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Deux militaires grièvement blessés à Washington par un Afghan, Trump dénonce un “acte de terrorisme”

Deux militaires américains de la Garde nationale se trouvaient jeudi dans un état critique après avoir été blessé par balles mercredi, à deux pas de la Maison Blanche, par un ressortissant afghan, arrivé sur le sol américain en 2021.Le président Donald Trump a dénoncé un “acte de terrorisme” et promis de renforcer ses politiques anti-immigration, accusant au passage la précédente administration de Joe Biden d’avoir laissé entrer des citoyens afghans sans contrôle au moment de la chute de Kaboul aux mains des talibans.”Cette agression odieuse était un acte infâme, un acte de haine et un acte de terrorisme”, a affirmé le président Trump peu après l’attaque dans une adresse télévisée.”Nous traduirons l’auteur de cette attaque barbare en justice rapidement et sûrement”, a-t-il dit.Trump a promis de “réexaminer” le cas de “chaque étranger entré dans notre pays en provenance d’Afghanistan sous Biden”. “Nous devons prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’expulsion de tout étranger de quel que pays que ce soit qui n’a pas sa place ici ou qui n’apporte aucun avantage à notre pays”, a insisté Donald Trump.”Je me souviens qu’en 2021, j’avais critiqué la politique de Biden qui consistait à accueillir massivement et sans contrôle des réfugiés afghans. Des amis m’ont alors traité de raciste. Ce fut une véritable prise de conscience. Ils n’auraient pas dû se trouver dans notre pays”, a écrit sur X le vice-président J.D. Vance.Le suspect est un ressortissant afghan ayant travaillé avec les forces armées américaines en Afghanistan avant d’être exfiltré vers les Etats-Unis en septembre 2021 dans le cadre de l’opération “Allies Welcome” mise en place par l’administration du président démocrate Joe Biden pour aider les Afghans ayant collaboré avec les Américains.La ministre à la Sécurité intérieure, Kristi Noem a confirmé sur X que cet “individu dépravé” avait été admis aux Etats-Unis en septembre 2021, un mois après le retrait précipité des forces américaines d’Afghanistan.Les médias américains ont identifié le suspect comme étant Rahmanullah Lakanwal, 29 ans.Les tirs visant des militaires de la Garde nationale ont eu lieu mercredi après-midi en plein centre de la capitale américaine, investie depuis août par des centaines de ces militaires de réserve pour y mener des patrouilles à pied, à la demande du président américain et contre l’avis des autorités locales démocrates.Les deux militaires touchés, originaires de Virginie-Occidentale, sont “grièvement blessés” et le tireur présumé est lui aussi “sévèrement blessé”, a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social, qualifiant l’auteur d'”animal” qui “paiera très cher” son acte.Depuis la Floride où il passe la fête de Thanksgiving, Donald Trump s’est livré à une véhémente diatribe contre l’immigration, qualifiée de “plus grande menace pour la sécurité nationale”, en reprochant à son prédécesseur démocrate Joe Biden (2021-2025) d’avoir laissé entrer des “millions” d’étrangers aux Etats-Unis.Peu après l’allocution du président, le USCIS, une agence fédérale chargée de l’immigration, a annoncé la suspension immédiate et à durée indéfinie du “traitement de toutes les demandes d’immigration concernant des ressortissants afghans”, “dans l’attente d’un nouvel examen des protocoles de sécurité et de vérification”.AfghanEvac, une organisation chargée d’aider des Afghans à s’établir aux Etats-Unis après le retrait américain d’Afghanistan de 2021, s’est défendue, affirmant procéder à “des vérifications de sécurité (…) parmi les plus approfondies” en matière d’immigration.- “Tirs ciblés” -Vers 14H15 (19H15 GMT), “un suspect est arrivé à l’angle de la rue, a soulevé son arme à feu et tiré vers des gardes nationaux” en patrouille, a déclaré lors d’une conférence de presse Jeffery Carroll, un responsable de la police de Washington, parlant d’un “tireur solitaire.”D’autres gardes nationaux “sont parvenus” à le “maîtriser pour l’arrêter”, a-t-il ajouté.”Les tirs étaient ciblés”, a déclaré Muriel Bowser, la maire démocrate de Washington, lors de la même conférence de presse.La Maison Blanche a accusé l’opposition démocrate d’avoir “diabolisé” les soldats en critiquant leur déploiement.Sur les lieux des tirs, un quartier de bureaux à deux rues de la Maison Blanche, des journalistes de l’AFP ont vu une personne vêtue d’un uniforme militaire être évacuée sur un brancard.Ces derniers mois, le président a envoyé la Garde nationale à Los Angeles et Washington, contre l’avis des autorités locales démocrates, disant ces renforts nécessaires pour lutter contre la criminalité et l’immigration illégale.Le ministre de la Défense Pete Hegseth a annoncé mercredi l’envoi de 500 militaires supplémentaires à Washington, ce qui doit porter leur nombre à plus de 2.500.

