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Royaume-Uni: le meurtrier de trois fillettes condamné à un minimum de 52 ans de prison

Axel Rudakubana, un jeune homme de 18 ans qui a poignardé à mort trois fillettes en juillet en Angleterre, a été condamné jeudi à une peine minimale de 52 ans de réclusion pour cette attaque qui a révulsé le pays et déclenché de violentes émeutes l’été dernier.”Il est très probable qu’il ne soit jamais libéré”, …

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Le budget de Bayrou franchit l’étape du Sénat, le gouvernement toujours sous pression

Plus de trois mois après son dépôt au Parlement, le projet de budget de l’Etat pour 2025 a enfin franchi l’étape du Sénat jeudi, un premier pas pour le gouvernement Bayrou, qui cherche encore à négocier sa survie avec les socialistes, toujours très remontés.Initié par Michel Barnier au mois d’octobre, rejeté par l’Assemblée nationale en première lecture, suspendu après la censure de l’ex-Premier ministre et finalement repris par François Bayrou, ce projet de loi de finances (PLF) a été adopté à 217 voix contre 105. L’alliance majoritaire droite-centristes, soutien du gouvernement, a voté pour, contrairement à la totalité de la gauche, y compris le groupe socialiste pour qui “le compte n’y est pas”.”Nous avons passé une étape, il en reste beaucoup d’autres”, a tout de même apprécié la ministre du Budget Amélie de Montchalin. “Ce qui est important dans ce budget, c’est qu’il marque le début de la réduction d’une phase de déficit excessif”, a renchéri le ministre de l’Economie Eric Lombard, saluant un “tournant”.Pour le gouvernement, le plus dur commence, avec la convocation le 30 janvier d’une commission mixte paritaire (CMP), réunion de sept sénateurs et sept députés chargés d’aboutir à un texte de compromis. Sans doute l’une des dernières occasions d’intégrer des concessions susceptibles de résister à la censure.Crucial pour l’Etat qui tourne actuellement au ralenti sous le régime exceptionnel d’une loi spéciale votée en fin d’année, le budget représente une équation quasi-insoluble pour l’exécutif, privé de majorité absolue à l’Assemblée nationale mais sommé par Bruxelles de redresser les finances publiques.Si le gouvernement espère pouvoir promulguer le budget avant fin février, l’opposition de la gauche reste très vive: si le Parti socialiste n’a pas voté la première motion de censure visant le Premier ministre François Bayrou, il accentue la pression sur les textes budgétaires. – “Rien d’acquis” -“Le gouvernement doit se rendre compte qu’il n’y a rien d’acquis. La négociation n’est pas rompue mais nous avons besoin de signaux positifs. Or pour le moment, les signaux nous inquiètent”, a expliqué le chef de file des sénateurs socialistes sur le budget, Thierry Cozic, raillant un “budget d’austérité”.Les concessions déjà accordées par M. Bayrou, comme la renégociation de la réforme des retraites, le renoncement aux suppressions de 4.000 postes d’enseignants ou le recul sur l’extension des jours de carence des fonctionnaires, ne semblent pas suffire au parti à la rose, dont une délégation a été reçue à Bercy mercredi soir.Les tractations sont périlleuses, car l’exécutif vise un effort massif de 32 milliards d’économies et 21 milliards de recettes pour ramener le déficit public à 5,4% du PIB en 2025, contre un niveau attendu entre 6 et 6,1% pour 2024.De plus, la droite, majoritaire au Sénat et pivot à l’Assemblée nationale, n’entend pas se laisser voler la vedette, craignant de nouvelles hausses d’impôt cédées aux socialistes.”Ce n’est ni le budget de Gabriel Attal, ni celui de Michel Barnier, ni celui de François Bayrou, c’est le budget du Sénat, un budget responsable”, qui marque “le début d’un long chemin vers le redressement de nos finances publiques”, a affirmé la cheffe de file du groupe LR sur le projet de loi de finances, Christine Lavarde.- Nouvelles concessions ? -Mais cette copie sénatoriale passera-t-elle le filtre de l’Assemblée nationale ? Si la CMP est conclusive, les députés seront saisis du texte commun dans la semaine du 3 février pour un ultime vote… Avec, potentiellement, l’utilisation du 49.3, sans doute suivie d’une nouvelle motion de censure.”La CMP sera le juge de paix. D’ici au 30 janvier, il y a la possibilité de faire bouger les lignes”, assume auprès de l’AFP le président des sénateurs PS Patrick Kanner.Mais le PS est aussi mis sous pression par ses partenaires: les Insoumis estiment que le parti à la rose “romprait définitivement” avec le Nouveau Front populaire s’il ne votait pas la censure sur le budget.Particulièrement ciblées par la gauche: les multiples coupes budgétaires supplémentaires ajoutées ces derniers jours par le gouvernement Bayrou. Des centaines de millions d’euros en moins pour l’écologie, le logement, l’aide au développement ou le sport…”On va voter la censure et on va le faire savoir très fortement”, a menacé la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, “en colère” face au “sacrifice de l’écologie”.

Guérillas, narcos : qui sont et que font les groupes armés en Colombie ?

