AFP World

Lula dit qu’il mettra son veto à la loi qui réduirait la peine de prison de Bolsonaro

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a annoncé jeudi qu’il mettrait son veto à la loi adoptée mercredi par le Parlement, qui réduirait la peine de prison de l’ancien président Jair Bolsonaro, condamné pour tentative de coup d’Etat.”Lorsqu’elle arrivera sur mon bureau, j’y mettrai mon veto. Ce n’est un secret pour personne”, a déclaré Lula lors d’une conférence de presse à Brasilia, quelques heures après le feu vert du Sénat à la proposition de loi adoptée la semaine dernière par la Chambre basse.L’ex-président d’extrême droite (2019-2022) a été condamné à 27 ans de prison pour avoir tenté, en 2022, d’empêcher l’accession au pouvoir de Lula. Si la nouvelle loi est appliquée, sa peine effective pourrait être réduite à deux ans et quatre mois.Le veto présidentiel pourrait cependant être annulé par le Parlement.”J’ai le droit de mettre mon veto, et ensuite ils ont le droit de l’annuler ou pas. C’est le jeu”, a reconnu Lula.M. Bolsonaro, 70 ans, a commencé à purger sa peine fin novembre dans les locaux de la Police fédérale à Brasilia. En l’état, il pourrait demeurer incarcéré environ huit ans avant de bénéficier d’un éventuel aménagement de sa peine, selon le Tribunal d’exécution des peines de la capitale brésilienne.Le nouveau texte prévoit également d’accorder la liberté conditionnelle à des dizaines de ses partisans condamnés pour les émeutes du 8 janvier 2023 à Brasilia.Ce jour-là, des milliers de bolsonaristes avaient saccagé le Parlement, le palais présidentiel et la Cour suprême, réclamant une intervention militaire pour déloger du pouvoir le président actuel de gauche Lula, une semaine après son investiture.- “Possible” -Au sein d’un Parlement à forte majorité conservatrice, les bolsonaristes tentent en vain depuis février de faire voter un texte permettant à Jair Bolsonaro de bénéficier d’une amnistie totale.Mais à l’approche des vacances parlementaires de fin d’année, ils ont estimé que la réduction de sa peine constituait “une première étape”.”Ce n’est pas exactement ce qu’on souhaitait, ce n’est pas pour cela que nous nous battions, mais c’est ce qui était possible dans ce contexte”, a dit mercredi après le vote le sénateur Flavio Bolsonaro, fils de l’ex-président, qui l’a désigné comme candidat à l’élection présidentielle de 2026.La semaine dernière, la proposition de loi avait été approuvée par les députés à l’issue d’une séance houleuse et avait suscité de nombreuses critiques. Des manifestations contre la mesure dimanche ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans plusieurs grandes villes du pays.Ce vote avait permis une levée de mesures américaines, dont certains droits de douane et des sanctions à l’encontre du juge Alexandre de Moraes qui avait condamné Jair Bolsonaro, allié de Donald Trump.Le procès de l’ex-président, au centre de la crise entre les Etats-Unis de Donald Trump et le Brésil de Lula, avait entraîné l’imposition de droits de douane américains de 40% sur certains produits brésiliens. En septembre, à l’issue d’un procès historique qualifié par Donald Trump de “chasse aux sorcières”, Jair Bolsonaro a été reconnu coupable par la Cour suprême d’être le leader d’une “organisation criminelle” ayant conspiré pour son maintien au pouvoir malgré sa défaite à la présidentielle de 2022.Selon l’accusation, ce projet, qui prévoyait l’assassinat de Lula après son élection au second tour, a échoué faute de soutien du haut commandement militaire. 

Mobilisation agricole Sud-Ouest: autoroutes perturbées, visite express de Lecornu

