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Le Hamas dénonce l’idée de Trump de relocaliser les Gazaouis

Le Hamas et son allié le Jihad islamique ont vivement critiqué dimanche la proposition du président américain Donald Trump de déplacer les Gazaouis vers l’Egypte et la Jordanie pour “faire le ménage”, selon lui, dans la bande de Gaza où une trêve fragile entre dans sa deuxième semaine.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, n’a pas encore réagi à la proposition américaine mais Bezalel Smotrich, ministre d’extrême-droite, l’a qualifiée d'”excellente idée”, affirmant que les Palestiniens pourraient “établir une nouvelle et belle vie ailleurs”.Après plus de 15 mois de guerre à Gaza, un cessez-le-feu a débuté le 19 janvier, mais Israël et le Hamas se sont mutuellement accusé dimanche d’avoir violé les termes de l’accord, au lendemain de l’échange de quatre soldates israéliennes par le mouvement islamiste contre environ 200 prisonniers palestiniens détenus par Israël.Dans ce contexte, Donald Trump a comparé samedi soir la bande de Gaza dévastée par la guerre et plongée dans une grave crise humanitaire à un “site de démolition” et a dit avoir parlé de la situation au roi Abdallah II de Jordanie, ajoutant qu’il allait faire de même dimanche avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.”On parle d’environ 1,5 million de personnes, et on fait tout simplement le ménage là-dedans. Vous savez, au fil des siècles, ce site a connu de nombreux conflits. Et je ne sais pas, quelque chose doit se passer”, a déclaré M. Trump à bord de l’avion présidentiel.”Je préférerais m’impliquer avec certaines nations arabes et construire des logements à un autre endroit où ils pourraient peut-être vivre en paix pour une fois”, a ajouté le président, suggérant un déplacement des Gazaouis qui pourrait être “temporaire ou à long terme”.- “Crimes contre l’humanité” -Les Palestiniens “feront échouer” la proposition américaine “comme ils ont fait échouer tous les projets de déplacement (…) pendant des décennies”, a réagi dimanche Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas.Le Jihad islamique, autre mouvement armé à Gaza, a pour sa part estimé que les propos de M. Trump encourageaient les “crimes de guerre et crimes contre l’humanité” à Gaza, où la grande majorité des 2,4 millions d’habitants ont été déplacés par la guerre, souvent à plusieurs reprises.Donald Trump a également confirmé avoir débloqué une livraison de bombes de plus de 900 kilogrammes pour son allié après que l’administration de l’ancien président Joe Biden a suspendu l’année dernière les livraisons de telles armes.”La région est plus sûre quand Israël a ce dont il a besoin pour se défendre”, a salué dimanche le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar.Le nouveau président américain avait exercé une intense pression sur les deux camps pour que soit conclu avant son investiture le 20 janvier un accord de cessez-le-feu.Dans le cadre de cet accord, un premier échange de trois otages israéliennes contre 90 prisonniers palestiniens s’était tenu dimanche dernier, au premier jour de la trêve.- Trois morts au Liban -L’attaque du Hamas contre Israël du 7 Octobre a entraîné la mort de 1.210 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.Au total, 251 personnes avaient été enlevées ce jour-là. Quatre-vingt-sept sont toujours retenus otages, dont 34 sont mortes selon l’armée.L’offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza assiégée a fait au moins 47.283 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas.La première phase de l’accord de cessez-le-feu doit durer six semaines et permettre la libération au total de 33 otages contre quelque 1.900 prisonniers palestiniens.  Pendant cette première phase doivent être négociées les modalités de la deuxième, qui doit permettre la libération des derniers otages, avant la dernière étape portant sur la reconstruction de Gaza et la restitution des corps des otages morts en captivité.Samedi, un différend de dernière minute a bloqué le début du retour prévu dans le nord du territoire de centaines de milliers d’habitants déplacés.Israël a justifié dimanche son refus de les laisser passer en accusant le Hamas de deux violations de l’accord de cessez-le-feu.Arbel Yehuda, une femme civile dont Israël réclamait la libération samedi, “n’a pas été libérée et la liste du statut” des otages – morts ou vivants – “n’a pas été soumise” par le mouvement palestinien, a dénoncé le bureau du Premier ministre dans un communiqué.Le Hamas, qui a affirmé samedi à l’AFP que l’otage serait “relâchée à l’occasion du troisième échange” prévu le 1er février, a de son côté accusé Israël de “violer” l’accord en bloquant l’accès au nord de Gaza.Au Liban, un accord de cessez-le-feu était aussi entré en vigueur entre le Hezbollah, un allié du Hamas, et Israël.Selon ses termes, l’armée israélienne devait achever dimanche son retrait du sud du Liban, mais Israël a annoncé vendredi que l’opération se poursuivrait au-delà de la date limite du 26 janvier.Cela n’a pas empêché des centaines d’habitants du sud du Liban de braver les forces israéliennes pour retourner chez eux. Trois personnes ont été tuées.

