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Des bastions aux “swing states”, un scrutin agricole à multiples inconnues

Il y a les forteresses imprenables, les “swing states”, et les “terra incognita”: les agriculteurs français ont encore quelques jours pour élire leurs représentants lors d’un scrutin très observé qui déterminera le nouveau rapport de force entre les syndicats agricoles.Voici un tour de France des campagnes.. Bastions FNSEA-JA du NordAvec 65% des suffrages aux dernières élections (2019) dans les Hauts-de-France, l’alliance majoritaire FNSEA-Jeunes agriculteurs a confiance dans la puissance de la “fédé”, revendiquant près de 5.000 adhérents contre 200 pour la Coordination rurale (CR) et une centaine pour la Confédération paysanne.Dans la première région française de production de pommes de terre et de betteraves, l’enjeu sera avant tout “de faire voter les gens”, estime-t-on à la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA), comme à la CR.Après un an de crise et une campagne tendue, la prudence est de mise. Charlotte Vassant, présidente de l’Union syndicale des agriculteurs de l’Aisne, affiliée à la FNSEA, ne craint pas de changement de rapport de force mais rappelle qu'”on est quand même aujourd’hui dans une société où il y a pas mal de +dégagisme+”.. La Charente, “swing state” courtiséEn Charente, la Coordination rurale espère retrouver la présidence de la chambre conquise en 2013 et perdue de peu en 2019, en obtenant 39,86% des voix contre 41,34% à l’alliance FNSEA-JA, avec 41% de votants seulement.Comme ailleurs en Nouvelle-Aquitaine, où la CR détient trois chambres (Lot-et-Garonne, Vienne et Haute-Vienne), ses militants ont été très mobilisés en 2024, faisant entendre leurs voix jusqu’au Salon de l’agriculture à Paris et multipliant les actions de blocage régionales cet automne.C’est une femme, Laëtitia Plumat, viticultrice dans un département marqué par la crise du cognac, qui mène la liste et la bataille électorale à coups d’apéritifs de campagne chez des exploitants.Ses colistiers ont été présentés le 6 janvier lors d’une visite de la présidente nationale Véronique Le Floc’h, omniprésente ces dernières semaines en Nouvelle-Aquitaine, dont la CR voudrait faire son fief en s’emparant aussi de la Dordogne, voire de la Corrèze.Crise viticole, revenus, installation des jeunes, accès à l’eau… “Les enjeux sont multiples, on ne va pas se retrouver en situation de facilité quand on va prendre cette chambre”, affirme Laëtitia Plumat, qui anticipe déjà une victoire face au sortant, le céréalier FNSEA-JA Christian Daniau.. L’Ariège, terre des possiblesDans ce département pyrénéen, la Confédération paysanne, qui a obtenu 38,79% des voix en 2019, espère conquérir la chambre en profitant de la présence face à elle de deux listes émanant de la FDSEA, l’une officielle FDSEA-JA emmenée par Hervé Peloffi, l’autre dissidente conduite par Philippe Lacube.Ce dernier, éleveur, est le président sortant de la chambre, élu avec 54,05% des voix au dernier scrutin sur la liste FDSEA-JA. Il avait dit ne pas briguer de nouveau mandat mais s’est ravisé, affirmant ne pas “se reconnaître” dans la liste investie par son syndicat. Philippe Lacube a entraîné quasiment toute l’équipe sortante pour présenter une liste alternative, baptisée “Libres de cultiver notre avenir”.La Coordination rurale (un peu plus de 7% des voix en 2019) ne présente pas de liste.La Confédération paysanne, dont la porte-parole nationale Laurence Marandola figure en quatrième position sur la liste, espère transformer l’essai. Le syndicat, qui milite pour “l’installation de paysans nombreux dans des fermes à taille humaine”, s’est fortement mobilisé dans cette région d’élevage frappée par la fièvre catarrhale ovine.. En Moselle, le combat des “indépendants”En Moselle, la liste indépendante “Territoires et filières”, qui compte quelques dissidents de la FDSEA, tentera de garder les rênes de la chambre d’agriculture.En 2019, elle l’avait emporté de peu avec 36,3% des voix contre 34% à la FDSEA, une petite révolution dans la région Grand Est jusque-là entièrement acquise à la FDSEA.”Notre bilan parle pour nous, mais on n’a pas les mêmes moyens que les grands syndicats”, estime Stéphane Ermann, tête de liste et éleveur ovin. Il s’inquiète du taux de participation, jugeant que “l’abstention fera le jeu des syndicats”. “Eux, leur réseau, ils l’activent, ils ont les listings, les SMS et tout ce qu’il faut. Nous, on n’a pas tout ça”.ppy-dmc-apz-lg-sb/jum/ak/lrb/alh

