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“Nous avons préservé l’Ukraine”: Zelensky assure que Poutine “n’a pas atteint ses objectifs”

Le président Volodymyr Zelensky s’est félicité mardi que Vladimir Poutine “n’a pas atteint ses objectifs” de guerre ni “brisé les Ukrainiens”, quatre ans jour pour jour après l’invasion de son pays par la Russie, qui a, de son côté, menacé de “continuer” les hostilités.L’offensive massive russe contre son voisin, pire conflit sur le sol européen depuis la Deuxième guerre mondiale, visait initialement à renverser l’Etat ukrainien en quelques jours, mais elle s’est heurtée à une résistance farouche des Ukrainiens et à une mobilisation inédite des Occidentaux pour leur venir en aide.Les combats et bombardements ont fait des centaines de milliers de morts et blessés deux deux côtés et des millions de réfugiés ukrainiens à l’étranger.”Poutine n’a pas atteint ses objectifs. Il n’a pas brisé les Ukrainiens. Il n’a pas gagné cette guerre. Nous avons préservé l’Ukraine et nous ferons tout pour parvenir à la paix et garantir que justice soit faite”, a déclaré M. Zelensky dans une adresse à la nation.Il a assuré que Kiev veut “une paix forte, digne et durable”. “Tout ce qu’a enduré l’Ukraine ne doit ni être abandonné, ni oublié, ni trahi”.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a également constaté que “les objectifs (de la Russie n’étaient) pas encore atteints”, ajoutant: “c’est pourquoi l’opération militaire spéciale se poursuit” en Ukraine.Vladimir Poutine a, lui, estimé que les Occidentaux, qui arment et financent l’Ukraine, n’étaient pas parvenus “à infliger une défaite stratégique à la Russie sur le champ de bataille”.- “Jamais pardonner” -La cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, António Costa, ainsi que les dirigeants des pays nordiques et baltes se sont rendus mardi à Kiev pour manifester leur soutien.A cette occasion, M. Zelensky a exhorté l’UE à fixer une “date claire” pour l’adhésion de son pays.  Kiev avait évoqué auparavant janvier 2027 comme possible date, mais les Européens jugent cette échéance impossible à respecter.Ursula von der Leyen a, elle, promis d’accorder “d’une façon ou d’une autre” à l’Ukraine le prêt de 90 milliards d’euros décidé par l’UE, malgré le blocage de la Hongrie.A Irpine, dans la banlieue de Kiev, l’une des villes où les corps de civils avaient été découverts en 2022, symbole des atrocités attribuées à l’armée russe, le traumatisme est encore immense.”Personne d’autre que nous ne peut parcourir ce chemin difficile et douloureux. Mais il aboutira certainement à la victoire”, veut croire auprès de l’AFP Ievguenia Antoniouk,  une responsable locale de 43 ans.Elle se souvient en particulier d’un moment après le retrait des troupes russes des environs de Kiev, lorsqu’elle a distribué du pain à un vieil homme. “Il a fondu en larmes et s’est mis à m’embrasser les mains. À ce moment-là, j’ai détesté les Russes si profondément que j’ai compris qu’aucun de nous — ni moi, ni mes enfants, ni mes petits-enfants — ne pourrait jamais les oublier, encore moins leur pardonner”, se remémore-t-elle.Amer, Valentin Oleksienko, vétéran de 29 ans blessé sur le front, assure pour sa part que même une victoire ukrainienne “ne signifierait rien”. “Le prix que nous payons est trop élevé. Trop de nos compatriotes ont été tués”, juge-t-il. Pour l’archimandrite Issakiï Zinkevytch de Boutcha, ville à côté d’Irpine, la guerre ressemble au “combat entre Goliath et David” et comme David, “les Ukrainiens aujourd’hui donnent l’exemple d’un esprit indestructible”. – Soutien occidental -La Russie, qui occupe environ 20% de l’Ukraine, continue une progression lente mais continue sur le front. Elle s’est emparée de plus de territoires lors de la quatrième année du conflit que lors des 24 mois précédents, selon l’analyse par l’AFP des données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), un centre de réflexion américain.Moscou mène régulièrement des frappes massives de drones et de missiles, qui ont dévasté le réseau énergétique ukrainien, provoquant coupures de courant et de chauffage au milieu d’un hiver glacial.Près du front, des villes entières ont été réduites en ruines et le coût de la reconstruction de l’Ukraine sur la prochaine décennie est estimé à plus de 500 milliards d’euros, selon un rapport international publié lundi.Plusieurs cycles de négociations ont eu lieu ces dernières semaines, mais les discussions coincent sur les questions territoriales. Moscou veut que les troupes ukrainiennes abandonnent la région orientale Donetsk, ce que Kiev refuse.Les dirigeants des pays du G7, dont Donald Trump, ont affirmé mardi leur “soutien indéfectible à l’Ukraine”, tandis qu’une trentaine de dirigeants de pays alliés de Kiev ont exhorté la Russie à accepter un “cessez-le-feu complet et inconditionnel”.Le président français, Emmanuel Macron, s’est dit “très sceptique” sur la possibilité d’aboutir à une “paix à court terme” en Ukraine. Et le chancelier allemand Friedrich Merz a exhorté la Chine, proche partenaire de Moscou, à peser pour arrêter la guerre.Vendredi, dans un entretien avec l’AFP, le président Volodymyr Zelensky avait estimé l’issue de la guerre avec la Russie était toujours incertaine, mais que l’Ukraine n’était “pas en train de la perdre”.