Le pape Léon XIV à Ankara pour son premier voyage à l’étranger

Le pape Léon XIV est arrivé jeudi à la mi-journée à Ankara, première étape d’une visite de quatre jours en Turquie, son premier voyage à l’étranger, très attendu dans un contexte régional tendu.Le premier pape américain de l’Histoire s’est posé à la mi-journée dans la capitale turque, où il a été accueilli à sa descente d’avion par le ministre turc de la Culture, Mehmet Nuri Ersoy.Le souverain pontife sera reçu dans l’après-midi par le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan et doit s’exprimer devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique avant de rejoindre Istanbul en début de soirée.”J’ai beaucoup attendu ce voyage en raison de ce qu’il signifie pour les chrétiens mais c’est aussi un beau message pour le monde entier”, a déclaré le pape aux 80 journalistes qui l’accompagnaient à bord de l’avion qui l’amenait de Rome à Ankara.Il a pris soin de saluer individuellement chacun d’entre eux et de souhaiter un “Joyeux Thanksgiving” aux Américains, en insistant sur la recherche de paix et d’unité.En pleines négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine, les premiers pas de Léon XIV à l’étranger seront scrutés par les médias du monde entier.Sa première allocution devrait évoquer le dialogue avec l’islam, dans un pays où les chrétiens sont ultraminoritaires, avec seulement 0,1% des 86 millions d’habitants, en majorité musulmans sunnites.- Crises et conflits régionaux-Aux portes d’un Moyen-Orient traversé par les conflits, le pape – qui avait appelé, dès son élection en mai, à une paix “désarmée et désarmante” – devrait aborder les conflits et les crises qui troublent la région.Entre les colonnades du monumental palais présidentiel d’Ankara, il devra faire preuve d’adresse s’il évoque le sujet sensible des droits de l’Homme et les vagues massives d’arrestations d’opposants et de toute voix discordante en Turquie. Ou celui de la place réservée aux non-musulmans alors que les chrétiens du pays luttent toujours contre les inégalités et un sentiment d’exclusion.Malgré la montée du nationalisme religieux dans le pays et la politisation des symboles comme la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul, transformée en mosquée en 2020, le Vatican cherche à maintenir un dialogue avec Ankara, considéré comme un acteur clé pour la paix dans la région.Le Saint-Siège reconnaît aussi l’effort consenti par la Turquie pour accueillir sur son sol plus de 2,5 millions de réfugiés, en grande majorité syriens, selon les autorités.Le chef des 1,4 milliard de catholiques s’est inscrit dans les pas de son prédécesseur François en critiquant récemment le traitement “extrêmement irrespectueux” des migrants par l’administration américaine de Donald Trump.- “Promouvoir l’unité” -Dans la capitale turque, Léon XIV se recueillera aussi en début d’après-midi sur le mausolée dédié à Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), fondateur de la Turquie moderne, un sanctuaire national symbole de la République laïque, érigé sur la colline d’Anittepe.Après cette journée à la tonalité politique, la visite embrassera vendredi un aspect plus religieux: la célébration à Iznik, ancienne Nicée, des 1.700 ans du premier concile œcuménique qui avait réuni en l’an 325 quelque 300 évêques de l’Empire romain, un moment considéré comme fondateur pour le christianisme.Invité par le patriarche de Constantinople, Bartholomée Ier, figure majeure et interlocuteur privilégié du Vatican chez des orthodoxes divisés, Léon prendra part sur les rives du lac d’Iznik à une prière œcuménique à laquelle devait initialement participer le pape François, décédé en avril.”Bartholomée et moi-même nous sommes déjà rencontrés à plusieurs reprises, et je pense que ce sera une occasion exceptionnelle de promouvoir l’unité entre tous les chrétiens”, a déclaré Léon XIV mardi à des journalistes.Catholiques et orthodoxes sont divisés depuis le grand schisme de 1054: les premiers reconnaissent l’autorité universelle du pape comme chef de l’Église, tandis que les seconds sont organisés en Églises autocéphales.Le monde orthodoxe apparaît aujourd’hui plus fragmenté que jamais, la guerre en Ukraine ayant accéléré la rupture entre les patriarcats de Moscou et de Constantinople.Après Paul VI (1967), Jean-Paul II (1979), Benoît XVI (2006) et François (2014), Léon est le cinquième pape à se rendre en Turquie.De dimanche à mardi, il poursuivra son voyage avec une visite au Liban, rongé par une crise économique et politique dévastatrice depuis 2019 et régulièrement bombardé par Israël ces derniers jours, malgré un cessez-le-feu.