A Mayotte, rentrée des élèves en mode dégradé après le cyclone

C’est le jour J pour les quelque 115.000 élèves de Mayotte, qui retournent à l’école à partir de lundi dans des conditions dégradées, par rotation de classes, un mois et demi après les ravages causés par le cyclone Chido.La rentrée des élèves, prévue le 13 janvier dans l’archipel français de l’océan Indien, avait d’abord été décalée au 20, puis au 27, pour faire face aux dégâts causés par Chido, puis par la tempête Dikeledi.Malgré des appels à un nouveau report, l’académie a maintenu son calendrier, invoquant la nécessité de garder le contact avec les élèves et de ne pas compromettre leurs chances aux examens.Mais tout le monde n’est pas de cet avis, et certains parents anticipent un fiasco. Mirelane Miradji, mère de deux enfants scolarisés en CE1 et à la maternelle, estime que “les conditions ne sont pas bonnes”.”L’hygiène dans les sanitaires et dans les locaux délabrés ne sera pas au rendez-vous. J’aurais préféré attendre que les établissements soient en bon état pour les remettre à l’école. C’est un entre-deux qui n’est pas satisfaisant”, a-t-elle témoigné auprès de l’AFP.Les enseignants ont fait leur rentrée lundi dernier, découvrant des établissements parfois très endommagés.Le ministère de l’Education a promis dimanche soir la livraison progressive “dès la rentrée” de cahier, stylos, et autres fournitures mais aussi de tables et de chaises. Dans le premier degré, sur les 221 écoles, 45 ne pourront rouvrir lundi “en raison des dommages trop importants”, indique-t-on de même source. Pour le secondaire, quatre établissements resteront fermés, selon le communiqué.”Tous les autres établissements accueilleront les élèves suivant une organisation adaptée tenant compte des réalités locales”, assure le ministère.- “Saturés” -Avant Chido, le système scolaire de Mayotte, département le plus pauvre de France, où la moitié des habitants a moins de 18 ans et ne parle pas français, était déjà défaillant.En 2022, un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) décrivait des établissements “saturés” et un bâti “dégradé requérant des travaux de rénovation importants”.L’ensemble des établissements de l’archipel sont pourtant classés en réseau d’éducation prioritaire REP ou REP+.”Le manque de locaux a conduit depuis de nombreuses années les communes à instaurer un système de rotation dans les écoles primaires: la moitié des élèves ont classe le matin, l’autre l’après-midi”, relevait la CRC, dressant un état des lieux catastrophique, seuls 8.200 élèves du secondaire sur 48.000 pouvant par exemple bénéficier d’un repas chaud le midi.Jeudi, une manifestation dénonçant le “bricolage” de la rentrée a réuni environ 300 professeurs à Mamoudzou, selon les enseignants.”C’est le flou total, on ne peut pas dire combien d’enfants seront là”, a regretté le même jour Adda Fatihoussoundi, présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Mayotte, jugeant que cette rentrée était “prématurée” et les conditions de sécurité pas garanties partout. Le ministre des Outre-mer Manuel Valls a reconnu dans un entretien à Ouest-France publié samedi que la rentrée aurait lieu “dans des conditions qui seront forcément difficiles”. Il est attendu sur place jeudi et vendredi aux côtés de la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne.Certains établissement ont “10% de leur bâti touché, d’autres 80%, mais aucun d’entre eux n’a été totalement épargné”, estime Bruno Dezile, secrétaire départemental de la CGT Educ’action, qui alerte aussi sur les “pillages” et les “nombreuses intrusions” qui ont touché des établissements après la tempête.Selon les plannings diffusés par le rectorat, collégiens et lycéens seront accueillis un à deux jours pendant la semaine de la rentrée.Des cours de français et mathématiques sont par ailleurs diffusés chaque jour sur la chaîne Mayotte la 1ère pour les élèves scolarisés du CE2 jusqu’à la 3e.Les professeurs s’interrogent aussi sur l’état de traumatisme psychologique de leurs élèves et ne savent pas toujours combien d’entre eux ils retrouveront sur les bancs cette semaine.Des cellules d’écoute psychologique ont été mises en place dans trois collèges, tandis qu’un service d’écoute téléphonique est accessible gratuitement 24 heures sur 24.Certains parents ont fait le choix de scolariser leur enfant hors de Mayotte. Cela concerne à ce jour près de 1.200 élèves dont 422 sur l’île de La Réunion, précise le ministère. dje-tbm-hdu-al/bfa/jco

