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Biden accorde des grâces préventives aux cibles de Trump

Quelques heures avant de céder le pouvoir à Donald Trump, Joe Biden a frustré lundi son successeur d’une possible revanche personnelle en graciant préventivement des élus ou des fonctionnaires pour les protéger de “poursuites judiciaires injustifiées et politiquement motivées”.Parmi eux: l’ancien chef d’état-major des armées, le général Mark Milley, et l’ex-architecte de la stratégie de …

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Trump, au sommet de sa puissance politique, revient au pouvoir

Il a promis d’agir “à une vitesse et avec une force sans précédent” pour mettre fin au “déclin” de l’Amérique: Donald Trump, au sommet de sa puissance politique, va être investi lundi président des Etats-Unis.Il a fait sa première apparition un peu avant 9h00 locale (14h00 GMT), dans le froid tranchant d’une matinée d’hiver ensoleillée.Vêtu …

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Malgré les destructions, les Gazaouis savourent le retour au “calme”

Pour la première fois depuis plus d’un an, les Gazaouis se réveillent après une nuit sans bombardement au lendemain de l’entrée en vigueur de la trêve entre le Hamas et Israël, avec l’opportunité enfin de regarder l’avenir, fut-il incertain.”Nous n’avions pas peur en nous demandant quand serait la prochaine frappe”, se réjouit, presque incrédule, Ammar Barbakh, un habitant de Khan Younès (sud) âgé de 35 ans.Il vient de passer la nuit sous une tente installée devant les ruines de sa maison, détruite pendant la guerre de plus de 15 mois qui a littéralement dévasté la bande de Gaza.”C’est la première fois que je dors paisiblement” depuis fin novembre 2023, insiste-t-il, date de la seule unique trêve d’une semaine à avoir interrompu les combats déclenchés par l’attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre de la même année. “C’est un sentiment vraiment incroyable”, poursuit-il.Evoquant une renaissance, plusieurs personnes interrogées par l’AFP reprennent ces mots: “C’est la première fois que…”, égrainant ensuite les étapes d’un retour à la vie dont chacun espère qu’il va durer.- “Joie et tristesse” -Le territoire palestinien, déjà rongé par la pauvreté et le chômage avant cette dernière guerre, notamment en raison du blocus israélien qui lui est imposé depuis plus de 15 ans, offre désormais un paysage effrayant: plus de 60% de la surface bâtie a été détruite par les bombardements, selon les Nations unies.Parfois, des squelettes d’immeubles tiennent encore debout. Ailleurs, ce ne sont que débris empilés les uns sur les autres, à peine séparés par des axes de circulation qui rappellent les artères bouillonnantes d’activité d’un si proche passé. Quasiment tous les habitants de ce confetti de terre, considéré comme l’un des lieux les plus densément peuplés au monde, ont dû quitter leurs logements. Beaucoup se sont réfugiés dans des tentes de fortune, ou des bâtiments publics transformés en abris.Dès l’annonce du cessez-le-feu, des milliers de personnes se sont donc mises en route pour rentrer chez elles. Même si l’expression n’a parfois plus beaucoup de sens.Des photographes de l’AFP ont vu des colonnes de personnes se déplaçant entre des immeubles aux façades éventrées et des monticules de décombres, dans plusieurs parties de la bande de Gaza.”Il y a à la fois de la joie et de la tristesse”, dit Samer Daloul, dans le quartier d’al-Zeitoun, à Gaza-ville (nord). “Je suis heureux de ce répit mais dévasté d’avoir perdu 32 membres de ma famille au cours de cette guerre.”Pour lui aussi, la nuit a été “calme”, à peine perturbée par le “bourdonnement constant” de drones militaires israéliens et le survol des avions de chasse.S’il n’est pas encore rentré chez lui, il voit des Gazaouis s’activer autour de l’école dans laquelle il s’abrite, avec 12 membres de sa famille, dont cinq enfants.- “Tout perdu” -Certains repeignent un bout de mur qui tient encore debout, beaucoup fouillent les décombres pour trier ce qui peut être sauvé, d’autres cherchent à retrouver des proches disparus. Il n’y pas d’alternative: il faut reconstruire.Rentrée chez elle, à Rafah (sud), Naha Abed a trouvé “une pièce habitable” dans son ancienne maison, et l’a “rapidement nettoyée avec (son) mari” pour pouvoir y dormir dès la première nuit de la trêve, avec ses trois filles.Après dix mois sous une tente à Deir el-Balah (centre), dans une situation humanitaire dramatique, cette femme de 28 ans dit avoir savouré un “sommeil paisible”.Elle cherche désormais à savoir comment elle pourra se fournir en “nourriture, eau, électricité”. Mais elle est déjà soulagée de pouvoir se reposer “sans crainte” pour les petites.”Nous avons tout perdu”, dit-elle, “mais le plus important c’est que la guerre ne reprenne pas”.