Le Hamas dénonce l’idée de Trump de relocaliser les Gazaouis

Le Hamas et son allié le Jihad islamique ont vivement critiqué dimanche la proposition du président américain Donald Trump de déplacer les Gazaouis vers l’Egypte et la Jordanie pour “faire le ménage”, selon lui, dans la bande de Gaza où une trêve fragile entre dans sa deuxième semaine.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, n’a pas encore réagi à la proposition américaine mais Bezalel Smotrich, ministre d’extrême-droite, l’a qualifiée d'”excellente idée”, affirmant que les Palestiniens pourraient “établir une nouvelle et belle vie ailleurs”.Après plus de 15 mois de guerre à Gaza, un cessez-le-feu a débuté le 19 janvier, mais Israël et le Hamas se sont mutuellement accusé dimanche d’avoir violé les termes de l’accord, au lendemain de l’échange de quatre soldates israéliennes par le mouvement islamiste contre environ 200 prisonniers palestiniens détenus par Israël.Dans ce contexte, Donald Trump a comparé samedi soir la bande de Gaza dévastée par la guerre et plongée dans une grave crise humanitaire à un “site de démolition” et a dit avoir parlé de la situation au roi Abdallah II de Jordanie, ajoutant qu’il allait faire de même dimanche avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.”On parle d’environ 1,5 million de personnes, et on fait tout simplement le ménage là-dedans. Vous savez, au fil des siècles, ce site a connu de nombreux conflits. Et je ne sais pas, quelque chose doit se passer”, a déclaré M. Trump à bord de l’avion présidentiel.”Je préférerais m’impliquer avec certaines nations arabes et construire des logements à un autre endroit où ils pourraient peut-être vivre en paix pour une fois”, a ajouté le président, suggérant un déplacement des Gazaouis qui pourrait être “temporaire ou à long terme”.- “Crimes contre l’humanité” -Les Palestiniens “feront échouer” la proposition américaine “comme ils ont fait échouer tous les projets de déplacement (…) pendant des décennies”, a réagi dimanche Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas.Le Jihad islamique, autre mouvement armé à Gaza, a pour sa part estimé que les propos de M. Trump encourageaient les “crimes de guerre et crimes contre l’humanité” à Gaza, où la grande majorité des 2,4 millions d’habitants ont été déplacés par la guerre, souvent à plusieurs reprises.Donald Trump a également confirmé avoir débloqué une livraison de bombes de plus de 900 kilogrammes pour son allié après que l’administration de l’ancien président Joe Biden a suspendu l’année dernière les livraisons de telles armes.”La région est plus sûre quand Israël a ce dont il a besoin pour se défendre”, a salué dimanche le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar.Le nouveau président américain avait exercé une intense pression sur les deux camps pour que soit conclu avant son investiture le 20 janvier un accord de cessez-le-feu.Dans le cadre de cet accord, un premier échange de trois otages israéliennes contre 90 prisonniers palestiniens s’était tenu dimanche dernier, au premier jour de la trêve.- Trois morts au Liban -L’attaque du Hamas contre Israël du 7 Octobre a entraîné la mort de 1.210 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.Au total, 251 personnes avaient été enlevées ce jour-là. Quatre-vingt-sept sont toujours retenus otages, dont 34 sont mortes selon l’armée.L’offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza assiégée a fait au moins 47.283 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas.La première phase de l’accord de cessez-le-feu doit durer six semaines et permettre la libération au total de 33 otages contre quelque 1.900 prisonniers palestiniens.  Pendant cette première phase doivent être négociées les modalités de la deuxième, qui doit permettre la libération des derniers otages, avant la dernière étape portant sur la reconstruction de Gaza et la restitution des corps des otages morts en captivité.Samedi, un différend de dernière minute a bloqué le début du retour prévu dans le nord du territoire de centaines de milliers d’habitants déplacés.Israël a justifié dimanche son refus de les laisser passer en accusant le Hamas de deux violations de l’accord de cessez-le-feu.Arbel Yehuda, une femme civile dont Israël réclamait la libération samedi, “n’a pas été libérée et la liste du statut” des otages – morts ou vivants – “n’a pas été soumise” par le mouvement palestinien, a dénoncé le bureau du Premier ministre dans un communiqué.Le Hamas, qui a affirmé samedi à l’AFP que l’otage serait “relâchée à l’occasion du troisième échange” prévu le 1er février, a de son côté accusé Israël de “violer” l’accord en bloquant l’accès au nord de Gaza.Au Liban, un accord de cessez-le-feu était aussi entré en vigueur entre le Hezbollah, un allié du Hamas, et Israël.Selon ses termes, l’armée israélienne devait achever dimanche son retrait du sud du Liban, mais Israël a annoncé vendredi que l’opération se poursuivrait au-delà de la date limite du 26 janvier.Cela n’a pas empêché des centaines d’habitants du sud du Liban de braver les forces israéliennes pour retourner chez eux. Trois personnes ont été tuées.