Trump sanctionne Bogota pour avoir refoulé des vols militaires d’immigrés expulsés

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche une série de sanctions contre la Colombie, une escalade spectaculaire en représailles à la décision de Bogota de refouler des avions militaires transportant des immigrés expulsés par les Etats-Unis.Ces sanctions américaines font suite à la décision du président de gauche colombien Gustavo Petro. “Un migrant n’est pas …

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Les Palestiniens autorisés par Israël à revenir dans le nord de Gaza après un accord sur les otages

Israël a annoncé que les déplacés de Gaza pourraient commencer lundi à retourner dans le nord du territoire, après un accord avec le mouvement islamiste palestinien Hamas permettant la libération prochaine d’otages, selon le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.Cette entente permet de préserver le fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, dévastée par 15 mois de guerre et dont la quasi-totalité des habitants ont été déplacés.Des “dizaines de milliers” de déplacés, selon la Défense civile, ont été empêchés dimanche par Israël de retourner dans le nord de Gaza via le passage de Netzarim, qui coupe le territoire en deux.Israël avait justifié son refus de les laisser passer par la non-libération d’une civile, Arbel Yehud, et l’absence de liste sur la situation des otages.Dimanche soir, M. Netanyahu a finalement annoncé un déblocage des négociations et que le Hamas libérerait trois otages jeudi dont Arbel Yehud et, comme prévu par la première phase de l’accord de trêve entre Israël et le Hamas, trois autres samedi. “Dans le cadre de ces arrangements”, Israël “autorisera à partir de (lundi) matin le passage des Gazaouis vers le nord de la bande de Gaza, a ajouté le bureau du Premier ministre.”Nous voulons retrouver nos souvenirs et les personnes qui nous sont chères”, a confié à l’AFP Jihad Abou Miri, qui a dit attendre depuis 48 heures.Le Hamas avait de son côté accusé dimanche Israël de “violer” l’accord en empêchant le retour des habitants du nord de Gaza.- “Nous ne quitterons pas Gaza” -Le Hamas tout comme le président palestinien Mahmoud Abbas ont par ailleurs critiqué dimanche la proposition de Donald Trump de déplacer les habitants de Gaza vers l’Egypte et la Jordanie pour, selon lui, “faire le ménage” dans le territoire.Le président américain a comparé samedi le territoire palestinien dévasté à un “site de démolition”.”On parle d’environ 1,5 million de personnes, et on fait tout simplement le ménage là-dedans”, a déclaré M. Trump en suggérant un déplacement “temporaire ou à long terme”. “J’aimerais que l’Egypte accueille des gens. Et j’aimerais que la Jordanie accueille des gens”, a-t-il ajouté.L’immense majorité des 2,4 millions d’habitants de la bande de Gaza ont été déplacés par la guerre à l’intérieur du territoire assiégé.Pour les Palestiniens, toute tentative de déplacement hors de leur territoire évoque le souvenir de la “Nakba”, ou “Catastrophe” en arabe, le nom donné au déplacement de masse qui a suivi la création d’Israël en 1948.”Nous déclarons à Trump et au monde entier: nous ne quitterons pas la Palestine ou Gaza, peu importe ce qui arrive”, a déclaré à l’AFP un déplacé originaire de la ville de Gaza, Rashad al-Naji.Les Palestiniens “feront échouer” la proposition de M. Trump “comme ils ont fait échouer tous les projets de déplacement (…) pendant des décennies”, a réagi dimanche Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas.Le Jihad islamique, un autre mouvement palestinien armé, a estimé que ces propos encourageaient les “crimes de guerre et crimes contre l’humanité” à Gaza.Rival du Hamas qui avait chassé l’Autorité palestinienne et pris le pouvoir à Gaza en 2007, Mahmoud Abbas a condamné “tout projet” visant à déplacer les Gazaouis.La Jordanie, qui accueille environ 2,3 millions de réfugiés palestiniens, tout comme l’Egypte ont réaffirmé dimanche tout rejet d’un “déplacement forcé” des Palestiniens.La Ligue arabe a mis en garde contre “les tentatives visant à déraciner les Palestiniens de leur terre”, ce qui “ne pourrait être qualifié autrement que comme du nettoyage ethnique”.Le ministre israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich a de son côté qualifié la proposition de Donald Trump d'”excellente idée”, affirmant que les Palestiniens pourraient “établir une nouvelle et belle vie ailleurs”.- “Qu’ils ramènent les enfants” -La première phase de l’accord de cessez-le-feu conclu après 15 mois de guerre doit durer six semaines et permettre la libération au total de 33 otages retenus à Gaza contre quelque 1.900 prisonniers palestiniens.Dans le deuxième échange survenu durant cette trêve entrée dans sa deuxième semaine, quatre soldates israéliennes ont été libérées samedi par le mouvement islamiste contre environ 200 prisonniers palestiniens détenus dans des geôles israéliennes.Pendant cette première phase doivent être négociées les modalités de la deuxième, qui doit permettre la libération des derniers otages et la fin définitive de la guerre, avant la dernière étape portant sur la reconstruction de Gaza et la restitution des corps des otages morts en captivité.La guerre a été déclenchée par l’attaque menée le 7 octobre 2023 par le Hamas contre Israël, qui a entraîné la mort de 1.210 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes.Sur 251 personnes enlevées lors de l’attaque, 87 sont toujours otages à Gaza, dont 34 sont mortes selon l’armée.L’offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait au moins 47.306 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l’ONU. En Israël, des proches d’otages enlevés le 7 octobre 2023 mais ne figurant pas sur la liste de ceux devant être libérés en priorité ont fait part dimanche à l’AFP de leur colère.”Nous voulons que l’accord se poursuive et qu’ils ramènent les enfants le plus vite possible et tous en une seule fois”, a affirmé Dani Miran, un homme de 79 ans dont le fils Omri est otage à Gaza.

