan budgétaire, fait craindre que la lourde dette du pays ne se creuse encore, ce qui a fait grimper ces derniers jours les rendements des obligations d’Etat.Les taux d’intérêt refluaient toutefois après l’annonce.Et la devise japonaise, également éprouvée par ces inquiétudes, se reprenait après des propos de la ministre des Finances Satsuki Katayama, qui a laissé entendre vendredi que le gouvernement pourrait intervenir pour soutenir sa devise.Vers 06H30 GMT, le billet vert s’échangeait pour 157,16 yens.Sur le marché du pétrole, le baril de WTI nord-américain lâchait 1,12% à 58,35 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,92% à 62,80 dollars.Le bitcoin, considéré comme un actif risqué, continuait à baisser, s’échangeant pour 85.565 dollars, soit une chute de plus de 32% depuis son record de début octobre.

Après un incendie, dernière journée pour débloquer la COP30 en Amazonie

Retardées par un incendie, les chaotiques négociations climatiques de la COP30 entre près de 200 pays entrent vendredi dans leur dernier jour dans l’Amazonie brésilienne, sans consensus en vue entre des camps qui restent très opposés sur les énergies fossiles.”Au feu!” Le site à Belem a été évacué une large partie de la journée jeudi à cause d’un incendie, faisant perdre de précieuses heures au pire moment. Il n’a rouvert que dans la soirée, après une inspection des pompiers. Les négociations, déjà mal engagées, ne doivent reprendre pleinement que vendredi matin.C’est le troisième incident perturbant la conférence de l’ONU, démarrée la semaine dernière dans cette grande ville emblématique de l’Amazonie urbaine. Une incursion de manifestants indigènes puis le blocage de l’entrée avaient déjà désorganisé les travaux du sommet, organisé par le Brésil avec l’ONU.Le feu a éclaté vers 14H00 heure locale (17H00 GMT) en plein cœur du site temporaire érigé au Parque da Cidade, constitué d’immenses tentes climatisées. “Sortez!” ont crié des participants affolés en se ruant vers les sorties.En quelques minutes, de hautes flammes ont consumé une partie du toit dans le secteur des stands nationaux, ont constaté des journalistes de l’AFP. Le pavillon de la communauté d’Afrique de l’Est est l’un de ceux détruits par le feu. L’incendie a été maîtrisé en six minutes, selon les organisateurs. Dix-neuf personnes ont été prises en charge par les secours à cause des fumées, et deux pour des crises d’anxiété, selon le ministère de la Santé.Pour cette première COP en Amazonie, les Brésiliens avaient choisi comme mascotte un gardien de la forêt du folklore brésilien, Curupira, aux cheveux en forme de flamme. – “Détresse émotionnelle” -“Les difficultés opérationnelles juste avant le démarrage de la COP pouvaient laisser penser que ce type d’incident puisse se produire”, a confié à l’AFP une source proche de l’organisation, sous couvert d’anonymat.Le patron de l’ONU Climat, Simon Stiell, s’était plaint dans une lettre aux Brésiliens, au début de la conférence, de problèmes de sécurité, de climatisation et de fuites d’eau.”Cela aurait pu arriver n’importe où dans le monde”, s’est défendu Celso Sabino, ministre brésilien du Tourisme, sur place.Mais de multiples participants ont signalé des problèmes de systèmes de câblages électriques ces derniers jours. L’AFP a constaté dans son propre espace de travail des fuites d’eau venant du plafond pendant les fortes pluies tropicales quotidiennes. Deux sources ont rapporté avoir entendu de l’organisation qu’une surcharge électrique avait causé le feu, mais les autorités n’ont pas encore communiqué sur sa cause.Il y a eu “des personnes en état de détresse émotionnelle et de choc”, a témoigné Kimberly Humphrey, spécialiste en médecine d’urgence, participant à la COP avec Doctors for the Environment Australia.- Blocages sur les fossiles -“Cela va retarder le processus” alors que c’est le “moment crucial”, a regretté Windyo Laksono, un délégué indonésien.La présidence brésilienne de la conférence, déjà en retard sur son calendrier, a la lourde tâche de mettre d’accord sur une série de textes 194 pays et l’Union européenne, membres de l’accord de Paris, pour une adoption par consensus, toujours une épreuve.L’une des idées les plus conflictuelles est poussée par plus de 80 pays européens, latino-américains ou insulaires: acter une “feuille de route” pour accélérer la sortie du pétrole, du charbon et du gaz, largement responsables du réchauffement climatique, afin d’aller plus loin que l’engagement à une sortie progressive des énergies fossiles pris à la COP28 il y a deux ans.Le président brésilien Lula l’a remise au centre du jeu mercredi lors de sa visite à Belem.Mais selon un négociateur sous couvert d’anonymat, la Chine, l’Inde, l’Arabie saoudite, le Nigeria et le Russie s’y sont fermement opposés.Et cette “feuille de route” ne figurait pas dans le projet d’accord présenté aux délégations jeudi, et obtenu par l’AFP.Une trentaine de pays, dont la France, l’Allemagne et la Colombie, jugent cela inacceptable et ont menacé de bloquer le projet, dans une lettre adressée au président de la conférence, André Correa do Lago.