Bélarus: présidentielle sans suspense pour Loukachenko, qui vise un septième mandat

Les Bélarusses ont commencé dimanche à voter pour une élection présidentielle destinée à réélire l’autocrate assumé Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, pour un septième mandat consécutif faute d’opposition tolérée.Depuis 08H00 locales (05H00 GMT), les électeurs se rendent aux urnes pour un scrutin sans suspense, a constaté un journaliste de l’AFP dans un bureau de vote à Minsk. L’Union européenne, les détracteurs de M. Loukachenko et les ONG de défense des droits humains ont déjà qualifié cette élection de mise en scène.Avec cette présidentielle, le dirigeant âgé de 70 ans entend poursuivre son règne pour au moins cinq ans de plus à la tête de cette ex-république soviétique frontalière de l’UE, de l’Ukraine et de la Russie.Durant son sixième mandat, Alexandre Loukachenko a complètement étouffé toute dissidence après des manifestations inédites l’ayant visé en 2020. Il s’est rapproché de Moscou, jusqu’à prêter à l’armée russe son territoire pour envahir l’Ukraine en 2022.A Minsk, Nadejda Goujalovskaïa, une retraitée de 74 ans, qui se qualifie de “patriote”, dit venir voter pour “la première fois en 20 ans”.Comme de nombreux électeurs, en l’absence d’autres alternatives, elle a voté pour Alexandre Loukachenko. “Je ne veux pas d’un Maïdan”, justifie-t-elle, en référence à la révolution pro-démocratie de 2014 à Kiev en Ukraine.”Peut-être que tout n’est pas parfait, que nous ne sommes pas en démocratie…”, dit-elle du bout des lèvres, effleurant là un sujet tabou dans un contexte très répressif des voix critiques du pouvoir.- “La paix dans le pays” -Irina Lebedeva, 68 ans, qui vote elle “à chaque fois”, estime pour sa part que “grâce à notre président, il y a la paix dans le pays”, un argument répété par les Bélarusses rencontrés ces derniers jours par l’AFP.A Bruxelles, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a estimé samedi que M. Loukachenko “n’a aucune légitimité”. Elle a qualifié le scrutin de “mascarade” et d'”affront à la démocratie”.Dans un entretien à l’AFP, début janvier, Svetlana Tikhanovskaïa, cheffe de file de l’opposition en exil et candidate à la présidentielle de 2020, avait dénoncé un “simulacre” d’élection.Dans son style martial habituel, Alexandre Loukachenko a mis en garde ses opposants vendredi: “Nous ne répéterons jamais ce qui s’est passé en 2020 !”. A l’époque, des dizaines de milliers de Bélarusses étaient descendus dans la rue pour dénoncer une présidentielle truquée.Soutenu par son allié russe Vladimir Poutine, il avait réussi à consolider son pouvoir à coups d’arrestations, de violences et de longues peines de prison visant opposants, journalistes, employés d’ONG et simples manifestants.Selon l’ONU, plus de 300.000 Bélarusses, sur une population de neuf millions, ont fui leur pays pour des raisons politiques, principalement vers la Pologne.Face à cette répression, les Occidentaux ont imposé de lourdes sanctions au Bélarus, conduisant Alexandre Loukachenko à accélérer son rapprochement avec le Kremlin, abandonnant son jeu d’équilibriste entre Moscou et l’Occident.Illustration de cette alliance, le territoire bélarusse a servi de base arrière aux forces de Vladimir Poutine en février 2022 pour envahir l’Ukraine. Et Moscou y a déployé à l’été 2023 des armes nucléaires tactiques, une menace pour Kiev mais également lpour es membres de l’Otan bordant le Bélarus (Lituanie, Lettonie, Pologne).- Prisonniers politiques -M. Loukachenko, personnage haut en couleur qui aime s’afficher en uniforme, au volant d’un tracteur ou une arme a la main, s’est posé en rempart face au chaos de la guerre en Ukraine, assurant que son pays “ne veut pas se battre”.Ce moustachu à la carrure imposante aime également faire la tournée des usines. Ancien directeur de ferme collective, connu pour son style macho assumé, il se félicite d’avoir maintenu une économie largement contrôlée par l’Etat.Il a récemment déclaré n’avoir aucun intérêt à participer à des débats électoraux: “Ce n’est pas le moment de débattre”, a-t-il dit, alors que quatre candidats triés sur le volet par le pouvoir peuvent participer dimanche, entièrement réduits à un rôle de faire-valoir.Les organisations de défense des droits humains estiment que le pays compte toujours plus de 1.200 prisonniers politiques.