Malgré les destructions, les Gazaouis savourent le retour au “calme”

Pour la première fois depuis plus d’un an, les Gazaouis se réveillent après une nuit sans bombardement au lendemain de l’entrée en vigueur de la trêve entre le Hamas et Israël, avec l’opportunité enfin de regarder l’avenir, fut-il incertain.”Nous n’avions pas peur en nous demandant quand serait la prochaine frappe”, se réjouit, presque incrédule, Ammar …

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Trump, au sommet de sa puissance politique, revient au pouvoir

Il a promis d’agir “à une vitesse et avec une force sans précédent” pour mettre fin au “déclin” de l’Amérique: Donald Trump, au sommet de sa puissance politique, va être investi lundi président des Etats-Unis.A midi, heure de Washington (17H00 GMT), le 47e président de la première puissance mondiale débutera son second mandat, succédant à Joe Biden. Il deviendra aussi, à 78 ans, le chef d’Etat américain le plus âgé jamais investi, après un premier passage à la Maison Blanche entre 2017 et 2021.Il jurera de protéger la Constitution sous la coupole du Capitole, là même où le 6 janvier 2021, ses partisans avaient tenté d’empêcher le Congrès de certifier la victoire de son rival démocrate.La cérémonie se déroule habituellement à l’extérieur, mais le protocole a été chamboulé pour cause de vague de froid.- Jésus et Trump -Le dispositif de sécurité sera exceptionnel, après deux tentatives d’assassinat contre le républicain cet été: 48 kilomètres de hautes barrières et 25.000 policiers déployés.Le vent tranchant dans les rues de la capitale américaine n’a pas refroidi l’ardeur de milliers de partisans de Donald Trump, qui ont commencé à faire la queue au milieu de la nuit devant une salle où leur champion doit apparaître après avoir prêté serment, dans une ferveur quasi-religieuse.”Jésus est mon sauveur et Donald Trump est mon président”, lance Rachel Peters, 28 ans. Ni les poursuites pénales – dont une lui a valu une condamnation historique – ni la violence inouïe de sa rhétorique de campagne n’ont rebuté les électeurs. Donald Trump l’a emporté nettement le 5 novembre face à la vice-présidente démocrate Kamala Harris.Dès lundi, le républicain a annoncé un déferlement de décrets, notamment pour endiguer ce qu’il qualifie d'”invasion” de migrants sans papiers. – Vengeance -Le milliardaire républicain veut en outre s’attaquer à la “folie transgenre”. Il devrait aussi annoncer des grâces pour les assaillants du Capitole condamnés à la suite du 6 janvier 2021, lever des mesures de protection de l’environnement, augmenter les droits de douane.A plus long terme, il veut mettre fin au conflit en Ukraine et sabrer dans la dépense publique – il sera conseillé en cela par l’entrepreneur multimilliardaire Elon Musk, figure incontournable du nouveau pouvoir.”Demain à midi, le rideau tombera sur quatre longues années de déclin américain”, a-t-il assuré dimanche pendant un ultime meeting à Washington.Tout au long de sa campagne, Donald Trump a promis de se “venger” de ses adversaires politiques.Face à cette menace, Joe Biden, quelques heures avant de quitter le pouvoir, a décidé d’accorder des grâces préventives à une série de personnalités risquant selon lui des “poursuites judiciaires injustifiées et politiquement motivées”.  Parmi elles, l’ancien chef d’état-major des armées Mark Milley, virulent critique de Donald Trump, le médecin Anthony Fauci, dans le viseur des trumpistes pour avoir orchestré la réponse américaine à la pandémie de Covid-19, ainsi que les parlementaires ayant enquêté sur l’assaut du Capitole. “Nous vivons dans des circonstances exceptionnelles”, a justifié Joe Biden dans un communiqué.- “Bon sens” -Cela ne l’empêchera pas de recevoir le couple Trump dans la matinée, après que le président élu aura assisté à un service religieux.Alors que Joe Biden s’est astreint à une transition sans heurts avec ce rival qui l’a tant humilié, Donald Trump, enragé par une défaite qu’il n’a jamais reconnue, avait claqué la porte de la Maison Blanche avec fureur il y a quatre ans, sans assister à l’investiture de son successeur.En 2017, le premier discours d’investiture plein de fureur de Donald Trump, dans lequel il avait promis de mettre fin au “carnage” provoqué par les idées progressistes, avait sidéré le monde. Selon le Wall Street Journal, son allocution lundi s’annonce moins sombre. Il devrait plaider pour une “révolution du bon sens” et promettre une “ère de succès”.  Son retour au pouvoir, s’il ne suscite pas la même commotion que sa première élection, provoque dans les chancelleries alliées une inquiétude ouverte.Le Premier ministre François Bayrou a mis en garde lundi contre le risque que la France et l’Union européenne soient “écrasées” par la politique annoncée de Donald Trump, si elles ne faisaient rien pour réagir.