A Hong Kong, au moins 55 morts dans le pire incendie depuis des décennies

Plus de 24 heures après le déclenchement du pire incendie qu’ait connu Hong Kong depuis des décennies et qui a causé la mort d’au moins 55 personnes dans un complexe de gratte-ciels  résidentiels, les secours continuent jeudi d’asperger d’eau les vertigineuses tours d’habitation calcinées et fumantes et à rechercher plus de 250 disparus.L’incendie est éteint dans quatre des sept tours touchées par les flammes et sous contrôle dans trois autres, ont indiqué à la mi-journée les pompiers à la presse, faisant état de 55 morts. Le bilan précédent était de 44 morts et de dizaines de personnes hospitalisées, certains dans un état critique. Parmi les victimes décédées, 51 sont mortes dans l’incendie et quatre à l’hôpital, ont précisé les pompiers dont un collègue est décédé.  Deux ressortissants indonésiens, des employés de maison, figurent parmi les victimes décédés selon leur consulat.Des flammes sont encore visibles à travers certains encadrements noirs de suie des fenêtres explosées du complexe immobilier Wang Fuk Court, un ensemble de huit immeubles de 31 étages chacun, en cours de rénovation, montrent des vidéos de l’AFP. Dès l’aube, une chaîne de solidarité de centaines de personnes s’est mise en place spontanément autour du site de près de 2.000 appartements, a constaté l’AFP. “C’est vraiment touchant. L’esprit de Hong Kong, c’est que quand quelqu’un est en difficulté, tout le monde lui apporte son soutien”, se réjouit Stone Ngai, 38 ans, l’un des organisateurs d’un poste de secours improvisé.Le dirigeant de Hong Kong, John Lee, a évoqué tôt jeudi matin le nombre de 279 personnes manquant toujours à l’appel. Les secours ont cependant indiqué ultérieurement avoir localisé certains des disparus. Aucun nouveau bilan n’a été publié depuis. Les policiers cherchent à savoir les flammes immenses ont pu se propager entre ces gratte-ciel d’habitation, dans ce territoire réputé parmi les plus densément peuplés au monde.- Enquête anticorruption -La police a annoncé avoir arrêté trois hommes, soupçonnés de “grossière négligence”, après la découverte de matériaux inflammables abandonnés lors de travaux de maintenance qui ont permis au feu de “se propager rapidement”.Les autorités de la place financière asiatique ont annoncé avoir lancé une enquête anticorruption sur les travaux de rénovation du site, inauguré en 1983 et comprenant 1.984 logements.”Vu le retentissement immense dans l’opinion, un groupe de travail a été mis place pour lancer une enquête approfondie sur de possibles faits de corruption dans le grand projet de rénovation de Wang Fuk Court à Tai Po”, a déclaré la Commission indépendante contre la corruption de Hong Kong dans un communiqué.John Lee a aussi annoncé une inspection de tous les grands chantiers de rénovation de la ville.L’incendie s’est déclaré mercredi peu avant 15H00 (07H00 GMT) dans le district de Tai Po, dans le nord de Hong Kong. Probablement favorisé par les échafaudages de bambou et des matériaux synthétiques, le feu a rapidement gagné sept des huit tours.Plus de 1.200 personnes ont été mobilisées pour les secours, selon les autorités de ce territoire à statut spécial de la Chine.Les opérations sont compliquées par les températures très élevées, et la difficulté à accéder à certains étages.- “Anéanti” -“Le feu s’est propagé si vite. J’ai vu une lance à incendie tenter de sauver plusieurs bâtiments, et j’ai trouvé cela beaucoup trop lent”, raconte un homme du nom de Suen.”On sonnait aux portes, on frappait, on alertait les voisins, on leur disait d’évacuer… C’était comme ça qu’on vivait la situation”, ajoute-t-il.M. Yuen, 65 ans, qui habite là depuis plus de 40 ans, explique que beaucoup de ses voisins étaient âgés et à mobilité réduite. “Certaines personnes ignoraient qu’il y avait un incendie et ont dû être prévenues par téléphone par leurs voisins”, raconte-t-il. “Je suis anéanti!”Plus de 900 évacués ont été accueillies dans des abris provisoires, où des volontaires apportaient soutien moral et couvertures.Des personnes y sont arrivées toute la nuit pour signaler la disparition de membres de leur famille, n’arrivant pas à les joindre. Certains étaient assis, hébétés, fixant avec des yeux rougis les écrans de leurs téléphones portables, espérant des nouvelles de leurs proches.Les incendies ont longtemps constitué un fléau à Hong Kong, particulièrement dans les quartiers pauvres. Le renforcement des mesures de sécurité ces dernières décennies a permis de les rendre plus rares.Cependant, le risque est accru par le fait que Hong Kong, qui compte 7,5 millions d’habitants, affiche une densité moyenne de plus de 7.100 habitants au kilomètre carré. Or ce chiffre est jusqu’à trois fois supérieure dans les zones les plus urbanisées.Avec l’exiguïté du territoire, une profusion de tours pouvant compter plus de 50 étages ont été construites.Le président chinois Xi Jinping a présenté ses condoléances aux proches de victimes, et appelé à tout faire “pour éteindre l’incendie et minimiser les pertes humaines et matérielles”, selon la chaîne publique CCTV.