Un incendie fait dérailler les dernières 24 heures de négociations de la COP30

Un incendie a bouleversé la dernière ligne droite des négociations climatiques de la COP30 au Brésil, privant les délégués de précieuses heures pour forger un compromis sur la finance et les énergies fossiles avant la fin prévue vendredi soir.Le site à Belem a été fermé pendant près de sept heures jeudi, forçant les négociateurs à …

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Un incendie fait dérailler les dernières 24 heures de négociations de la COP30

Un incendie a bouleversé la dernière ligne droite des négociations climatiques de la COP30 au Brésil, privant les délégués de précieuses heures pour forger un compromis sur la finance et les énergies fossiles avant la fin prévue vendredi soir.Le site à Belem a été fermé pendant près de sept heures jeudi, forçant les négociateurs à interrompre leurs travaux et à rentrer dans leurs hôtels. Il n’a rouvert que dans la soirée, après une inspection des pompiers. Les négociations, déjà mal engagées jeudi au lever du jour, ne reprendront pleinement que vendredi matin.C’est le troisième incident perturbant la conférence de l’ONU, démarrée la semaine dernière dans cette ville d’Amazonie brésilienne. Une incursion de manifestants indigènes, puis le blocage de l’entrée, avaient déjà désorganisé les travaux du sommet, organisé par le Brésil avec l’ONU.Le feu a éclaté vers 14H00 heure locale (17H00 GMT) en plein coeur du site temporaire érigé au Parque da Cidade, constitué d’immenses tentes climatisées. “Au feu! Sortez!” criaient des participants affolés en courant vers les sorties.En quelques minutes, la fumée a envahi la zone et les hautes flammes ont consumé une partie du toit dans le secteur des stands nationaux, ont constaté des journalistes de l’AFP. Le pavillon de la communauté d’Afrique de l’Est est l’un de ceux détruits par le feu. Le secteur des pavillons nationaux est fermé, a constaté un journaliste de l’AFP.Des agents avec extincteurs puis des pompiers ont éteint l’incendie en six minutes, selon la présidence brésilienne de la conférence et l’ONU Climat. Dix-neuf personnes ont été traitées par les secours à cause des fumées, et deux pour des crises d’anxiété, selon le ministère de la Santé. Neuf d’entre elles restaient prises en charge dans la soirée.Aucune alarme n’a retenti, si bien que l’évacuation du très grand site a été menée par des agents de sécurité dans un certain désordre.- “Détresse émotionnelle” -“Les difficultés opérationnelles juste avant le démarrage de la COP pouvaient laisser penser que ce type d’incident puisse se produire”, a confié à l’AFP une source proche de l’organisation, sous couvert d’anonymat.Le patron de l’ONU Climat, Simon Stiell, s’était plaint dans une lettre aux Brésiliens, au début de la conférence, de problèmes de sécurité, de climatisation et de fuites d’eau.”Cela aurait pu arriver n’importe où dans le monde”, s’est défendu Celso Sabino, ministre brésilien du Tourisme, sur place.Mais de multiples participants ont signalé des problèmes de systèmes de câblages électriques ces derniers jours. L’AFP a constaté dans son propre espace de travail des fuites d’eau venant du plafond pendant les fortes pluies tropicales quotidiennes. Il y a eu “des personnes en état de détresse émotionnelle et de choc”, a témoigné Kimberly Humphrey, spécialiste en médecine d’urgence, participant à la COP avec Doctors for the Environment Australia.- Tout retarder -La présidence brésilienne de la conférence, déjà en retard sur son calendrier, devait publier jeudi un projet d’accord pour les 194 pays et l’Union européenne membres de l’accord de Paris, pour une adoption par consensus, toujours une épreuve.A l’extérieur, la frustration des participants qui espéraient envoyer un signal fort sur la coopération climatique est palpable.”Cela va retarder le processus” alors que c’est le “moment crucial” où “l’on doit prendre des décisions”, a dit à l’AFP Windyo Laksono, un délégué indonésien.- Blocages sur les fossiles -L’UE a tenu sa réunion de coordination en visioconférence.”La situation est volatile. On attendait des nouvelles de la présidence en début d’après midi, là c’est compliqué pour eux, ils faut qu’ils relancent un processus clair et propre”, confie un négociateur d’un pays développé.L’un des sujets les plus conflictuels est l’idée de créer une “feuille de route” pour accélérer la sortie du pétrole, du charbon et du gaz, largement responsables du réchauffement, afin d’aller plus loin que l’engagement à une sortie progressive des énergies fossiles pris à la COP28 il y a deux ans.Le président brésilien Lula l’a remise au centre du jeu mercredi lors de sa visite à Belem.Mais selon un négociateur qui souhaite rester anonyme, la Chine, l’Inde, l’Arabie saoudite, le Nigeria et le Russie s’y sont fermement opposés. Et cette “feuille de route” ne figurait pas dans une ébauche d’accord proposée par les Brésiliens aux délégations jeudi, et obtenue par l’AFP.