Trump, au sommet de sa puissance politique, revient au pouvoir

Il a promis d’agir “à une vitesse et avec une force sans précédent” pour mettre fin au “déclin” de l’Amérique: Donald Trump, au sommet de sa puissance politique, va être investi lundi président des Etats-Unis.A midi, heure de Washington (17H00 GMT), le 47e président de la première puissance mondiale débutera son second mandat, succédant à Joe Biden. Il deviendra aussi, à 78 ans, le chef d’Etat américain le plus âgé jamais investi, après un premier passage à la Maison Blanche entre 2017 et 2021.Il jurera de protéger la Constitution sous la coupole du Capitole, là même où le 6 janvier 2021, ses partisans avaient tenté d’empêcher le Congrès de certifier la victoire de son rival démocrate.La cérémonie se déroule habituellement à l’extérieur, mais le protocole a été chamboulé pour cause de vague de froid.- Jésus et Trump -Le dispositif de sécurité sera exceptionnel, après deux tentatives d’assassinat contre le républicain cet été: 48 kilomètres de hautes barrières et 25.000 policiers déployés.Le vent tranchant dans les rues de la capitale américaine n’a pas refroidi l’ardeur de milliers de partisans de Donald Trump, qui ont commencé à faire la queue au milieu de la nuit devant une salle où leur champion doit apparaître après avoir prêté serment, dans une ferveur quasi-religieuse.”Jésus est mon sauveur et Donald Trump est mon président”, lance Rachel Peters, 28 ans. Ni les poursuites pénales – dont une lui a valu une condamnation historique – ni la violence inouïe de sa rhétorique de campagne n’ont rebuté les électeurs. Donald Trump l’a emporté nettement le 5 novembre face à la vice-présidente démocrate Kamala Harris.Dès lundi, le républicain a annoncé un déferlement de décrets, notamment pour endiguer ce qu’il qualifie d'”invasion” de migrants sans papiers. – Vengeance -Le milliardaire républicain veut en outre s’attaquer à la “folie transgenre”. Il devrait aussi annoncer des grâces pour les assaillants du Capitole condamnés à la suite du 6 janvier 2021, lever des mesures de protection de l’environnement, augmenter les droits de douane.A plus long terme, il veut mettre fin au conflit en Ukraine et sabrer dans la dépense publique – il sera conseillé en cela par l’entrepreneur multimilliardaire Elon Musk, figure incontournable du nouveau pouvoir.”Demain à midi, le rideau tombera sur quatre longues années de déclin américain”, a-t-il assuré dimanche pendant un ultime meeting à Washington.Tout au long de sa campagne, Donald Trump a promis de se “venger” de ses adversaires politiques.Face à cette menace, Joe Biden, quelques heures avant de quitter le pouvoir, a décidé d’accorder des grâces préventives à une série de personnalités risquant selon lui des “poursuites judiciaires injustifiées et politiquement motivées”.  Parmi elles, l’ancien chef d’état-major des armées Mark Milley, virulent critique de Donald Trump, le médecin Anthony Fauci, dans le viseur des trumpistes pour avoir orchestré la réponse américaine à la pandémie de Covid-19, ainsi que les parlementaires ayant enquêté sur l’assaut du Capitole. “Nous vivons dans des circonstances exceptionnelles”, a justifié Joe Biden dans un communiqué.- “Bon sens” -Cela ne l’empêchera pas de recevoir le couple Trump dans la matinée, après que le président élu aura assisté à un service religieux.Alors que Joe Biden s’est astreint à une transition sans heurts avec ce rival qui l’a tant humilié, Donald Trump, enragé par une défaite qu’il n’a jamais reconnue, avait claqué la porte de la Maison Blanche avec fureur il y a quatre ans, sans assister à l’investiture de son successeur.En 2017, le premier discours d’investiture plein de fureur de Donald Trump, dans lequel il avait promis de mettre fin au “carnage” provoqué par les idées progressistes, avait sidéré le monde. Selon le Wall Street Journal, son allocution lundi s’annonce moins sombre. Il devrait plaider pour une “révolution du bon sens” et promettre une “ère de succès”.  Son retour au pouvoir, s’il ne suscite pas la même commotion que sa première élection, provoque dans les chancelleries alliées une inquiétude ouverte.Le Premier ministre François Bayrou a mis en garde lundi contre le risque que la France et l’Union européenne soient “écrasées” par la politique annoncée de Donald Trump, si elles ne faisaient rien pour réagir.