Editeur et musicien: un prof de philo ukrainien en “résistance culturelle” contre la Russie

Les yeux clos, Oleksandr Savtchouk egrène les arpèges sur sa bandoura, équivalent ukrainien du luth. Une façon, pour cet éditeur de manuscrits oubliés, d’opposer une “résistance culturelle” à la Russie, à une vingtaine de kilomètres de la ligne de front.La scène se déroule à Kharkiv, deuxième ville d’Ukraine, exposée quotidiennement aux attaques aériennes depuis le …

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A Hong Kong, la solidarité bat son plein après un incendie meurtrier

Kwok, une Hongkongaise de 69 ans, parcourt les réseaux sociaux près des tours fumantes d’un complexe résidentiel ravagé par un incendie meurtrier. La veille, elle a sauvé sa voisine des flammes, mais s’inquiète pour ceux dont elle est sans nouvelles.La métropole asiatique et haut lieu de la finance internationale s’est réveillée sous le choc de …

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Déploiement antidrogue: les Etats-Unis obtiennent d’utiliser des installations dominicaines

Le ministre de la Défense américain Pete Hegseth, en visite à Saint-Domingue, a obtenu mercredi que la République domincaine prête des installations aéroportuaires à l’armée américaine dans le cadre de son déploiement anti-drogue dans les Caraïbes et le Pacifique. Cette coopération de la République dominicaine, fidèle alliée de Donald Trump, intervient alors que le président américain …

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Trump dénonce un “acte de terrorisme” et l’immigration après les tirs contre deux militaires