Pannes électriques, écoles fermées… le nord-est des Etats-Unis gère les suites de la tempête

Le nord-est des Etats-Unis continue de faire face mardi aux conséquences de la tempête de neige d’une ampleur exceptionnelle qui a frappé la zone depuis dimanche, avec plus de 300.000 foyers encore privés d’électricité et de nombreuses écoles fermées.Plus de 60 cm de poudreuse ont recouvert une grande partie de la région entre dimanche soir et lundi soir. Les zones côtières au sud de Boston, dans les Etats du Massachusetts et du Rhode Island, ont été particulièrement affectées, avec plus de 90 cm tombés par endroits, selon les services météorologiques du pays.Dans cette partie de la Nouvelle-Angleterre, les déplacements de véhicules non essentiels sont encore interdits et les écoles fermées mardi.Dans la matinée, près de 240.000 foyers étaient privés d’électricité dans le Massachusetts, 36.000 dans le New Jersey et 20.000 dans le Delaware, selon le site spécialisé PowerOutage.com.La veille, le nombre de foyers impactés a atteint 650.000 au plus fort de la tempête, marquée aussi par des bourrasques de vent dépassant les 100 km/h.Quelque 2.000 vols étaient annulés et près de 1.000 retardés dans le pays mardi, principalement à l’aéroport de Boston et ceux de New York.Plus de 9.000 vols ont déjà été annulés dimanche et lundi.Les transports en commun demeurent aussi perturbés, avec certaines liaisons ferroviaires coupées et d’autres déviées, notamment dans le New Jersey et l’Etat de New York.Pour la première fois en 153 ans, le Boston Globe n’a pas distribué son édition quotidienne mardi en raison des conditions qui “rendaient impossibles l’impression et la livraison du journal”, selon un article publié sur son site web.A New York, où la neige a rapidement commencé à fondre depuis la veille avec la montée des températures, l’école a repris normalement après un exceptionnel jour de fermeture des classes en raison des intempéries.Le maire de la ville Zohran Mamdani a de nouveau lancé un appel pour recruter des volontaires pour aider à déneiger les rues, payés 30 dollars de l’heure. Plus d’un millier d’entre eux ont déjà été engagés et sont à l’oeuvre depuis la tempête.Alors qu’une vingtaine de personnes sont mortes lors d’une précédente vague de froid cet hiver, l’élu a également rappelé que des refuges d’urgence étaient ouverts dans toute la ville. Quelque 250 sans-abris y ont été placés depuis samedi par les autorités, a-t-il précisé dans un communiqué.Des averses de neige, dans des proportions toutefois bien moindres sont de nouveau attendues sur le nord-est des Etats-Unis dans la nuit de mardi à mercredi.

L’Iran affirme qu’un accord avec les Etats-Unis est “à portée de main”