La Colombie souffre depuis plus de six décennies d’un conflit interne avec divers groupes armés, que la paix conclue en 2016 avec la principale guérilla des FARC n’a pu totalement éteindre.Des affrontements impliquant l’ELN, la dernière guérilla constituée comme telle, et des dissidents des FARC qui ont refusé l’accord de paix, ont déclenché une flambée …

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Guérillas, narcos : qui sont et que font les groupes armés en Colombie ?

La Colombie souffre depuis plus de six décennies d’un conflit interne avec divers groupes armés, que la paix conclue en 2016 avec la principale guérilla des FARC n’a pu totalement éteindre.Des affrontements impliquant l’ELN, la dernière guérilla constituée comme telle, et des dissidents des FARC qui ont refusé l’accord de paix, ont déclenché une flambée de violence inédite depuis près de dix ans, qui a fait plus de 100 morts et 36.000 déplacés en une semaine.Les combats se concentrent dans le Catatumbo, région montagneuse frontalière avec le Venezuela, zone de production de coca, l’ingrédient principal de la cocaïne dont la Colombie est le premier producteur mondial. Ils opposent guérilleros de l’Armée de libération nationale (ELN) et dissidents des FARC, mais prennent au piège la population civile, faisant des victimes, obligeant des milliers à fuir ou à rester confinés dans la terreur dans leurs habitations.Ces attaques de l’ELN, qui, selon le gouvernement, “essaie de prendre le contrôle de la frontière colombo-vénézuélienne” pour augmenter ses “revenus criminels”, ont été qualifiées de “crimes de guerre” par le président de gauche Gustavo Petro. Depuis son arrivée au pouvoir en 2022 il mène un projet de “paix totale” avec les divers groupes armés du pays mais s’est résolu à cesser le dialogue avec l’ELN.La semaine dernière, des affrontements meurtriers ont également opposé dans le Nord du pays l’ELN au Cartel de narcotrafiquants du Clan del Golfo, et dans le Sud, des groupes rivaux au sein de la dissidence des FARC.Mais qui sont exactement ces groupes armés qui se disputent le contrôle de territoires et de la population pour exploiter le juteux marché de la cocaïne, entre autres activités illégales avec l’extorsion, l’activité minière illégale ou le trafic de migrants, sur des zones d’influence où les forces de sécurité n’entrent pas et où  ils règnent en maîtres ?- ELN -Inspirée par le révolutionnaire Ernesto “Che” Guevara (1928-1967), la révolution cubaine et la théologie de la libération (mouvement de pensée théologique qui dès 1968 a embrasé l’Amérique Latine pour la défense des communautés opprimées), l’ELN reste la dernière guérilla, constituée comme telle, encore active dans le pays, depuis la signature de l’accord de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) en 2016.Fondée en 1964, cette guérilla d’extrême gauche à la lointaine idéologie révolutionnaire se livre au crime organisé et au trafic de drogue dans ses bastions ruraux, principalement à la frontière entre la Colombie et le Venezuela. Selon les experts, elle est présente des deux côtés de la frontière depuis plusieurs années.Forte d’environ 6.000 hommes et femmes, elle est également implantée dans les départements de Bolivar (nord), Antioquia, Choco (nord-ouest), Valle del Cauca, Cauca et Nariño (sud-ouest).- Clan del Golfo -C’est le principal cartel de narcotrafiquants de Colombie qui a émergé des restes des groupes paramilitaires d’extrême droite qui ont été démobilisés dans les années 2000. Fondé par les frères Dairo Antonio et Juan de Dios Usuga, alias +Otoniel+ et +Giovanni+, il se fait appeler “Armée Gaitaniste de Colombie” (AGC) et insiste pour être traité comme une organisation politique et non un cartel.Giovanni a été tué par la police en 2012, Otoniel purge une peine de 45 ans de prison aux Etats-Unis où il a été extradé en 2022.”Chiquito Malo” (“Mauvais garçon, on ne connait pas son véritable nom) est depuis le nouveau chef de l’organisation, particulièrement présente dans les départements du nord-ouest de la Colombie (où ile Clan del Golfo coordonne le trafic de migrants en direction des Etats-Unis qui traversent la jungle du Darien vers le Panama), et dans d’autres enclaves du pays à Meta, Vichada (est), Casanare (nord-est), Valle del Cauca et Nariño (sud-ouest).- Dissidences des FARC -Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont signé un accord de paix historique avec le gouvernement colombien en 2016, après plus de 50 ans de lutte armée, valant au président de l’époque, Juan Manuel Santos, le prix Nobel de la paix.Mais plusieurs groupes à travers le pays se sont écartés du processus de démobilisation.Après s’être fragmentés pour contrôler certaines des principales zones de culture de feuilles de coca, plusieurs fronts se sont regroupés en deux grands groupes : la Segunda Marquetalia (qui opère à la frontière avec le Venezuela, mais aussi dans plusieurs départements de l’Amazonie sud et le Nariño, dans le sud-ouest), et l’État-Major Central (EMC) (surtout dans les départements de Valle del Cauca et Cauca, dans le sud-ouest).L’ex-numéro 2 des FARC, Ivan Marquez, qui était le chef négociateur de la paix, est reconnu comme le leader La Segunda Marquetalia. Mais le groupe est divisé après une rupture de deux factions qui, en novembre, ont critiqué le manque de volonté de Marquez de poursuivre le dialogue de paix initié en juin par le gouvernement Petro.L’EMC, la plus grande des deux structures dissidentes des FARC, est également divisée. Celle sous le commandement de Ivan Mordisco s’est éloignée du dialogue de paix en avril. Une autre faction, dont le chef est connu sous le surnom de “Calarca”, a créé un groupe indépendant qui poursuit actuellement les pourparlers.