Bélarus: présidentielle sans suspense pour Loukachenko, qui vise un septième mandat

Les Bélarusses ont commencé dimanche à voter pour une élection présidentielle destinée à réélire l’autocrate assumé Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, pour un septième mandat consécutif faute d’opposition tolérée.Depuis 08H00 locales (05H00 GMT), les électeurs se rendent aux urnes pour un scrutin sans suspense, a constaté un journaliste de l’AFP dans un bureau de vote à …

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Bélarus: présidentielle sans suspense pour Loukachenko, qui vise un septième mandat

Les Bélarusses ont commencé dimanche à voter pour une élection présidentielle destinée à réélire l’autocrate assumé Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, pour un septième mandat consécutif faute d’opposition tolérée.Depuis 08H00 locales (05H00 GMT), les électeurs se rendent aux urnes pour un scrutin sans suspense, a constaté un journaliste de l’AFP dans un bureau de vote à Minsk. L’Union européenne, les détracteurs de M. Loukachenko et les ONG de défense des droits humains ont déjà qualifié cette élection de mise en scène.Avec cette présidentielle, le dirigeant âgé de 70 ans entend poursuivre son règne pour au moins cinq ans de plus à la tête de cette ex-république soviétique frontalière de l’UE, de l’Ukraine et de la Russie.Durant son sixième mandat, Alexandre Loukachenko a complètement étouffé toute dissidence après des manifestations inédites l’ayant visé en 2020. Il s’est rapproché de Moscou, jusqu’à prêter à l’armée russe son territoire pour envahir l’Ukraine en 2022.A Minsk, Nadejda Goujalovskaïa, une retraitée de 74 ans, qui se qualifie de “patriote”, dit venir voter pour “la première fois en 20 ans”.Comme de nombreux électeurs, en l’absence d’autres alternatives, elle a voté pour Alexandre Loukachenko. “Je ne veux pas d’un Maïdan”, justifie-t-elle, en référence à la révolution pro-démocratie de 2014 à Kiev en Ukraine.”Peut-être que tout n’est pas parfait, que nous ne sommes pas en démocratie…”, dit-elle du bout des lèvres, effleurant là un sujet tabou dans un contexte très répressif des voix critiques du pouvoir.