A Damas, les vendeurs de téléphones soulagés après des années de “terreur” sous Assad

Dans son magasin de téléphones à Damas, Abdel Razzaq Hamra respire enfin: il n’a plus à subir “la terreur des forces de sécurité” qui faisaient respecter, à coups de perquisitions et d’arrestations, le monopole d’une compagnie liée au président syrien déchu Bachar al-Assad.Ce commerçant de 33 ans raconte avoir été arrêté à trois reprises depuis …

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A Damas, les vendeurs de téléphones soulagés après des années de “terreur” sous Assad

Dans son magasin de téléphones à Damas, Abdel Razzaq Hamra respire enfin: il n’a plus à subir “la terreur des forces de sécurité” qui faisaient respecter, à coups de perquisitions et d’arrestations, le monopole d’une compagnie liée au président syrien déchu Bachar al-Assad.Ce commerçant de 33 ans raconte avoir été arrêté à trois reprises depuis 2020, avoir été battu en prison et avoir perdu pour 10.000 dollars de marchandises.Les forces de sécurité effectuaient des descentes dans son quartier du centre de Damas, où s’alignent les magasins de téléphones.”S’ils trouvaient un appareil sans le logo d’Emmatel” une entreprise liée au régime de Bachar al-Assad qui monopolisait le marché, “ils confisquaient tout” raconte à l’AFP Abdel Razzaq Hamra.”Ils m’accusaient de ne pas travailler avec Emmatel (…) alors ils m’ont mis en prison pendant 101 jours”, dit-il.Emmatel a été fondée en 2019 par l’homme d’affaires syrien Khodr Taher, alias Abou Ali Khodr.Khodr Taher et Emmatel sont sous sanctions américaines depuis 2020 en raison de leurs liens avec Bachar al-Assad. L’homme d’affaires serait proche d’Asma al-Assad, épouse du président déchu, selon le Trésor américain.Les Etats-Unis l’accusaient de fournir la tristement célèbre Quatrième Division de l’armée syrienne, dirigée par le frère d’Assad, Maher, notamment à travers la création d’une société de sécurité privée agissant comme un “bras exécutif informel”.Après la chute du pouvoir de Bachar al-Assad début décembre après plus de 24 ans de règne, au moins un magasin Emmatel a été pillé, comme le montrent des vidéos diffusées en ligne, tandis que d’autres succursales sont désormais fermées.