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Crues: la dépression Ivo aggrave les inondations, Redon au coeur des inquiétudes
Sous une pluie battante, des habitants regardent l’eau monter dans les rues de Redon: la dépression Ivo aggrave mercredi les inondations causées par les tempêtes Eowyn et Herminia en Ille-et-Vilaine, tandis que la Loire-Atlantique et le Morbihan ont été eux aussi maintenus en vigilance rouge pour crues.Entouré de rivières, de marais et d’un canal, le secteur de Redon, en Ille-et-Vilaine, limitrophe du Morbihan et de la Loire-Atlantique, est particulièrement vulnérable et quelque 20 personnes ont déjà été hébergées dans un gymnase depuis mardi soir.D’autres, comme Wilfried Lucas, 52 ans, voient leur domicile “encerclé” par les eaux “mais ce n’est pas la panique”, confie-t-il à l’AFP.Partout dans la ville, des parpaings et sacs de sable ont été disposés devant les portes d’immeubles et de commerces. La Vilaine a envahi plusieurs rues du centre-ville, effaçant les limites entre le fleuve et ses rives, où s’activent des pompiers, l’eau jusqu’aux mollets.Mille mètres de barrages anti-crues ont été installés sur les quais de Redon, selon la préfecture.Le pic de crue doit y survenir soit “en fin de journée soit d’ici demain en fonction des précipitations” charriées par la dépression Ivo, explique le chef du groupement des pompiers sud-ouest d’Ille-et-Vilaine, le lieutenant-colonel Frédéric Katuszinski.Ces pluies, accompagnées de fortes rafales de vent balayant le nord-ouest du pays selon Météo-France, saturent toujours plus les cours d’eau et barrages, que les tempêtes Eowyn et Herminia ont déjà fait déborder ce week-end, inondant notamment Rennes et plusieurs autres communes d’Ille-et-Vilaine.A Redon, le nombre d’habitants “potentiellement à accueillir dépassera peut-être le millier”, prévient son maire, Pascal Duchêne. Si nécessaire, “on va passer de convaincre à obliger” à évacuer.”On est vraiment dans le niveau des crues historiques, à quelques centimètres”, estime-t-il.”Est évoquée une crue qui serait supérieure à celle de 1936, elle-même supérieure à celle de 1995″, renchérit le lieutenant-colonel Katuszinski.A 12H35, le niveau de l’eau enregistré par Vigicrues à la station du “canal de Nantes” s’affiche à 5,40 mètres, soit une hausse de 24 cm en 24 heures. Et sur une autre station, celle du Quai Duguay-Trouin, la dernière mesure indique 5,09 mètres, contre 4,74 mètres la veille.- Inondations “très importantes” -Dans l’ensemble de l’Ille-et-Vilaine, depuis dimanche, “plus de 1.000 personnes ont été évacuées (établissements sanitaires et médico-sociaux compris)”, selon la préfecture.Dans le centre de Rennes, le niveau de la Vilaine baissait légèrement mercredi matin, a constaté une journaliste de l’AFP.Mais le répit sera de courte durée en raison de la pluie mercredi, a prévenu dès mardi Nathalie Appéré, maire de Rennes, appelant à la vigilance dans la cité bretonne, située à la confluence de l’Ille et de la Vilaine — deux cours d’eau sortis de leur lit et aux crues inédites depuis plus de 40 ans.”Des inondations très importantes sont possibles y compris dans les zones rarement inondées”, estime Vigicrues dans son dernier bulletin de 09H55. Des coefficients de marée importants en Bretagne risquent aussi de contrarier “l’évacuation des crues formées”.Toujours dans le Grand-Ouest, la Sarthe a rejoint en matinée les départements du Calvados, Maine-et-Loire, Mayenne et de l’Orne, placés sous vigilance orange pour les crues. La Loire-Atlantique, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine restent en alerte rouge.- 800 appels quotidiens -A Rennes, lors d’une cellule de crise à laquelle l’AFP a pu assister, les équipes de la mairie se préparaient dès mardi à une nouvelle montée des eaux.Projetant sur un écran des cartes précises de la ville, Loann Cuvillier, ingénieur hydraulicien en charge de la prévention des risques, prévient que deux scénarios sont possibles à la suite des pluies de la dépression Ivo.”Si on est optimistes, c’est 25 cm de plus (sur les cours d’eau), si on est pessimistes, c’est 50 cm: c’est difficile à quantifier”, explique-t-il. Plusieurs mesures ont été prises par la mairie pour aider les Rennais à se préparer à une nouvelle hausse de la Vilaine : distribution de parpaings, éclairage public maintenu la nuit pour faciliter d’éventuelles évacuations. Plus de 100 routes ont été coupées ou déviées, selon la préfecture d’Ille-et-Vilaine. Quelque 800 appels liés aux inondations sont recensés quotidiennement par les sapeurs-pompiers depuis samedi en Ille-et-Vilaine et une quarantaine aboutit à des interventions, a estimé auprès de l’AFP le capitaine Romain Bertin-Butler.