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré mardi qu’un accord avec les Etats-Unis était “à portée de main”, à l’avant-veille d’une nouvelle session de pourparlers entre les deux pays, sous forte pression militaire américaine.Dans le même temps, le gouvernement iranien a lancé un avertissement aux étudiants qui ont recommencé à protester, après la répression sanglante en janvier d’une vaste contestation.Avant le troisième rendez-vous prévu jeudi à Genève des deux pays ennemis, qui ont renoué le dialogue sous médiation omanaise le 6 février à Mascate, M. Araghchi a affirmé sur X que son pays était “déterminé à parvenir à un accord juste et équitable — dans les plus brefs délais”.Il a fait état d’une “opportunité historique de conclure un accord sans précédent qui prenne en compte nos préoccupations et nos intérêts mutuels”. “Un accord est à portée de main, mais seulement si la diplomatie est privilégiée”, a-t-il ajouté, alors que depuis des semaines, Donald Trump brandit la menace de nouvelles frappes contre l’Iran, après la guerre de juin 2025, déclenchée par Israël, durant laquelle les Etats-Unis avaient bombardé des sites nucléaires iraniens.Les Etats-Unis, qui ont déployé un dispositif militaire massif dans la région – où le porte-avions Gerald Ford doit bientôt seconder l’Abraham Lincoln – tentent d’arracher un accord garantissant notamment que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire. Téhéran se défend de telles ambitions militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.Dans un rapport publié lundi, l’International Crisis Group (ICG) estime qu’au vu des divergences entre les deux pays, trouver un terrain d’entente sera “une tâche difficile”. “La République islamique et les Etats-Unis n’ont jamais été aussi proches du précipice d’un conflit majeur”, écrit ce centre de réflexion américain. – “Peur” et “espoir” -En Iran, le gouvernement a de son côté jugé, par la voix de sa porte-parole Fatemeh Mohajerani, que les étudiants avaient “le droit de manifester”. Mais il y a “des lignes rouges (…) à ne pas franchir”, a averti Mme Mohajerani, citant “les lieux sacrés” comme les mosquées et “le drapeau” de la République islamique.Depuis la reprise des cours samedi, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l’AFP montrent des étudiants dans des universités de Téhéran brûler ce drapeau, adopté après la révolution de 1979 qui a renversé la monarchie.Parmi les slogans scandés par les contestataires, “Mort au dictateur”, en référence au guide suprême, Ali Khamenei.Ces rassemblements, marqués pour certains par des affrontements entre adversaires et partisans du pouvoir, secouent un pays encore sous le choc de la répression qui a écrasé dans le sang une vague inédite de contestation du pouvoir iranien.Selon un habitant de Téhéran, interrogé par un journaliste de l’AFP basé à l’étranger, les protestations se limitent aux grandes universités et ne devraient pas s’étendre, du fait de “la peur d’une répression brutale et de l’espoir placé en Trump”.En cas d’échec de la diplomatie, les intentions de Washington “restent floues”, selon les analystes de l’ICG, qui soulignent que Donald Trump préfère “les guerres courtes” plutôt que l’engagement “dans un conflit coûteux et chaotique”.Le président américain, qui a dit le 19 février s’être donné de “dix” à “quinze jours” pour décider d’un éventuel recours à la force contre Téhéran, a démenti lundi des articles de presse selon lesquels le chef d’état-major américain l’aurait mis en garde contre une intervention de grande ampleur.L’Iran a de son côté réitéré qu’il riposterait “avec férocité” à toute frappe américaine, même limitée, mettant en garde contre un risque d'”escalade” régionale.

Nouvelle-Calédonie: le Sénat adopte une réforme constitutionnelle au parcours très incertain

Le Sénat a adopté mardi la réforme constitutionnelle sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, un texte décrié que le gouvernement défend comme le seul chemin vers une “stabilité” retrouvée pour l’archipel français du Pacifique mais dont la suite du parcours parlementaire s’annonce très incertaine.Dominés par une alliance entre droite et centristes, les sénateurs ont voté à 215 voix contre 41 ce projet de loi constitutionnelle. Le texte est désormais transmis à l’Assemblée nationale.”Le statu quo n’est pas une option viable” mais reviendrait à abandonner “les idéaux républicains, le progrès social et la construction renouvelée de la paix sur le territoire”, avait déclaré Sébastien Lecornu en ouverture des débats. Défendant un texte qui serait “un chemin de sortie politique durable”, le Premier ministre avait averti les sénateurs que s’il était rejeté, ce serait “la première fois que le Parlement refuserait d’être le notaire d’un accord conclu entre les parties calédoniennes”.Le projet de loi retranscrit deux accords conclus avec la majorité des forces politiques calédoniennes: celui de Bougival (juillet 2025) et celui de l’Élysée-Oudinot, signé en janvier 2026 sous l’égide d’Emmanuel Macron.Concrètement, son premier article prévoit d’organiser avant le 26 juillet 2026 un référendum local, lors duquel les électeurs calédoniens seraient appelés à approuver ou rejeter l’accord de Bougival.Son deuxième article, plus structurel, vise à inscrire dans la Constitution française la création d’un “État de la Nouvelle-Calédonie”, appartenant à l’ensemble national, doté d’une nationalité propre et pouvant être reconnue sur la scène internationale.Les sénateurs ont par ailleurs adopté un amendement fixant au 20 décembre 2026 au plus tard la tenue des élections provinciales, scrutin crucial dont dépend la composition du gouvernement local et qui a déjà été reporté à trois reprises depuis 2024.- Pas “d’alternative” ? -“Donnons une chance à ces accords, parce qu’en Nouvelle-Calédonie, l’alternative à un processus politique ouvert n’est jamais l’attente tranquille: c’est l’incertitude”, a lancé la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou aux sénateurs.Dominé par une alliance entre droite et centristes, le Sénat a majoritairement partagé le point de vue du gouvernement. “La voie de la raison, c’est d’accompagner la volonté d’une majorité de partenaires, négociée à Bougival”, assume la sénatrice Agnès Canayer (Les Républicains), chargée de piloter l’examen du texte.Mais l’opposition des indépendantistes du FLNKS à ces accords, qu’ils jugent incompatibles avec la pleine souveraineté du territoire, complique sérieusement la donne. L’absence de consensus local fait craindre à de nombreux parlementaires un “passage en force” aux conséquences potentiellement néfastes à Nouméa.”Ne répétons pas les erreurs du passé”, a alerté dans l’hémicycle le sénateur indépendantiste calédonien Robert Xowie, faisant référence aux émeutes meurtrières de mai 2024 en opposition à une précédente réforme constitutionnelle et expliquant que “la Kanaky-Nouvelle-Calédonie a payé cher l’entêtement du gouvernement”.L’autre sénateur calédonien Georges Naturel, pourtant non-indépendantiste, a dit savoir “au fond de (lui) que cette révision constitutionnelle n’apportera malheureusement pas la solution politique stable et de long terme dont la Nouvelle-Calédonie a tant besoin”, résumant les doutes qui persistent jusque dans le camp loyaliste.Il a rappelé que les indépendantistes de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), signataires de Bougival-Elysée-Oudinot, sont désormais fragilisés par l’opposition aux accords exprimée lundi par l’un des leaders historiques du mouvement, Paul Néaoutyne.Les socialistes ont finalement choisi de s’abstenir. “Nous faisons un pas de côté”, a expliqué la sénatrice PS Corinne Narassiguin, disant vouloir donner au gouvernement l’opportunité de “suspendre l’examen du projet de loi constitutionnelle pour convoquer les élections provinciales au printemps”, comme prévu, avant d’ouvrir un nouveau cycle de discussions. – Parcours semé d’embûches -L’examen s’annonce désormais beaucoup plus incertain au Palais Bourbon, à partir du 31 mars. La gauche et le Rassemblement national devraient s’opposer au texte, tandis que beaucoup d’élus s’attendent à de “l’obstruction” des députés Insoumis.Les parlementaires socialistes – qui détiennent une grande partie des clés de l’avenir du texte – restent extrêmement réservés et Corinne Narassiguin a prévenu que si la navette parlementaire se poursuivait comme prévu, les députés socialistes voteraient contre ce projet de loi constitutionnelle. “Le gouvernement a substitué sa contrainte de calendrier à la recherche patiente d’un compromis”, a critiqué le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner, déplorant un “manque de méthode et de continuité” de l’État dans le dossier calédonien.

