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La justice se prononce sur la suspension de Shein en France

Il y aura-t-il du Shein à Noël? Le tribunal judiciaire de Paris doit rendre vendredi sa décision sur la demande de l’État de suspendre pour trois mois la plateforme asiatique d’e-commerce, qui vendait des produits interdits.Shein sera-t-il coupé de ses clients français, contraint de se soumettre à une supervision drastique de ses systèmes de contrôle ou bien totalement accessible à nouveau? La décision du tribunal est attendue vendredi après-midi, notamment par les nombreux clients de Shein.Des poupées sexuelles à l’apparence de fillettes, des armes de catégorie A et des médicaments interdits retrouvés sur la plateforme ont poussé l’État à demander une mesure radicale: bloquer le site du géant de la mode ultra-éphémère et assortir sa réouverture de conditions strictes.L’État réclame “a minima” que Shein soit contraint de maintenir la suspension de sa place de marché (marketplace), qui héberge les produits commercialisés par des vendeurs tiers, et demande globalement la suspension de toutes ventes hors habillement. La plateforme se dit, elle, victime d’une véritable “cabale” politique et médiatique, selon les termes de ses avocats lors de l’audience du 5 décembre.- “Failles” à corriger -Shein reconnaît la vente de ces produits mais se réfugie derrière le fait qu’ils ont été immédiatement retirés après signalement, et derrière les actions mises en place ensuite. Le groupe, fondé en Chine et basé à Singapour, estime avoir suffisamment agi, en allant même jusqu’à bloquer de lui-même toute sa marketplace en France.Depuis le 5 novembre, Shein ne vend plus que les vêtements de ses collections à bas prix, sans cesse renouvelées, fabriquées en Chine et en synthétique pour l’essentiel. Le temps de faire “un audit complet” et de corriger les “failles” de son site.Prenant en compte ces mesures, le ministère public a estimé lors de l’audience que le blocage total était disproportionné au regard de la jurisprudence européenne et s’y est opposé. Davantage que la présence d’un dommage actuel, la représentante du parquet avait insisté sur le rôle du tribunal pour “prévenir un dommage futur”.L’État exige que Shein prenne toute mesure efficace de filtrage et de contrôle pour éviter que des produits interdits soient remis en vente. Il demande aussi au groupe asiatique de mettre en place un filtrage d’âge pour empêcher les mineurs d’accéder aux contenus pornographiques. Le tout sous contrôle de l’Arcom, régulateur du numérique.Même si l’État est débouté, la marketplace Shein ne rouvrira pas d’un coup en totalité, mais progressivement, avaient expliqué ses avocats. L’entreprise reconnait notamment des difficultés à instaurer un filtre d’âge efficace. En conséquence, la catégorie sexuelle réservée aux adultes resterait fermée pour le moment, comme c’est le cas au niveau mondial depuis le scandale apparu en France.- “Long combat” -Quelle que soit la décision vendredi de la juridiction civile, Shein n’en a pas fini avec la justice: une enquête pénale a été ouverte par le parquet de Paris et confiée à l’Office des mineurs, qui enquête également sur les plateformes AliExpress, Temu, Wish et eBay.”Ce qui s’appliquera à Shein s’appliquera aussi aux autres plateformes coupables des mêmes manquements”, a affirmé le ministre du Commerce Serge Papin mercredi à l’Assemblée nationale, s’attendant à un “long combat” contre ces géants de l’e-commerce.Une lutte portée également sur la scène européenne, la France réclamant des sanctions de la part de la Commission. Bruxelles a demandé des informations formelles à Shein mais n’a pas encore ouvert d’enquête, comme elle l’a fait contre AliExpress et Temu.Au coeur de la lutte contre le contenu illégal en ligne, le règlement européen sur les services numériques (DSA) serait non adapté aux plateformes d’e-commerce face à la déferlante de 12 millions de petits colis arrivant chaque jour en Europe et qui échappent aux contrôles, estime un rapport parlementaire présenté à l’Assemblée mercredi.