C1: le premier tour s’achève en feu d’artifice de 18 matches simultanés
La première phase de la Ligue des champions nouvelle formule se conclut mercredi (21h00) sur une apothéose de 18 matches simultanés, qui offriront du suspense à tous les étages et dessineront l’avenir des quatre clubs français engagés.. Une soirée de télé rareLa petite musique du but au multiplex promet de résonner encore et encore. Dix-huit matches auront lieu simultanément, d’abord pour des raisons d’équité, pour éviter les calculs des participants. Mais l’UEFA se gargarise de ce spectacle unique pour justifier sa nouvelle formule à poule unique, 36 équipes et huit journées: “un incroyable final”.Le diffuseur unique de la compétition en France, Canal+, est tout aussi excité: en dehors des rencontres diffusées individuellement, “on proposera aussi le plus grand multiplex de l’histoire”, souligne Thomas Sénécal, patron des sports de la chaîne cryptée, auprès du journal Le Parisien.. Le top 8, cercle très ferméSi 24 équipes sur 36 échappent à l’élimination au bout des huit journées, seules huit sont qualifiées directement pour les huitièmes de finale et évitent les dangereux barrages de février. Seuls Liverpool (1er, 21 points) et Barcelone (2e, 18 points) sont à cette heure certains de décrocher ce sésame, et Arsenal (16 points et +12 à la différence de buts) quasi certain. Mais l’Inter Milan contre Monaco, l’Atlético Madrid à Salzbourg, l’AC Milan à Zagreb et Lervekusen contre le Sparta Prague vont devoir être sérieux pour rester dans le top 8. Quant à l’Atalanta (8e), son déplacement à Barcelone lui promet quelques sueurs froides.. Les barrages ou la voie de garageInitialement, le Real Madrid, le Bayern Munich ou encore Manchester City lorgnaient vers le top 8 plutôt que vers cette phase au nom ingrat, “les barrages”, qui obstruent la route des huitièmes de finale avec une double confrontation usante en février.Mais cela vaut mieux qu’une sortie de route. Pour le City de Guardiola (8 points), il faut absolument gagner contre Bruges pour sortir de la 25e place. Mais même un club à l’abri comme le Real Madrid de Mbappé (16e, 12 points) espèrera, à Brest, encore grimper pour décrocher l’adversaire le plus clément en février.Car c’est le charme de cette formule: chaque club se bat pour grappiller des places au classement, qui conditionnera leur tableau après la phase de ligue.. La revanche des clubs françaisLe public hexagonal a peut-être davantage vibré qu’ailleurs en Europe, puisque contrairement à l’image de faiblesse qu’il véhicule à l’étranger, trois de ses quatre clubs engagés ont brillé. Brest, l’un des plus Petits Poucets de la compétition, a longtemps figuré dans le top 8. Treizième avec 13 points, les Finistériens reçoivent le Real avec l’espoir de ne pas reculer, mais disputer les barrages est déjà acquis. Tout comme pour Lille (12e, 13 points), qui accueille le Feyenoord Rotterdam après avoir réalisé plusieurs exploits (contre le Real, l’Atlético…). Et pour Monaco (10e, 13 points), au déplacement difficile à l’Inter Milan.De son côté, le PSG, seule écurie française taillée en théorie pour jouer la gagne en C1, a longtemps paniqué à l’idée de vivre une humiliante élimination, la faute à des faux pas évitables contre le PSV Eindhoven et l’Atlético. Mais la victoire renversante contre City (4-2) mercredi dernier lui permet de se contenter d’un nul à Stuttgart mercredi pour voir les barrages.