- “La paix dans le pays” -Irina Lebedeva, 68 ans, qui vote elle “à chaque fois”, estime pour sa part que “grâce à notre président, il y a la paix dans le pays”, un argument répété par les Bélarusses rencontrés ces derniers jours par l’AFP.A Bruxelles, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a estimé samedi que M. Loukachenko “n’a aucune légitimité”. Elle a qualifié le scrutin de “mascarade” et d'”affront à la démocratie”.Dans un entretien à l’AFP, début janvier, Svetlana Tikhanovskaïa, cheffe de file de l’opposition en exil et candidate à la présidentielle de 2020, avait dénoncé un “simulacre” d’élection.Dans son style martial habituel, Alexandre Loukachenko a mis en garde ses opposants vendredi: “Nous ne répéterons jamais ce qui s’est passé en 2020 !”. A l’époque, des dizaines de milliers de Bélarusses étaient descendus dans la rue pour dénoncer une présidentielle truquée.Soutenu par son allié russe Vladimir Poutine, il avait réussi à consolider son pouvoir à coups d’arrestations, de violences et de longues peines de prison visant opposants, journalistes, employés d’ONG et simples manifestants.Selon l’ONU, plus de 300.000 Bélarusses, sur une population de neuf millions, ont fui leur pays pour des raisons politiques, principalement vers la Pologne.Face à cette répression, les Occidentaux ont imposé de lourdes sanctions au Bélarus, conduisant Alexandre Loukachenko à accélérer son rapprochement avec le Kremlin, abandonnant son jeu d’équilibriste entre Moscou et l’Occident.Illustration de cette alliance, le territoire bélarusse a servi de base arrière aux forces de Vladimir Poutine en février 2022 pour envahir l’Ukraine. Et Moscou y a déployé à l’été 2023 des armes nucléaires tactiques, une menace pour Kiev mais également lpour es membres de l’Otan bordant le Bélarus (Lituanie, Lettonie, Pologne).- Prisonniers politiques -M. Loukachenko, personnage haut en couleur qui aime s’afficher en uniforme, au volant d’un tracteur ou une arme a la main, s’est posé en rempart face au chaos de la guerre en Ukraine, assurant que son pays “ne veut pas se battre”.Ce moustachu à la carrure imposante aime également faire la tournée des usines. Ancien directeur de ferme collective, connu pour son style macho assumé, il se félicite d’avoir maintenu une économie largement contrôlée par l’Etat.Il a récemment déclaré n’avoir aucun intérêt à participer à des débats électoraux: “Ce n’est pas le moment de débattre”, a-t-il dit, alors que quatre candidats triés sur le volet par le pouvoir peuvent participer dimanche, entièrement réduits à un rôle de faire-valoir.Les organisations de défense des droits humains estiment que le pays compte toujours plus de 1.200 prisonniers politiques.

“Comme un château de cartes”, l’Allemagne rongée par le spectre du déclin économique