-  Vol de marchandises -Plusieurs petits commerçants de téléphones ont expliqué à l’AFP avoir fait faillite à cause des raids répétés et des extorsions sous Assad.Moustafa Khalayli a ainsi dû fermer son magasin, qui employait cinq personnes, après avoir été détenu pendant un an et avoir perdu 40.000 dollars de marchandises confisquées lors des raids successifs.”Chaque jour, je partais travailler en embrassant ma famille comme si c’était la dernière fois”, confie M. Khalayli. “Nous risquions tout le temps d’être arrêtés pour un téléphone”, ajoute-t-il.Il raconte que deux officiers et une vingtaine de membres des forces de sécurité ont fouillé son magasin pendant trois heures, à la recherche de téléphones non achetés auprès d’Emmatel, sans rien trouver.Ils l’ont quand même arrêté, l’ont accusé de fausses charges et ont confisqué ses téléphones, dit-il. “Ils voulaient simplement voler ma marchandise”, déclare-t-il.Les plus grandes sociétés de téléphonie ont également été contraintes de fermer ou de réduire leurs activités, ont indiqué des commerçants à l’AFP.- “Mafia” -Les commerçants ont expliqué que les forces de sécurité liées à la Branche 215 des services de renseignement militaires effectuaient des descentes dans leurs magasins, tandis que les “chabiha”, miliciens pro-Assad, terrorisaient également les commerces.Khodr Taher avait une influence au sein de l’appareil de sécurité d’Assad, notamment au sein de la Branche 215, l’un des centres de détention les plus redoutés de Syrie.”Il n’y avait aucune raison pour ces raids, à part le fait que Emma Tel appartenait à Abou Ali Khodr (Taher), qui nous terrorisait avec la Branche 215″, témoigne Wissam, un autre commerçant.Mohamed al-Malhas raconte : “La Branche 215, c’était plus une bande, une mafia qu’autre chose”.”Un officier a fouillé tous mes appareils pendant 1h30″, dit-il, debout dans son petit magasin. “Il m’a dit : +Considère cela comme une visite amicale : seul Emmatel est autorisé+.”Les commerçants ont précisé que ceux qui pouvaient soudoyer les forces de sécurité pour éviter l’arrestation avaient plus de chances de s’en sortir, mais beaucoup ne disposaient pas des moyens financiers nécessaires.Mohammad Gemmo, 25 ans, raconte que les harcèlements constants et les extorsions l’ont contraint à fermer son magasin et à vendre des téléphones dans un étal improvisé dans la rue.Il a été arrêté et on lui a demandé de payer plusieurs milliers de dollars pour sortir, “mais je n’en avais pas les moyens”, explique-t-il, ajoutant avoir passé cinq mois en détention.”Avant, vendre des téléphones était comme commettre un crime grave”, confie M. Gemmo. “Personne n’osait acheter quoi que ce soit qui n’avait pas le logo d’Emma Tel. Maintenant, grâce à Dieu, c’est fini”, conclut-il.

A Damas, les vendeurs de téléphones soulagés après des années de “terreur” sous Assad