Donald Trump a dénoncé mercredi un “acte de terrorisme” et promis de renforcer ses politiques anti-immigration après des tirs imputés à un Afghan qui ont grièvement blessé deux militaires de la Garde nationale déployés à Washington.”Cette agression odieuse était un acte infâme, un acte de haine et un acte de terrorisme”, a affirmé le président Trump peu après l’attaque dans une adresse télévisée.Le suspect est un ressortissant afghan ayant travaillé avec les forces armées américaines en Afghanistan avant d’être exfiltré vers les Etats-Unis, ont affirmé des médias américains.La ministre à la Sécurité intérieure, Kristi Noem a indiqué sur X que cet “individu dépravé” avait été admis aux Etats-Unis en septembre 2021, un mois après le retrait précipité des forces américaines d’Afghanistan pendant la présidence du démocrate Joe Biden.Selon la chaîne Fox News, le suspect, âgé de 29 ans, avait travaillé avec l’armée américaine et la CIA en Afghanistan.Les médias américains l’ont identifié sous le nom de Rahmanullah Lakanwal.Les tirs visant des militaires de la Garde nationale ont eu lieu mercredi après-midi en plein centre de la capitale américaine, investie depuis août par des centaines de ces militaires de réserve pour y mener des patrouilles à pied, à la demande du président américain et contre l’avis des autorités locales démocrates.Les deux militaires touchés, originaires de Virginie-Occidentale, sont “grièvement blessés” et le tireur présumé est lui aussi “sévèrement blessé”, a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social, qualifiant l’auteur d'”animal” qui “paiera très cher” son acte.”Nos prières accompagnent ces courageux membres des forces armées, leurs familles et toute la communauté de la Garde”, a écrit le gouverneur républicain de Virginie-Occidentale, Patrick Morrisey, sur X.Depuis la Floride où il passe la fête de Thanksgiving, Donald Trump s’est livré à une véhémente diatribe contre l’immigration, qualifiée de “plus grande menace pour la sécurité nationale”, en reprochant à son prédécesseur démocrate Joe Biden (2021-2025) d’avoir laissé entrer des “millions” d’étrangers aux Etats-Unis.Le président républicain a dit que son gouvernement devait maintenant “réexaminer” le cas de tous les individus venus d’Afghanistan quand Joe Biden était au pouvoir.Peu après son allocution, le USCIS, une agence fédérale chargée de l’immigration, a indiqué sur ses réseaux sociaux la suspension immédiate et à durée indéfinie du “traitement de toutes les demandes d’immigration concernant des ressortissants afghans”, “dans l’attente d’un nouvel examen des protocoles de sécurité et de vérification”.AfghanEvac, une organisation chargée d’aider des Afghans à s’établir aux Etats-Unis après le retrait américain d’Afghanistan de 2021, s’est défendue, affirmant procéder à “des vérifications de sécurité (…) parmi les plus approfondies” en matière d’immigration.- “Tirs ciblés” -Il s’agit de la pire attaque commise contre la Garde nationale depuis son déploiement ces derniers mois dans des villes démocrates.Vers 14H15 (19H15 GMT), “un suspect est arrivé à l’angle de la rue, a soulevé son arme à feu et a tiré vers des gardes nationaux” en patrouille, a déclaré lors d’une conférence de presse Jeffery Carroll, un responsable de la police de Washington, parlant d’un “tireur solitaire.”D’autres gardes nationaux “sont parvenus” à le “maîtriser pour l’arrêter”, a-t-il ajouté.”Les tirs étaient ciblés”, a déclaré Muriel Bowser, la maire démocrate de Washington, lors de la même conférence de presse.Les deux militaires sont dans un “état critique”, a insisté devant les caméras Kash Patel, le directeur du FBI.La police de Washington a par ailleurs fait savoir qu’elle n’avait pour l’instant “connaissance d’aucun mobile”.La Maison Blanche a, elle, accusé l’opposition démocrate d’avoir “diabolisé” les soldats en critiquant leur déploiement.Sur les lieux des tirs, un quartier de bureaux à deux rues de la Maison Blanche, des journalistes de l’AFP ont vu une personne vêtue d’un uniforme militaire être évacuée sur un brancard.Mohammed Elkattabi venait juste de visiter la Maison Blanche en famille quand il a “vu plein de flics et de voitures de police passer à toute vitesse.” “On a vu deux civières”, a-t-il raconté à l’AFP.Le climat politique est très tendu aux Etats-Unis, secoués début septembre par l’assassinat de Charlie Kirk, un jeune influenceur ultraconservateur allié du président, lui-même victime d’une tentative d’assassinat pendant la campagne présidentielle de 2024.Ces derniers mois, le président a envoyé la Garde nationale à Los Angeles et Washington, contre l’avis des autorités locales démocrates, disant ces renforts nécessaires pour lutter contre la criminalité et l’immigration illégale.Le ministre de la Défense Pete Hegseth a annoncé mercredi l’envoi de 500 militaires supplémentaires à Washington, ce qui doit porter leur nombre à plus de 2.500.