Les emplois du secteur automobile ont longtemps assuré la prospérité de Lüdenscheid, à l’ouest de l’Allemagne, dont les habitants craignent désormais que la ville ne devienne un “musée de l’industrie”.En périphérie de la commune de 70.000 habitants, les lumières sont plus rares au siège de Kostal, fabricant de systèmes électriques pour carrosseries. L’entreprise familiale, présente depuis plus d’un siècle, achève de délocaliser sa production à l’est de l’Europe, en Hongrie notamment.La région de Lüdenscheid “est un baromètre de ce qui se passe dans le pays”, constate Sebastian Wagemeyer, le maire de la ville.Faillites et licenciements assombrissent l’avenir de cette commune prospère du bassin de la Ruhr, reflet de la crise industrielle qui frappe la plus grande économie d’Europe et sera au cœur des élections législatives du 23 février.La région a perdu l’an dernier quelque mille emplois dans le domaine de la sous-traitance automobile et risque de se transformer en “musée industriel à ciel ouvert”, affirme Fabien Ferber, représentant local du syndicat de la métallurgie IG Metall.- Modèle dépassé -Dernier exemple en date, l’équipementier Gerhardi, producteur de pièces d’aluminium depuis cent ans à Lüdenscheid, a déposé le bilan en novembre, menaçant 1.500 emplois si aucun repreneur n’est trouvé.Petra Bänsch, 60 ans, a travaillé durant vingt ans comme technicienne en contrôle-qualité chez Kostal, “un employé sûr”, lui avait-on assuré.”Je suis trop jeune pour partir à la retraite, mais trop vieille pour retrouver un travail, c’est une situation terrifiante!”, confie cette mère et grand-mère. L’un de ses anciens collègues s’est déjà reconverti comme chauffeur de bus, raconte-elle.”La région promettait la prospérité aux travailleurs depuis plusieurs générations: pouvoir s’acheter une maison, partir en vacances…”, explique M. Ferber, et “cette promesse s’effondre comme un château de cartes”.L’industrie allemande, qui pèse plus de 20% du PIB, va mal, ébranlée par la hausse des coûts de l’énergie depuis l’invasion de l’Ukraine, par la concurrence des producteurs chinois et le ralentissement de la croissance chez le géant asiatique, un débouché crucial pour le “Made in Germany”.Le secteur automobile – quelque 780.000 emplois en Allemagne -, les gros consommateurs d’énergie comme l’acier ou la chimie, longtemps abreuvés de gaz russe bon marché, sont en première ligne. Le géant Volkswagen va ainsi supprimer 35.000 emplois d’ici 2030.A contrario, l’Allemagne compte peu de grands acteurs parmi les géants mondiaux de la tech, de l’internet ou de l’intelligence artificielle.Le pays de plus de 80 millions d’habitants “se rend compte que l’ancien modèle d’une énergie bon marché et de grands marchés d’exportation facilement accessibles ne fonctionne plus”, écrit Carsten Brzeski, analyste chez ING.L’ancienne locomotive européenne, qui vient d’enchaîner deux années de récession, pointe désormais en queue de peloton, avec une économie “de la même taille qu’au début de l’année 2020, soit cinq années de stagnation”, souligne l’expert.Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, et sa menace d’augmenter les droits de douane sur les exportations, pourraient détruire des dizaines de milliers d’emplois, selon les experts.- Peur -L’Allemagne reste l’une des économies les plus riches du monde, mais a besoin de réformes en profondeur car ses problèmes de compétitivité s’ajoutent à des défis structurels, comme un déficit chronique d’investissements et le vieillissement de sa population, qui impacte les systèmes de soins de santé, de retraite et le marché du travail.Pour sortir de l’impasse, la plupart des partis proposent un plafonnement des prix de l’énergie et la réduction de la bureaucratie. Le parti social-démocrate SPD du chancelier Olaf Scholz veut attirer les investisseurs en Allemagne avec un bonus fiscal.Les conservateurs misent quant à eux sur la baisse des impôts pour les sociétés, pour que l’Allemagne bénéficie d’un taux “compétitif”, explique à l’AFP Florian Müller, député de Lüdenscheid.Dans cette circonscription, le vote pour le parti d’extrême droite AfD a bondi de 7 points lors des élections européennes de juin, comparé au scrutin de 2019, une tendance conforme au reste du pays. Pour les législatives, le parti est crédité de 20% des suffrages, deuxième force politique derrière les conservateurs de la CDU et devant le SPD.L’extrême droite “joue bien sûr sur la peur. Ils n’existent que par la peur”, déplore le maire (SPD) Sebastian Wagemeyer.