Le gouvernement britannique prêt à publier des archives sur l’ex-prince Andrew

Le gouvernement britannique s’est dit prêt mardi, devant le Parlement, à publier des documents concernant la nomination du prince désormais déchu Andrew comme envoyé spécial au Commerce en 2001, quelques heures après l’arrestation de l’ex-ambassadeur Peter Mandelson, également en lien avec l’affaire Epstein.A quatre jours d’intervalle, ces deux personnalités britanniques mises en cause dans cette affaire tentaculaire ont été arrêtées et placées en garde à vue par la police, soupçonnées d’avoir transmis des informations économiques sensibles au financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.Le gouvernement a apporté son soutien à une motion déposée mardi par le parti libéral-démocrate (centriste), réclamant la publication de documents relatifs à la nomination d’Andrew comme représentant spécial du Royaume-Uni pour le Commerce international, poste qu’il a occupé entre 2001 et 2011.Le texte a été adopté sans vote à la chambre des Communes, du fait de ce soutien de l’exécutif.”C’est bien le minimum que nous devons aux victimes de ces atrocités, commises par Epstein et d’autres”, a déclaré Chris Bryant, secrétaire d’Etat au Commerce, devant les députés. Il a toutefois prévenu que le gouvernement devrait travailler avec la police pour veiller à ne pas “compromettre l’enquête”.M. Bryant a décrit le frère cadet du roi, déchu de tous ses titres et chassé de sa demeure royale par Charles III en octobre, comme un “homme grossier, arrogant, imbu de ses privilèges et incapable de distinguer l’intérêt public de son propre intérêt privé”.Une attaque contre un membre de la famille royale impensable au Parlement jusqu’à récemment.- Documents sensibles -Même si elle a des répercussions “mondiales”, l’affaire Epstein est aussi “un scandale profondément britannique qui atteint les plus hautes sphères de l’establishment”, a fustigé Ed Davey, chef de file des libéraux-démocrates, disant vouloir “faire éclater la vérité sur le rôle” d’Andrew.Il avait auparavant appelé dans un communiqué à “mettre fin à l’ère de l’impunité”.Le gouvernement s’est déjà engagé début février, après l’adoption au Parlement d’une motion déposée par les conservateurs, à publier des documents sur la nomination de l’ex-figure du parti travailliste Peter Mandelson au poste d’ambassadeur à Washington fin 2024.La ministre de l’Education Bridget Phillipson a confirmé mardi sur la chaîne Sky News qu’une première série de doctuments serait publiée début mars, ajoutant là aussi qu’il fallait s’assurer que rien “ne puisse compromettre l’enquête”.Une partie des documents, potentiellement sensibles pour la sécurité nationale, sont préalablement filtrés par une commission parlementaire.Peter Mandelson, ancien ministre et commissaire européen, a été laissé en liberté sous caution dans la nuit de lundi à mardi, après plusieurs heures en garde à vue dans un commissariat londonien. Il est soupçonné de manquements à ses devoirs dans l’exercice de ses fonctions publiques lorsqu’il était ministre au sein du gouvernement de Gordon Brown de 2008 à 2010.Dans un communiqué, le cabinet d’avocats Mishcon de Reya, qui le représente, a indiqué que son arrestation était liée à la crainte “infondée” qu’il présente un risque de fuite. Il n’y a selon lui “absolument aucun fondement” à l’allégation selon laquelle il “prévoyait de quitter le pays pour s’installer définitivement à l’étranger”, ajoutant que sa priorité était de coopérer avec la police et de “blanchir son nom”.- “Tache” -Comme pour Andrew Mountbatten-Windsor, les liens de M. Mandelson avec Jeffrey Epstein étaient connus. Mais ces deux arrestations font suite à de nouvelles révélations issues d’une nouvelle salve de documents des dossiers Epstein publiés fin janvier par le ministère américain de la Justice.Ni Peter Mandelson ni Andrew n’ont été inculpés d’aucune infraction.Ed Davey a déploré que Peter Mandelson et Andrew Mountbatten-Windsor aient jusque-là “échappé” à la justice, estimant que cela constituait une “tache” sur la réputation du Royaume-Uni.Même si les deux enquêtes sont distinctes, le journal The Telegraph a exhumé des propos tenus devant le Parlement en 2001 par Peter Mandelson qui jugeait le frère cadet de Charles III “tout à fait qualifié” pour le rôle d’envoyé spécial.Andrew Lownie, ex-journaliste à la BBC et biographe du prince déchu, a déclaré à l’AFP que Peter Mandelson et Tony Blair, Premier ministre en 2001, avaient “imposé la nomination” d’Andrew.Les révélations sur les liens de Peter Mandelson avec le criminel sexuel américain ont mis sous pression le Premier ministre Keir Starmer, accusé de l’avoir nommé alors même qu’il savait que l’ex-ministre était resté proche d’Epstein après la condamnation de ce dernier pour crimes sexuels.Keir Starmer, qui avait rappelé Peter Mandelson des Etats-Unis en septembre 2025 après de nouvelles informations le liant à Jeffrey Epstein, a depuis présenté ses excuses, notamment aux victimes, et son chef de cabinet comme son directeur de la communication ont démissionné.