Premier voyage à l’étranger pour Léon XIV, reçu à Ankara par Erdogan

Léon XIV s’envole jeudi pour une visite de quatre jours en Turquie où il sera reçu par le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, des débuts à l’étranger très attendus dans un contexte régional tendu.Le premier pape américain de l’Histoire a quitté Rome jeudi matin pour le premier voyage international de son pontificat, qui l’emmènera ensuite au Liban. Attendu à 12H30 (09H30 GMT) à Ankara, il s’exprimera devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique avant de rejoindre Istanbul en début de soirée.En pleines négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine, les premiers pas de Léon XIV à l’étranger seront scrutés par les médias du monde entier, avec plus de 80 journalistes l’accompagnant à bord de l’avion papal.Depuis son élection en mai, l’évêque de Rome a affiché une aisance croissante avec les médias, répondant chaque semaine à la presse. Signe d’une volonté de toucher une large audience, il prononcera tous ses discours en anglais, sa langue maternelle, préférée à l’italien habituellement utilisé.Sa première allocution devrait évoquer le dialogue avec l’islam, dans un pays où les chrétiens sont ultraminoritaires, avec seulement 0,1% des 86 millions d’habitants, en majorité musulmans sunnites.Aux portes d’un Moyen-Orient traversé par les conflits, le pape – qui avait appelé, dès son élection en mai, à une paix “désarmée et désarmante” – devrait aborder les conflits et les crises qui troublent la région.Entre les colonnades du monumental palais présidentiel d’Ankara, il devra faire preuve d’adresse s’il évoque le sujet sensible des droits de l’Homme et les vagues massives d’arrestations d’opposants et de toute voix discordante en Turquie. Ou celui de la place réservée aux non-musulmans alors que les chrétiens du pays luttent toujours contre les inégalités et un sentiment d’exclusion.Malgré la montée du nationalisme religieux dans le pays et la politisation des symboles comme la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul, transformée en mosquée en 2020, le Vatican cherche à maintenir un dialogue avec Ankara, considéré comme un acteur clé pour la paix dans la région.- “Promouvoir l’unité” -Le Saint-Siège reconnaît aussi l’effort consenti par la Turquie pour accueillir sur son sol plus de 2,5 millions de réfugiés, en grande majorité syriens, selon les autorités.Le chef des 1,4 milliard de catholiques s’est inscrit dans les pas de son prédécesseur François en critiquant récemment le traitement “extrêmement irrespectueux” des migrants par l’administration américaine de Donald Trump.Dans la capitale turque, Léon XIV se recueillera aussi en début d’après-midi sur le mausolée dédié à Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), fondateur de la Turquie moderne, un sanctuaire national symbole de la République laïque, érigé sur la colline d’Anittepe.Après cette journée à la tonalité politique, la visite embrassera vendredi un aspect plus religieux: la célébration à Iznik, ancienne Nicée, des 1.700 ans du premier concile œcuménique qui avait réuni en l’an 325 quelque 300 évêques de l’Empire romain, un moment considéré comme fondateur pour le christianisme.Invité par le patriarche de Constantinople, Bartholomée Ier, figure majeure et interlocuteur privilégié du Vatican chez des orthodoxes divisés, Léon prendra part sur les rives du lac d’Iznik à une prière œcuménique à laquelle devait initialement participer le pape François, décédé en avril.”Bartholomée et moi-même nous sommes déjà rencontrés à plusieurs reprises, et je pense que ce sera une occasion exceptionnelle de promouvoir l’unité entre tous les chrétiens”, a déclaré Léon XIV mardi à des journalistes.Catholiques et orthodoxes sont divisés depuis le grand schisme de 1054: les premiers reconnaissent l’autorité universelle du pape comme chef de l’Église, tandis que les seconds sont organisés en Églises autocéphales.Le monde orthodoxe apparaît aujourd’hui plus fragmenté que jamais, la guerre en Ukraine ayant accéléré la rupture entre les patriarcats de Moscou et de Constantinople.Après Paul VI (1967), Jean-Paul II (1979), Benoît XVI (2006) et François (2014), Léon est le cinquième pape à se rendre en Turquie.De dimanche à mardi, il poursuivra son voyage avec une visite au Liban, rongé par une crise économique et politique dévastatrice depuis 2019 et régulièrement bombardé par Israël ces derniers jours, malgré un cessez-le-feu.