Rescapée des flammes, une maison anti-incendies offre des leçons pour reconstruire Los Angeles
Dans une rue de Los Angeles cernée de ruines calcinées, une villa reste miraculeusement intacte. Loin de devoir sa survie au hasard, cette habitation anti-feu offre quantité d’inspirations pour reconstruire la ville, selon l’architecte Michael Kovac.”Nous avons toujours su qu’un incendie viendrait ici”, confie à l’AFP cet habitant du quartier de Pacific Palisades, installé avec …
Rescapée des flammes, une maison anti-incendies offre des leçons pour reconstruire Los Angeles
Dans une rue de Los Angeles cernée de ruines calcinées, une villa reste miraculeusement intacte. Loin de devoir sa survie au hasard, cette habitation anti-feu offre quantité d’inspirations pour reconstruire la ville, selon l’architecte Michael Kovac.”Nous avons toujours su qu’un incendie viendrait ici”, confie à l’AFP cet habitant du quartier de Pacific Palisades, installé avec son épouse Karina Maher au sommet d’une colline vulnérable.Pour se préparer, ce couple d'”écologistes convaincus” a conçu sa maison avec minutie.Les murs sont recouverts d’un bardage en fibre de ciment, les vitres sont isolées pour avoir le plus haut degré de protection à la chaleur, et le toit anti-feu est végétalisé, avec un terreau offrant une couche supplémentaire de protection.Au lieu d’une pelouse, le jardin est pensé comme un “espace de défense”, avec un parterre de roches volcaniques, parsemé d’agaves, d’oliviers nains et de coussins de belle-mère – des plantes désertiques.Le tout protégé par un système d’arrosage, qui permet d’asperger du produit ignifuge retardant la progression des flammes.”Si la plupart des maisons étaient construites selon une norme plus proche de celle-ci, je pense que le feu aurait pu être contenu”, regrette M. Kovac.L’architecte reste pantois devant l’étendue des dégâts provoqués par les incendies de Los Angeles, annoncés comme les plus coûteux de l’histoire américaine. En plein hiver, les flammes ont notamment presque rasé Pacific Palisades, un quartier plus vaste que Manhattan.- “Choix des matériaux” -A 62 ans, il espère que la reconstruction de la ville provoquera une vaste prise de conscience. Car aux Etats-Unis, de nombreuses maisons sont encore construites avec beaucoup de bois, à cause d’habitudes professionnelles qui ont la vie dure et de préférences esthétiques.”Utiliser des matériaux résistants au feu peut être très efficient en termes de coûts”, souligne-t-il. “Le choix d’utiliser du bardage en ciment plutôt qu’en bois, ça a un coût quasiment neutre.”La vidéosurveillance de sa maison montre le déluge de braises, attisées par des vents dignes d’un ouragan, qui s’est abattu sur sa rue. Dans son voisinage immédiat, aucune habitation n’a survécu.”Quand c’est enveloppé de braises et encerclé par les flammes, (…) il n’y a plus que le choix des matériaux et sa conception qui protège la maison.”Ces incendies “ne sont qu’un exemple supplémentaire des effets du changement climatique”, estime Mme Maher, son épouse. “Nous connaissons les solutions pour le ralentir, mais nous connaissons aussi celles pour s’y adapter, et c’est que nous devons tous faire.”Les feux sont “une excellente occasion, dans une situation horrible, d’essayer d’intégrer une série de bonnes pratiques”, confirme la scientifique Yana Valachovic, spécialiste des constructions anti-incendies à l’université de Californie.Elle recommande de protéger les voies d’aérations des maisons, pour empêcher que des braises s’y faufilent, d’utiliser des fenêtres en verre trempé, résistant à la chaleur, et de repenser son jardin.”L’adaptation aux incendies ne requiert pas un investissement énorme, juste de vivre un peu différemment”, insiste-t-elle auprès de l’AFP.- Plan d’urbanisme -Mais au-delà des normes de construction, les incendies provoquent un débat bien plus large à Los Angeles. Dans cette mégapole composée d’une mosaïque de banlieues tentaculaires, où les enfilades de maisons pavillonnaires laissent peu de place aux immeubles d’habitation collectifs, faut-il forcément reconstruire sur le même modèle ? “Le plan d’urbanisme (…) est un problème”, souligne M. Kovac.L’architecte s’inquiète des décrets déjà signés par le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, et la maire, Karen Bass, pour rebâtir au plus vite. Selon lui, ils risquent d’aboutir à l’érection de nouvelles maisons trop proches les unes des autres, ce qui a favorisé la propagation du feu à Pacific Palisades.Comme de nombreux professionnels, il aimerait que la ville prenne le temps de tirer les leçons du drame. D’autant qu’elle pourrait en profiter pour construire plus d’habitat collectif, afin d’alléger la crise du logement en Californie.”Nous devons faire en sorte que ce quartier redevienne plus sûr et qu’il prenne en compte certaines des nouvelles réalités liées à la nécessité d’augmenter le nombre de logements”, argue-t-il.