Russie: Poutine attendu pour sa conférence annuelle devant la presse et les citoyens

Le président russe Vladimir Poutine doit répondre vendredi aux journalistes et citoyens et dresser le bilan de l’année, au moment où une intense activité diplomatique est déployée pour trouver une issue à la guerre en Ukraine lancée par Moscou il y a près de quatre ans.M. Poutine, 73 ans et au pouvoir depuis un quart de siècle, est rôdé à cette grande conférence annuelle, exercice médiatique qui dure généralement plusieurs heures et est retransmis en direct à la télévision.Le président russe s’exprime à cette occasion sur un vaste spectre de sujets allant de la géopolitique et l’économie aux préoccupations concrètes de la population et problèmes locaux.Comme les années précédentes, il est très attendu sur l’offensive russe en Ukraine, qui entrera en février dans sa cinquième année, mais aussi sur ses relations avec le président américain Donald Trump, revenu au pouvoir en janvier, ou encore l’escalade des tensions avec les Européens.Mercredi, M. Poutine a une nouvelle fois martelé que les objectifs de la Russie en Ukraine seraient “sans aucun doute atteints”, que ce soit par la voie diplomatique ou par des moyens militaires. Il a aussi eu un ton très dur envers les dirigeants européens, qu’il a qualifiés de “porcelets” qui ambitionnent de provoquer “l’effondrement” de la Russie.Alors que les Etats-Unis multiplient les efforts diplomatiques ces dernières semaines pour élaborer un plan visant à mettre fin à la guerre, les forces russes ont accéléré cette année leurs conquêtes sur le front en Ukraine, dont elles contrôlent environ 19% du territoire.- “Quand arrivera la paix?” -Le conflit reste une préoccupation majeure des Russes. Selon une enquête d’opinion du centre indépendant Levada de mi-décembre, 21% des sondés souhaitent demander vendredi à Vladimir Poutine quand “l’opération militaire spéciale” en Ukraine, selon les termes en vigueur en Russie, prendra fin.Selon cet institut, déclaré “agent de l’étranger” par les autorités, 16% des sondés aimeraient par ailleurs savoir quand les conditions de vie vont s’améliorer, alors que la Russie est visée par des sanctions occidentales massives et confrontée à une forte inflation.”Si j’avais la possibilité de poser une question au président, je lui demanderais quand la paix arrivera pour tous. Ce serait le bonheur !”, a déclaré à l’AFP Anna, une retraité de 65 ans, interrogée dans les rues de Moscou.Grigori, logisticien de 62 ans, voudrait lui aussi “entendre des nouvelles positives sur la fin du conflit”, mais aussi sur “une baisse des taux d’intérêt des prêts hypothécaires”, qui atteignent des niveaux records en Russie et freinent les investissements.Si l’économie du pays a jusqu’ici tenu bon face aux restrictions visant notamment ses exportations d’hydrocarbures, les difficultés qu’elle traverse s’expriment via des pénuries de main d’oeuvre, un coût prohibitif des crédits bancaires et une hausse des prix à la consommation.Après deux années de croissance portées par l’effort de guerre, l’économie russe montre ainsi des signes de ralentissement. La Banque centrale table sur une croissance du PIB comprise entre 0,5% et 1% pour 2025, contre 4,3% en 2024 et 4,1% en 2023.- Doléances -Cette grande conférence de presse annuelle est aussi l’occasion pour Vladimir Poutine d’écouter pléthore de doléances locales de la population à travers les régions du plus vaste pays au monde, comme la vétusté des hôpitaux, le manque d’écoles ou l’état des routes. Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, M. Poutine s’est préparé mercredi “jusque tard dans la nuit” à cette conférence en épluchant les questions des citoyens, ainsi que toute la journée de jeudi.Selon M. Peskov, plus de deux millions de questions ont été posées au président, qui sont triées avec l’aide de l’intelligence artificielle. Les questions sociales “occupent la première place”, a-t-il affirmé au journal Izvestia.Ce programme était autrefois divisé en deux parties: la grande conférence de presse annuelle avec la participation de médias occidentaux et la “Ligne directe” de questions-réponses avec les citoyens. Depuis 2023, les deux émissions ont été fusionnées.Le face-à-face de Vladimir Poutine avec la presse porte généralement sur la politique et les grands dossiers internationaux.La session de questions-réponses avec la population offre, elle, à Vladimir Poutine l’occasion de promettre de régler des problèmes de particuliers, de réprimander des responsables régionaux et parfois, de faire des confidences sur sa vie privée.Ces deux évènements, organisés quasi chaque année depuis 2001, sont les deux grand-messes télévisées annuelles du président russe.En 2022, elles n’avaient pas eu lieu, alors que l’armée russe venait d’essuyer des revers importants en Ukraine.