A Hong Kong, la solidarité bat son plein après un incendie meurtrier

Kwok, une Hongkongaise de 69 ans, parcourt les réseaux sociaux près des tours fumantes d’un complexe résidentiel ravagé par un incendie meurtrier. La veille, elle a sauvé sa voisine des flammes, mais s’inquiète pour ceux dont elle est sans nouvelles.La métropole asiatique et haut lieu de la finance internationale s’est réveillée sous le choc de l’incendie qui s’est déclaré la veille, le pire qu’elle ait connu depuis des décenniesL’incendie a fait 55 morts, selon un nouveau bilan communiqué par ls pompiers. Un précédent bilan faisait état d’au moins 44 morts dans le brasier de Wang Fuk Court, un ensemble de huit immeubles de 31 étages en cours de rénovation où les échafaudages en bambou et les matériaux synthétiques ont accéléré la propagation des flammes. Des dizaines de personnes au moins, peut-être des centaines, étaient encore portées disparues jeudi matin.Comme d’autres, Kwok, retraitée, livre son récit qui parle d’épreuve, de solidarité et d’angoisse.Mercredi, elle a “vu les flammes arriver, elles étaient rouges et mon cœur brûlait aussi”, dit-elle.Elle s’est précipitée pour frapper aux portes de ses voisins et donner l’alerte.A aucun moment, elle n’a entendu retentir une alarme, relate-t-elle.Son propre appartement a été ravagé par le sinistre. Elle s’est souvenue d’une voisine âgée en chaise roulante et s’est ruée chez elle pour l’évacuer.Elle l’a mise à l’abri avant que l’incendie n’engloutisse leur résidence.Aux premières heures du jour,alors que le feu déclinait mais continuait à sévir, des groupes se sont formés dans les rues et les parcs du quartier de Tai Po pour regarder les dégâts. Beaucoup disaient avoir passé une nuit blanche.Les habitants se sont organisés en groupes de discussion WhatsApp pour rester en contact les uns avec les autres, dit-elle.”Il y a au moins trois personnes que nous n’arrivons pas à joindre, nous sommes très inquiets, et je vais me rendre au centre communautaire plus tard pour poursuivre les recherches”, dit Kwok.Comme elle, de nombreux habitants du quartier, sinistrés ou non, se sont mis au service des autres, suscitant une organisation d’entraide spontanée et dynamique.Ils ont fait circuler un tableur en ligne qui s’est rapidement transformé en une application performante permettant à chacun de signaler qu’il était en sécurité.- Bananes et boissons énergisantes -Des dizaines de noms restaient surlignés en rouge jeudi matin, signifiant que les personnes avaient besoin d’aide.Mme Leung, 70 ans, qui habite près de Wang Fuk Court, se dit “très inquiète” pour une amie qui vit dans l’un des immeubles dévorés par le feu. “J’ai essayé de l’appeler plusieurs fois, mais sans succès”, confie Mme Leung, qui fait partie des personnes évacuées par précaution et qui a passé la nuit dans un abri temporaire.”Je suis rentrée à cinq heures du matin parce que je n’arrivais pas à dormir”, dit-elle en se joignant à la foule qui observe l’incendie dans les odeurs persistantes de fumée.Des volontaires ont distribué des bananes et des boissons énergisantes aux pompiers, et ont fourni des vêtements, des chargeurs, de la nourriture et des bouillottes aux personnes déplacées.Près des lieux de l’incendie sur une estrade habituellement prisée par les personnes âgées pour se détendre l’après-midi, des dizaines de personnes trient les dons de vêtements.Une étudiante de 24 ans, Mme Zhang, a fait plus d’une heure de train pour venir prêter main forte. “Je me sentais très mal” en entendant les informations, dit-elle en pliant des vêtements. ” Avoir une personne de plus pour aider, c’est toujours mieux. Peut-être que cela apaisera ma peine”.