Brésil: au moins 23 morts en raison de fortes pluies dans le sud-est

Au moins 23 personnes sont mortes et 47 sont portées disparues, tandis que plus de 400 autres ont dû évacuer leurs logements, en raison de fortes pluies dans le sud-est du Brésil, selon les services de secours et les autorités locales.Seize personnes sont mortes, 43 sont portées disparues dans la municipalité de Juiz de Fora, et on dénombre sept morts et quatre disparus à Uba, à la suite des précipitations qui ont entraîné le débordement d’une rivière, des inondations et des glissements de terrain, selon un bilan officiel des autorités locales mardi.Les pompiers de l’Etat du Minas Gerais (sud-est) recherchent “des dizaines” de personnes, a déclaré un porte-parole à l’AFP.”Nous sommes ici depuis hier soir pour voir s’ils ont survécu sous terre… L’espoir est la dernière chose que l’on perd”, a dit à l’AFP Livia Rosa, une couturière de 44 ans dont plusieurs proches sont ensevelis sous la boue.Dans l’un des quartiers les plus touchés de Juiz de Fora, la banlieue de Parque Burnier, douze maisons ont été emportées par un important glissement de terrain, a indiqué à l’AFP le commandant Demetrius Goulart, des pompiers. “Beaucoup de gens étaient chez eux la nuit, alors qu’il pleuvait”, a-t-il précisé.- “Nous avons de l’espoir” -“Nous avons de l’espoir”, a-t-il ajouté. “Nous avons trouvé un garçon ce matin. Il était à l’intérieur d’une maison, sous les décombres. Il a fallu deux heures de travail à l’équipe pour le sortir vivant et il a été emmené à l’hôpital.”La maire de Juiz de Fora, Margarida Salomao, a décrété à l’aube l’état de catastrophe naturelle face à la “situation gravissime” provoquée par les précipitations “intenses et persistantes”.Il s’agit du mois de février le plus pluvieux de l’histoire de cette ville, où vivent quelque 540.000 personnes, selon les données officielles. Sont tombés 584 milimètres d’eau, soit le double de ce qui était attendu pour le mois entier.”Des quartiers sont isolés” et la situation est “extrême”, a déclaré Mme Salomao, ajoutant que les pluies avaient provoqué au moins 20 glissements de terrain.”La Défense civile estime par ailleurs à 440″ le nombre de personnes sinistrées qui reçoivent “le soutien de la mairie pour leur accueil et leur hébergement provisoire”, ont ajouté les autorités sur X.Les pompiers luttent à la fois contre des inondations, des glissements de terrain et des risques structurels sur les berges et dans les zones proches de la rivière Paraibuna, qui est sortie de son lit, a précisé le lieutenant Henrique Barcellos, des pompiers du Minas Gerais.Les autorités ont suspendu les cours dans toutes les écoles municipales. Certains habitants ont filmé des bâtiments s’effondrant en quelques secondes. Des images postées sur les réseaux sociaux montrent des secouristes travaillant avec des excavatrices dans des zones ensevelies sous la terre et des habitations entièrement détruites. Des pompiers utilisent du matériel spécialisé pour évacuer des personnes sur le point de se noyer.Sur les images, on peut également voir des rues et des avenues inondées et des torrents d’eau et de boue. Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a annoncé avoir placé le système de Défense civile en état d’alerte.”Notre priorité est de garantir une assistance humanitaire, la remise en route des services de base, une aide aux personnes déplacées, et un soutien à la reconstruction”, a-t-il écrit sur X.Le Brésil a connu plusieurs drames ces dernières années liés à des phénomènes climatiques extrêmes: inondations, sécheresse ou fortes vagues de chaleur.En 2024, des inondations avaient frappé le sud du pays et fait plus de 200 morts en affectant 2 millions d’habitants, l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire moderne du Brésil.En 2022, une violente tempête avait fait 241 morts dans la ville de Petropolis, dans l’État de Rio de Janeiro.Des experts ont lié la plupart de ces événements meurtriers aux effets du changement climatique. 