Les Palestiniens autorisés par Israël à revenir dans le nord de Gaza après un accord sur les otages

Israël a annoncé que les déplacés de Gaza pourraient commencer lundi à retourner dans le nord du territoire, après un accord avec le mouvement islamiste palestinien Hamas permettant la libération prochaine d’otages, selon le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.Cette entente permet de préserver le fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande …

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Israël a annoncé que les déplacés de Gaza pourraient commencer lundi à retourner dans le nord du territoire, après un accord avec le mouvement islamiste palestinien Hamas permettant la libération prochaine d’otages, selon le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.Cette entente permet de préserver le fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, dévastée par 15 mois de guerre et dont la quasi-totalité des habitants ont été déplacés.Des “dizaines de milliers” de déplacés, selon la Défense civile, ont été empêchés dimanche par Israël de retourner dans le nord de Gaza via le passage de Netzarim, qui coupe le territoire en deux.Israël avait justifié son refus de les laisser passer par la non-libération d’une civile, Arbel Yehud, et l’absence de liste sur la situation des otages.Dimanche soir, M. Netanyahu a finalement annoncé un déblocage des négociations et que le Hamas libérerait trois otages jeudi dont Arbel Yehud et, comme prévu par la première phase de l’accord de trêve entre Israël et le Hamas, trois autres samedi. “Dans le cadre de ces arrangements”, Israël “autorisera à partir de (lundi) matin le passage des Gazaouis vers le nord de la bande de Gaza, a ajouté le bureau du Premier ministre.”Nous voulons retrouver nos souvenirs et les personnes qui nous sont chères”, a confié à l’AFP Jihad Abou Miri, qui a dit attendre depuis 48 heures.Le Hamas avait de son côté accusé dimanche Israël de “violer” l’accord en empêchant le retour des habitants du nord de Gaza.- “Nous ne quitterons pas Gaza” -Le Hamas tout comme le président palestinien Mahmoud Abbas ont par ailleurs critiqué dimanche la proposition de Donald Trump de déplacer les habitants de Gaza vers l’Egypte et la Jordanie pour, selon lui, “faire le ménage” dans le territoire.Le président américain a comparé samedi le territoire palestinien dévasté à un “site de démolition”.”On parle d’environ 1,5 million de personnes, et on fait tout simplement le ménage là-dedans”, a déclaré M. Trump en suggérant un déplacement “temporaire ou à long terme”. “J’aimerais que l’Egypte accueille des gens. Et j’aimerais que la Jordanie accueille des gens”, a-t-il ajouté.L’immense majorité des 2,4 millions d’habitants de la bande de Gaza ont été déplacés par la guerre à l’intérieur du territoire assiégé.Pour les Palestiniens, toute tentative de déplacement hors de leur territoire évoque le souvenir de la “Nakba”, ou “Catastrophe” en arabe, le nom donné au déplacement de masse qui a suivi la création d’Israël en 1948.”Nous déclarons à Trump et au monde entier: nous ne quitterons pas la Palestine ou Gaza, peu importe ce qui arrive”, a déclaré à l’AFP un déplacé originaire de la ville de Gaza, Rashad al-Naji.Les Palestiniens “feront échouer” la proposition de M. Trump “comme