“Comme un château de cartes”, l’Allemagne rongée par le spectre du déclin économique

Les emplois du secteur automobile ont longtemps assuré la prospérité de Lüdenscheid, à l’ouest de l’Allemagne, dont les habitants craignent désormais que la ville ne devienne un “musée de l’industrie”.En périphérie de la commune de 70.000 habitants, les lumières sont plus rares au siège de Kostal, fabricant de systèmes électriques pour carrosseries. L’entreprise familiale, présente depuis plus d’un siècle, achève de délocaliser sa production à l’est de l’Europe, en Hongrie notamment.La région de Lüdenscheid “est un baromètre de ce qui se passe dans le pays”, constate Sebastian Wagemeyer, le maire de la ville.Faillites et licenciements assombrissent l’avenir de cette commune prospère du bassin de la Ruhr, reflet de la crise industrielle qui frappe la plus grande économie d’Europe et sera au cœur des élections législatives du 23 février.La région a perdu l’an dernier quelque mille emplois dans le domaine de la sous-traitance automobile et risque de se transformer en “musée industriel à ciel ouvert”, affirme Fabien Ferber, représentant local du syndicat de la métallurgie IG Metall.- Modèle dépassé -Dernier exemple en date, l’équipementier Gerhardi, producteur de pièces d’aluminium depuis cent ans à Lüdenscheid, a déposé le bilan en novembre, menaçant 1.500 emplois si aucun repreneur n’est trouvé.Petra Bänsch, 60 ans, a travaillé durant vingt ans comme technicienne en contrôle-qualité chez Kostal, “un employé sûr”, lui avait-on assuré.”Je suis trop jeune pour partir à la retraite, mais trop vieille pour retrouver un travail, c’est une situation terrifiante!”, confie cette mère et grand-mère. L’un de ses anciens collègues s’est déjà reconverti comme chauffeur de bus, raconte-elle.”La région promettait la prospérité aux travailleurs depuis plusieurs générations: pouvoir s’acheter une maison, partir en vacances…”, explique M. Ferber, et “cette promesse s’effondre comme un château de cartes”.L’industrie allemande, qui pèse plus de 20% du PIB, va mal, ébranlée par la hausse des coûts de l’énergie depuis l’invasion de l’Ukraine, par la concurrence des producteurs chinois et le ralentissement de la croissance chez le géant asiatique, un débouché crucial pour le “Made in Germany”.Le secteur automobile – quelque 780.000 emplois en Allemagne -, les gros consommateurs d’énergie comme l’acier ou la chimie, longtemps abreuvés de gaz russe bon marché, sont en première ligne. Le géant Volkswagen va ainsi supprimer 35.000 emplois d’ici 2030.A contrario, l’Allemagne compte peu de grands acteurs parmi les géants mondiaux de la tech, de l’internet ou de l’intelligence artificielle.Le pays de plus de 80 millions d’habitants “se rend compte que l’ancien modèle d’une énergie bon marché et de grands marchés d’exportation facilement accessibles ne fonctionne plus”, écrit Carsten Brzeski, analyste chez ING.L’ancienne locomotive européenne, qui vient d’enchaîner deux années de récession, pointe désormais en queue de peloton, avec une économie “de la même taille qu’au début de l’année 2020, soit cinq années de stagnation”, souligne l’expert.Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, et sa menace d’augmenter les droits de douane sur les exportations, pourraient détruire des dizaines de milliers d’emplois, selon les experts.- Peur -L’Allemagne reste l’une des économies les plus riches du monde, mais a besoin de réformes en profondeur car ses problèmes de compétitivité s’ajoutent à des défis structurels, comme un déficit chronique d’investissements et le vieillissement de sa population, qui impacte les systèmes de soins de santé, de retraite et le marché du travail.Pour sortir de l’impasse, la plupart des partis proposent un plafonnement des prix de l’énergie et la réduction de la bureaucratie. Le parti social-démocrate SPD du chancelier Olaf Scholz veut attirer les investisseurs en Allemagne avec un bonus fiscal.Les conservateurs misent quant à eux sur la baisse des impôts pour les sociétés, pour que l’Allemagne bénéficie d’un taux “compétitif”, explique à l’AFP Florian Müller, député de Lüdenscheid.Dans cette circonscription, le vote pour le parti d’extrême droite AfD a bondi de 7 points lors des élections européennes de juin, comparé au scrutin de 2019, une tendance conforme au reste du pays. Pour les législatives, le parti est crédité de 20% des suffrages, deuxième force politique derrière les conservateurs de la CDU et devant le SPD.L’extrême droite “joue bien sûr sur la peur. Ils n’existent que par la peur”, déplore le maire (SPD) Sebastian Wagemeyer.