Les nouveaux droits de douane mondiaux voulus par Trump entrent en vigueur

Annoncés dans la foulée du camouflet infligé vendredi par la Cour suprême, les nouveaux droits de douane mondiaux de 10% voulus par le président américain Donald Trump, qui a menacé de les faire passer à 15%, sont entrés en vigueur mardi.Cette nouvelle surtaxe, dont le décret avait été signé dès vendredi, vise à remplacer les droits de douane indiscriminés existants jusqu’ici ainsi que ceux prévus par les différents accords commerciaux signés depuis leur entrée en vigueur avec la plupart des gros partenaires du pays.Elle ne remplace pas, en revanche, les droits de douane dits sectoriels, allant de 10% à 50% sur un certain nombre de secteurs d’activité, tels que le cuivre, l’automobile ou le bois de construction, qui n’étaient pas concernés par la décision vendredi de la haute juridiction d’invalider une bonne partie des surtaxes imposées par le dirigeant républicain depuis son retour au pouvoir.Elle ne s’applique pas non plus aux produits canadiens et mexicains importés aux États-Unis dans le cadre du traité nord-américain de libre-échange (ACEUM).Les services douaniers ont annoncé que la collecte des droits de douane retoqués par la Cour suprême n’était plus effective à compter de mardi à minuit heure de Washington (05H00 GMT), au moment de l’entrée en vigueur de la nouvelle surtaxe. Ils ont par ailleurs affirmé qu’ils collecteront les nouveaux droits de douane de 10% dès cet instant.Pour ce nouveau taux, le président américain a pris pour base légale une loi de 1974 lui permettant de rééquilibrer les échanges entre les États-Unis et leurs partenaires économiques dès lors qu’un déséquilibre marqué de la balance des transactions courantes est démontré.Ces droits de douane devraient abaisser à 13,7% le taux effectif moyen appliqué aux produits entrants aux États-Unis, contre 16% avant la décision de la Cour suprême, selon le Budget Lab de l’Université Yale.Au bout de 150 jours, le gouvernement devra toutefois obtenir un vote du Congrès s’il veut maintenir ces droits de douane sur la durée.Selon une note d’Oxford Economics, l’Inde et le Brésil sont les plus favorisés par les nouveaux taux, alors qu’ils étaient jusqu’ici visés par des droits de douane de 50% sur un certain nombre de produits.Mais “nous n’anticipons pas d’impact particulier sur les précisions économiques des pays gagnants comme perdants”, relève la note, “les changements ne vont pas modifier significativement les volumes commerciaux ni les réorienter”.- Autres limites -Le décret sur les droits de 10% court jusqu’au 24 juillet, soit à peine plus de trois mois avant les élections de mi-mandat de novembre. Celles-ci pourraient voir les démocrates reprendre le contrôle de la Chambre des représentants au Congrès.Ces droits de douane ne sont possibles qu’en cas de grave déséquilibre de la balance des transactions courantes, qui regroupe l’ensemble des mouvements financiers entre deux pays, soit les échanges commerciaux mais aussi les flux financiers ou les investissements croisés, notamment.Mardi le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic a assuré devant les députés européens que les États-Unis “restaient engagés en faveur de l’accord avec l’Union européenne”, alors que les questions se posent à Bruxelles sur la validité de ce dernier depuis la décision de la Cour suprême.Les droits de douane retoqués vendredi par la Cour suprême des États-Unis s’appuyaient sur un texte de 1977 (l’IEEPA) autorisant l’exécutif à agir dans le domaine économique sans aval préalable du Congrès en cas d'”urgence économique”, laquelle n’a pas été démontrée, selon les magistrats.Les droits de douane concernés ont dépassé 130 milliards de dollars en 2025, selon des analystes.Cette décision ouvre la voie à de possibles remboursements des surtaxes déjà payées par les entreprises. Le groupe de livraison de colis FedEx a porté plainte dès lundi contre le gouvernement.Annoncés en avril, les nouveaux droits de douane visaient les pays avec lesquels les États-Unis affichaient un déficit commercial dans les échanges de biens, le président américain les voyant comme un outil pour les rééquilibrer.L’objectif de Donald Trump était aussi de fournir des ressources supplémentaires à l’État fédéral pour compenser des baisses d’impôts.Il était cependant en partie revenu en arrière en ajoutant des exceptions pour un certain nombre de produits, en particulier ceux qui ne peuvent pas être fabriqués ou cultivés aux États-Unis.Ces surtaxes avaient également servi de base de négociations pour la signature d’accords commerciaux avec les principaux partenaires de Washington.