Dans son magasin de téléphones à Damas, Abdel Razzaq Hamra respire enfin: il n’a plus à subir “la terreur des forces de sécurité” qui faisaient respecter, à coups de perquisitions et d’arrestations, le monopole d’une compagnie liée au président syrien déchu Bachar al-Assad.Ce commerçant de 33 ans raconte avoir été arrêté à trois reprises depuis 2020, avoir été battu en prison et avoir perdu pour 10.000 dollars de marchandises.Les forces de sécurité effectuaient des descentes dans son quartier du centre de Damas, où s’alignent les magasins de téléphones.”S’ils trouvaient un appareil sans le logo d’Emmatel” une entreprise liée au régime de Bachar al-Assad qui monopolisait le marché, “ils confisquaient tout” raconte à l’AFP Abdel Razzaq Hamra.”Ils m’accusaient de ne pas travailler avec Emmatel (…) alors ils m’ont mis en prison pendant 101 jours”, dit-il.Emmatel a été fondée en 2019 par l’homme d’affaires syrien Khodr Taher, alias Abou Ali Khodr.Khodr Taher et Emmatel sont sous sanctions américaines depuis 2020 en raison de leurs liens avec Bachar al-Assad. L’homme d’affaires serait proche d’Asma al-Assad, épouse du président déchu, selon le Trésor américain.Les Etats-Unis l’accusaient de fournir la tristement célèbre Quatrième Division de l’armée syrienne, dirigée par le frère d’Assad, Maher, notamment à travers la création d’une société de sécurité privée agissant comme un “bras exécutif informel”.Après la chute du pouvoir de Bachar al-Assad début décembre après plus de 24 ans de règne, au moins un magasin Emmatel a été pillé, comme le montrent des vidéos diffusées en ligne, tandis que d’autres succursales sont désormais fermées.-  Vol de marchandises -Plusieurs petits commerçants de téléphones ont expliqué à l’AFP avoir fait faillite à cause des raids répétés et des extorsions sous Assad.Moustafa Khalayli a ainsi dû fermer son magasin, qui employait cinq personnes, après avoir été détenu pendant un an et avoir perdu 40.000 dollars de marchandises confisquées lors des raids successifs.”Chaque jour, je partais travailler en embrassant ma famille comme si c’était la dernière fois”, confie M. Khalayli. “Nous risquions tout le temps d’être arrêtés pour un téléphone”, ajoute-t-il.Il raconte que deux officiers et une vingtaine de membres des forces de sécurité ont fouillé son magasin pendant trois heures, à la recherche de téléphones non achetés auprès d’Emmatel, sans rien trouver.Ils l’ont quand même arrêté, l’ont accusé de fausses charges et ont confisqué ses téléphones, dit-il. “Ils voulaient simplement voler ma marchandise”, déclare-t-il.Les plus grandes sociétés de téléphonie ont également été contraintes de fermer ou de réduire leurs activités, ont indiqué des commerçants à l’AFP.- “Mafia” -Les commerçants ont expliqué que les forces de sécurité liées à la Branche 215 des services de renseignement militaires effectuaient des descentes dans leurs magasins, tandis que les “chabiha”, miliciens pro-Assad, terrorisaient également les commerces.Khodr Taher avait une influence au sein de l’appareil de sécurité d’Assad, notamment au sein de la Branche 215, l’un des centres de détention les plus redoutés de Syrie.”Il n’y avait aucune raison pour ces raids, à part le fait que Emma Tel appartenait à Abou Ali Khodr (Taher), qui nous terrorisait avec la Branche 215″, témoigne Wissam, un autre commerçant.Mohamed al-Malhas raconte : “La Branche 215, c’était plus une bande, une mafia qu’autre chose”.”Un officier a fouillé tous mes appareils pendant 1h30″, dit-il, debout dans son petit magasin. “Il m’a dit : +Considère cela comme une visite amicale : seul Emmatel est autorisé+.”Les commerçants ont précisé que ceux qui pouvaient soudoyer les forces de sécurité pour éviter l’arrestation avaient plus de chances de s’en sortir, mais beaucoup ne disposaient pas des moyens financiers nécessaires.Mohammad Gemmo, 25 ans, raconte que les harcèlements constants et les extorsions l’ont contraint à fermer son magasin et à vendre des téléphones dans un étal improvisé dans la rue.Il a été arrêté et on lui a demandé de payer plusieurs milliers de dollars pour sortir, “mais je n’en avais pas les moyens”, explique-t-il, ajoutant avoir passé cinq mois en détention.”Avant, vendre des téléphones était comme commettre un crime grave”, confie M. Gemmo. “Personne n’osait acheter quoi que ce soit qui n’avait pas le logo d’Emma Tel. Maintenant, grâce à Dieu, c’est fini”, conclut-il.