Trump évoque la peine capitale pour des démocrates qui appellent l’armée à désobéir

Donald Trump a évoqué jeudi la peine de mort pour des élus démocrates ayant appelé les militaires et les agents du renseignement américains à désobéir aux “ordres illégaux” de son gouvernement.”COMPORTEMENT SEDITIEUX, passible de la peine de MORT!”, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.”Absolument infâme”, a réagi le Parti démocrate sur …

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Ukraine: Washington juge son plan “bon” pour les deux parties, Zelensky veut une “paix digne”

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a plaidé jeudi en faveur d’une “paix digne”, après un entretien avec un haut responsable américain qui lui a présenté le plan de Washington pour mettre fin à l’invasion russe, présenté par la Maison Blanche comme “bon” pour les deux parties.”L’Ukraine a besoin de paix. (…) Une paix digne, afin que les conditions soient respectueuses de notre indépendance, de notre souveraineté et de la dignité du peuple ukrainien”, a indiqué M. Zelensky dans son adresse quotidienne diffusée sur les réseaux sociaux, après s’être entretenu avec le secrétaire américain à l’Armée, Daniel Driscoll.Le dernier plan présenté par Washington semble donner surtout satisfaction aux ambitions de Moscou, alors que l’armée ukrainienne, moins nombreuses et moins équipée, peine à contenir la poussée russe sur le front.La présidence ukrainienne avait indiqué peu avant que M. Zelensky prévoyait de discuter “dans les prochains jours” avec son homologue américain Donald Trump des “possibilités diplomatiques disponibles et des principaux points nécessaires à la paix”.”Nous sommes prêts à travailler de manière constructive avec la partie américaine et nos partenaires en Europe et dans le monde entier afin de parvenir à la paix”, avait-elle ajouté.”Le président (Trump) soutient ce plan. C’est un bon plan à la fois pour la Russie et pour l’Ukraine et nous pensons qu’il est acceptable pour les deux parties”, a toutefois assuré jeudi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. Le président Vladimir Poutine s’est de son côté rendu jeudi “dans l’un des postes de commandement du groupement de troupes Ouest” selon le Kremlin – qui n’a pas précisé si ce poste ce trouvait en Russie ou en Ukraine.Le commandant du groupement de troupes Ouest, Sergueï Kouzovlev, a pu lui annoncer devant les caméras de la télévision russe la prise de Koupiansk, l’un des bastions ukrainiens dans l’est du pays.La ville, qui comptait 55.000 habitants avant la guerre, avait été occupée pendant plusieurs mois en 2022 par l’armée russe avant d’être reprise par les troupes ukrainiennes.