Après Paris, Shein prend ses quartiers mercredi dans cinq BHV de province

Initialement annoncées pour fin 2025, des boutiques Shein ouvriront mercredi dans cinq BHV (ex-Galeries Lafayette) de province, quatre mois après le tollé suscité par l’installation du premier magasin au monde de la marque de mode asiatique ultra-éphémère au BHV Marais, à Paris.Ces ouvertures à Limoges, Angers, Dijon, Grenoble et Reims découlent d’un partenariat dévoilé en octobre par l’exploitant du BHV — la Société des grands magasins (SGM) cofondée par Frédéric Merlin — et le géant de la vente en ligne Shein, régulièrement accusé de concurrence déloyale et de pollution environnementale.Mi-novembre, Frédéric Merlin avait annoncé le report des ouvertures en province, en pleine tempête médiatique après la découverte de poupées sexuelles à l’apparence de fillettes et d’armes de catégorie A sur la section du site de Shein dédiée aux vendeurs tiers.Le dirigeant avait invoqué la nécessité d'”adapter l’offre” et la “politique de prix”, dix jours après l’inauguration d’un magasin Shein physique et pérenne dans l’historique Bazar de l’Hôtel de ville à Paris.Le déploiement des nouveaux espaces Shein, de 500 à 1.000 m2 environ selon les villes, se fera “de manière progressive”, selon Shein et la SGM.Dans un premier temps, l’offre, essentiellement “hivernale”, sera “sensiblement identique” dans les BHV concernés, a précisé à l’AFP le porte-parole de Shein en France, Quentin Ruffat. Puis, “à partir de début avril”, elle intégrera plus “de références saisonnières” et des produits “en phase avec les préférences observées localement”.Shein sera désormais responsable des commandes et du choix des assortiments, la SGM conservant la gestion des vendeurs, a-t-il ajouté.”Nous allons changer de modèle d’exploitation”, le BHV devant percevoir “une commission à la vente”, a indiqué vendredi au Figaro Frédéric Merlin, et si l’expérimentation Shein “ne marche pas dans un an, on arrêtera.”A Paris, elle n’a pas encore porté ses fruits, a reconnu M. Merlin en janvier devant le Sénat. – “Une faute” -Les clients ont notamment eu “l’impression” d’y trouver des prix plus élevés qu’en ligne, à tort, selon M. Ruffat, qui envisage des “opérations commerciales” en région et promet un “choix plus large”.Le partenariat avec la SGM a suscité une levée de boucliers à l’automne parmi les commerçants et une partie de la classe politique, dont l’ancien ministre de la Transition écologique et maire d’Angers, Christophe Béchu (Horizons), qui n’a pas réagi mardi.”Faire rentrer Shein dans la bergerie de nos magasins est une erreur, voire une faute” a redit mardi sur RTL le président de l’Alliance du commerce, Bernard Cherqui, pointant du doigt la quête de “respectabilité” de la plateforme et les “grandes difficultés” du BHV.Opposé à l’arrivée de Shein, le groupe Galeries Lafayette a rompu son contrat avec la SGM concernant sept magasins de province, rebaptisés BHV, ce qui a “compliqué” leur situation, selon la CFDT. Ces “magasins se vident” faute de livraisons ou en raison du départ de marques, dénonce auprès de l’AFP Sabine Le Bourhis, déléguée syndicale centrale CFDT, soulignant qu’un droit d’alerte économique a été lancé fin janvier par le CSE central des BHV de province, après un précédent en 2025. Une centaine de marques (Guerlain, Dior, Sandro, etc.) sont également parties du grand magasin parisien, protestant contre l’arrivée de Shein ou des retards de paiements. Selon Quentin Ruffat, le partenariat vise à “montrer qu’on peut avoir un impact positif” sur les autres marques comme sur la “revitalisation des centres-villes”, un thème prisé à l’approche des élections municipales.Sollicitée par l’AFP, la mairie de Limoges a rappelé ne pouvoir “interdire l’implantation d’un commerce, en dehors d’exceptions très encadrées”. Le maire DVD Émile Roger Lombertie “en appelle donc à la responsabilité des consommateurs” pour soutenir les “marques françaises et européennes” de l’habillement, “en grave souffrance”. Fondée en 2012 en Chine et désormais basée à Singapour, Shein cristallise les tensions autour de la régulation du commerce en ligne.La semaine dernière, l’Union européenne a ouvert une enquête contre la plateforme dans l’affaire des poupées sexuelles d’apparence enfantine.En France, l’État français réclame le blocage de sa place de marché (ou “marketplace”), réservée aux vendeurs tiers, après avoir échoué à obtenir une interdiction totale du site. La justice doit se prononcer en appel le 19 mars.