ils ont fait échouer tous les projets de déplacement (…) pendant des décennies”, a réagi dimanche Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas.Le Jihad islamique, un autre mouvement palestinien armé, a estimé que ces propos encourageaient les “crimes de guerre et crimes contre l’humanité” à Gaza.Rival du Hamas qui avait chassé l’Autorité palestinienne et pris le pouvoir à Gaza en 2007, Mahmoud Abbas a condamné “tout projet” visant à déplacer les Gazaouis.La Jordanie, qui accueille environ 2,3 millions de réfugiés palestiniens, tout comme l’Egypte ont réaffirmé dimanche tout rejet d’un “déplacement forcé” des Palestiniens.La Ligue arabe a mis en garde contre “les tentatives visant à déraciner les Palestiniens de leur terre”, ce qui “ne pourrait être qualifié autrement que comme du nettoyage ethnique”.Le ministre israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich a de son côté qualifié la proposition de Donald Trump d'”excellente idée”, affirmant que les Palestiniens pourraient “établir une nouvelle et belle vie ailleurs”.- “Qu’ils ramènent les enfants” -La première phase de l’accord de cessez-le-feu conclu après 15 mois de guerre doit durer six semaines et permettre la libération au total de 33 otages retenus à Gaza contre quelque 1.900 prisonniers palestiniens.Dans le deuxième échange survenu durant cette trêve entrée dans sa deuxième semaine, quatre soldates israéliennes ont été libérées samedi par le mouvement islamiste contre environ 200 prisonniers palestiniens détenus dans des geôles israéliennes.Pendant cette première phase doivent être négociées les modalités de la deuxième, qui doit permettre la libération des derniers otages et la fin définitive de la guerre, avant la dernière étape portant sur la reconstruction de Gaza et la restitution des corps des otages morts en captivité.La guerre a été déclenchée par l’attaque menée le 7 octobre 2023 par le Hamas contre Israël, qui a entraîné la mort de 1.210 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes.Sur 251 personnes enlevées lors de l’attaque, 87 sont toujours otages à Gaza, dont 34 sont mortes selon l’armée.L’offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait au moins 47.306 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l’ONU. En Israël, des proches d’otages enlevés le 7 octobre 2023 mais ne figurant pas sur la liste de ceux devant être libérés en priorité ont fait part dimanche à l’AFP de leur colère.”Nous voulons que l’accord se poursuive et qu’ils ramènent les enfants le plus vite possible et tous en une seule fois”, a affirmé Dani Miran, un homme de 79 ans dont le fils Omri est otage à Gaza.

Trump dégaine une série de sanctions contre la Colombie pour avoir refoulé des vols militaires d’immigrés expulsés

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche une série de sanctions contre la Colombie, une escalade spectaculaire en représailles à la décision de Bogota de refouler des avions militaires transportant des immigrés expulsés par les Etats-Unis.Ces sanctions américaines font suite à la décision du président de gauche colombien Gustavo Petro. “Un migrant n’est pas …

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Trump dégaine une série de sanctions contre la Colombie pour avoir refoulé des vols militaires d’immigrés expulsés