Cinq autoroutes sont encore partiellement ou totalement fermées, et d’autres perturbées, jeudi dans le sud-ouest de la France, en raison des mobilisations agricoles, alors que le Premier ministre a effectué une visite express en Ariège auprès d’agriculteurs concernés par des abattages.Dans les locaux de la sous-préfecture de Pamiers, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a rencontré hors presse les deux frères éleveurs dont le troupeau de plus de 200 vaches à été abattu la semaine passée dans le village ariégeois des Bordes-sur-Arize, sans s’entretenir avec d’autres acteurs du monde agricole, a appris l’AFP auprès de la préfecture.Côté circulation, les grands axes d’Occitanie restent fortement touchés par les manifestations, selon Vinci Autoroutes, même si l’A61 entre Narbonne et Toulouse, partiellement et même totalement bloquée pendant plusieurs heures depuis mardi, a été rouverte jeudi après-midi pour les véhicules quittant la ville rose.Le trafic vers Toulouse devrait quant à lui reprendre “en fin de journée”, a précisé l’opérateur.Dans le reste du Sud-Ouest, des coupures dans les deux sens continuent de bloquer l’A64 (Bayonne-Toulouse), l’A63 près de Bordeaux, l’A20 (Toulouse-Paris) au niveau de Cahors, ou encore l’A89 sur l’axe Bordeaux-Lyon, au niveau de Périgueux.”On ne va pas lâcher. On s’est fait critiquer la dernière fois d’avoir quitté l’autoroute trop tôt”, a déclaré à l’AFP Benjamin Roquebert, éleveur et céréalier de 37 ans en Haute-Garonne, présent sur le barrage de l’A64, en référence à la mobilisation agricole de début 2024.- Garde à vue -Des perturbations ont également été signalées sur des axes secondaires, comme la rocade d’Albi.”Tant que le gouvernement ne reviendra pas sur l’abattage systématique on sera là. Le sapin arrive, manque plus que la crèche et les vaches”, annonce Jean-Louis. Par ailleurs, selon un photographe de l’AFP, une cinquantaine d’agriculteurs ont forcé jeudi matin un barrage de gendarmerie dans les Pyrénées-Orientales, avant de bloquer un rond-point permettant d’accéder à l’A9, au niveau du péage du Boulou, près de la frontière espagnole.Un manifestant est actuellement en garde à vue pour violences sans ITT sur personne dépositaire de l’autorité publique, selon la préfecture du département.A Toulouse, un blocage du périphérique un moment annoncé par des militants de la FNSEA n’a finalement pas eu lieu, alors qu’au sein du syndicat, certains font état de leur volonté de ralentir la mobilisation à l’approche de Noël.Un avis que ne partagent par les Jeunes Agriculteurs (JA) locaux. “On va pas rentrer chez nous en n’ayant rien obtenu”, a ainsi dit à l’AFP le co-secrétaire général des JA de Haute-Garonne, Thomas Klunker.Le trafic SNCF a de son côté pu reprendre sur la ligne Toulouse-Narbonne, le blocage des voies effectif depuis deux jours à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) ayant été levé mercredi soir, a indiqué à l’AFP SNCF Réseaux.Seule la liaison Toulouse-Auch reste perturbée, en raison d'”éléments sur les voies” en gare d’Auch, selon la même source. Par ailleurs, alors que les autorités annoncent une “accélération majeure” de la campagne de vaccination des bovins contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans le Sud-Ouest, le préfet chargé de coordonner la cellule interministérielle sur ce dossier, Pascal Sanjuan, a supervisé la réception de doses arrivées par avion, avant d’être acheminées dans toute l’Occitanie.