A Berlin, une expo dans un bunker nazi pour encourager le soutien à l’Ukraine

Dans un ancien bunker nazi reconverti en musée, une exposition permanente consacrée à la guerre en Ukraine ouvre ses portes à Berlin mardi, quatrième anniversaire de l’invasion russe, afin de diffuser un message: il faut continuer de soutenir Kiev.Objets ramenés du front, armes et témoignages ont été récoltés pèle-même par le Berlin Story bunker, pour sensibiliser le public à “la réalité physique” de la guerre, d’après Wieland Giebel, conservateur du musée.L’espace ukrainien s’ajoute à l’exposition permanente consacrée au nazisme et à l’Allemagne de 1945 à nos jours qui est visitée plus par les touristes que par les Berlinois.”Les visiteurs en Allemagne ne peuvent pratiquement pas s’imaginer la guerre, nous voulons la montrer”, explique M. Giebel à l’AFP devant l’entrée massive du bunker construit en 1943 pour résister aux bombardements des Alliés.L’Allemagne est le premier fournisseur européen d’armes à l’Ukraine et l’un de ses principaux soutiens diplomatiques. C’est aussi le premier pays d’accueil des réfugiés ukrainiens, avec environ 1,3 million de personnes depuis le début du conflit.- Bouclier européen  -Et si une majorité d’Allemands soutiennent l’Ukraine face à la Russie, les livraisons d’armes continuent de diviser une société marquée par une tradition pacifiste héritée de l’après-Seconde Guerre mondiale. Le pays connaît également un essor important d’un parti d’extrême-droite pro-russe, l’Alternative pour l’Allemagne. Après quatre ans d’une guerre dont l’issue reste inconnue, 35 % des Allemands se disent opposés à un renforcement du soutien militaire et financier à l’Ukraine.Le gouvernement du chancelier Friedrich Merz ne cesse pourtant de mettre en garde ses concitoyens: si l’Ukraine tombe, la Russie s’attaquera au reste de l’Europe. Pour cette raison, il a également lancé un vaste programme de réarmement pour faire de la Bundeswehr, la plus grande armée conventionnelle européenne.Wieland Giebel tient à ce que l’Ukraine “continue à être soutenue” par l’Allemagne et l’Union européenne, notamment grâce aux livraisons d’armes, “en particulier antiaériennes”, ajoute-t-il. Ce musée doit aider.Venue au vernissage lundi, Hanna Maliar, ancienne vice-ministre ukrainienne de la Défense, a salué “le soutien militaire, politique et culturel” de l’Allemagne, estimant en outre que “l’Ukraine est le bouclier de l’Europe”.- Epaves de drones -Dans les salles de l’exposition, poupées folkloriques côtoient une figurine du président ukrainien Volodymyr Zelensky en tenue de combat.Une vingtaine d’épaves de drones russes, ceux-là même qui s’abattent sur les soldats comme les civils, sont suspendus au plafond, au dessus d’une voiture éventrée par une bombe, acheminée dans le sous-sol du bunker depuis Kherson, ville du sud de l’Ukraine reconquise par Kiev en novembre 2022 mais qui reste, avec ses habitants, sous le feu russe.Des témoignages personnels achèvent de créer le lien avec le visiteur allemand, comme cette phrase de Roman Schwarzman, survivant de la Shoah, qui affirme: “Hitler voulait me tuer car je suis juif, Poutine veut me tuer car je suis Ukrainien”.Sur les panneaux explicatifs, la guerre en Ukraine est intégrée dans un récit construit autour de “l’impérialisme russe”, et mis en relation avec l’invasion de l’est de la Pologne par l’URSS en 1939, la répression du printemps de Prague et même l’intervention militaire russe en Syrie en 2015 pour soutenir Bachar al-Assad, le président déchu en décembre 2024.Ce musée privé s’était déjà fait remarquer lors du premier anniversaire de la guerre, en exposant devant l’ambassade de Russie à Berlin une épave de char détruit, remorqué depuis la banlieue de Kiev. Haut-lieu de mémoire avec sa quinzaine de musées et de mémoriaux consacrés à la Seconde guerre mondiale et à la Shoah, Berlin accueille depuis 2022 une multitude d’évènements mettant en avant la culture ukrainienne. Salles d’exposition et clubs de la scène alternative invitent régulièrement des artistes ukrainiens en exil.Dans ce contexte, l’ancien musée public “germano-russe”, lié à l’histoire soviétique de l’Allemagne avait retiré le drapeau russe et hissé celui de l’Ukraine, puis changé de nom pour prendre ses distances avec la Russie de Vladimir Poutine.

Au Mexique, l’Etat de Jalisco sonné par la furia vengeresse des narcos

A peine une poignée de magasins ouverts, avec des files d’attente monstres pour des achats panique. L’Etat de Jalisco sort péniblement d’un quasi-siège après les violences débridées des cartels, enragés par la mort du plus puissant baron du Mexique, qui avait fait de la région son fief.Tué par l’armée dimanche à l’âge de 59 ans, …

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