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche une série de sanctions contre la Colombie, une escalade spectaculaire en représailles à la décision de Bogota de refouler des avions militaires transportant des immigrés expulsés par les Etats-Unis.Ces sanctions américaines font suite à la décision du président de gauche colombien Gustavo Petro. “Un migrant n’est pas un criminel et doit être traité avec la dignité qu’un être humain mérite”, a déclaré M. Petro sur X. “Nous accueillerons nos ressortissants dans des avions civils, sans les traiter comme des criminels”, a-t-il ajouté.Washington va notamment imposer des droits de douane de 25% sur tous les biens colombiens entrant aux Etats-Unis, qui seront portés à 50% dans une semaine, a détaillé le président Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, malgré l’accord de libre-échange entre les deux pays.Les Etats-Unis ont également suspendu dimanche la délivrance de visas dans leur ambassade à Bogota, selon un communiqué du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio.”Ces mesures ne sont que le commencement”, a prévenu Donald Trump, accusant le gouvernement colombien de se dérober à ses “obligations juridiques d’accepter le retour des criminels qu’ils ont forcé les Etats-Unis à accueillir”.- Réponse de Bogota -Le président colombien Gustavo Petro a réagi dans la soirée en annonçant à son tour sur X avoir donné ordre à son ministre du Commerce extérieur de “relever à 25% les droits de douane sur les importations provenant des Etats-Unis”.M. Petro a en outre exhorté les plus de 15.600 Américains sans papiers vivant dans son pays à “régulariser leur situation”, tout en excluant les raids visant à les arrêter et les expulser.Le train de sanctions américaines comporte également une interdiction d’entrée aux Etats-Unis et une révocation des visas pour les responsables du gouvernement colombien, ses alliés et ses partisans ainsi que des “inspections renforcées” à l’entrée pour tous les ressortissants colombiens et les marchandises en provenance de ce pays, a précisé Donald Trump.La présidence colombienne a également annoncé qu’elle allait envoyer son avion “pour faciliter le retour dans la dignité des ressortissants qui devaient arriver dans le pays ce matin, par des vols d’expulsion”.Une source à la présidence colombienne a assuré à l’AFP que les Etats-Unis n’avaient pas suivi “la procédure régulière suivie dans ces cas entre les deux pays”. Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a déclaré dans un communiqué que M. Petro avait commencé par approuver les vols, mais qu’il avait ensuite “annulé son autorisation lorsque les avions étaient en vol”.- Menottes – Donald Trump a promis de lancer “le plus grand programme d’expulsions de l’histoire américaine”, et la Maison Blanche s’est targuée cette semaine de l’arrestation de centaines de “migrants criminels illégaux”, soulignant qu’ils avaient été expulsés par avions militaires plutôt que civils, comme c’était le cas précédemment.Depuis son investiture le 20 janvier, les Etats-Unis n’avaient pas encore effectué d’expulsions vers la Colombie, mais l’ont déjà fait vers le Guatemala et le Brésil.Le responsable de la politique américaine d’expulsions massives d’immigrés en situation irrégulière, Tom Homan, a affirmé dimanche sur la chaîne ABC que les migrants pourraient être expulsés vers un pays tiers si leur pays d’origine refusait de les accueillir.Samedi, c’est le Brésil qui avait exigé des explications à Washington pour le “traitement dégradant” de migrants illégaux brésiliens expulsés par les Etats-Unis, à bord d’un vol arrivé la veille à Manaus (nord).Selon Brasilia, 88 Brésiliens se trouvaient dans l’avion.A son bord, “ils ne nous ont pas donné d’eau, nous étions pieds et poings liés, et ils ne nous laissaient même pas aller aux toilettes”, a déclaré à l’AFP Edgar Da Silva Moura, un informaticien de 31 ans, arrivé au Brésil par ce vol après sept mois de détention aux Etats-Unis.”Il faisait trop chaud, certains se sont évanouis”, a-t-il relaté.Selon la ministre brésilienne chargée des Droits humains Macaé Evaristo, l’avion transportait également “des enfants autistes, ou souffrant d’un handicap, qui ont vécu des situations très graves”.Le ministère brésilien de la Justice a ordonné aux autorités américaines de “retirer immédiatement les menottes” lorsque l’avion a atterri, dénonçant le “mépris flagrant des droits fondamentaux” de ses citoyens.Une source gouvernementale brésilienne avait souligné vendredi à l’AFP que cette expulsion n’avait “pas de relation directe” avec l’opération contre les clandestins lancée par la nouvelle administration Trump, mais s’inscrivait dans le cadre d’un accord bilatéral entre le Brésil et les Etats-Unis, de 2017.