New York: le nouvel archevêque, favorable aux migrants, célèbre sa première messe

Le nouvel archevêque de New York, Ronald Hicks, a célébré sa première messe dans la ville jeudi, après que le pape Léon XIV a nommé ce jeune évêque sensible aux questions migratoires pour remplacer l’influent cardinal conservateur Timothy Dolan. Le Vatican avait annoncé quelques heures plus tôt le choix de Mgr Hicks, un Américain de 58 …

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Colère agricole dans le Sud-Ouest: autoroutes perturbées, visite express de Lecornu

Les autoroutes du Sud-Ouest sont encore très largement perturbées jeudi soir par les mobilisations agricoles, tandis que le Premier ministre a effectué dans la matinée une visite express en Ariège auprès d’éleveurs touchés par des abattages liés à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).Dans les locaux de la sous-préfecture de Pamiers, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a rencontré hors presse les deux frères dont le troupeau de plus de 200 vaches a été abattu en fin de semaine dernière dans le village ariégeois des Bordes-sur-Arize, a appris l’AFP auprès de la préfecture.Dans la soirée, une douzaine d’agriculteurs de la Coordination rurale ont aspergé de sang animal l’une des façades de la préfecture du Tarn-et-Garonne à Montauban, ont constaté des journalistes de l’AFP. Le liquide d’un rouge sombre, à l’odeur fétide, s’est ensuite écoulé le long du trottoir en un petit torrent.Au volant de cinq tracteurs, dont un tirant une citerne contenant selon eux un millier de litres de sang, ils ont ensuite réservé le même sort aux locaux de la mutualité sociale agricole (MSA), à Montauban également, y déversant aussi ordures et fumier.Les grands axes d’Occitanie restent fortement touchés par les manifestations, selon Vinci Autoroutes, même si l’A61 entre Narbonne et Toulouse, occupée par des agriculteurs depuis mardi, a rouvert en fin d’après-midi. Le campement installé sur l’A20, au sud de Cahors, a par ailleurs été évacué jeudi soir, selon la préfète du Lot, Claire Raulin, mais la circulation ne devrait pas y être rétablie avant vendredi matin au plus tôt.Dans le reste du Sud-Ouest, des coupures dans les deux sens continuent de bloquer l’A64 (Bayonne-Toulouse), l’A63 près de Bordeaux, l’A20 (Toulouse-Paris) au niveau de Cahors, ou encore l’A89 sur l’axe Bordeaux-Lyon, au niveau de Périgueux.”On ne va pas lâcher. On s’est fait critiquer la dernière fois d’avoir quitté l’autoroute trop tôt”, a déclaré sur le barrage de l’A64 Benjamin Roquebert, éleveur et céréalier de 37 ans en Haute-Garonne, en référence à la mobilisation début 2024.- Garde à vue -“Tant que le gouvernement ne reviendra pas sur l’abattage systématique, on sera là”, a annoncé Jean-Louis, éleveur à la retraite n’ayant pas souhaité donner son nom de famille.Selon un photographe de l’AFP, une cinquantaine d’agriculteurs ont forcé jeudi matin un barrage de gendarmerie dans les Pyrénées-Orientales, avant de bloquer un rond-point permettant d’accéder à l’A9, au niveau du péage du Boulou, près de la frontière espagnole.A la suite de cette action, un manifestant a été placé en garde à vue pour violences sans ITT sur personne dépositaire de l’autorité publique, selon la préfecture du département.A Toulouse, le blocage du périphérique annoncé par des militants de la FNSEA n’a finalement pas eu lieu, alors qu’au sein du syndicat, certains font état de leur volonté de ralentir la mobilisation à l’approche de Noël.Un avis que ne partagent pas les Jeunes agriculteurs (JA) locaux. “On va pas rentrer chez nous en n’ayant rien obtenu”, a ainsi dit à l’AFP le co-secrétaire général des JA de Haute-Garonne, Thomas Klunker.Le trafic SNCF a quant à lui pu reprendre sur la ligne Toulouse-Narbonne, le blocage des voies effectif depuis deux jours à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) ayant été levé mercredi soir, a indiqué SNCF Réseaux.Seule la liaison Toulouse-Auch reste perturbée, en raison d'”éléments sur les voies” en gare d’Auch, selon la même source. Les autorités annoncent une “accélération majeure” de la campagne de vaccination des bovins contre la DNC dans le Sud-Ouest. Le préfet chargé de coordonner la cellule interministérielle sur ce dossier, Pascal Sanjuan, a supervisé jeudi la réception de doses arrivées par avion, avant d’être acheminées dans toute l’Occitanie.