Royaume-Uni: procès en appel de militants écologistes condamnés à de la prison ferme
Le procès en appel de 16 militants de l’organisation écologiste Just Stop Oil, condamnés à des peines de prison ferme en première instance, a débuté mercredi à Londres, le jour où deux autres activistes comparaissent pour avoir endommagé le site préhistorique de Stonehenge.Pendant ces deux jours d’audience devant la Cour d’appel de Londres, suivis de près par les organisations de défense du climat, les 16 militants vont tenter d’obtenir une réduction voire une annulation de leurs peines.Devant le tribunal, des dizaines de personnes avaient déployé des banderoles “Protégez le droit de manifester” ou “Libérez les prisonniers politiques”, avec des tee-shirts et ballons Just Stop Oil. D’autres étaient assis en silence, tenant devant eux les portraits des militants incarcérés.Ceux-ci ont été condamnés en 2024 en première instance à des peines comprises entre 15 mois et cinq ans de prison ferme. En cause: plusieurs opérations, parmi lesquelles un blocage d’autoroute et un jet de soupe sur “Les Tournesols” de Van Gogh à Londres, organisées pour dénoncer l’inaction politique face au changement climatique.Ils sont emprisonnés “parce que Just Stop Oil menace les profits de l’industrie des combustibles fossiles”, a affirmé l’organisation dans un communiqué.Les ONG Greenpeace et Friends of the Earth sont associées à ce recours, qui selon elles “aura des implications considérables sur l’avenir des manifestations pacifiques et sur les peines qui pourront en résulter” au Royaume-Uni.Ces deux organisations dénoncent une répression croissante à l’encontre des militants écologistes ces dernières années.”Ces peines sont les plus longues jamais infligées dans l’histoire des manifestations non-violentes” au Royaume-Uni, assure à l’AFP Katie de Kauwe, l’avocate de Friends of the Earth.La coalition d’organisations écologistes et pro-Palestine “Free Political Prisoners” (“Libérez les prisonniers politiques”) prévoit de mobiliser jeudi des centaines de personnes pour bloquer la route devant la Cour d’appel.La police a d’ores et déjà prévenu que “des agents seront déployés dans la zone pour garantir que tout incident soit traité rapidement”.Just Stop Oil est connu pour ses actions aussi spectaculaires que controversées dans des musées, lors de compétitions sportives ou de spectacles. Le groupe exhorte le gouvernement à cesser l’exploitation des énergies fossiles d’ici à 2030.Mardi, deux de ses militants ont été arrêtés pour avoir perturbé une représentation d’une pièce de Shakespeare avec l’actrice américaine Sigourney Weaver à Londres. Et mercredi, deux activistes ayant aspergé de peinture orange les célèbres monolithes du site préhistorique de Stonehenge, dans le sud de l’Angleterre, en juin 2024 comparaîtront au tribunal de Salisbury, accusés d’avoir endommagé un monument protégé.- “Jour sombre” -En juillet 2024, cinq membres de ce groupe ont été condamnés à quatre à cinq ans d’emprisonnement pour avoir planifié, lors d’une réunion en ligne, une action de blocage de l’autoroute M25 autour de Londres.Parmi eux figure Roger Hallam, 58 ans, cofondateur de Just Stop Oil et d’Extinction Rebellion. Quatre militants ayant participé à cette action ont eux aussi été condamnés à de la prison ferme.La sévérité de leurs peines avait provoqué la stupeur et l’inquiétude des ONG et défenseurs de l’environnement.”Chacun d’entre vous a franchi, il y a quelques temps, la ligne qui sépare le militant du fanatique”, avait affirmé à l’époque le juge Christopher Hehir.Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, avait pour sa part estimé qu’il s’agissait d’un “jour sombre pour les manifestations pacifiques en faveur de l’environnement et pour tous ceux qui sont inquiets de l’exercice de leurs libertés fondamentales”.L’alliance mondiale d’organisations de la société civile Civicus, qui évalue l’état des libertés civiles dans différents pays, estime que leur exercice est “entravé” au Royaume-Uni depuis 2023, à l’instar de la Hongrie ou l’Afrique du Sud.Les précédents gouvernements conservateurs ont voté une série de lois pour punir plus sévèrement les actions coups de poing des militants écologistes, et les dissuader de passer à l’acte.En 2022, ils ont créé une infraction qui prévoit jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour “complot en vue de causer des nuisances publiques”. C’est “plus que pour des personnes condamnées pour agression sexuelle ou acte de violence”, dénonce Katie de Kauwe.