Trump maintient son cap économique, accable Biden et les immigrés

“Bonsoir l’Amérique. Il y a onze mois j’ai hérité d’un désastre et je le répare.”Voici comment Donald Trump a lancé mercredi une courte allocution de fin d’année, dans laquelle il a fermement maintenu son cap économique malgré le mécontentement croissant des Américains, tout en accablant son prédécesseur démocrate Joe Biden et en s’en prenant violemment aux immigrés.Seule annonce concrète, dans ce discours diffusé en direct à une heure de grande écoute: l’envoi à 1,45 million de militaires américains de “dividendes du guerrier”, des chèques de 1.776 dollars rappelant la date de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis.Pour le reste, le milliardaire de 79 ans a jugé que l’Amérique allait connaître “un boom économique comme le monde n’en a jamais connu” et a accusé son prédécesseur Joe Biden de lui avoir laissé une économie “au bord de la ruine”.Le président républicain a aussi assuré que les prix, principale source d’inquiétude des ménages, baissaient “rapidement”, tout en indiquant que la lutte contre l’inflation n’était “pas encore finie”.- Chiffre faramineux -Il s’est à nouveau vanté d’avoir résolu huit guerres, un chiffre largement imaginaire selon les spécialistes, et a évoqué le montant faramineux de 18.000 milliards de dollars de nouveaux investissements aux Etats-Unis depuis son retour au pouvoir.Donald Trump a aussi répété que grâce à lui le prix des médicaments aux Etats-Unis allait baisser de jusqu’à “600%”, ce qui est mathématiquement impossible.Alors même que sa politique protectionniste laisse les Américains sceptiques, il a redit que les droits de douane étaient son “mot préféré”. Le républicain a aussi répété sa volonté de mettre fin au système d’assurance-santé subventionné connu sous le nom d’Obamacare, ce qui selon l’opposition démocrate va faire flamber les coûts pour les ménages.Donald Trump a assuré que nombre des difficultés rencontrées par ses concitoyens étaient le résultat d’une “invasion” d’immigrés pendant le mandat de Joe Biden.Le président américain, qui mène une politique d’expulsions massives accompagnée de sévères restrictions à l’immigration, s’est félicité d’avoir enclenché un processus de “migration inversée” ou de “remigration”.Il a accusé les immigrés d’avoir créé une crise du logement, d’avoir “volé” des emplois, d’avoir “submergé” les hôpitaux et, pour résumer, d’avoir vécu aux dépens des contribuables.- “Bulle déconnectée” selon Schumer -La vision optimiste de l’économie du président américain tranche avec l’inquiétude exprimée dans les sondages sur le coût de la vie.Selon une enquête d’opinion PBS News/NPR/Marist publiée mercredi, 61% des Américains jugent que la conjoncture ne leur est pas favorable personnellement, contre 57% en mai.M. Trump “vient de montrer qu’il vit dans une bulle complètement déconnectée de la réalité que vivent et ressentent les Américains au quotidien”, a réagi le sénateur démocrate Chuck Schumer après le discours.”Les faits sont là: les prix augmentent, le chômage augmente, et aucune amélioration n’est en vue”, a-t-il ajouté dans un communiqué.La déception des Américains quant à la politique économique de Donald Trump, reposant en grande partie sur les droits de douane, inquiète les républicains à moins d’un an des élections législatives de mi-mandat.Donald Trump, après un meeting la semaine dernière en Pennsylvanie (nord-est), sera vendredi en Caroline du Nord (sud-est) pour tenter de mobiliser les électeurs.Il a laissé éclater récemment sa frustration face aux sondages, en écrivant sur son réseau Truth Social: “Quand dira-t-on enfin que j’ai créé, sans inflation, peut-être la meilleure économie de l’histoire de notre pays? Quand les gens vont-ils comprendre ce qu’il se passe?”- Vance appelle à “persévérer” -Si Donald Trump maintient que la conjoncture est meilleure que la perception qu’en ont ses compatriotes, d’autres responsables demandent aux Américains d’être patients.L’un des principaux conseillers économiques de la Maison Blanche, Kevin Hassett, a réagi mardi à la progression du taux de chômage en novembre en rappelant que la croissance économique restait forte et en déclarant: “Généralement, les créations d’emplois suivent.”Il a prédit qu’il faudrait six mois pour que l’emploi industriel rebondisse, grâce selon lui aux investissements rendus possibles par le président américain.Les électeurs “savent que Rome ne s’est pas faite en un jour. Ils savent que ce que Joe Biden a cassé ne sera pas réparé en une semaine”, a déclaré de son côté le vice-président JD Vance, pendant un meeting mardi en Pennsylvanie.”Nous devons persévérer. Nous devons continuer à travailler pour ramener de bons emplois et de l’argent aux Etats-Unis”, a-t-il ajouté.

“Propagande”, “barbouzes”: devant les députés, Patrick Cohen accuse les médias Bolloré