Aide à l’Ukraine: les dirigeants de l’UE entrent dans le vif du sujet

Les dirigeants européens, réunis en sommet, sont entrés jeudi soir en conclave avec l’espoir de trouver le moyen de financer durablement l’effort de guerre de l’Ukraine.”La décision doit être prise d’ici la fin de cette année”, a rappelé le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse à Bruxelles, où il s’est déplacé pour mieux marteler son message.Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont débuté un dîner de travail, sans conseillers ni téléphones, avec un sujet central au menu: comment utiliser les avoirs gelés de la banque centrale russe en Europe pour financer l’Ukraine au cours des deux ans à venir.Un accord bute depuis des semaines sur la vive réticence de la Belgique, où se trouve l’essentiel de ces avoirs gelés, soit quelque 210 milliards d’euros. L’idée est d’y recourir pour financer un “prêt de réparation” de 90 milliards en faveur de l’Ukraine.Mais le Premier ministre belge Bart De Wever a posé plusieurs conditions avant de donner son feu vert, refusant que son pays soit seul à assumer les risques en cas de problème ou de représailles russes.- Conciliabules et bilatérales -Des heures de conciliabules entre experts et de rencontres bilatérales entre dirigeants de l’UE ont permis quelques progrès, selon certains diplomates.Mais, le diable est dans les détails, selon l’un d’entre eux, et il reste encore à trouver un compromis entre les exigences de la Belgique, qui réclame des garanties quasi illimitées, et les réticences de ses partenaires, peu enclins à lui signer un chèque en blanc. “On a besoin d’un parachute avant de sauter. Si on nous demande de sauter, on saute tous ensemble”, a martelé jeudi matin Bart De Wever devant les parlementaires belges.”On peut redouter certaines démarches judiciaires de la Fédération de Russie, mais, pour être honnête, ce n’est pas aussi effrayant que lorsque la Russie est à vos frontières”, a déclaré de son côté M. Zelensky, interrogé sur les craintes belges.En l’absence d’accord, l’Ukraine risque de se retrouver à court d’argent dès le premier trimestre 2026, alors que les combats continuent en dépit d’intenses négociations en cours.Le président américain s’est à nouveau impatienté jeudi, invitant l’Ukraine à “bouger rapidement”, avant que la Russie ne “change d’avis”.M. Zelensky avait confirmé plus tôt la tenue de nouveaux pourparlers aux États-Unis, vendredi et samedi, entre négociateurs ukrainiens et américains. Il espère y obtenir des détails sur les garanties de sécurité fournies à Kiev pour empêcher tout nouvelle attaque russe.”Il y a une question à laquelle je n’arrive toujours pas à obtenir de réponse (…). La question qui porte sur l’ensemble des garanties de sécurité”, a-t-il déclaré devant la presse à Bruxelles, indiquant vouloir savoir “ce que feront les États-Unis si la Russie commet une nouvelle agression”.- “Moral, juste et légal” -A Bruxelles, il a surtout pressé les Européens de se décider rapidement pour enfin utiliser l’argent du Kremlin gelé en Europe, afin que son pays puisse se défendre. “C’est moral. C’est juste. C’est légal”, a-t-il insisté.”(Vladimir) Poutine parie sur notre échec, ne lui offrons pas cela!”, a lancé de son côté la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas.Les Européens se sont engagés à assurer, au cours des deux prochaines années, l’essentiel du soutien financier et militaire à Kiev, après la fermeture du robinet américain décidée par Donald Trump. “Je ne vois pas de meilleure option” que le recours aux avoirs russes, a affirmé jeudi le chancelier allemand Friedrich Merz, à son arrivée à Bruxelles.”Si nous n’arrivons pas à le faire, la capacité d’action de l’Union européenne sera gravement compromise pour des années, et même plus longtemps”, avait-il mis en garde en début de semaine.