Royaume-Uni: procès en appel de militants écologistes condamnés à de la prison ferme
Le procès en appel de 16 militants de l’organisation écologiste Just Stop Oil, condamnés à des peines de prison ferme en première instance, a débuté mercredi à Londres, le jour où deux autres activistes comparaissent pour avoir endommagé le site préhistorique de Stonehenge.Pendant ces deux jours d’audience devant la Cour d’appel de Londres, suivis de près par les organisations de défense du climat, les 16 militants vont tenter d’obtenir une réduction voire une annulation de leurs peines.Devant le tribunal, des dizaines de personnes avaient déployé des banderoles “Protégez le droit de manifester” ou “Libérez les prisonniers politiques”, avec des tee-shirts et ballons Just Stop Oil. D’autres étaient assis en silence, tenant devant eux les portraits des militants incarcérés.Ceux-ci ont été condamnés en 2024 en première instance à des peines comprises entre 15 mois et cinq ans de prison ferme. En cause: plusieurs opérations, parmi lesquelles un blocage d’autoroute et un jet de soupe sur “Les Tournesols” de Van Gogh à Londres, organisées pour dénoncer l’inaction politique face au changement climatique.Ils sont emprisonnés “parce que Just Stop Oil menace les profits de l’industrie des combustibles fossiles”, a affirmé l’organisation dans un communiqué.Les ONG Greenpeace et Friends of the Earth sont associées à ce recours, qui selon elles “aura des implications considérables sur l’avenir des manifestations pacifiques et sur les peines qui pourront en résulter” au Royaume-Uni.Ces deux organisations dénoncent une répression croissante à l’encontre des militants écologistes ces dernières années.”Ces peines sont les plus longues jamais infligées dans l’histoire des manifestations non-violentes” au Royaume-Uni, assure à l’AFP Katie de Kauwe, l’avocate de Friends of the Earth.La coalition d’organisations écologistes et pro-Palestine “Free Political Prisoners” (“Libérez les prisonniers politiques”) prévoit de mobiliser jeudi des centaines de personnes pour bloquer la route devant la Cour d’appel.La police a d’ores et déjà prévenu que “des agents seront déployés dans la zone pour garantir que tout incident soit traité rapidement”.Just Stop Oil est connu pour ses actions aussi spectaculaires que controversées dans des musées, lors de compétitions sportives ou de spectacles. Le groupe exhorte le gouvernement à cesser l’exploitation des énergies fossiles d’ici à 2030.Mardi, deux de ses militants ont été arrêtés pour avoir perturbé une représentation d’une pièce de Shakespeare avec l’actrice américaine Sigourney Weaver à Londres. Et mercredi, deux activistes ayant aspergé de peinture orange les célèbres monolithes du site préhistorique de Stonehenge, dans le sud de l’Angleterre, en juin 2024 comparaîtront au tribunal de Salisbury, accusés d’avoir endommagé un monument protégé.- “Jour sombre” -En juillet 2024, cinq membres de ce groupe ont été condamnés à quatre à cinq ans d’emprisonnement pour avoir planifié, lors d’une réunion en ligne, une action de blocage de l’autoroute M25 autour de Londres.Parmi eux figure Roger Hallam, 58 ans, cofondateur de Just Stop Oil et d’Extinction Rebellion. Quatre militants ayant participé à cette action ont eux aussi été condamnés à de la prison ferme.La sévérité de leurs peines avait provoqué la stupeur et l’inquiétude des ONG et défenseurs de l’environnement.”Chacun d’entre vous a franchi, il y a quelques temps, la ligne qui sépare le militant du fanatique”, avait affirmé à l’époque le juge Christopher Hehir.Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, avait pour sa part estimé qu’il s’agissait d’un “jour sombre pour les manifestations pacifiques en faveur de l’environnement et pour tous ceux qui sont inquiets de l’exercice de leurs libertés fondamentales”.L’alliance mondiale d’organisations de la société civile Civicus, qui évalue l’état des libertés civiles dans différents pays, estime que leur exercice est “entravé” au Royaume-Uni depuis 2023, à l’instar de la Hongrie ou l’Afrique du Sud.Les précédents gouvernements conservateurs ont voté une série de lois pour punir plus sévèrement les actions coups de poing des militants écologistes, et les dissuader de passer à l’acte.En 2022, ils ont créé une infraction qui prévoit jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour “complot en vue de causer des nuisances publiques”. C’est “plus que pour des personnes condamnées pour agression sexuelle ou acte de violence”, dénonce Katie de Kauwe.
Royaume-Uni: procès en appel de militants écologistes condamnés à de la prison ferme
Le procès en appel de 16 militants de l’organisation écologiste Just Stop Oil, condamnés à des peines de prison ferme en première instance, a débuté mercredi à Londres, le jour où deux autres activistes comparaissent pour avoir endommagé le site préhistorique de Stonehenge.Pendant ces deux jours d’audience devant la Cour d’appel de Londres, suivis de …
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