“Espionnage déguisé en journalisme”: le journaliste Patrick Cohen a accusé jeudi, devant les députés, les médias de la galaxie Bolloré d’employer des “méthodes de barbouzes” et dénoncé une “opération de propagande” dans leur traitement de la vidéo où il apparaissait avec son confrère Thomas Legrand et deux responsables socialistes.Trois mois après cette tempête politico-médiatique, M. Cohen a été entendu par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public. Elle a été créée dans la foulée de cette affaire, qui a valu aux deux journalistes, intervenants sur le service public, des accusations de partialité en faveur de la gauche.”L’émotion incontestable suscitée par ces images” a été “amplifiée par une opération de propagande sans limites, visant à dénigrer, à détruire le service public que je représente”, a assuré M. Cohen.”L’affaire dite Legrand-Cohen a fait l’objet en deux semaines, sur l’antenne de CNews (chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, ndlr), du 6 au 20 septembre dernier, de 853 séquences”, a-t-il ajouté.”L’impartialité ne se mesure pas dans les bistrots, ni dans les chambres à coucher. Ou alors c’est qu’on a basculé dans un autre régime politique”, a insisté le journaliste.- Guerre ouverte -La vidéo a été divulguée début septembre par le magazine de droite conservatrice L’Incorrect et a ensuite été abondamment commentée sur CNews et deux autres médias de la galaxie Bolloré, Europe 1 et le JDD. Face aux deux responsables socialistes, M. Legrand évoquait les stratégies de la gauche aux prochaines élections et lâchait, au sujet de la candidate de la droite parisienne, Rachida Dati: “Nous on fait ce qu’il faut pour Dati, Patrick (Cohen) et moi”. Les deux journalistes ont dénoncé un montage et porté plainte. C’était un “rendez-vous que nos deux interlocuteurs politiques avaient sollicité”, pour “discuter d’un positionnement, d’une stratégie que nous avions l’un et l’autre assez vivement critiquée”, dans Libération pour M. Legrand et sur France Inter pour M. Cohen, a rappelé ce dernier devant les députés.Il a en outre évoqué des affirmations égrenées depuis mardi sur Europe 1 à propos d’une récente rencontre dans un café entre Thomas Legrand et l’ex-directrice de France Inter, Laurence Bloch. Cette dernière y aurait demandé au journaliste de “rompre toute collaboration avec la station” pour protéger Radio France.”L’espionnage déguisé en journalisme est appelé à prospérer sur les antennes du groupe Bolloré”, a accusé l’éditorialiste, en dénonçant des “méthodes de barbouzes”.L’affaire Legrand-Cohen a été le catalyseur d’une guerre ouverte entre l’audiovisuel public et les médias dans le giron de Vincent Bolloré. Ces derniers y ont vu un signe de partialité du service public pour la gauche, tout comme une partie de la droite et le Rassemblement national.France Télévisions et Radio France ont contre-attaqué en poursuivant ces médias en justice pour “dénigrement”.- Réactions polarisées -Entendue mercredi par la commission d’enquête, la présidente de Radio France, Sibyle Veil, a concédé que les propos de M. Legrand dans la vidéo étaient “problématiques”, mais a regretté que l’affaire ait été “instrumentalisée”.Thomas Legrand doit être entendu jeudi en fin d’après-midi. “Je bous d’expliquer les choses. Tout est parti d’une grosse manipulation”, a-t-il assuré en amont à l’AFP.Les travaux de la commission d’enquête, créée à la demande du parti d’Eric Ciotti UDR, allié au RN qui est favorable à la privatisation de l’audiovisuel public, se déroulent dans une ambiance électrique et suscitent des réactions très polarisées sur les réseaux sociaux.Jeudi, les échanges ont été tendus entre son rapporteur, le député UDR Charles Alloncle, et M. Cohen.”Vous pourriez être politique (…) vous avez un don absolument incroyable pour éviter de répondre à mes questions”, a déclaré le rapporteur au journaliste.Mercredi, la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, avait “rappelé à l’ordre” M. Alloncle, en craignant que la commission ne soit utilisée “à des fins politiques”. Le député y a vu une “tentative de déstabilisation”.

Les agriculteurs tonnent contre l’accord avec le Mercosur, échauffourées devant le Parlement européen