Le procureur de la CPI demande des mandats d’arrêt contre des dirigeants talibans

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a déclaré jeudi qu’il allait demander des mandats d’arrêt contre de hauts dirigeants talibans en Afghanistan pour la persécution des femmes, un crime contre l’humanité.Karim Khan a affirmé qu’il existait des motifs raisonnables permettant de croire que le leader suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, et le chef de la justice Abdul Hakim Haqqani, portaient la “responsabilité pénale du crime contre l’humanité de persécution liée au genre”.Selon le procureur, “les femmes et les filles afghanes ainsi que les membres de la communauté LGBTQI+ sont en proie à des persécutions abjectes et répétées sans précédent de la part des talibans”.”Notre démarche consiste à dire que le statu quo qui prévaut pour les femmes et les filles en Afghanistan est inacceptable”, a-t-il expliqué dans un communiqué.Sollicitées par l’AFP, les autorités talibanes n’ont pas commenté dans l’immédiat.Les juges de la CPI, qui siège à La Haye, doivent examiner la demande avant de décider d’émettre ou non des mandats d’arrêt, un processus pouvant prendre des semaines, voire des mois.La CPI ne dispose par ailleurs pas de sa propre force de police et s’appuie sur la collaboration des 125 Etats membres pour exécuter ses mandats d’arrêt.M. Khan a prévenu qu’il demanderait bientôt des mandats d’arrêt contre d’autres responsables talibans. Il a également noté que d’autres crimes contre l’humanité étaient commis en Afghanistan, en plus de ces persécutions: “Toute résistance ou opposition supposée au régime taliban a été violemment réprimée, et continue de l’être, par la commission de crimes, dont le meurtre, l’emprisonnement, la torture, le viol et d’autres formes de violences sexuelles, la disparition forcée ainsi que d’autres actes inhumains”.- “Victoire” -Shukria Barakzai, ancienne députée afghane et ex-ambassadrice en Norvège, a salué auprès de l’AFP “une victoire”, “pour le féminisme en général et les femmes en Afghanistan en particulier”, tandis que le rapporteur spécial de l’ONU Richard Bennett a loué une “étape cruciale pour que des comptes soient rendus”.Selon Human Rights Watch (HRW), l’initiative pourrait remettre le sort des Afghanes au coeur de l’agenda international.”Il s’agit un moment important pour les femmes et filles afghanes qui ont attendu bien trop longtemps la justice”, a déclaré à l’AFP Heather Barr, directrice adjointe des droits des femmes pour l’ONG.Après avoir repris le pouvoir en Afghanistan en 2021, les talibans, qui imposent une version ultra-rigoriste de l’islam, ont promis de se montrer plus souples que lors de leur premier régime, entre 1996 et 2001, quand les femmes étaient privées de presque tous leurs droits.Mais ils ont progressivement effacé les femmes de l’espace public, poussant l’ONU à dénoncer un “apartheid de genre”.Actuellement, les Afghanes ne peuvent plus étudier à l’école secondaire ou à l’université, aller dans les parcs, les salles de sports, les salons de beauté, ni quasiment sortir de chez elles sans chaperon.Une loi leur interdit de chanter ou de déclamer de la poésie et les incite à “voiler” leur voix et leurs corps hors de chez elles.Certaines radios et télévisions locales ont également cessé de diffuser des voix féminines.- Critiques “infondées” -Le gouvernement taliban, qui n’est reconnu par aucun Etat, assure que la loi islamique “garantit” les droits de chacun et que les critiques faisant état de discriminations sont “infondées”.L’émir Hibatullah Akhundzada, reclus dans son fief du sud de l’Afghanistan, est à l’origine de certaines des restrictions draconiennes imposées aux femmes.Il a lui-même ordonné en décembre d’obstruer et de ne plus construire de fenêtres donnant sur des espaces résidentiels occupés par des Afghanes, estimant que cela pouvait conduire à de l'”obscénité”.Sexagénaire ou septuagénaire selon les sources, il a été nommé à la tête des talibans en 2016. Contrairement à de nombreuses figures talibanes, il n’est pas sur la liste des sanctions de l’ONU.Proche du mollah Omar, fondateur des talibans, Abdul Hakim Haqqani a lui été négociateur au nom du mouvement lors de discussions avec des représentants américains en 2020.D’après l’Union européenne, qui l’a placé sur sa liste de sanctions, il est né en 1967 dans la province de Kandahar (sud).