La signature de l’accord UE-Mercosur reportée en janvier

La signature de l’accord commercial entre l’Union européenne et des pays du Mercosur a été reportée en janvier, a annoncé jeudi Ursula von der Leyen aux 27 Etats membres, au moment où les agriculteurs faisaient entendre leur colère à Bruxelles.Ce délai offre un répit de courte durée à la France, qui ne cesse de marteler que l’accord n’est pas acceptable en l’état.Mais ce report n’est “pas suffisant” pour la FNSEA, le premier syndicat agricole français, qui a appelé ses adhérents à rester mobilisés, car “le Mercosur, c’est toujours NON!”.Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait notamment à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay.Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.Le président brésilien Lula avait ouvert la voie à ce report quelques heures plus tôt, après un échange téléphonique avec Giorgia Meloni. La cheffe du gouvernement italien lui a demandé de la “patience”, tout en assurant que l’Italie soutiendrait l’accord in fine, a-t-il relaté.- “Interminable partie de bras de fer” -Ce délai supplémentaire est un revers pour la Commission européenne, l’Allemagne et l’Espagne qui poussaient pour une signature dans les prochains jours.Ce ne sera pas “réglé cette année, mais il semble désormais presque certain que cela va se faire”, nuance une source gouvernementale allemande, qui vise une signature “mi-janvier”.La puissante fédération allemande de l’industrie chimique et pharmaceutique (VCI) a quant à elle fait part de sa “frustration” face à une “interminable partie de bras de fer”.La présidente de la Commission européenne espérait parapher ce traité de libre-échange samedi, lors du sommet du Mercosur au Brésil.Mais Ursula von der Leyen avait besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée d’Etats membres à Bruxelles, dont l’ont privée la France et l’Italie notamment.”Le compte n’y est pas pour signer cet accord”, avait ainsi répété Emmanuel Macron jeudi matin.- Lacrymogènes et vitres brisées -En marge de ce sommet européen entre chefs d’Etat et de gouvernement jeudi à Bruxelles, des milliers d’agriculteurs sont venus faire entendre leur colère.Avec pneus en feu, jets de pommes de terre et de projectiles auxquels ont répondu des canons à eau et des tirs de gaz lacrymogènes de la police. La situation a été particulièrement tendue autour des institutions européennes, protégées par un important dispositif policier.Selon la police belge, 7.300 personnes, avec une cinquantaine de tracteurs, ont pris part à la manifestation autorisée, principalement dans le calme.Mais 950 tracteurs supplémentaires s’étaient massés dans le quartier européen, engorgeant plusieurs rues.Dès la matinée, la police a usé de canons à eau pour disperser certains manifestants. Des feux de pneus ou de poubelles ont émaillé la manifestation.Des personnes masquées ont brisé en outre plusieurs vitres d’un bâtiment du Parlement, a constaté l’AFP.Mercosur, taxes sur les engrais, réforme de la Politique agricole commune (PAC): les sujets de mécontentement sont nombreux, ont rappelé plusieurs manifestants.Le Mercosur? “C’est de la concurrence déloyale, ils vont importer des produits, traités avec des choses que nous, on n’a pas le droit d’utiliser. (…) On nous ramène des poulets de merde”, fustigeait la Française Florence Pellissier, 47 ans, agricultrice de grande culture (betterave, maïs, colza) en Seine-et-Marne près de Paris.”On a l’impression qu’aujourd’hui, Ursula (von der Leyen) veut passer en force, elle veut imposer sa loi”, a aussi dénoncé Maxime Mabille, producteur laitier belge.La Copa-Cogeca, principal lobby agricole européen, a revendiqué 10.000 manifestants venus de plusieurs pays, notamment de nombreux Français.”Notre fin = votre faim”, résumait un slogan peint sur un cercueil noir. De nombreux agriculteurs européens reprochent aux pays du Mercosur de ne pas respecter les réglementations environnementales et sociales auxquelles eux-mêmes sont soumis.Ces inquiétudes s’ajoutent à celles sur la réforme des subventions de la PAC, que la Commission européenne est accusée de vouloir “diluer” dans le budget européen.Pour les agriculteurs français, la gestion par le gouvernement Lecornu de l’épizootie de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) vient encore amplifier le mécontentement.