Pneus en feu, jets de pommes de terres et de projectiles auxquels répondent des canons à eau et des tirs de lacrymos de la police: des milliers d’agriculteurs européens ont fait entendre jeudi à Bruxelles leur colère contre le projet d’accord commercial avec le Mercosur.Un important dispositif policier était déployé pour protéger les institutions européennes, en plein sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE qui s’est ouvert jeudi à Bruxelles. Place du Luxembourg, devant le Parlement européen, l’atmosphère était particulièrement tendue.Selon un pointage diffusé par la police bruxelloise, 7.300 personnes ont pris part à la manifestation autorisée qui a défilé au sein de la capitale belge, accompagnée d’une cinquantaine de tracteurs, principalement dans le calme.En outre, 950 tracteurs, selon la même source, s’étaient massés dans le quartier européen, engorgeant plusieurs rues. Dès la matinée, la police a usé de canons à eau pour disperser certains manifestants, et des feux de pneus ou de poubelles avaient émaillé la manifestation, rejetant des panaches d’une âcre fumée noire.Des personnes masquées ont brisé en outre plusieurs vitres d’un bâtiment du Parlement, a constaté un journaliste de l’AFP.Mercosur, taxes sur les engrais, réforme de la Politique agricole commune (PAC) : les sujets de mécontentement sont nombreux, ont rappelé plusieurs manifestants interrogés par l’AFP.Florence Pellissier, 47 ans, agricultrice de grande culture (betterave, maïs, colza) est venue de Villiers-en-Bière en Seine-et-Marne. Le Mercosur ? “C’est de la concurrence déloyale, ils vont importer des produits, traités avec des choses que nous on a pas le droit d’utiliser (…) On nous ramène des poulets de merde, alors qu’on nous impose une agriculture de haut niveau!”.”On est là pour dire non au Mercosur, surtout parce qu’on a l’impression qu’aujourd’hui, Ursula veut passer en force, elle veut imposer sa loi”, proteste de son côté Maxime Mabille, un producteur laitier belge, s’en prenant à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.Celle-ci a rencontré dans la matinée une délégation d’agriculteurs du Copa-Cogeca, la principale organisation agricole europénne. “L’Europe sera toujours derrière vous”, a-t-elle promis dans un message diffusé sur X à l’issue de la réunion.La Copa-Cogeca, principal lobby agricole européen, avait dit attendre au moins 10.000 manifestants venus de plusieurs pays, notamment de nombreux agriculteurs français.”Notre fin = votre faim”, résumait un slogan peint sur un cercueil noir. “Les gens en ont ras-le-bol des normes, des contraintes”, a lancé Antoine Delefortrie, un des responsables des Jeunes Agriculteurs (JA) dans le nord de la France, dénonçant aussi le risque d'”une concurrence déloyale” de la part des pays sud-américains du Mercosur.L’exécutif européen et le Brésil – pays qui préside cette alliance l’associant à l’Argentine, au Paraguay et à l’Uruguay – insistent pour parapher avant la fin de la semaine un accord commercial en négociations depuis un quart de siècle, qui créerait la plus grande zone de libre-échange au monde.- “Le compte n’y est pas” -Or, Mme von der Leyen a besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée de pays membres, et plusieurs d’entre eux réclament un report de l’accord, dont la France et la Pologne, rejoints mercredi par l’Italie. Au grand dam de l’Espagne et de l’Allemagne, fervents supporteurs du texte.”Nous ne sommes pas prêts, le compte n’y est pas pour signer cet accord”, a affirmé jeudi le président français Emmanuel Macron depuis Bruxelles.L’accord permettrait à l’UE d’exporter davantage de véhicules, de machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine, tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui inquiète les filières concernées.Ces pays sud-américains sont accusés par de nombreux agriculteurs européens de ne pas respecter les réglementations environnementales et sociales auxquelles eux-mêmes sont soumis, avec à la clé l’opportunité de vendre des produits moins chers.Ces inquiétudes s’ajoutent à celles sur la réforme des subventions de la Politique agricole commune (PAC), que la Commission européenne est accusée de vouloir “diluer” dans le budget européen.Pour certains agriculteurs français, la gestion par le gouvernement Lecornu de l’épizootie de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) vient aussi amplifier le mécontentement.André Coupey a quitté dans la nuit sa campagne au sud de Lille pour manifester sa solidarité avec les éleveurs. “On peut comprendre leur désarroi avec l’abattage systématique” du cheptel en cas de maladie en son sein, a-t-il fait valoir.

Thaïlande-Cambodge: les combats continuent, la Chine tente une médiation

Le conflit se poursuit jeudi à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, dont la ville de Poipet, l’un des principaux points de passage entre les deux pays, a été bombardée au moment où un émissaire chinois doit entamer une médiation sur place.Les combats entre les deux royaumes d’Asie du Sud-Est, qui se disputent …

Thaïlande-Cambodge: les combats continuent, la Chine tente une médiation Read More »

Attentat de Sydney: l’Australie enterre une jeune victime et veut sévir contre l’extrémisme

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a promis des sanctions plus sévères contre l’extrémisme après l’attentat de Sydney dont les obsèques de la plus jeune victime, âgée de 10 ans, ont eu lieu jeudi.Sajid Akram et son fils Naveed Akram sont accusés d’avoir tué dimanche 15 personnes participant à une fête juive sur la plage …

Attentat de Sydney: l’Australie enterre une jeune victime et veut sévir contre l’extrémisme Read More »

Le Parlement adopte définitivement une loi réhabilitant les femmes condamnées pour avortement