A Hong Kong, au moins 44 morts dans le pire incendie depuis des décennies

Les secours continuent jeudi à combattre les flammes et à rechercher d’innombrables disparus dans un ensemble de gratte-ciel de Hong Kong ravagé par un incendie qui a fait au moins 44 morts, le pire qu’ait connu la métropole asiatique depuis des décennies.Une impressionnante chaîne de solidarité s’est mise en place spontanément autour du complexe immobilier Wang Fuk Court, un ensemble de huit immeubles de 31 étages en cours de rénovation, ont constaté des journalistes de l’AFP.Des centaines de personnes se sont mobilisées pour porter assistance aux sinistrés et pour aider à retrouver ceux dont on est sans nouvelles et qui se comptent au moins par dizaines.”C’est vraiment touchant. L’esprit de Hong Kong, c’est que quand quelqu’un est en difficulté, tout le monde lui apporte son soutien”, se réjouit Stone Ngai, 38 ans, l’un des organisateurs d’un poste de secours improvisé.Le dirigeant de Hong Kong John Lee parlait tôt jeudi matin de 279 personnes manquant toujours à l’appel. Les secours ont cependant indiqué ultérieurement avoir localisé certains des disparus.Les policiers cherchent à savoir comment les gratte-ciel ont pu se retrouver mercredi la proie de gigantesques flammes dégageant un impressionnant nuage noir au-dessus de ce haut lieu de la finance mondiale, territoire réputé parmi les plus densément peuplés au monde.La police a annoncé avoir arrêté trois hommes, après la découverte de matériaux inflammables abandonnés lors de travaux de maintenance qui ont conduit le feu à “se propager rapidement”. Ils sont soupçonnés de “grossière négligence”, a dit la police.Après avoir combattu les flammes toute la nuit, les pompiers ont continué jeudi à asperger les bâtiments qui continuaient à fumer.L’incendie s’est déclaré mercredi peu avant 15H00 (07H00 GMT) dans le district de Tai Po, dans le nord de la ville. Probablement favorisé par les échafaudages de bambou et les matériaux synthétiques employés à la rénovation, le feu a rapidement gagné sept des huit tours de ce complexe inauguré en 1983 et comprenant 1.984 logements.Plus de 1.200 personnes ont été mobilisées pour les opérations de secours, selon les autorités de ce territoire à statut spécial de la Chine. Un pompier figure parmi les 44 personnes décédées. Le consulat d’Indonésie a aussi rapporté la mort de deux ressortissants, des employés de maison.Un porte-parole du gouvernement a indiqué à l’AFP que 61 personnes étaient encore hospitalisées, dont 15 dans un état critique.Derek Armstrong Chan, directeur adjoint du service de lutte contre les incendies, a souligné la difficulté des opérations de secours dans des températures très élevées, et en particulier celle d’accéder à certains étages.- “anéanti” -Les habitants ont raconté des moments très éprouvants.”Le feu s’est propagé si vite. J’ai vu une lance à incendie tenter de sauver plusieurs bâtiments, et j’ai trouvé cela beaucoup trop lent”, raconte un homme du nom de Suen.”On sonnait aux portes, on frappait, on alertait les voisins, on leur disait d’évacuer… C’était comme ça qu’on vivait la situation, ajoute-t-il.M. Yuen, 65 ans, qui habite là depuis plus de 40 ans, explique que beaucoup de ses voisins étaient âgés et à mobilité réduite. “Certaines personnes ignoraient qu’il y avait un incendie et ont dû être prévenues par téléphone par leurs voisins”, raconte-t-il. “Je suis anéanti!”Plus de 900 personnes ont été accueillies dans des abris provisoires, où des volontaires apportaient soutien moral et couvertures.Des personnes y sont arrivées toute la nuit pour signaler la disparition de membres de leur famille, n’arrivant pas à les joindre. Certains étaient assis, hébétés, fixant avec des yeux rougis les écrans de leurs téléphones portables, espérant des nouvelles de leurs proches.Le dirigeant de Hong Kong John Lee a annoncé jeudi que tous les grands chantiers de rénovation seraient inspectés.Les incendies ont longtemps constitué un fléau à Hong Kong, particulièrement dans les quartiers pauvres. Le renforcement des mesures de sécurité ces dernières décennies a permis de les rendre plus rares.Cependant, le risque est accru par le fait que Hong Kong, qui compte 7,5 millions d’habitants, affiche une densité moyenne de plus de 7.100 habitants au kilomètre carré, avec une densité jusqu’à trois fois supérieure dans les zones les plus urbanisées.Avec l’exiguïté du territoire, les dernières décennies ont été marquées par la construction d’une profusion de tours pouvant compter plus de 50 étages.Le président chinois Xi Jinping a présenté ses condoléances aux proches de victimes, et appelé à tout faire “pour éteindre l’incendie et minimiser les pertes humaines et matérielles”, selon la chaîne publique CCTV.