- Progression russe -Selon le chef de l’état-major, Valéri Guérassimov, les troupes russes “continuent d’étendre leur zone de contrôle” dans les régions de Dnipropetrovsk (centre-est), où elles ont pénétré cet été, et de Zaporijjia (sud), où elles ont avancé ces dernières semaines.Il a aussi fait état d’une “offensive qui se déroule avec succès” à Pokrovsk, un noeud logistique clef pour l’armée ukrainienne qui pourrait tomber prochainement, et à Siversk, une ville qui n’avait pas connu de combats depuis 2022.”Les troupes (…) avancent pratiquement sur tous les fronts”, s’est félicité le général Guérassimov.Selon des éléments fournis à l’AFP par une source proche du dossier, les propositions américaines présentées à l’Ukraine s’approchent des conditions maximalistes avancées précédemment par la Russie et rejetées dans le passé par Kiev qui n’y voit qu’une capitulation de facto.Ce texte comporte 28 propositions, selon des médias américains:  Il prévoit la “reconnaissance de (l’annexion de) la Crimée et d’autres régions prises par la Russie”, qui contrôle presque 20% du territoire ukrainien, a indiqué la source de l’AFP à Kiev. Moscou a déjà réclamé par le passé que Kiev lui cède les régions de Donetsk et Lougansk dans l’est, et de Kherson et Zaporijjia dans le Sud, qu’elle contrôle partiellement et dont elle revendique l’annexion depuis septembre 2022, en plus de la péninsule de Crimée annexée en 2014.Selon des médias américains, le plan exige aussi de l’Ukraine qu’elle reconnaisse le russe comme deuxième langue officielle et que les droits de l’Eglise orthodoxe dépendante du patriarcat de Moscou soient réinstaurés.- “Concessions difficiles mais nécessaires” -Les propositions prévoient aussi “la réduction de l’armée ukrainienne à 400.000 personnes”, soit à peine plus de la moitié de ses effectifs et l’abandon de toutes ses armes à longue portée, selon le haut responsable. La Russie est en outre farouchement opposée à toute présence de troupes de l’Otan en Ukraine ainsi qu’à l’adhésion de Kiev dans l’Alliance.Kiev réclame pour sa part des garanties de sécurité de la part des Occidentaux, dont des troupes européennes sur son sol, ce que prévoit d’interdire le plan américain, selon des médias.Kiev estime que ces propositions ont été préparées par la Russie et approuvées par les Américains, a déclaré à l’AFP le haut responsable à Kiev, soulignant que ce que la Russie était censée faire en retour n’était “pas clair”.D’après le média américain Axios, Washington et Moscou ont travaillé en secret à son élaboration, ce que le Kremlin a refusé de commenter.La présidence ukrainienne s’est dite néanmoins prête à “travailler de manière constructive avec la partie américaine et (ses) partenaires en Europe et dans le monde entier afin de parvenir à la paix”.Selon elle, une conversation entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump à ce sujet est prévue “dans les prochains jours”.”Les deux parties devront accepter de faire des concessions difficiles mais nécessaires”, a de son côté déclaré le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, plaidant pour un “échange d’idées sérieuses et réalistes”.Le Kremlin a déclaré n’avoir aucun commentaire à ce sujet.Les alliés européens de l’Ukraine ont de leur côté insisté pour que tout accord inclue les positions de l’UE et de Kiev.”Pour qu’un plan fonctionne, il faut que les Ukrainiens et les Européens soient impliqués”, a déclaré jeudi la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas.bur-ant-mda-pop/lpt-liu/ial/