“Une avancée historique” saluée par les associations féministes: le Parlement a définitivement adopté jeudi, lors d’un vote unanimement favorable à l’Assemblée nationale, une loi pour réhabiliter les femmes condamnées pour avortement avant la loi Veil de 1975.Le texte reconnaît plus largement “que l’application par l’État” des lois “pénalisant le recours, la pratique, l’accès et l’information sur l’avortement” a constitué “une atteinte à la protection de la santé des femmes, à l’autonomie sexuelle et reproductive” ou encore “aux droits des femmes”.Ce texte mémoriel ajoute que ces lois d’avant 1975 ont conduit à “de nombreux décès” et engendré des “souffrances physiques et morales”.Portée par l’ancienne ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, actuellement sénatrice du Val-de-Marne, la proposition de loi socialiste avait été adoptée à l’unanimité au Sénat en mars, dans les mêmes termes, et avec le soutien du gouvernement.Cette loi “est un acte de justice envers ces milliers de vies brisées par des lois injustes”, a déclaré jeudi la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Aurore Bergé, en évoquant dans son discours l’avortement de sa mère.”Nous avons la responsabilité de réparer mais surtout, nous avons le devoir d’alerter”, a-t-elle ajouté, en référence aux attaques actuelles “partout dans le monde” contre “les droits des femmes”.Les députés ont salué la présence en tribune de Claudine Monteil, l’une des signataires du Manifeste des 343, appel choc de 343 femmes ayant révélé en 1971 avoir avorté.Le texte contient par ailleurs la création d’une commission de reconnaissance du préjudice subi par les femmes ayant avorté. Elle sera chargée de contribuer au “recueil” et à la “transmission de la mémoire” des femmes contraintes aux avortements clandestins et de ceux qui les ont aidées.Cette commission sera composée de professionnels de santé, d’un membre du Conseil d’Etat ou un magistrat de la Cour de cassation, de personnes ayant réalisé des travaux de recherche sur ces questions et d’autres issues du milieu associatif.- Pas de réparations financières -Le texte ne prévoit pas en revanche de volet indemnitaire pour porter réparation aux personnes concernées par cette loi. A dessein, “parce qu’il n’y avait pas que des amies des femmes qui ont pratiqué des avortements”, selon Laurence Rossignol, qui évoque les “mères maquerelles” ou encore les “proxénètes” les ayant réalisés.”Cette question de l’indemnisation reste un angle mort de ce texte”, a regretté la députée écologiste Sandra Regol, à l’unisson avec la députée Insoumise Mathilde Panot notamment. “On ne peut pas faire comme si cette question ne se posait pas”, a ajouté Mme Regol, alors que l’Assemblée venait d’adopter un autre texte comportant des réparations pour les personnes condamnées par le passé pour homosexualité.Les “circonstances” sont “différentes”, a argumenté la ministre Aurore Bergé, puisque les femmes concernées par le texte “n’ont pas toutes subi des condamnations”. La commission créée par cette loi pourra mener des recherches “pour mieux identifier les victimes” et “peut-être, à un moment, ouvrir droit à un type de réparation”, a-t-elle ajouté. Des représentants des Républicains et du Rassemblement national se sont au contraire félicité de cette absence de compensations financières.L’examen du texte survient 50 ans après la promulgation de la loi Veil qui a autorisé l’interruption volontaire de grossesse (IVG).Entre 1870 et cette dépénalisation, plus de 11.660 personnes ont été condamnées pour avoir pratiqué ou eu recours à un avortement, selon les estimations officielles.La Fondation des femmes a salué une “avancée historique”, permettant de reconnaître “l’injustice subie par des milliers de femmes condamnées, humiliées ou emprisonnées pour avoir exercé ce qui est aujourd’hui un droit fondamental”.”La France envoie un message clair, en France comme à l’international: personne ne devrait jamais être condamné pour avortement”, ajoute l’organisation.Tout en se “félicitant” de l’adoption de la loi, Choisir la cause des femmes, association co-fondée par Gisèle Halimi, a jugé “important” de ne pas masquer le fait que l’accès à l’IVG en France n’est pas “satisfaisant”.”Près de 20% des femmes doivent encore se déplacer en France pour avorter”, a-t-elle souligné.Plusieurs députés ont par ailleurs salué durant les débats l’adoption par le Parlement européen mercredi d’un texte exhortant Bruxelles à faciliter l’accès à des avortements “sûrs” à toutes les femmes du continent, où cet accès diffère nettement d’un pays à l’autre.émep-la/rap/frd/